Under Sapphire Skies
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Saphir
Pierre précieuse

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☾☾ Particularité :
Gisement de Pierres Précieuses
☾☾ Bizarrerie :
Puisque les hommes sont cruels. Puisque leurs avarices la lacèrent. Puisque le monde tel qu’il est conçu par l’espèce dominante lui semble monstrueux. Elle se réfugie dans le monde animal.
☾☾ Années :
Une fracture d’éternité, un Siècle de deux Guerres, qui recommencent. Mais son visage porte les fragments de 27 ans d’Histoire.
☾☾ Occupation :
Trésor des Ymbrynes
☾☾ Missives :
169
☾☾ Trogne & crédit :
Alycia Debnam-Carey (Nina(?))


MessageSujet: Under Sapphire Skies   Ven 26 Jan - 17:48


Under Sapphire Skies



But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.
W.B.Y



Il était une fois, il y a un mois, une Rencontre sous les Etoiles.

Les yeux sont pales, cristallins. Dans les iris bleutées naissent des éclats de Diamant, comme des écorchures sous la membrane fine de ses paupières. Son regard est plein de brillant, constellation d’Etoiles rieuses. Dans le reflet de son miroir, la peau brille, caressée par les éclats de la lune. Mille reflets de lumière, comme de petits miroirs, sur sa peau qui s’assèche, palie et blanchie, douloureuse déflagration de l’être. Sa particularité qui jaillit, tempétueuse, quand le cœur dit non mais que le corps se plie. Une peau de nacre, perle océane, traversée par les rayons de sa magie minérale. Déliquescence, subtile essence, un tremblement le long de son échine droite, comme statufiée. Le derme est plus froid, comme avalée par l’espace. Moins flexible, comme gravé dans la roche. Ses mouvements sont plus lents, comme si la gravité était plus lourde, ou plus légère. Comme si elle perdait pied. Dans un soupir, Saphir songe qu’elle ne pourra plus cacher bien longtemps les affres de cette maladie qui la ronge. Les éclosions de ces milliers de fragments, microscopiques émanations de son être, promesses célestes des pierres les plus précieuses. Si seulement elle les laissait s’échapper de sa peau, ce serait moins douloureux. Mais Saphir est craintive. Elle entrouvre prudemment le rideau. Ses yeux pales sont inquiets. Il n’y a personne dehors. La jeune femme ferme ses paupières pour mieux entendre les sonorités de la maison, mais rien ne trouble le silence paisible, tout le monde semble endormi. Elle imagine Lazare, sans doute les yeux grands ouverts, et les volets, aussi. La petite pierre ne veut pas lui montrer sa nouvelle rechute. Elle l’évitera, lui et les autres, car il doit y en avoir d’autres des oiseaux de nuit, parmi cette foule d’âmes étrangères. C’est plus fort qu’elle, personne ne doit savoir. Saphir a ce sentiment, qui lui déchire les entrailles. Cette peur muette, qu’elle ne souffle à personne. Les jours passent et ses cils tracassés ne s’adoucissent guère. 1941. Année maudite. 1941. Dehors, les avions qui passent sont comme des murmures à son oreille. Des grondements. Elle se demande, encore et encore. Est-ce l’argent d’Hans qui paya ces bombardements ? Leurs ailes qui déchirent la nuit, ces avions de la mort.  Est-ce son cœur la source de tous ces morts ?

L’humidité de la nuit se dépose sur le velours de sa cape noire. Le tissu est doux, il cajole son derme. Il l’adoucie presque. La fraicheur de l’air est agréable, elle épouse sa peau plus froide, comme ensevelie sous une poussière de pierre. A l’intérieur, les éclats de roche, s’ils sont purs, glissent dans ses capillaires dans un bruissement d’avalanche. Une cacophonie de silences, qui crissent, à l’intérieur de son âme, comme du papier de verre. Brulures glacées d’une statufication qui l’enserre, et la broie de l’intérieur. Frictions moqueuses qui susurrent. Et si tu te laissais pleurer, petite fée ? Et si ton cœur de pierre s’emplissait des parfums de la vie ? Cesse donc de t’effrayer, personne ne souhaite te voler. Les diamants sont cruels, angulaires, du mouvement naissent les douleurs. Mais Saphir retient son cœur, pour ne pas laisser de trace, aucune de ses petites pierres, morceaux de pain sur le chemin, pour qui voudrait l’epier. Elle s’enfonce lentement dans la forêt.

Le lac reflète le ciel. Constellation d’Etoiles lointaines, astres oubliés, figurantes brillantes, projections éthérées de soleils qui n’existent plus. Un décor pale. Froid. Glacé par la nuit douce et le vide astrale. Les étoiles, en Angleterre sont comme plus proches, plus accessibles. A Paris, même la nuit, c’était impossible de les voir si nombreuses. Sur le lac, elles déploient leurs lumières douces, présents du ciel pour les mortels. Elles dansent. Les frissonnements de la boucle, vents légers, dissensions dans les arbres, les font onduler sur l’eau miroir. Le lac est sublime, il réveille en son cœur un sentiment profond de paix, une torpeur mystique, d’un danger qui s’éloigne. L’humidité de la rive est comme une promesse sur sa peau. La fraicheur est douce et apaisante, elle rêve de la douceur des nuits sans peur.

Lentement, Saphir détache la boucle qui retient sa cape. Le velours glisse le long de son corps fin et chute, sur la plage, rejoignant les petites pierres sans valeur. Les rayons de la lune sont plus forts ici, son reflet sur l’eau tranquille est comme une deuxième lumière dans la clairière. Sa peau étoilée a la lueur de ses sœurs lointaines. Saphir lève sa main, observe les milliers d’imperfections qui brillent soudain d’un plus profond éclat. Le derme est délicat, sa gravure est étrange, il y a de la beauté dans cette maladive douleur qui la mords. Une délicatesse stellaire, comme si un poète s’emparait des lignes de son corps, et même de ses horribles cicatrices, pour l’habiller d’un voile d’innocence, plein de brillance et de transparence. La robe d’un bleu sombre dissimule à peine ces lumières qui brillent à travers le tissu fin. Saphir retire ses chaussures, non sans un gémissement, puis lentement s’enfonce dans l’eau pale. Sa froideur est un délice qui endort les douleurs narquoises. Au loin, une biche lève la tête et la regarde, un instant inquiète. Mais l’animal, avant de s’enfuir, respire les effluves de la particulière, terres et poussières, et reste à l’abord de l’eau, nullement effrayée par les roches immobiles. Comme une ombre sur la rive. Une ombre fine qui lentement boit l’eau pure des étoiles. Et alors, lentement, Saphir ploie sa nuque fine vers le ciel. Regarde la beauté du monde, frasque vivante d’une boucle figée. Et lentement, pleure les larmes bleues de cette douleur suspendue dans les airs, volante et tournoyante. Inlassable et intouchable. Douleur de chair des femmes Pierres.



Et puis ce soir, sous l’œil rieur des Astres.

Les doigts fins de Saphir serre la main de Polaris. Elle est chaude et douce, cette main plus grande que la sienne et pourtant plus douce que celle d’un homme. Avec lenteur, la petite pierre entraine le Centaure vers le lac et ne s’arrête qu’aux rives du souvenir enchanteur. Il y a dans son silence un secret inquiet, un murmure qui caresse les lèvres et qu’elle n’ose délivrer. Son petit cœur de pierre est plein de cette petite pluie de doutes frappant les vitres de son âme, narquoise et agaçante. Saphir se retourne vers lui, puis se rassure, un peu. Polaris est grand. Et ce n’est pas uniquement la taille de son échine animale. S’il avait été homme, sans doute aurait-il eu une tête ou deux de plus que Saphir. La petite pierre cherche dans la douceur de ses pupilles un peu de courage, c’est qu’elle n’est pas très douée pour ces choses normales. Sa nuque fine se courbe, ses cheveux glissent le long de son visage, la lumière de la lune se dépose sur ses fossettes et dans ses iris. Elle murmure enfin.

J’ai un cadeau pour toi.

Le cœur est aride. Et dur sont les diamants. Mais la monture imaginaire a la douceur incandescente d’une réminiscence d’un autrefois sans douleur. Il semble que nulle atrocité ne l’ait jamais touché. Que la pureté de son cœur soit restée intacte. Et puis, il était là, cette nuit-là, près du lac. Dans les opales bleues brillent un doute soudain, une inquiétude, qui enlace son corps soudain plus tendu. Ses paupières chutent, et lentement elle cherche dans le fin fond de la poche de son pantalon beige, son menu présent, habillé d’un foulard. Saphir le tend vers le Centaure. Elle n’ose affronter son regard, elle garde les yeux fixés sur sa main pale alors qu’elle parle.

Ce n’est pas grand-chose, cela n’a pas vraiment de valeur.

Il y a, à l’intérieur du foulard de soie, des petites perles de Saphir, d’un bleu sombre, constellées de diamants. Les perles qu’elle pleura lors de leur première rencontre, qu’elle retravailla un peu, brisant l’un de ses colliers de perles pour en obtenir les liens de métal. Pour que Polaris puisse les accrocher dans sa longue chevelure noire.  

Mais ce ne sont pas des pierres pures, elles sont pleines d’inclusions. Elles n’ont pas vraiment de valeur, mais elles ont du cœur, et elles brillent du même éclat que les étoiles. Une réalité la rattrape, celle qui sème le doute dans ses cils. Cela lui semble soudain si dérisoire, de ne lui offrir que ces petits fragments de mémoire quand elle pourrait lui offrir l’une de ses pierres de tant de valeur, qui brusqua son cœur. Peut-être se fâchera-t-il de si peu de considération, pense-t-elle, peut-être brisera-t-elle l’éclat fragile de leur relation si douce. Sans doute devrait-elle plutôt le remercier ou lui soupirer quelques confessions. Jouer de ses interactions normales comme si elle en était une experte.

Mais elle n’a que ses Pierres, fragments de son âme,  fut-elles imparfaites.
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Polaris Ahardane
Poulain dans les étoiles

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Difformité Animale - D'humain il n'a bien que le visage et le haut du corps, le reste esquissant la silhouette équine d'un animal qu'il n'est pas.
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Amoureux des constellations et des astres célestes. Adorateur du manteau étoilé de la nuit et de l'astronomie.
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26 ans, jeune âme encore toute neuve qui doit apprendre à arpenter le monde.
☾☾ Occupation :
Couturier & jeune insouciant.
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Prêt à être capturé par celui ou celle qui acceptera qu'il n'est pas simple de l'aimer et encore moins de l'étreindre.
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MessageSujet: Re: Under Sapphire Skies   Lun 29 Jan - 14:37

Under shaphire skies
Saphir & Polaris
When you're weary, feeling small. When tears are in your eyes, I'll dry them all. I'm on your side, oh, when times get rough and friends just can't be found. Like a bridge over troubled water I will lay me down

Sous le regard des étoiles, il y a un mois de cela.

Enroulé dans une longue étoffe qui sans peine recouvre ma tête et ma chair humaine, j'avance au milieu de l'herbe humide, laissant les perles d'eau s'accrocher aux fanons de mes sabots et ainsi consteller ma robe noire de quelques étoiles qui captent sans peine les rayons lunaire, dont la douceur donne des éclats irréels au paysage au sein duquel je navigue, voguant en parfait voyageur de la nuit, à la fois cavalier de l'obscurité et destrier des étoiles. Sur ma peau aux teintes chaudes, des reflets argentées semble dessiner au gré de ma musculature les creux et monts de mon anatomie, mettant en avant un corps qui a été forgé au milieu d'une nature plus exigeante que celle-ci, il glisse un frisson délicat, un froissement de la chair étrange qui dévale mon échine jusqu'à ma croupe, forçant ainsi un réflexe qui me fait déranger le silence nocturne d'un mouvement de la queue, puis d'un soupir qui se fait une offrande aux arbres qui murmurent malgré l'absence du vent. A ce climat, je peine encore à m'habituer, non pas à cause d'une fraîcheur que l'on pense être inconnue au désert brûlant d'où je viens, mais plutôt à cause de cette humidité permanente, cette chape étrange qui flotte sans cesse dans l'air et qui mouille la terre, imbibant celle-ci en permanence, donnant de ce fait l'impression que l'océan est à quelques pas d'ici et que toutes les nuits, les vagues montent jusqu'aux frontières de la boucle. Pourtant, à l'horizon, il n'y a que cette forêt dans laquelle je me perds avec plaisir, fuyant les recoins d'une bâtisse qui n'est pas faite pour m'accueillir pour mieux me perdre aux milieux des arbres qui eux, semblent former un parfait sentier que je peux emprunter sans craindre de briser vases ou cadres, ou de renverser meubles et ouvrages. Ici, au coeur même de cette demeure végétale, je me sens comme un enfant perdu qui reviendrait aux sources de ses origines, un orphelin qui enfin aurait retrouvé le chemin de cette maison qu'il a toujours cherché ailleurs. Ici, sous le regard des étoiles, de la cimes des arbres et au milieu de la vie nocturne qui murmure pour moi, chantant à l'unisson avec mes pas, je me fais un humble poulain, une jeune âme qui accepte que le monde soit plus grand encore que ce que ses yeux peuvent voir et que le ciel, lui, est le seul à pouvoir englober si parfaitement toute cette vie que j'aimerais découvrir. Pour l'écrin de verdure qui si parfaitement m'étreint, je me fais reconnaissant, marchant ainsi d'une allure lente et délicate, posant mes sabots sur l'herbe seule, évitant autant que possible de blesser mousse, champignons et autres fleurs exotiques qui en ce pays poussent et fleurissent. Par respect pour cette nature qui ne demande qu'à m'accepter et qui elle ne me fait jamais sentir comme une exception qu'il faut traiter différemment, j'évolue ainsi avec la grâce que l'on réserve d'habitude aux femmes et nymphes qui existent au sein des ouvrages dont certains Syndrigastis de la boucle s'abreuvent dans l'espoir d'étancher une soif que l'eau seule ne pourrait combler. Les bras sagement gardés contre mon coeur, les doigts enroulés dans l'étoffe fine de ce châle que j'ai brodé durant des journées entières, sous l'ombrage d'un arbre et le regard d'un ciel grisâtre, j'avance ainsi et évolue dans le dédale de verdure jusqu'à atteindre les rives d'un lac, dont la surface dépourvue de la moindre ride, se fait un instant comme le miroir d'obsidienne dans lequel la lune vient s'admirer, offrant aux regards des fidèles et des adorateurs de cet astre céleste, dont la grâce et les caresses ont plus de valeur que les mots d'humains aux intentions obscures, un instant de contemplation parfait, un moment qui s'affranchit de la course du temps et qui permet à ceux qui veulent se recueillir la chance de trouver ici une certaine paix de l'esprit. Le long de mon crâne, je fais glisser l'étole de soie et délivre ainsi ma chevelure d'encre de son carcan de tissu, lui permettant de cascader à nouveau librement sur mes épaules et sur mon torse, tandis que le châle, lui, se retrouve à réchauffer le creux de mes reins et de mes coudes.

D'une légère inspiration, je m'imbibe et me délecte de ce parfum étrange qui porte les traces d'une fragrance délicate qui n'appartient qu'à la nuit, écoutant aussi les murmures des être nocturnes qui vivent dans l'ombre des arbres et sous la surface de l'eau avant de frissonner quand au loin, de l'autre côté de la rive, j'aperçois la silhouette d'une biche, qui loin d'être dérangée par ma présence s'autorise une dernière contemplation de l'horizon avant de filer sans demander son reste, m'abandonnant au bord de ce lac sans le moindre regret et ne laissant derrière elle qu'une étrange sensation d'une rencontre qui ne s'est pas faite. Sur ma peau, un frisson court à nouveau et alors que je m'apprête à faire demi-tour, à galoper peut-être dans les traces de cette biche trop rapidement disparue, je découvre alors une autre créature magnifique, une silhouette délicate qui semble avoir été taillée dans la roche même et dont l'éclat trop familier ne peut que me faire penser aux étoiles auxquelles je porte un amour trop débordant et passionné pour ne pas être le parfait exemple de ma jeunesse. Fasciné par la beauté sculpturale de cet être qui contemple le ciel, je n'ose bouger, restant planté sur la rive un instant de trop avant d'être capable d'entamer un premier pas vers elle, puis un second, les bras croisés autour de ma poitrine qui se soulève au rythme des battements incessants de mon coeur impatient. Le plus doucement possible, le plus prudemment aussi, je m'avance vers cette étoile tombée du ciel, cette beauté de la nuit qui pourrait faire pâlir de jalousie la lune pourtant resplendissante en cette soirée, trouvant finalement ma place à ses côtés, où délicatement, je m'installe, m'allongeant comme je le peux dans l'herbe humide, laissant entre nous une distance respectable afin de ne pas donner l'impression que je cherche à m'inviter dans son intimité. Vers elle, vers sa beauté transcendante et époustouflante, je me tourne, plongeant mes yeux à l'éclat humble dans son regard tandis que j'esquisse un léger sourire, chassant d'un murmure doux le silence nocturne.

"Il ne faut pas pleurer, najima. La nuit est belle mais toi aussi tu l'es. Tes soeurs dans le ciel ne voudraient pas te voir avec le coeur brisé."


Sur ma peau, l'étole glisse et vient ensuite se glisser entre ses doigts, se faisant autant un cadeau de ma part, une maladresse d'enfant et un mouchoir qui pourrait collecter les perles qui coulent sur ses joues que j'aimerais effleurer du bout de mes doigts.

"Je ne sais ce qui t'accable et je suis surement un ignorant qui ne comprend rien... Mais permet moi de te tenir compagnie, au moins jusqu'à ce que tu sèches tes larmes et que tu retrouves le sourire."

Après tout, les nuits ne devraient pas être des instants de souffrance que l'on vit en solitaire et que l'on espère être éphémères. L'existence ne devrait jamais se résumer à ça, et alors que je contemple d'un oeil presque amoureux les reflets de sa peau faite de joyaux, je me fais ce compagnon d'une soirée, auprès duquel, si elle le désire, elle pourra trouver autant une épaule sur laquelle s'appuyer qu'un refuge sur mon dos pour entamer une longue aventure nocturne.

Pour le plaisir des constellations, en cette douce soirée.

Sans résister, sans chercher à rechigner ou à retarder d'un piaffement notre échappée belle, je me laisse entraîner avec plaisir par Saphir au coeur même de cette forêt où je me suis un jour aventuré, un sourires aux lèvres et les doigts délicatement refermés sur sa main si menue et si fine que je crains toujours de la briser. Jusqu'aux rives du lac elle m'emmène et jamais je ne cherche à lui arracher une vérité ou une réponse à des questions qui n'ont pas lieu d'être. Les mots viendront, je le sais et en silence, le coeur simplement gorgé d'un sang au sein duquel se trouve toute la pureté des sentiments que je lui porte, je me fais docile et gracile, un parfait étalon que l'on promène au gré de ses envies, une monture que l'on domestique de quelques caresses et de la promesse de le laisser rester à ses côtés. Sagement, je me laisse ainsi donc emporter, trottant derrière elle sans peine, ma paume enveloppant la sienne et les cheveux libérés de toutes attaches. Pour le regard de la lune et des étoiles, nous devons ressembler à des enfants qu'elles auraient pu avoir vu grandir, des âmes sauvages qui vivent loin des humains et de leurs laideurs, préférant à la place galoper au sein d'une nature juste et respectueuse, qui à défaut d'être douée d'une empathie variable, se fait plus généreuse quand il s'agit de récompenser les humbles et les pures. Mais de tout ça, je ne me soucie pas quand vers moi elle se tourne, posant son regard dans le mien pour mieux me murmurer qu'elle souhaite m'offrir un présent que je n'ai pas l'impression de mériter. Surpris, je penche alors la tête sur le côté et esquisse un sourire bien piteux tandis que derrière mon oreille, je replace une mèche de mes cheveux.

"Il ne fallait pas, Saphir."

Je suis celui qui devrait la couvrir d'offrandes. Je devrais être celui qui montre son affection de par ce qu'il crée de ses mains afin de combler ses amis de cadeaux et de présents, au lieu d'être celui qui reçoit et qui a le droit de porter sur son coeur des attentions que les autres devraient se réserver. Et pourtant, malgré l'embarras que je ressens, je ne peux que délicatement attraper le foulard et doucement chercher en son sein, ce qu'elle dit être sans valeur. Mes doigts se referment finalement sur une pierre et alors que je tire de l'étreinte de l'étoffe une cascade délicate de joyaux aux éclats familiers, et si un instant je reste silencieux, c'est pour tout simplement trouver la force de poser cette couronne sublime dans ma crinières et d'ainsi permettre aux petites pierres de doucement capturer l'éclat lunaire. Mon sourire s'élargit et permet à mes dents de se révéler alors que je pose mon regard sur sa personne.

"Je n'ai pas les mots, mon étoile." Je retiens un léger rire et secoue simplement la tête pour faire tinter les pierres entre elles. "Ce n'est pas simplement magnifique et merveilleux... C'est tout autre chose et pour être honnête, je m'en veux encore plus de n'avoir rien à t'offrir en retour pour te remercier de m'accepter à tes côtés."

Avec crainte, presque, je tends une main vers elle et caresse doucement sa joue avant de simplement l'attirer à moi pour une rapide étreinte, une embrassade un peu maladroite à cause de ma grande taille et de cette chevelure longue qui sans peine vient la couvrir et draper ses épaules avec douceur.

Made by Neon Demon
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Saphir
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Puisque les hommes sont cruels. Puisque leurs avarices la lacèrent. Puisque le monde tel qu’il est conçu par l’espèce dominante lui semble monstrueux. Elle se réfugie dans le monde animal.
☾☾ Années :
Une fracture d’éternité, un Siècle de deux Guerres, qui recommencent. Mais son visage porte les fragments de 27 ans d’Histoire.
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MessageSujet: Re: Under Sapphire Skies   Mar 30 Jan - 12:30


Under Sapphire Skies



But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.
W.B.Y



Il y a dans cet Hier, la douce promesse d’un Aujourd’hui

Les larmes sont d’un bleu encre, de tant de paillettes qu’elles sont douloureuses. Elles glissent lentement le long de ses joues, dans une rivière fine et presque sèche, et dessinent sur sa peau les chemins délicats d’une tristesse solitaire. Glissant sur les minuscules diamants de sa peau minérale, elles les habillent des nuances bleutées de ses douleurs glacées. Les pierres pures s’assombrissent et se colorent, puis palissent de nouveau alors que les perles continuent leurs chemins sur la peau diaphane. La beauté du ciel la captive, elle n’entend pas les sabots délicats du Centaure sur la berge. Les étoiles dans le ciel sont moqueuses, elles brillent comme des astres intouchables, se moquant de sa nature minérale. Elles la fascinent aussi. Comme Saphir aurait aimée être si loin, si inaccessible. Comme elle aurait aimée pouvoir briller sans souffrir. Dans un soupir, elle laisse glisser de nouvelles pierres. Son corps soudain est plus léger. Les pierres intérieures s’arrondissent et perdent de leurs tranchants. Ses yeux se ferment. La vie s’engouffre le long de ses membres, une chaleur nouvelle s’empare de sa peau. Les pierres sont chassées par son âme, lavées du corps par ses larmes amères. Elle entend soudain le bruit chantonnant d’une démarche animale, et se demande si la biche a eu le courage de venir la rejoindre. Sur ses lèvres glissent un sourire. Quand elle rouvre ses paupières, ses yeux sont moins pales, et dans un battement de cils, s’échappent la poussière de diamant qui blessait ses pupilles. C’est comme un voile de lumière autour de son visage. C’est alors qu’il parle, l’homme dont la douceur n’a éveillé ses peurs. Et sa voix est si douce, qu’elle ne surprend pas Saphir. Un instant, court et chaste, elle a même le sentiment que la voix vient du lac lui-même. Mais elle tourne son visage vers celui qui est si proche d’elle. Elle n’y découvre, ni les eaux froides et insensibles du lac, ni les yeux inquiets et inquisiteurs d’un Cerf. Elle y découvre un homme cheval. Il a le verbe doux, qui glisse entre ses lèvres charnues, cette délicatesse dans la voix. Elle le perçoit difficilement, toute embuée qu’elle est par les paillettes qui forment une aura autour de son visage. Dans un murmure, elle souffle.

Je ne suis pas une Etoile.

Un instant méfiant, l’œil s’adoucie. La créature est allongée. Et sa voix est douce, si douce. Que mêmes les étoiles dans le ciel, tendent l’oreille, songeuses et amoureuses. Il y a dans sa voix, un accent d’ailleurs, plein de soleil et de bonne fortune. Le voile de son âme qui épouse ses lèvres et le cœur sur cette main qui se tends. Saphir ne ressent aucune peur. Ses yeux se referment, elle tend son visage une dernière fois vers la nuit et cueille sur son visage la dernière pierre de pluie, qu’elle glisse dans son poing, avec ses sœurs. Lentement elle se baisse et les dissimule dans la poche de sa cape. Puis se relève. Chacun de ses mouvements faire briller de lumière la surface étrange de sa peau. Les milliers de petits diamants sont légers, ils brillent autour d’elle alors qu’ils se détachent de sa peau soudain plus humaine. La femme pierre se libère de cette maladie, malédiction cruelle qui ronge son essence.

Saphir aimerait cacher cette tristesse sur son visage. Les pierres comme des écailles sur sa peau irritent le derme fin de ses joues. Le dessin des larmes a laissé des marques plus profondes, comme d’infimes blessures. Ses yeux se posent de nouveau sur celui qui l’observe et murmurant un Merci, elle se saisit du foulard. Alors que sa main se ferme autour du doux tissu, elle effleure la sienne. Et cela la frappe alors, la chaleur qui se dégage du Centaure, elle avait oublié la chaleur des douceurs humaines. Le cristal de sa peau minérale la rend plus froide, plus insensible aux températures, quand la maladie de son cœur irradie de tous ses pores.  Avec délicatesse, pour ne pas blesser son derme encore fragile, elle dépose le foulard sur ses joues, puis sous ses paupières. L’humidité s’est déjà échappée dans la nuit mais les paillettes, elles, viennent de déposer sur le foulard, qui brille soudain de la même lumière que sa peau. Elle souffle.

Je suis désolée.

Saphir secoue le foulard dans une vaine tentative de le soulager des petites pierres et les milliers de paillettes glissent dans l’air, chatoient sous les rayons de la lune. C’est comme une pluie de poussière de fée, qui lentement s’abat sur le Centaure. Elle se dépose sur les poils sombres de sa robe. Dans le noir de son pelage, les diamants brillent si fort, qu’ils semblent le vêtir d’imaginaire. Saphir répète, troublée.

Je suis maladroite, excuse-moi.

La créature n’a pas l’air craintive. Saphir s’approche avec délicatesse. Elle s’agenouille avec lenteur près de celui qui la regarde. Du bout des doigts, de peur de l’effaroucher, elle tente de retirer les paillettes de pierres précieuses qui habillent son pelage. Sa main caresse sa fourrure animale. Mais il n’y a rien à faire, les paillettes s’enfoncent plus profondément dans les poils et celles qui exhalent de sa main se rajoutent aux précédentes. Saphir craint qu’elles ne finissent par le blesser, ou l’irriter, comme elles irritent sa peau parfois. Saphir se redresse, pose ses deux mains sur ses cuisses, et dans ses yeux glissent une détresse. Sa propre maladresse la désempare. Elle soupire.

J’en ai mis plein ton pelage. Je n’arriverais jamais à les enlever.

La poussière de diamant, autour de son visage, s’est dissipée. Et la lumière n’aveugle plus son regard. C’est en silence qu’elle le contemple. Il a la peau sombre, la chevelure qui glisse autour de ses épaules, libre et légère. Il y a de la bonté dans son regard, et une fascination étrange dans ses pupilles qui ne la trouble guère. Quiconque la voit sous sa métamorphose minérale est attiré par la lumière de sa peau.  Souvent, elle déteste lire dans les regards ce qu’elle y voit alors, l’envie, la cupidité. Sa peau trahit sa nature sourcière et généreuse, sa nature de petite pierre. Mais ce n’est pas ce qu’elle lit dans les yeux du Centaure. Nulle cupidité, nul désir de possession. Il la regarde comme s’il regardait une Etoile. Alors, elle laisse flotter sa voix dans l’air. Tout doucement, pour le rassurer.

Je ne suis pas vraiment triste. C’est ma nature de Pierre que d’en subir les métamorphoses.
C’est presque fini.

Il a l’innocence dans le regard. Une douceur juvénile dans les traits. Et même, cette pureté que ceux qui ne furent blessés par les hommes ont parfois. Cette bonté qu’il a dans le regard, elle ne peut pas la répudier. C’est comme un besoin de ne pas abimer la beauté de la créature par la laideur de sa froideur, ou pire, la cruauté de son indifférence. Un sourire glisse sur ses lèvres.

Que dirais-tu de te baigner avec moi ?



Ce soir, puisque la nuit est belle et douce

La fraicheur de la nuit fait tressaillir son échine. Et pourtant, Saphir n’a pas froid. Pendue aux lèvres du Centaure, terrifiée à l’idée qu’il rejette son présent, elle reste muette. Ses grands yeux sont posés sur ses pierres qu’il découvre. Son cœur palpite avec émoi, elle ose à peine respirer. Il reste un instant silencieux, devant les pierres. Saphir n’arrive à percevoir ce qu’il ressent alors. Et déjà, elle s’imagine faire demi-tour, s’éloigner dans la nuit, ou juste ne plus rien dire. Rendue mutique par sa propre erreur. Elle voit déjà glisser le funambule du fil tenu de leur amitié. Bousculé par le vent et son présent indélicat. Ses lèvres se pincent, elle palie légèrement. Mais de ses lèvres masculines nait soudain un sourire et la joie qui brille alors dans ses pupilles chassent toutes ses peurs.

je suis contente qu’il te plaise.

Le cœur est plus léger, comme allégé du doute et de la crainte. La bonne humeur de Polaris est contagieuse. Saphir a les yeux qui brillent et le visage souriant d’une joie simple et facile. Sa main chaude vient caresser sa peau pale. Elle glisse son visage dans la main du Centaure, la nuque soudain plus douce et les yeux qui se closent, comme soulagés par la douceur, des doutes et de la peur. Saphir se perds dans les bras de l’homme cheval, se réfugie dans son aura chaleureuse. Pose sa main sur sa peau, si douce et pourtant plus épaisse. Elle se serre contre lui, comme s’il pouvait la réchauffer de ce feu froid qui palpite dans son cœur minéral. Puis elle se redresse. Sa main pale et arachnéenne éloigne les cheveux du visage de Polaris. Elle observe les petites pierres. Elles brillent dans la chevelure de Polaris comme les paillettes éphémères brillaient dans son pelage. Sa voix, roule et gronde, doux orage.

Ne dis plus jamais une chose pareille.
Ta présence est une bénédiction.

Lentement Saphir s’écarte. La froideur de la nuit rattrape sa peau pale. Son appel également. Les heures glissent et s’échappent. Eternelles et éphémères. S’ils veulent visiter quoi que ce soit ce soir et découvrir de nouveaux territoires, ils doivent se mettre en route.

Où est-ce que tu veux aller ce soir ?
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Polaris Ahardane
Poulain dans les étoiles

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Difformité Animale - D'humain il n'a bien que le visage et le haut du corps, le reste esquissant la silhouette équine d'un animal qu'il n'est pas.
☾☾ Bizarrerie :
Amoureux des constellations et des astres célestes. Adorateur du manteau étoilé de la nuit et de l'astronomie.
☾☾ Années :
26 ans, jeune âme encore toute neuve qui doit apprendre à arpenter le monde.
☾☾ Occupation :
Couturier & jeune insouciant.
☾☾ Myocarde :
Prêt à être capturé par celui ou celle qui acceptera qu'il n'est pas simple de l'aimer et encore moins de l'étreindre.
☾☾ Missives :
61
☾☾ Trogne & crédit :
Willy Cartier - 2981 12289 0


MessageSujet: Re: Under Sapphire Skies   Dim 11 Fév - 18:01

Under shaphire skies
Saphir & Polaris
When you're weary, feeling small. When tears are in your eyes, I'll dry them all. I'm on your side, oh, when times get rough and friends just can't be found. Like a bridge over troubled water I will lay me down

A regretter sans cesse le passé, on finit par oublier que les étoiles brillent aussi dans l'instant présent.

L'étoile a la voix la plus douce que l'univers aurait pu créer. D'entre ses lèvres c'est une mélodie, une symphonie entière qui s'échappe et qui chasse sans peine le silence pour mieux charmer la nature qui nous entoure des roulements gracieux des syllabes que forme sa bouche si délicatement taillée dans des pierres plus précieuses encore que celles pour lesquelles les humains s'entretuent parfois. Pour cette merveille venue des cieux, je me fais humble et discret, lui offrant un simple sourire quand elle tente d'un murmure de me convaincre qu'elle n'a rien en commun avec les astres célestes qui en cet instant nous couvent de l'éclat de bienveillance qui les caractérise tant. En guise de réponse, je me contente de lever le nez vers le ciel et de doucement déranger les perles d'eau dans l'herbe d'un mouvement de ma queue, tandis que je lui offre l'intimité dont elle a besoin pour chasser de son visage d'ange la tristesse et les larmes minérales qu'elle verse. Dans un respect qui trahit ma trop grande innocence et jeunesse, j'attends ainsi fredonnant simplement alors qu'elle me remercie pour une attention qui chez moi n'est pas un geste auquel je dois penser, une habitude que j'exécuterais parce que l'on me l'aurait inculqué mais plutôt un réflexe de ma personne, une pulsion de ma chair et de mon âme qui prend corps en cette incarnation parfaite de la tendresse de mon coeur. De bien des mots je pourrais m'encombrer, pour tenter de la rassurer et pour chasser sa crainte de n'être à mes yeux qu'une simple anomalie de cette boucle que j'admire pour les mauvaises raisons, mais de tout ça, je m'en défais, préférant à la place ne lui glisser qu'un regard plein d'une dévotion qui frôle les accents amoureux que l'on peut trouver dans la pupille des jeunes hommes dont le coeur vacille pour les douces courbes d'un être à la perfection unique qui transcende toutes les merveilles de cet univers A elle, à cette galaxie à forme humaine, je n'offre qu'un silence presque religieux, un instant de flottement qui se fait le témoin de toute l'humilité qui étreint la chair qui recouvre mon ossature si particulière. Pour elle, je me fais cet amant respectueux qui au loin se fait le chevalier servant de sa belle de nuit, un cavalier, un compagnon d'une soirée qui sans mots, sans envies et sans désirs n'est là que pour chasser la solitude et les larmes, bravant les craintes pour être un gardien de ce qui se doit d'être beau. Pour ma belle étoile solitaire, je reste donc tranquille quand les paillettes qui dansaient dans l'air atterrisse sur mon pelage d'ébène, semant ainsi dans la mer d'encre qui est ma robe, une myriade d'étoiles scintillantes, qui au lieu de se faire un pastiche que les astres pourraient jalouser, se fait un hommage que j'accueille d'un sourire et d'un geste pour la rassurer.

"Je t'en prie, najima... Mon poil ne va pas s'offenser de ce cadeau que tu lui fais."


Du bout des doigts, j'ose effleurer le dos de sa main avant de m'éloigner, jouant à mon tour avec les constellations qui ornent désormais autant mon échine d'équidé que la croupe de celle-ci ou les jambes qui sont les miennes. A la manière d'un enfant heureux de se sentir subitement spécial, je ne peux réprimer le sourire qui aide à dévoiler ma dentition dont la blancheur capte les rayons lunaires avec une délicatesse que pas un artiste ne pourrait reproduire, me perdant ainsi un instant dans la contemplation de ce qui orne désormais mon corps tandis que ma belle céleste continue de s'excuser jusqu'à me forcer à relever le nez pour croiser son regard, plongeant de ce fait dans ses prunelles, une demande silencieuse qui jamais ne traverse ses lèvres. Pourquoi autant s'excuser de quelque chose qui n'a pas d'importance ? Pourquoi chercher à obtenir l'absolution de l'être sauvage et disgracieux que je suis ? Pourquoi vouloir absolument me confier la difficile tâche de pardonner des offenses dont je n'ai jamais été le témoin ? Pourquoi me donner une importance si capitale en cette douce soirée quand nous pourrions simplement être des voyageurs de la nuit, des conquérants de l'obscurité, qui loin de craindre ce qui peut se cacher dans les ombres d'une nature que trop pensent injuste et imprévisible sont au contraire capable de marcher sur la surface de l'eau pour mieux donner corps aux étoiles qu'ils ne peuvent effleurer du bout des doigts. Nous pourrions être tout ça, en plus d'être libres, jeunes et sauvages. Nous pourrions faire tant, en cette nuit éternelle qui reviendra bien vite, sous les rayons de cette lune qui aime tout ceux qui viennent trouver sous son aura sa sagesse. Mais au lieu de ça, ma petite étoile semble chercher à s'enfoncer dans les ténèbres,à reculer et à masquer ce visage qu'elle dont elle devrait pourtant être fière, allant même jusqu'à oser soulever la possibilité que je puisse lui en vouloir d'être là et d'accepter qu'à mes côtés je me trouve. Au lieu de vivre, de respirer et de danser sous la voûte céleste, elle pleure et s'enfonce dans une tristesse que j'aimerais être capable de chasser d'une simple caresse de ma paume.

Et comme une prière entendue, voilà qu'elle reprend vie avant que je n'ai le temps de formuler à voix haute mon envie de la porter jusqu'aux cieux pour la rendre à ses soeurs, me proposant de partager en sa compagnie un bain de minuit, une escapade dans les eaux glacées d'un lac baigné d'un amour lunaire et jalousement gardé par les bois qui l'entoure. D'un sourire, je fais entendre que ce serait avec plaisir que j'irais trouver dans les flots calmes de cette étendue d'eau un certaine sérénité en sa compagnie, et après m'être relevé aussi gracieusement que ma nature me le permette, j'effleure délicatement sa joue du bout de mes doigts avant de m'avancer vers les rivages du lac, troublant du bout de mes sabots la surface de celui-ci avant de m'y aventurer, frissonnant longuement pour la fraîcheur de l'eau qui ne tarde pas à m'avaler et à engloutir cette difformité animale que certains trouvent monstrueuse. Autour de moi, les rides déforment l'image qui se reflétait à la surface de ce miroir qui ondule désormais tandis que sur les flots, je sème la poussière qui jusque-là embellissait  cette robe qui n'est désormais plus qu'un souvenir captif de l'étreinte des eaux. Un soupir m'échappe alors que de mes paumes, je caresse et trouble la surface de l'eau, souriant quand je réalise que jusqu'à la taille je suis immergé, offrant de ce fait aux curieux du rivage et aux animaux qui depuis le couvert des fourrées nous observent, l'étrange impression que je suis parfaitement humain et que sous les flots, il ne se trouve pas le corps d'un cheval que l'on voudrait dresser et monter, mais les hanches et jambes d'un jeune homme que l'on pourrait vouloir apprécier, étreindre et même aimer. D'un battement de cils, j'observe mon reflet dans l'eau encore troublée par ma présence, et reste silencieux face à l'image qu'elle me renvoie, n'étant pas certain qu'un mot ou un autre puisse avoir sa place dans l'instant de flottement au sein duquel nous dérivons. Alors à la place, j'inspire et relève la tête, cherchant à croiser le regard de mon étoile, espérant peut-être trouver en elle la force de ne point craindre que je ne serais à jamais qu'un animal de compagnie que l'on dit aimer mais qu'on se refuse pourtant à considérer comme un être doué de sentiments et d'envies qui sont les leurs.

Des étoiles on ne voit que des images du passé, des instants révolus qui un jour prendront fin, mais heureusement, ce soir, elles sont encore là.

J'entends cascader au creux de mes oreilles les étoiles qu'elle m'a offerte et qui chantent délicatement pour ma personne au rythme des battements de mon coeur. D'un sourire, j'accueille cette mélodie et frissonne simplement quand d'entre mes bras Saphir s'éloigne, fuyant la chaleur de ma peau pour simplement chasser de mon visage androgyne les quelques mèches fines qui cherchent tant à masquer les traits de mon faciès. En silence, j'apprécie son attention avant de murmurer doucement, sous le couvert d'une brise nocturne qui doucement fait chanter un peu plus les pierres dans ma crinière.

"Je n'ai rien d'une bénédiction ou d'une chance. Je sais que parmi vous, je reste une anomalie et que peu importe où j'irais, je serais toujours cet être dont on ne sait que faire et qu'on admire au loin, se demandant simplement ce que l'univers pensait accomplir en le faisant naître." Je marque une légère pause, le temps peut-être de chasser l'once de tristesse qui commence à se distiller dans mes veines. "Je me dois d'être reconnaissant envers ceux qui acceptent de m'avoir avec eux. Je n'éprouve que de la gratitude d'être avec toi et je suis heureux d'avoir la chance de retenir ton attention à chaque fois."

Un soupire se glisse au milieu de mon sourire alors que je tends une dernière fois la main vers elle, retenant mon geste au dernier moment pour lui épargner d'une fois de plus subir la pression de mes doigts sur sa peau, préférant à la place faire un pas en avant pour mieux reculer ensuite, faisant entendre par un piaffement nerveux que j'ai subitement envie de m'échapper de tout ça et de simplement redevenir l'enfant sauvage que je n'ai jamais cessé d'être et que je resterais probablement toute ma vie. En un geste gracieux, je glisse une mèche de mes cheveux derrière l'une de mes oreilles alors que je reprends en un murmure, chassant sans peine les bribes de cette conversation que je ne suis pas sûr de vouloir avoir en cette nuit.

"Nous pourrions disparaître dans la nuit, devenir des enfants de celle-ci... J'ai envie de courir dans les bois, de galoper dans le sillage des biches et sous le regard des rapaces nocturnes. J'aimerais faire un avec environnement de cette boucle, m'oublier, m'effacer un instant et ne vivre qu'au rythme de ce que les autres n'observent pas assez. Et j'ai envie de t'emmener avec moi, mais je sais que tu ne pourrais me suivre... Alors... Je préfère te suivre et t'accompagner, où que tu ailles."

Made by Neon Demon
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Saphir
Pierre précieuse

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☾☾ Particularité :
Gisement de Pierres Précieuses
☾☾ Bizarrerie :
Puisque les hommes sont cruels. Puisque leurs avarices la lacèrent. Puisque le monde tel qu’il est conçu par l’espèce dominante lui semble monstrueux. Elle se réfugie dans le monde animal.
☾☾ Années :
Une fracture d’éternité, un Siècle de deux Guerres, qui recommencent. Mais son visage porte les fragments de 27 ans d’Histoire.
☾☾ Occupation :
Trésor des Ymbrynes
☾☾ Missives :
169
☾☾ Trogne & crédit :
Alycia Debnam-Carey (Nina(?))


MessageSujet: Re: Under Sapphire Skies   Mar 13 Fév - 13:18


Under Sapphire Skies



But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.
W.B.Y



La lumière des pierres est éphémère.
Reflet fugace de la pureté des Astres.


Quand il se lève, le Centaure est si grand qui pourrait faire naitre la peur dans ses pupilles minérales. Mais il est doux, et lent, comme effrayé à l’idée qu’une maladresse puisse la faire fuir. Saphir est aussi délicate que lui quand elle se lève, dépliant ses jambes avec grâce et lenteur. Comme si le moindre faux pas pouvait faire fuir la créature mystique. Il s’approche d’elle et pose délicatement ses doigts sur sa joue. La touche, alors qu’elle est pierre et sa peau masculine s’habille de fragments de diamants. Cela la fait sourire. L’homme s’enfonce dans l’eau en silence, elle emprunte le même pas, la même assurance. Les eaux du lac sont froides et agréables, elles épousent sa peau minérale, la déshabillent de cette poudre abrasive, de ce qui gelait ses gestes et blessait son derme. Et les diamants par milliers, minuscules et légers glissent et ondulent sur l’eau, laissant une trainée brillante sur son passage.  C’est comme si le lac l’embrassait, l’épousait, c’est si agréable que la petite pierre ferme les yeux, ces eaux qui montent sur sa peau, léchant ses cuisses, puis ses hanches. L’habillant de fraicheur alors que ses gestes se font plus souples.

Quand la ligne de l’eau dépasse son nombril. Elle laisse ses genoux fléchir, glissant lentement dans l’écrin froid du lac. Dans un bruit d’écaille, elle s’agite, plongeant profondément dans les eaux fraîches. De quelques brasses sous-marines, elle rejoint le Centaure. Et apparait, dans son miroir, se redressant lentement. Il y a dans les yeux de la créature une tristesse comme la sienne, solitaire et mélancolique. Une tristesse que le rire et la douceur jamais n’allègent. Qu’elle reconnait trop bien pour ne pas la comprendre, même si à la fois, elle lui échappe. Elle s’élève dans son reflet, brillante et chatoyante. Le tissu de sa robe colle à sa peau, jeu de transparence bleutée, elle ressemble à ces sirènes qu’on imagine dans les contes de fées. Autour d’elle, en ondes fines glissent les lumières dont elle est l’épicentre. Sa poussière se dilue lentement, allumée par la lune narquoise sur la surface sombre du lac silencieux. Et c’est comme si de sa taille naissaient des constellations lointaines, des histoires interstellaires, d’Etoiles et de voyages. La nuit comme les étoiles dans sa traine. Mouvant au gré de leurs gestes. Avec lenteur, sa main remonte à la surface, entrainant la sienne si chaude, jusque les sortir, toutes les deux, miroirs étranges. Sa main plate, blanche, diaphane, a la brillance des astres et la sienne plus sombre, plus grande. Comme si l’air se joignait à la terre, comme si la pierre se liait à l’animal. Et la femme à l’homme. Quelques secondes, fines et brillantes. Une synapse temporelle, comète traversant le ciel alors que s’échoue son âme sur ses lèvres.

Comment tu t’appelles ?

Elle aimerait lui dire, ce que certains disent parfois. Ces paroles mystiques qui apaisent les cœurs, les rendent sensibles et doux, les laisse s’échouer sur les rivages sans orage. Elle aimerait lui dire. Je te vois. Et ce ne serait pas alors ce torse humain, ce visage masculin et les mains qui toujours portent quelques-unes des paillettes de sa peau. Non, ce serait. Comme la sensation de reconnaitre une âme qui depuis longtemps traverse les âges avec la sienne. Ce serait comme un bonjour. Un au revoir. Ce serait comme la promesse de ne jamais blesser l’homme Centaure, si pur qu’il fait trembler son cœur de pierre. Mais Saphir ne dit rien, il y a cette peur qui couve sous sa peau, qui n’est pas tant une peur du monde extérieur que l’angoisse d’avoir été touchée par les hommes et salie à jamais. Rendue impure par leurs désirs insatiables. Rendue aussi monstrueuse que sa peau minérale. Dans le monde tel qu’il existe aujourd’hui. Il n’y a pas de place pour ces douceurs constellaires. Ses doigts se plient, sa main se ferme contre la paume ouverte. La petite pierre se loge dans la chaleur. Son poing dans un coffret. Son âme sur les rives du lac, ondulante et froide.

Les hommes m’appellent Saphir.

Un nom de pierre. Bleu. Comme le bleu sombre de l’eau qui épouse son corps et les étoiles dans le ciel. Comme le bleu plus clair de ses iris froids, qui pourtant brillent d’un trop plein de douceur.

Najima, c’est joli, cela me plait.
Qu’est-ce que cela veut dire ?




Te rappelles-tu Polaris, comme les Astres brillaient ?
Je croyais alors que rien ne pouvait apaiser ma peine.


Et l’univers à quoi pensait-il, quand il inventa la race humaine ? Les yeux de Saphir s’écarquillent, la tristesse de Polaris glissent sur les perles bleues, tendres qui s’inquiètent soudain. Le malheur de son compagnon ne l’avait jamais frappé si fort. Les paroles l’attristent, les syllabes chutent comme autant de notes sur la mélodie silencieuse de Polaris. Le murmure d’un manque, et Saphir aimerait bondir, comme un chat sort ses griffes pour protéger ses petits, et sa langue parfois martiale aimerait frapper les paroles, les tuer dans la bouche du Centaure. Mais la pierre est silencieuse, rendue muette par la confession. Rendue inquiète par la mélodie sous-jacente. Cette main qui se tends, se fait miroir de la sienne qui aimerait encore logée ses doigts dans le doux écrin de sa paume. Mais la main s’éloigne et la sienne retombe. Ses sourcils se froncent, une inquiétude passe sur son visage. Ce pourrait-il que ce soit elle la source de ses soucis ?

Et puis il parle encore, et Saphir perçoit enfin la solitude qui blesse son cœur. Il dit. Et c’est comme une blessure. Ce qui est vérité et vérité cruelle, qu’elle ne sera jamais comme lui. Et pourtant Saphir aimerait, se transformer en jument et disparaitre dans le firmament. Galoper jusque des plaines, inconnues des cartes humaines. Sentir le vent sur son visage, si rapide. Et la liberté comme un deuxième cœur pulser dans ses veines. Il dit. Et c’est comme un murmure. Le plaisir qu’il y a à ne faire qu’un avec la nature. Cela la tente comme l’appelle le frémissement de feuilles et les racines profondes des arbres. C’est un souffle qui caresse son visage, cette liberté qu’il susurre puis retire, comme marée qui avale les secrets puis laisse la plage aussi vierge qu’elle ne l’était. Cela a le gout du sel, et de l’amer, de l’inaltérable et de l’impossible. Et ses lèvres douces ne peuvent que soupirer cette vérité, comme autant d’excuses et de regrets.

Je ne pourrais jamais te suivre, jamais aussi vite.

S’il la regarde, ses yeux à elle dévient. Il a raison, Saphir ne sera jamais de sa race. Et peut-être n’y a-t-il personne au monde comme lui. Peut-être est-il unique, et peut-être l’est-elle aussi. Saphir perçoit l’agacement du Centaure, cette énergie qui courre dans ces veines, ce piaffement d’impatience. Elle peut être tant immobile parfois, qu’elle oublie que la vie est mouvement. Saphir se met en marche, le long des berges du lac, dans le silence le plus parfait alors que défilent dans son esprit les idées les plus insensées. Jusqu’à ce qu’enfin, elle décide à les dire à haute de voix, brisant le silence.

Mais je pourrais apprendre. Je pourrais apprendre à courir si vite qu’on pourrait suivre des animaux sauvages. A avoir le pas si doux, que l’on me fustigerait pour une biche. Il y a bien des hommes qui surprennent les gibiers, qui savent lire leurs traces au sol. Il y a bien des gens qui courent vite et longtemps. Je n’ai pas 4 jambes, mais avec de l’exercice et de l’entrainement, je pourrais un jour courir suffisamment vite pour pouvoir courir avec toi.

Il y a cette nuance dans les paroles de son tendre ami qui la dérange. L’impression étrange qu’il la prenne pour quelque chose qu’elle n’est pas. Qu’il se fustige sur ses relations avec le monde. Il y a ce doute, qui cogne sa poitrine et fait crisser les pierres le long de son échine. Ses yeux se font durs, et froids, alors qu’elle regarde la surface de l’eau.

Je ne fais partie d’aucun « vous ». Il n’y a rien pour moi, dans le monde des hommes, rien que la peur et le tourment. On me convoite, on me vole et l’on dissèque mes émotions. L’oiseau roi m’a pris sous son aile, mais même dans la boucle je me sens en danger.

C’est rare qu’elle parle à cœur ouvert. Si rare que son visage se ferme, que sa peau gèle, entre ses lèvres, comme autant de cristaux de glace dans son cœur figé par cette peur profonde. Une pierre dans son poing, qu’elle serre dans sa paume. C’est une pierre dont elle ne veut lire la couleur. C’est une pierre qu’elle jette, le plus loin possible, dans les eaux du lac comme pour s’en éloigner la douleur. Mais sa naissance dans sa paume, comme les mots entre ses lèvres, fut une offrande. Elle murmure.

Tu es une des rares personnes au monde en qui j’ai confiance.
Ne m’éloigne pas de toi, je t'en prie.

Saphir cesse de marcher et se retourne vers lui. Ses grands yeux s’élèvent aux siens, les contemplent. Il y a dans le regard de Polaris cette douceur innocente qu’elle s’est jurée de protéger. Cette jeunesse encore, dans ses traits fins et délicats, dans les rêves qui traversent son regard.

Et c’est vrai, je ne serais jamais Centaure.

Sa voix si douce se transforme en une promesse, martiale. Du si plein de volonté qu’elle possède, de cette dureté qu’elle s’inflige quand elle se désire parfaite.

Mais j’apprendrais à te suivre dans la forêt.

Aux abords de la berge dans le sol, les sabots de la biche ont laissé quelques traces. C’est un chemin dans la forêt à peine visible, qui se tortille entre les arbres comme une serpent hésitant. La dame du bois est la quelque part, sans doute près de son Cerf. Et Saphir est bien décidée à la pister, à la suivre, à offrir au centaure une maigre consolation en attendant qu’elle puisse, un jour, elle aussi courir dans les bois si vite et si silencieusement qu’ils puissent suivre les animaux sauvages ensemble.
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