(Roxoan - Saphir) ∆ A siren's call that brought you here to me.
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Roxoan F. Wilde
renard chapardeur

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☾☾ Miroir :
I am an ocean, I am the sea, there is a world inside of me...
☾☾ Particularité :
Métamorphose en Renard noir et argent
☾☾ Bizarrerie :
Collectionne de petits objets sans liens les uns avec les autres, au fil de ses vols.
☾☾ Années :
28 en apparence, 104 en totalité.
☾☾ Occupation :
Voleur, chapardeur, cambrioleur, appelez ça comme vous voulez, et gardez vos poches sous surveillance.
☾☾ Myocarde :
Je me glisse dans le lit de ta mère pour te faire un petit frère, puis dans celui de ton père pour qu'il oublie son cœur brisé.
L'amour ? Jamais.
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Andy Biersack - crédit à moi-même


MessageSujet: (Roxoan - Saphir) ∆ A siren's call that brought you here to me.   Lun 5 Fév - 9:57

A siren's call that brought you
here to me

I may be bad, but I'm perfectly good at it

Il y avait forcément des moments, dans la vie, où l'on trouvait un inestimable trésor que rien ne pouvait remplacer, et que rien de ce que l'on avait vécu auparavant pouvait égaler. Pour Roxoan, mettre la main sur Saphir avait été un de ces moments, au sens propre, comme au sens figuré. Lorsqu'il avait rencontré la jeune femme, il ignorait tout de sa particularité, et ce n'était qu'après un peu de temps qu'il l'avait découverte et que son intérêt s'était trouvé piqué par toutes les possibilités qu'incluait un tel don. Les inestimables richesses, comme les heures d'amusement. On ne le dit jamais assez, Roxoan était loin pourtant d'être quelqu'un de mauvais. Il n'avait jamais blessé qui que ce soit volontairement, lorsqu'il se retrouvait à mettre quelqu'un dans un grand embarras c'était toujours une erreur de sa part, et il ne faisait pas de mal gratuitement. Il n'en avait pas besoin, et n'y trouvait aucun divertissement. Malgré cela, il pouvait se montrer manipulateur, retors ou même mauvais, surtout s'il n'y prenait pas garde. Avec Saphir, c'était en voie d'arriver, et pour une fois, il s'en était rendu compte. Alors il se contrôlait, du mieux qu'il pouvait, mais l'idée de pouvoir faire germer au creux de la jeune femme des pierres toutes différentes selon les sentiments qu'il lui inspirait tendait à l'entraîner vers de mauvais comportements. Et c'était bien pour cela qu'en cette éternelle journée, il avait décidé de l'emmener se promener, plutôt que de la garder bien cachée dans l'écrin du Manoir qui, lui-même, l'étouffait. Dehors, ce n'était même pas comme si les rues étaient très agitées. Si l'endroit avait un jour été plein d'activité, la guerre l'avait proprement éteint, si le conflit n'avait pas eu le temps d'arriver jusqu'à lui il avait néanmoins été réorganisé en prévention, et cela passait par des habitants souvent cachés, des promenades plus courtes, des sourires moins grands. Ce n'était pas angoissant, cependant, la ville était toujours un petit joyau. Loin de la puante et lancinante Londres à laquelle Roxoan était habitué, elle semblait toujours exhaler le parfum des fleurs aux fenêtres, et des femmes en robes à volants, et non celui des putes et de feux de cheminées bouchées. Le renard aimait marcher dans les rues. Il aimait observer les alentours qu'il commençait à connaître par cœur, s'asseoir sur un quelconque rebord pour une futile cigarette, et noter mentalement les visages qu'il appréciait, et c'était dans ce but qu'il avait invité Saphir à le rejoindre, ce jour-là.

Ils marchaient donc nonchalamment, côte à côte, et arrivèrent bientôt à une adorable place. En son centre, une fontaine, communément utilisée comme puits à souhaits par les habitants de Tenterden. Roxoan aurait menti s'il avait prétendu n'avoir jamais plongé la main dans l'eau pour ramasser quelque piécette, c'était plus fort que lui après tout, il ne savait pas se retenir. Voler, c'était dans sa nature. Il était né ainsi, une sale race génétique, ce n'était pas comme s'il y pouvait quoi que ce soit car s'il chassait le naturel, il revenait au galop. Le tombeur de ses dames (et messieurs) guida néanmoins sa jeune compagne vers la fontaine, lui proposant silencieusement de s'y reposer quelques instants. De là, ils pouvaient même entendre quelques oiseaux chantonner gaiement, sans doute les derniers avant que les bombes n'apportent silence et mort. La boucle ainsi figée avait laissé une petite place pour quelques animaux et quelques humains, qui se répétaient sans fin. Cependant, cela n'empêcha pas Roxoan de relever la tête au chant d'un rouge-gorge qu'il n'avait jamais entendu auparavant, ni d'esquisser un sourire à sa vue. S'il avait été plus concentré, il aurait pu jurer que l'oisillon lui avait fait un clin d’œil, perché sur sa branche, à portée de regard. Au lieu de quoi, il se tourna vers Saphir et lui offrit le sourire qu'il venait d'esquisser, en espérant qu'il la séduirait comme tant d'autres jeunes femmes avant elle. « J'espère que mon initiative ne t'a pas gênée, Saphir. Je ne savais pas si tu aimais quitter le refuge de temps en temps ou si ça t'inquiétait, mais je me suis dit que tu saurais qu'auprès de moi tu n'as rien à craindre, si jamais c'était le cas. » Un joli mensonge. Roxoan n'était pas courageux. De toute évidence, si quelqu'un était venu dans l'idée d'agresser Saphir, il aurait écarté le mécréant de leurs vues à tous les deux, mais s'il pouvait éviter d'avoir à essayer de se battre, cela lui allait tout aussi bien, s'il devait être parfaitement sincère. « En tout cas, moi je suis enchanté d'être là avec toi. » Ajouta-t-il, en sortant une cigarette de son sac. Galamment, il tendit le paquet vers la jeune femme à ses côtés, ne sachant pas si elle fumait également ou non, il préférait proposer. Si la fumée la gênait, il ferait au plus vite. Simplement, leur soudaine immobilité appelait à une petite pause nicotine, et il espérait sincèrement que cela ne la dérangerait pas. Quoique... se pouvait-il que des pierres naissent d'une gêne causée par un élément tel que la fumée ? Et mieux, cela valait-il le coup d'essayer de la provoquer ?




Have fun.
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Saphir
Pierre précieuse

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Puisque les hommes sont cruels. Puisque leurs avarices la lacèrent. Puisque le monde tel qu’il est conçu par l’espèce dominante lui semble monstrueux. Elle se réfugie dans le monde animal.
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Une fracture d’éternité, un Siècle de deux Guerres, qui recommencent. Mais son visage porte les fragments de 27 ans d’Histoire.
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MessageSujet: Re: (Roxoan - Saphir) ∆ A siren's call that brought you here to me.   Mer 7 Fév - 16:52


A Siren’s Call



Those opal waves will always turn to black tides ripping through the sands of my Heart.
Dangerous, yet beautiful. That's why they say to stay away from Sirens. (a.m.)




Parfois Saphir aimerait être une pierre, une vraie pierre. Comme les étoiles lointaines dans le ciel ou les milliers de quartz qui habillent les plages. Elle aimerait avoir l’indestructible des falaises, léchées par l’océan, qui ne s’effondrent que si rarement. Elle aimerait avoir la patience de montagnes, qui longuement s’érodent, comme elle se transforme les décennies passant dans les boucles en quelque chose de différent. Cette puissance tranquille, qui jamais ne s’émeut, rarement se tracasse. Cette froideur minérale, insensible mais douce, comme autant de promesses de trésors dans ses racines, là où naissent les cristaux les plus précieux. Elle aimerait avoir la pureté des roches qui naissent de ses songes, leurs couleurs chatoyantes, ce même brillant. Et qui jamais ne se rayent, ou si peu. Ces indestructibles à qui les hommes donnent tant de valeur.

Mais même son cœur de pierre n’est si pur, si dur, qu’il rayerait le granit et le verre. Il est fragile, versatile. Il s’enflamme d’émotions étincelantes, comme autant de pierres dans ses cheveux, s’adoucie sous les caresses et se laisse, parfois happé par le chant si doux des sirènes. Il est animal, et minéral à la fois, se blessant sous ses propres inclinaisons tranchantes, pour mieux se loger dans le velours de ses désordres instinctifs. Et parfois aussi, il s’aveugle, délaissant sa méfiance pour des sentiments plus doux, moins martiaux. Comme envouté par dès les promesses chantantes des femmes poissons, ou celle de ces hommes un peu trop doux pour ne pas être un brin canailles. Saphir a pour le vagabond cette étrange fascination. Ce n’est pas tant la pâleur de son regard ou celle de sa peau diaphane que sa grande taille. Mais c’est peut-être sa présence, oscillante, ou son profond besoin de liberté. Qui pulse, si fort dans chacun de ses gestes, comme l'instinct des animaux sauvages. Elle le voit parfois, trainant dans la rue. Ne restant que peu dans le manoir, de peur, peut-être que l’on ne lui brise les ailes. Il l’intrigue, par ses silences, et par ce sentiment étrange qu’il fait naitre en elle. Au fond d’elle Saphir sait pertinemment que Roxoan est exactement le genre de personne qu’elle doit absolument éviter. Elle le ressent de toutes ses pores, comme une invitation à la fuite et le besoin de protéger tous ses trésors. C’est comme inscrit dans son regard, dans ses gènes, une méfiance qu’elle s’imagine pourtant infondée, puisque jamais il n’a fait le moindre geste suspect. Une méfiance qu’elle n’écoute guère, puisqu’elle ne peut résister à son sourire, et c’est ainsi qu’elle le suit sans vraiment se poser de question.

Il y a dans le silence de leur marche une paix tranquille, facile. Le pas de la jeune femme épouse le rythme de Roxoan et ses yeux découvrent les parcelles inexplorées de la boucle, celles que les hommes habitent. Le chant des sirènes endort sa méfiance, elle avance sans l’ombre d’une peur qui blesse ses pupilles, l’homme est si grand qu’elle pourrait probablement se cacher derrière lui, au moindre danger. Elle se sent sous sa protection. Parfois pourtant, quand un rare passant passe auprès d’eux, elle ne peut s’empêcher de s’approcher du jeune homme, sans même s’en rendre compte. Evitant tout contact des yeux et le sourire distant sur ses lèvres. Quand il s’arrête, Saphir s’approche de la fontaine, elle a toujours aimé l’eau. Sans doute parce qu’elle est froide et qu'elle apaise sa peau. Ou que sa couleur lui rappelle les joyaux qui perlent de ses paupieres. Les centaines de petites pièces, comme autant de bouteilles à la mer, ont la poésie des voeux qui jamais ne se réaliseront. Des espoirs graciles, brillants, que les ondulations de l’eau rendent mystiques. Comme autant d’inclusions dans les pierres, fractures impures qui pourtant les rendent plus réelles, touchables, plus personnelles. Imperfections humaines, beautés futiles, la beauté de la fontaine ravit son cœur. Et quand il parle alors, il manque un battement, comme surpris dans ses pensées. Saphir se retourne vers lui, tombe sous le joug de son sourire charmeur et boit ses paroles, comme une vérité qu’elle aimerait entendre, si douce à l’oreille, un brin intrigante, mais oh combien anesthésiante – des doutes et des inquiétudes. Elle murmure.

Moi aussi, je suis contente.

Dans ses yeux brillent un sourire qui lentement glisse sur ses  lèvres . D’un geste du visage elle décline gentiment l’offre de Roxoan. Saphir ne fume pas, ne fume plus, elle fumait toujours en 1941, pour anesthésier son cœur des tracas, ou s’enfumer les yeux. Et par plaisir aussi, quand seule une cigarette pouvait lui faire du bien. Mais c’était il y a longtemps, et elle n’est plus si nerveuse. Elle n’en ressent plus l’appel, ou si rarement. La nicotine a pour elle le même gout dans la bouche que ses tentatives de survie d’autrefois. Son visage se tourne vers la fontaine. Entre les sacs de sable abandonnés ils sont comme hors du temps, ailleurs. Perdus sans doute dans un mirage, dans ce que l’éphémère est à l’éternel. Une brise chasse les mèches de ses cheveux, qu’elle repousse derrière son oreille.

Je n’étais jamais venue ici. Cela me plait beaucoup.

Ses yeux se lèvent sur le décor tout autour, les lumières du jour rendent l’endroit charmant et le silence des rues, s’il est l’œuvre de la guerre, lui donne comme un air endormi, paisible et doux. Personne ne les regarde. Son visage s’incline vers lui, et, alors que dans ses yeux brillent une malice, dans son esprit germe une envie qui, si elle n’est prudente, la tente tout autant.

Ma mère était très superstitieuse, elle disait toujours. Il faut donner aux pauvres, aux plus pauvres que nous et au bon dieu. Pour qu’un jour nos rêves se réalisent. C’est un peu comme si elle croyait au karma, d’ailleurs. Et elle mettait toujours des pièces dans les fontaines, quand bien même elles nous manquaient ensuite cruellement.

Saphir s’assoie sur le rebord de la fontaine. Et lentement retire ses gants avant de les mettre dans la poche de son imper. Le reflet de l’eau est clair et les pièces brillent d’éclat à chacun des rayons du soleil qui se posent sur elle, quand viennent les éclaircies. Lentement elle se baisse, pour ne pas perdre équilibre et pose sa main sur la surface, qu’elle agite avec douceur. Le miroir de l’eau est doux et frais. Il est agréable, quand bien même sa peau humaine bleuie un peu. Mais la sensation de froid ne la gêne pas, au contraire, elle en apprécie la douceur mordante.

Cela fait longtemps que je n’en ai pas fait un, de vœux.

Ses yeux se ferment alors. Et de ses doigts qui caressent l’eau naissent des myriades de minuscules petits diamants qui lentement ondulent  et tournoient avant de glisser rejoindre les pièces de nickel, de cuivre, d’or et d’argent, lumière irréelle et douce, qui capte les rayons du soleil avant de se perds dans les pièces brillantes. Ses yeux se rouvrent, elle découvre enchantée les ondulations lumineuses de sa poussière de fée. Et dans un petit rire retire sa main, qu’elle essuie sur son pantalon.

Est-ce que tu viens ici pour faire des vœux toi aussi ?

La question est douce, cela l’intrigue un peu. C’est que Saphir fait rarement de vœux, de peur d’espérer qu’ils se réalisent ensuite. Et qu’elle ne sait pas bien pourquoi soudain, en cette éternelle journée de Mars 1941, elle a toute son attention.
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Roxoan F. Wilde
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MessageSujet: Re: (Roxoan - Saphir) ∆ A siren's call that brought you here to me.   Dim 20 Mai - 17:15

A siren's call that brought you
here to me

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« Je suis heureux que ça te plaise. » Et une fois n'était pas coutume, il était parfaitement sincère. S'il reconnaissait volontiers ne pas avoir que de bonnes intentions en ce qui concernait Saphir, il n'avait jamais imaginé lui faire du mal, car il savait pertinemment qu'il ne pourrait alors que s'en vouloir d'avoir heurté un cœur si bon, si pur, de ceux qu'il aurait voulu protéger sans jamais vouloir se l'avouer. Peu importait son passé, les blessures qu'elle pouvait porter à fleur de peau, ses larmes étaient des pierres précieuses au sens propre comme au figuré, il fallait qu'elles soient rares, uniques, il fallait qu'elles se tarissent et se fassent désirer. En cela, il était donc hors de question pour lui d'aller trop loin, plus loin qu'un malaise ou une frayeur passagère, et il préférait généralement se concentrer sur les sentiments positifs qu'il pouvait faire naître chez la jeune femme, au moins pour l'instant. Il était d'ailleurs parfaitement fasciné par ses mouvements lorsqu'elle plongea la main dans l'eau, d'une incroyable délicatesse, et qu'à ses gestes juste au bout de ses doigts, apparurent de minuscules pierres précieuses, des fragments de pureté et de beauté qui ne savaient égaler la sienne. Il aurait eu envie de glisser les doigts à la suite des siens et de récupérer toute cette richesse perdue, mais c'étaient là ses habitudes de voleur qui parlaient, qui le faisaient réfléchir à combien il pourrait se faire s'il venait à revendre cette poussière miraculeuse. Il n'avait pas besoin de l'argent, mais il en avait envie, même pas pour son train de vie, peut-être juste pour se prouver à lui-même qu'il était capable de le garder, de le ranger, ''en cas de besoin''. Il savait d'autre part que lorsqu'ils quitteraient les lieux, lorsque la boucle reprendrait du début, il n'aurait plus jamais l'occasion de revenir à la fontaine et d'y trouver ces quelques poussières de diamants laissées par Saphir. Enfin, il songeait que si quelqu'un d'autre les trouvait, quelqu'un qui en aurait plus besoin que lui, cela ferait sans aucun doute un heureux, et quoique ça lui donne envie de ronchonner de penser ainsi, il ne détestait pas l'idée que la belle, sans même le savoir, ait réalisé le vœu, le rêve, d'un autre.

« Ta mère avait certainement raison, tu sais. » Roxoan hocha doucement la tête et traça quelque invisible arabesque sur l'eau mouvante et changeante de la fontaine. « Je ne sais pas si on peut appeler ça le karma, mais en tout cas, les énergies qu'on diffuse nous reviennent souvent, ça c'est un fait. Ceux dont les actes sont mauvais ne restent jamais longtemps impunis, et ceux qui souffrent ne sont pas condamnés aux ténèbres pour l'éternité. C'est une question de choix, souvent, ceux qu'on fait et ceux qui s'imposent à nous. L'une des petites pierres remonta, emportée par le tourbillon qu'il avait créé, il esquissa un sourire en coin et lui permit de retourner au fond au milieu du cuivre, de l'argent, des armoiries frappées. Trop facile... Parfois, la facilité avait du bon, mais d'autres, comme cette fois-là, il ne fallait pas s'y laisser aller. Il avait dans l'idée que Saphir lui livre les pierres à lui directement, et non les lui donne par inadvertance, il préférait attendre plus longtemps mais être celui qui avait provoqué l'émotion, la tendresse, la joie, le calme paisible. Il voulait comprendre et apprendre à connaître, et son esprit retors mais surtout perdu dans les méandres de sa haine de tous et de lui-même lui interdisait de penser qu'elle pourrait peut-être, tout simplement, lui donner quelque pierre s'il venait à lui demander. Il ne voulait pas se servir d'elle, ou lui donner l'impression que c'était ce qu'il faisait, mais quelque-part, entre ses idioties et de la cruauté, il sentait bien qu'il n'y avait qu'un pas et que la ligne était beaucoup, beaucoup trop fine. Se laisser aller à la facilité aurait peut-être libéré la jeune femme de son emprise – et encore – mais cela aurait sonné comme un aveu, je suis là pour tes pierres, Saphir, et non pour toi. « Telle que tu la décris, ta mère semble avoir été une femme très douce. J'aurais aimé la connaître et, je l'avoue, je comprends mieux d'où tu tiens ta douceur, à toi. Ton altruisme. Du moins, j'imagine... »

Il éteignit sa cigarette et rangea le mégot pour le jeter plus tard, car il ne souhaitait pas salir la place avec ses déchets. Les badauds ne leur prêtaient toujours aucune attention, il se permit de pencher la tête, de les observer un instant évoluer dans leur milieu naturel. Un soupir quitta ses lèvres, presque alangui, comme un peu ennuyé, celui de l'animal qui se laisse aller à un rythme plus calme et plus tranquille que celui dont il a l'habitude. « Je n'ai jamais fait de vœu. Je ne saurais pas que souhaiter. » C'était un mensonge. Il avait souhaité mourir à la place de sa petite sœur, et mille fois prié pour cela. Il avait souhaité changer de vie et d'identité, et s'était caché sous le nom d'Emile dans ce but, ce qui lui avait permis de se présenter différemment à des personnes qui auraient été susceptibles de connaître le nom de Roxoan Wilde. Il avait souhaité que sa mère et l'aide de celle-ci soient immortelles, que leur maison jamais ne s'effondre, que tous ses souvenirs et toutes ses photos restent parfaitement intactes, et il savait de sources sûres que cela non plus ne lui avait pas été accordé, qu'après sa disparition sa mère n'avait plus tenu longtemps toute seule, dévorée sans doute par le chagrin, la conscience, qu'elle ne le reverrait plus jamais. S'il avait eu le choix, il les aurait prises avec lui toutes les deux, mais cette fois-là était justement l'une de celles pour lesquelles le choix s'était imposé à lui comme étant le bon. Taisant ses pensées trop sombres, il sortit une piécette de sa sacoche et la fit danser entre ses doigts, glisser d'une phalange tatouée à l'autre. « Toi, que veux-tu que je fasse comme souhait ? » Il releva les yeux vers elle, son regard bleu acier se fit joueur, son sourire s'élargit. « Je voudrais en faire un pour toi. Peut-être pour nous deux. Tu as une idée ? » En d'autres circonstances il aurait volontiers admis que c'était simplement de la drague et que ça n'avait aucun fond, aucune substance, mais c'était un peu différent cette fois, sans aucun doute bien plus doux. Il avait presque envie de faire le vœu qu'ils aient d'autres occasions de revenir à la fontaine tous les deux, un jour, peut-être, de parler différemment, d'autres choses. Peut-être cela serait-il possible quand il aurait fait taire son envie et que la fortune lui serait sortie de la tête, quand il ne serait plus seulement un voleur, mais plutôt surtout un homme souvent beaucoup trop seul.




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MessageSujet: Re: (Roxoan - Saphir) ∆ A siren's call that brought you here to me.   

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