à même l'ardoise du ciel. (lazare)
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Fantine Lervannec
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MessageSujet: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Lun 5 Mar - 1:50

à même l'ardoise du ciel

lazare & fantine

L'herbe chatouille ses pieds nus et la nuit embaume bon les fleurs éternellement écloses. Il est beau de jour ce jardin, mais il est encore plus beau de nuit, il a quelque chose d'un peu mystérieux et un peu ésotérique et elle aime bien cette atmosphère nocturne, où l'environnement est silencieux et aussi délicat que du cristal. Y'a pas un bruit, à peine un peu de vent, et la lune presque pleine qui pend au dessus de leurs têtes brille fort et lui mange une partie du visage. Elle s'en fiche un peu pour une fois, se contente de poser ses fesses dans l'herbe et finalement de s'allonger, le nez levé vers les étoiles qui ont décidé de rester pour un temps encore indéterminé. Elle a entendu la plupart de ses camarades s'inquiéter de cette nuit prolongée, de ce que ça pourrait provoquer, et pourquoi ça continue ? Personne ne sait, même pas les Ymbrynes il semblerait, mais elle est plutôt contente de ce qui se passe. Elle est dans son élément, là, et elle peut pas s'empêcher de sourire, mais peut-être que c'est parce qu'elle est en bonne compagnie.

Elle l'a toujours aimé, Lazare, d'une façon un peu bizarre et un peu ambiguë aussi peut-être, parce qu'elle-même elle sait pas trop où elle se trouve par rapport à lui. Mais elle préfère ne pas chercher à comprendre, peut-être parce qu'elle a un peu peur de ce qu'elle pourrait trouver, alors elle se contente de gigoter un peu sur l'herbe et de poser la tête sur sa cuisse. « T'as trouvé Polaris ? » elle demande d'un coup, parce que l'astronomie a toujours été un de leurs sujets favoris, et vraiment, la nuit est trop belle pour laisser passer cette occasion. Le ciel est complètement dégagé, pas un seul nuage en vue, et ça lui fait pousser un petit soupir de contentement. C'est agréable. En plus il fait pas trop froid, pas trop chaud non plus. Un temps parfait. Et elle a les yeux rivés sur Polaris, l'étoile polaire, tellement brillante qu'elle est presque un phare pour tout observateur. « ... Tu crois qu'on pourrait rester ici jusqu'à ce que la nuit finisse ? Ca me paraît bien. »
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Lazare Delauney
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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mar 6 Mar - 16:26

À même l'ardoise du ciel

Lazare & Fantine



La nuit éternelle. Le rêve de Lazare, inavoué, trop beau pour se réaliser – et pourtant ! Voilà que le Soleil ne daignait plus lever le bout de son nez, s'inclinant ad vitam devant la grande dame Lune. C'était à n'y rien comprendre, bien sûr, mais Lazare s'y complaisait, et tant pis pour le malheur général. Le ciel pensait à lui... Ces péripéties plongeaient le garçon dans le meilleur état d'esprit, le plus allègre et le plus fantasque, qu'il ne modérait même pas devant les craintifs et autres angoissés. Aha ! La chance tournait, assurément, et lui, qui autrefois passait pour aveugle, se trouvait à présent le meilleur voyant de toute la boucle.

La tête en l'air, assis en tailleur sur l'herbe, Lazare se sentait merveilleusement bien. La question de Fantine le tira de ses pensées.
- Ben ouais, elle est là, affirma-t-il en posant un doigt sur la joue de son amie, tout près de l'arête du nez.
L'étoile la plus brillante, sur le visage le plus radieux... Le garçon aimait sentir la tête de Fantine, appuyée contre lui. Il aimait sa peau constellée, ce parchemin du ciel doux et sensible, et il aimait cette cascade de cheveux qui lui coulait le long de la cuisse. Il y passa la main, pour en éprouver la douceur, et l'y laissa là, les doigts entremêlés des fils d'or.
- Si on passait la nuit ici, je crois qu'on en aurait pour un moment. Y'a plus que ça. Ça serait bien, ouais...
Lazare rêvassa un instant, et s'allongea dans l'herbe à son tour, perpendiculairement à Fantine, afin que sa tête reposât désormais sur son ventre.
- C'est bizarre quand même... C'est cool, je veux dire, j'aimerais bien que ça reste comme ça tout le temps. C'est un peu inquiétant, mais... Mais bon. Tu sais... Ça fait longtemps que j'avais pas vu comme ça, aussi longtemps. Je suis plus aveugle ! C'est un truc. Je peux plus m'en passer, maintenant, je crois. Faut jamais que ça redevienne normal.
Le garçon soupira, bercé d'illusions, et de constellations... Plus que cette nuit éternelle, Lazare appréhendait le retour du jour. Ce qui arriverait, inéluctablement, mais mieux valait n'y point penser.





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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mar 6 Mar - 20:39

à même l'ardoise du ciel

lazare & fantine

Il est ravi, Lazare, elle peut l'entendre dans sa voix et le lire sur son visage, et elle peut comprendre cette joie béate d'enfant — il y voit, lui qui est considéré aveugle le reste du temps, quand le Soleil règne sur les cieux et que la Lune prend un repos bien mérité au delà de l'horizon. Mais là il n'y a plus de Soleil pour blesser son regard, et Fantine se retrouve à sourire elle aussi, un sourire un peu bêta, parce que la joie de Lazare est communicative. « Mais non, pas sur ma figure, dans le ciel. Et puis d'abord c'est pas Polaris, là, c'est Jupiter. Elle est toute proche de la lune en ce moment. » Elle gigote un peu, juste assez pour tourner la tête et tendre le cou et guider son doigt là où la Polaire se cache, juste sous son oreille, cachée par une mèche d'or. « Y'a une différence quand même, Polaris elle scintille. » C'est bien connu, les planètes ne scintillent pas dans le ciel, pas comme les étoiles qui le font de toute leur âme, comme si c'était la seule manière pour elles de survivre une nuit de plus. La main de Lazare est toute tiède contre sa gorge, et elle se laisse guider jusqu'à ce que son crâne doré repose sur son ventre. C'est confortable, comme ça.

« Mm... » Elle fronce un peu les sourcils, Tine, et elle finit par se retourner, juste assez pour se hisser sur les coudes et pour pouvoir observer le visage de Lazare. Ses cheveux longs forment un drôle de rideaux autour d'eux, et elle trace Cassiopée du bout du doigt sur son front. « J'aimerais bien moi aussi. Pour toi. Et puis pour tous ceux qui peuvent vivre que la nuit aussi. Mais surtout pour toi. » Une utopie, vraiment. Elle est consciente de tout ce que ça impliquerait comme catastrophes, avec toutes ces plantes privées de Soleil et le manque de chaleur. C'est utopique cette idée de nuit éternelle sans répercussions. « Tu me retrouves le Dragon ? Où tu veux. Dans le ciel ou sur moi, c'est comme tu préfères. »
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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mar 6 Mar - 22:17

À même l'ardoise du ciel

Lazare & Fantine

Au lieu de scruter les étoiles, le nez en l'air, afin d'y déceler Polaris, Lazare laissa son regard courir sur Fantine. La voûte céleste avait peu d'importance en face de son miroir humain, de sa projection parfaite. Et ses doigts se promenèrent sur la nuque de Fantine, à l'emplacement réel de Polaris, tapie dans l'ombre d'une mèche dorée.
- Je peux pas savoir qu'elle est cachée là. Dans ce cas, c'est Jupiter qui brille le plus sur ton visage, murmura Lazare. Ses doigts glissèrent encore, contemplatifs, sur la nuque astrale, et il ajouta : J'vois pas la Lune.
En dépit de ce que l'on pourrait croire, par facilité, Lazare ne connaissait de la carte du ciel seulement ce qu'on avait daigné lui apprendre : quelques constellations, quelques planètes, et un ramassis de noms d'étoiles qui résonnaient comme du cristal à ses oreilles – et qui avaient pour toute place dans la voûte celles que Lazare leur donnait arbitrairement, suivant les nuits.

Entre tous les Sydrigastis, sans doute, Fantine comprenait le mieux son mal, et par extension, le bonheur qu'il éprouvait à cette nuit éternelle. Elle avait supporté, pendant les siècles de Paris, son handicap, l'avait guidé à travers la ville et acceptait de sortir la nuit, juste pour lui, pour qu'il y voit clair parmi le capharnaüm de l'existence. Et elle lui souhaitait de si belles choses, juste pour lui, qu'il en sourit largement, juste pour elle.
- Amos aussi doit être content. Faut que je le chope.
Depuis la dernière fois... se garda-t-il d'ajouter. Certaines histoires valaient mieux tues.

Le garçon se tourna un peu dans l'herbe pour mieux voir Fantine, et pour y chercher, parmi le visage éclaboussé d'étoiles, le fameux Dragon. Sa mémoire surchargée de tant d'années d'existence n'avait laissé aucune place à la forme de cette constellation, mais, l'air confiant, et un sourire niais de bien-être sur les lèvres, il effleura du bout du doigts certains points lumineux du bras jusqu'à la nuque, reliant au hasard les étoiles entre elles.
- Là, là, là, et puis là... Ça continue par là, là, et voilà le Dragon.
Fier de ses tendres bêtises, Lazare ricana doucement.
- Tu te rends compte, je t'ai jamais vue sans étoiles, lâcha-t-il au bout d'un temps. Il n'avait aperçu de Fantine que sa version nocturne, donc au firmament... : Je me demande à quoi tu ressembles sans elles.





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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mar 6 Mar - 23:02

à même l'ardoise du ciel

lazare & fantine

« C'est vrai, y'a mes cheveux dans le chemin. Peut-être que je devrais les couper. » C'est une boutade, parce que c'est un peu vaniteux de sa part, mais elle tient à sa crinière dorée et elle aime trop avoir les cheveux longs pour songer à les raccourcir un jour. Et il le sait, Lazare, ils se connaissent depuis trop longtemps pour qu'il l'ignore, mais c'est un peu ça aussi la magie de leur relation. Elle frissonne sous la taquinerie de ses doigts, laisse échapper un tout petit soupir, un soupir d'aise qui lui fait fermer les yeux. « Elle est discrète. Mais elle est toute chaude derrière mes cheveux. » Elle repousse la longue mèche d'or qui lui mange la moitié du visage, révèle le délicat croissant de lune qui paresse sur sa pommette, tout près de son oeil gauche. « Toute discrète, je te l'ai dit. C'est bientôt la nouvelle lune. » Elle disparaîtra pendant quelques jours, laissera la scène aux étoiles et aux planètes et à la traînée laiteuse de la galaxie, et elle a hâte de voir ce spectacle.

Elle murmure un assentiment à la mention d'Amos, penche la tête sur le côté juste assez pour observer un bout du ciel, le vrai ciel, pas celui qui se reflète sur son corps. Mais les doigts de Lazare se font de nouveau inquisiteurs, et Fantine se prête à observer le chemin qu'il prend, et déjà elle a le rire dans la bouche et l'envie de secouer la tête. Il est le seul qui arrive à la faire rire autant, avec tellement de naturel. Elle sourit beaucoup, Tine, mais elle rit pas beaucoup, et ça reste un son précieux à écouter. « C'est bête, t'avais la bonne étoile pour démarrer. Eltanin est là. » Elle les connaît par coeur, ces étoiles, au point de les appeler par leur nom comme si elles étaient les meilleures amies du monde, et dans un sens elles le sont un peu, après plus de cent ans à les héberger sur sa peau. Elle prend la main de Lazare et lui fait suivre le tracé correct du Dragon, lentement, depuis Eltanin jusqu'à Gianfar, qu'on connaît aussi sous le nom de Lambda Draconis, la toute dernière de la queue du Dragon. Et puis elle le fait dévier jusqu'à Véga, sa favorite, Alpha Lyrae, brillante juste comme il faut. Elle repose juste au creux de ses clavicules, et elle est presque tiède, Véga.

« Ah... C'est vrai. » Il y a un moment de silence à ces mots, et elle fronce un peu des sourcils, avec une petite moue aux lèvres. Un soupir, ensuite, et elle reprend sa place sur le ventre de Lazare, mais cette fois elle tourne le dos à la voûte céleste, préfère enfouir son nez dans sa chemise. « Je suis une fille banale sans les étoiles, tu sais. » Blonde, la peau claire, les yeux à la couleur impossible à déterminer et une éclaboussure de taches de rousseur sur la figure. Rien de bien intéressant, et peut-être bien qu'elle a peur que Lazare la trouve moins intéressante sans le manteau de la nuit. « Je pourrais t'avoir une photo. Peut-être. Si tu veux. »



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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mer 7 Mar - 22:58

À même l'ardoise du ciel

Lazare & Fantine


Avec un score au bas mot de 200 milliards d'étoiles dans la galaxie, Lazare ouvrit grand les yeux. Après un rapide calcul, cela lui laissait une probabilité de 0,000 000 000 005 de tomber, et du premier coup, sur la bonne étoile. Fort de ce score prodigieux, Lazare s’enorgueillit de sa bonne fortune, et éclata d'un rire sonore. A ceci, il fallait adjoindre la chance que la fameuse Eltanin se fut trouvée sur une zone visible du corps, dans les 10 à 15%, et soustraire celle qui la rendait plus brillante que les autres, donc plus attirante. En somme, il s'agissait là d'un calcul que le garçon aurait volontiers élucidé, si sa main glissant contre la peau de Fantine ne lui avait fourni une distraction autrement plus plaisante. Il suivit des yeux tout le tracé, et la courbe du corps qui l'accompagnait ; un vague désir s'empara de lui, qu'il réprima pour la noblesse du cœur, pour la beauté qui charmait les yeux, et pour le coton, le velours, qui s'échauffait sous des doigts. Il contempla, longtemps, et dans un soudain silence, l'endroit où échut la course au Dragon.

La ravissante Fantine reposa ensuite sa tête juste près du cœur de Lazare ; pressentait-elle qu'elle en accélérait la danse et le rythme, et qu'il se lançait en prodigieuses arabesques, juste à son contact ? La jeune fille rappelait à Lazare des jours passés – où, épris jusqu'aux abîmes de son être, il aurait enlacé sa main jusqu'au bout des temps et des éons, dérivant au fil du doux fleuve de l'amour. Et sans doute ne s'y était-il jamais tout à fait soustrait, à ceci près que l'amour, depuis, avait valsé en lui, en flots ininterrompus, parfois dévastateurs, parfois doux comme l'ondine.
- Personne n'est banal ici.
Lazare, qui passait machinalement la main dans les cheveux de Fantine, comme pour lui intimer de rester ainsi, avec lui, cessa tout mouvement quand son amie évoqua une photographie.

Pour le garçon, immortaliser un portrait en photo relevait d'une incommensurable richesse – et quoiqu'il s'agisse-là, même à son époque, d'une idée reçue, lui-même n'avait jamais vraiment eu l'occasion de passer derrière un objectif. Il ne possédait pas le moindre cliché, tout au plus quelques coupures de journaux dont les images lui étaient agréables.
Cette idée de Fantine, aussi lumineuse qu'elle, le fit bondir, et il se releva d'un coup (sans heurter sa camarade, naturellement) sur son séant.
- Mais oui ! Bien sûr ! Fantine, tu es géniale !
Alors qu'il lui claquait un bisou sur le crâne, une idée brillante éclaircit ses traits.
- Je sais ! Mon voisin fait de la photo. On peut lui piquer un appareil. Je l'aime pas vraiment. Je sais pas si on peu crocheter la serrure, mais on peut toujours défoncer la porte. Si tu savais... C'est vraiment le bordel chez lui, j'suis sûr qu'il remarquera même pas qu'il lui manque un appareil. Alors... On trouvera bien comment ça marche, et on prendra une photo, tous les deux. J'ai jamais été pris en photo, faudrait que j'essaye.
Il était difficile de savoir si Lazare parlait sérieusement oui ou non. L'idée d'un petit vol ne plombait pas sa conscience, toutefois, de là à dérober un objet de si grande valeur... Pourtant, une impulsion en lui lui affirmait que si Fantine le suivait dans la combine, il s'agirait là d'une douce revanche sur Galahad. Quoiqu'il était encore temps de lui couper l'électricité, ce qui, compte tenu des événements, suffirait à l'emmerder dignement.





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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Jeu 8 Mar - 19:43

à même l'ardoise du ciel

lazare & fantine

Il est beau son rire. Ca lui amène un sourire aux lèvres et un peu de légèreté dans l'âme, et sa main est tellement tiède sur sa peau qu'elle a pas vraiment envie de la laisser s'échapper. Alors quand elle se rallonge elle garde sa main entre les siennes, serre la paume de Lazare tout près de son coeur et caresse son index du bout de l'ongle. Elle peut sentir le myocarde de Lazare battre tout contre son oreille, et le son régulier, rassurant, lui fait pousser un petit soupir. « C'est vrai. » Personne n'est banal ici, mais si on leur retire les particularités qui font d'eux des êtres exceptionnels, ils n'ont plus rien pour se démarquer des autres. C'est à double tranchant, leur magie, une grâce et une malédiction tout à la fois, et elle sait pas trop quoi en faire la plupart du temps. Parce que sous les étoiles et l'encre de la Voie Lactée, elle n'est rien de plus qu'une petite Parisienne comme les autres. Parfois elle se demande s'ils se seraient rencontrés, sans la boucle de 1914. Elle en doute. Paris est une grande ville, tellement grande qu'elle en est un département à elle toute seule. Sans compter les bombes.

Et puis elle évoque la possibilité d'une photographie, et l'enthousiasme de Lazare est tel que la tête de Fantine retombe sur sa cuisse, et elle ne peut que lever le nez vers lui alors qu'il déblatère sur son voisin qu'il n'aime pas beaucoup, mais qui possède des appareils photos et qui, apparemment, accumule tant de choses dans ses quartiers que ça en est presque à donner le vertige. Elle se redresse finalement jusqu'à être assise à côté de lui, et elle garde sa main dans la sienne, sur ses genoux. « Une photo tous les deux, ça sonne bien. C'est vrai qu'on en a jamais fait, pourtant on se connaît depuis... » Depuis. Depuis un siècle, sûrement, mais c'est compliqué de suivre le rythme des mois et des ans dans une boucle temporelle. Elle est même pas certaine de savoir en quelle année la réalité est censée se trouver. « Mais faudrait qu'on attende que le jour revienne. On fera ça dans une pièce au sombre et au calme, ça pourrait marcher. » Mais voler un appareil... Elle est moins certaine de ça. « Par contre tu penses pas qu'on pourrait juste aller le voir et lui demander de lui emprunter un truc, à ton voisin ? Même si tu l'aimes pas, je pourrais y aller, moi. Si ça se trouve on se connaît même pas, donc il aurait rien à dire. »
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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Jeu 8 Mar - 23:53

À même l'ardoise du ciel

Lazare & Fantine

- On se connaît depuis...
- Pile cent ans. Je suis arrivé dans la boucle en 1918, en décembre.
Un grand sourire égaya le visage de Lazare, alors qu'il complétait, plein d'une allégresse contagieuse, la phrase de Fantine. Un centenaire d'amitié, sans conteste, nécessitait quelques festivités !
Pourtant, Lazare ne se résolvait qu'à grand peine à définir sa situation avec Fantine comme de la simple amitié. Entre eux avaient brûlé les feux tumultueux de l'amour, du premier amour ; puis la combustion ; puis la plaie due à la brûlure. Et maintenant, Fantine gardait sa main dans les siennes, logeait sa figure dans son cou, sur ses côtes, entre ses reins, sur ses genoux – un vertige, voilà tout ce qu'elle provoquait chez le garçon, un vertige, un entre-deux déliquescent et tortueux – en somme, un voluptueux purgatoire, dans lequel Lazare se complaisait d'exquise incertitude. L'amour a ses mystères, sans doute, et les élucider en ôte les charmes.

Quelque part bien soulagé que Fantine décline son audacieuse proposition, Lazare protesta – pour la forme :
- Non, non ! Je veux pas aller lui demander, et n'y va pas non plus ! Va bien falloir qu'il développe la photo. Et j'aurais l'air de quoi, s'il voit ma tête dessus ? Non, non, on fraternise pas avec l'ennemi, c'est une règle d'honneur, Fantine. Oh, il a bien l'air gentil aux premiers abords, mais laisse-moi te dire qu'il faut pas se fier aux apparences, c'est mon conseil. Et surtout pas avec lui, balança-t-il en ricanant.
Lazare gardait encore toute la colère de sa première entrevue avec Galahad. Pourtant, le garçon n'était point des rancuniers et d'autres espèces de mauvaise graine. Hélas, le voisin l'avait attaqué sur le seul terrain sur lequel il ne tolérait personne, à peine lui-même. Cette histoire de photo, pourtant, le tentait horriblement, et il se serait trouvé l'homme le plus couard, s'il avait renoncé à son projet devant cette infime querelle de voisins.
- On peut se débrouiller sans lui. On n'a qu'à... Lazare rigola franchement, de ce qu'il trouvait les temps modernes ridicules, et prétentieux, et, plus généralement, incompréhensibles : On n'a qu'à sortir de la boucle, et on emprunte son téléphone à quelqu'un. Je sais qu'ils ont tous des bordels hyper sophistiqués, j'en ai eu dans la main, alors on peut demander à n'importe qui de nous prendre en photo. Ça doit pas être bien compliqué à faire développer, en plus, ils font qu'appuyer sur des boutons et des écrans et je-sais-pas-quoi. Viens ! 2018 peut bien nous offrir notre première photo, pour notre centième anniversaire de rencontre. On peut bien se débrouiller sans Galahad – ah oui, c'est le nom de mon voisin. On sort, hop, et on revient, et je la garderai dans ma poche, lâcha Lazare, tout sourire, excité par la perspective d'un petit séjour hors-boucle, juste pour obtenir sa précieuse photographie.





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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Dim 11 Mar - 20:17

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lazare & fantine

Cent ans. Un siècle déjà. L'idée lui arrache un rire un peu surpris, un peu désabusé aussi, parce que vraiment cent ans c'est long et c'est presque irréel, et pourtant ils sont là, bien vivants et toujours aussi jeunes en dépit de toutes ces années d'existence. « C'est dingue quand même. Complètement dingue. » Et c'est peu de le dire. Pourtant elle sait pas trop si elle peut qualifier ce qu'il y a entre eux comme une simple amitié. La réponse est non, elle le sait. Leur relation est trop complexe pour être définie par un seul mot, trop complexe pour qu'elle essaie de la décortiquer, de peur de lui retirer sa saveur toute particulière. Elle préfère se caler tout contre lui, lâche un petit soupir de satisfaction. Elle aime poser la tête sur son épaule, Fantine, ou sur ses genoux, ou s'étaler le long de son flanc comme une sangsue quand ils s'allongent tous les deux. Elle a toujours eu cette habitude et c'est pas après cent ans qu'elle va les changer. « T'es idiot. Je suis sûre qu'il me dirait rien. » Oui, il est un peu idiot, Lazare, mais elle l'adore quand même, et se contente de plaquer un baiser sur sa joue. « Mais bon si t'y tiens tant que ça, on trouvera une autre solution. Doit bien y avoir quelqu'un d'autre avec un appareil. »

Mais il s'emballe, Lazare, va jusqu'à proposer une sortie hors de la boucle, et son enthousiasme est tellement communicatif qu'elle est presque tentée de lui dire oui, elle qui n'a pourtant jamais mis les pieds hors d'une boucle temporelle depuis qu'elle est entrée sous le protectorat des Ymbrynes, qu'elle s'est cachée derrière leurs plumes majestueuses. « Ouais, mais je pense que même une de leurs photos sur leurs téléphones bizarres, il faudrait la développer. Non ? » Ca la fait froncer des sourcils, juste un peu, et puis il sort un nom qui la fait tiquer, et elle se retrouve à s'écarter un peu de lui, juste assez pour pouvoir le fixer. Les yeux de Tine ne cillent pas pendant un moment alors qu'elle l'observe, et elle penche la tête sur le côté, parce qu'elle espère juste qu'elle a mal entendu, mais elle a besoin d'une confirmation. « Attends. Galahad ? » Elle a pas vraiment envie qu'il dise oui, parce qu'elle peut déjà voir ce que tout ça va impliquer. Et pourtant. « Galahad, genre le type qui vit au grenier ? Un brun aux yeux marrons ? » Elle se mordille la lèvre inférieure, fronce les sourcils un peu plus encore. Elle sait que Lazare va lui demander pourquoi. Elle sait pas trop si elle veut lui répondre. « Pourquoi tu l'aimes pas ? Il s'est passé un truc ? »



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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mar 1 Mai - 21:23

À même l'ardoise du ciel

Lazare & Fantine

Pour ainsi dire, Lazare ne connaissait à la technologie moderne que ce que ses fantasmes sur le sujet daignaient lui montrer. Il se trouvait à des années-lumière de la vérité, voire, plus loin encore, et dans son esprit simple, s'il était possible de prendre une photo, et mille autres, si aisément, il ne fallait point douter qu'on puisse la développer tout aussi aisément. En effet, si Lazare sous-estimait un point primordial de l'affaire, il s'agissait de la place de l'écran dans les sociétés modernes ; ses soucis de paysan Français, un siècle en avant, lui empêchaient de considérer un qu'un objet dématérialisé puisse posséder la moindre valeur ; avec cela, une photo, non développée, sur un écran, ne pouvait être qu'un stade passager avant que quelqu'un rechigne à s'en faire une véritable photo, sur un véritable support.
Il leva donc les bras vers Fantine, sûr de lui, comme s'il devait lui expliquer la plus grossière évidence.
- C'est plein de fentes partout, leurs machins, ça doit pas être bien sorcier à faire développer. Puis, Lazare, goguenard et moqueur, d'ajouter : Faudrait vraiment être con, de pouvoir prendre des photos mais pas les développer.
Il réprima un rire tout à fait condescendant, qui ne lui prenait, certes, jamais dans les moments opportuns ; car contrairement à ce qu'il l'imaginait, chaque fois que le moindre début de condescendance pointait le bout de son nez, Lazare en faisait les pires usages possibles – en l'occurrence, il n'usait de ce procédé que lorsqu'il était parfaitement dans son tort – et cela, naturellement, sans s'en rendre compte le moins du monde.

Toutefois, la mention du nom de Galahad, dans la bouche de Fantine, lui fit froncer les sourcils. La situation s'avérait tout à fait embarrassante, si, dès lors, Fantine se tenait au fait de ses Némésis. Le garçon hésita à mentir en bloc, et à affirmer que, non non, il existait probablement bien d'autres Galahad dans la boucle. Hélas, il vivait, en bon voisin du change-forme, lui-même dans un grenier, et nier cette affaire n'aurait été bon pour personne. Il se résolut, et afficha l'air détaché, plein de confiance, qui annonçait qu'il se ne se sentait déjà plus à son aise :
- On se partage le grenier. Pour ses cheveux, et ses yeux, par contre... Comment veux-tu que je le sache ? C'est à peine si je l'ai déjà vu. On n'est pas calés sur le même fuseau horaire. Je sais juste que c'est un Anglais, ou un Américain.
Il tenta un sourire, gêné, à vrai dire, car il aurait aimé ne pas avoir à se lancer dans de pareilles histoires. Il maudit ses bavardages permanents, et se promit, un jour, d'apprendre à se taire ; et en attendant, comme il peinait à se dépatouiller des questions embarrassantes, il éluda celle, trop spécifique, de son amie, avant de s'ériger à son tour en bon interrogateur.
- Mais tu le connais ?

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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Jeu 24 Mai - 20:53

à même l'ardoise du ciel

lazare & fantine

La moquerie dans le ton de Lazare lui fait faire une moue vaguement mécontente, mais elle a trop l'habitude de lui, de ce qu'il est et de ce qui fait son caractère, pour véritablement s'en offusquer. Elle se contente de lui tirer un bout de langue, Fantine, tout en croisant les bras sur une poitrine maigre, l'air pas vraiment convaincue. « J'sais pas. Faudrait demander à quelqu'un de plus jeune, je suppose. » Ironie de dire ça alors que leurs corps n'affichent pas vingt ans, mais les esprits ont déjà atteint le centenaire ; elle veut parler des autres Syndrigastis, ceux de boucles plus modernes, gardées à l'abri des horreurs de leur propre guerre passée et des éternels bombardements du Londres de quarante-et-un.

Le sujet finit par dévier. Il s'égare sur le sujet apparemment épineux du voisin de Lazare, et Fantine fronce les sourcils, encore. Elle peut deviner l'hésitation sur la frimousse de Lazare — elle le connaît si bien, après cent ans d'amitié, presque comme sa poche, presque comme son propre visage. Il hésite, mais il privilégie l'honnêteté. Elle apprécie le geste, au moins. « Mm... Oui, ça m'a bien l'air d'être lui. Il est Gallois. » Elle lâche l'information sur un ton vaguement rêveur, mais elle laisse passer la remarque qu'il fait sur le physique de Galahad. Lazare se débrouille tellement bien qu'elle a tendance à oublier qu'il est aussi aveugle qu'un chaton nouveau-né, une fois que l'astre diurne sort de son horizon, et la nuit éternelle qui s'est abattue sur la boucle de Tenterden comme une masse de goudron n'arrange pas les choses. Pas qu'elle se plaigne, loin de là ; la nuit est son domaine de prédilection après tout. Mais déjà il change de sujet, se montre à son tour inquisiteur et trop curieux tout en oubliant volontairement de répondre, et la jolie moue de Fantine ne fait que s'accentuer. Mais elle décide de répondre. Pour le moment.

« C'est un ami, oui. » Une jolie façon de transformer la vérité. Un bel euphémisme, en tout cas — Galahad est un ami, oui, c'est certain, mais un ami qu'elle considère plus comme un frère aîné, un genre de protecteur. Il ne prendra jamais la place que Lazare possède dans son coeur, mais il a fait son nid, lui aussi. Elle songe un instant à admettre que c'est à lui qu'elle envoyait toutes ces lettres, avant que les boucles ne fusionnent à Tenterden, que c'est pour ça qu'elle lui réclamait si souvent ses services de coursiers, à Lazare. Laisse finalement tomber l'idée. Elle ne veut pas qu'il lui pose encore plus de questions — Fantine préférerait qu'il réponde à la sienne, d'abord. « Laz... Sérieusement. » Elle se redresse, vient glisser une main toute étoilée sur la joue de son ami. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »



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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Dim 3 Juin - 0:43

À même l'ardoise du ciel

Lazare & Fantine

Bien que la main de Fantine sur sa joue l'électrisât d'un délicieux contact, tout doux d'épiderme, le sujet Galahad, s'éternisant, pesait à Lazare. Par tous les saints, pourquoi donc son amie s'appliquait-elle si consciencieusement à lui tirer les vers du nez ? Il ne faisait pas de doute que Lazare tâchait d'esquiver cette épineuse affaire – et Fantine ne semblait faire aucun cas de ses réticences. En quoi le voisin consistait-il en un sujet d'importance ? Il restait un illustre inconnu, dont il était curieux que Fantine lui accorde davantage d'attention qu'il n'en méritait.
L'adolescent soupira, contraint de répondre à cause de cette main sur sa joue, roula des yeux dans les orbites, et lâcha :
- Il a foutu son nez dans mes affaires, alors que ça le regardait pas, et voilà. Pas trop envie d'en parler.
Le visage du garçon exprimait tout d'une définitive fermeté, résigné à changer de sujet une bonne fois pour toutes. Il fit la moue, fâché que Galahad occupe ses pensées en ce qui aurait été un moment d'exquise volupté ; puis son visage de se radoucir, tranquillement, et de sourire.
- On s'en fout, non ?
Or, rien ne témoignait à Lazare que la jeune fille s'en moque effectivement. Alors, afin que tout fût oublié à jamais – du moins, jusqu'à nouvel ordre – Lazare, l'impulsif, songea à une diversion ; il ne réfléchit plus ; et, coulant son regard dans celui de Fantine, il posa sa main, en miroir de celle de son amie, sur la joue étoilée.
Et d'un coup, il apposa ses lèvres sur les siennes. Doucement, paisiblement, rien qu'une seconde, ou deux, ou cinq – un timide baiser d'adolescent à un premier rendez-vous.

Tout le goût des souvenirs lui revint en mémoire. Le soleil tardif du mois de septembre, l'odeur des pommes au marché, celle, capiteuse, des parfumeries de la place Vendôme, le clapotis de l'eau sur les berges de la Seine, et la fraîcheur des nuits, où, main dans la main, les adolescents s'allongeaient sur les pavés humides de la capitale... Un instant suspendu, constellé des mystères d'un amour latent et trop longtemps tu, où s'épanchaient une valse des couleurs passées, sous les rayons bleutés d'une lune bienveillante...

Lazare ouvrit les yeux.
- Oh, wow, ben, euh... bégaya-t-il.
Gêné, mais ravi, il ne sût comment justifier cet élan soudain. Voilà bien longtemps que Fantine et lui ne s'étaient plus étreints de la sorte ; pourtant, le garçon, mélancolique, songeait souvent aux heures de bonheur parisiennes, un siècle en avant, où il se targuait d'entretenir avec Fantine cette relation délicate et privilégiée qu'on leur enviait secrètement, au détour des jours et des nuits. En un battement de cils, toute la félicité d'antan se présenta à lui, et les feux se ravivèrent d'un nouvel éclat, comme à l'époque. Il sentit poindre en son ventre de délicieux chatouillis ; l'air autour d'eux se nimbait d'une brume rosâtre dans l'esprit du garçon, et des parfums de rose ou de jasmin – et entraîné par le courant des plaisirs, Lazare rit.
- Je sais pas trop ce qui m'a pris... Enfin... Beeen... Ohlala... J'suis con.
Nouvel éclat d'un rire gêné, alors que le garçon pinçait les lèvres et se renversait de tout son long dans l'herbe.
- J'ai quand même envie qu'on prenne cette photo, hein, Fan ?





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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mer 13 Juin - 12:04

à même l'ardoise du ciel

lazare & fantine

Une moue lui ourle les lèvres à l'explication somme toute probable de Lazare— c'est dans l'esprit de ce que Galahad pourrait faire, avec cette curiosité maladive qui le caractérise tant, et elle peut comprendre un certain agacement de la part de son meilleur ami. Alors elle se contente de soupirer, Fantine, l'air pas vraiment ravie, ni entièrement convaincue, mais elle suppose que c'est tout ce qu'elle pourra tirer de lui. « Ca lui ressemble. Il aime bien tout savoir sur tout le monde, il a tendance à fourrer son nez partout. » Même à l'écrit, même dans une simple lettre, il arrive à faire parler les gens. Elle sait de quoi elle parle. Mais déjà Lazare clame qu'il s'en fout, qu'ils s'en foutent tous les deux, après tout, et Fantine est tentée de repartir dans une série de questions pour déceler la vraie raison de cette colère qu'il a envers le Gallois— décide finalement de laisser tomber, pour le moment du moins. La nuit est toujours belle, et la compagnie est agréable. Elle n'a pas vraiment envie d'amertume dans l'atmosphère. « Mm. Toi, peut-être. » Mais elle ne commente pas plus que ça, se contente de laisser glisser la main qui couvre la joue de Lazare, juste un peu plus bas, juste au creux de son cou. Elle peut sentir son coeur pulser juste au bout de ses doigts. Le rythme est régulier, et réconfortant— un rythme qu'elle connaît bien, après un siècle d'amitié. Déjà.

Elle voit le baiser venir. La main de Lazare est sur sa joue, maintenant, et il a penché la tête juste assez, et elle le voit venir gros comme une maison. Elle pourrait esquiver, devrait esquiver, sûrement, surtout après leur première relation ratée et la rupture, douloureuse, qui a provoqué des mois et des mois de silence entre eux. Elle devrait esquiver, aussi, parce qu'elle est pas vraiment sûre que ce baiser est quelque chose dont il a vraiment envie, ou simplement un moyen de la distraire pour qu'elle abandonne le sujet complètement. Pourtant elle se laisse faire, et elle a l'impression que tous ses muscles se transforment en gelée dès que leurs lèvres se touchent. C'est chaste, et délicat, presque aussi fragile que du cristal, et les souvenirs de Paris se ravivent comme un feu alimenté par de l'huile. Elle n'a jamais vraiment tourné la page, Fantine, elle le sait— mais elle n'avait jamais vraiment pensé qu'un baiser aurait lieu entre eux, après tout ce temps. Ou même qu'il suffirait à mettre un bordel pas possible dans sa tête en si peu de temps.

Lazare se recule, se laisse tomber en arrière avec ce rire qui lui est propre et un bégaiement qui témoigne d'une certaine gêne. Fantine, elle, se contente de lever une main pour toucher sa lèvre inférieure du bout des doigts. Il y a quelque chose de presque irréel dans ce qui vient de se passer, et pourtant elle peut encore sentir la chaleur de Lazare à quelques centimètres à peine d'elle. Et le sujet de la photo revient. Elle sourit, un peu gênée aussi, pas vraiment sûre ce qu'ils devraient faire, et finalement elle se laisse tomber à côté de lui, le nez vers le ciel tout étoilé. « Evidemment qu'on va la faire. Même si tu vas être déçu. J'suis banale, le jour. J'pourrais ressembler à n'importe qui. » Elle tourne la tête vers lui, finalement, cherche sa main dans l'herbe jusqu'à ce que leurs doigts s'enlacent. Et elle serre, aussi fort que possible, tout en se tournant sur le côté et sa main libre s'aventure sur les lignes de son visage. Tout doucement. Il est beau, cet idiot de Lazare. « Pourquoi tu m'as embrassée ? »



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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Mer 20 Juin - 22:44

À même l'ardoise du ciel

Lazare & Fantine

Les brins d'herbe chatouillaient les joues de Lazare, étendu de son long dans la lande. Sur ses lèvres, il sentait encore, imprimée d'amour, la marque de celles de Fantine. Pour sûr, il connaissait mieux que personne les contours de son visage, et la douceur de ses cheveux, qu'il aurait pu sculpter sans peine dans du marbre. Seul le pourtour de sa bouche conservait encore les mystères dus à la pudeur ; mais déjà, les ombres des lèvres se dessinaient plus nettement après ce baiser.
Ces lèvres avaient manqué à Lazare. Les autres étaient toutes dépourvues d'une saveur particulière, au goût des amourettes. Et surtout, elles n'avaient pas ces étoiles qu'on retrouvait chez Fantine uniquement, Fantine et ses constellations scintillantes, Fantine en reflet du ciel, pour Lazare, le garçon des nuits.

Le nez rivé en l'air, Lazare songeait, presque distraitement, aux derniers instants écoulés. Il venait d'embrasser Fantine ! Et presque sans hésitation, comme il est naturel à un poisson de nager, et comme il est naturel à Lazare se s'étreindre dans des bras alanguis. Depuis des décennies, le garçon s'était interdit toute tentative ; il avait pour règle de ne point forcer les choses, quand elles ne venaient pas d'elles-mêmes – aussi, il ne fallait guère s'enticher d'une fille qui nous a déjà quitté. La chose se trouvait, hélas, fort peu aisée, quand Fantine allongeait ses doigts dans les siens, ou qu'elle se collait sur sa poitrine, tout contre sa peau, en bâtissant des chimères avec lui sous les nuits étoilées... Et si Lazare s'était abstenu pendant le dernier siècle, batifolant à droite, et à gauche, oubliant les anciennes relations, cet instant-ci lui avait paru si beau qu'il se serait trouvé sot de n'avoir tenté le moindre baiser ; qu'il ne fallait, certes non, rien forcer, mais être à l'affût du champ des possibles ; et que, mince, il fallait suivre son cœur et ses intuitions – en l’occurrence, embrasser la délicieuse Fantine à ce moment lui parut un acte parfaitement raisonné, duquel il commençait à tirer grande fierté. Lazare sourit à Fantine, ravi que le baiser fût passé sans anicroche.
- T'es pas banale. Et t'es pas n'importe qui non plus, se contenta-t-il de répondre, les yeux perdus dans le vague du firmament.
Quelle découverte serait une photo de Fantine ! D'elle, et de son visage à nu, dépouillé des constellations ! La demoiselle n'avait d'apparence pour le garçon, que toute mouchetée des astres ; et quel plaisir Lazare éprouverait à en percevoir les contours en plein jour ! Qu'importe l'air qu'elle arborait sous le soleil : Lazare était persuadé de l'en aimer davantage.

A ses côtés, Fantine lui tint la main. De son autre disponible, elle dessina les contours du visage de Lazare. Celui-ci, éperdu, et béat de bonheur, considérait presque la partie comme gagnée. Son baiser avait fonctionné ! Fonctionné, comment et dans quel but, il n'aurait su le dire, mais, tout sourire, il ferma les yeux sous les caresses de son amie. Il serra aussi fort sa main qu'elle la tenait, profitant de cette rare étreinte pour se laisser aller, tout à son aise, dans l'herbe, et sous la lune.
Cependant, le bonheur, on le sait, ne dure jamais qu'un court instant. Et Lazare rouvrit les yeux, tarit son sourire dans un pincement de cœur, dès lors que Fantine lui demanda la raison ce baiser. Pourquoi donc ne pouvait-elle profiter comme lui le faisait, sans chercher causes et conséquences à toutes les bonnes choses ? Lazare ne sut que répondre, son geste restant aussi mystérieux qu'impulsif.
- Eh ben, euuh, parce que j'en avais envie, lâcha-t-il en guise d'explication, plongeant son regard dans celui de son amie. Je... Je sais pas, on était tout près, et... Et tu me tiens la main... Et tu me touches le visage, tu vois, been, on est vachement proches, quand même, c'est pour ça que je t'ai embrassée. Ça change pas grand chose, un bisou. C'est cool, non ? (Lazare se redressa sur un coude, afin de mettre son visage sur le même plan que celui de Fantine.) Faut pas se prendre la tête pour ça, c'est rien. Enfin, c'est pas rien, mais...
Démonstration à l'appui, Lazare baisa rapidement les lèvres de Fantine. Un baiser sec et rapide, comme on embrasse la joue d'un enfant, moins suave et moins intense, certainement, mais non dénué d'une multitude de sentiments. Le garçon s'autorisa même un rire, afin de montrer à Fantine à quel point il était dérisoire de chercher des complications.
- Tu vois, c'est rien. Juste agréable. On peut le faire juste parce qu'on a envie. J'avais envie.





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MessageSujet: Re: à même l'ardoise du ciel. (lazare)   Jeu 21 Juin - 21:03

à même l'ardoise du ciel

lazare & fantine

« Si tu le dis. Mais tu vas être déçu. » Oh, elle se sait jolie, Fantine, jolie jeune fille avec sa blondeur et ses taches de rousseur, mais pas assez pour faire tourner les têtes. Elle se contente d'un soupir en guise de réponse, les sourcils vaguement froncés sous sa frange dorée. La main qui trace la ligne du nez de Lazare s'arrête, finalement, avant de glisser pour retomber sur l'herbe humide d'une rosée éternelle, et elle attend la réponse à sa question. Elle a conscience de faire éclater la petite bulle qui s'est créée autour d'eux, une bulle de douceur et de délicatesse un peu maladroite mais qui lui rappelle tellement leur relation passée qu'elle étoufferait presque sous l'effet de la mélancolie.

La réponse qu'il lui offre est... pas tout à fait ce qu'elle espérait. Elle sait pas trop ce qu'elle espérait, en vérité, mais pas ça. Et en même temps, elle est pas vraiment surprise. Elle le connaît, Lazare, avec son coeur d'artichaut, et ses sourires qui illumineraient la nuit plus fort qu'une pleine lune. Ca change rien, un baiser. Encore moins un baiser entre amis qui étaient amants, fut un temps. Elle sait même pas quoi répondre à ça, Fantine, même pas quand il plaque un deuxième baiser sur ses lèvres. Elle se contente de cligner des yeux, de l'observer un long moment, l'air un peu perdue et un peu déçue aussi. Elle essaie de cacher tout ça autant que possible, d'enfouir tous ces trucs qui menacent de déborder tout au fond de son esprit et de verrouiller la porte derrière elle. « D'accord. » Elle n'a pas grand-chose à dire de plus. Il avait envie. Ca paraît logique, comme explication, mais elle reste bizarrement déçue. Elle avale difficilement sa salive, finit par se redresser sur l'herbe en se frottant les yeux comme pour signaler qu'elle est fatiguée.

Elle sait pas à quoi elle s'attendait. Tout sauf à ça, sûrement, et tout sauf à cette impression d'un poids énorme sur la poitrine. Peut-être qu'un peu de sommeil lui fera du bien. Elle est fatiguée, après tout, elle est toujours fatiguée, elle dort jamais vraiment assez. La teinte obsidienne de sa peau cache les cernes qui s'étalent sous ses yeux, mais elle sait qu'ils sont là. « Allez. » Finalement elle se décide à se lever, le nez toujours tendu vers la lune, ronde et brillante, qui domine le ciel au-dessus d'eux. Puis elle se tourne vers Lazare, avec un sourire peut-être un peu plus tendu que d'habitude, et elle attrape sa main pour le tirer sur ses pieds à son tour. « On rentre. Sinon j'vais m'endormir sur l'herbe et c'est le meilleur moyen pour que je tombe malade, et toi aussi. » Elle marque une pause, hésite un instant, finit par ravaler les mots qui lui viennent aux lèvres. Il vaut mieux qu'elle se taise. Rien n'arrivera de bon si elle crache sa déception maintenant.

Elle a besoin de sommeil. Peut-être que les choses iront mieux dans une demi-douzaine d'heures. Peut-être.



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