Hémisphères † ATLAS
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Amos Vaughan
Écran de veille

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☾☾ Particularité :
Technopathie, pathologie. Le contrôle des appareils électroniques.
☾☾ Bizarrerie :
Insecte de nuit, abreuvé de lumières et de néons.
☾☾ Années :
32 ans physiquement, indécis sur les années qu'il se donne à vivre.
☾☾ Occupation :
Conteur de vérités et enseignant des moeurs et coutumes du présent à l'intérieur de la boucle. Dernier levé, couché à l'aube, il assure la surveillance du parc une fois tous endormis.
☾☾ Myocarde :
Le cœur facile pourtant vide de noms. Les désirs vont et viennent, indécis et tout à la fois trop sincères.
☾☾ Missives :
69
☾☾ Trogne & crédit :
Dane DeHaan


MessageSujet: Hémisphères † ATLAS   Dim 18 Mar - 19:30



Hémisphères † And tears boy - And all in your inner space boy - You had - Hands girl boy - And steel boy
     Son monde aussi avait disparu, gagné de nuits ambiguës et de lumières éteintes. La pointe des pieds ancrée sur le matelas d’angle, il se penchait à la fenêtre et cherchait ses propres aubes. Le ciel était noir, imbibé d’encre et d’étoiles comme il ne l’avait jamais vu. Les villes de ses passés avalaient la lumière. Elles voulaient briller un peu plus et jusqu’à la hauteur des gratte-ciel les étoiles devinrent ternes. Amos souriait maintenant, gagné de nostalgie et d’idioties. Il aurait aimé vivre à quelques années du 21ème Siècle, entre des époques nébuleuses rythmées d’électro et de pantalons larges. Loin d’ici et d’autres lumières l’empêchaient encore de partir. Le nez dehors il sentit la pluie lui tomber sur les épaules. Il recula du rebord, l’échine secouée d’un frisson.

Il était prêt, chaque nuit ; chemises mal ajustées sur les épaules, les deux derniers boutons échappant à ses doigts. La caresse de l’eau chaude sur la peau et les cheveux peignés sans ordre sur son front, il voulut conquérir ses ombres et lumières avant que les matins ne les lui arrachent. Aujourd’hui Dieu eut entendu ses plaintes, éloignant un peu plus le jour pour lui offrir une nouvelle forme d’éternité. Il s’était laissé emporter par le sommeil avant même d’y avoir goûté, bercé des craintes et faible de cernes qui restaient amarrées sous ses yeux. Il claqua ses mains sur ses joues comme un enfant croyant à la magie. Elle lui plaisait cette nuit, noire à ses 14h00 alors qu’il se réveillait depuis plusieurs mois à la lueur d’un temps devenu gris et sale. Il s’était extirpé de sa chambre avec toute la grandeur d’un conquérant, l’oreille tendue aux rumeurs et aux peurs pour le nourrir.

« Toujours pareil ? »
La jeune syndrigasti hochait la tête de gauche à droite. Elle avait le teint pâle elle aussi, la nuit écourtée et l’épiderme manquant déjà au jour. Amos grappilla aux placards de la cuisine quelques denrées, alcools cachés revenus d’ailleurs et remonta les marches jusqu’aux chambres. Les fourmillements du manoir l’excitaient, le brusquaient aux premières heures. Il gagna l’antre d’Atlas les bras chargés d’objets, pensant peut-être pouvoir s’y réfugier pendant la tempête.
« Bonsoir. Je te ramène des vivres, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête. »
Il s’invitait à entrer comme s’il y fût chez lui, déposant ses bagages au sol une bouteille dans la main. Son nez était rougi par le froid. Un brin de couleur sur un visage devenu livide à mesure d’une vie passée dans l’obscurité. Il avait aimé le soleil pourtant, de longues heures avant ses départs, lorsqu’il signait une fin à l’horizon. La chaleur des étés quittait le goudron en volutes. Elle étouffait et créait ses mirages. Les villes miroirs eurent alors la couleur du ciel, teintées de rouge et d’ocre avant de recouvrer leurs nuits. Amos n’avait loupé aucun coucher ni aucun lever de soleil. Il y apparaissait et y disparaissait comme la lune le faisait. Alors que tous dormaient, oubliaient les premières et les dernières lueurs. Il ne fût pas moins déséquilibré que les autres ne l’étaient, calqués à des heures répétées dont lui-même s’ennuyait. Ils s’accrochaient aux journaux et aux cafés, les jambes épinglées pour ne pas tâcher leurs pantalons près des rayons. Ils pédalaient, les uns derrières les autres à chaque minute de vie. Amos ne les rattrapait jamais. Ses vêtements sales, l’alcool et le carmin au col. L’odeur du café lui montait à la tête et il retrouvait comme à ces heures le lit d’un grand hôtel.
Les matins étaient froids, dans ses souvenirs. Peints de lumières troubles et d’automates guidés vers des bureaux. Il ne refusa à cette société que les libertés qu’elle ne lui offrait pas. Il voulut de ce monde, pour ce qu’il put lui prendre et non en recevoir. Il avait l’impression cette après-midi-là, d’avoir été celui qui leur avait tout pris.
« Je crois qu’Il m’a entendu. »
Il se laissa tomber délicatement, bien vite étendu sur le lit sans n’avoir froissé ni veste ni chemise. Il souriait dents dévoilées au ciel, le doigt lui-même pointé vers Lui. Il avait fini par tourner les yeux vers Atlas, l’enthousiasme de l’enfance pour effacer ses rides.
« Nous devrions nous l’approprier, cette nuit. »
C'était ce qu'il faisait, ce qu'ils firent ensemble parfois.



You were never really elsewhere. 52. 520008 13. 404954  35. 652832 ‎139. 839478  37. 532600 127. 024612 54. 075003 -4. 654712  39. 3626 -85. 9707  51.06845 0.68776
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E. Atlas Peverell
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MessageSujet: Re: Hémisphères † ATLAS   Sam 24 Mar - 17:54


Hémisphères

Tempête et grisaille. Le temps n'annonce rien qui vaille. Et c'est toujours le même tableau qui se présente à ta fenêtre. La même pluie qui s'occulte à tes mirettes. Tu détestais la pluie, c'était bien connu désormais dans cette boucle. Durant l'averse, tu te réfugiais dans ton bureau, emmitouflé dans un gros pull en laine, à étudier les médianes et les amérindiennes. Plongé dans l'aventure d'une lecture entre les pages de Jules Vernes, ton esprit dérangé interprétait difficilement, ayant du mal à se concentrer avec le vacarme incessant que provoquait les gouttes de pluie enragées qui se déversaient sur les pavés.

C'est finalement la porte qui s'ouvre, qui te fait lever les yeux. Tes onyx s'attardent sur la silhouette fatale, qui t'extirpe à tes maux comme un réveil brutal, à tes aspirations déchues... Amos, doux et sordide Amos, le seul qui et à jamais, t'avait compris. La vie en ces lieux s'était apaisée en sa compagnie. Electrons libres, vous n'aviez pas besoin d'une osmose permanente pour supporter cette vie, mais ce genre de rendez-vous, réguliers et quasi nocturnes te faisaient sourire jusqu'à en perdre la vie.

Les bras chargés, tu lui aurais bien proposés ton aide, mais le regard vide et hagard, tu ne fis que témoin de sa décharge au sur le sol un peu humide. Le parquet crépitait à cause des légères fuites du plafond. Le manoir était ancien et l'époque trop mouvementée pour penser à des éventuelles réparations.

« Parfois, j'aimerai bien qu'il s'effondre une bonne fois pour toute. »

Le plafond ou le ciel ? N'importe, tu étais las d'être là Atlas. Las de cette miséreuse ineptie.

« Tu sais que je te suivrai, même s'il m'en coute. »

Amos était ce genre d'étoile, qui brillait sans cesse dans ta vie Atlas. Mais que tu ne prenais pas le temps de toujours la contempler. Parfois, elle changeait de position, dans ce ciel toujours incertain. Trahison de la constellation. Mais tu ne ressentais pas le besoin d'être constamment ébloui par son aura. Car inlassablement tu le savais revenir toujours à sa position initiale. Il avait eu un coup d'avance, cette fois-ci.

« Qu'as-tu prévu pour nous attirer des ennuis cette fois, Amos ? Ce n'est pas que je n'aime pas le risque, loin de ça. Mais rappelle toi ce que nous avons provoqué la dernière fois. »

Zizanie qui avait fait frissonner les plus intouchables symphonies. Mais c'est le rictus aux lèvres, que tu te lèves de ta chaise pour t'étirer. Alors que ton ami s'était étalé dans ton lit, tu avais contourner le bureau pour te saisir de quoi manger. Au sol... non mais vraiment.
Tu gardais encore sur toi la cicatrice, héros d'une guerre que tu t'étais toi même imaginé. On ne cherchait pas des noises à la personne que tu estimais le plus dans ce bled pourri sans se prendre un de tes célèbres revers du droit.

« J'ai encore mal des points sutures que l'autre m'a fait, bordel. »


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