J'ai rien fait ! (Psyché)
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Agap Aksenti
panda innocent

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☾☾ Particularité :
Métamorphe panda roux
☾☾ Bizarrerie :
Les bruits brusques l'angoissent. Dans une moindre mesure, le contact physique avec un humain l'angoisse aussi. Quand il est angoissé, il mord
☾☾ Années :
Né en 1894, corps de 25 ans, apparence... d'ado
☾☾ Occupation :
Spectacle animalier
☾☾ Myocarde :
Célibataire, asexuel
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99
☾☾ Trogne & crédit :
Cole Sprouse (c) Carole71


MessageSujet: J'ai rien fait ! (Psyché)    Sam 14 Avr - 17:36

Bruit d’air perturbé.

Froufrou de plumes nerveuses.

Agap tend son museau, plisse ses paupières de fourrure blanche.
Sa truffe noire luisante aux aguets.
(Oh, lui)
(Oui, lui, là)
Le joli petit oiseau… Il ne lui échappera pas.
Aujourd’hui, ce sera du volatile au menu !

Déjà, Agap salive.

Il avance une patte douce.
Une autre patte douce.
(Petit, petit, petit…)

Ship ! Ship !

L’oiseau s’envole.

(… !!!)

Electricité de la chasse !!!

Agap court ! Ses pattes velours bondissent ! Son corps rebondit ! Et ses griffes ! Ah, ses griffes ! Elles raient le parquet ! Elles griffent le silence du manoir de leurs sons d’aiguilles enfantines ! Parce que jamais, oh non jamais, il ne laisserait si joli petit oiseau lui échapper !

Touffu et joufflu, il slalom entre les pieds de table ! Il dérape en contrôlé dans les tournants ! Il s’élance tel un vent d’ouest stratosphérique !

Ship ! Ship !

L’oiseau monte à l’étage.

Quatre à quatre, Agap saute les marches du grand escalier ! Il ne se laisse pas distancer !
Quatre à quatre, il bondit, il vole, il chasse !



Plus d’oiseau.
Un long couloir de bois gravé.
La lumière britannique, empoussiérée de gris fantôme.

(Où ?)
(Mais…)
(Comment ?)

Il s’avance prudemment.
(Le bruit, traître tapi au fond de ses coussinets tendres, toujours prêt à sortir quand plus personne ne l’attend)
Il dodeline du corps et de la tête.
Il s’avance.

Ici.
Odeur délicieuse.
Il se fige.
Sa truffe suit le mouvement de l’odeur.
Il tourne la tête.
Porte entrouverte.
(Gné hé hé hé)
(Trouvé…)

Ses yeux noirs brillent.
Sa gueule s’ouvre.
Petites canines très blanches et très pointues.
Il se faufile dans la chambre.

Et.

GNAP !

Ship ! Ship !

Ship !

Ship…

Sh…

Ô soie veloutée des rémiges colorées…
Ô tendresse du duvet floconneux…

Gnap ! Gnap !
Gnap…
Crac.
Cric.
Croc.
Glup.
Crac. Crac.
Slurp
Slurp



Satisfaction de l’estomac, de la langue et du palais.
Contentement rond et croquant à la fois du festin improvisé.
En sillage, envie de dormir, de soupirer.

Il lève le museau.
Quatre murs et des meubles et du tissu, beaucoup de tissus… Un lit, en fait. Une chambre, donc. Ça sent la fille. Une chambre de fille.

Il saute sur le lit.
(Moelleux, tout ça)
Peut-il se reposer ici ?
Il se couche.
Baille.
Regarde une dernière fois le décor, par acquis de conscience (conscience de quoi, on ne sait pas. Peut-être conscience qu’il abuse, d’avoir ainsi tâché le parquet et les draps d’un sang innocent et de ses pattes un peu boueuses, conscience qu’il n’est pas chez lui mais à l’abri quand même, à l’abri de quoi, on ne sait pas non plus… Peut-être à l’abri de la vengeance de la famille du menu, si un menu peut être vengé ? Mais il n’a fait que se nourrir, il ne peut être coupable, et coupable de quoi, hein ? Pourtant il se sent confusément coupable. Coupable de quoi, on ne sait toujours pas… Et ça fait tant et tant de choses que l’on ne sait pas, que sûrement, dormir était la bonne décision…)

Entre ses paupières déjà à moitié closes, il voit un filet de réalité.
Une carte au-dessus du lit.
Une carte, il connait bien ça.
Les gens d’Edimbourg lui ont montré beaucoup de cartes.
C’est barbant, les cartes.
C’est chiant.

Mais celle-là est un peu différente.
Des couleurs.
Des choses dessus.
Il se réveille. N’a plus envie de dormir.
Une carte pleine de …

- Hiiiii ?
Cri minuscule qui veut dire « Qu’est-ce que c’est ? » dans le langage des pandas roux.

Il se remet debout sur ses quatre pattes.
Il se redresse sur ses pattes arrière.
(Debout)
Il tend ses pattes de devant vers la carte.
(Trop haute)
(Beaucoup trop haute)

- Hiiiii ?
Cri minuscule qui veut dire « Zut » dans le langage des pandas roux.

Bruit.
Bruit humain.

(Merde alors)

Il se retourne.
Une ombre près de la porte entrebâillée.
Une ombre comme une menace de…
(Punition)
(Encore)

Il saute en bas du lit.
Il saute vers la sortie.
Peut-être a-t-il encore le temps de fuir ?
Il se faufile entre le mur et la porte.

Il se retourne.
Que porte-t-elle au-dessus d’elle, cette ombre maléfique ?

Des pieds.
Des jambes.
Il regarde vers le haut.
Une fille.
La propriétaire de la chambre ?

- Hiiiii ?
Cri minuscule qui veut dire « Merde alors » dans le langage des pandas roux.

Il souffle.
(Tentative d’intimidation)
Coup d’œil à droite, coup d’œil à gauche.
(Où fuir ?)
Il fait volte-face.
Le bout du couloir.
Il court.
Une autre porte ouverte ?
Non.
Le bout du couloir.
Il ne peut plus courir.
Pris au piège.

Il se retourne vers la fille.

- Hiiiii ?
Cri minuscule qui veut dire « J’ai rien fait, j'ai rien fait! Pardon! C'est pas moi! » dans le langage des pandas roux.
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Psyché Gainsborough
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☾☾ Particularité :
Echos psychiques, où la capacité de transmettre n'importe quelle émotion. Je peux donc te faire rire, souffrir ou pleurer. Malheureusement, je suis également affectée par les émotions que je délivre. Il ne s'agit donc pas de faire souffrir la Terre entière à tout bout de champs, j'en mourrai d'épuisement et de douleur.
☾☾ Bizarrerie :
Moi j'aime la pluie, je passe de longues minutes sous l'averse de l'après-midi, j'arrose des plantes qui ne poussent pas, je garde des fioles d'eau du ciel sous mon lit, je perce des gouttière et je préfère la rosée au rosé.
☾☾ Années :
J'ai 128 ans, mais mes traits se sont figés à mes 25 ans.
☾☾ Occupation :
Je lis des plantes et j'arrose des livres (avec de l'eau de pluie toujours).
☾☾ Myocarde :
Coeur brisé il y a fort longtemps par un soldat tombé. Amoureuse de culture et d'eau de pluie.
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MessageSujet: Re: J'ai rien fait ! (Psyché)    Sam 14 Avr - 23:05

j'ai rien fait
agap & psyché

« Once we believe in ourselves, we can risk curiosity, wonder, spontaneous delight, or any experience that reveals the human spirit. »
Comme chaque matin depuis peu, le soleil était timide et ne daignait pas pointer le bout de son nez. Il agissait comme s'il ne voulait pas me voir, comme s'il évitait tout contact humain. Quel dommage de le voir si timide encore et encore. À Paris, il était plus chaleureux. Il prenait le temps de réchauffer ma peau et de caresser mon visage tous les matins quand je perçais la gouttière. Ici, j'essaye de le piéger à chaque fois qu'il joue à cache-cache. Je me cache derrière la porte d'entrée du manoir et je passe le pallier à l'heure précise où il se découvre d'un nuage. Les autres me regardent bizarrement car ils savent pertinemment que le soleil ne reviendra pas de si tôt. Moi aussi je le sais, je ne m'avoue tout simplement pas vaincue de si peu. Certains ne s'inquiètent pas de vivre dans l'obscurité. Ils y trouvent leur compte, ils peuvent fouiner, chanter, collectionner, gratter ou entreposer sans que personne ne puisse les voir. Oui mais voilà, moi cette situation ne me plaît pas. Je ne comprends pas du tout pourquoi il me boude. Bien que j'adore la pluie, je préfère davantage que le soleil se mélange avec elle pour former une sensation homogène. Comme une communion incroyable.

Je me lassai vite de piéger un astre qui ne voulais pas être piégé. Je remontai donc dans ma chambre tout en passant par la bibliothèque afin de voir ce que je pourrais lire en attendant midi. Mes yeux circulaient à travers les rayons éclairés par une bougie. Bien que certains habitants préfèrent la lampe torche, je ne puis me résigner à laisser tomber mes chandelles qui en plus d'éclairer, réchauffent ! Pour ce jour-là ce fut L'histoire incomplète de l'Histoire de la papauté. Passionnant. Mon livre sous le bras, je me pressai de remonter les trois étages qui me séparaient de mon divan. Et oui, luxe que je n'avais pas à Paris, un délicat sofa fait un tête à tête avec mon lit.

Arrivée, un peu essoufflée je dois dire, je posai mon livre sur mon lit remarquant que mes pieds nus venaient de piétiner une étrange substance. « Curieux. ». Je posai le bout de mon index dans la dite substance et la goutai. Du sang. Le rouge écarlate de la substance ne pouvait pas laisser de doute. Je découvris également une petite forme me glisser entre les jambes. Peut-être un Gremlins que décrit si bien Roald Dahl dans un de ses romans ou bien ... « Tu sais moi tant que tu ne mange pas mon chocolat je ne suis pas fâchée. » J'avais entendu parler de ce particulier que avait l'habitude de se transformer en un animal sauvage que je n'avais jamais vu auparavant. Peut-être était-ce lui que je distinguais difficilement dans la pénombre. Tout ce que je pouvais voir c'est qu'il était paniqué et peu approchable mais il ne devait pas être si méchant, simplement apeuré.

Je baissai alors ma tête et fermai mes yeux repensant à un souvenir incroyable. Nous étions dans une maison de campagne italienne, mon frère, mon père, mes soeurs et moi. Tous autour d'une table en bois peu commode. Mon père nous avait trouvé ce petit chalet pour passer un peu de temps en famille pendant qu'il continuait sa quête à l'élixir anti-particularité qui avait tué ma mère. Je ne devais pas avoir bien plus de dix-sept ans. La nuit était tombé depuis longtemps et la pendule affichait presque minuit. C'était le soir de Noël. Dehors, la douceur du Sud de l'Italie nous imitait la température d'une soirée d'Octobre à Paris. Tout le monde riait, criait, applaudissait et chantait. Nous n'avons jamais été de très bons chrétiens ni de bons joyeux mais cette soirée la était si spéciale.

Revivre ce moment me plaça dans un état d'apaisement. Je releva la tête et compris que le petit animal ne bougeait plus. « J'ai vu que tu regardai ma carte avant de t'enfuir. Tu veux que je t'explique mes voyages ? » Je tournai les talons, entrai dans ma chambre, m'assis sur le lit et attendis que la boule de poils fasse de même.  
(c) DΛNDELION


❝ will you remember me in ten years ❞ she wanted to be alone, but not lonely. That was very different; that was something that ached and hurt dreadfully right inside one.
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MessageSujet: Re: J'ai rien fait ! (Psyché)    Mar 17 Avr - 12:32

Ça coule doucement sous le poil, sous la peau. Ca caresse par l’intérieur, de partout, tout doux, tout chou, tout chaud et le corps se tiédit.

Le panda observe son contenu par ses yeux du dedans.
(Tiens, le cœur bat moins vite)
(Tiens, le ventre se tord moins)
(Oh, et, ma gueule n’est plus ouverte)

Il cligne des paupières, sur ses yeux ronds, noirs et brillants de surprise.
Où est l’angoisse marine ?
Où est la honte carmine ?

« J'ai vu que tu regardai ma carte avant de t'enfuir. Tu veux que je t'explique mes voyages ? »
Dit la fille de la chambre.

Il remue son museau, secoué de remous de confusion.
Que faire ?
Il se sent bien, comme dans une grotte dorée qui a poussé comme par magie dans une fêlure de ses émotions.
Mais il est encore surpris.

La carte…
C’est vrai, la carte…
L’étrange carte.

Il se met en route. Trottine vers la chambre.
Passe la tête par l’entrebâillement de la porte.
La fille est assise sur le lit.
La petite flaque de sang pas loin du lit. La petite trace de son petit méfait.
La fille n’a pas l’air fâchée.

Il entre.
Il marche jusque devant la fille.
Lève la tête vers elle.
Quelle odeur a-t-elle ?
Sa truffe cherche les éléments qui pourraient lui répondre.
Sa truffe, à l’affût de tous les indices de tous les dangers.

Mais rien.
Que de la normalité.

Quelle était sa question, déjà ?
Expliquer les voyages ?

Le panda roux ouvre la bouche.

- Hiiii



Ce n’était pas vraiment un « oui ».
C’était plutôt… un cri. Comme tous les mots qui sortent de sa bouche quand il est panda.  Comme à chaque fois qu’il perçoit le mur infranchissable qui sépare hommes et bêtes.
Le mur des mots. La forteresse des phonèmes et des graphèmes.

Il s’assied sur son derrière.
Il baisse la tête.
Et le reste va vite.

~ ~ ~

Le bois sous moi.
Les murs autour de moi.

Le retour à l’humain, je suppose.

Des jambes de femme.
(Le regard le long de)
(Le regard sur le visage)

Je supposais bien.

Un souvenir étrange dans la bouche. Mes lèvres s’ouvrent. Un souvenir de craquements, de doux, de gelée…
Un fantôme de course dans mes muscles.

- Ah…

Ah. Oui. J’ai mangé un oiseau.

Ma main droite sur mes lèvres.

Où suis-je ?

(Le regard tout autour)
(Le regard fureteur)
(Dessous, le bois)

Je dois être assis dans sa chambre…
Je ne la connais pas.
Pas vraiment.
Un peu de loin.

Je ne la connais qu’à travers mes yeux de bête…

Un ordre, venu de l’air ambiant, chuchote… Mes jambes contre moi. D’accord. Cacher mon corps. D’accord.
Elle, pas dérangée par la peau ?
Mes bras autour de mes jambes.
Est-ce suffisamment caché ?
La chaleur de ma peau contre ma peau.

Mes doigts jouent avec mes doigts. Je dois couper mes ongles. J’ai tout un silence en moi qui sait qu’il doit se briser. C’est dommage. Mais je dois.

Elle m’a posé une question…
La carte.
Les couleurs.
Et son calme à elle.

- Oui. Explique-moi.
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MessageSujet: Re: J'ai rien fait ! (Psyché)    Mar 17 Avr - 23:27

j'ai rien fait
agap & psyché

« Once we believe in ourselves, we can risk curiosity, wonder, spontaneous delight, or any experience that reveals the human spirit. »
J'étais assise en tailleur sur mon lit. Mon jupon fleuri recouvrait délicatement mes genoux. Mes goûts vestimentaires étaient restés sensiblement les mêmes depuis plus de cent ans. Je porte des robes légères à fleurs ou de couleur pastel. Par dessus, mon indémodable gilet fin que je décline en une dizaine de couleurs. Malgré tout je n'ai jamais été fermée à de nouvelles choses : dans les années 1930 je suis passée aux jupons genoux et j'ai récemment adopté les converses. Tous ces trous et ces fils me fascinent. Je me demande bien qui a eu l'idée saugrenue de créer une chaussure si peu inconfortable et si difficile à enfiler. Certainement ce Chuck Taylor qui a eut également l'idée peu commune de griffer ses chaussures à l'extérieur. Le monde moderne est définitivement trop loufoque pour moi.

Je fixais encore l'immense carte du monde accrochée fièrement sur le plafond en pente de ma chambre. La vingtaine de bougies que j'ai disposée un peu partout peine malgré tout à éclairer la dite carte que d'aucun qualifierai de vintage mais que je préfère qualifier de collector. Elle penche un peu, les distances ne sont pas correctes et certains pays n'existent plus dans la réalité linéaire pendant que certains comme l'URSS n'y ont jamais figuré. En effet, je promène cette carte du monde depuis 1903. Les noms de pays sont indiqués en français. Je l'avais empruntée à mon père qui l'emmenait un peu partout. Au fil de nos voyages, j'entourais toujours le lieu dit à l'encre rouge ou noire selon les possibilités.

La petite créature entra doucement dans la pièce. Je ne la voyait pas car elle était dans mon dos. Ses petits pas hésitant faisait craquer doucement le planché, il analysait, furetait et cherchait tout indice prouvant que je n'étais pas une personne de confiance, mais le pouvoir que j'exerçais sur lui le retenait d'hésiter trop longtemps. Soudain, un son sortit de son gosier. « Hiiii. ». "Oui", "non", "sacre bleu", "j'ai mal aux reins", "ma braguette est mal fermée" ou bien "j'aime la confiture", rien ne pouvait me faire deviner ce qu'il avait voulu dire. Mon regard interpellé le força surement à se métamorphoser. Ce moment était étrange à décrire. J'ai l'habitude de voir des métamorphoses comme celles Demi-Lune mais on ne s'y habitue jamais. Sa peau tremblait et en quelques instants, le voilà nu, Homme, assit sur mon lit. Peu habituel comme scénario je dois dire. Il me regardait et n'avais d'abord pas vraiment conscience de sa nudité. Ce n'est que quelques secondes plus tard qu'il s'en rappela et tenta de se couvrir à l'aide de ses bras. Je me levai et dépliai un plaid qui était posé sur une chaise et je le posai sur ses épaules. « Oui. Explique-moi. » Il avait l'air très intéressé par ma map monde. J'ai toujours aimé enseigner toute sorte de choses. Je suis donc très contente de recevoir des élèves attentifs.

J'attrapai une chandelle et m'installai confortablement sur le lit. Mon bras se leva et on pu mieux distinguer les courbes des différents littoraux du monde. Je plaçai la flamme près de l'Egypte. « Je suis née en 1889, ici, à Louxor en Egypte. Tous les pays dans lesquels je suis passée sont hachurés mais les grandes villes où j'ai réellement vécues sont, elles, entourées d'un cercle rouge ou noir. » Ses yeux ne décrochaient pas de la carte. « Il y a donc ici Prague, Varsovie, Vilnius, Moscou, Edimbourg, Paris bien sûr, et plein d'autres. » Il suivait d'un mouvement de tête la flamme qui dansait au dessus de nous.

Il me regardait avec ses yeux intenses. Malgré ma particularité qui agissait sur lui, il gardait toujours au coin de l'oeil un sentiment de peur. Comme s'il était près à se changer et déguerpir au moindre bruit suspect. Comme si, malgré son apparence humaine, son instinct animal était toujours présent. Comme s'il n'était pas l'esprit d'un homme coincé dans le corps d'un panda mais bien l'inverse. « Tu as déjà voyagé toi ? » Son regard changea. Des mots semblaient lui bruler les lèvres.

(c) DΛNDELION


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MessageSujet: Re: J'ai rien fait ! (Psyché)    Hier à 17:03

La fille a plein de fleurs sur son jupon.
J’ai envie de les cueillir.
De les effeuiller.
De les manger.

Elle se lève ?
Où va-t-elle déjà ?
Une couverture.

C’est plus facile qu’avec les bras…
S’enrouler dans la douceur, dans la chaleur, fermer tout pour tout garder près de soi.
Je veux une caverne, un abri, un chez-moi.
Se perdre dans le tissu.
(Tu ne me verras plus)
(Que ma tête)
(Et encore)

Une lumière dans sa main. Son petit feu de cire.
Elle éclaire son monde de papier.

On va à une chasse au trésor ? Un trésor –souvenir ? Est-ce qu’il y aura des monstres, des bêtes, des dangers ?

1889…
(Tu es plus vieille que moi)

Louxor… C’est un joli mot. Un joli nom. Il glisse et il roule. Je le retiendrai.
Mais ça ne me rappelle rien.

Moscou… Edimbourg… Comme moi.
Le reste… Connais pas. Paris, de nom…
‘m’en fous.

« Tu as déjà voyagé toi ? »

Une question sur mon passé.
Mon index gratte ma joue droite.
C’est un peu intrusif, une question sur le passé.
Un peu effeuillant.
Mais il parait que c’est comme ça qu’on apprend les autres, en les effeuillant. Et en se laissant faire.
(Ca me met mal à l’aise)
(Mais je suis souvent mal à l’aise quand je suis homme)
(Mal dans mon présent)
(Au bord d’un je-ne-sais-quoi qui me happe dans un futur ou dans un passé ou dans un impossible)
(Mal à l’aise, quoi)

- Oui. J’ai vécu à Moscou, la mortelle, pas la boucle.

J’ai tellement vu à Moscou.

Je voulais sa neige, son froid, sa dureté, ses ors, sa richesse et son dédain. Je voulais les crampes au cœur lorsque je passais près des palais du Tsar, dans les rues très luxes dans lesquelles Olga achetait, riait, courait. Je voulais la langue, ses roulements, ses sons, ses basses, son amplitude… Qui a donné naissance à tant de musiciens aux oreilles douées…

Mon regard sur le lit.
Jolies taies.
J’ai oublié où j’étais ?
Mon regard sur la carte.


- Je suis allé dans la boucle de Moscou après. Je voulais Moscou.

(Tu connais ça ?)
(Cette envie qui pique le cœur et qui tire la peau ?)

Mon regard sur elle.
Son regard à elle.
Trop de regards croisés, cela effeuille autant que des questions…
Tourner la tête.
La carte.

- Et j’ai été dans la boucle d’Edimbourg. Parce que mon ami Marshall y était.

Parce que.
Il y avait une raison.
Il y a une raison quand je déteste.
« Parce que », ça veut dire « sinon, je ne l’aurais pas fait »

- J’ai détesté Edimbourg…

Edimbourg me rappelait la matité du peuple en colère, les bruns de la boue, le gris de la sècheresse… Et la mer, cette mer immense, cette mer qui exhalait sa brume tous les matins… Comment pouvaient-ils aimer ?

Mais peut-on dire qu’on déteste, dans une boucle fermée à jamais, qui fermente à jamais avec les mêmes gens, les mêmes habitudes ? Peut-on haïr, peut-on rugir de haine ? Ou doit-on préserver le cycle lisse des gens qui savent vivre avec les mêmes gens, pour l’éternité, pour l’équilibre, pour la tiédeur, pour la paix ?

(Tu veux que j’édulcore ?)
(Ou que j’explique ?)
(Je peux)

- J’ai déteste ses monts comme des prisons, ses briques comme des reproches… J’ai détesté sa froideur sans richesse…

J’ai tout bien expliqué, voilà.
Enfin, je crois…
Je ne devais peut-être pas ?
Je ne sais pas.

La couverture contre mon visage.
Je me frotte le visage avec.
‘veux plus voir.
‘veux plus être là.
‘veux plus être là parce que je ne sais pas.
Bof. C’est dit maintenant.

Est-ce que j’ai oublié quelque chose ?
Se redresser.
Laisser la couverture tomber de mon visage.
La carte…
Quel petit bout n’ai-je pas… ?
Ah.

- J’ai préféré New York, même si c’était plein d’emmerdeurs.
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