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 Les échos de la nuit

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MessageSujet: Les échos de la nuit   Mer 9 Nov - 16:51

L'aube après les flammes
Le soleil éclaire peu à peu les rues encore fumante de la capitale Anglaise. Comme tout les soirs, la mort, les pleurs accompagnait ce réveil douloureux pour les habitants de Londres, et même si ce funeste décor est leur quotidien, jour après jour, Lloyd ne s'habitue toujours pas a cette image. C'était toujours aussi difficile d'avancer sereinement dans les rues de cette fière métropole en cette période sinistre. Malgré tout, son devoir passait avant tout, il semblait errer à travers les axes principaux d'une ville blessé, pourtant, il cherchait bien quelque chose. Ou plutôt quelqu'un, une absente. Il n'aimait pas lorsque des Syndrigastis s'évaporaient ainsi de la boucle, après tout c'était son devoir de veiller à leur sécurité. Il soupire longuement, une cigarette entre les les lèvres, qu'est-ce qui pouvait bien passer dans la tête de certains pour disparaître ainsi ? Si seulement il le savait, ce serait bien plus simple pour lui de pouvoir lire dans le crâne des gens que d'être aussi rapide. Il faut l'admettre, sa particularité ne l'aidait pas à comprendre ce qui pouvait se passer dans la tête des gens, ce qui ne facilitait guère son travail. Mais une chose était certaine, en général sa vitesse lui permettait de rattraper presque n'importe quel fuyard, ça s'était utile pour corriger les quelques rebelles qui vagabondaient à travers le refuge. Car oui, la vie n'était pas toujours des plus tranquille au cœur de la boucle, le vas et viens était fréquent, sans doute les inconvénients de vivre dans la capitale. Et ce n'était pas rare que la jeunesse de deux mille seize se montrait particulièrement orgueilleuse et trouble-fête.

Bref, aujourd'hui, il ne cherchait pas à retrouver un de ces drôles de numéros que pouvait bien être les petits rebelles de la boucle. Non, il cherchait une Syndrigastis bien plus paisible de nature, du moins à sa connaissance. Il n'avait jamais eu de soucis avec elle, elle se contentait d'élever ses chèvres jour après jour, de produire les produits laitiers pour la boucle. Une idée semblant être farfelu à l'origine, du moins, ce n'était que l'avis de Lloyd. Mais finalement, cela était plus proche de l'éclair de génie qu'autre chose. Évidemment, il n'était pas là pour juger ce genre de chose, non, il était là pour retrouver une de ses congénères en apparence égaré au cœur de Londres. Rien d'autres.

Son regard se stoppa soudainement dans une ruelle en bien piteuse état, celle-ci sembla mener jusqu'aux décombres de plusieurs bâtiments. Il aperçu du mouvement par là, ce qui semblait être une silhouette féminine, sans certitude, mais il ne pouvait pas ignorer la moindre piste potentiel. Il s'élança dans cette direction, aussi vif que le vent et se retrouva en un instant de l'autre-côté. Il se tourna à gauche, comme à droite, il n’aperçut qu'une jeune femme encore apeuré par les bombardements de la nuit. Une fausse piste, évidemment. Il soupira une nouvelle fois tout en regardant sa montre d'époque, il valait mieux éviter les anachronisme dans une atmosphère comme celle-ci. Bientôt sept heures, les Ymbrynes seraient furieuse s'il ne retrouvait pas sa congénères vagabonde avant la remise à zéro de la boucle. Il erra alors encore un long moment à travers la citée en ruine, sans abuser de sa vitesse hors du commun, il préférait éviter de se faire remarquer avant de finalement reconnaître au loin la Syndrigastis, au cœur d'un quartier lambda de Londres. Il regarda une nouvelle fois sa montre, huit heures... Le temps file, pas assez rapide, un comble pour notre flèche.

Bref, le surveillant s'approcha de la demoiselle, semblant être occupé ou préoccupé par quelque chose. Il attrapa une nouvelle cigarette dans sa poche et la porta à ses lèvres avant de prendre finalement la parole. « Salut Elvire, excuse moi ces familiarité, mais Miss Aegithalos s'inquiétait de ton absence au petit matin. Tu nous fait une petite fugue ? Les Ymbrynes ne seront pas contente si on ne rentre pas avant neuf heures. Tout vas bien ? » Sa voix se voulait douce, comme à son habitude dans ce genre de situation. Il savait que certains Syndrigastis, peu importe l'âge, étaient très sensible. C'est un peu dans leur nature, la peur était parfois la meilleure des défenses contre la cruauté humaine.
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MessageSujet: Re: Les échos de la nuit   Lun 14 Nov - 8:06


les échos de la nuit


Plantée en plein milieu d'une rue quelconque, Elvire observe les alentours d'un œil hagard. Londres est un champ de ruines. Les conséquences de la guerre, elle les vit depuis soixante-quinze ans maintenant. Après autant de temps, on aurait pu penser qu'elle se serait habituée aux affres du conflit mondial. Mais il n'en est rien. L'insouciante, la candide, la naïve Elvire est entrain de remettre en question sa pseudo immortalité. Qui l'eut cru ? Pas elle, en tous les cas.

FLASHBACK - 6H du matin

Elvire fait le tri dans ses vieilles affaires. Les Ymbrynes lui ont demandé de ranger un peu le sous-sol avant que la boucle ne soit renouvelée, alors elle s'exécute. C'est vrai qu'avec l'étable improvisée et ses biens personnels entassés dans un coin, la pièce ne ressemble pas à grand chose. Pire, des relents douteux commencent à s'en échapper, ce qui explique pourquoi on lui a demandé de faire ce grand nettoyage de printemps. C'est pourtant pas faute de changer le foin tous les matins, ce malgré l'inutilité de la chose. Retour en arrière, tout ça, tout ça.

Le nez dans ses affaires, Elvire extirpe une boite qu'elle croyait perdue depuis plusieurs dizaines d'années déjà. Une jolie caissette en bois aux gravures précieuses. Son nom y est inscrit en lettres capitales. Elle passe un pouce nostalgique sur la couche de poussière qui s'est incrustée à la surface. Ses yeux se mouillent quand elle repense à sa vie passée. Les souvenirs et les peines endurées remontent à la surface, l'emportent et la noient dans un flot de sentiments négatifs.

Son souffle se fait court et la force à s'asseoir sur une botte de foin déposée là. Malgré les appréhensions, Elvire choisit d'ouvrir la boite. Oublier le passé n'est pas une solution. Elle ne veut pas l'oublier... Ou le veut-elle ? Rien n'est moins sûr. De vieilles photographies abîmées se dévoilent sous ses yeux rougis.

Ses parents... Ses sœurs... La ferme... Elle et son troupeau... Sa famille. A son entrée dans la boucle, Elvire était tellement en colère, triste, qu'elle n'avait finalement pas pris le temps de découvrir ce qu'il était advenu d'eux. Peut-être sont-ils morts, maintenant. L'occupation allemande est encore bien présente en France. Peut-être qu'elle regrette de ne pas leur avoir adressé un dernier au revoir. Peut-être qu'elle regrette de ne pas s'être mieux comportée... Et si elle avait fait semblant de ne pas entendre les chèvres ? Peut-être que tout aurait été différent.

Auguste... Elle et Auguste... Ses doigts fins s'agrippent à la photo. Il a bien tenté de venir la voir, là-bas, à l'hôpital, lui avait-on dit. Elvire avait refusé les visites, pas parce qu'elle ne l'aimait pas, plus, mais surtout parce qu'elle ne voulait pas qu'il la voit dans cet état, à moitié légume, entourée de ces gens incompris et malades. Incomprise et malade... Peut-être que c'est ce qu'elle est. Peut-être qu'on a bien fait de l'interner. Peut-être qu'elle aurait dû finir sa vie là-bas.

L'hyper sensibilité d'Elvire se défoule sur son cœur, qui manque de s'arracher de sa cage thoracique à chaque battement. Toutes les émotions la traversent. La mélancolie, le mal, l'abandon, la peine, l'injustice... La colère. La jeune femme entre soudainement en transe, commence à déchirer les clichés. Elle finit par jeter la caisse contre le mur. Cette dernière s'écrase dans un bruit assourdissant. Des morceaux de bois éclatent un peu partout, une petite écharde lui entaille même la joue. Le liquide rouge commence à couler, vient se mélanger aux larmes.  

FIN DU FLASHBACK

Des sillons salés creusent encore ses joues. Ses yeux sont toujours posés sur l'horizon lointain. Alors qu'elle continue de se morfondre, quelqu'un l'interpelle de derrière. Elvire ne se retourne pas, reconnait sans peine la voix de Lloyd, une sorte de gardien au quartier des portes. La mention de Miss Aegithalos lui serre le cœur. Elle ne pensait pas qu'on remarquerait son absence si rapidement. Elvire espérait même qu'on renouvelle la boucle sans elle. Elle a vécu son temps. Soixante-quinze ans, c'est déjà beaucoup plus que ce que quiconque peut espérer. Peut-être qu'il serait temps de rejoindre une temporalité linéaire pour vieillir.

Cette soudaine crise existentielle, ce n'est pas la première qu'elle vit. A chaque fois, c'est la même chose : un éclatement de fureur, des larmes, un sursaut de dépression. Des séquelles qu'elle garde de son séjour en hôpital psychiatrique. Sur le moment, tous les sentiments négatifs d'Elvire sont décuplés, à tel point qu'elle veut parfois quitter la boucle sur un coup de tête. Mais plus tard, quand on réussit à la raisonner ou à la ramener de force, avec du recul, elle remercie souvent les gens qui la retiennent.

« Tout va bien ? Oui et non. Oui, je vais bien physiquement... » Répond Elvire avec une lucidité qui ne lui ressemble pas. A part la micro plaie de sa joue, elle est en pleine forme, c'est vrai. « Non, je ne me sens pas très bien en ce moment. Je ne sais pas, j'ai des nausées, des mauvais souvenirs qui remontent, ça va passer, sans doute. » Elle tente de le rassurer comme elle peut. Malgré l'image qu'elle renvoie, Elvire est assez pudique sur sa palette sentimentale. Elle n'aime pas qu'on s’apitoie sur son sort. Son visage est de marbre, mais des larmes recommencent à s'échapper de ses yeux cristaux. « As-tu déjà remis en question ta présence dans la boucle, Lloyd ? » Sa voix se brise un peu. « Parfois, je me dis que j'aurais peut-être dû finir mes jours en France, dans cet hôpital. C'aurait été plus facile pour tout le monde. Tu ne serais pas là, à courir tout Londres pour venir me chercher, Miss Aegithalos n'aurait pas à s'inquiéter... Peut-être même que mes parents seraient revenus me chercher ? Je ne sais pas. » Sans doute le plus grand regret de sa vie : ses parents. Elle aurait aimé être une meilleure fille pour eux. Une meilleure personne. Quelqu'un qu'ils auraient pu apprécier.




codes par sapphire
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MessageSujet: Re: Les échos de la nuit   Mar 29 Nov - 15:45

L'aube après les flammes
Il reste silencieux, il écoute. Il connaît bien cette douleur, tous la partage au fond, chacun maudit à sa manière les souvenirs de son passé. Tout le monde à des regrets, aucun n'échappe à la cruauté de cette fausse éternité, cette alternative folle qui existe pour les protéger. Sceller dans le temps, condamné à revivre sans cesse la même journée tout en abandonnant son passé derrière lui. Parfois, ce passé est avenir, d'autres fois il n'est qu'un fragment d'une histoire déjà graver dans la pierre. Il pourrait dire quelques mots, essayer de la consoler à cet instant, d'effacer les larmes de son visage, mais il ne bouge pas, il ne peut être bon conseiller, lui qui souffre encore de son passé. Lui qui a vu que ce monde est toujours aussi cruel dans l'avenir... Même s'il ne connaît pas l'époque moderne, il a vu à sa période bien plus qu'il aurait voulu. Et même lorsque cette guerre s’achèvera, une autre commencera. Et il parait que d'autres ont éclaté au fil du temps, qu'encore beaucoup d'enfant ont pleuré la perte de leurs parents, que beaucoup auraient préféré mourir que de continuer à vivre. Au fond, rien ne change malgré cette pseudo évolution, la douleur, les souvenirs, la cruauté, les regrets ne changent pas. Alors il ne peut être cette âme réconfortante, il ne peut la conseiller, lui qui ne voit rien que les ténèbres au loin, lui qui a son cœur brisé par la folie de l'homme, il ne peut bouger.

Il se contente d'allumer une cigarette, de laisser le silence s'installer à nouveau. Il réfléchit longuement tandis qu'en face de lui les larmes coulent. Il peut sembler cruel, impitoyable, mais en réalité, il ne se sent pas digne de la réconforter, il se sent incapable de trouver les bons mots pour apaiser son mal. Alors il reste un long moment silencieux, s'installant à côté d'elle, écoutant les cris de déchirement lointain, la douleur du petit matin après une nuit du cauchemar. Il écoute les cris des fils, des mères, des femmes, des époux, des filles, des maris déchirer ce silence pesant avant de finalement ouvrir la bouche. « Tu sais, je pense qu'on remet tous notre présence ici en doute, voir même notre existence. Après tout, on défie les lois de la nature, c'est ce que j'ai souvent entendu. Et justement, c'est ce qui fait que notre présence dans une boucle temporel est important, c'est... C'est un peu comme une thérapie de groupe, on essai de se soigner mutuellement. Et parfois, savoir que nous ne sommes pas seul, ça nous aide. Du moins, c'est ainsi que je le perçois lorsque la douleur devient insoutenable. Certains jours, ça m'apaise, d'autres, non car d'autres blessures peuvent aussi apparaître par exemple, comme l'amour ou l'absence. Tu vois, mes parents ce sont rencontré dans cette boucle, par chance, ils se sont tout de suite aimer, ce qui a créer un fort lien entre eux et qui fait qu'ils se sont soutenu ainsi. Mais ce n'est pas toujours le cas pour tout le monde. Comme chez les humains, il y a ces amours à sens unique et parfois même, on est incapable de l'avouer, même si pour nous, Syndrigastis, les raisons plus étrange parfois... Comme l'impossibilité de toucher la personne... Ahem, bref. Je m'égare. Mais tout ça pour dire qu'on a tous des regrets, on souffre tous, on remet souvent notre existence en doute, j'ai même la certitude que les Ymbrynes partagent aussi cette tourmente, mais on vit avec. Je pense du fond du cœur que tout parent désirent une seule et même chose, que leurs enfants vivent et souris, même s'ils ne le montrent pas tout le temps. Mais ce désir, aller contre serait contre nature, c'est leur instinct après tout. Mais encore une fois, c'est ma perception des choses. »

Il s'était un peu égaré, ses confidences envers cet amour impossible. Mais pas que. Il partageait aussi à cet instant son ressenti sur leur condition de Syndrigastis, un peu sur les rapports parents/enfants. Bref, des sujets qu'il n'abordait pas vraiment en général. Il n'espérait pas spécialement que cela la réconforte, mais il faisait de son mieux tout en étant franc. Mais le temps passait aussi, ils devaient se hâter à regagner le quartier des portes... Seulement si elle l'acceptait. Après tout, cette fugue n'était pas sa raison et la douleur qui la hantait pouvait à tout instant lui faire abandonner cette endroit qui lui a tant donner et auquel elle a aussi autant donner. Il soupire longuement avant d'ajouter une dernière phrase. « Tu ne voudrais pas qu'on avance tranquillement vers le refuge tout en discutant ? Je pense que ce serait une bonne idée, non ? »
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