Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]
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Archibald Faulkner
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Mains de la gloire : ses mains, aussi desséchées que celles d'un cadavre, peuvent ouvrir toute chose potentiellement fermée.
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Une absence totale de pudeur et une ignorance pure de la notion de propriété, qui lui donne des tendances kleptomanes et le pousse à considérer toute chose désirable à sa portée comme sienne.
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195 ans (Il a intégré la boucle de 1873 à sa création, alors qu'il avait 50 ans)
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MessageSujet: Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]   Ven 11 Mai - 23:53

Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh

PV Léon



C'était une bonne journée pour Archibald. Bon, généralement, toute journée était bonne pour l'homme qu'il était, mais cela ne l'empêchait pas pour autant de s'en réjouir, bien au contraire. Que serait la vie, surtout éternelle, s'il ne savait pas en apprécier chaque petit aspect ?

Aujourd'hui, c'était un bon livre qui étirait sur ses lèvres un sourire profondément satisfait. Comme à son habitude, Archibald se baladait joyeusement dans le manoir, incapable de demeurer immobile pour dévorer son ouvrage.

Il marchait d'un pas vif, rodé à l'exercice, levant de temps à autre les yeux pour éviter un obstacle ou de percuter violemment un autre habitant de la boucle.

C'était un drôle de spectacle que de voir cet individu habillé à la mode victorienne, tenant dans ses mains un livre complètement anachronique qu'il avait "emprunté" dans la chambre d'un autre, évoluant d'un pas gracile, presque dansant.

Archibald ne comprenait pas la moitié de l'univers duquel les personnages pouvaient faire partie et ce dont ils pouvaient faire usage, mais qu'importe. Tel un enfant à qui l'on raconterait une jolie histoire, Archie se fichait bien des détails et ne gardait que l'essentiel : des péripéties, de la romance et des retournements de situation.

Archibald vivait chaque histoire qu'il dévorait avec intensité. Il dut donc prendre une pause dans son récit, alors que les protagonistes venaient de perdre devant leur pire ennemi, manquant de rencontrer la mort. S'arrêtant net dans son errance, Archibald plaqua les pages du livre contre son visage, laissant échapper un sifflement frustré :

"Vous n'étiez pas PRÊTS ! Joey, Ventre-saint-gris, tu aurais pu en mourir ! Ah, ce livre..."

Le lecteur passionné éloigna ensuite le livre de son visage, le refermant d'un claquement sec. Bon, assez d'émotions pour aujourd'hui ! Il reprendrait sa lecture plus tard, quand les battements de son coeur se seront apaisés. Il n'avait plus qu'à déposer l'ouvrage dans sa chambre et retourner vaquer à ses occupations, de quelque nature soient-elles.

Alors qu'il regagnait sa chambre, un bruit parvint à ses oreilles. Un individu sensé se serait probablement montré prudent et discret, cherchant à identifier la source de ce son avant toute chose. Mais Archibald n'avait rien de sensé et c'est avec enthousiasme qu'il regagna donc sa chambre, poussant la porte avec fracas :

"Un visiteur dans mon humble demeure !"

... Un visiteur qui avait l'air très intéressé par le contenu de ses armoires, visiblement. Comme si de rien n'était, Archibald déposa "son" livre sur sa table de chevet avant de s'asseoir prestement sur son lit, battant énergiquement des jambes.

Il dévisagea le jeune homme qui était entré dans sa chambre, faisant appel à sa mémoire bien trop remplie par les presque deux siècles qu'il avait vécu sur cette Terre. Léon... Léon quelque chose. D'un grand geste de bras, Archibald lui indiqua ses placards et le reste de sa chambre :

"Sers-toi ! Tout est ouvert, de toute façon."

Ce qui était vrai. Archibald ne prenait jamais la peine de fermer quoi que ce soit à clé. Il pouvait à peine faire la différence entre une porte verrouillée et une porte qui ne l'était pas, de toute manière. Alors, à quoi bon ?

Bondissant de son lit, Archibald s'approcha de Léon, un grand sourire aux lèvres :

"Chercherais-tu quelque chose en particulier ?"

S'il avait besoin de quelque chose, Archibald s'en séparerait sans hésiter. Ou il pourrait toujours l'emprunter à quelqu'un d'autre. Tout était à sa portée, pourquoi s'en priver ?

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Léon Lehman
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MessageSujet: Re: Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]   Dim 13 Mai - 20:02

Le vol s’installe en Léon. Le petit crime se distille. Goutte à goutte, dans chaque veine. Seconde par seconde, en crescendo tendu. Ses os tremblent. Sa vision se force.

Il est assis à la table de la cuisine. Devant lui, un verre d’eau. L’eau est pure. La lumière des ampoules jaunâtres s’y reflète avec dorure. Léon prend le verre d’eau en main, le porte à sa bouche. Il tremble. Il renverse trois gouttes. Il frotte ses lèvres d’un revers nerveux. Sa vision se densifie. Il déglutit mal. Il a mal là où passe l’eau.

Il a froid. Il sait ce que veut dire cette tension dans ses muscles, dans son cou, dans ses globes oculaires. Il se sent vide et contracté. Il se sent estomac béant qui n’a rien bouffé depuis des jours. Et qui gueule, et qui broie le vide, et qui gargouille des insanités, de sa voix inaudible et pourtant crayeuse. Il sait mais son savoir est écrasé par le crime répandu dans ses tripes. Par cette impression implacable que le futur n’acceptera qu’une seule issue.

Il se lève. Les pieds de la chaise crissent. Il quitte la cuisine. Il traverse le grand hall. Il monte les escaliers imposants. Le monde palpite. Le couloir est un long intestin qui sent la merde et la gerbe. Il le traverse. Il dépose sa main sur une poignée de porte pas fermée. Qui ferme sa porte ici ?
Il entre.
Il connait cette chambre.
Il l’a déjà vue, une fois, quand il a dû faire un inventaire.

Sa mémoire tourne. Se retourne. Les souvenirs affluent. Dans un tiroir, il y avait des brillances. Lequel était-ce ? Celui-là ? Non. Il ouvre un autre tiroir. Quelle brillance était-ce ? Le souvenir lui échappe mais la brillance reste.

Les vides des meubles se donnent avec une facilité outrancière. Les tiroirs ne rencontrent aucune résistance. Glissent comme des sexes. Les mâchoires de Léon se crispent, les muscles de sa nuque et de son dos bandent, le reste du corps obéit à l’envie. Il enfonce ses doigts dans les objets de l’autre. Dans les chemises, derrière les chemises, il cherche le petit trésor. Il fouille, il caresse.

Il a fini de fouiller une commode. Il soupire. Sa peau soupire de plaisir. Son regard tombe sur la garde-robe. Là ? Ses doigts sur les portes. Frémissent. Il serre les dents. Il ouvre les portes brutalement. Un appel d’air comme un halètement. De la paume de la main, il effleure les vêtements. Les boites. Au-dessus, les grands tiroirs. Il enfonce ses ongles dans le laiton.

Fracas.

"Un visiteur dans mon humble demeure !"

Un homme d’un autre âge, surgi comme un amant trompé.

Léon est surpris. Il se retourne, il recule d’un pas, d’un second pas. Il tombe dans la penderie. Son cul sur la planche du bas. Léon ouvre des yeux plus grands que la lune. Une bouche muette. La fin abrupte du plaisir détend ses muscles. Le manque de l’après-orgasme. Le vertige du vide. Incapable de parler. Incapable de penser.

Le présent revient en lui, peu à peu. L’intelligence de même. Cet homme d’un autre siècle sourit.

"Chercherais-tu quelque chose en particulier ?"
- Ah. Je.

La piqûre de la peur – celle d’être puni.
La honte – celle d’être pris en flagrant délit.
Le soulagement – celui d’avoir été pris.
Des larmes de ces trois émotions affleurent au bord de ses paupières.

Il faut quelques secondes pour que Léon comprenne l’incongruité de l’homme. Une nausée de surprise clôt la compréhension. Léon se frotte les yeux.

- Je… Je suis désolé je cherchais votre votre votre…

Mais le mensonge ne vient pas. Le visage de Léon perd ses traits. Léon devient une statue de cire. Il a déjà entendu parler de cet homme. Il sait qu’il ne fait pas semblant de…

Léon rit.
De nervosité soudain libérée (un trou à la base de sa gorge). Les spasmes expulsent les sons.
De conscience de son ridicule (il voit le monde comme s’il était un oiseau qui volait haut). Il se voit petit, voleur, assis dans une garde-robe éventrée.

La tension se vide.
Il ne rit plus.
Un air grave, un air suspicieux, une envie de courir dans le jardin, loin de tout, une envie de boire un thé avec l’homme sans âge, une envie de mordre les interrogatoires, une envie de gueuler qu’il en a marre.

- Je voulais vos deux petits brillants.

La vérité est sortie si facilement. Déconcertant. Violent.

Il baisse la tête. Il murmure. Il est fatigué.

- Je crois que ce sont des boutons de manchette.
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Archibald Faulkner
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MessageSujet: Re: Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]   Dim 13 Mai - 23:40

Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh

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Archibald ne s'attendait pas à cette réaction. Il s'était montré accueillant, enjoué et avait précisé que tout était accessible dans sa chambre. Il avait même proposé son aide.

Il était habitué à ce qu'on le rebuffe, qu'on l'ignore ou qu'on lui réponde avec lassitude. Mais pas qu'on le regarde comme Léon le dévisageait. Avec ce regard apeuré et larmoyant.

Archibald n'aimait pas cette sensation. Archie était une personne positive, qui souhaitait toujours le meilleur chez ceux qui l'entouraient et accordait son amitié à tout un chacun.

Il vivait avec simplicité et accueillait chaque moment avec joie, comme une aventure infinie. Sa franchise et son absence de limites faisaient de lui une personne "brut de décoffrage", d'après ce qu'on lui avait dit, mais il n'y avait pas une once de méchanceté dans son coeur. Pas une pointe de malice.

Léon s'excusa, sans parvenir à finir sa phrase, et Archibald sentit les larmes qui lui montaient aux yeux à son tour. Expressif, comme toujours, il les laissa monter et envahir ses joues, rutilant sur son visage, reniflant, comme si un drame venait de se produire, comme si la mort elle-même venait de les frapper.

Mais ce n'était rien de tout cela. Archibald avait fait pleurer quelqu'un et il ne supportait pas cette sensation. Il détestait voir le malheur de façon aussi évidente et cela le touchait au plus profond de son être.

Mais, aussi vite qu'il s'était laissé envahir par la tristesse, Archibald suivit le rire de Léon. Il n'en comprenait pas l'origine, mais se laissait contaminer aussi aisément par les larmes que par les expressions d'hilarité.

Léon ne pleurait plus, il riait. Archibald en faisait donc de même, tout naturellement. Eponge à sentiments, Archie passait des larmes aux rires en quelques secondes, un procédé hors de son contrôle et aussi épuisant pour lui que pour les autres.

Puis, le silence. Archibald essuya ses yeux rouges, se dandinant sur place, attendant que Léon reprenne la parole, alors qu'il mourait d'envie de parler, parler, parler.

Heureusement pour lui, le garçon ne tarda pas trop. Sa réponse lui tira un "Uh ?" intrigué, suivi d'un "Ah !" de compréhension. Archibald joignit ses mains ensemble, les claquant bruyamment avec joie.

Des boutons de manchette ! D'accord, d'accord, c'était un problème simple à résoudre ! Plus de larmes, plus d'inquiétude !

"Des boutons de manchette, c'est compris ! Veux-tu les chercher par toi-même ou souhaites-tu que je t'indique où ils se trouvent ?"

Se dirigeant vers Léon, il le remit promptement sur pieds, avant de s'éloigner de quelques pas, virevoltant sur lui-même.

"Je peux même te donner des indices, si tu souhaites t'engager dans une chasse aux trésors ! Ils ne sont pas très loin !"

Il rit, doucement. Archibald aimait tant la compagnie qu'il ne s'interrogeait jamais sur sa provenance. Qu'on l'utilise ou qu'on ait simplement cherché à lui prendre quelque chose, quelle importance ?

Ce qui comptait, c'était que l'autre personne soit . Et qu'Archie ne soit plus seul. Seul avec lui-même. Seul avec ses pensées incessantes.

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Léon Lehman
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MessageSujet: Re: Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]   Mer 16 Mai - 16:55

Un grand élan, celui de l’homme. Il remet Léon sur pied. Ses gestes sont ronds comme des pommes et sa vitesse est celle de la bourrasque. Léon se laisse faire. Au sein du manoir, les ymbrynes et les particuliers sont parfois graves, souvent solennels. La gestuelle de l’homme est comme une nouvelle chanson populaire entendue après des heures d’opéra : elle retourne le cerveau, elle creuse de nouveaux petits canaux parmi les neurones et ça fait du bien « là où ça passe dans le crâne ».

"Je peux même te donner des indices, si tu souhaites t'engager dans une chasse aux trésors ! Ils ne sont pas très loin !"
- Ah ?

L’adolescent a une suspension des sens, un intermède des pensées. Depuis qu’il est entré dans cette chambre, ça va vite, ça change vite, ça surprend à chaque seconde. Il regarde l’homme avec l’ivresse saisissante provoquée par les airs soufflés d’un grand récital d’orgues dans une cathédrale. Il tord ses mains dans son dos, ne sachant que faire ni répondre, ne sachant que ressentir, que sentir, que percevoir.

Il flotte, autour de lui, cette anesthésie de l’atmosphère, ces secondes saupoudrées en poussière volatile et dans ses yeux, derrière les verres des lunettes noires, des regards qui changent de nuances bleutées à chaque tentative de se ressaisir.

Cela vient, à force de tordre ses mains dans le dos. Un cartilage douloureux.

- Oui je préfère chercher s’il-vous-plait… !

S’exclame Léon en souriant soudain.

Il ne le sait pas, il ne le sait pas vraiment, mais dans ses nerfs oculaires, il y a les fantômes des réactions que l’homme vient de montrer, en miroir parfait. Il y a la tristesse qui a perlé le long des joues âgées, il y a le rire doré qui a rebondi entre ses dents et puis qui s’est échappé dans la chambre, en écho au rire de Léon. Il y a toute l’empathie de l’homme derrière les cornées… Et cela rassure Léon.

Il sautille près de l’homme – comme une jeune pie très contente d’avoir trouvé un compagnon de jeu.

Et pourtant… Ça grouille dans la peau de la pie tapie.

- C’est ici ?

Léon indique un autre coin de la garde-robe.

Il est dans le mouvement pétillant du soulagement brusque, de la déliquescence de la raideur coupable. Il est follement libéré d’entraves de jugement.

En sourdine, une sale bête grogne sous l’épiderme, entre la graisse et les muscles, partout sur son corps, depuis ses orteils jusqu’aux racines de ses cheveux, comme mille yeux et mille serres qui s’agitent.

- Ici ?

Léon indique un petit meuble adjacent à la commode. Premier tiroir.

La tension revient en lui. Un entrelacs de crépitements acides et de cris griffants mordent sa peau. Il perd sa vitesse de geste, il perd sa lumière de regard. Il ralentit dans sa joie et sa recherche. Une lourdeur accompagne son index quand il indique.

- Ici.

Son index reste sur la serrure. Fusion de l’organique et du métal. Il tremble un peu. Voracité du crime revenu. Douleur des valeurs, au fond de lui, entre son cœur et ses poumons. Entre ses côtes et sa moelle épinière. Une étoile rouge de combat, entre lui et lui-même.

Il délaisse le meuble. Observe l’homme de ses yeux scalpels. Son instinct animal pense pour lui. Agit pour lui. Il s’approche de l’homme, pose ses mains sur un bras.

- On pourrait aller dans une autre chambre, s’il-vous-plait ?

Sa voix a changé. Sa voix porte le secret. Une brume sonore qui allonge les voyelles et qui tue les intensités. Presque monotone. S’il n’y avait pas cette double profondeur de l’homme et de la bête. De l’éthique et du crime.

Il darde l’autre de son regard bleu. Il cherche le complice, le pervers pulsionnel, l’impossible raison.

Il souffle.

- Je veux … Quelque chose qu’on ne veut pas me donner.

Ses dents se recroquevillent sur elles-mêmes, ses gencives lui font mal. Il articule à peine. La pie n’a qu’un bec osseux pour s’exprimer.

- Je veux arracher.
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MessageSujet: Re: Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]   Mar 22 Mai - 9:52

Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh

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C'était un nouveau jeu auquel Archibald n'avait encore jamais participé, mais il était heureux d'en être l'instigateur, tout autant que d'être le témoin de l'enthousiasme du jeune homme, qui sautillait joyeusement à ses côtés. Alors, un sourire aux lèvres, Archibald s'était fait guide le temps de cette chasse aux trésors un peu particulière.

Il se fichait bien de ce que Léon comptait faire une fois qu'il aurait trouvé ses boutons de manchette. S'il voulait les garder, libre à lui. Archibald pourrait toujours les récupérer s'il en ressentait le besoin. Tout lui était accessible, alors pourquoi s'embêter ?

Ce qui comptait, c'était que le jeune homme n'ait plus peur de lui. Qu'il s'amuse en sa présence. Le reste importait peu. Mais leur petit jeu eut tôt fait de se finir. Après qu'Archibald lui ait fait part de ses indications ("Froid", "Tu réchauffes", "Tout près" etc.), Léon s'arrêta soudainement, si proche du but.

Archibald pencha la tête sur le côté, intrigué, lorsque le jeune homme revint vers lui, s'adressant à lui d'un ton beaucoup plus sérieux. Le jeu avait dû le lasser. Archie pouvait le comprendre, lui-même passait aisément d'une occupation à l'autre, difficilement satisfait par une activité longue et/ou répétitive.

S'il perçut le changement d'atmosphère, Archibald était incapable d'en définir la nature exacte, prisonnier de son ignorance et de sa naïveté. Alors, quand Léon demanda à aller dans une autre chambre, ajoutant qu'il voulait prendre quelque chose qu'on ne lui donnerait pas, Archie ne perçut pas la gravité de la situation ni ce qu'impliquait le garçon. Il se contenta de sourire et de hocher la tête, battant des mains :

"Un nouveau jeu ! D'accord, d'accord ! Quelle chambre ? Un objet gros ou petit ? Veux-tu que je t'ouvre les portes et les serrures ?"

Archibald babillait joyeusement, pensant s'embarquer dans une nouvelle aventure sans conséquences. Après tout, s'il prenait quelque chose et que la personne souhaitait son retour, il lui rendait, voilà tout ! L'idée de propriété lui était étrangère. Rien ne lui appartenait et tout était à sa portée à la fois. Le concept de "Vol" lui était donc tout aussi absurde qu'incompréhensible.

"Je suis bien heureux d'avoir un compagnon comme toi ! Tu me sembles sympathique. On pourrait devenir amis, toi et moi !"

Archibald offrait son amitié avec aisance, probablement parce qu'il avait tant l'habitude d'être rejeté qu'il désespérait de former une connexion avec les gens qui faisaient partie de sa vie. Un attachement déraisonné, qui lui avait valu d'être exploité et avait fait de lui un prisonnier du Freakshow, malgré ses pouvoirs. Prisonnier de son affection pour ses compagnons d'infortune et de son dévouement insensé à ses gêoliers...

"Je te suis, mon jeune ami ! Montre-moi la voie !"

Archibald souriait à pleines dents, ignorant tout de ce qui était en train de se passer, de ce qu'ils étaient sur le point d'accomplir et des potentielles conséquences de leurs actes.
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MessageSujet: Re: Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]   Hier à 13:45

Et Archibald est joie et mouvement. Il frappe dans ses mains – horribles mains – et il se propose, comme aide et comme serrurier. Son contentement de trouver un compère transpire dans chacun de ses gestes, dans chacun de ses mots. Ses pupilles ne cachent aucune malice, autre que celle du jeu et des aventures.

Alors la pie, derrière les lunettes de Léon, ouvre ses yeux noirs très fort… très ronds, très brillants. Et elle savoure, elle jacasse en silence sombre. Elle bat des ailes dans la cage thoracique de l’adolescent, elle est prête à s’envoler dans un long vol rouge qui griffera tous ceux qui se mettront sur son chemin.

Léon rit. D’un grand rire qui s’allonge dans la chambre et qui rebondit, cru et égrillard, contre les murs, contre les fenêtres.

"Je te suis, mon jeune ami ! Montre-moi la voie !"

Léon sort de la chambre, à reculons. Ses dents aussi dévoilées que celles d’Archibald, aussi blanches, aussi plates, aussi étincelantes. Il ne le perd pas de vue, cet homme prêt à le suivre dans ses petits crimes. Il l’accroche du regard, le garde dans son champ de vision, l’examine sous toutes les coutures.

- Viens, viens !

Dit-il en sautillant dans le couloir.

Viens t’amuser avec moi, Archibald.
Viens dérober, arracher, cacher.

Quelle porte choisir ?
Quelle porte forcer ?

- Celle-là !

Dit-il en pointant un index très décidé vers une porte lourde à la poignée dorée.

Il le sait, cette porte est toujours fermée. Et le beau cuivre de la porte lui promet monts et merveilles, paradis lumineux et coffre-fort croustillant.

Dans son corps maigre – 48 kg pour 1m64 – l’adolescent ressent tous les frissons de l’avant-crime, tous les plaisirs qui précédent, qui annoncent, qui virevoltent sous sa peau et qui le font sentir vivant, libre et heureux. Il s’appuie contre le mur, le visage près du plâtre, pour mieux voir… Car il y a quelque chose à voir, pour un voleur, dans les mains d’Archibald.

- Diiiiiis…

Murmure-t-il en observant les mains de son compagnon de vol.
Il passe la langue sur ses lèvres. Il salive.

Entre Archibald et Léon, il flotte une texture de feutrine pourpre, un velours sombre. C’est presqu’une alcôve, pour la pie, que cet espace réduit entre l’autre et lui. Une envie de mieux connaitre s’immisce…

- Je peux toucher tes mains pendant que tu ouvres la porte ?

Et dans la foulée, les désirs, les fantasmes prennent corps, prennent son.
Ses traits se détendent, ses globes oculaires se tournent vers le haut. Le futur, il le voit vers le haut, vers le ciel, vers là où portent les ailes noires des pies aux envies carnassières et cruelles.

- Quand on aura trouvé ce qui brille…

Il porte un index recourbé à sa bouche. Il le mordille. Il sent déjà, le voleur amateur, la dureté de l’objet maraudé contre ses doigts, entre ses serres. Et il s’imagine, lui dans le futur, en train de s’imaginer les cris du propriétaire spolié.

- … Je veux l’enterrer. Personne ne doit jamais le retrouver…
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MessageSujet: Re: Un visiteur, venu d'ailleurs, oooooh [Pv Léon]   

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