Aux abords des déclins † [FANTINE]
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Amos Vaughan
Écran de veille

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☾☾ Particularité :
Technopathie, pathologie. Le contrôle des appareils électroniques.
☾☾ Bizarrerie :
Insecte de nuit, abreuvé de lumières et de néons.
☾☾ Années :
Enfant de 1984, il garde les stigmates de 32 années d'existence.
☾☾ Occupation :
Conteur de vérités et enseignant des mœurs et coutumes du présent. Dernier levé, couché à l'aube, il assure la surveillance du parc une fois tous endormis.
☾☾ Myocarde :
Le cœur facile pourtant vide de noms. Les désirs vont et viennent, indécis et tout à la fois trop sincères.
☾☾ Missives :
226
☾☾ Trogne & crédit :
Dane DeHaan


MessageSujet: Aux abords des déclins † [FANTINE]   Ven 18 Mai - 23:08



Aux abords des déclins † Proches des aubes inventées.
Ils étaient rares à sauter les barrières de nuit. Les jeunes du coin galopaient au village goulots ouverts et cigarettes en mains. Ils grimaçaient, lèvres sur leur bouteille d’eau de vie, les boyaux brûlants de libertés. Les espaces clos ne les intéressaient pas ; Les prés et les collines étaient de meilleurs endroits pour s’embrasser et crier leurs injures au ciel. Amos se reconnaissait dans leurs échos. Dans ses adolescences un peu lointaines et ses souvenirs d’enfant brimé de dépendances. Il avait lui-aussi sauté de nombreuses fois par la fenêtre de sa chambre pour retrouver les mêmes amis aux bordures de la ville. Ils remontaient les plages près des zones délaissées de Swansea. Il voulait se sentir libre, sans réellement connaître le fardeau des contraintes. Celles de l’école, mais sa mère croyait peu à ces instances. Elle ne l’aurait jamais contraint à rester, ni le lui aurait interdit des nuits d’ivresse sur la plage. Elle parlait de ce qui était "mieux", du "raisonnable". S’il voulut alors lui cacher ses escapades, ce fût pour croire à l’interdit qu’elle ne lui avait pas imposé ; et parce que la liberté n’eut aucune valeur si elle n’eut pas été gagnée.
Or les enfants ne vainquaient jamais réellement la nuit.
Amos cessait de les entendre bien avant l’aube. Ses pas le ramenaient aux nuits indélébiles de la boucle avant même qu’il ne cerne les lueurs du jour pointant à l’Est. Il regagnait sa chambre, quittait son sac et ses chaussures. Il s’enveloppait d’obscurité et d’une couette sentant la lessive. L’odeur le rassurait, la chaleur était maternelle. Ses sommeils étaient chaque fois loin, un peu plus éloignés de ceux des autres et il sut pourtant qu’ils furent plusieurs à errer au manoir à la nuit tombée. L’ironie voulut qu’ils se croisent à peine dans le noir. Ils furent chacun pour les autres que des fantômes aux longs échos. Amos entendait les parquets craquer. Il pensait à eux puis aux courants d’air. Les vieilles planches se soulevaient sous leurs poids. Pieds nus il esquivait le bois et gagnait les tapis. La matière un peu plus chaude, mais un vent froid l’engourdissait toujours à hauteur de cheville. Il le craignait parfois, lorsqu’il remontait un peu plus haut contre sa jambe et gagnait la ligne de son dos. Parce qu’il était glaçant et qu’il eut toujours préféré la tiédeur de mains moites.

Il entendit deux fantômes courir à l’étage. Les planches grinçaient, secouaient un par un les lustres. Il avait l’épiderme fleuri de frissons et un sourire béat aux lèvres. « Chuuuuut », soufflait l’un d’eux, son sifflement encastré dans les plinthes. Leurs pas se saccadaient et se liaient, accéléraient à d’autres embranchements ; et Amos les suivait. L’excitation au creux du ventre, il se sentit aussi naïvement fier qu’un enfant de 9 ans. Il avait remonté l’étage sur la pointe des pieds pour recueillir l’identité des deux fuyants. Curieux et paradoxalement ivre de mythes infondés. Une Ymbryne les avait rattrapés bien avant lui. Il l’entendit marcher sur leurs talons avec moins de patience qu’il n’en avait, et les deux fantômes traversèrent le couloir bien plus rapidement qu’elle. Amos redescendit l’étage avant eux, la couette devenue lourde sur ses épaules. Il esquivait un long couloir pour éviter les allées principales et percuta à l’un des embranchements l’un des derniers oiseaux de nuit perdus ici. Il allait s’excuser avant de la reconnaître. « Fantine… » La voir le fit sourire. Les récits de Lazare avait fait d’elle et de sa peau mouchetée, l’étrange fruit de ses imaginations.
Il n’eut jamais le temps de trouver mieux à dire. Les fantômes avaient emprunté le même couloir. Il agrippa le bras de Fantine et la tira dans la première pièce à leur droite. Une main glissée sur sa bouche et un indexe défectueux posé sur ses propres lèvres, il attendit derrière la porte que les murs ne cessent de trembler. L’Ymbryne leur ordonnait de s’arrêter mais les pas avaient disparus. De cette concentration qui avait animée Amos plus tôt, il ne restait qu’un large sourire amusé. Il avait le cœur battant à ses propres paranoïas, les yeux bientôt posés sur son otage.
« Nous voilà sauvés. »
Il décrivit les contours peints en noir de la jeune femme. Elle était belle dans ses détails, autant que Lazare l’avait dit. A la lumière du jour elle eut l’air d’une enfant cristallisée dans le temps et il sut à certains égards gardé ses distances.
« On m’avait parlé de ça. »
Il appuyait son doigt sur une tranche de peau découverte. La sensation insatiable, car tout ce qu’il pensait pouvoir atteindre n’était en réalité que chaire. Il se dégagea d’elle, enjamba la couette tombée au sol.
« Lazare, en réalité. »



52. 520008 13. 404954  35. 652832 ‎139. 839478  37. 532600 127. 024612 54. 075003 -4. 654712  39. 3626 -85. 9707  51.06845 0.68776 世界は痛い Amos
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Fantine Lervannec
Reflet du ciel

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☾☾ Particularité :
la peau aux étoiles, la lueur de la lune dans les mains.
☾☾ Bizarrerie :
les cartes du monde et du ciel s'entassent dans ses quartiers, et elle peut vous lister tout ce qui existe dans le ciel nocturne sans sourciller.
☾☾ Années :
dix-neuf ans d'éternité, plus d'un siècle d'existence.
☾☾ Occupation :
les cuisines deviennent son domaine quelques nuits par semaine.
☾☾ Myocarde :
tout chamboulé.
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☾☾ Trogne & crédit :
nicola peltz, self service.


MessageSujet: Re: Aux abords des déclins † [FANTINE]   Mar 12 Juin - 21:30

aux abords des déclins

amos & fantine

L'herbe humide lui chatouille le dos et les cuisses, et elle absorbe la lumière argentée de la lune comme une plante ferait avec les rayons du soleil. Il y a une petite brise, qui lui arrache une chair de poule instantanée, mais elle est bien. Le seul problème, c'est qu'elle s'ennuie— les gens ont un drôle de comportement, dans cette nuit éternelle, plus renfermé et plus grognon, et certains lui font tellement peur avec leurs tronches d'enterrement qu'elle préfère les éviter. Normalement, elle passerait son temps avec Lazare, à planifier des idées débiles et sûrement dangereuses sans jamais vraiment penser à les mettre en place, mais il avait autre chose à faire ce soir. Et pour tout dire, depuis le fameux baiser, elle sait pas trop où elle en est, la blondinette. Elle s'en est retrouvée toute chamboulée, les joues rouges et la moue aux lèvres à chaque fois qu'elle y pense, et elle préfère éviter certaines idées trop sombres qui traînent dans les coins de son cerveau. A la place elle finit par se redresser en se frottant les yeux et lâche un bâillement qui résonnerait presque dans l'immensité du jardin. Peut-être qu'elle devrait aller s'étaler dans son lit pour dormir quelques heures. La lune de sa peau est un croissant délicat qui s'enroule autour de son nombril, ce soir. Peut-être que la lumière la dérangera moins que d'habitude. C'est plus facile de dormir pendant le jour ; une paire de rideaux sombres et épais suffisent pour bloquer la lumière du soleil. La lune qui habite sa peau, par contre... Plus difficile d'y échapper.

Elle se lève, étire un corps presque dénudé et piqueté d'étoiles scintillantes, avant de prendre la direction du manoir. La silhouette de la bâtisse se confond presque avec le ciel nocturne, noir contre noir, et les Ymbrynes sont en chasse. Elle arrive tout juste à en éviter une dès le hall d'entrée, grande et fine, avec des cheveux très roux et un nez d'oiseau de proie. Elle s'esquive en empruntant un couloir perpendiculaire et bénit un instant sa particularité qui lui permet de se fondre dans le décor aussi bien, si on omet la blondeur dorée de ses cheveux. L'accès direct à ses quartiers est bloqué par les ailes protectrices mais sévères. Pas grave. Elle peut trouver une autre route en attendant.

Une, deux, elle se faufile dans des couloirs désuets, soulève poussière et toiles d'araignées dérangées pour trouver un autre passage. Elle se glisse derrière portes et rideaux jusqu'à trouver un axe un peu plus fréquenté, tourne un angle, puis un autre, avant de monter une volée de marches. Elle est presque à sa chambre, mais il y a des rires, puis un bruit de cavalcade et la voix mécontente d'une nouvelle Ymbryne à quelques mètres à peine, et voilà Fantine qui se faufile à reculons dans un autre couloir. Tellement à reculons, en fait, qu'elle finit par rentrer dans un autre individu, tellement fort qu'elle en sursaute. « Oh ! Pardon, je t'avais pas vu... » Elle se retrouve nez à nez avec un damoiseau fort agréable à l'oeil, d'après ce qu'elle peut remarquer dans la pénombre. Lui attribuer un âge reste difficile, mais il est plus vieux qu'elle. Et surtout, il connaît son prénom. Ca l'étonne, ça, et elle en reste toute béate, les yeux écarquillés et une moue aux lèvres. « Ah, on se connaît ? »

La cavalcade reprend, toutefois, dans le même couloir qu'ils ont emprunté, et la voilà entraînée à la suite de l'inconnu dans une pièce qu'elle ne reconnaît pas immédiatement pour échapper à la colère de l'Ymbryne en chasse. La main qu'il claque sur sa bouche est chaude, et sèche, et elle reste aussi silencieuse que possible, même quand elle lui grimpe à moitié dessus pour coller son oreille contre la porte. Silence. La marmaille s'est échappée, et si on entend encore la voix de l'Ymbryne au travers du panneau de bois, elle est lointaine. Ils ont échappé à l'oiseau. De peu, mais c'est fait. « Mm. C'était moins une, hein ! On peut pas sortir tranquille, c'est embêtant. Elles ont les yeux partout. » Aussi délicatement que possible, elle descend de ses épaules jusqu'à ce que ses pieds retrouvent le parquet de la pièce. Puis un doigt curieux trouve la peau dénudée de ses côtes. Elle est pas beaucoup vêtue, Fantine. Elle a privilégié des sous-vêtements, avec une brassière toute simple en dentelle noire. Moderne, directement sortie de 2018, mais c'est quand même plus confortable que ce à quoi elle était habituée dans les années dix. « Ah, de quoi ? Spica ? » Son doigt a eu le malheur de trouver l'étoile la plus brillante de la constellation de la Vierge— Spica, l'Epi de Blé. Elle risque de partir dans une diatribe astronomique, mais il mentionne le nom de Lazare, et elle se retrouve coupée dans son élan d'un seul coup. « Tu connais Lazare ? » Elle cille une, deux fois, penche la tête sur le côté. « Tu t'appelles comment ? J'aime pas ne pas savoir. C'est désagréable. Puis tu connais déjà mon nom, c'est pas vraiment juste. »



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