piano's jangling (gle)
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Melana Dreyssac
rêveuse solitaire

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MessageSujet: piano's jangling (gle)   Mar 22 Mai - 14:31

Who hears music, feels his solitude Peopled at once

robert browning - rp ft. galahad l. ednyfed


C'était l'heure du ravitaillement, une journée qu'elle abhorrait entre toutes. Au nom de la survie, il fallait se glisser entre tous ces corps, tous ces gens qui pensaient lui être similaires, tous ceux-là qu'on lui murmurait qu'elle ne devait craindre, murmure en écho vide, ne résonnant pas en elle, fausseté du son de la note qui se casse et se perd dans la pièce à l'acoustique défectueuse qu'est le logement de son cerveau. Toujours chétive alors qu'elle escaladait les marches, des émotions décuplées par la peur inaltérable qui conduisait irrémédiablement à chaque passage à quelques catastrophes, les mondes sombres de ses cauchemars accrochant tout un chacun sur son passage, bien souvent pas plus d'une seconde, juste le temps d'effacer devant eux le prochain obstacle de leur course, de les faire se retourner sur cette enfant dont la terreur s'était saisie, anomalie au milieu de tous, d'eux y compris. Bien qu'elle tentât de ne penser qu'à son but à la pièce finale à la ligne d'arrivée sur sa route, tout se mêlait s'entrechoquait, le moindre rapprochement effleurement secousse quand ce pauvre bougre prit dans le tourbillon des horreurs perdait l'équilibre ne faisant qu'exacerber ce flot de peur rageur continu inarrêtable. Elle ne pouvait vivre auprès des siens – ce ne serait pas une vie d'ailleurs, elle y perdrait la raison l'enfant ne cesserait de crier son énergie de se vider.

Alors Mel rasait les murs, se recroquevillait contre elle-même, dans l'espoir peut-être que son apparence douteuse les tiendrait tous éloignés, leur évitant ainsi de quelconques déboires, ou physiques ou mentaux ou tout à la fois ; elle rasait les murs – littéralement – abîmant plus encore la guêtre qui lui servait de manteau – tenir à distance, la vagabonde, parfait accoutrement. Son regard bleu électrique vide ou empli que de souffrance ne se posait plus sur rien, elle pensait que malgré sa curiosité rien ici-bas ne pouvait encore l'intéresser, qu'il ne valait mieux pas par ailleurs se laisser entraîner par les vices de son être les appels vers un inconnu qui ne saurait jamais être totalement démasqué, et pourtant elle se trompait, c'était un autre de ses sens aujourd'hui qui devait causer sa perte prolonger son séjour qu'elle aurait voulu bref, pourquoi pourquoi prendre la peine, se traîner dans les couloirs du désespoir, disperser avec elle plus de mal encore qu'ils ne savaient si bien s'en faire ?

Melie mélodie, l'appelait parfois sa mère. La musique cette matière qui l'avait toujours fascinée sans jamais qu'elle ne parvienne à la dompter – pas de don, et ces sonorités cassées sous ses doigts qui lui donnaient mal au crâne – trop rare dans sa vie puisqu'elle n'admettait aucune de ces funestes copies électroniques, rien de ces appareils démentiels qui émettaient les ersatz d'inspiration des musiciens, fabriqués de toutes parts arrangés plus naturels en rien. Elle en entendait donc trop peu, savait reconnaître la douceur d'un morceau que l'on jouait dans l'instant présent, la puissance de l'instrument qui s'animait sous le génie de quelque être ravi par le talent. Il lui parvenait en cet instant, le piano tel sa flûte de pan, et alors elle s'avança jusqu'à l'embrasure de la porte, les doigts seuls glissés dans l'entrebâillement, épiant le joueur à distance – il le valait mieux, puisque la musique savait vous emporter mieux que tout autre, vous emmener aux confins de vos ressentiments, dans des zones ou sombres ou lumineuses de votre inconscient de celles que vous ne soupçonniez pas puisque le seul accès qu'il y ait se fait par cette porte-là.
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Galahad L. Ednyfed
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Miroir. Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui imite en tout point l'être effleuré. Doppelgänger. Jumeau factice qui se perd dans l'illusion. L'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gobés à la manière d'une éponge. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six automnes.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
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Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: piano's jangling (gle)   Mar 29 Mai - 0:51

notes cotonneuses
melana & galahad

« There was a boy. A very strange enchanted boy. They say he wandered. Very far, very far, over land and sea. A little shy and sad of eye but very wise was he. »
Sorgue pernicieuse. Perpétuelle. Obsidienne en rien lassée de narguer la voûte, terrassant les nuances diurnes, évincées. Chaotique. Les ombres furent cauchemardesques, insufflant leurs terreurs le long des murs, brandissant leurs ongles crochus pour mieux effleurer de leurs frissons. Il ne la supportait plus Galahad, cette obscurité éternelle qui ne semblait plus vouloir fuir la boucle, l'amertume s'ancrant un peu plus chaque matin, la carne embourbée dans des draps qui ne voulurent guère chasser les insomnies. Cernes violacées sous les iris ambrées, fuyant au possible vers la réalité linéaire qui fut étrangère, incomprise, carcasse désuète depuis trop longtemps. Soupir. La vapeur de nicotiane émanant d'une pipe s'éteint, délaissée, ne laissant qu'une fragrance de tabac qui disparaîtrait le lendemain, au renouvellement.

Lubie. Les mirettes s'apposent au milieu de l'amoncèlement gisant sous les comble auto-proclamés, désignant l'instrument dissimulés sous quelques ouvrages anatomiques, photographies et drapés. Piano. Nul doute que les touches laiteuses auraient été grisâtres de poussière si le temps ne fut guère joueur manipulé par quelques ailes protectrices. Il en eut oublié le chant des notes, le voleur de carnes, boudant l'objet comme s'il fut porteur d'une nostalgie mordante, éveillant quelques images lointaines d'une époque effacée, môme et unique mâle de la fratrie dans quelques instants privilégiés avec une patriarche qui voulut inculquer quelques secrets.

Ils sont poussés, les objets parasites, trouvant le plancher en un fracas qui dût faire tressaillir l'étage inférieur. Qu'importe. Il fut connu pour ses versatilités et tendance à se perdre l'Excentrique, voyant fleurir des rumeurs aux détours de couloirs, en jouant très certainement pour entretenir son havre et tranquillité. Fracas coutumier, rien de bien étonnant.

L'échine se plie, s'installe, les phalanges dénudées effleurant l'objet avec pudeur. Une touche s'enfonce, résonne entre les poutres apparentes à la manière d'un glas sinistre. Elles osent ensuite les paluches, retrouvant une habitude oublié depuis qu'ils eurent emménagés à Tenterden, abandonnant Londres et son chaos coutumier. Mélopée raisonnant, murmures de notes douçâtres dégueulant leur nostalgie vicieuse. Oubli. Les murs ne furent guère si insonorisés, laissant les notes s'évaporer dans les allées, glanant les oreilles curieuses, les happant dans l'émotion passagère, plus que probablement trop intime.

Fausse note. Elle se glisse après la conscience de la présence de cette ombre égarée dans le cadrant de la porte, quidam appâtée. Gêne. Il eut rarement apprécié les publics Galahad, peut-être par pudeur ou parce qu'il eut considéré la chose comme un talent caché. « Je.. » Syllabes qui peinent à continuer, cessant l'interaction après de l'instrument, le cruor gagnant les pommettes. « Navré. » Excuse futile, destinée à l'interruption qui put paraître trop brutale. Un rictus s'ébauche, bienveillant, détaillant un instant la curieuse qui s'immisçait dans l'antre d'ordinaire réservée aux plus téméraires. Faciès inconnu, croisé tout au plus, probablement originaire d'une boucle défunte comme nombre d'autres.

(c) DΛNDELION



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