les hautes lumières (lazare)
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Fantine Lervannec
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MessageSujet: les hautes lumières (lazare)   Mar 19 Juin - 20:50

et dans tes draps parfumés au lilas

lazare & fantine

La chambre est petite, son atmosphère presque étouffante avec toutes ces cartes et ces bouquins qui s'accumulent sur le moindre bout de surface, mais elle est confortable, le lit moelleux et assez grand pour deux personnes et peut-être même une troisième, et surtout elle possède une grande fenêtre qui donne sur les jardins. Le rebord à l'intérieur est assez large pour qu'elle puisse y percher sa silhouette délicate, Fantine, et ça doit bien faire une heure qu'elle est là, emballée dans dans sa robe de chambre la plus confortable et surtout la plus moche, celle qu'elle ne sort vraiment que quand ça va mal, ou en tout cas quand elle a pas assez le moral pour afficher son sourire habituel. Elle est fatiguée, pas vraiment d'humeur non plus, et ça la rend encore plus grognon parce qu'elle sait qu'elle n'a aucun droit d'être énervée, et vaguement déçue aussi, par Lazare et son comportement de charmeur en série.

Lazare. Elle a du mal à s'y retrouver, depuis ce baiser. Les choses ont toujours été un peu ambiguës entre eux, et ce depuis le premier jour, plus encore depuis qu'il y a eu une vraie relation de couple entre eux. Certains diront que ça date, cette amourette, que c'était il y a des années, des décennies de ça, et Fantine a beau se répéter que c'est elle qui a mis un terme à tout ça, qu'elle a pas à chipoter, que ça veut sûrement rien dire... Elle a cette désagréable impression d'être étranglée par sa propre jalousie, et c'est bien ça qui la dérange. Elle n'a aucun droit d'être jalouse, absolument aucun, ou en tout cas pas autant qu'elle l'est à cet instant, parce qu'elle a toujours été un peu jalouse des autres filles dont Lazare s'éprend même le temps d'une semaine, juste un peu, tout au fond. Pourtant elle le connaît, lui et son coeur d'artichaut et sa tendance à tomber pour les jolis sourires, et elle est sûre que la demoiselle qu'il tentait de draguer est parfaitement fréquentable et sûrement adorable, mais elle l'a en travers de la gorge et elle sent son coeur se serrer douloureusement. Elle se recroqueville un peu plus, les cuisses contre la poitrine et la tête dans les genoux, et elle est fatiguée, Fantine. Elle est tentée de juste s'étaler au fond de son lit et de se planquer sous sa couette pour une semaine, mais on frappe à sa porte et elle grogne à haute voix. « Y'a personne ! » Elle râle, haut et fort, parce qu'elle est pas vraiment en état de voir qui que ce soit, mais elle marmonne dans sa barbe et déplie sa carcasse mince pour aller ouvrir la porte.

Elle est tentée de la refermer immédiatement, parce que c'est Lazare qui est derrière, et elle sait pourquoi il est à sa porte. Elle l'évite, tant bien que mal, trouve excuses et prétextes pour lui échapper alors qu'ils passent la grande majorité de leur temps ensemble d'habitude, main dans la main et le nez levé vers le ciel. Elle peste, juste un instant, tout au fond de son esprit, mais elle soupire et s'emballe un peu plus dans sa robe de chambre. « J'allais dormir, Laz. » Encore une excuse débile. Elle est très tentée de faire comme si tout allait bien, comme si rien ne se passait dans sa tête, mais elle préfère renifler un coup. « T'as besoin de quelque chose ? »



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Lazare Delauney
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MessageSujet: Re: les hautes lumières (lazare)   Sam 23 Juin - 0:57

I think of you, and how it used to be

Changes fill my time, baby, that's alright with me

Lazare fulminait. Que son comportement puisse paraître, parfois, inapproprié, le garçon voulait bien l'entendre. Qu'il exaspère le monde entier, qu'on se ligue contre lui, qu'on déchaîne sur lui des vents de colère, il voulait bien l'accepter. Mais qu'on l'évite, sans mot d'explication, ceci, il ne pouvait le tolérer. Un éternel procès lui semblait préférable à la sentence du silence ; le silence, le lourd silence, tuait les âmes à petit feu, et les noyait dans le tourbillon de l'indifférence. Or, Lazare ne souffrait guère le mépris dans lequel le jetait Fantine.
Depuis ce baiser, avait-il osé penser, presque idyllique, Lazare songeait qu'il s'était entiché de chimères ; qu'il s'éprenait d'éther, d'une Sylphide imaginaire, d'un ectoplasme de regret ; qu'on n'embrasse point les défunts ; et que, si Fantine s'effaçait pour l'inanité, elle devenait, aux yeux du garçon, véritable mirage – intangible, fictive, et surtout, cruelle. Bien sûr, les songes de Lazare empiétaient souvent sur sa réalité, et la gâchaient parfois, devant les attentes merveilleuses qu'il se prêtait à rêver. Et s'il avait embrassé Fantine sans rien demander en retour, la chute l'avait atteint en plein cœur. Si, d'aventure, la jeune fille repoussait ses avances, pourquoi ne l'avait-elle pas châtié d'un coup ? Pourquoi le torturait-elle ainsi, emmurée dans sa tour d'ivoire, quand elle connaissait les penchants de Lazare ? Pourquoi tourmenter à ce point un ami dont la bonne volonté ne manquait de crever les yeux à personne ? Pourquoi une telle vengeance, pour un baiser si innocent ?

Dans une spectaculaire mauvaise foi, Lazare avait songé qu'il serait lui-même plus en droit de colérer que Fantine, dont l'excessive punition qu'elle lui imposait rendait exécrable son comportement. Le pauvre se retrouvait catapulté des décennies en arrière, à l'aube d'un éternel 1914, lorsqu'ils vivaient encore l'interminable rupture de leur passion adolescente. Les goûts de Lazare le portèrent à croire qu'il pourrait oublier Fantine en un claquement de doigts ; qu'il s'épanchait bien assez de la gent féminine pour trouver satisfaction à ses plaisirs autrement qu'en la stellaire ; que, sans nul doute, cette incartade ne l'empêcherait guère d'aimer à loisir – mais, tout amer, il constatait que le silence obstiné de la précieuse l'affectait plus que la joie des amourettes ; et que laisser tomber son amie manquait d'un cruel panache, doublé à cela qu'il ne s'y résoudrait pas de la sorte, sans avoir tout tenté au préalable.

Lazare donc avait réuni tout son courage – avait relégué ses rancunes et oublié les fautes – et demeurait ainsi, pendu à ses craintes, devant la porte de Fantine. L'invective agressive de la jeune fille, toutefois, eût tôt fait de raviver l'exaspération qu'elle induisait chez Lazare. Il roula des yeux dans les orbites, tapi dans l'obscurité du couloir, et plus encore lorsqu'elle le considéra en parfait étranger – quoique le garçon savait qu'elle aurait mieux accueilli un étranger que lui.
- Oui, j'ai besoin de toi. J'ai besoin de savoir pourquoi tu m'évites, lança-t-il froidement, et d'ajouter, afin de dissiper toute tentative de déni : Et me dis pas le contraire, tu m'évites.
Il soupira pour diluer l'embryon de colère qui grandissait en lui. Sans attendre d'invitation de sa part, Lazare franchit le seuil de la chambre de Fantine pour se planter en son centre, les bras croisés.
- C'est quand même désagréable, quand tu m'ignores. Tu pourrais me dire ce que tu me reproches, plutôt que de faire comme si j'existais pas.
Nouveau soupir. Lazare poursuivit :
- C'est à cause de ce baiser, c'est ça ? Mais on s'en fout, d'accord ?! Ça va, je t'ai embrassée, c'est pas la fin du monde, si tu veux pas qu'on ressorte ensemble, ben c'est pas grave, ok ? T'as juste à me le dire, je m'en fiche.
Il fit la moue, et, sans discontinuer :
- J'vois pas pourquoi ça te prend la tête autant que ça. T'avais qu'à me foutre une claque si ça t'embêtait. T'avais l'air bien contente, n'empêche, et j'fais ce que je peux, et quand tu me tiens la main tout le temps, tout comme si on sortait ensemble, mais que tu trouves que c'est un drame quand je t'embrasse, eh ben t'as qu'à arrêter de me prendre la main et de t'allonger sur moi et j'arrêterais de t'embrasser. C'est vraiment chiant quand tu m'ignores, finit-il par cracher, plus agressivement qu'il ne le désirait ; mais avec la passion naissait l'emportement, et la peur, et la colère.


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Fantine Lervannec
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MessageSujet: Re: les hautes lumières (lazare)   Mer 4 Juil - 21:13

et dans tes draps parfumés au lilas

lazare & fantine

Elle s'offusque déjà Fantine, quand il insinue qu'elle l'évite, s'apprête à nier les faits, mais il la connaît trop bien après un long siècle d'amitié, et elle ne peut que soupirer ; et surtout elle est mauvaise menteuse, la belle de nuit, bafouille et s'y perd dès qu'elle doit transformer la vérité. Elle n'a jamais aimé ça, élevée dans l'honnêteté comme elle l'a été, et encore moins mentir à quelqu'un qui lui est cher, peu importe à quel point elle essaie de l'éviter en ce moment. C'est plus du déni qu'autre chose, de la mauvaise foi aussi, mais elle se contente de faire la moue et d'éviter le regard trop perçant de Lazare alors qu'elle ferme la porte derrière lui. Elle n'est vraiment pas d'humeur, et elle le prouve. « Tu peux parler. C'est toi qui m'a ignorée pendant des mois quand on a rompu. » Les mots sont cruels, et elle le sait. Elle lui a pardonné depuis longtemps, depuis le premier jour, vraiment, et il en est parfaitement conscient, mais elle n'arrive pas à empêcher sa bouche de dégueuler les mots, de chercher les points qui font mal et d'appuyer dessus le plus fort possible. Elle se tait, cependant, lâche un long soupir alors même qu'elle appuie le front contre le panneau de sa porte. Elle sent le mal de tête pointer le bout de son nez. « Excuse-moi. C'était déplacé. J'aurais dû fermer ma gueule. »

Mais il continue de parler, Lazare, et il rentre dans le vif du sujet. Il évoque le baiser, ce foutu baiser, ce maudit baiser, et elle a envie de se boucher les oreilles et de chantonner à tue-tête pour faire l'autruche. Elle ne veut pas en parler, refuse d'avouer ce qui lui pèse sur le coeur, mais elle est bloquée, avec Lazare au milieu de sa chambre et pas la moindre issue de secours, parce qu'elle sait qu'il oserait lui courir après si elle sort de sa chambre. Alors elle se contente de l'écouter, le front contre la porte et les épaules tendues, dans une attitude de proie qui s'attend à se faire bouffer dans les cinq minutes. Son je m'en fiche lui fait l'impression d'une aiguille dans la poitrine, et elle sent sa lèvre inférieure trembler, juste un peu, et une boule douloureuse se former dans sa gorge. « T'es cruel. » Sa voix reste trop douce, trop basse. Elle sait pas vraiment si Lazare l'a entendue, et elle ne sait pas non plus si elle veut qu'il l'entende, mais elle ferme les yeux le temps d'un instant, avant de migrer de la porte pour s'étaler sur son lit avec un grognement. Elle garde les yeux fixés sur le plafond. Il y a un papillon de nuit au-dessus de sa tête.

Elle hésite, après sa diatribe acerbe, hésite à juste se retourner et l'ignorer, ou à dégueuler tout ce qu'elle a sur le coeur dans une tirade maladroite et bordélique. Elle garde le silence pendant un long moment, Fantine, les lèvres pincées et les yeux fixes, mais finalement elle se tourne sur le côté, un oreiller dans les bras. Juste assez pour lui couler un regard fatigué. « C'est compliqué. » Ca lui paraît un bon début, parce que c'est compliqué, et elle-même a du mal à se comprendre. Elle déglutit, difficilement, lâche un soupir un peu tremblant. « J'aime pas être jalouse comme ça. » C'est un aveu à peine soufflé, dans un espoir qu'il ne l'entende pas, mais les paroles sont jetées entre eux comme on jette une pierre dans un lac dans l'espoir qu'elle fasse des ricochets. « J'ai aucun droit. Tu fais ce que tu veux et on a rien... 'fin, c'était juste un baiser, et ça t'engage en rien, et j'ai aucun putain de droit d'être jalouse comme ça. Mais voilà. » Elle renifle, frotte ses yeux du plat de la main. Il est hors de question qu'elle se mette à chialer. « Peu importe. C'est pas très important de toute façon. » Encore un mensonge. « On peut pas parler d'autre chose ? »



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