Millepertuis et Campanules ft. Galahad L. Ednyfed
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MessageSujet: Millepertuis et Campanules ft. Galahad L. Ednyfed   Ven 22 Juin - 9:29

Millepertuis et campanules

Défaite de trop

Lors d’une énième charmante matinée à Tenderen où la rosée brillait d’un soleil naissant, notre Georgette s’était levée du bon pied. Fraiche, pimpante et revigorée par son ode traditionnelle à Wakan Tanka à grands renforts de coups de tambour et de cris. Comme d’habitude, tout était précisément en ordre et réglé comme du papier à musique. Aux avions lointains qui sifflaient leur sempiternelle mélodie au boulanger qui trouvait enfin le repos après une longue nuit de labeur courbé au dessus de son pétrin. Si les habitants n’avaient de cesse de répéter leurs mouvements et paroles comme au premier jour de la création de la boucle, Georgette n’était pas en reste. Figée dans ses habitudes, un syndrigasti non averti aurait très bien pu la prendre pour un élément du décor tant elle s’engluait dans une routine prévisible. Cependant, cette journée si ordinaire réservait à notre centenaire quelques surprises qui n’allaient certainement pas lui faire plaisir.

Midi tapante à sa pause déjeuner, la syndigrasti quittait sa caisse enregistreuse pour chercher le réconfort de la boucle après une longue matinée à voir défiler les visiteurs avides de grand frisson. Elle avait pour coutume de s’arrêter près du White Lion, l’antiquaire pour observer les objets mis en vitrine, puis si rien ne méritait qu’elle ne s’y attarde elle cheminait droit vers le pré verdoyant du village pittoresque pour y cueillir les plus belles campanules et un peu de millepertuis afin de refleurir sa chambre. Le ciel se couvrait peu à peu, annonçant la pluie de 14h27 masquant les brèves éclaircies qui se faisaient rares au sein de la boucle. Rosy la tenancière regardait passer une bande de gamins d’un mauvais oeil, Roger le vitrier reluquait discrètement les fesses de Richard sur la grand place et Paulette la vieille française fripée donnait à manger aux chats errants du quartier. Oui tout était parfaitement à sa place. À ceci près de Charles. Non, Charles ne rotait pas bruyamment comme à son habitude près de l’écurie… Charles marchait d’un pas pressé vers une destination qu’il n’empruntait jamais d’ordinaire. Quelle mouche l’avait piqué ? Si Georgette ne se souciait guère des habitants en temps normal, elle n’en connaissait pas moins leurs moindres habitudes. Ainsi, ne pouvait-elle se remettre de son étonnement lorsqu’elle le vit bifurquer sur la grand place. Suivant Charles d’un regard méfiant elle ne pu s’empêcher de l’interpeller d’une voix forte :

«  Ohé ! Msieur ! »

Cela ne lui ressemblait pas de chercher le contact d’un autre, mais faire la police du bon ordre qui régissait chacun de ses pas avait le dessus sur toutes ses peurs primaires. Charles pressa sa marche comme si un feu invisible lui léchait soudainement les fesses. Elle inspira profondément et s'époumona :

« M’enfin Monsieur Smith ! Vous… Vous n’êtes pas censé… M’enfin mais ! Où allez vous comme ça ! Mais attendez moi nom d’un mocassin maudit ! »

L’amérindienne qui s’était d’abord immobilisée, interloquée, talonna le palefrenier sur une impulsion que provoquait irrésistiblement la fuite de ce dernier. Le hélant de son accent américain à couper au couteau. Certes les habitants de Tenderen étaient loin de l'apprécier, mais pas au point de la fuir. Elle resserra son poncho qui la drapait toute entière, un peu vexée et arriva à la hauteur de celui qu’elle poursuivait. Haute comme trois pommes à lui scruter les poils de nez elle l’interpella une dernière fois.

«  Monsieur Smith ? Tout va bien ? » Dit-elle campée dans ses mocassins. Cet acte irréfléchi allait lui rappeler de ne plus jamais se mêler de ce qui ne la regardait pas. Une drôle de sensation lui serrait dores et déjà la gorge. Quelque chose clochait, et ses sensations corporelles l'alertaient sans qu'elle ne puisse l'ignorer. Dans son regard méfiant et spontané commençait à briller une légère lueur d'angoisse. Trop consciente de ce qu'elle risquait, elle esquissa un pas en arrière prête à se rétracter.

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Galahad L. Ednyfed
reflet excentrique

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Miroir. Échine capricieuse réorganisant les courbes et les angles sous la friction d’un code organique soufflé. Doppelgänger. Gémellité factice et derme pernicieux, l'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gangrénant pour évincer le propre. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six printemps.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
☾☾ Missives :
2541
☾☾ Trogne & crédit :
Brendon Urie ☾ NOCTAE (ava) / DΛNDELION (gifs/sign)


MessageSujet: Re: Millepertuis et Campanules ft. Galahad L. Ednyfed   Mer 27 Juin - 12:51

capharnaüm
georgette & galahad

« Who's in your shadows? There's no surrender and there's no escape. This is a wild game of survival. »
Or matinal, embaumant les ruelles en pleine effervescence d'une bourgade égarée dans les landes. Elle fut radieuse Tenterden, malgré les artifices odieux parant quelques bâtisses, armature belliqueuse pour affronter une frappe ennemie qui ne viendrait plus, anéantie par les affres d'aiguilles moqueuses aux renouvèlement incessant. Errance vagabonde, les mirettes pourtant attentives aux badauds qui défilent, il cherche le Voleur de carnes, proie parfaite au faciès quelconque, le besoin viscéral de poser les paluches sur quelques informations croustillantes afin de combler un dossier à l'abstraction sans nom. Il y eu de ces instants, où la malédiction pernicieuse fut parfaite alliée, y trouvant des avantages et réconforts dans son utilité incontestable.

Quidam repéré au détour d'une ruelle, tracé solitaire et précis interrompu, interpellé par le voleur pour mieux lui planter une aiguille pernicieuse dans le derme, sédatif emportant le bougre en un sommeil des plus profonds. Nécessité. Ne pouvant décemment guère laisser l'original déambuler dans les ruelles. Une paume se libère de son cuir nocturne, méticuleuse, cherchant la crinière de l'autre pour mieux l'effleurer, emportant l'un des fils pour mieux faire perdurer et entretenir. Frisson désagréable, amer, gobant le code insufflé pour mieux le reproduire, réorganisant les angles et ondulations. L'impair de l'endormi fut emprunté, dissimulant des vêtements propres devenus trop étroits, avant de faire disparaître tant bien que mal son échine derrière quelques sacs de sables. Paumes dénudées pour plus de crédibilité, les gants trouvant refuge dans une poche, crispant déjà la mâchoire à l'idée d'instaurer la prudence.

Inspiration, cherchant à conserver au mieux les fils d'une logique propre, peu désireux d'être distrait par l'emprunt dont l'objectif furent aux antipodes de l'espionnage, adoptant pourtant trop naturellement la dégaine de l'individu qui eut visiblement un léger toc au niveau de la jambe gauche. Il file Galahad, traversant la ville en un tracé précis et linéaire pour ne guère gaspiller de temps. Ce fut sans compter sur l'altercation d'un timbre féminin vaguement familier, ne réalisant guère dans un premier temps qu'il arborait désormais le désignant de Smith. Faire mine de rien, continuer. Du moins jusqu'à-ce que l'amérindienne à l'accent trop prononcé ne s'impose un peu trop, coupant l'Excentrique dans son élan.

Sur tous les Syndrigastis de la boucle, il eut fallut que ce soit le détecteur de mensonges qui reconnu le faciès du dérobé. Là où une histoire rocambolesque avec l'influence d'un quelconque particulier ayant délogé le figurant de son engrenage coutumier aurait put être la solution la plus judicieuse. Trop gros mensonge. Lèvres scellées, soudainement plongé dans un mutisme presque imposé, contraint de tourner les mots de manière à ce qu'elle ne perçoive guère le canular, peu importe les facultés naturelles à jouer la comédie. « Je... » Début de syllabe, peinant à faire venir une quelconque suite. Il le sent Galahad, dans le tracé des muscles de Georgette, dans sa façon de reculer d'un pas, qu'elle transpire la méfiance, parée à dégueuler quelques mouches au beau milieu de la grand place.

« Vous en faites pas ma p'tite dame. » Timbre du parfait campagnard, jouant le tout pour le tout, éprouvant désormais cette envie aussi absurde qu'irrésistible de chiquer du tabac. « Tout baigne ! » Probablement la phrase de trop dans l'élan de décontraction, alors que tout fut en réalité chaotique, annihilant les plans et objectifs de départs, soudainement à deux doigts de suer à grosses goûtes face au mensonge involontaire. Guère le temps d'attendre, il fit volte-face le Voleur de carnes, paré à prendre la fuite avant d'être confronté aux quelques curieux effarés, coupé dans son envol par l'esquisse d'une catastrophe imminente. Oups.
(c) DΛNDELION



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