dialogue de sourds ☾ ft. Irinna
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Galahad L. Ednyfed
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☾☾ Particularité :
Miroir. Échine capricieuse réorganisant les courbes et les angles sous la friction d’un code organique soufflé. Doppelgänger. Gémellité factice et derme pernicieux, l'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gangrénant pour évincer le propre. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six printemps.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: dialogue de sourds ☾ ft. Irinna   Sam 23 Juin - 16:23

dialogue de sourds
irinna & galahad

« What if the storm ends ? At least that's nothing. Except the memory, a distant echo I won't pin down. I've walked unsettled rattle cage after cage. Until my blood boils. »
Déclin crépusculaire. Énième chute du jour délicieuse, laissant fleurir les teintes bigarrées du couchant dans la fraîcheur du soir. Cycle bienfaiteur qui fut incontestablement manqué, balayant la sorgue éternellement chaotique qui finit par rendre fou, narguant aux heures où le monde dût être en éveil. Bon temps. Vapeur immaculée qui s'extirpe des lippes en un soupir d'aise, s'élevant vers une voûte encore piégée dans l'antre-deux. Elle est confortable l'herbe, malgré l'humidité encore mordante de l'averse de l'après-midi, épousant le dos au travers les couches de tissus. Pause délicieuse, loin des vacarmes engendrés par les tumultes du manoir et les tensions prédominantes. Il profite Galahad, une cigarette entre les lèvres, allongé dans la plaine.

Doute demeurant. Fouillis interne ravalé amèrement derrière l'apparente sérénité légendaire. Il bouillonne pourtant le Voleur de carnes, s'indignant des absurdités et conflits d'intérêts relégués au rang de futilité, impuissant face aux élucubrations, d'avantage inquiets de quidams disparus et ne donnant plus signe de vie, cherchés en vain. Fouineur qui eut plongé dans quelques recherches hasardeuses, terreur mordant les tripes que de songer à d'autres envolées inexplicables. Désagréable sensation d'être replongé dans l'apocalypse belliqueux de la guerre, où les idéologies et opinions furent entravées par l'impensable dégueulasse, alors que le tout eu commencé par une exclusion pure et simple toute aussi semblable. Détestable.

Le mégot s'éteint, trouvant l'herbe tandis que la carne se redresse, résignée, désireux de regagner l'antre de combles protecteurs et les présences devenues familières d'un autre qui eut investi les lieux. Tracé vagabond, voyant fleurir les premières haies d'un jardin trop grand ornés de quelques boutons printaniers qui ne fleuriraient jamais. Interruption soudaine à l'esquisse d'une silhouette d'ordinaire esquivée comme la peste, percevant l'Ymbryne sur le parvis de la verrière. Hésitation. La langue démange, les babines aux aguets. Les paumes trouvent leur cuir qui fut oublié dans une poche en une grimace, ne supportant définitivement plus son étreinte vicieuse.

Et il ose Galahad, prenant une inspiration profonde en une démarche décidée, affrontant les quelques mètres qui séparaient l'échine de l'Ymbryne pour mieux mettre les pieds dans le plat. « Il faut qu'on parle. » Imposition, ne laissant guère d’échappatoire au cygne. « Vous devez arranger ça. » Murmure sur un ton marquant la gravité et l'urgence. « Pendant que vous êtes tous en train de vous prendre le bec à vous monter les uns contre les autres pour des choix de vie qui ne devraient guère être imposés, des gens disparaissent. » Amertume ravalée tant bien que mal au profit d'une inquiétude mordante marquée en un froncement de sourcils. « C'est votre rôle. » Insistance, pointant la part de responsabilité de l'autre, trop occupée à chasser des individus à courant de pensées contraires pour percevoir les raisons de ces envolées. Locution qui s'immisce pour mieux lui rappeler ses engagements, conscient qu'elle ferait probablement la sourde oreille à se dissimuler une fois de plus derrière ses manières.
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Irinna K. Olof
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☾☾ Particularité :
Ymbryne Confirmée et consciencieuse. Loyale et nostalgique de son époque perdue à jamais...
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Obsession du temps et de l'espace. Besoin de contrôle qui lui est enlevé et qui laisse place à l'horeur du bruit, lui rappelant la mort.
☾☾ Années :
186 années de service irréprochable, figées dans un début de quarantaine qu'on ne lui soupçonne pas.
☾☾ Occupation :
Ymbryne créatrice de la boucle de 1873, relayée au rang de mentor, professeur, protectrice, surveillante,...
☾☾ Myocarde :
Amour unique. Cœur explosé par les bombardements et enterré par une décision à jamais regrettée. Veuve contrariée.
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MessageSujet: Re: dialogue de sourds ☾ ft. Irinna   Jeu 5 Juil - 15:04

Refuge aux airs faux de liberté. Pour certain, il joue le rôle de prison. Pour d’autre, c’est un refuge. Pour d’autre encore, c’est un nouveau point de départ. Jeu d’une ligne du temps, d’une chronologie personnelle qui n’est guère encore né, au fond du cœur du cygne. Manoir se faisant le reflet d’une nouvelle vie que chacun est libre de saisir… Liberté toujours étouffée et ignorée de l’oiseau à la fierté amputée. Prisonnière de sa propre nostalgie de ce temps où elle incarnait ce rôle pour lequel elle était née. Aujourd’hui, ce fait espace-temps où elle en est écartée et où son contrôle n’a guère d’emprise. Fiévreuse animosité envers les évènements actuels, qui ne font que lui rappeler qu’elle fut été une héroïne aux yeux de nombreux d’entre eux, ses précieux protégés. Fiévreuse rage intérieur envers l’impuissance face à l’inévitable ! Ces disparitions et ce silence supérieur qui ne la dirige guère.

La décision fut tombée. Participation à ce débat, suite au quel en résulta la fermeture de la boucle, laissant prisonniers des progressistes, des fous, des badauds, en dehors de ce refuge aux allures de prison psychique. Pour. Elle fut pour cette fermeture. Cette scission. Cette décision sévère envers les particuliers qui souhaitent renouer avec l’humanité. L’humanité. La même que celle qui lui prit son mari. La même, auteur des tortures infligées qui la poussa à créer une boucle d’urgence pour sauver ces particuliers.  La même, rejetant encore et toujours ces syndrigatis, faisant partie du même monde, mais considérés comme erreur de la nature… Elle était pour cette fermeture. Cette scission… Cette décision sévère qui devait maintenir une distance certaine entre la boucle et la réalité linéaire. Elle était pour… cette scission. Ne pensant pas qu’il y aurait autant d’inconscients qui sortiraient de la boucle. Ne pensant pas qu’il y aurait autant de suiveurs progressistes… Ne pensant pas que voir des particuliers enfermés dehors, hors-surveillance et hors de sa propre protection, lui ferait aussi mal…

Douleur saisissant les tripes. Gorge maintenant l’expression de l’amertume sous silence. Elle fut pour cette décision. Elle se devait d’assumer les conséquences… Que ceux qui souhaitent renouer avec l’humanité, le fassent. Mais qu’ils n’entrainent pas de force, ceux qui veulent s’en protéger. Enfermés en dehors de cette prison, de ce refuge, elle espérait intimement qu’ils se trompent, mais qu’il ne leur arrive rien… Si seulement ils pouvaient comprendre sa vérité sur l’humanité… Ils pourraient tous dormir paisiblement dans ce manoir.

Instant exutoire. L’envol fut pris, laissant sa présence flotter dans les airs… même lors de l’averse, son absence du manoir fut remarquée par certains… Tournoyant oiseau aux ailes larges longues et immaculées, elle avait silencieusement et discrètement parcouru la propriété de ses yeux avertis et inquiets… Elle avait l’intime espoir de se faire repérer et/ou de repérer (par) ces disparus, osant croire qu’ils serraient simplement perdus… Forme exprimant sa faiblesse, l’Ymbryne se cache de son rôle. Prétexte donné de prendre l’air, ne supportant plus la lourdeur de la situation.

Le soir arrive. Posée depuis un moment devant la verrière, une main sur le cœur, l’oiseau songe. Une robe aussi noire et aussi simple que pu l’être ces fausses nuits, aux pants vierges de toutes coutures superflues et/ou broderies témoignent l’absence de ses ancestrales habitudes. Elle regarde au loin, le paysage qui s’enfonce dans le soir, petit à petit. En quête de quiétude et de calme. Une voix masculine et mauvaisement familière se fait entendre : « Il faut qu’on parle. » Elle se retourne. Lâchant son cœur. Ses yeux trouvant l’auteur de ces mots inquisiteurs. « Vous devez arranger ça. Pendant que vous êtes tous en train de vous prendre le bec à vous monter les uns contre les autres pour des choix de vie qui ne devraient guère être imposés, des gens disparaissent. » Elle fronce les sourcils. D’où venait-il l’aborder de cette manière ? D’où se permettait-il de lui tenir de tels propos ? Ce voleur de carne, ce voleur de faciès, ce persécuteur d’image autrefois aimée. « C’est votre rôle. » conclu-t-il. Son inquiétude était visible. Sa colère ravalée. Son regard se faisait accusateur.

La réponse de l’Ymbryne se fit spontanée, ignorant son accusation, ses iris aussi bleus que glaçant fut son regard, elle plongea dans ceux de son vis-à-vis, affirmant son propos sur un ton soulignant la gravité des faits, mais sans variation :

« Je vous prends au mot mon ami… C’est en essayant de nous imposer un choix de vie que cette décision est tombée. »

Propos mesurés, dictés, traduisant de sa façon de penser. C’était la vérité. La seule, l’unique. Si ces progressistes n’avaient pas imposé cette nuit éternelle et interminable, ils n’en seraient pas là aujourd’hui.
Elle voulut croiser les bras. Mais elle sut que c’était une marque de fermeture hors, un particulier se présentait à elle et souhaitait lui parler alors,… droite, face à lui, elle joint ses doigts. Trahissant tout de même un désaccord… Même si ses propos l’accusaient de ne pas remplir son rôle, elle se devait de rester à l’écoute mais… Qui était-il pour en juger ? Que savait-il ? Lui ? L’être étrange, enfermé dans son grenier ?!

S’il voulait parler, il allait devoir alimenter un dialogue et non venir lui faire part de ses accusations, fondées sur des élucubrations qui l’auraient rongé lors de cette journée…



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Galahad L. Ednyfed
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☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six printemps.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: dialogue de sourds ☾ ft. Irinna   Mer 11 Juil - 23:46

dialogue de sourds
irinna & galahad

« What if the storm ends ? At least that's nothing. Except the memory, a distant echo I won't pin down. I've walked unsettled rattle cage after cage. Until my blood boils. »
Frictions. A croire que l'hostilité fut véritablement le point dominant, peinant à assimiler les comportements et les choix de l'autre, refusant toujours autant de lui apposer le titre d'Ymbryne. Il en eut oublié la hache de guerre enterrée quelques temps plus tôt Galahad, les paluches démangeant de mettre les pieds dans le plats, lui qui fut guère soucieux des choix politiques et autres frictions entre idéaux. Les sourcils se froncent, peinent à saisir les syllabes qui s'extirpent des lippes de l'autre, jugée hors sujet et loin de la requête initiale. « Vous ne répondez pas à ma question. » Les mots la coupent presque, embrayant directement, là où il voulut l'entrainer chercher les disparus sans laisser de traces. « J'en déduis donc que toutes ces disparitions ne vous font ni chaud ni froid. A chacun son sens des priorités, je suis visiblement le seul à chercher et me soucier de leur sort. » Mâchoire qui se crispe, pourtant d'ordinaire régit par une patience incarnée et un calme plat, agacée par son désintérêt cuisant pour la chose d'une gravité sans nom, pourtant guère influencé, copie inexistante depuis le matin même dans les bras chaleureux d'un autre logeant dans les draps. « Ce sera tout. Passez une bonne soirée. » Replis, les paumes s'enserrant, le cuir nocturne dissimulant les jointures de phalanges blanchies.

Démarche sèches, quelques enjambées rapides. Versatilité, il fait volte face le voleur de carnes, revenant sur les pas pour retrouver une nouvelle fois le cygne. « En fait non. Ce n'est pas tout. » Besoin viscéral. Il en eut assez Galahad, de subir les élucubrations d'autrui, d'entendre des syllabes pernicieuses. « De quel droit vous nommez vous responsable de nos choix et nos existences ? En quoi le titre d'Ymbryne vous donne le statut de nous réduire à l'état de captifs et de subordonnés ? » Les lippes s'ouvrent, fermes, la carne se redressant pour mieux s'affirmer, ne lui laissant guère le temps de répliquer pour enchainer aussitôt. « Avez-vous seulement mis le nez dehors depuis que vous vous êtes enfermée dans une boucle avant de tenir de tels propos ? Avez-vous vu à quel point l'homme semble curieux et nous aduler ? A quel point leurs regards s'illuminent et voient en nous quelques héros ? A quel point ceux qui se sentaient captifs dans les boucles peuvent retrouver un semblant de vie normale qu'ils n'ont guère put avoir ? » Piètre pause, d'un instant trop bref, voyant venir d'ici l'argumentaire sur la dangerosité humaine, sur leurs méfaits passés et autres historiques pour le moins douteux, préférant anticiper. « Et ne me dites pas à quel point l'homme peut être hostile, vous vous doutez bien qu'avec une malédiction pareille sur le derme, mon rapport à l'humanité n'a guère été de tout repos et j'en suis le premier méfiant. Tout individu peut réagir de façon néfaste lorsqu'il ne comprend pas et j'en suis plus que conscient. Cependant je peux vous assurer qu'ils ont changés, que les choses sont différentes, loin des expositions de couennes et autres conflits apocalyptiques comme nous connaissons sans cesse dans cette boucle. » Les bras se croisent, toujours avec fermeté, définitivement bien décidé à se faire entendre. « Sachez tout de même que si catastrophe il y a, comme vous semblez le présager, et parce que vous leur refusez l'asile dans la boucle, ce sera entièrement de votre faute. Souhaitez-vous seulement avoir le poids de trop nombreuses vies sur votre conscience ? »

Soupir, les bras ballant tout en prenant appui sur le fer forgé de la verrière, retenant une irrépressible envie de porter une cigarette aux lippes. Ravalée. « Combien d'amants, de familles, de proches ont été séparés depuis cette décision irrationnelle ? N'avez-vous donc personne à qui vous tenez à l'extérieur ? De vos protégés qui veulent tenter de sortir de ce renouveau infernal pour un peu d'oxygène ? » Le ton baisse, se fait murmure presque douçâtre, tâchant de pointer les manques engendrés, songeant aux quelques quidams manqués qui furent coincés hors de boucle, pourtant chanceux de pouvoir continuer d'enlacer une échine tant aimée, n'osant songer à la gangrène si l'autre eut demeuré captif de l'autre côté. « Vous savez ce que c'est de perdre un être cher, combien au sein de la boucle sont en train de se ronger les ongles à se torturer sans savoir si la zone de protection temporelle est encore viable ou non, s'ils les reverront un jour. Pensez à eux. Vous n'avez guère le droit, ni même le statut d'être bouffée par l'égoïsme, parce que vous êtes incapable de voir un tant soi peu de l'avant. » Et il ose le culot Galahad, paré à prendre la gifle s'il le faut, prenant une pause pour mieux observer l'autre en chien de faïence, pourtant prêt à ouvrir les lippes et réitérer à nouveau s'il le faut.
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MessageSujet: Re: dialogue de sourds ☾ ft. Irinna   Lun 16 Juil - 22:39

Sourcils froncés. Les mots ne semblent guère être acceptés. Pourtant, ils contrent véritablement ce que semble penser ce particulier qui ne s’est visiblement pas encore mis à place du cygne… Son point de vue lui reste hors de portée. Toujours les doigts entrelacés, le cœur battant caché dans sa poitrine protectrice, l’exercice de ne laisser transparaître son agacement lui est acquis. Surtout venant de mots d’attaques aussi facile et peu fondée…

« Vous ne répondez pas à ma question. » Aucune question n’eut été posée. Mots coupant à la limite les dires de l’Ymbryne. Servant simplement d’embrayage pour la suite des pensées du particulier qui peine à s’exprimer de façon claire et concise. Démarrant sur une déduction personnelle, afin de mieux souligner le désaccord qu’il lui partage : « J'en déduis donc que toutes ces disparitions ne vous font ni chaud ni froid. A chacun son sens des priorités, je suis visiblement le seul à chercher et me soucier de leur sort. » Coup de couteau. Comment ose-t-il penser cela ?! Décidément, ce jeune bougre n’a de cesse de broyer du noir en ce qui concerne le cygne pointilleux, depuis qu’elle eut planté ses serres dans la carne ! Vengeance verbale ! Hache de guerre jamais réellement enterrée fut-elle de son côté, alors qu’elle pensait s’être suffisamment ouverte à lui, lors de la présentation de ses excuses… Sa mâchoire se crispe et elle le voit. Fondamentalement contrarié. « Ce sera tout. Passez une bonne soirée. » Il s’en retourne, sèchement de pas rapides, afin de s’éloigner de plus rapidement possible du champ de bataille qui va bientôt s’ériger…

Alors que le cygne allait s’en retourner à ses pensées et à ses inquiétudes gardées et enfuies au fin fond de ses tripes, il se retourne ! Le perturbateur n’avait pas encore fini de venir lui tourner ce couteau enfoncé dans le cœur, afin de le faire saigner et de le lui arracher. « En fait non. Ce n'est pas tout. » Ses sourcils de froncent à nouveau, faisant barrage. Levant le bouclier, afin de se protéger des prochaines attaques qui s’apprêtaient à sortir de cette bouche malveillante. « De quel droit vous nommez-vous responsable de nos choix et nos existences ? En quoi le titre d'Ymbryne vous donne le statut de nous réduire à l'état de captifs et de subordonnés ? » L’incompréhension… Alors qu’il sera parti dans une tirade déferlant toute sa haine et sa rancœur envers l’Ymbryne en cause et son rôle dans cette situation, elle ne s’attendait pas à ça… Elle s’attendait à une attitude de reproche, certes, comme ses précédents mots lui laissaient entendre. Mais de là à avoir tout un plaidoyer qui ne lui permettait à aucun moment de riposter des attaques données, l’Ymbryne imaginait qu’il devait contenir ça depuis trop longtemps… « Avez-vous seulement mis le nez dehors depuis que vous vous êtes enfermée dans une boucle avant de tenir de tels propos ? Avez-vous vu à quel point l'homme semble curieux et nous aduler ? A quel point leurs regards s'illuminent et voient en nous quelques héros ? A quel point ceux qui se sentaient captifs dans les boucles peuvent retrouver un semblant de vie normale qu'ils n'ont guère put avoir ? » Non, puisqu’il lui fut démontré que l’humanité est cruelle. L’humanité ment. L’humanité met tout en œuvre pour arriver à ses fins ! L’humanité a inventé le fantastique pour se distraire ! L’existence même des particuliers et de l’ordre du fantasque pour les humaines. Il leur est inconcevable que leurs inventions deviennent réelles ! Jamais ! Ce serait la fin du monde pour eux… Elle en a eu la démonstration. * Elle est curieuse envers nous, pour mieux nous amadouer. Nous redonner confiance afin de nous remettre dans ces prisons. Le regarde l’humanité s’illumine à l’idée de ce qu’elle pourra tirer de nous ! L’humanité ne nous voit pas comme des héros, mais comme des erreurs de la nature qui renferment un potentiel exploitable pour rendre leur monde meilleur ! Et c’est de ça qu’il faut se méfier aujourd’hui ! Cette assurance trop vite acquise ! Nous fonçons droit dans le mur… Si l’humanité est capable de se faire la guerre pour des discriminations intrinsèques, elle est capable de bien pire en ce qui concerne des compétences qui les dépassent !! *

Il continue, encore et toujours : « Et ne me dites pas à quel point l'homme peut être hostile, vous vous doutez bien qu'avec une malédiction pareille sur le derme, mon rapport à l'humanité n'a guère été de tout repos et j'en suis le premier méfiant. Tout individu peut réagir de façon néfaste lorsqu'il ne comprend pas et j'en suis plus que conscient. Cependant je peux vous assurer qu'ils ont changés, que les choses sont différentes, loin des expositions de couennes et autres conflits apocalyptiques comme nous connaissons sans cesse dans cette boucle. » Il croise ses bras. Elle ne bouge pas, laissant son regard noir, s’assombrir de syllabes en syllabes… « Sachez tout de même que si catastrophe il y a, comme vous semblez le présager, et parce que vous leur refusez l'asile dans la boucle, ce sera entièrement de votre faute. Souhaitez-vous seulement avoir le poids de trop nombreuses vies sur votre conscience ? » Il soupire enfin et ses bras tombent, afin de prendre appuis sur la verrière. Les lippes du cygne s’entrouvrent face à la gravité des accusations, cachant une mâchoire serrée. Les bras se croisent enfin, symbole de son désaccord et de sa prochaine riposte. « Combien d'amants, de familles, de proches ont été séparés depuis cette décision irrationnelle ? N'avez-vous donc personne à qui vous tenez à l'extérieur ? De vos protégés qui veulent tenter de sortir de ce renouveau infernal pour un peu d'oxygène ? » Même si le ton emprunté régresse en fermeté, la douleur et l’amertume augmente au fond de la gorge de l’oiseau. Les yeux reflètent une humidité naissante à la pensée de son apprentie restée coincée de l’autre côté. Apprentie au comportement un peu appréhendé mais ensuite, totalement adoptée sans faire preuve de la démonstration de son affection. Apprentie dévouée et lui contant les choses de la réalité linaire, dont elle avait besoin pour pouvoir remplir son rôle de Mentor, au mieux. Relation de symbiose qui finalement s’est installé entre elles. « Vous savez ce que c'est de perdre un être cher, combien au sein de la boucle sont en train de se ronger les ongles à se torturer sans savoir si la zone de protection temporelle est encore viable ou non, s'ils les reverront un jour. Pensez à eux. Vous n'avez guère le droit, ni même le statut d'être bouffée par l'égoïsme, parce que vous êtes incapable de voir un tant soit peu de l'avant. » Cœur arraché, aux mots qu’il ne fallait employer. Deuil utilisé comme arme, afin de lui faire attendre soit disant raison ?! La rage, la colère, l’amertume, la tristesse, la violence, la rancœur, l’animosité, le deuil, la lourdeur du temps, viennent se refléter dans ses yeux, lui donnant un voile humide, de plus en plus épais. Mais elle ne cèdera guère. Les larmes ne couleront pas face à un bougre au verbe attaquant et facile… Blessée, elle décroise ses bras, pour serrer ses poings afin de mesurer et de contrôler l’agressivité de ses propos :

« Pour qui me prenez-vous au juste ? Dit-elle, d’une voix qui se fait murmure venant d’une gorge serrée prometteuse de propos virulents ensuite Vous avez une telle opinion de moi, et vous ne savez rien… Vous vous permettez de venir m’insulter, de venir me cracher votre venin et votre rancœur à la figure en pensant que cela permettra de retrouver ces pauvres disparus ?! Que cela permettra de rouvrir le passage entre l’extérieur et votre boucle ?!! Que cela va résoudre tous les problèmes en me rendant responsable de l’avenir et en me rendant coupable de ce qui arrive ?!!! Sa façon de parler était plus franche. Elle s’adressait là un adulte et non plus à un protégé. De plus, vous utilisez contre moi, des mots qui vous ont été confiés dans le secret… Vous êtes… »

Elle tut le qualificatif entre ses dents serrées.

« Est-ce que… léger instant d'hésitation, d'instabilité rapidement rattrapée. Est-ce que vous me pensez réellement insensible à ce qui est en train de se passer ? Est-ce que vous me pensez réellement aveugle ? Vous n'avez même pas idée de ce qu'il se passe... »

Ses larmes tremblent au-dessus de son regard noir. Mais elles ne couleront pas. Ce n'est pas lui qui y arrivera !



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Galahad L. Ednyfed
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Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
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MessageSujet: Re: dialogue de sourds ☾ ft. Irinna   Sam 21 Juil - 15:08

dialogue de sourds
irinna & galahad

« What if the storm ends ? At least that's nothing. Except the memory, a distant echo I won't pin down. I've walked unsettled rattle cage after cage. Until my blood boils. »
Soupir. Hostilité dominante, percevant les perles salées qui rougissent les yeux de la blonde, vraisemblablement blessée dans son égo, ayant assez endossé de carnes que pour en connaître les moindres crispations de muscles, nommant ces derniers au fur et à mesure en un réflexe coutumier. Sérieux, ne sciant guère sous les propos, peinant pourtant à supporter les conflits, être la cause de maux insufflés chez autrui, d'avantage aptes à les panser méticuleusement avec bienveillance. « Je ne suis pas là pour vous donner la palme de la culpabilité de tout ce capharnaüm invraisemblable, j'essaie de vous ouvrir les yeux face à la stupidité poignante de la situation pour que vous tentiez de résoudre tout ça. Parce que contrairement à moi, vous avez un pouvoir et un impact sur ce qui se trame. » Il put être sec Galahad, lorsqu'il s'agissait de défendre des idéaux et libertés, ce besoin viscéral de vouloir laisser le choix à quiconque. « Quand bien même mon opinion personnelle entrerait en compte, c'est à vous de prouver le contraire. » Syllabes qui en deviennent presque un défi, là où Irinna n'eut guerre montré un quelconque signe de douceur face aux mirettes jusqu'alors.

« Au contraire, je sais parfaitement ce qui se passe. » Murmure, emprunt d'un désarroi et d'une mélancolie sans nom. La carne se plie, s'installe en tailleurs sur le carrelage ornant le sentier principale de la serre aux plantes qui ne pousseraient plus jamais. « Je suis sorti dehors, j'ai même exercé au sein même d'Imaginariae Curiositates, j'ai vu le monde "moderne" de mes propres yeux. J'ai aussi senti le mal-être dans les carnes piégées loin de leurs pairs ici dans la boucle, à quel point certains sont devenus malheureux comme si nous n'étions que des prises d'otage refusant de faire entrer ou sortir qui que ce soit. Ça gangrène, à chaque fois qu'on m'effleure. » Sincérité, elle s'immisce dans les traits, la souffrance d'ordinaire ravalée, marquant la carne, peinant à supporter les malédictions de plus en plus lourdes. Vulnérabilité. Il fut le genre à la dissimuler le voleur de carnes, apposant quelques rictus pour mieux évincer les tourments, d'avantage oreille que murmures pour autrui.

« Vous devez aussi savoir, à quelle point nous sommes trop nombreux ici pour que la boucle en pénurie subsiste à nos besoins, combien sont en carences depuis la scission parce qu'il y a trop peu de réserves journalières pour nous tous. Que ce soit dehors comme dedans, nous courons droit à la catastrophe. » Tenterden ne fut que patelin éloigné, fuit d'une partie de ses habitants pour mieux rejoindre les villes et champs de batailles. Et si quelques syndrigastis originaires d'une Londres apocalyptique purent toujours se débrouiller pour combler les manques et pénuries, un trop grand nombre d'arrivants et boucles perdues fut tout bonnement chaotique, là où les recettes d'une fête foraine un tant soi peu hostile put permettre de glaner un grand nombre de vivres à l'extérieur.

« Prenez le comme une attaque pernicieuse de ma part si cela vous chante, j'aurai au moins eu le courage de sortir du mutisme omniprésent et tenté de faire quelque chose avant qu'un drame ne survienne. » Haussement d'épaules, assumant le fait d'entraver une réputation qui fut déjà en bonne partie peu glorieuse de par un amoncèlement d'étrangetés. « Mais tout ça doit s'arrêter, je vous en supplie, revenez à la raison. » Supplication véridique, la soutenant d'un regard qui en deviendrait presque plaintif.

Une paume glane, n'en peut plus, cherche l'esquisse d'un zippo et d'une cigarette, reprenant sur un ton qui en serait presque apaisé après une telle déferlante. « Chacun devrait demeurer libre de ses choix et idéaux. Au fond qu'est-ce que cela peut faire qu'ils sortent en journée pour tenter de retrouver le semblant de normalité qu'ils ont perdus ? Personne n'a jamais hurlé contre ceux désirant retrouver une vie au sein d'une réalité linéaire ou même y demeurer sans jamais rejoindre une boucle, alors pourquoi eux ? Certains ne supportent pas la guerre omniprésente de quarante-et-un, trouvent réconfort en un temps où les conflits ne sont plus que vague souvenirs. Bien entendu quelques uns ont commis des erreurs avec cette nuit perpétuelle, beaucoup trop jeunes que pour avoir connus les temps de troubles où nous étions vu comme des monstruosités, mais la plupart des individus coincés dehors n'ont même pas d’opinions, n'ont guère de parti quant à ce conflit. » Neutralité malheureuse, majoritaire, subissant les déferlements par dépit. Il en fit partie le voleur de carnes, inévitablement. « A force de vouloir se pencher sur le passé, on fini par tomber dedans et ne guère avancer. »
(c) DΛNDELION



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Irinna K. Olof
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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Ymbryne Confirmée et consciencieuse. Loyale et nostalgique de son époque perdue à jamais...
☾☾ Bizarrerie :
Obsession du temps et de l'espace. Besoin de contrôle qui lui est enlevé et qui laisse place à l'horeur du bruit, lui rappelant la mort.
☾☾ Années :
186 années de service irréprochable, figées dans un début de quarantaine qu'on ne lui soupçonne pas.
☾☾ Occupation :
Ymbryne créatrice de la boucle de 1873, relayée au rang de mentor, professeur, protectrice, surveillante,...
☾☾ Myocarde :
Amour unique. Cœur explosé par les bombardements et enterré par une décision à jamais regrettée. Veuve contrariée.
☾☾ Missives :
1113
☾☾ Trogne & crédit :
Charlize Theron © Afanen


MessageSujet: Re: dialogue de sourds ☾ ft. Irinna   Jeu 6 Sep - 10:13

D’un calme qui désarçonne, d’un calme qui désarme la violence et la colère naissance au creux des tripes du cygne. Elles ne trouvèrent écho dans les mots de l’individu parasite : « Je ne suis pas là pour vous donner la palme de la culpabilité de tout ce capharnaüm invraisemblable, j'essaie de vous ouvrir les yeux face à la stupidité poignante de la situation pour que vous tentiez de résoudre tout ça. La confirmée plissa les yeux. Il voulait lui ouvrir les yeux sur la situation actuelle ? De cette façon ?! Aurait-il dû utiliser ces mots-là directement avant de se présenter en chevalier servant bancale… Parce que contrairement à moi, vous avez un pouvoir et un impact sur ce qui se trame. » Elle reste de marbre. No bouge pas et ne cille pas. Elle le sait qu’elle possède une emprise sur cette situation. La preuve en est qu’elle faisait partie de ce groupuscule ayant voté pour cette scission… « Quand bien même mon opinion personnelle entrerait en compte, c'est à vous de prouver le contraire. » Désaccord renouvelé. Elle n’a rien à prouver à personne ! En tant que créatrice de la boucle d’Édimbourg, elle est à l’origine d’un sauvetage de masse qu’elle estime être le parfait résultat de sa formation. Graal qu’on lui a retiré des mains, d'une décision commune, afin de rassembler les particuliers en une seule et même boucle, où ses protégés se sont mêlés à des opinions divergentes sur les humains. Êtres à l’origine de leurs maux et de leur ancienne captivité… De gardienne du temps, elle est devenue simple instructrice et mentor. Rôle qu’elle endosse, certes avec un léger goût amère, mais elle aura prêté serment de mettre sa force et toute sa bienveillance à la protection des particuliers qui lui ont été confiés et qui lui seront encore confiés. De là, elle estime qu’elle n’a plus à faire ses preuves. Le monde la connait. Le monde sait qui elle est et de quoi elle est capable… Elle baisse les yeux. Juste les yeux. Lui demanderait-on – de façon cachée – de réitérer cet acte héroïque et de folie ? Bien entendu… La vie des syndrigastis passe avant la sienne. Même si, elle doit se sacrifier dans la réalité linéaire, le monde qu’elle a toujours condamné et qui la condamnera si jamais elle y retourne… Les larmes sont ravalées et les iris visent à nouveau l’auteur des nouvelles paroles murmurées : « Au contraire, je sais parfaitement ce qui se passe. » Elle le regarde s’installer en tailleur sur le carrelage du sentier. « Je suis sorti dehors, j'ai même exercé au sein même d'Imaginariae Curiositates, j'ai vu le monde "moderne" de mes propres yeux. J'ai aussi senti le mal-être dans les carnes piégées loin de leurs pairs ici dans la boucle, à quel point certains sont devenus malheureux comme si nous n'étions que des prises d'otage refusant de faire entrer ou sortir qui que ce soit. Ça gangrène, à chaque fois qu'on m'effleure. » Irinna voit et lit la sincérité dans les yeux de celui qui parle. De ce voleur de carne. Mais son visage ne change toujours pas. Figée dans une statue de marbre froid, l’ymbryne reste ce bouclier de la tornade et de la tempête de colère, de rancœur et de profonde tristesse qui sévissent en elle… Elle ne s’affaiblira point. Elle ne trahira pas ce qu’il se passe dans son cœur, même si le débordement des larmes fut proche plus tôt…

« Vous devez aussi savoir, à quelle point nous sommes trop nombreux ici pour que la boucle en pénurie subsiste à nos besoins, combien sont en carences depuis la scission parce qu'il y a trop peu de réserves journalières pour nous tous. Que ce soit dehors comme dedans, nous courons droit à la catastrophe. » « Prenez le comme une attaque pernicieuse de ma part si cela vous chante, j'aurai au moins eu le courage de sortir du mutisme omniprésent et tenté de faire quelque chose avant qu'un drame ne survienne. » « Mais tout ça doit s'arrêter, je vous en supplie, revenez à la raison. » Son regard parle pour lui. Irinna, maître d’expérience se contient mais voit la sincérité et comprend l’acte maladroit dont il se prétend être l’investigateur.

« Chacun devrait demeurer libre de ses choix et idéaux. Rictus ironique intériorisé… Mots qui lui ont été emprunté un instant plus tôt, elle retrouve à présent dans sa bouche… mais pour en défendre l’autre partie !  Au fond qu'est-ce que cela peut faire qu'ils sortent en journée pour tenter de retrouver le semblant de normalité qu'ils ont perdue ? Personne n'a jamais hurlé contre ceux désirant retrouver une vie au sein d'une réalité linéaire ou même y demeurer sans jamais rejoindre une boucle, alors pourquoi eux ? Pour Irinna, la boucle devait être fermée, certes. Mais jamais elle n’aurait pensé que ces progressistes resteraient coincés à l’extérieur, comme des prisonniers. Puis, quand la décision dévoila ses conséquences, elle réalisa son erreur… L’erreur de cette décision. Mais celle-ci était définitive et elle n’avait pas voie au chapitre. Certains ne supportent pas la guerre omniprésente de quarante-et-un, trouvent réconfort en un temps où les conflits ne sont plus que vague souvenirs. Bien entendu quelques-uns ont commis des erreurs avec cette nuit perpétuelle, beaucoup trop jeunes que pour avoir connus les temps de troubles où nous étions vu comme des monstruosités, mais la plupart des individus coincés dehors n'ont même pas d’opinions, n'ont guère de parti quant à ce conflit. » Elle pensa automatiquement à son apprentie. Personnalité rafraichissante qui a réussi à séduire le cygne pointilleux et conservateur qu’elle représente. La savoir coincée à l’extérieur lui fait mal. Parce qu’au travers d’elle, elle avait un savoir actualisé sur la réalité linéaire. Sur ce qu’était devenu le monde et ce par quoi il était passé. Elle n’avait guère besoin du témoignage de ce voleur de carne pour être au courant. Les confidences secrètes de son apprentie lui suffisaient… Cette pauvre enfant enfermée à l’extérieur. Ceci dit, elle lui faisait confiance pour protéger les particuliers avec qui elle est. Elle la sait compétente et prête à endosser ce rôle d’urgence…

« A force de vouloir se pencher sur le passé, on finit par tomber dedans et ne guère avancer. » Le passé, les souvenirs de ce temps heureux, c’est tout ce qui lui restait de sa vie, au cygne. L’ymbryne n’avait pas envie de tirer un trait sur ce qui lui restait de son passé. Et avancer, serait semblable à un abandon. Même s’il est possible de construire sur les fondations de ses souvenirs, mais elle en est encore incapable, trop ébranlée par la mort de son mari… Il était le pilier de sa vie. Il était tout pour elle… Sauf qu’aujourd’hui, ce sentiment lui est accroché à la cheville tel un boulet dont elle doit se libérer pour pouvoir continuer d’assumer son rôle de gardienne. Elle doit lâcher prise. Elle doit s’en libérer… Il avait raison ce fichu voleur de peau !

« … Le passé est tout ce qu’il me reste. Vous le savez… »

Dit-elle d’une voix moins agressive que plus tôt.
Mais ce n’est pas pour autant qu’elle était contre les mots qu’il venait d’employer. Elle voulut, par cette réplique, lui faire remarquer que certains sont attaché au passé parce qu’ils n’ont plus que ça pour vivre. Leur vie est derrière eux et que sans ces souvenirs, ils ne sont plus rien. Certains de ses protégés avaient fait le choix de se reconstruire une vie. Elle n’allait pas les en empêcher. Mais qu’on ne vienne pas l’empêcher de faire la sienne !

« Encore une fois, je vous prends au mot. Chacun devrait rester libre de ses choix et idéaux. Et cela marche pour tous les particuliers de cette boucle. Autant les progressistes que les conservateurs… Elle avait utilisé les bons mots. Les particuliers étaient libres de choisir. Confondant les siens et ceux d’origines ainsi que les autres…  Quels qu’ils soient ! Les particuliers… Elle, ymbryne, elle n’avait pas le choix. Elle devrait poursuivre sa mission. Mais encore une fois, on ne peut les imposer aux autres… » Cette nuit perpétuelle avait été une erreur. Et c’est là, la façon dont le rassemblent avait punis ces enfants. Décidément, Miss Olof n’était jamais en accord avec ces décisions !

« Si je peux vous concéder une chose, ces disparitions me torturent. Mais il m'est impossible d'agir efficacement seule… »

Et si seulement il savait à quel point cette vérité affecte son égo !

Elle regarda droit devant elle. Comme si la colère et la tempête en elle s’étaient légèrement calmées… L’Ymbryne devait se résigner. L’Ymbryne devait agir ! L’Ymbryne devait faire ce pourquoi elle avait été formée ; protéger les syndrigastis. Elle devait faire quelque chose pour. Quitte à agir de façon clandestine et contre le principe de cette décision ! Quitte à se faire réprimander ! Il fallait faire quelque chose…

Faisant un pas devant elle, elle passa à côté du voleur de peau – sans le toucher – et sans même le regarder en lui disant :

« Pardonnez-moi, j’ai à faire… »

Une idée reluisait dans ses yeux. Une lueur de malice et de détermination… Le cygne passerait bientôt à l’acte. Le quel ? Le silence serait gardé. La colère et la rancœur maintenues,… ça lui servira d’énergie.

Se retournant une dernière fois sur Galahad – qui était de dos bien sur –  elle ne lui dirait pas ces derniers mots que trop aimables pour leur relation actuelle. Elle lui confia d’un ton sérieux au fond légèrement sarcastique :

« … Je me permets de vous conseiller de ne plus jamais utiliser les confidences que l’on vous fait contre leur auteur, afin de vous en servir à des fins que vous ne prétendez pas personnelles ! Car si vous êtes venus me voir, c’est aussi pour soulager votre conscience d’avoir agi d’une façon ou d’une autre sur ce qu’il passe… Le sentiment d’efficacité vous sera bientôt donné, soyez-en sur… »

Dit-elle en reprenant sa route. Des mots se voulant concluant de cette rencontre. Des mots camouflant ses intentions. Parce que oui, elle allait agir. Parce que oui, il avait utilisé des mots qui l’ont touchée. Parce que oui, il avait raison sur certains points, mais toujours en désaccord. Parce que oui, elle était trop attachée à son passé et parce que oui, il fallait qu’elle fasse quelque chose…



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