Jammin' ☾ ft. Gabriel
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Nate S. Allen
Souffle à deux temps

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☾☾ Miroir :
Call me in the afternoon ☾
☾☾ Particularité :
Souffle tempéré ☾ Expirer, profondément. Se brûler la langue en même temps. Souffler dans le creux d'une oreille, frisson qui parcours l'échine.
☾☾ Bizarrerie :
Fascination fantastique ☾ Collectionner ces objets, incompréhension mêlée à un désir d'admirer. Magie élémentale, magie naturelle, phénomènes inexpliqués qui piquent la curiosité. Poupée vaudou sans nom conservée précieusement. Autres objets occultes faisant office de décoration.
☾☾ Années :
103 ans ☾ 27 ans
☾☾ Occupation :
Écrivain ☾ La plume danse sur la feuille lorsque l'esprit se perd. // Chanteur ☾ Spectacle intime un jour, performance publique l'autre jour. Divertissement public et chanteur de salon.
☾☾ Myocarde :
Battre au rythme de la musique ☾ Cœur libre, douce frénésie. Organe fébrile facilement emballé, rebuté par l'idée d'être enfermé. Échines masculines ou féminines, seul importe le charme dégagé.
☾☾ Missives :
431
☾☾ Trogne & crédit :
Devon Portielje // Instagam Half Moon Run [Images] // Bloody Horizon [Avatar+miroir]


MessageSujet: Jammin' ☾ ft. Gabriel   Mar 3 Juil - 4:44

Jammin'

ft. Gabriel

Il y a tellement de choses qui se passent en ce moment. Beaucoup trop. Je m’épuise, quelque peu, à chaque jour. Réfléchir, couché sur le dos, contemplant le plafond. Donner un sens aux événements, sans réellement y arriver. Il me fallait penser à autre chose. Me changer les idées. Alléger mes pensées. Ressortir ma guitare, pour éviter qu’elle ne prenne la poussière trop longtemps. Assis sur le bout de mon lit, je contemple ma chambre. Ma collection d’étrangetés, soigneusement alignées sur mon bureau. Mon carnet préféré, traînant sur une chaise, dans un coin. Dans l’autre coin, ma guitare. Je me lève, lentement. Fais quelques pas. Attrape l’instrument d’une main, avec précaution. Le soupèse. L’admire. Jouer me fera sûrement beaucoup de bien. J’espère que la séance musicale était une bonne idée. Je dois avouer que ça m’angoisse un peu. Je ne sais pas pourquoi. J’ai peut-être passé trop de temps renfermé. J’ai perdu l’habitude de voir des gens. Enfin, j’exagère probablement. J’ai toujours du mal à voir les faits. Émotions teintant toujours la réalité. Solitude faussement exacerbée. Peut-être est-ce le fait de me retrouver chez quelqu’un d’autre. J’accueille les gens avec aisance, mais je ne me sens jamais à ma place chez eux. Étrange paradoxe. Peur de déranger, peut-être. Sûrement. J’inspire profondément, puis laisse mes doigts caresser les cordes avec douceur. Quelques notes s’échappent, s’élèvent. M’enivrent. Pas de mélodie précise. Un enchaînement de sons à l’esthétique singulière. Il y a un moment, déjà, que j’ai joué avec quelqu’un d’autre. Et si jamais ça ne me détend pas, ce sera, au minimum, une expérience intéressante. Je cesse de jouer. Regarde l'heure. Il faudrait que je me bouge les fesses. Je soupire, n'arrivant pas à chasser cette étrange nervosité. Je sais bien que ça finira par passer. J'imagine que j'ai le trac. Pour une raison ou une autre. J'ai peut-être, quelque part au fond de moi, peur d'être trop rouillé. De me ridiculiser. De n'être pas assez doué. Main glissée dans mes cheveux. Tic nerveux. Je dépose la guitare sur mon lit. Me lève. M'empare d'une bouteille, toute petite, que je remplis d'eau.

Je reprends ma guitare, la porte en bandoulière. La sécurise d'une main, tenant ma bouteille de l'autre. Je pousse la porte, puis la referme doucement. Enfermant avec douceur mes mélancolies dans un écrin boisé. Mes pas résonnent à mes oreilles. Écho de mes pensées qui tourbillonnent, puis se fanent. Je souris à quelques visages croisés, que je ne remarque pas. Mon corps se dirige sans l'aide de ma tête. Je prends le temps de respirer, sans oublier de contrôler mon souffle. Courant d'air parfois inconfortable, particulièrement lors de longues expirations. Puis, mes pensées dévient, dérivent. J'imagine le son du violon s'harmonisant à la guitare. Ou l'inverse. Peu importe. Notes riches dansant dans l'air. Je me sais bientôt arrivé. J'inspire une dernière fois, expire par le nez. Je prends une gorgée d'eau. Geste machinal. Habitude bien rodée. Je sais à quoi m'attendre, sans réellement le savoir. J'anticipe. Un peu. Je m'approche. Toque à la porte. Murmure un timide « Salut! » tout de même enjoué, voire exubérant. Parfois façade, parfois réalité. Aujourd'hui, un mélange des deux. « C'est Nate! » Non, pas pour vrai? Sarcasme dirigé vers moi-même. Tu, mais pensé très fort. Je secoue la tête, imperceptible mouvement. Je me fais un peu honte, parfois. Fort heureusement, ma guitare pourrait me permettre de me rattraper.
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Gabriel Dantez
Panda violoniste

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Métamorphe - Panda roux
☾☾ Occupation :
Violoniste, aime en jouer pour tous.
☾☾ Myocarde :
Cœur seul à venir prendre.
☾☾ Missives :
25
☾☾ Trogne & crédit :
Darwin Gray


MessageSujet: Re: Jammin' ☾ ft. Gabriel   Sam 14 Juil - 12:53

Jammin' [Nate]



Gabriel leva son regard azur vers le ciel aux nuages doigtés de lueurs rosées. Le crépuscule mordant avait déchiré de ses crocs le séjour des dieux, et la nuance incarnadin venait cueillir un reflet mauve au lapis de ses iris. Il repoussa d'un mouvement du poignet quelques mèches de cheveux bouclés venus s'accrocher à ses cils, et il tira le fin voilage pendu à ses fenêtres. Le temps était devenu poussière, recouvrait le moindre de ses gestes, amoncellement dont il ne parvenait à se débarrasser, qui, dès que son attention se portait sur un morceau de vie, venait se déposer sur les meubles de ses pensées. Il le laissait faire, il se vouait à la contemplation dépourvue de sens des grains grisâtres recouvrant ses livres. L'intérêt qu'il portait aux histoires du passé lui pesaient et lui laissaient le cœur lourd, si pesant que s'il n'avait pas été condamné à s'asseoir pour l'éternité, il aurait douté de sa capacité à se tenir droit. Torse bombé, tête relevée... Un peu de poussière encore, qu'il laissait volontiers recouvrir les réminiscences d'une époque révolue où ses jambes le portaient vers un avenir prometteur.  Trop de choses pesaient sur ses épaules, cependant, il les taisait. Il se les contait et racontait encore et toujours, dans la quiétude de l'obscurité de son antre, son espace de solitude apprécié, ses habitudes peu communes, que les quidam auraient jugé attristants, qui composaient néanmoins sa vie. La journée avait une bien triste finalité, lorsque plus tôt, il avait peiné à trouver une âme errante avec qui partager quelques bribes de paroles banales. Il aimait laisser sa langue se délier et raconter, revivre, exhumer quelques pensées voilées, partager, peut-être un savoir obsolète qu'il n'était plus capable d'accomplir. Il aurait aimé encore, parler de médecine, de doigté habile de chirurgiens déterminés à sauver des vies, de remèdes fraîchement découverts, à l'aube d'une ère nouvelle pour l'évolution. A quoi bon ? Ses rêves s'étaient éteints avec sa motricité, et l'illusion d'un avenir salvateur avait trouvé des contours plus flous encore. Il était là une rêverie éveillée qui soulevait en lui une morosité pernicieuse, qui coulait dans ses veines tel un poison insatiable.

Un soupir vint chasser ces considérations dépourvues d'intérêt, puis, relevant la tête, il avait forcé le rictus joyeux ornant ses lèvres, pour les autres, pour dissimuler derrière un masque la décrépitude de l'être qu'il était. Peut-être lui aurait-il fallut un portrait, semblable à celui de Dorian Gray, une œuvre reflétant son âme. Schopenhauer en aurait été terriblement déçu, là où le Marquis de Sade aurait contemplé des heures durant l'essence même de sa plume. Il ne pouvait néanmoins se laisser aller à la mélancolie plus encore, il refusait que quiconque ne vienne le prendre en pitié, et cela le débectait plus encore lorsqu'il s'agissait de lui-même. Son regard légèrement voilé s'était porté sur l'écrin de son violon, puis sur son fauteuil non loin de lui. Un nouveau soupir avait passé la barrière de ses lèvres, et il avait laissé ses paumes caresser le couvre lit aux motifs surannés. Les jambes ballantes sur le bord du lit, les mains à nu, habituellement recouvertes du tissus de ses gants... La réflexion s'imposa à son esprit que pour quiconque, il n'était que la moitié d'un homme, brisé, dans le premier sens que l'on accorde à ce terme, dans l'immédiat... Avait-il une réelle différence ? Ne s'asseyaient-ils pas, ces autres, parfois seulement, sur le bord de leur couche pour extérioriser leurs pensées ? Nombreux étaient ceux qui ne voyaient en lui qu'un homme handicapé. Oh, ils n'avait nulle envie de leur jeter la pierre, cela était partie inhérente de ce qu'il était, mais il y avait tant de choses à voir au delà. Le jeune homme au nom d'archange avait laissé sa tête s'incliner vers le sol. Cela était malheureux. Il était tellement plus, avait tant de choses à partager, à raconter. Conscient de lui-même, il avouait même avoir un charme certain. Il était foncièrement bon, et cela depuis toujours, il était joueur, certes, cependant il n'aurait fait de mal à quiconque. Il se savait ouvert à la conversation, aux propositions, aimait la présence de ses semblables, avait même, ce léger accent français que les anglophones trouvait séduisant sans qu'il n'en comprenne la raison. Objectivement, tout lui souriait, cependant la grimace de ces morceaux de fer roulants venait raturer le tableau de maître qu'il aurait pu prétendre être.

Quelques coups à la porte lui avaient fait reprendre contact avec la réalité, et son regard s'était posé sur son fauteuil, la question venant s'imposer à son esprit de savoir s'il devait reprendre place. La voix de Nate traversa le bois de la porte, et il eut un sourire doux. Il était là bien une des personnes qui n'auraient que faire de le voir hors de son fauteuil, qui n'auraient pas cet air interdit passager, dont le regard aurait transgressé les pensées en évoquant quelque remarque silencieuse décidant qu'il était somme toute, normal. Comme si cela avait été une surprise. La présence seule de Nate néanmoins, lui avait mit du baume au cœur, et sa voix s'était élevée en réponse, l'invitant à entrer.

- Nate ! Il avait sourit en le voyant entrer. Ça me fait plaisir de te voir. Il avait désigné une chaise près de la table. Oh, t'as prit ta guitare ? Cool ! Installe toi, fais comme à la maison.

Un sourire sincère était venu soulever l'ourlet de ses lèvres. Sa morosité avait été balayée par la simple présence d'un être apprécié, et il avait posé les mains en arrière sur le dessus du lit, prenant une pause légèrement nonchalante. Il n'avait besoin que de cela pour que ses pensées obscures cessent et disparaissent, que de la présence d'une autre âme vivante, vibrante, que d'un ami...

lumos maxima
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