Doux cauchemars ▬ pv Kelly Cotton [Flashback]
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Persephone Brooks
Maniaque nécrosée

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Pourriture • Ses baisers sont morsures putrides, ses caresses morbides écorchures. À son contact, la matière organique se détériore, s'affaisse, se rétracte. Parfois, ce sont des parties d'elle qui se meurent, une heure durant.
☾☾ Bizarrerie :
Propreté ● Tout doit être sous contrôle. Tout doit être parfait. Sous ses mains graciles, microbes et souillures ne font pas long feu. Ne vous étonnez pas si un chiffon soudain vous frôle l’épaule : peut-être qu’un mouton de poussière s’y est niché.
☾☾ Années :
Elle s’est figée à l’aube de la trentaine : 29 ans, dernière frontière avec cette fameuse crise qui n’arrivera jamais. Ou peut-être l’a-t-elle passée autrement, du haut de ses 84 ans réels.
☾☾ Occupation :
Les mains gantées de latex, Persephone récure, balaie, racle. Ses petits doigts sont bouffis d’effort, ses cheveux empestent l’eau de Javel. Elle y prend plaisir, pourtant. Peu importe la fatigue, la Maison se doit d’être propre.
☾☾ Myocarde :
Sans attaches, rien d’autre que sa propre liberté. Célibataire, non par choix, mais par nécessité.
☾☾ Missives :
89
☾☾ Trogne & crédit :
Taylor LaShae (c) cosmic light


MessageSujet: Doux cauchemars ▬ pv Kelly Cotton [Flashback]   Sam 14 Juil - 1:47

Elle fredonne, Persephone.

Se glisse dans les corridors feutrés de la grande maison des Syndrigastis. Un coup de plumeau par ci, un coup de chiffon par là. Elle gifle la poussière du tissu en coton. Ouvre une fenêtre ; dehors, il ne fait jamais beau. Il y a trop longtemps que les rayons cuisants de Vegas, écho du désert, ont malmené sa peau de porcelaine. Son doigt ganté glisse sur un meuble. Une moue désapprobatrice lui tord le visage. Poussière. Il reste quelques grains qui la narguent, là, sur la pulpe plastifiée. Et demain – copie d’aujourd’hui – elle sait qu’ils seront encore là.

Mais aujourd’hui n’est pas comme hier. Et aujourd’hui ne sera pas comme demain.

Elle flâne, Persephone.

S’étire, faisant gémir ses articulations. Ses os chantent en canon, les uns après les autres – ça craque et ça grince et ça vrille. Sa main empoigne le balai qui git contre le mur. Elle fredonne, Persephone. Notes lancinantes, légères. C’est qu’il faut bien qu’elle s’occupe l’esprit. Tous les jours, il faut faire comme avant. Les mêmes poussières. Les mêmes petits insectes qui grouillent dans les mêmes coins. Elle leur a trouvé des noms, à ces petites saletés. Elle s’y est attachée, à vrai dire. Rien de très inquiétant, quand on vit au milieu de personnes obsédées par les coucous, les chaussettes orphelines ou la symétrie.

Mais aujourd’hui n’est pas comme hier.

Elle murmure, Persephone.

Un nom. Un nom qu’elle a déjà plusieurs fois appelé, d’autres jours, doucement. De sa petite bouche carmine s’échappent des syllabes bien distinctes. Kelly, Kelly, Kelly. Ça claque, ça roule sur la langue. Hier n’était pas comme aujourd’hui, non plus. Car une fois de plus, la nécrose est venue. Gangrène le long de ses côtes, pourriture étalée sur l’échine frêle. Et la petite carcasse s’est recroquevillée sur elle-même, étouffant les sanglots, sillons de khôl sur les joues pâles, le derme asphyxié par la douleur. Elle s’est effondrée dans son univers immaculé, attente interminable. Elle a souffert Persephone, et aujourd’hui quelqu’un va payer. Oh, elle n’y pense pas ainsi, non. Pour elle, c’est un bon moment, pour elle, comme pour lui. Un soulagement. Une trêve. L’épice pour relever le goût de leur morose existence. De quoi remettre en ordre son esprit tourmenté, surtout. Pour ne plus penser à l’horreur qui l’a rongée, hier. Pas une seconde elle n’a douté, quand elle a eu vent de ses migraines.

Elle sourit, Persephone.

Elle le voit, à s’affairer seul. Encore à jouer les gros bras. À croire que ce travail a été sculpté pour lui – ou l’inverse. À petits pas, elle s’approche, abandonnant délicatement son balai. Ses souliers s’entendent à peine sur le vieux parquet. Plissant les yeux, elle se penche un peu : là. Un cheveu. Sur l’épaule. Sa petite menotte se tend vers l’effronté qui s’est déposé là où il ne devrait pas être. Ses doigts menus attrapent l’impertinent, mais le geste demeure en suspens quand elle se sait repérée.

« Bonjour, Kelly. »
, articule-t-elle d’un ton impassible.

La femme de ménage se redresse, les mains derrière le dos – le cheveu toujours coincé entre son pouce et son index. Ses sourcils se haussent, ses yeux s’écarquillent et sa bouche s’étire en un sourire surfait. Que disent les gens quand ils doivent être polis, déjà ? Ah, oui.

« Tout va bien de ton côté ? »

Quelle question stupide.
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