tomber en poussière ☾ ft. Persephone
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Galahad L. Ednyfed
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☾☾ Particularité :
Miroir. Échine capricieuse réorganisant les courbes et les angles sous la friction d’un code organique soufflé. Doppelgänger. Gémellité factice et derme pernicieux, l'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gangrénant pour évincer le propre. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six printemps.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: tomber en poussière ☾ ft. Persephone   Lun 16 Juil - 1:29

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persephone & galahad

« Burning papers into ashes, what a season, how they fly high from the ground up. There is yet another fountain, flowing over, as the night falls. Dust it off. »
Craquement. Complainte douloureuse de lattes qui furent désertées, écrasées de semelles méticuleuses. Désert. Les murs demeurent cependant imprégnés des traces de leurs propriétaires, les meubles et autres biens abandonnés à leur sort, délaissés le temps de conflits chaotiques aux douces mélodies apocalyptiques. Fantômes qui ne reviendraient plus, oubliés dans les affres du temps, quidams aux faciès désormais trop ridés s'ils ne furent guère enterrés. Précipitations, quelques drapés féminins trônant entre la penderie et le lit. Probablement partis quelques jours plus tôt, avant le renouveau incessant insoupçonnable, ne laissant guère le temps à la poussière de s'accumuler sur les meubles. Désolation.

Demeure scellée éventrée, la porte désormais béante sous un crochetage habile. Coutumier des faits. Il glane Galahad, la sacoche s'emplissant de quelques trésors oubliés, trouvant le boitier d'un appareil photo qui complèterai une collection foisonnante, bientôt rejoint par quelques pellicules vierges et ouvrages aux titres raisonnant comme quelques promesses de songeries. Concept de propriété privée abstrait, qu'importe leur absence serait imperceptible.

Nervosité palpable au milieu d'un butin alléchant. La mâchoire se crispe, cherchent un besoin rassurant qui semble être devenu rarissime, loin de courir les ruelles de Tenterden et des pénuries anglaises. Cigarettes. Tabac délétère et addiction ancrée dans la carne. Obsession. Il en crève d'envie le voleur de carne, la gorge irritée par le manque. Échec cuisant. Une paluche gantée de son cuir nocturne détestable se glisse dans une poche, cherchent la boite métallique contenant les précieuses. Trois. Pathétique, à humer la fragrance de nicotiane avant de glisser l'objet en son antre en un désir d'économie pour les urgences. Fichue réalité linéaire inaccessible, bien que le tabac moderne n'eut rien de terriblement alléchant. Soupir.

Reprise de la mission auto-proclamée. Piètre meuble-pharmacie pris d'assaut trônant dans une salle de bain au savon à l'odeur de lavande mordante. Fumet adulé, souvenir que le même trônait autrefois dans la demeure familiale. Quelques flacons et pilules s'égarent au même titre qu'une bande de gaz, rejoignent la besace qui commence à peser, y trouvant une utilité véritable.

Sursaut soudain, la carcasse figée en un geste qui ne prit guère fin. Mirettes écarquillées et sens aux aguets. Le son provenait du rez-de-chaussée, marquant la présence d'un individu dans la demeure censée être déserte. Il se maudit l'Excentrique, d'avoir laissé la porte ouverte, certain qu'il s'agissait d'humains délogés de leur figuration par la curiosité inhabituelle, un voisin, un quelconque policier ou soldat en patrouille. Le jurons est maintenu aux bords des lippes qui se pincent instantanément, cherchant une issue. Myocarde s'emballant. Les phalanges se glissent, trouvent le pli soigné d'un mouchoir de  poche bien trop précieux, renfermant quelques cheveux salvateurs, dérobés à leur propriétaire, ôtant un gant pour mieux emprunter. Nervosité, il se trompe le voleur de carnes, déclenchant une réorganisation des courbes et angles qui n'eut rien à voir avec l'effet escompté, trouvant l'échine d'une blonde quarantenaire coincée dans son costume d'homme trop large à la place d'une mioche qui aurait pu amadouer de ses iris trop grandes. « Merde ! » Regret instantané, le mot filtrant de lui-même, plaquant une paume sur les lèvres, priant que le timbre relativement aigu de l'emprunt ne porte guère jusqu'au rez-de-chaussée.
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Persephone Brooks
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Pourriture • Ses baisers sont morsures putrides, ses caresses morbides écorchures. À son contact, la matière organique se détériore, s'affaisse, se rétracte. Parfois, ce sont des parties d'elle qui se meurent, une heure durant.
☾☾ Bizarrerie :
Propreté ● Tout doit être sous contrôle. Tout doit être parfait. Sous ses mains graciles, microbes et souillures ne font pas long feu. Ne vous étonnez pas si un chiffon soudain vous frôle l’épaule : peut-être qu’un mouton de poussière s’y est niché.
☾☾ Années :
Elle s’est figée à l’aube de la trentaine : 29 ans, dernière frontière avec cette fameuse crise qui n’arrivera jamais. Ou peut-être l’a-t-elle passée autrement, du haut de ses 84 ans réels.
☾☾ Occupation :
Les mains gantées de latex, Persephone récure, balaie, racle. Ses petits doigts sont bouffis d’effort, ses cheveux empestent l’eau de Javel. Elle y prend plaisir, pourtant. Peu importe la fatigue, la Maison se doit d’être propre.
☾☾ Myocarde :
Sans attaches, rien d’autre que sa propre liberté. Célibataire, non par choix, mais par nécessité.
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MessageSujet: Re: tomber en poussière ☾ ft. Persephone   Mer 8 Aoû - 3:22

Soupir profond. Elle s’essuie du dos de sa main gantée son front tout de sueur perlé. Son regard suspicieux parcourt le couloir. Reprenons. Persephone change rarement de trajectoire, pour être sûre d’avoir sévi partout. Les lèvres rosées se pincent, la commissure des lèvres tremblote. Elle aura cherché partout, la petite femme de ménage. Rien à faire : impossible de retrouver ce satané seau, rempli d’eau savonneuse. Les mâchoires se serrent. Sans doute le méfait d’un des plus jeunes Syndrigastis, pour embêter un chat, un autre comparse, ou simplement la petite bonne trop innocente à leur goût. La jeune femme laisse les yeux au ciel. Son regard traîne un peu au plafond ; elle repère alors une petite arachnide aux gambettes velues, construisant avec tranquillité sa petite maison de fil blanc. Aussitôt vue, aussitôt baptisée.

« Tu es bien cachée ici, Holly. Mais ne t’avise pas de pointer le nez dehors, il y a des arachnophobes qui seront moins gentils que moi. », souffle-t-elle.

Elle baisse le menton pour regarder à nouveau l’endroit où son seau devrait l’attendre. Naïve espérance : le sol est toujours aussi nu. Et la pauvre Persephone de conclure : si elle doit finir avant la tombée du soir, il lui faudra le trouver vite, ou bien en chercher un autre. La deuxième option la fait sourire. Allons. Respirer autre chose que des produits chimiques lui remettra les idées en place. Alors Persephone empoigne ses affaires pour les ranger bien à leur place, accrochées dans leur petit placard en bois. Elle repère alors un autre petit habitant sur une rampe. Dexter le cloporte ne change jamais de place, louée soit la boucle temporelle. Elle attrape son imperméable jaune dans une main, Dexter dans l’autre. Enfile le manteau. Le crustacé s’échappe de la petite main gantée pour se faufiler entre les herbes. Remontant sa fermeture éclair jusqu’au cou, Persephone jette un regard décidé vers Tenterden.

Ses mains menues glissées dans ses poches, elle avance, capuche rabattue sur la tête. Ouvre grand les mirettes. Beaucoup de maisons ont été fermées à clé, même dans le désordre de la guerre. Sanctuaires secrets, autels des idées perdues, interdits aux profanes. Pourtant, il faut bien qu’elle récupère un seau, et vite. Quitte à faire pourrir une porte… Elles sont en bois, après tout. Coup de chance, voilà qu’elle tombe sur un portail entrouvert. Son petit poing victorieux se lève près de son visage, tandis que ses lèvres se pincent en un sourire silencieux.  Première bataille gagnée. Persephone ouvre la porte, sans se soucier de sa discrétion. Si elle croise un autre pillard, elle lui expliquera, d’une façon ou d’une autre : après tout, qui d’autre qu’elle voudrait d’un seau pour retourner à son ménage ?

Craquement du plancher. Elle s’arrête. Le bruit ne vient pas d’elle, mais du dessus. Ses sourcils se froncent. La jeune femme ôte sa capuche.

« Il y a quelqu’un ? Bonjour… ? »

Quelque chose la pousse vers les escaliers. Petit frisson. Qui l’attend donc, là-haut ? Sans doute un chat, un rat, ou d’autres créatures ne craignant pas les bombardements. Persephone serre un peu plus la rampe de l’escalier. Décide, pour une fois, d’enlever avec ses quenottes un gant : on ne sait jamais. Parfois, les voleurs ont une façon curieuse de discuter. Cachant sa main dénudée dans une poche, elle arrive enfin à l’étage. Une moue mi-angoissée, mi-dégoûtée lui tord le visage. Quel désordre ! Des draps écroulés sur le plancher jonché de bibelots, des papiers partout, des sous-vêtements jetés sans sommation. Et, surtout, une inconnue très mal habillée. De quoi lui retourner le cœur : mais il n’est pas encore temps de flancher.

« Vous avez eu raison d’entrer. Vous trouverez certainement plus élégant ici. », déclare-t-elle, sourire aimable à l’appui.

Cette femme est si affreusement fagotée qu’elle ne pourrait être la maîtresse de maison : ce serait idiot, avec de la si belle lingerie. Sans doute une voleuse. Ou une folle – pourquoi pas les deux. Tout sourire, son poing nu serré dans sa poche, Persephone poursuit :

« Vous avez peut-être remarqué des ustensiles de ménage, en entrant ? Un placard à balais peut-être ? »

À défaut d’avoir du goût.
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Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
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MessageSujet: Re: tomber en poussière ☾ ft. Persephone   Sam 11 Aoû - 14:09

tomber en poussière
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« Burning papers into ashes, what a season, how they fly high from the ground up. There is yet another fountain, flowing over, as the night falls. Dust it off. »
Silence. Quelques perles de sueur s'échappent, se perdent le long d'un front qui en deviendrait presque fiévreux. Catastrophe. Il peut la sentir à plusieurs kilomètres Galahad, la vague d'ennuis qui ne tarderait guère, condamné à subir le tout jusqu'au lendemain matin, lorsque les aiguilles reviendraient à zéro en un renouveau douçâtre et salvateur, les mémoires de quidams humanoïdes vidées des quelques troubles. Bienfait des boucles. Il fut comme ça le voleur de carnes, souvent pris par l'angoisse et cerné par une imagination qui eut tendance à proliférer, gangrénant, les mirettes arrondies comme si le monde entier lui en voulut, songeant au pire dans les instants de suspens intenables.

Une paume glane, dénichent un tisonnier délaissé auprès d'une cheminée qui ne servirait plus, encombrée par la suie. Arme éventuelle, peu désireux de l'utiliser, loin d'être pour les excès de violences. Course, le quidam monte, parvient à l'étage, tombant nez à nez avec un faciès qui en devint rassurant, délaissant quelque peu la pose défensive en reconnaissant les traits de Persephone dans le rôle d'intrus. Bien que le terme d'intrus fut relatif, ils furent deux à ne guère être à leur place, entrés comme des voleurs.

Indignation, lorsque ses lippes s'ouvrent, passant brièvement en revue les drapés endossés, oubliant presque la carne qui fut dedans, aux antipodes de leur correspondre. « Je ne te permets pas. » Réplique sèche, vexé dans un égo trop grand emprunté à l'original. Elle eut ce tic nerveux la dérobée, les ongles trop long grattant le derme d'un avant bras, quitte à en ôter les gants et remonter les manches d'une chemise devenue trop encombrante, s'infiltrant à l'intérieur de la carcasse pour mieux insuffler son mode de fonctionnement, évinçant les principes propres et précaution, peut-être parce que Persephone ne fut guère de ceux qui touchaient délibérément, loin de l'envie irrépressible d'apposer un quelconque contact avec autrui. « Des ustensiles de ménages ? En voilà une drôle d'idée. » Froncement de sourcils, étrange lubie, qui viendrait dans un tel endroit pour ce genre de chose ? Quand bien même la brune fut une obsessionnelle du ménage. Incompréhension, alors que les raisons initiales de la fouilles ne furent guère plus glorieuses.

Cris strident qui s'échappe des lippes. Monstruosité qui se dévoile, avance, s'approche. La bête, odieuse et sortie tout droit des entrailles de l'enfer nargue, semble observer la scène de ses trop nombreux yeux, les pattes velues parées à l'attaque. Énorme. Le myocarde s'emballe, prêt à hurler d'avantage comme si la vie fut en péril, pointant du doigt l'hideur avant de braquer le tisonnier. « Une araignée ! » Elle fut arachnophobe l'empruntée, au point d'en être maladif, peinant à percevoir les bestioles sans vouloir les anéantir avant de se replier dans un coin sûr. Ridicule, tandis qu'il s'en fichait bien à l'ordinaire Galahad, connaissant par cœur le tracé de quelques arachnides qui cohabitaient entre les poutres de son grenier, présentes bien avant qu'il investisse les lieux. Colocataires silencieuses aux toiles illuminées par l'aurore. Peur panique, les gestes exagérés et expansifs. Le tisonnier se plante dans un murs pour en entraver papier peint et plâtre, percute trop d'objets, et de préférence fragiles, qui se brisent en éclats, anéantit trop de choses excepté la cible toujours intacte, jusqu'à presque frôler l'autre Syndrigasti dans la foulée.
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Elle s’est figée à l’aube de la trentaine : 29 ans, dernière frontière avec cette fameuse crise qui n’arrivera jamais. Ou peut-être l’a-t-elle passée autrement, du haut de ses 84 ans réels.
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Les mains gantées de latex, Persephone récure, balaie, racle. Ses petits doigts sont bouffis d’effort, ses cheveux empestent l’eau de Javel. Elle y prend plaisir, pourtant. Peu importe la fatigue, la Maison se doit d’être propre.
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MessageSujet: Re: tomber en poussière ☾ ft. Persephone   Ven 24 Aoû - 23:04

Le sourire de Persephone se mue en moue gênée. Son interlocutrice n’a pas l’air fort commode. Les mains dans les poches, elle hausse les épaules. Tant pis pour elle, après tout, si elle refuse le conseil d’une personne de goût. À force d’habiller les macchabées, on finit par savoir ce qui est à la mode. La jeune femme décide de parcourir un peu la pièce, à pas lents. En profite pour replacer un drapé par-ci, une lampe par là… Quelle idée de laisser son logis en pareil désordre. De manquer ainsi de respect au refuge qui a la bonté d’offrir chaleur et confort à ceux qui l’habitent. Il devrait être d’usage de le remercier, même dans la chute, même dans l’adieu.

Et voilà que l’autre s’étonne. Eh bien ? Est-ce si étonnant ? D’autant qu’elle ne pourra rien faire de la remarque. Drôle d’idée, dit-elle. L’expression écorche un peu le petit ego de Persephone. Qu’y-a-t-il de drôle ? Son embarras ne fait que s’immiscer encore plus dans sa petite caboche. C’est que l’heure tourne, et elle se sait déjà très en retard. On n’a pas idée de faire attendre les gens aussi impunément ? Cela dit, venant d’un individu refusant les bons conseils, rien d’étonnant. Encore une fois la petite femme de ménage laisse passer l’outrage. L’apparente désinvolture soulève ses frêles épaules, faisant grincer le ciré jaune qui détonne dans le paysage.

Un petit cri lui échappe quand la bouche de celle d’en face s’ouvre en grand. Hurlement strident, alors qu’elle s’empare d’une arme de fortune. Une araignée !

« Où ça ? »
, qu’elle demande, bien décidée à sauver l’arachnide des griffes de la sorcière.

D’autres cris lui échappent, alors que l’incontrôlable furie saccage la pièce à grands coups de tisonnier. De justesse, Persephone lui échappe à plusieurs reprises, manquant de se faire fendre le crâne par la main de l’effrayée. Le souffle court, accroupie sur le sol, elle cherche du regard la pauvre bestiole. Hors de question qu’elle termine écrabouillée, victime du rejet d’autrui. Cette petite tisseuse poilue serait bien plus utile vivante au fonctionnement du monde.

Et là, sonne le glas : l’arme menace de s’écraser sur sa tête d’ici quelques millièmes de secondes. Un « Non ! » éraillé lui arrache la gorge. Elle empoigne avec force le poignet de la tueuse d’insectes.

Avant de se figer, horrifiée.
Car c’est bien la senestre non gantée qui tient avec fermeté la furie.

« Euh… euuuh… »

Plus aucune syllabe correcte ne sort de la bouche carmine. Le cœur en furie, Persephone décolle ses doigts un à un, laissant sur la peau une profonde morsure noirâtre. Et lève le regard sur la harpie… pour y voir son reflet.

Exclamation surprise, gorge malmenée. Bond en arrière, le mur la rattrape de justesse avant qu’elle ne tombe à la renverse, poupée terrifiée coincée dans le fatras. Plus aucun bout de lettre ne sort de sa bouche. Le souffle lui manque. Livide, les lèvres figées dans un cercle stupéfait, les yeux écarquillés, elle ne peut que pointer le doigt, bien droit, vers l’inconnue miroir.  

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Galahad L. Ednyfed
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MessageSujet: Re: tomber en poussière ☾ ft. Persephone   Lun 3 Sep - 23:58

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« Burning papers into ashes, what a season, how they fly high from the ground up. There is yet another fountain, flowing over, as the night falls. Dust it off. »
Maladresse. Davantage danger public capable d'anéantir la demeure pour une simple bestioles. Et il le sent le voleur de carnes, dans le fond de ses tripes, à quel point le spectacle fut pathétique et désolant, conscience infime des gestes expansifs contrôlés par des fils invisibles. Odieuse fatalité, demeurant pantin d'une malédiction pernicieuse, détestable. Carcasse hostile capable du pire sans sa conscience propre, se laissant bouffer par un autre dont il ne voulut pas, traçant une réputation peu glorieuse dans les couloirs du manoir. Il fut dangereux Galahad, dans sa perdition. Folle dingue. A ce demander comment il eut glané le cheveux coupable pour le glisser dans la poche l'excentrique, regrettant d'avantage l'erreur.

Horreur. Elle s'immisce sous forme de poigne visiblement défensive. Phalanges dénudées maintenant trop fermement l'échine. Les mirettes s'écarquillent en une expression tout bonnement terrifiée, réalisant instantanément le calvaire que serait les prochaines minutes, la gueule béante en un appel au secours qui demeure muet. Rien ni personne ne viendrait le sauver. Frisson hostile, désagréable, débutant l'odieuse danse macabre en une réorganisation de la carne, se mouvant pour emprunter le faciès de l'autre, jumelle trop parfaite et jusque dans les moindre détails, les expressions d'horreurs faisant écho, déformant les traits.

Gangrène dégueulasse. Le noir se marque, fait crever la chair en une momification putride. Nausée. Pourtant dieu sait qu'il fut coutumier des changements le doppelgänger, au delà d'avoir assimilé les images traumatisantes de champs de batailles, d'être tolérant envers les pires atrocités de par sa profession et fascination anatomique. Pourtant ne supportant guère de sentir la mort courir le long des veines, la voir marquer son emprunte délétère. Les phalanges crèvent, ça court le long d'un bras qui se met à pendre, las, carresse une clavicule pour mieux gagner la gorge, entravant un réflexe vital d'inspirer une bouffée d'oxygène. Il crève Galahad, la couenne putride s'étalant sur le sol en un hommage flagrant aux films de zombies et autres momies. Géhenne. Les pensées s'égarent, vagabondes, retracent l'existence, s'attardent sur quelques faciès tant aimés, persuadé que l'existence ne serait plus, oubliant que les maux de Persephone ne furent que temporaires. Ce fut donc ainsi, de tomber en poussière.

Expérience épouvantable. La carcasse en putréfaction gisant en une illusion morbide, trop réaliste. Et quelque chose change, se mou sous l'obsidienne organique, la chair meurtrie trop épuisée, peinant à conserver le surplus d'informations et anomalies, elle se métamorphose la momie, les angles affutés et plus saillants, retrouvant des airs qui furent propres malgré l'hideur apposée, détails subtils alors qu'ils furent presque tous pareils dans la décomposition. « Pp..p..pers » Souffle semblable à celui d'une bête à l'agonie, le timbre grave et peinant à trouver l'oxygène, quémandant de l'aide alors qu'elle demeurait impuissante. Elle revient peu à peu la vitalité, trop lentement. Longue agonie.
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