bel-air, take me there ☾ persephone
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Rhéane I. Thorpe
présentatrice météo

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Elle est la brume et l'ouragan. Ses pensées façonnent le ciel et ses humeurs le déchaîne. Alors que la foudre suit les palpitations de son cœur, la pluie, elle, glisse sur ses joues.
☾☾ Bizarrerie :
Fascinée par les bulletins météo, elle n'en rate jamais un et les documente soigneusement dans un petit carnet. Les nouvelles technologies, parfois plus si nouvelles, l'horripilent presque autant qu'elles l'effraient. Téléphones et autres immondices dérobées à leur propriétaire malchanceux s'entassent donc sous son lit, hors d'état de nuire.
☾☾ Années :
Vingt-huit ans de vie biologique, quatre-vingt-quinze d’existence.
☾☾ Occupation :
Gouvernante, grande sœur, épaule attentive. Elle guide les plus jeunes et éponge leurs larmes. À la nuit tombée, elle raccommode pantalons troués et collants effilés. En journée, elle sort de la boucle et va se cacher en coulisses où elle prépare les artistes à la scène. Costumes, fards et coiffures étranges sont sont affaire.
☾☾ Myocarde :
Divorcée, amoureuse, abandonnée.
☾☾ Missives :
263
☾☾ Trogne & crédit :
Zhenya Katava (avatar, DANDELION ☾ gifs, excelsior ☾ signature, endlesslove)


MessageSujet: bel-air, take me there ☾ persephone   Mar 31 Juil - 1:39

bel-air, take me there
persephone & rhéane

« Don't be afraid of me. Don't be ashamed, walk in the way of my soft resurrection. Idol of roses, iconic soul I know your name. Lead me to war with your brilliant direction. »
Bleu clair. Rose. Presque blanc, puis totalement noir. La clarté de la nuit déposait toujours un léger voile de mystère sur sa chambre, comme pour l’inviter à rêver. Ensevelie sous ses draps, elle observait le soleil se coucher depuis son lit, laissait ses yeux traîner de longues minutes sur la boule lumineuse afin ne plus rien voir ensuite, comme aveuglée par la beauté du spectacle. Souvent, elle prenait ces quelques minutes pour réfléchir à sa journée et remettre de l’ordre dans ses pensées souvent mal rangées. Mais, depuis quelques jours, le fil tordu de ses réflexions la ramenait toujours vers cette vieille malle dans laquelle elle conservait ses plus précieuses étoffes. Détruites par inadvertance par Persephone, elle n’avait pas encore eu le courage de les trier. Elles pourrissaient donc – assez littéralement – devant son bureau depuis une semaine. Dans un élan de motivation, elle quitta le doux confort de sa couette, renversa la malle et se décida enfin à évaluer les dégâts. Les tissus moisis, rêches et ternes, accrochaient ses doigts et lui écorchaient le cœur. Maudits par la mort en personne, elle n’avait rien pu faire pour les écarter de leur destin funeste. Témoins d’époques passées, gardiens de coutumes et de modes oubliées, c’est précieusement qu’elle les avait conservé et minutieusement qu’elle les avait jusque là entretenus. Étoffes précieuses, soies et satins des couleurs les plus vives ou simples laines aujourd’hui introuvables, chacune avait su attirer son attention, toutes s’étaient nichées dans son cœur. Couvertes de tâches blanchâtres et d’auréoles de moisissures, ces pièces, aussi chères avaient-elles étaient, n’avaient plus qu’une valeur sentimentale. Crime déguisé, accident fâcheux. Sûrement ne saurait-elle jamais. Dissimulée au cœur des piles de tissus, elle faisait de son mieux pour trier les étoffes. Le fruit de décennies de travail était désormais entassé à sa droite, jeté là un peu par facilité, parce que les tissus étaient trop abîmés pour s’embêter à en extraire les quelques pouces de fibre encore intacts. Énervée, triste et peut-être un peu résolue, elle se penche en arrière et se laisse tomber au milieu des soies rongées par la moisissure. Accident fâcheux. Accident ? Elle avait quand même eu l’air désolée. Très désolée. Peut-être un peu trop désolée. Crime déguisé. La pauvre Persephone ne semblait pourtant pas si méchante. Et puis pourquoi s’attaquer à des vieux tissus ? Accident, donc. Un peu inquiète que de vieux microbes grimpent sur ses bras, Rhéane se redresse et examine une seconde fois le bout de satin sur lequel elle s’était avachie. Si elle faisait attention et contournait les tâches grises, elle pouvait encore en tirer une cinquantaine de centimètres de longs et un peu moins de large. Elle lui ferait de beaux gants rouges pour lui prouver qu’elle ne lui en voulait vraiment pas – presque pas ? – d’avoir complètement saccagé ses affaires. Folie créative ou remords tardifs, elle se mit alors à tailler, couper, plier et assembler sans relâche. Dans un coin, un vieux gramophone balade sa tige dans les creux d’un vinyle hérité de son cours séjour à l’opéra. La voix, forte et assurée, guide ses doigts et empêche ses pensée de partir à la dérive. Se frayant un chemin entre les fils de soie, son aiguille perça une dernière fois le tissu flamboyant, achevant du même coup le second gant. Derrière l’épaisse fenêtre, recouverte d’une fine pellicule de buée, la lune brillait haut dans le ciel. Telle une veilleuse, l’astre la rassurait. Intemporel, il transcendait les lieux et les époques. Même en temps de guerre, il trouvait toujours le temps d’illuminer la nuit et de bercer les enfants inquiets. Dans la chaleur de ses draps, rassurée par la lumière douce et claire, Rhéane fermait les yeux, s’enfonçant un peu plus dans son lit, partie au pays des rêves.

Des pirates. Des mercenaires. Des bandits venus les dépouiller, prêts à leur retirer tout ce qu’ils avaient construits. Monstres, fantômes, meurtriers. Des enfants. Des enfants ? Ils étaient deux, deux coupables. Leurs rires résonnaient dans tout le manoir, leurs imitations farfelues traversaient les murs et leurs menaces factices s’invitaient jusqu’aux oreilles de la douce endormie. Depuis son lit, elle saute dans un pantalon en coton beige, assez fin pour pouvoir enfiler d’épaisses chaussettes de laine par dessus. Son haut de pyjama encore sur les épaules, elle claque la porte. Rayé, bariolé et incroyablement doux, elle l’avait confectionné elle même à ses début, ce qui se remarquait aux fils de laine qui pendaient à l’arrière. Comme pour lui rappeler que contrairement aux gens, les choses n’étaient ici pas éternelles. Rhéane cavale, dévale, puis cale. Au rez-de-chaussé, le spectacle faisait peine à voir. Deux jeunes particuliers avaient quitté leurs habits pour enfiler des costumes de pirates, que les ymbrynes les plus intransigeantes ne manqueraient pas de confisquer. Aveuglés par l’insouciance de l’enfance, ils ne l’avaient pas remarqués et poursuivaient donc leur ballet. Alors que le premier brandissait son épée, le second montait sur la table de la cuisine pour mieux le poursuivre, couvrant son camarade d’injures. « Les garçons ? On ne court pas pied-nus sur la table de la cuisine, c’est dangereux. » L’air faussement autoritaire, elle s’approche avant d’ajouter, tout près : « On met des chaussettes ! Vous allez attraper froid ! » Les traits sérieux, telle une gouvernante indignée que deux enfants aient eu l’audace de s’amuser, rompant ainsi avec la fatalité tragique de leur existence. Le regard amusé, comme si leurs jeux lui avaient fait oublier qu’ils n’étaient que les jouets du temps, des prisonniers qui suppliaient de le rester. Du bout des doigts, elle attrape un croissant qui traînait sur le comptoir et, sur la pointe des pieds, s’empresse de rejoindre la chambre de Persephone. Véritable phobique de la saleté, passionnée de la javel et des éponges – surtout celles avec une face verte, pour tout récurer – les doigts couverts de beurre de Rhéane aurait sûrement provoqué une crise d’urticaire si elle ne les avait pas négligemment frottés contre son pull avant de frapper à sa porte. « Persephone ? C’est Rhéane, tu sais, la fille des tissus moisis. » Sûrement n’aurait-elle jamais fait carrière comme diplomate. « Je suis venue t’amener quelque chose, je me suis dis que ça pourrait te faire plaisir… Promis, j’ai pris mes précautions cette fois. Normalement rien ne devrait pourrir ou devenir tout gris. »
(c) DΛNDELION


la tête dans les nuages ♒︎ Quand la lune, écartant son cortège d'étoiles, jette un regard pensif sur le monde endormi, devant son front glacé je fais courir mes voiles, où je les soulève à demi. On croirait voir au loin une flotte qui sombre, quand, d'un bond furieux fendant l'air ébranlé, l'ouragan sur ma proue inaccessible et sombre s'assied comme un pilote ailé.
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Persephone Brooks
Maniaque nécrosée

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Pourriture • Ses baisers sont morsures putrides, ses caresses morbides écorchures. À son contact, la matière organique se détériore, s'affaisse, se rétracte. Parfois, ce sont des parties d'elle qui se meurent, une heure durant.
☾☾ Bizarrerie :
Propreté ● Tout doit être sous contrôle. Tout doit être parfait. Sous ses mains graciles, microbes et souillures ne font pas long feu. Ne vous étonnez pas si un chiffon soudain vous frôle l’épaule : peut-être qu’un mouton de poussière s’y est niché.
☾☾ Années :
Elle s’est figée à l’aube de la trentaine : 29 ans, dernière frontière avec cette fameuse crise qui n’arrivera jamais. Ou peut-être l’a-t-elle passée autrement, du haut de ses 84 ans réels.
☾☾ Occupation :
Les mains gantées de latex, Persephone récure, balaie, racle. Ses petits doigts sont bouffis d’effort, ses cheveux empestent l’eau de Javel. Elle y prend plaisir, pourtant. Peu importe la fatigue, la Maison se doit d’être propre.
☾☾ Myocarde :
Sans attaches, rien d’autre que sa propre liberté. Célibataire, non par choix, mais par nécessité.
☾☾ Missives :
90
☾☾ Trogne & crédit :
Taylor LaShae (c) cosmic light


MessageSujet: Re: bel-air, take me there ☾ persephone   Jeu 23 Aoû - 18:10

Ces jours-ci, l’on n’a plus beaucoup vu Persephone Brooks.

On murmure. On s’inquiète. Parfois, certains voient une silhouette furtive aux vagues senteurs de Javel s’échapper par un couloir. Des petits pas de souris à l’étage du dessus. Grincements furtifs, plus discrets que jamais. Oh, Persephone Brooks n’a jamais été vraiment bruyante. Mais elle a toujours fait partie du paysage. Poupée en plastique, plumeau en main, jamais un mot plus haut que l’autre – cela n’est pas nécessaire. Ne plus la voir a provoqué quelque trouble chez certains, sans trop savoir d’où ce trouble vient. Une sorte de manque. Oui, la petite femme de ménage manque. Il y a un trou dans la routine. Une faille dans la boucle. Il demeure pourtant quelques traces de son passage : après tout, le manoir est toujours aussi impeccable. Ayant constaté cela, chacun peut se lover dans la tranquillité – et des draps propres.

En vérité, Persephone a juste quelque peu changé son emploi du temps.

Elle sort la nuit, ou en tout début de matinée, quand tout le monde dort. Ses petits pas sont les seuls bruits de la maisonnée, plus ou moins éclairée par des lampes fragiles. Un peu sinistre, sans les enfants qui courent ou les adultes qui s’affairent. Mais c’est pour la bonne cause.

Et quelle est-elle, cette cause ?
Simple : éviter le plus possible Rhéane Thorpe.

Une gentille jeune femme à qui Persephone a eu le malheur de causer du tort. Il a fallu qu’elle ne regarde pas où mettre les pieds. Et pourtant, la sotte, elle aurait dû savoir qu’une costumière n’a pas toujours le temps d’arranger ses affaires ! Un moment d’inattention a suffi pour que la maladroite finisse tête la première dans les belles étoffes de Rhéane. Douloureuse fatalité : les tissus sont irrécupérables. Condamnés à pourrir avant même d’avoir pu être utiles. Peut-être ont-ils fini brûlés, à l’heure qu’il est.

Depuis, Persephone a cru bon d’éviter la demoiselle, le temps que les choses aillent mieux. Coupable de ne pas avoir été plus prévenante, et surtout, de ne pas pouvoir réparer sa grosse bêtise. Oui, il vaut sans doute mieux que Rhéane ne l’aperçoive pas pendant un moment : elle aura tout le temps de réparer ses robes, et ses peines.

Mais c’est sans compter sur l’intéressée.

Alors que la nuit sommeille encore dans le ciel, Persephone ouvre les yeux. Horloge biologique remise à l’heure : il est temps. La jeune femme se redresse sur son lit en se frottant les yeux. Allume la lumière tamisée de son repaire, une sorte de mélange entre un vaisseau spatial dépassé et un salon années 70 – ce qui, pour elle, représente déjà le futur. Elle troque son pyjama immaculé contre une salopette et des gants en latex. Arrange ses cheveux d’un coup de peigne. On frappe à la porte ; elle suspend son geste, et son myocarde se serre furieusement quand elle reconnaît la voix. La fille des tissus moisis. Mince.

« Bien sûr, lance-t-elle d’une voix blanche. J’arrive tout de suite ! »

À petits pas pressés, Persephone s’approche de la porte, se mordant l’intérieur des joues. Que vient-elle faire ici, à cette heure ? Pourquoi saboter ainsi un plan aussi parfait ? Elle soupire, avant d’ouvrir la porte sur une Rhéane encore ensommeillée. Avec un cadeau, paraît-il. Empoisonné ? Elle lui offre un petit sourire de bienvenue.

« C’est gentil de venir me voir. Je t’en prie, viens t’asseoir un peu. Elle lui ouvre la voie en tendant le bras vers sa chambre. C’est un peu désordonné, je viens de me lever. », ajoute-t-elle balayant du regard l’antre la mieux rangée du manoir.

Polie, l’hôte offre à Rhéane une chaise en plastique surmontée d’un coussin, en face du petit canapé-lit. Attendant, patiemment, la raison de sa venue.
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