Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth
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Annabeth Winnylott
Douce diablesse

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Physique altéré par les émotions, les chagrins, peines, peurs ou déceptions lui font revêtir une apparence démoniaque. Cornes, griffes, queue et écailles tranchantes deviennent son habit. Ses yeux, quant à eux, restent éternellement et pleinement noirs, incapables d'identifier les couleurs, la plongeant dans un monde en noir et blanc.
☾☾ Bizarrerie :
Collectionne les cartes postales, de toutes les époques et de tous les lieux. Fascination pour les contes. Auteure d'un journal intime, tenu depuis 1931.
☾☾ Années :
Quatre-vingt-dix-sept, qu'elle camoufle sous la juvénilité de ses quinze ans, psyché suivant son âge physique avec quelques incohérences ponctuelles de réflexion.
☾☾ Occupation :
Conteuse d'histoires pour les plus - ou moins - jeunes, passion partagée, délivrée par quelques intonations de voix qui font vivre et revivre les aventures les plus anciennes.
☾☾ Myocarde :
Amoureuse d'un souvenir, de promesses envolées, rêvant au prince charmant sans se résoudre à le laisser entrer dans sa vie, accrochée à un amour d'enfant qui n'a plus de sens aujourd'hui.
☾☾ Missives :
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Malina Weissman, par DΛNDELION (bazzart)


MessageSujet: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Jeu 9 Aoû - 22:53

Et là, c'est le drame...

maladresse (nf) : caractère d'une personne maladroite

Sur la pointe des pieds, l’œil admirant les ouvrages qui s'étalent sur le rayon des contes, elle fait le constat qu'elle a déjà lu l'intégralité des œuvres qui se trouvent ici. Contes, fantaisies enfantines aux morales sévères, son expertise dans ce domaine l'étonne presque. Mais ses doigts fins parcourent les dos, elle-même se gorgeant des titres qui lui font face. Son choix se fait enfin. Elle s'empare d'un recueil, contes des Frères Grimm, aussi noirs que fantastiques. Décidant à cette seconde que la prochaine lecture qu'elle fera lors de son atelier sera « Les deux frères », elle serre le livre contre son cœur, un sourire satisfait aux lèvres. Mais son exploration ne s'arrête pas là. Très vite, de nouveaux recueils viennent peser entre ses bras, si bien qu'elle fini presque par disparaître sous les livres qui s'accumulent. N'est-elle pas excessive ? Ne lui vient-il pas à l'esprit qu'elle peut prendre les livres, tous mais un par un ? La bibliothèque lui est accessible en tout temps, et pourtant. Elle s'entête, s'évertue, se tue à prendre les livres par dizaine, les laissant s'empiler au beau milieu de sa chambre, tandis qu'elle les rend au compte-goutte. Cela fait des années, des décennies, qu'elle fonctionne de la sorte. Cauchemar ambulant des bibliothécaires, atroce conservatrice d’œuvres, qu'elle séquestre jalousement, ne les partageant qu'oralement. Elle titube sous le poids des ouvrages, peignant pourtant sur son visage tordu par l'effort un masque de satisfaction.

Si elle n'était pas contrainte par la montagne de bouquins, elle se mettrait probablement à sautiller, songeant à quel point la chasse a été bonne. D'un pas habitué, expert, sans même regarder réellement où elle met les pieds, elle avance. Annabeth, cachée sous Grimm, Carroll, Perrault, Andersen, est bien décidée à regagner sa chambre, à s'étendre sur son lit, et à lire jusqu'à n'en plus pouvoir en battant de ses petites jambes. Oui, elle est bien décidée à se gaver de mots, d'aventures, à faire battre son cœur au rythme des péripéties de nombreux héros. Elle s'y voit déjà, s'y rêve alors que la porte de la bibliothèque est encore loin. Elle sourit à quelques interpellations sur son passage, de nouveaux amis qu'elle n'a guère tardé à se faire dans cette nouvelle boucle, trop avide de connaissance et de relations pour passer inaperçue ici. Néanmoins, elle ne répond que vaguement, perdue dans le précipice de ses rêveries, n'attendant plus que le confort de sa chambre pour se récompenser de l'énergie déployée à subtiliser tous ces livres. Subtiliser. Voilà un mot qui l'amuse, une sonorité qui a toujours fait rire l'éternelle enfant qu'elle est. Il sonne à ses oreilles comme une malice, une bêtise que l'on fait pour s'amuser, sans arrière-pensée quelconque. Il n'a pas la même signification que voler. Pas aux oreilles d'Annabeth. Il a une légèreté, une finesse, une douceur que n'a pas le vol. Subtiliser, ce n'est pas s'approprier, n'est-ce pas ? Elle ne s'approprie pas les livres. Elle essaie simplement de se faire discrète pour ne pas être vue avec ce trop plein d'ouvrages dans les mains.

Discrétion est lui aussi un mot qu'Annabeth apprécie mais qui ne lui sied pas. Preuve étant, voilà maintenant qu'elle se prend les pieds dans ses propres souliers, poussant un singulier petit cri aigu de surprise et de panique. Décomposons le mouvement. Son pied gauche qui se heurte à sa cheville droite, créant un équilibre chaotique. Voilà qu'elle tangue, la Syndrigastis, chancelant dangereusement. Le premier livre de la pile bascule vers l'avant, renforçant le déséquilibre, alors que la montagne de contes suit la gravité. Annabeth ne tarde pas à en faire de même, pied dans le vide, bouche ouverte dans un cri, les livres partent vers l'avant comme une éclaboussure solide, elle s'étale de tout son long. Dans la panique, bien entendu, et avec tous les éléments à prendre en compte, ses cornes et sa queue, ses écailles et ses griffes ne se sont pas fait prier pour se manifester. Revenons à l'instant présent, maintenant que cette simple seconde a été analysée. Les livres chutent. Annabeth chute, toute de monstruosité vêtue, se cognant genoux et paume de la main sur le dur sol de la bibliothèque. Il était question de discrétion, n'est-ce pas ? Non, décidément, Annabeth a un réel problème avec la discrétion. Mais tout cela aurait pu être sans conséquence si les livres ne s'étaient pas échoués contre un homme, lui faisant probablement mal, au passage.

Balayant le sol du regard, à genoux en retenant ses larmes de honte et de douleur, Annabeth fini par voir deux chaussures inconnues. Petit à petit, son regard remonte et elle cligne des paupières. Même sur son visage démoniaque, l'embarras est visible, décelable. Elle se relève presque aussi vite qu'elle est tombée, déglutissant, secouant la tête pour se calmer rapidement et retrouver son apparence humaine, enfantine. Pour retrouver ce visage qui n'a pas tant changé depuis son onzième anniversaire. « Je... Je... Vous... Je... » Elle pourrait fondre en larmes, à l'instant, mais il lui faut toute sa concentration pour ne pas se transformer à nouveau. « Excusez-moi. Vous allez bien ? Vous avez mal ? Vous avez besoin de voir un médecin ? Je suis désolée... Je... J'ai... J'ai trébuché et... Ce n'était pas voulu... Vous pensez bien, je n'attaque pas les gens avec des recueils de contes, ce serait absurde... » Diarrhée verbale reliée à son stress palpable. Elle reste quelques secondes imbécile face au visage – étrangement familier et pourtant inconnu – qui se tient là, juste face à elle. Elle ne s'est que rarement sentie aussi stupidement honteuse qu'à cet instant.
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Galahad L. Ednyfed
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Miroir. Échine capricieuse réorganisant les courbes et les angles sous la friction d’un code organique soufflé. Doppelgänger. Gémellité factice et derme pernicieux, l'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gangrénant pour évincer le propre. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six printemps.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Ven 10 Aoû - 1:04

dramaturges
annabeth & galahad

« Hold your memory for a moment with a blind hand. Write some stories for tomorrow from the bottle of amnesia. Find instructions, to salvation, to oblivion, supreme. »
Fragrance de nicotiane bravant les interdictions, bec d'une pipe égarée entre les babines, à l'abri des œillades vicieuses d'une chouette de bibliothécaire devenue ennemie jurée. Délits en tout genre, banni des lieux depuis bien longtemps, usant de stratagèmes et de carnes d'emprunts pour mieux investir, demeurer tapis dans un coin derrière quelques étagères garnies à l'odeur délicieuse de papier, le tout avant de glaner les codex entre les bras. Ils ne retrouvent jamais leurs étagères. Trésors bien trop précieux. Et il demeure là Galahad, en tailleurs sur le sol et les lunettes rondes sur le naseau, les mirettes perdues dans quelques pages enregistrées au fil de la lecture clandestine, peinant à résister d'ouvrir l'ouvrage avant d'avoir amené le butin dans le grenier salvateur et servant de demeure. Nouvelle bouffée, croisant le faciès d'un quidam visiblement outré par la chose. Jeunot qui ne connut guère les normes de l'époque où l'on vantait les bienfaits d'un tabac pernicieux à tout bout de champ. Il semble vouloir dénicher la maitresse des lieux, le vagabond outragé, provoquant instantanément un replis stratégique. Carcasse qui se déplie, remet soigneusement en place une paire de gants de cuir nocturne, précaution coutumière et détestable, derme imperceptible et inatteignable jusqu'au col. Il finit par emporter les quelques livres le Voleur de carnes, le concept de bien public demeurant abstrait.

Fuite entravée en plein vol, percevant à peine la silhouette qui déboule et percute le sol en un fracas monstrueux. Mâchoire qui se crispe en un sursaut, quelques ouvrages épousant un pauvre pied qui n'eut rien demandé. Arrêt soudain sur image, l'échine figée et les mirettes arrondies, resserrant l'emprise autour du butin avec fermeté, guettant l'instant fatidique où la bibliothécaire débarquerait pour mieux coincer, regrettant soudainement de ne guère avoir changé de faciès pour sortir en toute discrétion. Soulagement, elle semble trop loin.

Pourtant l’œillade arrondie perdure, revenant à la cause du fracas pour en détailler le derme non sans une certaine curiosité. Fascination soudaine mettant en péril la mission d'escapade, jusqu'à-ce que l'étrangeté s'évapore, laisse apparaître une échine humanoïde. Et elle a quelques chose de trop familier la môme. Le minois dépoussiérant quelques remembrances ternies et égarées, trop lointaines que pour en être nettes. Physionomiste, faculté innée de par les malédictions, enregistrant plus aisément les faciès croisés ou même empruntés, peinant à en oublier. Gueule quasi-béante, manquant de faire sombrer la pipe sur le carrelage, retenue de justesse en un réflexe de survie et conservation. Les sourcils se froncent, soucieux, il en est presque certain Galahad, qu'un fantôme trop lointain venait d'apparaître juste sous ses yeux, attendant qu'elle murmure son nom pour en avoir le cœur net.

Mutisme dominant, d'abord incapable de prononcer la moindre syllabes, imagination fertile proliférant, cherchant déjà à racoler les morceaux sans même en avoir la certitude, trouver ce qui lui eut échappé, histoires divergentes pour finir par aboutir en un lieu unique. Hésitation, alors que l'autre ne semblant pas retrouver des traits familiers. Il eut de toute façon trop changé face à l'ultime souvenir qu'ils eurent en commun. « Ce serait plutôt à moi de poser ce genre de question. » Rictus bienveillant, cherchant à rassurer l'autre dans son déferlement de mots paniqué. « Tout va bien ? » Le ton en serait presque grave, comme si l'interrogation voulut aller plus loin que le simple fait de l'avoir vu chuter, peinant presque à assimiler que l'image fut réelle.

« Tes genoux, viens avec moi, j'ai de quoi apaiser tout ça, je suis médecin. » Excuse, d'avantage un besoin de fuir les lieux sans la perdre de vue pour mieux la questionner, évincer le doute. La carne se plie, ramasse la majorité des ouvrages qu'elle eut perdu dans la bataille pour mieux les emporter, enregistrant au passage quelques titres, lui faisant enfin signe d'emboiter le pas et d'agripper un bras si le tout fut trop douloureux. « Tu as eu les yeux plus gros que le ventre on dirait. » Tentative de conversation fugace, à la foi pris de malaise et soucieux. Le tracé jusqu'au grenier salvateur n'eut jamais parut aussi long, ouvrant la porte avec soulagement, esquivant l'amoncèlement d'objets en tout genre, cavernes aux merveilles, pour investir la piètre pièce réservée aux soins et urgences après avoir posé les ouvrages devenus larcin commun. « Installe-toi, je dois avoir de la pommade quelque part. » Murmure suave, enregistrant un instant l'encre obsidienne de ses yeux, très certainement coupable de semer le doute et d'enrayer la mémoire à la voilure d'avant boucle déjà bien assez troublée.
(c) DΛNDELION



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Annabeth Winnylott
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MessageSujet: Re: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Sam 11 Aoû - 16:00

Et là, c'est le drame...

maladresse (nf) : caractère d'une personne maladroite

Étrange familiarité, Beth aurait presque envie de lui demander s'ils se connaissent. Visage pourtant inconnu, elle en mettrait sa main à couper. Et pourtant, sensation qu'il n'est pas et ne peut pas être un étranger, comme si son myocarde le reconnaissait avec bien plus de facilité que ses globes oculaires défaillants. Fort heureusement, la honte entrave ses réflexions, écoulement de mots qui échappent de sa gorge, s'échouent contre les tympans d'un homme attaqué par des contes. Elle se perd, Beth, dégueule ses excuses et ses craintes, occultant la peine de ses genoux meurtris et de ses paumes à peine écorchées, ainsi que le spectacle des livres échoués. Les mots qu'elle reçoit en retour sont bienveillants, apaisent un peu l'affolement du palpitant et les restes de maladresse. Un sourire pour un sourire, elle ramène le côté droit de ses cheveux derrière son oreille, acquiesce timidement face à l’inquiétude ironique de l'individu au sourire bienveillant. « J'ai mal aux genoux, et aux mains.Mais je vais bien. » qu'elle répond, ton désormais timide alors qu'elle avance ses paumes sous le nez de l'inconnu trop familier, pour lui montrer la blessure imaginaire. Les mains n'ont rien, à peine une rougeur. Les genoux, eux, garderont pour la journée l'ecchymose de la chute. Les écailles ont assuré la protection la plus importante de sa peau, monstruosité tournant à l'avantage dans ce genre de situation.

Il est médecin, le sourire bienveillant, l'inconnu qui semble connu. Sans méfiance aucune, Beth acquiesce à le suivre, aide à ramasser les livres recouvrant le sol, se montre plus attentive à ce qu'elle fait pour qu'ils ne lui échappent plus, maintenant. Elle n'a plus autant de poids dans les bras, libérée du trop plein d'effort demandé à son corps de gamine. « Merci. » qu'elle roucoule, pour l'aide des livres et le sauvetage des genoux. Elle boitille, exagère peut-être un peu la douleur qui n'est plus si vive désormais. Mais lui, l'étranger, il s'y intéresse et elle ne veut pas perdre cet intérêt. Elle ignore le bras tendu, mains déjà occupées à tenir une partie de son butin qu'elle ne compte pas abandonner malgré les circonstances. Chance inouïe, le boucan n'a pas réveillé l'infâme bibliothécaire, hantise des voleurs de mots comme Beth. Elle rit, la diablesse, petit son enfantin devant la réalité dictée. Yeux plus gros que le ventre, entassement compulsif des bouquins dans son antre aux allures de maison de poupée, voilà qui est bien vrai. « Ils sont tous si bien, je n'ai pas pu choisir. » Qu'elle trouve comme justification factice, parce qu'il faut en trouver une, probablement. Conversation qui s'essouffle au rythme des pas traversant le manoir, marches qui se montent, Annabeth qui observe. Le silence ne la gêne pas outre mesure, trop occupée qu'elle l'est à essayer de deviner les couleurs qui composent les vêtements de son singulier guide.

Grenier aux merveilles, la gamine lâche un sourire émerveillé devant le bric-à-brac qu'elle doit éviter. Elle se fait violence pour ne pas se précipiter vers les objets qui l'attirent le plus. Elle n'est pas chez elle, dans cet antre merveilleux, si plein de choses qu'elle pourrait y passer des heures à simplement se gaver visuellement de trouvailles en tout genre. L'autre pièce lui fait froncer le nez. Elle n'est pas sûre de beaucoup aimer les docteurs. « C'est chez toi ? » Démonstration de curiosité crédule, qu'elle exerce le nez levé pour détailler toute la pièce du regard. Elle se hisse sur ce qui lui semble être la table des miracles, celle sur laquelle se passent les soins. A ses côtés, pose les livres qu'elle a personnellement sauvé et, machinalement, bat des pieds dans le vide en patientant. « J'aime bien ton grenier. Est-ce que tu pourras me décrire les couleurs, un jour ? » Grand sourire qu'elle lui offre, accompagnant une demande qui n'a plus vraiment d'originalité au bord de ses lèvres. « Au fait ! Je m'appelle Annabeth, mais tout le monde m'appelle Beth, ici. » Elle mordille sa lèvre, hésitante à poursuivre sur la question qui brûle sa gorge, sa langue et ses lèvres. Et, finalement, lâche « Est-ce qu'on s'est déjà vu, un jour ? »

Comment aurait-elle pu complètement oublier son premier amour, après tout ? Bien qu'il ai changé, évolué, grandit, qu'elle ne reconnaisse plus la couleur de ses yeux, ou qu'elle soit incapable de définir s'il est blond, brun ou roux... Restent des traits d'enfance sur les visages de tous les adultes, tant qu'on prend la peine de reconstituer le puzzle.
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Galahad L. Ednyfed
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MessageSujet: Re: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Dim 12 Aoû - 13:14

dramaturges
annabeth & galahad

« Hold your memory for a moment with a blind hand. Write some stories for tomorrow from the bottle of amnesia. Find instructions, to salvation, to oblivion, supreme. »
Rire léger, semblables dans leurs méfaits, saisissant que ses captures d'ouvrages ne furent guère en bonne et due forme, chapardeuse dérobant le tout pour les entasser. Concept connu, assimilé, reproduit depuis bien trop longtemps, alors que les livres contaient d'autres histoires, aventures où le fantastique donnait envie de rêver, où la normalité dominante dépourvue de toute malédiction n'entravait guère les héros et autres aventuriers. Histoires utopiques. Passe temps merveilleux. Bien que d'avantage synonyme d'apprentissage, préférence marquée pour les études anatomiques et autres étrangetés.

Acquiescement, rictus aux lippes alors que d'ordinaire les lieux eurent tendance à terrifier tout autant que leur propriétaire, quidams imposant une distance de sécurité peu franchie. « J'ai du un peu me battre pour l'avoir, mais oui, c'est à moi. » Appartements mérités, négocié à l'aide de quelques potins et autres bruits de couloir, doué dans la pêche aux informations et autres secrets. Les combles voyant défiler bon nombre de lubies passagères régies par la versatilité dominante, où les ouvrages à foison côtoyaient appareils photos et autres bobines, surplombés par quelques rangées de clichés suspendus à des cordages entres les poutres. De trop nombreux drapés s'en mêlaient, collection hétérogène pour mieux parfaire les jeux de fumées et miroirs, allant même jusqu'à dégueuler sur un piano qui semblait vouloir disparaître. « Pourquoi pas, peu-être même que je te laisserai fouiner. »

Haussement d'épaules, saisissant que ses rétines furent dépourvues de sensibilité aux pigmentations, curiosité qu'elle fut, les lippes ravalant un besoin de laisser s'échapper de trop nombreuses questions. Les phalanges s'affairent, toujours couvertes d'une seconde peau sous forme de gants, précaution coutumière pour mieux enfermer la chaire pernicieuse qui eut cette affreuse tendance à vouloir gober ce qu'elle effleurait, avant de trouver le derme de ses genoux pour les masser d'une pommade chauffante à la fragrance mentholée. « Tu as une belle particularité, je regrette de ne pas l'avoir vu plus tôt. » Sincérité. Il fut comme ça Galahad, à s'extasier trop aisément des étrangetés d'autrui, possédant parfois cette tendance terrible à les envier.

Paluches qui se figent une seconde dans leurs gestes, enregistrant le nom soufflé en une confirmation mordante. « Un très joli nom, ça fait bien longtemps que je ne l'ai pas entendu. » Semi-sourire, emprunt d'une certaine mélancolie. Triste constat des boucles, piégeant les carcasses sans qu'elles ne puissent plus jamais s'épanouir, capturant les âmes parfois trop jeunes pour ne plus les laisser grandir. Il n'aurait probablement pas supporté Galahad, d'être captif dans une enfance ou adolescence pour toujours et à jamais, sentant le décalage poignant se marquer avec la jeune fille restée môme, ignorant exactement comment il fallut la considérer et l'aborder tandis qu'ils furent pourtant contemporains.

Et elle semblait se remémorer quelques brides, percevant presque l'écho qui lui traversait l'esprit. « Cherche bien. » Murmure suave, s'écartant après avoir fini la besogne, troquant le silicone des paluches pour leur cuir coutumier, détestable. « Même si je doute que tu y parviennes, ça fait bien longtemps. » Bien au delà des années à être restés plongé dans un renouveau incessant, il y eut près de deux décennies marquant les carnes depuis un adieu dans les ruelles de la capitale anglaise. Il se souvint vaguement Galahad, qu'il eut été inconsolable quelques semaines durant, s'enfermant dans des cabanes de drapés pour mieux interdire l'accès aux ainées. « J'ai grandit depuis notre dernière entrevue. Peut-être trop. » Il n'ose pas le voleur de carne, laisser glisser un quelconque sobriquet par crainte de trop la déstabiliser ou même la blesser.
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Annabeth Winnylott
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MessageSujet: Re: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Mar 14 Aoû - 0:23

Et là, c'est le drame...

et les fantômes du passé refont surface

C'est à lui. Drôle de possession, qu'un grenier aux allures de caverne aux merveilles. Beth s'y sent comme chez elle, malgré l'effroi d'un cabinet médical. Elle voudrait fouiner partout, l'anglaise, jeter ses yeux sur tous les objets, en effleurer chaque courbes et détails. Elle voudrait recomposer l'image avec le souvenir des couleurs. Souvenir lointain, si lointain. Période si lointaine que celle où ses yeux étaient encore de leur joli bleu, où les couleurs étaient de précieuses amies à ses rétines. Elle n'a pas besoin de ses yeux, Annabeth, pour être expressive. Visage qui s'éveille, se réchauffe, s'émerveille de la presque-promesse faite. Celle de la laisser fouiner, porte ouverte à sa curiosité maladive. Elle place ses mains sous son fessier, pour s'éviter de trop bouger, surexcitée qu'elle est, la petite, à l'idée farfelue de pouvoir fouiner. « C'est vrai, ça, tu me laisseras fouiner ? » Petite malice dans sa voix qui n'a pas changé depuis l'enfance, effluves d'excitation dans son timbre. Règle n°1 : ne jamais dire ce genre de choses à une Annabeth Winnylott. Visage joyeux se tord de douleur – toujours cette exagération – alors que la pommade est passée sur ses genoux blessés. Beth attend que ce mauvais moment passe et disparaisse, se concentre sur la presque-promesse. Après ça, peut-être qu'elle pourra fouiner. Peut-être même qu'il lui décrira les couleurs. Elle n'est qu'à une pommade de tout ça.

« Tu trouves ? » Sa voix s'étonne, autant que son visage qui marque la stupéfaction. Une belle particularité que celle de se transformer en un diable écailleux ? Elle n'est pas certaine de vouloir être d'accord avec les mots qui échappent à l'étranger familier. « Ma mère était comme moi, mais elle n'arrivait pas à redevenir humaine, alors elle se cachait. Et un jour, elle est morte, et elle a hanté notre maison. Tout le monde avait peur, et personne ne venait chez nous. » Souvenirs qui se mélangent, petite touche de mensonge dans ses propos pourtant allongés sur leur lit de vérité. Présentations s'en suivent, compliments ensuite. Compliments accompagnés d'une drôle de certitude quand il lui confie qu'il n'a pas entendu ce nom depuis longtemps. Ils se connaissent, alors. Ça ne peut qu'être ça. Ils se connaissent et la démone a oublié. Elle se sent soudainement très inconfortable, elle ne voudrait pas lui faire de peine en lui disant qu'elle ne se souvient plus de son nom et de son visage, cherchant de sa question confirmation de ses doutes et craintes. Il lui confirme le tout d'une énigme et le désarroi de Beth se peint sur sa face juvénile. « Alors si je me trompe, tu ne seras pas triste ? » qu'elle demande, nerveuse, suite à la confidence faite. Elle a toutes les chances de ne pas se rappeler, n'est-ce pas ? Et même lui a l'air de le savoir. La voilà perdue, la petite Winnylott. Perdue dans des souvenirs qui ne veulent pas se superposer à l'instant présent. Indice qui vient s'écraser contre ses tympans. Elle fronce les sourcils, faisant un réel effort de concentration, farfouillant dans sa mémoire pour essayer de rendre cohérente cette conversation.

Et puis, elle mordille l'intérieur de sa joue, faisant grimacer sa bouche sous la pression de la réflexion. « Alors, on se connaît, tu dis. Mais ça fait longtemps. Et tu n'étais pas aussi grand. C'est ça ? » Elle attend confirmation, avant de hocher la tête. Mine subitement sérieuse, elle paraît enquêtrice. « J'ai presque cent ans, tu sais ? On ne dirait pas, je sais, mais c'est la vérité. Cent ans, c'est une très, très longue vie, il paraît. Du coup, les souvenirs se mélangent un peu, des fois. Les visages, surtout. Et quand on voit en noir et blanc, tous les visages se ressemblent. » Elle acquiesce, presque pour elle-même, et fini par quitter son siège pour parcourir la pièce en laissant ses doigts survoler les babioles ci et là. « J'avais bien un ami, il y a très longtemps. Un amoureux, en fait. Il était beau, et il me faisait beaucoup rire. Il aimait bien mon prénom, lui aussi, même si je n'ai jamais compris pourquoi. Tu sais, on devait se marier lui et moi, on se l'était promis. Mais ça, c'était avant que mon père m'emmène loin de lui. Mon père est devenu très célèbre, c'est pour ça qu'on est parti, mais ça, c'est une autre histoire. » Elle mordille sa lèvre. Voilà qu'elle se met à divaguer, se perd dans un nouveau petit mensonge de rien du tout. « Ce garçon s'appelait Galahad. C'est rigolo, comme prénom, non ? Je le sais, parce que je ne l'oublierais jamais, ni lui, ni son prénom. Enfin... Je te raconte tout ça parce que, tu sais, ton visage me fait un peu penser à lui. Mais c'était il y a très longtemps, maintenant. Trop longtemps pour que ce soit toi. »

Et elle en est convaincue de cette dernière phrase. L'espoir n'a même pas percé dans son discours. Non, à vrai dire, Annabeth s'est fait à cette idée. L'idée que ce garçon avec qui elle partageait bonbons et promesses est vieux ou mort. Trop vieux, plus vieux que le médecin, très largement. Et mort, peut-être. Aussi mort que son père dans la réalité d'au-delà de la boucle.  
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Galahad L. Ednyfed
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☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
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Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six printemps.
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Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
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Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Ven 17 Aoû - 19:50

dramaturges
annabeth & galahad

« Hold your memory for a moment with a blind hand. Write some stories for tomorrow from the bottle of amnesia. Find instructions, to salvation, to oblivion, supreme. »
Acquiescement, promesse muette, sachant pertinemment que l'amoncèlement fut digne d'une caverne aux trésors pour beaucoup, enregistrant la façon dont son regard s'illumine, pouvant percevoir les rêves d'une aventure le temps d'un après-midi. Vaguement familier. Quelques explications s'enchainent, entretenant les voiles d'un mystère qui eut longtemps terrifié la fratrie, les histoires d'ainées contées une fois la sorgue venue, imaginant les pires scénarios possibles et imaginables. Fantômes et démons. Demeure esquivée sans cesse. Naïf qu'ils furent. « Désolé, je ne voulais pas te rappeler ce souvenir. » Souffle douçâtre, préférant apposer une excuse à défaut de savoir quoi dire, ravalant un frisson.

« Mais je n'ai pas peur de toi. » Affirmation. Il lui en fallut beaucoup au voleur de carnes, pour qu'une particularité le fasse tressaillir. D'avantage appâté par leur fonctionnement, le tracé de musculatures et autres cellules cherchant à se mouvoir, ajoutant ce petit quelque chose qui fit qu'ils furent uniques, à la manière de curiosités en bocal qui purent être effrayantes pour le monde extérieur. « Tu dois me trouver étrange pas vrai ? Je crois que c'est ce que la plupart des gens disent de moi. Mais je trouve juste ça fascinant, de voir à quel point certains peuvent changer. C'est joli. » Beauté dans l'hideur. Il se fichait bien des apparences Galahad, de l'aspect des choses, bien placé pour avoir conscience que les carnes ne furent qu'enveloppes futiles.

Serment qui s'égare. « Promis juré. » Promesse de ne pas se vexer, conscience des trop nombreuses années ternies par les boucles au delà des effet du temps. Mémoires parfois bancales, assimilant trop de choses, préférant en oublier d'autres. Les mirettes suivent, enregistrent son tracé, acquiesçant à sa demande. Ce fut long un siècle, grimaçant presque à l'évocation, comme si les mots vinrent avec toute l'impact qu'ils engendraient. Ils n'étaient plus que des fantômes dehors, carcasses oubliées dans le coin d'une anomalie temporelle, condamnées à demeurer sans ne plus pouvoir en sortir. Figés à jamais.

Pincement. Il s'infiltre, vicieux, marquant au fer au fil de ses phrases. Alors il la regarde Galahad, avec ses grands yeux tristes, les lippes finissant par se pincer. Émotivité à fleur de peau. Il l'eut toujours été. Loin d'être de ceux qui bombaient le torses et fonçaient tête la première vers les dangers. Et c'est douloureux, de l'entendre de ses lèvres, qu'elle n'eut pas oublié, se raccrochant à quelques remembrances trop lointaines. « Beth... » Syllabe qui se perd, l'échine fonçant sur la sienne, profitant d'être couvert jusqu'au col, le faciès esquivant habilement tout risque de contact accidentels. L'humidité s'infiltre, une seconde à peine, laissant une perle sillonner une pommette avant d'enfin relâcher la môme, évinçant la larme d'un revers de main, paré à sortir une excuse somme toute douteuse en cas de questionnement à son sujet.

« Aurais-je changé au point que tu préfères me savoir mort ? » Il ose le voleur, trop à découvert, lui offrant un sourire tout de même radieux, passant outre les locutions précédentes qui furent déchirantes. La carne demeure à sa hauteur, repliée, les paumes gantées trouvant les siennes. « Moi aussi j'ai triché, comme toi, même si tu as pris un raccourcit. » Murmure suave, sachant pertinemment qu'elle n'était pas obligé de croire, que les mots purent être durs et d'une tristesse sans nom.
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Annabeth Winnylott
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Physique altéré par les émotions, les chagrins, peines, peurs ou déceptions lui font revêtir une apparence démoniaque. Cornes, griffes, queue et écailles tranchantes deviennent son habit. Ses yeux, quant à eux, restent éternellement et pleinement noirs, incapables d'identifier les couleurs, la plongeant dans un monde en noir et blanc.
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Collectionne les cartes postales, de toutes les époques et de tous les lieux. Fascination pour les contes. Auteure d'un journal intime, tenu depuis 1931.
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Quatre-vingt-dix-sept, qu'elle camoufle sous la juvénilité de ses quinze ans, psyché suivant son âge physique avec quelques incohérences ponctuelles de réflexion.
☾☾ Occupation :
Conteuse d'histoires pour les plus - ou moins - jeunes, passion partagée, délivrée par quelques intonations de voix qui font vivre et revivre les aventures les plus anciennes.
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Amoureuse d'un souvenir, de promesses envolées, rêvant au prince charmant sans se résoudre à le laisser entrer dans sa vie, accrochée à un amour d'enfant qui n'a plus de sens aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Dim 19 Aoû - 0:05

Et là, c'est le drame...

et les fantômes du passé refont surface

Elle secoue la tête, la gamine, face aux excuses prononcées. « Non, ce n'est rien, ne t'en fais pas. » affirme-t-elle du bout d'un sourire. Parler de sa mère lui fait bizarre, parfois. Mais ça ne lui fait plus mal, aujourd'hui. Elle préfère se rappeler de la douceur de la couverture, pelotonnée dans les bras d'une maman-monstre qui lui lisait des histoires. Il n'a pas peur d'elle, dit-il. Un petit rire gêné lui échappe, alors que timidement, elle remet en place une mèche de cheveux. Gênée, parce qu'elle prend cette phrase comme un compliment. Et parce qu'il est beau, celui qui le lui fait. Elle ne sait pas quoi répondre, est tentée de prononcer un merci de ses lèvres de jeune fille, mais ne sait pas si cela serait vraiment adapté aux mots prononcés quelques secondes plus tôt. Et alors qu'il se justifie, se qualifie d'étrange lui-même, elle secoue la tête, empressée. « Non. Non, je ne te trouve pas étrange. C'est gentil, ce que tu as dit. Merci. Et merci de... de me trouver jolie, même avec l'autre peau. » Elle fini par le lui accorder, ce petit mot, parce que sa remarque était touchante. Elle a préféré la boucle au vrai monde, parce qu'il était bien trop simple pour le reste du monde d'être effrayé par son apparence. Parce qu'elle ne voulait pas devenir comme sa mère, à se cacher à cause de sa difformité démoniaque. Étrange sensation, que celle de se sentir pleinement acceptée. Il lui arrive parfois de ne pas la ressentir, même dans le manoir. Parfois. C'est bien rare, bien sûr, mais toujours la même fascination lui transperce le cœur face à cette sensation si agréable, comme un réchauffement du palpitant. À cette seconde très précise, elle ressent une profonde gratitude, immortalisée sur un sourire qui ne quitte plus ses lèvres.

Du moins, jusqu'au moment fatidique où la peur remplace la gratitude. Peur de blesser l'autre à cause des souvenirs lésés. Elle parle, parle, parle encore, vomit ses souvenirs. Et elle se souvient, à mesure qu'elle parle. Elle se souvient des rires, de la complicité, des bêtises d'enfants qui cimentaient leur amitié amoureuse. Les promesses, les « promis juré » et l'avenir qu'ils se créaient sans avoir conscience de ce que la réalité impliquait. Elle se souvient de leurs jeux. Et de certaines de leurs conversations. Oh, ce qu'elle donnerait pour pouvoir revivre une seule seconde de ce bonheur. Pour pouvoir, ne serait-ce qu'une seule seconde, prendre de nouveau la main de Galahad, pour l'entraîner loin des regards adultes, partageant un butin sucré subtilement subtilisé dans une cuisine londonienne. Et sa gorge s'en serre, mais elle préfère sourire. Car c'est stupide, n'est-ce pas, d'être triste à cause de souvenirs joyeux ? Le médecin, lui, se plie sur elle. Étreinte qu'elle ne comprend pas, sa gorge se serre plus fort. Elle ne pleurera pas, non. Si seulement elle pouvait retrouver son ami... Mais elle est trop certaine qu'il a disparu dans les abysses du temps, mangé par la vieillesse, disparu sous elle. Et les mots, ensuite, la frappent si violemment. Enfantine, mais non stupide, Beth comprend trop rapidement la vérité. Mains dans celles gantées de celui qui fut son ami, le cœur accélère. Les mots lui résonnent dans le crâne. Ses certitudes, ce qu'elle s'est créé pour ne pas souffrir trop de l'absence de cet ami, tout s'écroule comme le plus fragile des châteaux de cartes. Incapable de parler qu'elle est, actuellement, ses yeux noirs scrutent le visage du supposé Galahad. Elle se raccroche aux traits connus, ceux que le passage de l'enfance à l'âge adulte n'a pas trop entamé. Et elle voit. Pas avec les yeux, non. Mais avec la certitude.

Et c'est un premier sanglot qui lui secoue tout le corps, à défaut de mots pour exprimer le sentiment qui vient de l'envahir. Mélange de tristesse, de joie, de choses incompréhensibles pour elle. Un second sanglot provoque la transformation, tête cornée qui se baisse pour regarder le sol, alors qu'elle tremble de tous ses pleurs. Voilà qu'elle craque, la petite Beth. Que l'information est d'une violence si brutale qu'elle ne serait même pas capable d'avoir le moindre contrôle sur sa transformation. Elle retire ses mains de celles de Galahad, avec une précaution toute particulière pour ne pas déchirer ses gants, se met sur ses jambes pour s'éloigner de lui. Diablesse en train de pleurer, elle relève son regard sur celui qui fut son meilleur ami. « Je... » Les hoquets de larmes rendent la locution difficile, alors elle la force « Je suis... je veux... Tu es... » Elle pense les mots sans réussir à les dire, sanglots qui s'intensifient. « Tu m'as tellement manqué, Galahad... » qu'elle fini par articuler en tenant tête aux pleurs. Et en disant cela, elle pleure plus fort encore, en proie à une émotion refoulée depuis de nombreuses décennies. Le bonheur et la tristesse mélangée, la peur que tout cela ne soit qu'une farce, la douleur de voir un fossé d'âge les séparer... et le deuil brutal d'une certitude factice. Elle voudrait un câlin, finalement. Mais ses écailles tranchantes l'interdissent, menaçantes. Elle ne veut pas blesser Galahad.  


nota bene:
 
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Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
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Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
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Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: Et là, c'est le drame - Galahad et Annabeth   Mer 29 Aoû - 13:19

dramaturges
annabeth & galahad

« Hold your memory for a moment with a blind hand. Write some stories for tomorrow from the bottle of amnesia. Find instructions, to salvation, to oblivion, supreme. »
Mutisme. Il perdure un instant, tandis que l'autre cherche, appose quelques remembrances ternies pour mieux les retrouver dans des similitudes abstraites. Il s'en pincerait presque les lippes Galahad, attendant le verdict et le jugement quelque peu redouté, égaré dans une mélancolie nostalgique. La pièce tombe, déclenchant un cataclysme et une réaction en chaine chez celle qui fut restée môme, enregistrant la façon dont son épiderme se meut, change de teinte et de texture en une presque parodie biblique, fascination, refusant de percevoir une quelconque bête hostile sous ses cornes. Pas avec ces larmes, ce tumulte d'émotion chaotique.  

Il connait les trucs le voleur de carnes, les astuces pour esquiver les dermes, en faire un cocon douçâtre, coutumier d'un isolement imposé depuis trop longtemps. L'échine fait volte face, dénichant une couverture épaisse, au tissus assez solide que pour accueillir les écailles qui semblent aussi affutées que des lames, l'enroulant comme si elle fut un objet fragile qu'on ne voulut pas briser dans un transport quelconque. Et il l'enlace Galahad, la carne moins parcimonieuse que dans l'étreinte précédente, protégés par des couches salvatrice, là où son épiderme actuel fut hostile, capable de déclencher une géhenne abominable durant de trop longues minutes, la carcasse à vouloir reproduire l'impossible tout en compensant. « Shhh... » Locution qui se perd en un souffle suave, désireux d'apaiser le torrent qui semble s'intensifier au fil des mots.

« Tu m'as aussi manquée Beth. » Borborygme étouffé par la couverture, les lippes fendues en un sourire ravi, rassuré de sa douceur en dépit des larmes. Les bras emportent ses airs de gargouilles, la soulèvent du sol pour mieux la happer avant de la reposer soigneusement au bord d'un matelas moelleux, d'avantage confortable que le parquet usé qui ne vieillirait pourtant plus. Une paluche s'égare, se perd dans une étreinte qui perdure pour frotter son dos épineux à travers le drapé, rassurante. Il fut comme ça l'Excentrique, de ceux trop bienveillant qui voulurent consoler, peinant à voir les larmes, frère ainé de substitution de trop nombreux gosses, là où il fut coutumier des fratries trop grandes. Pourtant il y eut quelques chose de différent, dérangé par une amertume prédominante, alors qu'ils furent contemporains, deux égaux au décalage désormais flagrant.

Maigre distance qui s'impose, pour mieux l'observer, détaillant l'anomalie de son gène particulier, un index s'élevant pour mieux effleurer une corne biscornue et curieuse, frustré de ne guère pouvoir enregistrer sa véritable texture. « Tu es magnifique. » Rictus qui s'élargit, poussé par la fascination des particularités d'autrui, tant jalousées, renouvelant l'image d'une amitié aux abords banale, visiblement loin d'une normalité imposée par l'homme, deux étrangetés depuis le début. « Il va juste falloir éviter de se toucher de peau à peau, d'accord ? » La règle s'impose en un murmure précautionneux, peut-être stricte et incontestablement détestable, les tripes une fois de plus nouées à cette idée, condition coutumière avec autrui, tant qu'il n'aurait pas trouvé une solution, un remède, un espoir allant au delà des quelques instants trop rares d'effleurements sans le moindre risque. Une œillade désigne la paire de gants au cuir nocturne, accompagnant des vêtements couvrant la carcasse jusqu'au col, lui signifiant que ce n'était pas la faute de ses écailles tranchantes et reptiliennes, qu'il fut unique responsable dans cette décision déchirante.
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