nouveau look pour une nouvelle vie ☾ galahad
 ::  :: Londres :: Les Rues

Rhéane I. Thorpe
présentatrice météo

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Elle est la brume et l'ouragan. Ses pensées façonnent le ciel et ses humeurs le déchaîne. Alors que la foudre suit les palpitations de son cœur, la pluie, elle, glisse sur ses joues.
☾☾ Bizarrerie :
Fascinée par les bulletins météo, elle n'en rate jamais un et les documente soigneusement dans un petit carnet. Les nouvelles technologies, parfois plus si nouvelles, l'horripilent presque autant qu'elles l'effraient. Téléphones et autres immondices dérobées à leur propriétaire malchanceux s'entassent donc sous son lit, hors d'état de nuire.
☾☾ Années :
Vingt-huit ans de vie biologique, quatre-vingt-quinze d’existence.
☾☾ Occupation :
Gouvernante, grande sœur, épaule attentive. Elle guide les plus jeunes et éponge leurs larmes. À la nuit tombée, elle raccommode pantalons troués et collants effilés. En journée, elle sort de la boucle et va se cacher en coulisses où elle prépare les artistes à la scène. Costumes, fards et coiffures étranges sont sont affaire.
☾☾ Myocarde :
Divorcée, amoureuse, abandonnée.
☾☾ Missives :
263
☾☾ Trogne & crédit :
Zhenya Katava (avatar, DANDELION ☾ gifs, excelsior ☾ signature, endlesslove)


MessageSujet: nouveau look pour une nouvelle vie ☾ galahad   Ven 10 Aoû - 1:36

nouveau look pour une nouvelle vie
alors la ma chérie ça va pas du tout
L’élégance aux pieds, elle martèle la ville. Ses talons claquent et frappent le bitume brûlant des rues londoniennes. Démodée, ringarde, vintage. Elle le lisait sur les lèvres des passants, sentait leurs regards intrigués sur sa nuque. Longue jupe de lin rouge sur laquelle était cousus de petits boutons dans la longueur. Légèrement évasée en bas, elle s’arrêtait quelques pouces en dessous des genoux, guidant les yeux curieux le long de ses cuisses. Un chemisier parsemé de petites fleurs jaunes était rentré dans sa jupe, dégageant sa poitrine. À sa droite, Galahad la suivait de près. Timide, peureux  ou peut-être dédaigneux, il s’aventurait rarement hors de la boucle. Véritable cocon, manoir à l’écart de la civilisation, une bulle hors du temps. Enveloppe aux parois molletonnées, elle protège les particuliers les plus vulnérables et rassure les moins courageux. Elle les soustrait tous des griffes du temps, les jours restent inchangés, leurs corps figés tandis qu’à l’extérieur tout bouge, tout évolue. Les paysages se modifient, le béton et la brique remplacent les champs, le monde change, se transforme, les corps s’allongent et les robes rétrécissent : plus courtes, plus colorées, plus libres. Les hommes ont depuis longtemps laissé tomber costumes et redingotes et ne se baladent plus qu’en jeans et t-shirts en coton, les plus audacieux y préférant une chemise.

Galahad ne ressemblait à rien de tout ça. Créature changeante, être à l’allure capricieuse, jamais fixée, toujours en mouvement. Homme ou femme. Jeune ou vieux. Cheveux longs puis courts. Peau claire qui fonce, se ride et s’éclaircit à nouveau. Le cauchemar des couturiers, le fantasme des stylistes. Et pour les quelques heures qui suivraient, son cobaye. Volontaire par obligation, il avait cédé après plusieurs jours de lutte, abandonné après des heures de supplication. Hors de la boucle, on parlait de relooking, de remise à neuf. Ce n’était pas ce qu’elle cherchait à faire ici. Galahad n’avait pas besoin d’être remis – ou plutôt, mis – au goût du jour, son esprit tordu et nostalgique avait juste besoin que quelqu’un vienne lui apporter un peu d’ordre et de modernité. Surtout de modernité. Ses placards étaient le temple de la ringardise, le sanctuaire de l’ancien. Il y vénérait vieux costumes et accessoire sûrement déjà vieillot lors de leur acquisition. Rhéane y voyait un goût prononcé, bien que partagé, pour les antiquités et une réticence assumée à l’idée de se séparer de ses trésors. Garder ces vestiges du passé ne lui posait aucun problème tant qu’il la laissait les dépoussiérer un peu et y ajouter une touche de vingt-et-unième siècle. Leur sauveur se cachait derrière un bac de fleurs, juste à côté d’un stand de churros, et était devenu l’une de ses boutiques favorites. L’air guilleret, elle se tourne vers lui, impatiente d’ouvrir les festivités. « Pas trop stressé j’espère ? Si tu te sens mal à l’aise tu n’auras qu’à rester en cabine. Je viendrai tout t’apporter et tu crieras quand tu seras prêt, mais pas pour le moment, je veux d’abord voir un peu ce qui te plaît. » Elle pousse la petite porte en bois et, alors qu’une clochette annonce leur entrée, ajoute : « Sauf si tu préfères me laisser te faire tout essayer. » La marche en bois grince sous ses pieds, lui rappelant ces après-midi d’adolescence passées à écumer les échoppes à la recherche de la perle rare, en quête d’une robe bon marché ou d’un pantalon un peu moins abîmé que ceux qu’elle portait à l’époque. La désillusion était souvent rapide, même la plus fine des robes, même taillée dans les tissus les plus abordables par les couturiers les plus généreux était trop chère. Alors, elle récupérait vieux pantalons et nappes usées, allant parfois jusqu’à couper des bouts de rideaux pour confectionner ses propres robes, qu’elle offrait ensuite à sa mère ou conservait précieusement. La gêne et la honte avaient longtemps accompagné ses sorties, vieux réflexes qui resurgissaient parfois. Elle avait abandonné la pauvreté en même temps que sa liberté, puis s’était précipitée dans les bras de celui qui la quitterait bien trop vite. Lui avait tout, il ne connaissait rien du manque ou de la honte, il lui offrait des robes parce qu’elle lui plaisait, que ça lui faisait plaisir, qu’il en avait envie. Maintenant, c’était son tour. À elle de rendre service, de faire plaisir. Et si Galahad ne manquait pas d’argent, il manquait cruellement de style.
(c) DΛNDELION


la tête dans les nuages ♒︎ Quand la lune, écartant son cortège d'étoiles, jette un regard pensif sur le monde endormi, devant son front glacé je fais courir mes voiles, où je les soulève à demi. On croirait voir au loin une flotte qui sombre, quand, d'un bond furieux fendant l'air ébranlé, l'ouragan sur ma proue inaccessible et sombre s'assied comme un pilote ailé.
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Galahad L. Ednyfed
reflet excentrique

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Miroir. Échine capricieuse réorganisant les courbes et les angles sous la friction d’un code organique soufflé. Doppelgänger. Gémellité factice et derme pernicieux, l'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gangrénant pour évincer le propre. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six printemps.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant embourbé dans les fils d'un idylle platonique. Carne répugnée par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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Brendon Urie ☾ kozmic jumble bbfreddiechou (ava) / DΛNDELION (gifs/sign)


MessageSujet: Re: nouveau look pour une nouvelle vie ☾ galahad   Ven 17 Aoû - 15:19

réticences
rhéane & galahad

« I wanna dress you up in silk, taffeta. Tailor these clothes to fit your guilt, what's your size? This purse can hold my black card and tiara. Versace promises I will, dolce vita. »
Angoisse. Paranoïa mordante. Manque d'air qui peine à filtrer dans les poumons, vertige pernicieux mordant, à deux doigts de faire sombrer les jambes qui peinent à suivre. Quelle idée. Sensation d'avoir été dupé et d'y perdre au change, quand bien même Rhéane eut vendu ça comme un "bien-être". Ô qu'il n'eut rien à faire au beau milieu des badauds d'un temps si lointain le Voleur de carnes, la gorge nouée à la moindre échine croisée, esquivée avec soin en une danse qui fut coutumière. Foule détestable, faisant ressortir un élan d'agoraphobie générée par une malédiction du derme qui n'attendait qu'un instant d'égarement pour se manifester, tapie dans l'ombre tel un fauve affamé, désireux de répandre le chaos au beau milieu d'une capitale anglaise méconnaissable, et ce, même à travers une carcasse recouverte jusqu'au col. Tache en plein jour d'été, contrastant avec le reste du monde qui dévoilait le moindre morceau de chair. Modernité foisonnante, contribuant au malaise. Ici, le jour ne se renouvèlerai pas. Ici, ils furent en danger, horloge délétère, comptant les maigres heures avant de frapper. Poussière. Ils ne furent que fantômes, vagabondant sans réellement exister. Le poids des années se marque en une scission amère.

Carne marquée par la désuétude. Hostile à ce monde qu'il ne comprenait plus Galahad, beaucoup trop vieux, voyageur temporel tout juste dépoussiéré du fin fond des années quarante, comme dé-cryogénisé, d'avantage repérable par son décalage flagrant et la façon dont les mirettes peinaient à assimiler le surplus d'informations futuristes que par l'excentricité de son derme. Peut-être que le drapé jouait pour beaucoup, alors que vintage fut le mot prédominant sur les lippes, les bretelles narguant sous une veste en tweed trop démodée, le col surmonté d'un nœud papillon bien droit.

Pas pressé, sur les talons de celle qui fut tempête météorologique. Le salut semble arriver, voyant l'investigatrice de cet odieux plan ralentir, les naseaux capturés par la fragrances sucrée de beignets allongés, alléchants, désireux de troquer la séance de torture contre une dégustation de mets modernes. Utopie. Oh il ne fut guère de ceux qui se laissaient aller Galahad, attentif pour paraître frais aux chemises bien repassées, juste égaré en une temporalité sans avoir évolué, allant même jusqu'à régresser depuis son entrée en boucle, à l'aube des années cinquante, coutumier d'un temps de guerre omniprésent où il voulut se fondre et ne guère se faire remarquer. « Omis l'amère sensation de manquer d'air et les vertiges tu veux dire ? » Début trop rapide, langue ripant, lippes bafouillant, dégueulant de nervosité par tous les pores.

Les panards osent, franchisent le porche, ne sachant guère par où commencer. Boutique contrastant avec les pénuries de guerre, vêtements à foison. Aventure. La curiosité fini par prendre le pas, glissant entre quelques rayonnages. Le jeu s'infiltre, voyant fleurir un certain attrait, là où les costumes s'amoncelaient pour mieux parfaire des emprunts, voyant la chose comme si l'objectif fur le même, sans pour autant redessiner les traits. Œillade aux alentours avant d'oser, assuré qu'ils furent relativement tranquille dans cet antre climatisé pour ôter un gant, la paume glissant sur quelques drapés pour en étudier les textures avec prudence. « Tout me paraît si... » Le mot peine à sortir, là où quarante voulut du volume et de la largeur, enregistrant la manière dont les mannequins en plastique sont étriqués dans de si petites tailles, surtout par des pantalon qui semblaient impossibles à enfiler. « à l'étroit. » Maigre rictus, trouvant du réconfort en percevant quelques chemises à la coupe presque similaire que celles arborées. Nul doute que l'autre allait contester.
(c) DΛNDELION



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