la tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres — rhéane
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Winnifred Deveraux
venimeuse mal aimée

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☾☾ Particularité :
carcasse amère et absente de filtre. damnation à la source, et fléau au blason. chimère possessive de vos fils de vie. poison au bout de ses ongles, qu'elle destitue en vain; production naturel de poison reptilien et arachnide.
☾☾ Bizarrerie :
livre précieux. obsession absurde, pages jaunies, brûlées et déguisées d'écailles en tout genre; avant tout serpentine pour le plus grand plaisir de ses yeux.
☾☾ Années :
corps et visage angéliques. sourire caméléon du bout des lèvres; jeune fille au reflet de vingt et une années pétrifiées par les cliquetis incessantes de la boucle.
☾☾ Occupation :
telle la pièce maîtresse du chapiteau, numéro prisé par les voyeurs aux grands yeux; charmeuse de serpents à ses heures perdues.
☾☾ Myocarde :
elle n'est plus que l'ombre d'un amour fané, porteuse d'un être issu de celui qui lui décrochait ses plus beaux rictus.
☾☾ Missives :
327
☾☾ Trogne & crédit :
lili reinhart // hoodwink


MessageSujet: la tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres — rhéane   Sam 18 Aoû - 11:41





la tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres - RG

Des morceaux de tissus, à l’unité, aux odeurs familières qui évoquent divers souvenirs d’enfance, se glissent sur ses avant-bras chargés par le poids qu’ils procurent. Effluves printanières baladeuses au centre du foyer, qui délaissent une trainée que l’on voudrait suivre par simple plaisir de se revoir courir dans le champ fleurit du fermier du village. De comme sentir, à nouveau, les pétales vous chatouiller les chevilles, et les brindilles d’herbe vous masser entre les orteils. Sensation agréable, peut-être même représentatif d’une certaine liberté imaginaire que l’on a tous, déjà, au moins imaginé dans un moment aussi calme qui nous le permettait. Rayons chauds du soleil reposés sur votre peau laiteuse et brillante, yeux clos parce qu’ils sont éboulis par ces derniers. Viscose, un peu de dentelles d’un blanc immaculé, du jersey en plusieurs couches, de la soie aussi douce que le manteau d’un lapin angora et, une touche personnelle, dans l’idée de lui faire son bonheur de la journée, de le lui offrir en guise de cadeau, du coton de madras. Un bien qu’elle a déniché en dehors de la réalité linéaire, dans un petit magasin au coin de la rue du sud, bon marché et d’une qualité à ne pas douter. On souffle qu’il est rare, qu’il provient de l’Inde et que peu arrive à mettre la main dessus; utilisé pour les confections de robes, de chemisiers et de nappes. Elle n’a pu s’empêcher de penser à elle, à son sourire qui se dessinerait sur ses lippes en voyant la trouvaille, à ses pupilles qui, de façon habituelle, inspirent le néant s’écarquiller et s’illuminer d’une étincelle sauvage. L’irrésistible envie de lui faire son petit bonheur de la journée. Parce qu’elle aime ça, Winnifred, faire plaisir aux autres avant d’assouvir ses propres envies, et il serait facile de juger comme un de ses nombreux défauts. Parce qu’elle n’a jamais mérité l’attention des autres durant son enfance et un bout de son adolescence, et qu’elle ne peut reprendre la pareil à sa nouvelle famille, à ceux qui l’ont trouvé sur le seuil de la porte d’entrée au visage détruit par les émotions, à la rancœur plein l’estomac et aux injures pendues aux lèvres. Les démons éveillés et agités, image d’un mauvais souvenir qu’elle préfère enfouir six mètres sous terre et ne plus jamais y penser. Il y avait pourtant tant à dire, à redire et tant à détester, tant à cracher. Négligence.

Elle monte les marches une par une, la bouche arrondie et fredonne un air de musique enjôleur qu’elle a entendu sur les pavés des magasins. Ce même air qu’une bonne femme pourrait chanter en faisant sa lessive à la main, les mains savonnées et l’étendage déjà habillé de quelques bouts de vêtement. Ce même air que l'on serait heureux d’entendre à Venise, petite ville italienne si prisé et demandée par les touristes, sur le bord d’un traghetto ramé par son capitaine. Il est doux et fluide, et elle ne manque aucune note. Parfois, le sifflement monte un peu plus dans les aigües avant d’encore descendre dans des notes plus graves, plus ordinaires. Un vague souvenir d’un voyage qu’elle ne peut oublier cette fois-ci, bien trop représentatif de la vie qu’elle a mené à l’extérieur de la boucle et qui a fait d’elle cette femme d’aujourd’hui. Alors elle s’élance dans sa marche, toujours, passant à côté des nombreuses pièces qui ornent les murs du long couloir s’étalent sous ses talons. Les visages des tableaux semblent la suivre du regard, l’ombre donne un léger climat obscur et le manque cruel de lumière se fait presque ressentir. Il aurait fallu faire plus de fenêtre dans cette partie de la bâtisse, plus de grand espace, plus de tout. Ses lèvres se pincent, avant que ses premières phalanges viennent toquer contre la porte en bois de sa chambre, à elle

« Rhéane, c’est Winnifred, » se laisse-t-elle commencer, une manie de toujours se présenter lorsque le minois est caché par n’importe quelle façade ou n’importe quel objet. « Je t’ai apporté des bouts de tissus, comme tu me l’as demandé. J’ai, » Ses mots s’échappent, puis elle reprit. « J’ai même une surprise pour toi, est-ce que je peux entrer ? » Une pointe de fierté se fait ressentir dans ses paroles, tandis que son être tout entier est presque intimidé par la réaction de l’ainée. Alors elle attend impatiemment, elle attend le moindre bruit, mais plus particulièrement le cliquetis métallique lorsqu’on vient à tourner la poignée. Ses doigts fiévreux ne tardent pas plus à se mêler aux fibres.

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--- échos de lune ☾
vows are spoken to be broken, feelings are intense, words are trivial, pleasures remain so does the pain
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