nocturnes — (annabeth)
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Winnifred Deveraux
venimeuse mal aimée

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☾☾ Particularité :
carcasse amère et absente de filtre. damnation à la source, et fléau au blason. chimère possessive de vos fils de vie. poison au bout de ses ongles, qu'elle destitue en vain; production naturel de poison reptilien et arachnide.
☾☾ Bizarrerie :
livre précieux. obsession absurde, pages jaunies, brûlées et déguisées d'écailles en tout genre; avant tout serpentine pour le plus grand plaisir de ses yeux.
☾☾ Années :
corps et visage angéliques. sourire caméléon du bout des lèvres; jeune fille au reflet de vingt et une années pétrifiées par les cliquetis incessantes de la boucle.
☾☾ Occupation :
telle la pièce maîtresse du chapiteau, numéro prisé par les voyeurs aux grands yeux; charmeuse de serpents à ses heures perdues.
☾☾ Myocarde :
elle n'est plus que l'ombre d'un amour fané, porteuse d'un être issu de celui qui lui décrochait ses plus beaux rictus.
☾☾ Missives :
327
☾☾ Trogne & crédit :
lili reinhart // hoodwink


MessageSujet: nocturnes — (annabeth)   Mer 22 Aoû - 23:04





the things of the night cannot be explained in the day, because they do not then exist - EH

Il y a ce coucher de soleil à la particularité d’être si berceur et si frais, dissimulé derrière les multiples et flottantes arabesques de nuage d’un blanc immaculé, parfois trompeuses ; lorsqu’on y regarde de plus près, on peut deviner un gris âcre semblable à celui d’une cigarette consumée sur le bord des lèvres. Il y a cette large palette de couleurs, toutes aussi différentes les unes des autres, peintes au travers d’une explosion de douceur par-ci et là, passant d’abord d’un orangé exquis, puis d’un rose pâle et d’un peu de jaune pastel. Il y a le chant des oiseaux, les mêmes, comme à chaque soir, qui viennent se percher du haut des vieilles branches peu solides et sèches des arbres, qui s’apaise au fur et à mesure que le soleil se cache derrière les tuiles de la bâtisse. Malgré la fine couche de moisissure qui s’installe depuis le début du renouvèlement de la boucle, elles continuent de refléter les derniers rayons chauds. Ils s’y déposent, avec tendresse, à la surface de votre peau de lait et sur vos joues pourpres, mordues par la température qui chute minute après minute. Rien ne semble pouvoir être plus parfait que cette heure précise, la petite aiguille montrant le chiffre huit et la grande le quart. Vingt heure quinze, indiquent les cliquetis de la lourde pendule, qui donne fière allure à la salle à manger. Le silence est tel qu’elle pourrait entendre, en y tendant assez l’oreille, la balance se déplacer de gauche à droite dans un rythme régulier, depuis sa place, assise sur une chaise grinçante en fer peint en blanc et à une table ronde assortie. Cavatine de la montre entraînante ; à s’ébranler au rythme des pulsions musicales imaginaires, à s’enivrer des silhouettes noires aux formes humaines alentours, à la recherche de quelques sensations qui ne riment pas avec amour. Les parfums se mêlent entre eux, dont les effluves plus qu’intenses de la terre mouillée et retournée, causée par l’averse de pluie qui sonnent le début de sa tempêter tous les jours à la même heure. Les fleurs, assorties aux couleurs du ciel, laissent une traînée sucrée, une émanation captivante, plaisante. Non, rien ne semble pourvoir être plus parfait que cet instant plongé, enveloppé d’une atmosphère aussi reposante. La Deveraux avait décidé, en cette soirée, de jouer les différentes, de se sentir quelqu’un d’autre pour quelques minutes, puis quelques heures, à ne plus se morfondre dans la routine par laquelle elle passe tous les soirs, comme tous les matins. Elle avait eu envie de faire les choses d’une autre manière, de ressentir l’adrénaline entre ses deux poumons, comme si elle avait la sensation de faire quelque chose de mal, à commencer par se vêtir d’une simple couverture épaisse par-dessus sa tenue alors que la normalité aurait fait appel à la robe de nuit. Puis, elle a eu envie d’un café, un véritable et chaud, qu’elle a fait dans une casserole d’eau bouillante encore présente sur les plaques à gaz graisseuses de la cuisinière.

Alors elle se met à fermer les yeux, peut-être parce que la dernière lueur solaire vint l’éblouir durant les dernières secondes de la journée, ou peut-être parce que c’est une manière comme une autre d’accroitre ce bien-être qui se languit d’elle. Le bord de sa tasse bouillante se joint à ses lèvres roses, pulpeuses, pour y laisser glisser le liquide chaud entre sa mâchoire. Elle le sent descendre, jusqu’au fond de l’estomac, propulsant en elle un frisson, une sueur froide lui parcourant l’échine. La langue s’y prête, léchant les commissures déguisées d’une mousse, la même présente à la surface du café, les yeux toujours clos. Comme si elle ne s’entend plus penser, comme si elle ne veut plus réfléchir et plonger dans la réalité amère dont elle fait les frais. Une réalité devenue synthétique, manipulée d’une simple montre aux aiguilles défaillantes, dans laquelle elle s’est réfugiée par crainte. Des années, sans pouvoir en compter le nombre exact, qu’elle traverse les murs du manoir et qu’elle connait les chambres et ses secrets. Elle a fini par apprendre, minutieusement et précisément, dans le silence au fond de son lit, le quotidien de chacun, pouvant poser chaque action sur une heure définitive. Une occupation comme une autre, que l’on invente ou que l’on innove avec le temps passé ici. Les pensées traversent et fusent à l’intérieur de son crâne, et sont si attrayantes qu’elle, Winnifred, sent à peine la paume d’une main prenante se déposer sur une de ses épaules légèrement dévoilée au reste du monde.

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rp libre suite à une pulsion d'inspiration, n'importe qui peut y répondre heart



--- échos de lune ☾
vows are spoken to be broken, feelings are intense, words are trivial, pleasures remain so does the pain


Dernière édition par Winnifred Deveraux le Sam 25 Aoû - 0:12, édité 1 fois
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Annabeth Winnylott
Douce diablesse

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☾☾ Particularité :
Physique altéré par les émotions, les chagrins, peines, peurs ou déceptions lui font revêtir une apparence démoniaque. Cornes, griffes, queue et écailles tranchantes deviennent son habit. Ses yeux, quant à eux, restent éternellement et pleinement noirs, incapables d'identifier les couleurs, la plongeant dans un monde en noir et blanc.
☾☾ Bizarrerie :
Collectionne les cartes postales, de toutes les époques et de tous les lieux. Fascination pour les contes. Auteure d'un journal intime, tenu depuis 1931.
☾☾ Années :
Quatre-vingt-dix-sept, qu'elle camoufle sous la juvénilité de ses quinze ans, psyché suivant son âge physique avec quelques incohérences ponctuelles de réflexion.
☾☾ Occupation :
Conteuse d'histoires pour les plus - ou moins - jeunes, passion partagée, délivrée par quelques intonations de voix qui font vivre et revivre les aventures les plus anciennes.
☾☾ Myocarde :
Amoureuse d'un souvenir, de promesses envolées, rêvant au prince charmant sans se résoudre à le laisser entrer dans sa vie, accrochée à un amour d'enfant qui n'a plus de sens aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: nocturnes — (annabeth)   Sam 25 Aoû - 0:02

nocturnes ...

... et solitude ne font jamais bon ménage

Elle s'est risquée à la réalité linéaire, juste quelques pas dans les coulisses de la fête foraine. Même pas assez pour être vue, ou pour voir quelque chose. Simplement le goût du risque posé sur ses songes. Risque modéré, mesuré, calculé. Car elle ne risque en réalité que bien peu de choses à se promener dans cet espace protégé. Mais la voilà revenue dans la boucle, Annabeth. Petite robe trop vieille, cheveux tressés, il ne manquerait plus que le sautillement pour qu'elle devienne le cliché d'une vieille série. Petit sourire aux lèvres, elle savoure chaque pas qu'elle fait, chaque mouvement de son corps, chaque bruit perçu dans cet espace désormais parfaitement familier. Là où elle se sent en sécurité, où rien ne peut lui arriver. N'est-ce pas ? Elle ne veut pas retourner dans sa chambre. La perspective d'une solitude nocturne lui glace le sang, sans raison particulière. Elle veut simplement se retrouver avec une autre personne, se blottir au creux d'une autre âme qui vive. Alors plutôt que de se glisser en direction de son antre, Beth prend la direction du jardin. Lentement, elle laisse sa chance à d'autres de croiser sa route, guette d'éventuels visages au détour d'un couloir. Peut-être aura-t-elle la chance de tomber sur Oan ? Ou peut-être que son cœur se fissurera de bonheur à nouveau en découvrant les traits de Galahad au hasard d'une porte ouverte ? Lorsqu'elle parvient enfin au jardin, ni Oan, ni Galahad n'ont daigné montrer le bout de leur joli petit nez respectif. Beth soupire, simplement pour elle-même, essuyant l'échec de ses espérances.

Mais tout n'est pas perdu, puisqu'une silhouette se distingue dans son champ de vision en noir et blanc. Difficilement perceptible à cette distance et avec cette luminosité, pour Annabeth du moins, la fillette décide de s'en approcher. Son esprit fourmille d'idées pour tenter une approche, toute aussi saugrenue les unes que les autres. Mais, finalement, un scénario lui vient en tête. Délicatement, mais avec une certaine détermination, la main de la brunette se pose sur l'épaule de la silhouette. Paume contre peau, Beth sourit d'avance de sa sottise. « Il y avait un papillon. » déclare la gamine, mensonge absurde, avant d'enlever sa main. Cocasse façon d'aborder quelqu'un. « A côté de ton épaule. Un papillon de nuit. J'ai essayé de l'attraper, mais j'ai attrapé ton épaule, c'est fâcheux. » déblatères la petite diablesse. Saisissant de l’œil le visage voisin, Annabeth sourit davantage. « Je suis Beth. Avec la pénombre, je n'arrive pas vraiment à distinguer tous les traits de ton visage, alors je ne sais pas si on se connaît. » Elle mordille sa lèvre. « En fait, il n'y avait pas de papillon. Mais je ne voulais pas être seule. Est-ce que je peux rester avec toi ? » Mensonge réduit à néant dans une maladroite tentative de dévoiler la vérité sur ses intentions. Beth tortille ses mains. Peut-être que sa technique d'approche était un peu étrange, maintenant qu'elle y pense. Mais voilà. Ce qui est fait, est fait, et on ne peut revenir dessus.

Il n'y a plus pour elle qu'à espérer ne pas effrayer la solitaire et son café. Et espérer ne pas devoir retourner à sa propre solitude qu'elle ne veut pas avoir à supporter ce soir.
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