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 « Poor unfortunate souls » DEFI I ❧ Ft. Miss Aegithalos

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MessageSujet: « Poor unfortunate souls » DEFI I ❧ Ft. Miss Aegithalos   Lun 14 Nov - 11:03

poor unfortunate souls

- Premier défi -

Le sol humide et enneigé n'a rien de confortable, bien qu'il pourrait ressembler à s'y méprendre, à un nuage cotonneux. L'oxygène est glacial, laissant quelques picotements alors qu'il passe dans les poumons, frôle les quelques parcelles de peau à l'air libre. La chambre n'existe plus, n'est qu'un souvenir de la veille, ou peut-être plus ? Dans tous les cas, tout semble vaporeux, tourner sur lui-même. Le réveil n'est certainement pas agréable, dos laissant échapper un craquement de mécontentement alors qu'un regard d'incompréhension parcourt l'endroit, s'arrêtant sur la silhouette voisine de l'Ymbryne qui semble dans le même pétrin. A moins que ce ne soit elle qui nous ait entrainé dans cette ruelle pour une raison obscure qui m'échappait.

« MM..M..Magda ? » Au diable les conventions, je n'étais pas capable de réfléchir, le froid faisant tout bonnement trembler mon corps de tout son long, secouant légèrement l'épaule de la rousse pour s'assurer qu'elle était bel et bien vivante. Je n'avais jusqu'alors pas prêté attention à la tenue vestimentaire, expliquant soudainement cette sensation de geler sur place, les pieds nus se recroquevillant dans la pauvre robe de chambre, grelottant.

L'agitation dans la rue voisine finit par capturer mon attention, cherchant soudainement à comprendre où nous nous trouvions. Le mioche venait à peine de brandir son journal, annonçant la date, qu'il provoqua un élan de panique en mon fort intérieur, me relevant tant bien que mal pour lui arracher le papier des mains, le retournant dans tout les sens avec effroi. Vingt-deux décembre, mais où était donc passé le dix-neuf ? Les sourcils se froncent, la peur commence à monter. Est-ce que la boucle de 1973 venait de disparaître ? Avait-elle été détruite ? Où étaient tous les autres ? Coup d’œil horrifié en direction de l'Ymbryne, cherchant à savoir si elle connaissait la réponse. Apparemment non, nous étions tous deux dans le même bateau avec ce temps qui avait décidé de partir en vrille et reprendre sa course. « Il faut qu'on retourne à Édimbourg et vite. Nous en avons pour deux à trois heures de vol maximum. » Enfin à vol d'hirondelle, pour ce qui est de mésange en revanche, pas certain qu'elle puisse friser la centaine de kilomètres-heure en chasse et sous l'adrénaline.

Je lui laisse le journal dans les mains, histoire qu'elle pousse à son tour constater l'étendue des dégâts, à deux doigt de changer de forme, ce qui serait non seulement plus pratique, mais aussi plus chaud, bien que peu taillé pour l'hiver. L'affiche placardée au mur voisin m'en empêcha, provoquant un élan de terreur qui ne faisait qu'augmenter cet élan précipité. « Très vite oui... » Je peine à déglutir, serrant les dents alors que l'horreur est à son comble, un freakshow, un freakshow en ville, imaginant la traque qui devait avoir lieu en ce moment même. Garder son calme, rester de marbre, surtout ne pas paniquer. « Ils ont probablement installé des filets, il va falloir être vigilent, pas le temps de s'attarder, s'ils ont de quoi nous détecter, nous sommes morts, enfin pas tout à fait, techniquement parlant ils vont nous maintenir en vie, mais est-ce que ça change quelque chose ? Surtout, il ne faut pas qu'on se sépare. »

Pas une seconde à perdre, ne prenant pas la peine d'attendre une quelconque réaction pour déployer les ailes alors que la chemise de nuit tombe sur le sol, oubliant le froid sous l'adrénaline, attendant qu'elle opère avant de monter dans les airs de manière à être hors de portée humaine. Peut-être un peu trop facile ? Cette presque victoire laissait tout de même un goût amer, restant méfiant au possible d'autant plus que  quelques regards se lèvent, nous montrant du doigt, ce qui était loin d'être bon et rassurant. Alors quand le cri du rapace s'éleva, ce fut probablement le début de la fin, cherchant la mésange à tête rousse du regard, pris de panique, revenu au cœur du cauchemar et à deux doigts de retrouver l'enfer.
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MessageSujet: Re: « Poor unfortunate souls » DEFI I ❧ Ft. Miss Aegithalos   Lun 12 Déc - 6:44

poor unfortunate souls
Aloysius & Magda
But don't you know we're stronger now. My heart still beats and my skin still feels, my lungs still breathe, my mind still fears. But we're running out of time.

Une main sur son épaule qui la secoue légèrement, et elle reprend brutalement conscience, ses longs doigts enserrant par réflexe le poignet de cette main inconnue. Elle cligne des yeux, paniquée, désorientée, déconcertée. Sa conscience en lambeaux tente de reprendre pied, mais tout autour d’elle semble contradictoire. Ses sens se contredisent, se disputent violemment la primauté de la vérité. Dans ses oreilles qui bourdonnent résonne la course folle de son cœur en déroute.

Un visage se précise, proche, trop. Elle s’écarte légèrement, mais la voix qui prononce son prénom est familière, assez chaleureuse pour calmer son instinct, trop paniquée pour l’apaiser complètement. « Alo– Aloysius ?! » Les convenances sont passées par la fenêtre en même temps que leur dignité. Elle baisse les yeux sur sa tenue, toute son éducation d’Ymbryne hurlant à la mort en se découvrant si indécente. Chemise de nuit, et manteau élimé par-dessus. Et elle ne parvient pas à se remémorer ce qu’elle faisait. A en juger par ses habitudes et l’aspect éclectique de ses choix vestimentaires, cela devait être le soir, ce moment rien qu’à elle, de silence et d’effroi alors que Londres rougeoie dans la nuit qui vient de la recouvrir.

Elle finit par se relever, la peur lui serrant les entrailles, la panique déversant dans ses veines l’adrénaline nécessaire pour qu’elle ne cède pas au froid absolu qui leur mord impitoyablement la peau. Un livreur de journal braille les nouvelles du jour, et elle comprend alors seulement – elle est revenue au siècle passé. Scheiße. Juron intérieur dont la langue n’offusquerait en vérité personne à cette époque. Elle n’a pas le temps de retenir son compagnon, qui arrache des mains d’un livreur incrédule le journal qu’il brandit. Des fous, doit-il se dire. Des fous. Vingt-deux décembre. Le regard qu’ils échangent en dit long ; ils sont tous les deux de famille d’Ymbrynes, et savent plus que quiconque l’étendue de cette découverte. Ne pas perdre pied. Concentration.

La Magda calme et cynique qu’elle peut parfois être refait surface le temps d’un regard. « Parle pour toi. Je vais devoir trouver un moyen plus terrestre d'y parvenir, et vu le siècle où nous sommes... » Elle ne pourra jamais tenir le rythme d’une hirondelle. Elle ne retient plus ses frissons, serrant pitoyablement son manteau léger, seul rempart contre le climat glacial qui referme sur eux sa serre impitoyable. Pourtant elle n’est pas certaine que dans son cas, céder la place à son oiseau serait le bon choix. Elle est discrète, mais elle est fragile. Son métabolisme ne pourrait pas résister longtemps dans un froid comme celui-là, pas sans un abri, ce qu’elle n’a pas le temps de se permettre. Elle n’a pas l’occasion d’ajouter quelque chose, que soudain elle voit sur les traits de son ami se peindre une nouvelle forme d’effroi, fantôme d’une époque que tous auraient préféré oublier. Ses yeux clairs dérivent sur l’affiche placardée au mur, et soudain elle a le cœur au bord des lèvres. Un freakshow. Elle connaît les histoires. Ce sont parmi les premières que lui a enseignées sa mère. Son cerveau en panique, dopé à l’adrénaline, tourne en tous sens. Un freakshow dans la ville, c’est forcément la traque qui va avec, possiblement avec des êtres doués qui ont trahi les leurs.

Un instinct soudain monte en elle. Quelque chose cloche. « C’est trop facile. Il ne peut pas y avoir que des filets, ils doivent avoir prévu autre chose. Se précipiter ne sert à rien, essayons d'abord de réfléchir. » Se transformer est trop évident. Elle veut le retenir, mais l’hirondelle lui glisse entre les doigts et file vers le ciel. « Attends, Alo– ! » Trop tard. Elle retient douloureusement l’élan instinctif qui lui hurle de la suivre. Magda a été élevée dans une famille de rapaces. Une proie née parmi les prédateurs. Sa mère s’est assurée qu’elle avait conscience de cette faiblesse à tout instant, et Magda ne compte plus les heures d’entraînement passées à échapper à ses deux aînés. En même temps que l’hirondelle disparaît de son champ de vision, un cri strident donne vie à ses pires craintes. Rapace. Elle se précipite dans la rue, ignorant les rares passants qui la fixent, outrés. Il est encore tôt, la rue est presque déserte, et du ciel, elle doit être un éclat roux dans le blanc de la neige, ses cheveux attachés d’un long foulard battant dans le vent. Mais elle n’en a cure. Ses yeux fouillent le ciel, accrochant de justesse la silhouette qui zèbre soudain le décor. Son sang se glace.

Faucon pèlerin. Le plus rapide des chasseurs d’oiseaux. Aussitôt, les vieux réflexes reviennent, taisant la panique qui lui retourne les entrailles. Se transformer serait inutile, elle servirait d’amuse-bouche. Mais Aloysius a une chance de tenir tête au prédateur. Faucon… rapides, mais nerveux, et vite détournés de leur proie pour une autre. Ses yeux cherchent un instant l’hirondelle, sans la trouver, puis redescendent au niveau du sol, cherchant désespérément quelque chose – n’importe quoi, qui pourrait distraire le faucon. Il faut trouver, et vite. Car ce faucon porte des jets accrochés aux serres, lanières de cuir prouvant que le fauconnier n’est pas loin. Et un fauconnier à Glasgow est un phénomène bien rare… sauf peut-être, lorsqu’un freakshow est en ville.  

Mais il y a plus pressant, plus immédiat. Elle scrute la rue endormie autour d’elle, les engrenages de son esprit tournoyant follement. Il lui faut trouver une distraction… son regard s’arrête sur un hansom cab à l’arrêt devant un pub, les deux roues du carrosse noir tranchant sur la neige, le cheval attelé la scrutant d’un regard flegmatique. Avec une lanière de cuir de bonne taille, elle pourrait improviser un leurre. Juste le temps qu’il se mette à l’abri. Juste le temps que… C'est complètement fou, mais au point où ils en sont, ils n'ont plus tellement d'autre choix que d'embrasser la folie ambiante. Ni une ni deux, ignorant le froid qui rend douloureux chaque mouvement de ses mains, elle s’approche, et détache avec l’aisance de l’habitude l’une des rênes du harnachement ; et, trop concentrée sur sa tâche, ne remarque pas, plus loin sur la rue, l’homme et la femme qui la scrutent avec dans le regard une lueur bien différente de l’indignation que démontrent les rares autres passants.   
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