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 [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia

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MessageSujet: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Lun 14 Nov - 17:13

Tag, you're It

- Anastázia & Romy & Zophia -

Elle fronce le nez, dérangée dans son sommeil. Par réflexe, son corps se recroqueville en position fœtale, mais rien n'y fait : le vent glacial qui lui mord les joues ne cesse pas ses assauts. Cependant, Anastázia refuse de se réveiller, alors elle cherche sa couverture pour la remonter au-dessus de sa tête - mais la couette n'est pas là. Est-ce qu'on lui a joué un mauvais tour ? Est-ce que quelqu'un lui a volé son édredon et a ouvert la fenêtre de sa chambre, rien que pour l'embêter ? Lentement, la fillette accepte d'ouvrir les yeux. Quiconque avait osé faire ça allait s'en mordre les doigts - si elle tombait malade et qu'elle allait tout raconter à Miss Umbretta, alors...

Le cours de ses pensées s'interrompt brusquement. Ce qu'Anastázia voit, ce n'est pas sa chambre, et elle n'est même plus couchée sur son lit, mais sur un sac de jute qui traîne par terre. En face d'elle, il y a le mur d'un immeuble - derrière aussi. Tout doucement, elle se lève, et c'est avec un regard incrédule qu'elle assimile la situation. Il fait très froid. Elle est encore dans sa robe de nuit, avec ses grosses chaussettes en laine qui commencent déjà, au contact des pavés verglacés de la ruelle, à s'humidifier dangereusement.

Elle est toute seule. C'est ça qui lui fait le plus peur. Elle ne se demande pas comment elle est arrivée là, ni où elle est - elle se demande surtout où sont passés les autres. Les Miss, et puis Aloïs, et Ulric, et Wilma, et tout le monde ! La réalité fait son petit bout de chemin jusqu'à sa conscience et, enfin, l'incrédulité laisse place à la panique la plus primaire. Elle s'est perdue - elle ne sait pas comment, mais elle s'est perdue, et elle ne va jamais retrouver la maison, et même qu'elle va mourir de froid !

Une seule idée utile lui vient, et Anastázia quitte la ruelle pour entrer dans une rue nettement plus spacieuse, où, malgré l'heure qui semble matinale, des gens vont et viennent déjà. Quelqu'un essaie de vendre des journaux à la criée, mais elle n'y fait pas attention : ni à la date, ni au lieu écrits en petits caractères en haut de la une des journaux qu'on brandit ici et là. Ce qui l'intéresse plus, ce sont tous ces gens engoncés dans leurs manteaux d'hiver et leurs écharpes, occupés à leurs éternelles emplettes de Noël. Elle sait que ce sont des cadeaux qu'ils vont chercher : ils font ça tous les jours. Pourtant, aujourd'hui, leurs allées et venues semblent différentes, mais elle ne trouve pas en quoi.

La maison n'est pas loin - elle le sait, parce qu'elle est déjà venue en ville autrefois. Mais elle ne se souvient pas du chemin, alors elle commence à pleurer. Là, debout sur le trottoir, dans son accoutrement ridicule, Anastázia se laisse aller à ses instincts si simples, si innocents. Restée trop longtemps dans sa boucle, elle oublie les règles, et elle oublie de faire semblant d'être muette. Elle sanglote bruyamment, et chaque hoquet libère une perle qui ricoche à ses pieds.

On ne tarde pas à la remarquer, et une dame s'accroupit près d'elle. On ne laisse pas une enfant pleurer seule dans la rue, et la bonté de cette femme ne semble pas feinte. Son sourire est aimable, son regard rassurant, et sa voix est aussi douce que celle d'une mère.
- Allons ma chérie, il ne faut pas pleurer comme ça ! Tu as perdu ta maman ?
Anastázia essaie de répondre, mais ses pleurs entravent sa gorge et, au lieu de mots, c'est une dizaine de perles qui s'échappe de ses lèvres entrouvertes. La femme ne semble pas surprise, mais voici qu'elle jette des regards furtifs autour d'elle. D'un ton juste assez haut pour être entendu des passants, elle continue :
- Oh, tu as cassé ton collier de perles ! C'est pour ça que tu pleures ? Ne t'en fais pas, je t'en achèterai un autre.
Et, sans vraiment laisser à la petite le temps de répondre ou même de comprendre ses mots, elle se relève et abat une main sur son épaule. Ana sursaute et cesse immédiatement de pleurer, tant elle est choquée. La main lui fait mal, elle la serre beaucoup trop, comme si la femme ne voulait pas qu'elle s'en aille. D'ailleurs, elle commence à marcher, comme si elle savait exactement où elle allait, tirant de force l'enfant derrière elle. Anastázia est trop perdue pour se décider - est-il sage de suivre une inconnue ? Doit-elle se débattre, appeler à l'aide ?

Son hésitation dure trop longtemps et, bien trop vite, quelques hommes rejoignent le duo féminin. Ils ont l'air de connaître la dame, et ils ont l'air très contents et très fiers d'eux-mêmes. Elle ne sait pas, la pauvre Ana, que tous les particuliers ne sont pas gentils. Elle ne sait pas que toutes les dames ne sont pas des mamans, et qu'à cet instant précis, on traque et on course des particuliers dans tout Glasgow - et même ailleurs. Elle ne sait pas qu'elle a été piégée, elle ignore encore qu'il n'aura fallu que de quelques minutes aux méchants pour s'emparer d'elle.
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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Mar 15 Nov - 16:34

tag, you're it

- black days and sky grey and clouds full of fear -

« C'est quoi c'bordel ?! » Il lui gueule dessus, la pauvre, comme si c'était de sa faute. Mais elle n'en sait sans doute pas plus que lui. Ils se sont levés, là dans la ruelle couverte de neige dégueulasse, sans aucune raison, sans aucun souvenir. Romy le premier, piqué à vif par le froid dont il n'a plus l'habitude en son éternel juin 2016. Puisqu'il s'est réveillé sur le trottoir glacial, son sweat, son jean et ses baskets sont trempés par la neige. Il frotte frénétiquement ses bras dans l'espoir de se réchauffer parce qu'il tremble, à la fois de froid et de peur. Que fait-il ici ? Que font-ils ici ? Et où sont-ils ? Il regarde Zophia, comme s'il attendait une réponse de sa part. Comme si c'était de sa faute à elle. Les sourcils du blond sont froncés et la quasi totalité de ses muscles sont crispés. Il sort son téléphone, les doigts tremblants, avec le faible espoir que sa technologie contemporaine puisse lui donner une réponse : il ne s'allume pas. L'écran reste noir, et c'est certainement ce qui le panique le plus. « Merde ! » Il culpabilise de ne pas avoir chargé ce foutu téléphone inutile, sans se douter d'autre chose.

Privé de réseau, Romy lève finalement la tête et regarde autour de lui. Pendant un instant, il aurait presque pu se croire dans une de ces rues du fond de Castletown, s'il les avait connues enneigées. Mais la réalité est plus douloureuse. La première chose qui le surprend, c'est ce silence. Aucun vrombissement, aucune musique, juste des pas dans la neige, la voix d'un gamin au loin. La rue n'est pas déneigée, sans signalisation, il n'y a aucune voiture, pas même un mont de neige qui trahirait la présence d'une machine. Pas de trace de pneu sur la route, juste des filets de roues plus ou moins épais, et des sabots. De l'autre côté, la flamme d'un lampadaire attire son attention. Il a une seconde d'absence, réflexion sans doute ralentie par le froid, il fixe cette flamme et réalise l'aspect irréel de cette rue d'un autre temps.

« Dans quelle putain de boucle on est ? » Planté au milieu du trottoir, les bras croisés, face à cette grande rue blanche et marron qui ne semble mener nulle part, le blond se rend compte qu'il a sans doute parlé un peu trop fort : des passants, aux longues robes et aux hauts chapeaux, se sont tournés vers lui et le regardent étrangement, avec ce même regard qu'il porte lui-même sur cet endroit. Dans son esprit moderne, Romy se dit que cette rue et ces tenues lui rappellent certains films. Il se croirait presque dans un décor hollywoodien, si la neige affreusement réelle ne trempait pas ses baskets à ce point. Ça ne peut être qu'une boucle, n'est-ce pas ? Zophia et lui se sont sûrement faits kidnapper... Serait-ce le sale coup d'une Ymbryne qui voudrait lui faire payer son mauvais comportement ? Ou qui voudrait le convaincre de réviser ses boucles pour éviter ce genre de situations ? Ce serait presque rassurant, au point où il en est.

Soudainement, il ne fait plus vraiment attention à Zophia et à ce qu'elle raconte, ni même à tout ce qui peut bien se passer autour de lui ; parce qu'il a vu cette affiche. "Le Freakshow de Glasgow et ses monstres fabuleux". Des mots qui lui glacent le sang. Il a du mal à y croire. Son instinct lui hurle pourtant de ne pas rester ici, de fuir, de trouver la boucle de Castletown et de rentrer à la maison. Glasgow... Mais s'ils sont vraiment en Écosse, sa boucle est si loin... Il a l'impression qu'il ne pourra jamais retrouver l'île qu'il déteste tant. Romy arrache cette affiche grotesque du mur pour la foutre sous le nez de la blonde qui l'accompagne. « Tu sais c'que c'est ça ? J'en ai vu dans une série, et c'est pas bon pour nous s'ils nous trouvent. Quoique toi tu dois pas vraiment avoir de problème pour te cacher, mais moi j'ai pas franchement envie de me faire chopper par une troupe de guignols. » En pleine journée, ils ne risquent peut-être rien que le froid et la faim, épuisés par leur course contre la montre. Mais la nuit serait une toute autre affaire... Et si la traque a déjà commencé, les chasseurs de particuliers ne mettraient sans doute pas longtemps à le trouver, lui le garçon fluo du futur, si peu discret.
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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Mar 15 Nov - 23:28

« TAG YOU'RE IT »

C'quoi ce bordel ? Qu'on lui hurla littéralement dans les oreilles. Sans faire attention au langage fruité du jeune homme à côté, Zophia était bien décidée à continuer sa nuit, bien trop courte. « Hum...parle moins fort, j'essaye de dormir. » Bougonna-t-elle, voulant attraper son coussin afin de se boucher les oreilles. Mais tout ce qu'elle trouva fut de la neige, la recouvrant presque dans son entièreté. Un froid glacial vint lui agresser les joues, tandis qu'elle se redressa, découvrant l'impétueux qui l'avait arraché à ses songes.  Elle mit plusieurs secondes à émerger complètement et à se rendre réellement compte qu'elle ne demeurait point dans sa chambre. Ce fut à ce moment précis qu'elle comprit la surprise de Roméo, qui lui aussi, ne semblait nullement ici de son plein gré. Mais, comment avaient-ils atterri ici ? Que s'était-il réellement passé ? Tant de questions embrumèrent son esprit, tandis qu'elle se releva avec difficulté. Mais même penser, elle n'y arrivait plus, prise d'une froideur presque insurmontable. La pauvre sortait du lit, et n'était affublée que de sa robe de chambre, et de chaussettes en laine qui étaient à présent trempées. Le moins que l'on puisse dire, était que Zophia avait toujours eu beaucoup de chance, et elle en aurait davantage, si elle ne mourrait pas littéralement de froid.

Dans tous les cas, ils devaient partir de cette boucle, et le plus vite possible. D'ailleurs, avaient-ils atterri dans une boucle ? Elle sentait le regard insistant de Romy sur elle, comme si elle possédait la réponse ultime de cette piètre mascarade. Elle se contenta simplement de pincer les lèvres, légèrement contrite d'être dans l'incapacité de lui offrir ce qu'il désirait. Il finit par sortir une tablette noire de sa poche, mais au lieu de la manger, il s'amusa à tapoter dessus comme un fou furieux, tout en pestant. Ce devait probablement être l'un de ces objets du futur dont Zophia n'avait point pris connaissance, et pour cause, elle s'était approchée comme si l'objet venait littéralement d'une autre planète. Mais l'heure n'était guère aux questions, ils se devaient de partir d'ici, et au plus vite.

Elle ouvrit la bouche, pour répondre à la question de Romy, mais fut rapidement stoppée par une vision qui lui demeura insupportable. Une vision, qu'elle n'aurait pu imaginer, même dans ses pires cauchemars. Le temps s'arrêta soudainement de tourner, et elle se figea d'effroi, de peur ; ils n'étaient pas dans la boucle de 1873. Elle devina cela aisément, lorsqu'elle vit au loin une petite fille, visiblement effrayée, aux côtés d'une femme qu'elle ne semblait connaître, étant donné son état de panique. Il ne fallut pas plus de deux secondes, pour que la petite fille aux perles volantes se fasse enlever. Enlever, mais pourquoi donc ? Dans tous les cas une chose était sûre, ils ne pouvaient nullement la laisser tomber. Zophia posa un regard paniqué sur son compagnon d'infortune, avant de déclarer. « Romy, tu viens de voir ce qu'il s'est passé ? » S'enquit-elle, tremblante, suffocante sous ce froid de décembre. Mais elle ne ressentait rien ; rien. Bien trop préoccupée par le sort de cette adorable petite fille, dont la sentence serait des plus tragiques, s'ils ne faisaient pas vite. « Roméo, tu m'écoutes ? » Mais il ne l'écoutait pas, il se fichait complètement de ce qu'elle pouvait lui dire, semblant complètement ailleurs.

L'océan de la jeune fille se tourna vers la ruelle d'en face, et elle put désormais constater que la petite n'y était plus. Elle ne vit que des personnes habillées en vêtements d'époque, les toisant comme des étrangers, ce qu'ils étaient dans le fond.

« Romé... » Mais elle n'eut à peine le temps de continuer, que celui-ci vint lui secouer une affiche sous le nez, qu'il semblait avoir décroché du mur. Elle fronça légèrement les sourcils, au fil de sa lecture."Le Freakshow de Glasgow et ses monstres fabuleux". Elle avait déjà entendu parler de cette histoire, et ce fut à ce moment précis qu'elle comprit à quoi leur servirait la fillette. Elle comprit, pourquoi les enfants de la boucle de 1873 avaient dû se couper du monde. « Oh mon Dieu Roméo, c'est là-bas qu'ils l'emmènent. Il faut aller la chercher, avant de trouver la sortie ! » S'exclama-t-elle de stupeur. Il ne devait probablement pas comprendre un traître mot de ce qu'elle pouvait lui raconter, mais elle s'en contre-fichait. D'ailleurs, la blonde ne lui avait même pas demander son avis, avant de les embarquer tous les deux dans une mission suicide. Et puis, Zophia se doutait bien que la situation l'indignerait autant qu'elle, c'était certain.

La tornade blonde finit par le tirer par la manche, l'attirant dans une ruelle loin des regards. « Vite dépêche toi ! S'ils l'ont trouvé elle, ils ne tarderont pas à nous avoir aussi. » Lâcha-t-elle, attendant qu'ils soient dégagés du monde pour lui exploser son plan. La neige ralentissait fortement sa course folle, d'autant plus qu'en chaussettes, elle n'allait probablement pas aller bien loin, mais l'adrénaline l'aiderait à surmonter sa douleur. « Il faut que nous allions à Glasgow. » Finit-elle pas dire, comme si ce demeurait une évidence, ne se doutant pas du tout qu'elle venait de lancer une bombe. Ils devaient se dépêcher ; la traque avait commencé.
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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Mer 16 Nov - 13:52

Tag, you're It

- Anastázia & Romy & Zophia -

La dame marche vite, beaucoup trop vite pour les jambes engourdies d'Anastázia. L'enfant trébuche plusieurs fois dans la neige mais, toujours, la main féminine la maintient debout en lui tordant à moitié l'épaule. Ana grimace de douleur, recommence à pleurer, mais un des hommes lui intime sur un ton glacial de ne pas se faire remarquer. Instinctivement, la fillette obéit, comme si elle avait peur de se faire punir. Elle renifle, laisse couler ses larmes sur ses joues, mais ne sanglote plus. Pourtant, ça n'empêche pas les passants de jeter au groupe des regards soucieux - malgré ses efforts pour se faire discrète, rares sont ceux qui ne remarquent pas l'enfant frigorifiée, en tenue de soirée, apparemment en proie à la peur et la douleur. Certains font mine de poser des questions mais, à chaque fois, un des hommes s'interpose et les dissuade d'un simple regard.

Simple charisme ou particularité mentale ? Anastázia ne se pose pas la question - peut-être le devrait-elle, cependant - et, à la place, repense avec angoisse à l'histoire du soir qu'on lui avait contée la veille. Un classique : l'histoire d'Hansel et Gretel. Elle se souvient des miettes de pain laissées par les enfants - des miettes inutiles, dévorées par les oiseaux; un espoir futile. Alors, Ana fait comme les héros de ses contes, et elle roule une perle sur sa langue avant de la laisser tomber dans la neige. Elle fait ça tous les dix pas, créant une piste de petites boules blanches, perdues dans le manteau immaculé de la neige. Des perles inutiles, écrasées sous les pieds des badauds; un espoir futile.

Ils marchent pendant un temps qui paraît infini - enfin, du point de vue d'Ana, pour qui chaque pas est une épreuve tant ses pieds lui brûlent de froid. Elle lève des yeux humides vers le ciel, priant chaque oiseau qui plane au-dessus de sa tête. Mais la plupart ne sont que des pigeons, des pigeons ordinaires et inutiles. A un moment, son cœur se gonfle de joie en reconnaissant ce qui ressemble à un épervier - mais voici que le rapace disparaît derrière les toits, sans lui prêter la moindre attention. Ce n'était donc qu'un bête épervier, et pas un autour comme elle l'avait espéré...

Alors, ses larmes redoublent d'intensité. La femme lui donne une petite tape sur la joue, lui disant qu'il faut arrêter de pleurer, maintenant. Ana pince les lèvres, fait de son mieux pour obéir et, en reportant son attention sur la rue, finit par se rendre compte qu'ils sont arrivés sur une espèce de grand-place marchande. Les boutiques étant encore ouvertes à quelques jours de Noël, c'est presque une foule qui se presse tout autour de la fillette. Elle a peur de se faire compresser par tous ces gens mais, dans un étrange élan de bonté, un homme du groupe repousse quiconque s'approche de trop près. Elle ne comprend ce qu'il fait que quand il termine sa besogne : il crée un cercle vide, tout autour d'eux. Ensuite, un autre prend la parole, pour s'époumoner en ces termes :

« Approchez ! Venez voir le Freakshow et ses monstres ! Approchez donc ! »

Apparemment, la chasse aux particuliers n'était pas leur seule préoccupation : il fallait également faire de la publicité, s'assurer qu'on viendrait voir tous les nouveaux Syndrigasti que la traque était sûre de leur amener. Les craintes d'Anastázia s'amplifient : elle ne sait pas ce qu'est un freakshow, mais elle connaît les monstres. Il y en a qui se glissent parfois sous son lit, ou dans sa garde-robe. Elle ne veut pas en voir ! Alors, elle panique, essaie faiblement de détaler au pas de course, mais la femme se poste derrière elle pour poser sa deuxième main sur son autre épaule. Ainsi maintenue, il n'y a plus d'échappatoire pour l'enfant - la pauvre est loin de se douter que le monstre, c'est elle.

L'homme qui apostrophe les passants se penche vers des enfants, des jeunes garçons de son âge. Elle les supplie du regard de faire quelque chose - si les adultes n'entendent pas ses appels à l'aide silencieux, des enfants devraient saisir son message. Et, en effet, ils lui rendent son regard - mais ils ont l'air aussi terrifiés qu'elle. Mais de quoi ? C'est elle qui est en danger, pas eux !

« N'ayez pas peur, les enfants ! continue l'homme. Tous les monstres ne sont pas effrayants, vous savez ! Certains sont juste... fabuleux. »

Il se retourne pour faire un signe de tête à son acolyte féminine qui, en réponse, pousse Ana vers le devant de la scène en lui murmurant un « Vas-y, ma grande, montre-leur combien tu es particulière. » qui se veut rassurant. Tous les méchants ne sont pas des brutes violentes et, face à une petite fille, il est bien plus efficace d'utiliser la manière douce. Du coup, la fillette se met en tête d'obéir, et elle ouvre la bouche. Mais rien n'en sort. Pas de perles, ni de cris. Incapable de maîtriser son talent, il lui est tout simplement impossible de se forcer - surtout quand sa bouche est si sèche, sèche d'avoir eu peur, sèche d'avoir tant pleuré.

La foule s'impatiente, les membres du freakshow aussi. Ana perd de plus en plus ses moyens : elle n'y arrive décidément pas. Et, devant ses yeux trempés de larmes, le public commence à se poser des questions - n'est-ce pas là une enfant tout à fait normale ? Ces gens auraient-ils perdu la tête ? Et que fait-elle dans cette tenue ? L'auraient-ils enlevée, arrachée à ses parents, subtilisée dans l'innocence de son lit, pour leur cirque fou et stupide ? Le doute se crée, les murmures se propagent et, peu à peu, le piège change de cible. Il se referme, doucement, sûrement, tandis que la foule s'indigne - il ne faudrait plus qu'une étincelle pour déclencher un incendie...
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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Mer 16 Nov - 23:18

tag, you're it

- black days and sky grey and clouds full of fear -

Elle le tire par la manche pour l'obliger à avancer dans la neige vers une ruelle dégueulasse, enfonçant ses baskets déjà trempées dans la bonne couche de neige sale, une sensation qui lui file un frisson glacial du bassin au haut de la nuque. Il va se taper un bon gros rhume en rentrant, c'est certain. Du moins s'il ne crève pas sur la route. « Mais quoi ? Qui ? Ils ont trouvé qui ? » Dans leur course, Romy dégage peut-être un peu trop violemment son bras pour montrer son mécontentement. S'il s'écoutait, il la laisserait sauter à pieds joints dans la gueule du loup toute seule et il se démerderait de son côté. Mais honnêtement, il n'aurait aucune chance ici tout seul et il la regretterait.

Quoique cette fille est complètement malade. Ce qu'elle veut, c'est sauver une petite fille des griffes du Freakshow, persuadée qu'elle s'est faite kidnapper. Zophia veut risquer sa vie – et celle de Romy, forcément – en se présentant comme des poulets dans un KFC au groupe de chasseurs de particuliers, juste pour une gamine totalement inconnue. « Nan mais ça va pas ?! Qu'est-ce que t'en sais qu'elle est en danger, hein ? C'est peut-être juste sa mère cette bonne femme... Tu dis n'importe quoi ! » Mais elle n'écoute pas son avis. Est-ce qu'elle l'a au moins écouté une seule fois depuis qu'elle a ouvert les yeux ? C'est agaçant.

Au début, il refuse catégoriquement. Ce ne sont pas leurs affaires, et peut-être Zophia s'est-elle trompée. Ou, au pire, si la gamine dont elle parle est vraiment une Syndrigasti capturée par le Freakshow, c'est une aubaine pour eux : ça occupera les chasseurs un moment et leur donnera le temps de filer pour trouver une solution à leur propre problème – à savoir pour le moment trouver des vêtements secs pour se réchauffer, et retrouver rapidement la maison. Mais la persévérance de la blonde finit par avoir raison à l'usure de l'égoïsme entêté de Romy. Sans doute parce que plus vite il abandonne, plus vite ils seront rentrés. Puisqu'il ne peut de toute façon pas la laisser y aller seule – parce qu'il ne veut certainement pas risquer de se retrouver lui-même seul ici le soir venu –, il se résigne finalement à l'accompagner jusqu'au Freakshow... Même s'il a clairement l'impression de grimper sur un escabot, un noeud coulant autour du cou. « Et t'as une idée de comment tu veux t'y prendre, au juste ? »

En avançant péniblement dans la neige – et en maudissant sa camarade de l'avoir entraîné dans une ruelle et ainsi perdu des yeux ce groupe suspect qu'il n'a même pas vu lui-même –, la peur au ventre, le blond est légèrement distrait : dans la neige sale de l'avenue, entre les nombreuses traces de pas, il remarque parfois de petites billes plus brillantes au soleil que le blanc qui les entoure. L'envie de les ramasser le démange. En suivant les empreintes dans la neige, il croit parfois reconnaître des pas beaucoup plus petits. C'est plutôt ironique, au fond, de se dire que la proie traque maintenant le chasseur. « Approchez ! Venez voir le Freakshow et ses monstres ! Approchez donc ! » Romy ne sait plus vraiment s'il doit être soulagé de l'entendre ou s'il doit craindre ces traqueurs encerclés par une masse noire de monde. « T'es sûre que c'est eux, au moins ? » On sent l'hésitation dans sa voix. Normal. Même si rien ne lui semble tout à fait réel – un peu comme un mauvais film ou un jeu vidéo raté –, Romy ne peut qu'appréhender la suite des évènements. Ils ont jusque là eu la chance de ne pas s'être faits remarquer... Mais cela va-t-il encore durer ? D'un autre côté, il a ce sentiment vachement stimulant de faire une bêtise. Ça le motive un peu. « J'te jure que si on se fait chopper, j'te tue. »


ÉCHEC : Des hommes sont alertés de leur présence, tant ils sont discrets.
RÉUSSITE : Gros chanceux de leurs mères : personne n'a remarqué leur présence à quelques mètres à peine de la foule.
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Le Corbeau

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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Mer 16 Nov - 23:18

Le membre 'Romy Cunningham' a effectué l'action suivante : Roue du Destin


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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Jeu 17 Nov - 13:49

« TAG YOU'RE IT »

Il semblait en colère, contrarié, et elle n'arrivait pas à comprendre quel était l'objet de son manque évident de contrôle. Romy devait sûrement avoir peur. Mais elle aussi, elle avait peur. Rien que le fait de les imaginer enfermer dans cet endroit à jamais, lui glaçait le sang. Elle avait peur pour leur devenir, s'ils ne rentraient pas le plus vite possible. Mais pourtant, Zophia ne pouvait se résoudre à abandonner cette enfant ; il en était hors de question. Elle pensait que Romy serait du même avis qu'elle, et qu'il s'en indignerait davantage, mais il en fut autrement. Il en fut autrement, et elle dut se résoudre à l'idée, qu'elle devrait peut-être faire le voyage seule. La blonde dût cependant faire preuve d'un véritable self-contrôle pour ne pas craquer, à l'entente des paroles du jeune homme. Elle se passa une main dans les cheveux nerveusement, réfléchissant soigneusement à ses paroles, pour ne point se montrer trop incendiaire. « Non mais je rêve, je me demande si parfois tu t'entends parler. J'espère que tu es devenu complètement aveugle, sinon cela voudrait dire que tu te concentres uniquement sur toi-même. Écoute, je t'adore, mais quelques fois tu me désespères. Dans tous les cas, toi fais ce que tu veux, moi j'y vais. » Lâcha-t-elle, plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu. « J'aurais fait la même chose pour toi. » Finit-elle plus calmement. Essayait-elle de le prendre par les sentiments ? En cet instant elle se demandait s'il en possédait encore, si son cœur n'était pas devenu aussi glacial que le temps actuel.

L'ayant visiblement eu à l'usure, Romy finit par la suivre dans son opération suicide, et elle se dit au fond d'elle même qu'il y avait peut-être encore un espoir pour lui. Quand bien même, il n'y en avait aucun ? Elle savait qu'elle ne pourrait se résoudre à le laisser tomber un jour. La route fut plus longue qu'elle ne l'aurait imaginé, plus froide qu'elle ne l'aurait pensé. Ses pieds étaient gelés, le haut de son corps frigorifié, mais elle évita de se concentrer sur sa douleur, essayant tant bien que mal de continuer sa course. La blonde ne pourrait pas continuer comme ça pendant bien longtemps, voilà pourquoi ils devraient faire vite. « On verra cela au moment voulu, dans le pire des cas tu nous serviras d'appât. » Répondit-elle à sa question, ne pouvant s'empêcher de doucement rire, en imaginant le visage horrifié de son compagnon d'infortune. Il paraissait que l'humour réchauffait, et elle pouvait maintenant témoigné que cette légende n'était que pure utopie, mais cela avait eu le don de l'occuper un instant.

Dans leur ascension à la recherche de ce fameux Freakshow, ils purent remarquer sur le sol des traces de pas entremêlaient, dont l'une semblait beaucoup plus petite que les autres. Mais ce qui lui mit la puce à l'oreille furent les billes sur le sol, ce qui illustrait la particularité de la petite fille. La pauvre avait dû pleurer à chaud de larmes, tant elle avait dû être effrayée. Son cœur se serra davantage, tant cette pensée lui était des plus insupportables ; malheur à celui qui blesse un enfant.

« Mais vas-tu cessé de te lamenter cinq minutes ? » S'indigna-t-elle, commençant visiblement à perdre son sang froid. De plus, l'on ne pouvait pas dire qu'il était des plus discrets. Même quand il demeurait âgé d'une dizaine d'années, il lui avait semblé beaucoup plus mature que cela. Alors, comment avait-il fait pour se transformer en tout ce qui l'agaçait ? Elle n'eut pas le temps d'aller plus loin dans sa réflexion, qu'elle vit au loin un rassemblement de personnes, ainsi qu'une estrade, sur laquelle elle reconnut la petite. Mais étant donné leur discrétion, ils ne tardèrent guère à se faire repérer par l'assistance. « Bien joué, visiblement tu n'as pas eu besoin de moi pour nous mettre tous les deux dans le pétrin. » Chuchota-t-elle à Romy, faisant preuve cette fois-ci d'une mauvaise foi évidente. L'un d'eux ne tarda pas à les rejoindre, les toisant tous les deux de haut en bas. Effectivement, leur accoutrement était suspect, et ils étaient perdus d'avance. Mais son regard se posa un instant sur l'enfant, les joues brillantes de larmes, et son regard d'effroi. À son tour, elle se retint de verser une larme, et prise d'adrénaline, elle était prête à faire n'importe-quoi en cet instant. « Tiens, tiens, de nouveaux spectateurs, étrangers qui plus est ? »

Zophia posa son regard sur Romy, réfléchissant à toute vitesse, essayant tant bien que mal de trouver une solution pas trop dingue. « Oh mon Dieu, regarde Théodore, c'est elle, c'est notre fille ! » S'exclama-t-elle, en faisant une tape sur son épaule, afin qu'il comprenne qu'il lui fallait jouer le jeu à son tour. Zophia se jeta sur l'estrade, sous le regard ahuri de l'assistance ; être convaincue, pour être convaincante. La blonde prit la petite dans ses bras, et regarda la foule d'un air accusateur, alors qu'elle se sentait de plus en plus paniquer. « Possédez-vous un semblant d'humanité, pour effrayer une aussi adorable petite fille ? Vous n'êtes que des monstres sans cœur. Vous devriez avoir honte, bourreaux et spectateurs ! Viens ma chérie, on s'en va. » Puis elle descendit le plus rapidement possible avec l'enfant, rejoignant Romy. « Ne vous retournez pas, et restez le plus naturels possible. » Leur conseilla-t-elle doucement en tentant de s'éloigner, tout en sachant que s'ils devinaient la supercherie, ils se devraient de courir le plus vite possible pour les semer. S'ils devinaient la supercherie, la traque serait sans merci.  

Réussite : Ils réussissent à s'en aller sans encombre, et peuvent tranquillement reprendre leur chemin pour trouver la boucle.

Échec : Les hommes se rendent compte de la supercherie, et les trois jeunes gens sont soumis à une véritable chasse à l'homme.





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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Jeu 17 Nov - 13:49

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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Dim 18 Déc - 18:12

tag, you're it

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Romy fronce encore les sourcils, pour cet air glacial qui semble lui briser les os, mais aussi principalement pour les mots de Zophia. Il réalise son égoïsme dans les paroles de la blonde mais ça lui ferait bien plus mal de l'avouer. Il tique surtout à sa dernière phrase : "j'aurais fait la même chose pour toi." Oh, Zophia, tu as pourtant mis des mois à le retrouver, sans même l'avoir réellement cherché. Comment pourrait-il alors y croire ? Au fond, cette réflexion lui fait tant de mal qu'il ne sait pas s'il doit culpabiliser ou s'il doit être en colère – ni contre qui.

Il n'a pas vraiment le temps de réfléchir, ni même l'énergie nécessaire tant le froid puise dans ses ressources. A peine a-t-il le temps de prononcer son ultime menace que les traqueurs les montrent du doigts, eux qui semblent effectivement si étrangers. Visiteurs d'un autre temps. Romy se crispe et cette pétrification lui donne l'impression de sentir ses muscles et son squelette tout entier se briser, tant cet hiver le rend sensible. Il se sent alors comme un enfant pris en flagrant délit en pleine bêtise ; c'est la première idée qui lui vient à l'esprit pour décrire ce qu'il ressent à cet instant, quand bien même cette comparaison n'est pas encore assez forte pour identifier cette peur-là. La montre semble s'être arrêtée comme il retient son souffle et son cœur manque un battement. Le monde de Romy s'effondre en sentant une main sur son épaule. Il s'étonne de ses genoux tremblants qui n'ont pas encore flanché, tant il manque de courage. Mais ce n'est que la main de Zophia qui le fait sursauter une fois, puis une seconde fois quand elle s'exclame heureuse d'avoir retrouvé son enfant. Le blond quitte les mauvais hommes des yeux pour fixer Zophia comme une inconnue. Elle le pousse vers l'estrade et il se sent d'abord trahi, avant de comprendre qu'elle est finalement beaucoup plus futée que lui – du moins sur ce coup-là. Elle prend la gamine aussi perdue que lui dans ses bras et s'éloigne tout aussi rapidement qu'elle est arrivée. Romy ne peut s'empêcher de jeter des coups d’œil inquiets aux hommes qui les regardent avec insistance ; deux filles en chemise de nuit dans la neige et un garçon aux vêtements les plus anachroniques qui soit et visiblement beaucoup trop jeune pour avoir engendré une cracheuse de perles. Les écossais de l'époque imagineront donc sans doute que les anglais sont plus bizarres qu'ils ne le pensaient.

Malgré les recommandations de Zophia, le blond est tout sauf naturel et ne peut s'empêcher de s'imaginer déjà attrapé et prisonnier d'un tube de verre du Freakshow, comme un insecte. Par chance, les chasseurs ne semblent pas s’apercevoir de la supercherie, sans doute stoppés dans leur traque par un public scandalisé qui a pu croire aux plaintes d'une "mère" pour son enfant enlevé.

« On est morts ! S'ils captent tout, on est morts ! S'ils nous retrouvent on est morts ! Tu te rends compte de c'que t'as fait ? Tu nous as exposés à ces monstres pour rien ! Et s'ils nous avaient attrapés, hein ? On serait déjà enfermés à l'heure qu'il est ! Et c'est quoi ce prénom, "Théodore", j'y crois pas ! T'es inconsciente, ma parole ! » Romy ne cesse de râler, de crier ; il s'emporte mais ce n'est que la pression qui retombe une fois en lieu sûr, dans une cour arrière, loin des dangers des rues principales. « Qu'est-ce qu'on fait d'elle maintenant ? » Il tempête une dernière fois puis se calme un peu quand il regarde la petite fille dans les bras de Zophia. Contre sa volonté, il se reconnait dans ce corps frêle et tremblant, dans ces yeux rougis et ces joues tracées de larmes... Alors qu'il est loin de ce gamin-là maintenant. Il a un pincement au cœur et l'estomac noué, ses poings se détendent et son visage reprend une forme normale malgré les picotements incessants du froid. Il se sent impuissant et intimidé, il n'ose pas parler à la gamine donc ne s'adresse qu'à Zophia qui, il le sait, a toujours été très proche des plus jeunes. Sans doute la raison pour laquelle elle se sent si concernée par le cas de la petite. Romy se demande si l'amour qu'elle pouvait lui porter autrefois a changé avec lui. Puisqu'il a grandi, qu'il n'est plus le même et qu'il ne cesse de lui montrer qu'il n'a plus besoin d'elle, Zophia ne l'aime peut-être plus. L'enfant au fond de lui hurle sa jalousie envers la petite fille que la blonde cherche à réchauffer, mais l'adulte qu'il est censé être maintenant ne peut que le faire taire.

Il n'y aurait à priori pas pensé par lui-même, mais comme pour rattraper ses ignominies, Romy tire son sweat noir et le tend à la blonde. « Tiens, elle va crever de froid... » Il serre les dents et affiche une mine boudeuse, surtout honteux de son comportement sans l'assumer. Comme le froid agresse maintenant ses bras nus, les poils se dressent et la peau rougit par endroit mais il ne tremble pas et se force pour une fois à ne pas râler. Mais il n'arrive plus vraiment à réfléchir. Malgré un semblant de calme retrouvé, l'angoisse ne le quitte jamais totalement, ses doigts rougis, ses pieds endormis et ses dents qui claquent l'empêchent de penser normalement et il ne sait plus ce qu'ils doivent faire. « Il faut se réchauffer... Trouver des vêtements secs et chauds... Je sens déjà plus mon corps... Je veux pas crever ici comme un clochard. » Mais comment faire sans argent, sans technologie, sans aucun repère ? Il renifle. Si ça ne tenait qu'à lui, il irait vendre les perles que perd la gamine, ou les échanger contre un manteau et une boisson chaude. Après quoi il pleurerait certainement dans un coin en attendant vainement qu'une Ymbryne vienne un jour le sortir de ce cauchemar.  « J'en ai ras le cul de cette course ! Trouve une solution, j'ai froid, j'ai faim et je veux rentrer ! » Au final, les gamins restent des gamins.
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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Lun 19 Déc - 21:00

« TAG YOU'RE IT »

En cet instant, elle se demandait si Roméo avait la même perception du mot « naturel » qu'elle. Il semblait pétrifié, la peur semblant l'animer, et dans le fond, elle ne pouvait l'en blâmer. Il avait été suffisamment courageux, en la suivant dans sa mission suicide, qu'elle n'eut point le cœur à lui faire la moindre réflexion. Mais bien sûr, celui-ci ne se gêna pas pour lui renvoyer en pleine figure ce qu'il semblait avoir sur le cœur. Selon lui, elle était totalement inconsciente, et les avait mis en danger pour rien. Elle aurait bien aimé lui répondre, mais celui-ci ne lui en laissa nullement l'occasion, étant donné son état de colère intense qui lui fit, instinctivement, faire un pas en arrière. La blonde avait toujours détesté les personnes qui hurlaient à tout va, mais il s'avérait qu'en cet instant, cette personne était Roméo, et qu'elle ne pourrait jamais le détester.

Ce fut donc pour cela, qu'elle se contenta de le laisser terminer son monologue interminable, l'air désolée. Peut-être qu'il avait raison après tout. Peut-être qu'elle n'aurait jamais dû l'embarquer dans cette histoire. Elle avait tellement insister, qu'elle l'avait forcé à se jeter pieds joints dans la gueule du loup. « Je ne t'ai jamais demandé de me suivre, Roméo, tu aurais pu rentrer. Mais tu as raison, je suis désolée de t'avoir mis un danger pour « rien ». » Se contenta-t-elle de répondre en haussant les épaules, feignant le désintérêt, alors qu'elle avait reçu ses paroles en plein cœur, mais hors de question qu'elle se mette à pleurer. « Et puis qu'as-tu contre ce prénom ? Il est adorable ! » Lâcha-t-elle, essayant d'apporter à ce moment chaotique une pointe de dérision, ce qu'elle faisait souvent pour se détacher de la réalité. Mais elle dût y revenir bien assez tôt, lorsque son visage se posa sur la petite fille dans ses bras. Ses pleurs avaient cessés, mais elle semblait toujours aussi apeurée. Il fallait dire que leurs chamailleries de gamins ne devaient en rien arranger les choses pour elle. Zophia finit par la poser sur le sol, et se mit accroupie face à la petite fille. La pauvre n'était vêtue que d'une simple robe de nuit, et la blonde frotta ses mains sur ses épaules, essayant tant bien que mal de la réchauffer. « Mon Dieu, tu dois être gelée. » S'exclama-t-elle, horrifiée, et complètement dépassée par la situation. Elle finit par la prendre dans ses bras, ayant appris grâce à une Ymbryne que le corps humain était un remède naturel contre le froid, mais le sien demeurant aussi glacial, elle ignorait si ce serait aussi efficace.

Lorsque Roméo lui tendit son sweat pour l'enfant, la jeune femme ne put s'empêcher d'esquisser un sourire idiot, tout en étant fière de lui. Ce geste, aussi minime soit-il, relevé de l'héroïsme en cet instant, par ce froid meurtrier. Mais elle ne put cependant s'empêcher de s'inquiéter pour Roméo, ne voulant nullement qu'il attrape lui aussi une pneumonie. Zophia s'était emparée de l'effet, pour le mettre sur l'enfiler à la petite, dont-elle ne connaissait nullement le prénom. « Il s'appelle Théodo...Roméo, et ne t'en fais pas, même s'il geint tout le temps, il crie plus qu'il ne mord, et en réalité il est adorable. » L'informa-t-elle, lançant un regard en coin au concerné pour voir sa réaction. Quelque chose lui disait qu'il allait un jour finir par l'étriper, si le temps ne s'en chargeait pas. « Et moi c'est Zophia, mais tu peux m'appeler comme tu veux. » Finit-elle, en remplaçant correctement l'une de ses mèches. La petite se présenta sous le nom d'Anastasia, et la blonde lui fit une petite révérence. Puis, elle se redressa, et prit de nouveau Ana dans ses bras, pour éviter qu'elle ne se gèle les pieds sur le sol.

« Oui, et ça devient urgent, je n'ai pas envie que tu tombes malade. » Dit-elle, ne se souciant pas réellement d'elle. Pourtant, elle n'allait pas tardé à ne plus pouvoir avancer, étant donné ses pieds seulement couverts de chaussettes en laines, recouvertes de neige. Mais elle ne s'en plaint pas pour le moment, bien trop prise par cette adrénaline qui ne suffirait malheureusement bientôt plus. Il  était maintenant temps pour eux d'y aller, et de trouver un semblant de chaleur pour tenir jusqu'au retour à la maison.

Comme à son habitude, Roméo la gratifia de son éternel langage fleuri, et elle dût lui faire les gros yeux, lui murmurant qu'il y avait une enfant avec eux, bien qu'il le demeurait aussi, dans le fond. Ce n'était qu'un gamin qui avait grandi trop vite. Son petit Roméo, même s'il était aujourd'hui bien plus grand qu'elle. Elle ferait tout pour le sortir de là ; pour les sortir tous les deux de là. Zophia sentait de moins en moins ses jambes, et ralentissaient au fur et à mesure de leur course, ce qui n'échapperait sûrement pas à l’œil du blond. « Si les hommes du Freakshow nous traque, il va falloir que tu prennes Ana avec toi, et que tu cours le plus vite possible. » Ordonna-t-elle au jeune homme, préférant anticiper, au cas où la situation en venait à mal tourner, ce qui – étant donné leur poisse mutuelle – était plus que probable. La vie de Roméo lui était bien plus précieuse, et il serait injuste qu'elle le fasse sombrer avec elle.
La blonde s'arrêta net, lorsqu'elle aperçut au loin une charrette, l'arrière demeurant couvert par une grosse bâche. Son océan se posa dans celui de son compagnon d'infortune, et ce fut instinctivement, qu'elle se dirigea vers celle-ci, veillant à ce qu'il n'y ait personne à l'horizon. « Avec de la chance, on y trouvera quelque-chose, en espérant qu'on ne se fasse pas pincer. » Lâcha-t-elle doucement, une fois devant. Zophia posa Ana dans les bras de Roméo, sans lui demander son avis. Regardant une nouvelle fois autour d'elle, la jeune femme souleva la couverture.

Réussite : Sous la bâche, ils découvrent des chaussures et vêtements, afin de se réchauffer pour le reste de leur voyage.

Échec : Ils entendent au loin des bruits de pas, et sont obligés de se cacher dans la charrette, qui finit par démarrer. Ils sont certes sous les vêtements, mais se voient obligés de faire le voyage avec un porc puant.
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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Lun 19 Déc - 21:00

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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Lun 19 Déc - 23:18

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Il se mord l'intérieur des joues par culpabilité – geste finalement très mal venu, compte tenu de la très basse température qui lui triture les nerfs – à la réponse de Zophia. Elle hausse les épaules, pourtant tremblante, et accepte toute responsabilité. Comme une adulte. Comme une idiote aussi, peut-être, mais avec assez de calme et de recul pour ébranler le blond qui ne sait plus vraiment où se mettre. D'autant plus qu'il ne fait que s'enfoncer de plusieurs centimètres dans la neige dégueulasse de la cour, les pieds gelés. Tout aussi perdue que lui – et qui plus est avec une gamine dans les bras –, Zophia ne semble pourtant pas perdre son courage et sa détermination (ou son inconscience, on ne sait plus trop à ce niveau-là) et semble réfléchir plus efficacement que Romy. Quand il lui tend son vêtement et que le pauvre garçon se retrouve vêtu d'un simple t-shirt, elle emmitoufle rapidement la petite Anastasia dont on entend enfin le son de la voix. A ses mots, des perles glissent délicatement de sa bouche et disparaissent dans la neige. Romy les fixe étrangement, à la fois curieux et émerveillé. Pourtant, sa seule réaction est un « Romy » pour corriger la blonde, marmonné et quelque peu tremblant ; les claquements de ses dents sont maintenant incontrôlables. Qui Zophia ne veut-elle pas voir tomber malade ? Romy ou la petite ? Il se pose un instant la question mais tait une nouvelle fois la jalousie qui n'a encore une fois pas le temps de se manifester.

Ils avancent encore dans la neige, Zophia devant, la gamine dans les bras et le gamin à l'arrière. Il regarde ses pieds, maudissant encore mentalement la destruction de ses baskets, mais ne peut cependant s'empêcher de relever la tête régulièrement, l'esprit en panique à l'idée de tomber à nouveau sur les traqueurs. Il ne le remarque pas tout de suite, mais réalise finalement que la course de la blonde ralentit à chacun de ses pas, comme il la dépasse maintenant alors qu'il était initialement plus loin derrière. La peur s'empare encore de lui quand elle prononce le mot 'Freakshow'. Il frissonne. De quoi a-t-il eu le plus peur, au fond ? Des chasseurs ou de l'idée de fuir avec la gosse en leur abandonnant Zophia ? « T'as raison, ouais. Et qu'est-ce que je raconte aux Ymbrynes en rentrant, moi ? Si jamais on arrive à rentrer... Déjà qu'elles m'aiment pas trop... » Il proteste encore, cette fois plus pour se protéger lui-même. Il se rassure, au final, en faisant mine de prendre les indications de la blonde à la légère. Ça lui fait peur. Ça lui fait peur parce qu'il se sent impuissant ; si par malheur ils devaient à nouveau se retrouver dans la traque, Romy ne saurait pas quoi faire pour la protéger. Et même si son cœur lui hurlait de rester, son instinct de survie le pousserait sûrement à abandonner Zophia pour sauver sa peau. Il connait son cruel manque de courage et ça l'effraie.

La chance semble avoir tourné. Une charrette oubliée et couverte d'une bâche est arrêtée au bord de la route, à l'abris des regards. Dans un éclair de génie – ou une inconscience presque enfantine, encore une fois –, Zophia s'en approche, espérant trouver de quoi se réchauffer. Pour soulever doucement ce qui recouvre le trésor, elle transfère l'enfant dans les bras de Romy qui, surpris, tient timidement la petite Anastasia contre lui. Crispé quoi que toujours tremblant par le vent glacial, il n'a certainement jamais été aussi mal à l'aise qu'avec la gamine dans ses bras ; lui qui n'en a jamais tenu de sa vie. Pourtant, il se détend d'un coup en voyant une pile de fourrures, sans doute la plus belle vision qu'il ait eu depuis une éternité. Les chevaux à l'avant de la voiture hennissent, comme s'ils partageaient son soulagement. Il assied l'enfant sur les planches sèches et lui enroule instinctivement une fourrure sur son corps frêle, la perdant presque totalement sous les poils chauds comme il n'y a que ses yeux et ses cheveux blonds qui en dépassent. Après quoi il se passe également un manteau très négligemment sur les épaules, mais néanmoins soulagé de sentir cette masse sur son dos. Romy ne parle pas, aucun son ne sort de sa bouche si ce n'est son souffle excité, tant il est difficile de réaliser la chance qu'ils ont.

Sans même chercher à se réchauffer davantage, il balance un vêtement sur le dos de la blonde avant de l'attraper par la taille. Il la sent tendue, frigorifiée et si fragile qu'il n'a aucun mal à la soulever pour l'asseoir également à côté de la petite. Il souffle dans ses mains plusieurs fois dans l'espoir de les réchauffer un minimum – quand bien même cela relèverait plutôt du miracle – et les pose sur les jambes gelées de la jeune fille pour les frotter de toute ses forces. « Ça va aller ? Mets le pantalon et les chaussures... » Pour une fois, il ne jugera pas les vêtements beaucoup trop grands et sûrement pas lavés ainsi que les manteaux de fourrure absolument ignobles et à l'odeur désagréable. Quand elle a enfilé les vêtements, Romy frotte à nouveau les jambes de Zophia, parfois aussi ses épaules, parce qu'il l'a sentie si faible et parce qu'il s'inquiète enfin pour quelqu'un d'autre que lui-même à cet instant. Il ne la regarde jamais dans les yeux, sans doute trop gêné ou honteux d'avoir pu être aussi désagréable alors qu'elle faisait tout pour les sortir de ce pétrin. Il fixe plutôt les genoux maintenant couverts de la blonde. « L'entrée la plus proche... elle est à Édimbourg, hein ? » Il lance vaguement un coup d’œil à la gamine – toujours tremblante mais bien emmitouflée dans une fourrure trois fois trop grande pour elle –, se demandant tout de même si c'est de là qu'elle vient ou tout du moins si elle y sera bien accueillie. Un souvenir de visiteur du passé lui traverse l'esprit, lui qui lui avait dit venir de la fin du dix-neuvième siècle, peut-être se trouve-t-il ici ; ou plutôt, à Édimbourg. « Tu sais conduire une deux chevaux ? » Romy relève timidement la tête vers le visage de la blonde, un sourire tiré en coin, déjà fier de sa folie à venir.


Réussite : Ils parviennent à voler la charrette sans se faire attraper et peuvent rejoindre Édimbourg sans encombre.
Échec : Le cocher les aperçoit à temps et les chasse. Ils doivent trouver un autre moyen de transport, mais au moins, ils gardent les vêtements.


Dernière édition par Romy Cunningham le Mar 20 Déc - 0:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Lun 19 Déc - 23:18

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MessageSujet: Re: [Défi] Tag, you're It | ft. Romy & Zophia   Mar 3 Jan - 0:18

« TAG YOU'RE IT »

Romy. C'était Romy maintenant. Les habitudes étaient tenaces, et elle ne savait si elle allait pouvoir s'y faire un jour. Mais une nouvelle fois, Zophia se devrait de respecter ses choix, aussi troublants soient-ils. Et puis en ce moment, ils n'avaient pas le temps de débattre sur des choses aussi superfétatoires, et se devaient de penser à leur survie. Survie, qui semblait de plus en plus compromise au fil des minutes. Le temps glacial finirait tôt ou tard par avoir raison d'eux, et la blonde commençait à en ressentir ses effets ravageurs. Mais au lieu de céder à la panique, elle continua à avancer, rassemblant toute la foi qui lui restait en réserve. Sa course devenait de plus en plus lente, de plus en plus pénible, et cela n'échappa guère à la vue de son compagnon d'infortune. La blonde regrettait tellement d'être aussi impuissante en cet instant, et ce fut tout naturellement qu'elle lui avait demandé de s'enfuir, si la situation en venait à mal tourner. Après tout, la jeune femme avait fait le tour de la vie, et lui, ne demeurait qu'à l'aube de la sienne. Mais dans ce moment de chaos, Zophia ne put s'empêcher d'échapper un rire, face à la remarque de Roméo. « Tout premièrement, pour qu'elles t'apprécient, tu devrais essayé de sourire de temps en temps, je t'assure que ça aiderait. » Lâcha-t-elle, ses dents claquants les unes sur les autres, ne plaisantant qu'à moitié. Et puis, il avait un si joli sourire, et bien qu'il soit mignon quand il fronce les sourcils, elle trouvait dommage qu'il le cache autant. Même si le taquiner n'allait sûrement pas la réchauffer, elle y prenait toujours autant de plaisir. « Tu leurs dira que je suis morte pour l'honneur de notre brave nation ! » Essayait-elle encore une fois d'être drôle ? Elle s'agaçait elle-même.

Parfois, elle se demandait ce qu'il pouvait bien penser d'elle. Elle se demandait, s'il l'appréciait toujours autant qu'avant, ou si au contraire, ces années l'ayant rattrapé avaient eu raison de leur amitié. Peut-être même qu'après cette aventure, il ne voudrait plus entendre parler d'elle. La blonde ne se l'avouera probablement jamais, mais cette idée l'a blessé, lui faisait peur. Une idée, qu'elle chassa pourtant bien assez vite, lorsqu'elle aperçut au loin une charrette, sans son propriétaire. Peut-être que la chance leur souriait enfin ? Dans tous les cas, inconscients du danger qu'ils encouraient s'ils en venaient à se faire prendre, ils se dirigèrent vers celle-ci, espérant trouver de quoi se réchauffer.

Sans lui demander son avis, la jeune femme transféra la petite Ana dans les bras de Roméo, avant de soulever la bâche, et elle manqua de s'étouffer face à la vision d'un amoncellement de fourrures, de vêtements de toute sorte. Zophia remercia tous les saints d'avoir répondu à leurs prières, et se dit qu'ils pourraient peut-être rentrés sains et saufs dans leur boucle, sans mourir de froid. Ses mains étaient tremblantes, ses jambes ne semblaient plus vouloir la soutenir, tant elles demeuraient glacés. Son regard voulut se poser sur ses camarades, mais elle n'eut à peine le temps de bouger la tête, qu'elle fut surprise par deux mains l'attrapant par la taille, pour l'asseoir sur les marches. Ses yeux se posent sur la petite, ayant presque disparue sous la fourrure dans laquelle elle était affublée, et elle put constater que Roméo avait pris l'initiative de s'en occuper.

Le manteau que Roméo avait mis sur son dos était deux fois trop grand pour elle, mais elle retrouva cette sensation de chaleur qu'elle pensait ne jamais pouvoir retrouver. Son océan se posa de nouveau sur Roméo qui soufflait dans ses mains, pour les poser sur ses jambes gelées. « Non ce n'est pas la p... » Essaya-t-elle de formuler, mais se elle ravisa rapidement face à la chaleur de ses mains. La jeune femme le regardait faire sans rien dire, légèrement mal à l'aise. Zophia n'avait nullement pour habitude que l'on s'occupe d'elle, au contraire, c'était généralement elle qui faisaient tout pour aider les autres, et ce bouleversement de situation la troublait quelque peu. Cependant, pour ce geste, elle lui en serait éternellement reconnaissante. La gêne du jeune homme était toute aussi palpable que la sienne, et elle se serait probablement mordue la lèvre inférieure, si elle ne tremblait pas autant. Bien vite, elle se vêtit de ce pantalon de fortune, et enfila ces chaussures dans lesquelles elle nagerait probablement. « Merci... » Se contenta-t-elle de lui adresser faiblement. Zophia était troublée par son geste, pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait jamais réellement connu cette facette de sa personnalité, du moins en tant qu'adulte. Cela prouvait au moins qu'il tenait peut-être encore un peu à elle.

Face à la question de Roméo, la petite Ana hocha légèrement la tête, et se dit que sa première idée demeurait la bonne. Zophia avait déjà été dans cette boucle, il y a de cela fort longtemps, et n'avait que de très vagues souvenirs quant à celle-ci.
Désormais, ils savaient quel chemin prendre pour enfin pouvoir entrer à la maison, et ainsi échapper à cette traque sans merci. Le regard de son ami se posa sur la charrette, et la flamme qui anima son regard en cet instant ne présageait rien de bon. Ses yeux se posèrent dans ceux du jeune homme, se demandant quel plan foireux leur préparait-il.

Elle comprit bien rapidement qu'il avait pour projet de voler la calèche, pour ainsi rejoindre la boucle plus rapidement, ce qui en soit, n'était pas une si mauvaise idée que cela. Mais ce ne fut sans compter sur le propriétaire qui arriva en furie. « Hey vous là-bas ! Éloignez-vous de ma charrette ! » Un vieil homme gros et rabougri venait de faire son apparition face à eux, et le ton de sa voix faisait comprendre qu'il ne demeurait ouvert à aucune discussion. Ce fut donc le cœur lourd et la mort dans l'âme, que Zophia prit la petite dans ses bras, et qu'ils s'éloignèrent. Cependant, elle s'arrêta net, lorsqu'elle entendit la petite tousser, et laissant ainsi échapper quelques perles de sa bouche. Son regard se posa instinctivement sur Roméo. « Ne me dis pas que tu penses à la même chose que moi ? Nous sommes des monstres... » Et puis au diable les roses et les violettes, ce qui comptait en ce moment c'était l'efficacité. Sans plus de cérémonie, ils se dirigèrent à nouveau vers la charrette, l'homme demeurant prêt à démarrer. Elle se risqua à tirer sur sa manche, et lui montra les quelques perles blanches que la petite venait d'éternuer.

« Nous allons à Édimbourg, je suis persuadée que l'on peut trouver un arrangement. » Il échappa ce qui ressemblait à un grognement agacé, mais soumis comme la plupart des hommes à l'appât du gain, il leur fit signe de monter, ne manquant pas d'ajouter. « Vous tiendrez compagnie aux cochons ! » Suivit d'un rire gras. La jeune femme fronça les sourcils, se tournant vers le blond. « Comment tu dis déjà ? » S'enquit-elle, réfléchissant un instant au terme exact. « Ah oui ! Un connard. Cet homme est un connard. » Murmura-t-elle, afin que la petite ne puisse pas l'entendre.
Le chemin se passa sans encombre, et ils rejoignent tous les trois la boucle de 1873 sains et saufs, avec des souvenirs indélébiles, de peurs et d'angoisses. À la fin de leur périple, elle ne put s'empêcher de sauter dans les bras de Roméo, pour se rendre compte par la suite, qu'elle avait attrapé la grippe.
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