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 « winter fields » ❧ Ft. Lavinia

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MessageSujet: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Mar 15 Nov - 22:39

winter fields

- Hurtling through heavy snow, our hands are cold and the moon sets low -

L'air glacé de la boucle contraste avec la chaleur du mois de juin, températures ralentissant instantanément les mouvements. La neige tombe encore, ne faisant que compliquer les battements d'ailes. Mauvais calcul, plus rapide que prévu bien que l'heure exact était encore inconnue. Les flocons ne devraient plus continuer à tomber très longtemps, maudissant chaque contact gelé qui tente de m'alourdir en humidifiant les plumes. Le refuge n'était plus bien loin de toute manière, quelques centaines de mètres tout au plus, visualisant déjà un délicieux feu de cheminé qui crépite de façon rassurante. Le froid n'a jamais été quelque chose que j'apprécie, le supportant par pure habitude. Même si la boucle de 2016 n'était pas ce qu'il y avait de plus agréable en terme de vie, sa météo en revanche était parfaite, un délicieux printemps chaud et sec accompagné d'une légère brise marine idéale qui me manque déjà. D'un autre côté, il était toujours bon de revenir dans un endroit qu'on considère comme chez soi, une encre parmi l'amas de voyages, tous confinés soigneusement dans des dizaines et des dizaines de carnets au fil du temps.

La fenêtre est ouverte, comme toujours, malgré les remontrances sur le froid de l'hiver éternel, qu'elle laissait échapper toute la chaleur, que le froid risquait d'amener une quelconque maladie, profitant de la fente pour m'y glisser discrètement, prenant soin de me poser devant les braises qui éclairent les appartements désert de l'Ymbryne. La chaleur est une récompense agréable, gonflant les plumes pour qu'elles sèchent plus vite, l'avantage d'être un oiseau assez menu, à deux doigts de sombrer dans un sommeil profond pour récupérer du voyage. Quelques sifflements s'élèvent, histoire de signaler ma présence, aucune réponse, pas de signe d'une quelconque vie. Probablement l'heure du dîner ou d'une quelconque occupation avec les plus jeunes.

J'en profite donc pour reprendre mon autre forme, sûr de ne pas être gêné par la nudité que le changement de corps inclut. Les pas sont maladroits, mal assurés, comme toujours après de longs vols et une longue période sous forme d'oiseau, s'enchaînent jusqu'à la fenêtre pour la refermer avec soin afin de conserver au mieux la chaleur. La couverture est prise en otage, arrachée de son lit pour s'enrouler autour de la peau froide avant de reprendre place devant le feu, recroquevillé dans l'amas de tissus. Il n'y avait plus qu'à attendre, dormir un peu si le Ara, dont l'odeur s'était imprégnée sur la couverture, me berçant doucement, tardait.

J'avais perdu le fil, somnolant à moitié lorsque la porte s'ouvrit dans un léger grincement accompagné de pas. Le sourire s'esquisse instantanément, probablement un brin idiot, accueillant la maîtresse des lieux. « Bonsoir » Je m'écarte légèrement afin de lui laisser de la place sur le plancher, ne préférant pas me lever sous peine de provoquer une catastrophe avec mes muscles engourdit par l'épuisement des derniers kilomètres sous la neige. Ce qui arrive lorsqu'on veut toujours aller plus vite, parcourir le plus de kilomètre en moindre temps. Le genre de défis idiot dont je ferais mieux de m'abstenir. Signaler avant tout ma présence à Lavinia était la première chose à faire lorsque je revenais, une habitude prise il y a longtemps, m'accaparant ses appartements les soirs de retours. « Je proposerai bien un morceau de couverture, mais ce ne serait certainement pas décent. » certainement pas la peine de préciser ce qu'il y avait en dessous, me contentant d'un léger rire.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Mer 16 Nov - 15:23

Winter fields

- The Happiness of meeting again after a long time -

Ce 19 Décembre 1873 avait été bien mouvementé par rapport à hier. Rien d’anormal côté boucle, avec Miss Pica et Miss Umbretta, elles l’avaient renouvelé sans incident, mais la veille, les enfants n’avaient pas couru dans tous les sens surexcités et Lavinia n’avait pas retrouvé le petit Simon endormi en bas des escaliers à 22h36 précises. Elle s’empressa de le soulever doucement pour vérifier qu’il n’avait rien et comme elle s’en doutait –car ce n’était pas la première fois- il s’était blessé en chutant à cause de sa maladie. Lavinia avait alors pris le temps de le soigner et de s’en occuper, veillant même à le monter dans sa chambre. Un lit était plus confortable qu’un escalier.

Ce n’est qu’après s’être assuré que tout allait bien et après avoir fait un tour dans les chambres des autres enfants particuliers que Lavinia retourna dans ses appartements. Elle appréhendait la nuit à venir sans l’aide de Simon où les cauchemars prendraient sûrement le dessus sur un sommeil paisible. Alors qu’elle réfléchissait à quel livre choisir pour s’endormir, son cœur manqua un battement lorsqu’elle ouvrit la porte. Son hirondelle. Il était là. Il était de retour.

« Bonsoir »

« Bonsoir »

Inutile d’en dire d’avantage. Son expression à elle seule suffisait à comprendre à quel point Lavinia était heureuse de voir Aloysius. Ce soir, il ne lui serait pas compliqué de garder le sourire aux lèvres et peut-être que la nuit se passerait mieux que ce qu’elle redoutait.

« Je proposerai bien un morceau de couverture, mais ce ne serait certainement pas décent. »

Lavinia esquissa un sourire amusé. Décidément, il n’avait pas changé et il avait l’air d’aller bien. Enfin, de ce qu’elle pouvait en constater, car elle ne pouvait pas voir sous la couverture et elle allait s’en abstenir. Tout en fermant tranquillement la porte, elle lui répondit.

« Pourquoi prends-tu encore ma couverture ? Depuis le temps, tu sais qu’il y a toujours un habit à disposition dans la malle. »

Elle ne le rouspétait pas, son ton était bien trop enjoué pour cela. Elle se demandait juste pourquoi il prenait à chaque fois la couverture, elle ne se doutait pas que cette dernière était probablement bien plus tentante qu’un costume trois pièces…

« Tu nous as manqué tu sais… Anastázia va être contente. »

Comment subtilement faire passer qu’elle aussi était contente, mais il ne serait pas convenable d’avouer de vive voix à Aloysius qu’à chaque voyage, elle trouvait le temps beaucoup plus long et que sa présence au refuge lui manquait de plus en plus... Mais maintenant qu’il était de retour, ça allait mieux. Sans se préoccuper de sa longue robe bleue nuit, Lavinia s’installa près de lui au coin du feu pour profiter d’un paisible moment à deux après ces jours d’absence.

« Comment tu vas ? »

A chaque retour Aloysius y avait droit et, à chaque fois, Lavinia espérait entendre la même réponse. Qu’il n’avait pas été et n’était pas blessé, pas de maladie, qu’il était juste fatigué par le trajet et que tout allait bien. Après seulement elle accepterait qu’ils discutent de voyage ou d’autre chose, pas avant. Elle ne le laisserait pas discuter d’autre chose tant qu’ils n’avaient pas parlé de ce sujet d’abord. Il n’y avait jamais échappé et ce n’est pas ce soir que ça allait commencer.


Dernière édition par Miss Lavinia Cyanopsitta le Jeu 17 Nov - 9:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Mer 16 Nov - 21:36

winter fields

- Hurtling through heavy snow, our hands are cold and the moon sets low -

La couverture remonte alors que le corps se recroqueville un peu plus, tel un enfant boudeur à qui on aurait fait une remarque qui n'allait pas dans le sens qu'il voulait. La moue finit par disparaître rapidement, même si les mots restent bredouillés. « C'est beaucoup plus rapide que de devoir prendre le temps d'enfiler des vêtements, je n'ai qu'à me glisser dessous. j'étais un brin trop tôt, il neigeait encore, j'étais frigorifié et trempé. » Je n'avais pas le plumage polaire d'un harfang ou de tout autre individu à plume taillé pour l'hiver après tout, le comble de l'ironie lorsque la boucle choisie pour nid se situait au beau milieu d'un hiver éternel. Enfin probablement de mauvaises excuses pour tenter d'avoir raison. « Si tu ne laissais pas la fenêtre ouverte constamment, il ne ferait pas si froid ici. Tu n'es pas censé apprécier la chaleur tropicale ? » Un point partout, désignant l'objet du délit par lequel j'étais entré pour appuyer mes arguments. Une remarque répétée des centaines de fois.  

« Je suis certain qu'elle a encore essayé de me faire un collier de perles. » Le rire s'échappe à l'évocation de la jeune syndrigasti, peut-être que je me glisserai dans sa chambre le lendemain matin, ou sur le chemin de mes appartements, prêt à être traqué et collé la journée entière par la jeune blonde. Rien de bien désagréable en un sens, il fallait admettre qu'il était toujours bon de tous les retrouver, bien qu'Anastázia avait une place un peu plus particulière, ayant nécessité beaucoup plus d'attention de ma part que les autres, venant de loin, terriblement jeune, prise sous mon aile avant même son arrivée et donc unique point de repère.

S'en suivit de La question, suivant l'Ymbryne qui s'installait du regard. Une interrogation habituelle, qui ne nécessitait pas réellement de réponse pour autant de par la simple présence de ce corps, mais qu'importe, elle eut droit au hochement de tête habituel accompagné d'un sourire. « Même si je ne suis certainement pas prêt de retourner dans cette boucle si... différente de si tôt. » Autant dire que psychologiquement, c'était encore confus. Le surplus d'informations emmagasinées ces dernières semaines suffisaient à m'en donner le tournis. Si la boucle de 1941 n'avais pas été simple à assimiler, celle de 2016 était beaucoup trop éloignées, bien que la curiosité m'y avait retenu plusieurs semaines, les instants où j'étais à deux doigts de faire le chemin du retour avaient été beaucoup trop nombreux.

« Tout compte fait, je... je crois que je ne me sens pas très bien. » mouvements théâtraux, main se posant sur le torse pour simuler un arrêt cardiaque ou une quelconque attaque, corps se contractant pour disparaître dans la couverture qui tombe lourdement. Les gémissements graves et d'imitation médiocre d'une mort certaine se changeant en piaillement tout aussi exagérés, pattes en l'air et les ailes étendues sur sol. C'était probablement mal d'en rire comme un gosse le ferait, mais qu'importe, rien n’ôterait ma bonne humeur.

Les yeux se ré-ouvrent dans un élan de malice, battant des ailes pour rejoindre l'épaule de la "jeune" femme, plumes effleurant son cou avant d'aller ôter délicatement les épingles de ses cheveux du bout du bec pour en laisser tomber les mèches, emportant mon butin tout en tournoyant dans la pièce, rire se manifestant sous forme de sifflement aigu avant de plonger sous l'amas de tissus abandonné sur le sol, doigts en sortant les premiers, brandissant le métal tel un trophée alors que je peinais à retrouver une respiration normale, essoufflé par cet effort idiot et tout bonnement immature.

Pourquoi toujours les cheveux d'ailleurs ? Une manie étrange dont l'origine était inconnue, un véritable mystère inconscient, peut-être un souvenir d'enfance qui m'aurait échappé, dans tous les cas les mèches sombres de Lavinia faisaient partie de ces tignasses qu'on avait envie de toucher durant des heures, même si plus classique et moins amusant que celles de certains syndrigastis, comme ce môme de 1941 et ses boucles, Lloyd. Je la préférai comme ça de toute manière, les cheveux tombant, bien que ce n'était pas correcte pour les conventions et l'étiquette de cette boucle, qu'importe, ce n'était pas comme si l'Ombrette était derrière la porte, prête à faire des remontrances au moindre petit écart. Elle en rougirait la pauvre, trouver un homme dénudé sous une couverture dans les quartiers d'une femme suffirait à la rendre folle.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Ven 18 Nov - 9:18

Winter fields

- The Happiness of meeting again after a long time -

Rassurée, Lavinia n’insista pas. Elle l’aurait fait si elle avait des doutes, mais depuis le temps elle savait repérer le moindre indice indiquant qu’il allait mal et vraisemblablement c’était tout le contraire ce soir. Tant mieux. En revanche, Aloysius l’avait intrigué. Qu’avait de si différent cette boucle pour qu’il doute d’y retourner ? Le monde qu’ils avaient connu avait-il tant changé que cela ? Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Même si Lavinia ne sortait que rarement de leur boucle, son rôle exigeait qu’elle se maintienne au courant de ce qui se passait à l’extérieur.

« Tout compte fait, je... je crois que je ne me sens pas très bien. »

Alors qu’elle allait lui demander plus d’informations, Aloysius fit son pitre. Il n’y avait pas d’autres mots. Lavinia ne tomba pas une seule seconde dans le panneau et pas sûr que c’était le but recherché. L’exagération de ces gestes n’était là que pour rire. Et ça fonctionnait. Ce n’était pas compliqué à faire avec Lavinia, surtout lorsqu’elle était en compagnie d'une personne qu’elle appréciait énormément. Mais son rire s’éteignit lorsqu’elle vit l’hirondelle sortir de sous la couverture. Ah non ! On ne dépensait pas son énergie pour des enfantillages ! Pour autant, Lavinia ne put l’empêcher de retirer ses épingles pour libérer sa brune chevelure.

« Aloysius! Tu n'es pas une pie. Ne retire pas la dernière épi… »

Trop tard. Lavinia soupira. Le rouspéter parce qu'il lui venait de libérer ses cheveux était peine perdue et une perte d'énergie inutile. Lavinia avait depuis longtemps perdue cette bataille, laissant l'hirondelle jouer avec ses cheveux dès que l'envie lui prenait. Ce n'était pas convenable pour les convenances, mais... Elle ne pouvait pas dire que ça ne lui plaisait pas. Y comprit l'audace dont il venait de faire preuve. Elle préférait ses cheveux détachés. Plus léger et chaud à la fois. Puis, au final ce n'était rien de méchant. Ça aurait été gênant s’ils n’étaient pas seuls. Avec un regard qui voulait tout dire, Lavinia récupéra ses épingles.

« Arrête de te changer inutilement, surtout après un aussi long voyage. Tu vas être trop épuisé après. »

Lavinia rangea ses attrape-cheveux dans un des plis de sa longue robe qui dissimulait une poche. Elle ne prit pas la peine de rattacher ses cheveux –ce qui lui aurait valu une remontrance de la part de Miss Umbretta- puisque dans quelques heures elle irait se coucher. Mais avant cela, elle avait encore du temps.

« S’il te reste tant d’énergie, raconte-moi plutôt ton voyage. Cette nouvelle boucle est si… perturbante que cela ? Tu vas rester ici plus longtemps alors ? »

Conclusion hâtive. Elle en avait parfaitement conscience, mais Lavinia ne pouvait faire taire cette petite appréhension qu’elle avait à chacun de ces retours : combien de temps resterait-il avant de s’envoler une nouvelle fois ? Elle ne voyait pas le temps passer quand Aloysius était dans les parages. Enfin, façon de parler, car elle avait toujours un œil sur sa montre à gousset ou sur une horloge du refuge. L’écoulement du temps était juste moins long et moins lourd à supporter.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Sam 19 Nov - 0:42

winter fields

- Hurtling through heavy snow, our hands are cold and the moon sets low -

Le regard se lève au ciel, réajustant la couverture convenablement alors que les épingles disparaissent dans une poche, bataille visiblement gagnée, créant un nouveau sourire en coin malgré les remontrances alors que le souffle s'apaise à nouveau. Comme si quelques battements d'ailes de plus allaient changer les trois-cent-nonante kilomètres parcourus en un peu plus d'une journée, une endurance toujours aussi impeccable, bien qu'elle creusait l'estomac. La nourriture était le seul carburant, se manifestant soudainement par un grondement digne d'un monstre. « Tu n'aurais pas quelque chose à manger à tout hasard ? »

Les pieds se relèvent donc, entamant une démarche encore maladroite et chancelante, le moindre obstacle capable de me renvoyer sur le sol instantanément. Les vêtements sont trouvés rapidement, questions enregistrées alors que la couverture tombe lourdement sur le sol, enfilant les morceaux de tissus, dos à la jeune femme. Ce n'était pas comme si elle n'avait jamais assisté à ce spectacle de toute manière, frontières de l'intimité devenues floues avec le temps passé dans ces appartements peut-être devenu en quelques sortes les miens aussi au fil des vingt-deux décembre. De toute manière elle avait assisté à bien pire le jour où j'avais repris forme humaine après beaucoup trop de temps coincé sous mes plumes d'hirondelle. Non seulement nu comme un ver, mais une véritable catastrophe ambulante incapable de tenir debout sur ses deux pieds, voir même d'aligner deux mots compréhensibles, comme un oisillon qui serait incapable de voler et ne se souvenant plus du fonctionnement d'un corps parfaitement humanoïde.

« Crois-moi, j'ai peut-être eu le yeux plus gros que le ventre en voulant y rester plusieurs semaines. Tout y est si... différent, beaucoup trop lointain. C'est le début de l'été qui m'a convaincu de rester, surtout au bord de mer, la brise est très agréable en vol et ça change radicalement de cet hiver qui me gèle littéralement les plumes. Un temps parfait. » Pause, le temps de manœuvrer avec le pantalon, tâche la plus délicate qui nécessitait une parfaite concentration afin de garder l'équilibre. La couverture fut ensuite remise avec soin sur le lit avant de reprendre place en tailleur devant le feu, prenant soin de remettre la montre d'appoint parfaitement à l'heure. Une horloge qui se perdait dans le temps, c'était le chaos.

« En réalité, tu ne parviendrais même pas à imaginer à quoi ce "futur" peut ressembler. L'homme vole un peu mieux qu'en 1941, même si les avions sont beaucoup plus gros, d'ailleurs ils sont parvenu à aller si haut qu'ils sont arrivés sur la lune. Ce qui n'est pas vraiment très rassurant en un sens. Ils ont une sorte de cinéma à domicile aussi avec des films en couleur et nettement plus réalistes que ceux de 41, mais ça ne vaut pas un bon vieux livre et l'odeur du papier si tu veux mon avis. Ils ont un problème avec ces "écrans" d'ailleurs, des plaques de verre qu'on retrouve absolument partout, à croire qu'ils contrôlent les vies. Je n'aime pas beaucoup ça à vrai dire, imaginons qu'ils sen servent pour repérer et capturer des syndrigastis, bien qu'il ne semble pas vraiment y avoir de menace humaine à cette époque. Mais le plus déroutant reste incontestablement la mode. De quoi te faire rougir de honte. La longueur des jupes et minimaliste et quand je dis minimaliste on est loin d'arriver au genoux, on expose les cuisse, les genoux et les chevilles. Tout le monde semble exhiber des jambes, même nos sous-vêtement sont plus habillés. C'est peut-être une bonne nouvelle pour vos poumons à vous les demoiselles, mais le corset a disparut. Je ne sais toujours pas si c'est dût au tissus qui est devenu rare et cher, mais c'est extrêmement gênant. Oh et ces pantalons moulants, une horreur, il m'a fallu des semaines pour m'y faire ! Même si au final c'était relativement confortable, surtout les chaussures. »

Nouvelle pause, histoire de reprendre de l'oxygène et retrouver un débit beaucoup moins rapide que cet enchevêtrement de mots qui ressemblait à un débit de trissements. Trop de choses à dire sur cette boucle de 2016, si bien que même un résumé ne suffisait pas à combler ce sentiment de surplus d'informations qui recommençaient à me donner mal au crâne. Peut-être valait-il mieux s'arrêter là avant de donner une migraine équivalente à l'Ymbryne ou même de l'effrayer.

« Probablement. » La réponse à la dernière question était plus compliquée que la précédente. Les allées et venues étaient difficiles à déterminer, dépendant de ce besoin primaire et irrésistible de filer du jour au lendemain, ne supportant plus le froid et les fantômes de cet Édimbourg. Cela pouvait varier de l'équivalent de plusieurs mois, comme de plusieurs semaines sans éprouver le besoin de voir d'autres étendues. « Mais ça permet de rendre le retour meilleur. » Un long soupire d'aise s'échappe, les bras s'étirant dans un craquement plutôt sinistre, témoignant de l'effort enduré durant la journée.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Mar 22 Nov - 15:02

Winter fields

- The Happiness of meeting again after a long time -

« Tu n'aurais pas quelque chose à manger à tout hasard ? »

« Si on veut oui. »

Il n’allait décidément pas lui répondre tout de suite. Tant pis. Lavinia pouvait bien attendre encore un peu. Elle se leva et se dirigea vers sa petite cachette où se trouvait sa réserve personnelle et d’urgence. Même si elle était habituée depuis des années à côtoyer Aloysius, parfois d’assez près, le fait qu’il se change juste à quelques mètres d’elle la faisait toujours autant rougir. Miss Umbretta aurait trouvé cela inadmissible et indécent, Lavinia, elle… juste embarrassant et sans aucune pudeur.

« Crois-moi, j'ai peut-être eu le yeux plus gros que le ventre en voulant y rester plusieurs semaines. Tout y est si... différent, beaucoup trop lointain. C'est le début de l'été qui m'a convaincu de rester, surtout au bord de mer, la brise est très agréable en vol et ça change radicalement de cet hiver qui me gèle littéralement les plumes. Un temps parfait. »

Mmm… Le temps idéal.

Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait plus sentie l’air marin et les rayons chauds du soleil réchauffer sa peau ou ses colorées plumes. Si ce n’était grâce à sa bonne mémoire, elle ne saurait même plus de quoi la mer avait l’air. M’enfin, elle se concentra sur sa recherche et ne tarda pas à se reprendre sa place en tenant une petite boîte à biscuits dans ses mains. Dès qu’Aloysius repris place à son tour, elle lui tendit la boîte en question qui était remplie non pas de biscuits mais de noix. Il ne fallait pas s’attendre à autre chose lorsqu’on connaissait bien Lavinia. C’était le pêché mignon de l’Ara.

Lavinia écouta attentivement la suite de la description de cette boucle de 2016. Ce chiffre lui semblait déjà si énorme et lointain, alors les mots d’Aloysius ne firent qu’amplifier cette impression. Plus il avançait dans ses explications, plus l’expression du visage de Lavinia prenait un air ahuri. En effet, elle avait du mal à imaginer les hommes capables de tels exploits comme atteindre la lune ou être omniscients, car c’est l’idée qu’elle se faisait de ce qu’il appelait des écrans qu’on trouve partout. Cette vision ne présageait rien de bon et paraissait plus effrayante et dangereuse pour les syndrigastis que l’époque d’aujourd’hui. Et certainement une mauvaise influence en termes de convenance et de mode ! Les convenances de devaient pas exister pour qu’une telle chose soit permise. Machinalement, Lavinia avait baissé les yeux vers ses jambes –couvertes par sa jupe longue- et de sa main droite elle tenta de mieux visualiser l’au-dessus de mi-cuisse où la jupe était supposé s’arrêter en 2016. Diablement et excessivement trop courte !! Elle en rougit de plus belle. Lavinia en aurait presque préféré le contexte chaotique de 1941 !

A présent, elle comprenait mieux le trouble et l’hésitation d’Aloysius qu’en à retourner dans cette boucle temporelle. Si Lavinia était choqué rien qu’en l’entendant, qu’est-ce que ça aurait été si elle l’avait vécu et vu ? Elle ne voulait pas vouloir. Comme si elle avait le tournis, Lavinia porta sa main gauche à sa tête. Ça faisait beaucoup de choses à assimiler et à réaliser surtout.

« Probablement. Mais ça permet de rendre le retour meilleur. »

Quelques secondes furent nécessaires à Lavinia pour comprendre de quoi Aloysius parlait. Il répondait à sa question sur son temps de présence ici. Ce n’était pas la réponse précise qu’elle aurait aimé entendre. Une petite pointe de déception luit légèrement dans le bleu de ses yeux, malgré qu’elle s’y attende.

« Tu as sans doute raison. Néanmoins, tu ferrais bien de ne pas y retourner tout de suite. Ne serait-ce que pour éviter un mal de tête chronique. » En même temps, elle piqua une noix à Aloysius avec un sourire aux lèvres –ne rien laisser paraître-. « Les syndrigastis de cette boucle ne doivent-ils pas davantage redoubler de prudence ? Ce temps que tu me décris me paraît pourtant bien plus dangereux pour nous qu’aujourd’hui… Même si tout temps est périlleux. »

Ce devait sûrement être une mauvaise impression à cause des grandes différences qu’il y avait entre les deux temps, mais elle pouvait se fier au jugement d’Aloysius. Après tout c’était lui qui avait visité cette boucle et avait ressenti les choses, non elle. Comme tous les jours, Lavinia s’était occupée des plus jeunes et avait renouvelé la boucle avec parfois quelques nouveautés par-ci par-là avec de nouveaux arrivants ou événements sans gravité. Elle ne faisait que ce qu’elle savait faire le mieux : s’occuper et prendre soin des autres.

« Tu veux peut-être autre chose ? Les noix ne vont pas beaucoup te nourrir. Je peux aller chercher quelque chose de mieux dans la cuisine si tu veux. De quoi as-tu envie ? »
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Mar 22 Nov - 21:39

winter fields

- Hurtling through heavy snow, our hands are cold and the moon sets low -

Pas besoin d'ouvrir la boite pour en connaître le contenu, soupirant d'avance en voyant la réserve secrète et bien gardée de la "jeune" femme. « Tu sais bien que je n'aime pas dilapider ta réserve. » Deux noix se glissèrent dans une paume avant que la boite ne fut rendue à sa propriétaire, les ouvrant non sans difficulté et maladresse, parcelles de coquille se projetant à divers endroits.

Le malaise de l'Ymbryne était perceptible, sourcils se fronçant avec inquiétude alors qu'elle semble se perdre dans les explications. Oups. Peut-être un brin trop rapide. Il aurait peut-être mieux valu trier avant que de laisser les mots sortir par eux-même sans aucune coordination. Un sourire se dessine à sa remarque, bien que le sérieux prend le dessus sur le reste, ne voulant pas non plus qu'elle imagine cette boucle invivable et terriblement ostile. On ne plaisantait jamais avec la protection des individus particuliers, une priorité, même si ma fâcheuse tendance à la prendre trop à cœur n'avait fait que me briser les ailes.

« Étrangement, je ne pense pas que la menace soit si grande. Les choses ont évoluées, ils s'y sont parfaitement adaptés eux aussi, l'ordre naturel des choses. Certes, c'est indécent, terriblement effrayant, mais que dirait un individu issus du milieu du moyen-âge s'il arrivait au beau milieu de notre époque ? Il serait tout aussi dérouté. L'inconnu fait peur, fatalement, dérange et pourtant d'une certaine manière, c'est excitant. » Profonde inspiration, laissant un regard songeur se perdre dans les flammes alors que la montre à gousset glisse entre les doigts. Même en étant tout à fait sérieux, il fallait que mon corps bouge, essayer d'extérioriser ce trop plein d'énergie qu'il possédait, peu importe l'épuisement.

« Tu sais, dans cette époque, les humains se racontent des histoires, de valeureux héros avec des dons formidables, capables de les protéger du mal et des crimes en tout genre. Ils aiment entendre ce genre de fables, les regarder, rêver de posséder une particularité sans savoir que nous existons. Je pense que les temps ont changés et qu'ils ne réagiraient probablement plus aussi mal, peut être que la peur laisserait place à la curiosité. Bien entendu je ne vais pas chanter leur louange, il restera toujours des individus malsains. »

On ne peut effacer les actes, les atrocités et abominations commises, les quelques marques encore présentes sur ma chair en témoignant, tout comme les fantômes revenant sans cesse alors que la nuit tombe, leurs doigts crochus s'emparant des songes, les enfermant dans une cage lugubre tout en prenant soin de jouer avec le sentiment infernal de culpabilité. L'enfer. Voilà ce que pouvaient construire les hommes, pourtant loin de l'image des flammes instaurées par les religions, continuant de laisser des marques même après sa disparition. Il n'était pas possible d'arracher la page, d'affirmer que nul individu, humain, syndrigasti, ou quoi que ce soit d'autre, n'était capable de telles atrocités, que le risque zéro existait, même dans une boucle.

« Ne t'en fais pas, j'irai me servir avant d'aller me coucher, je ne préfère pas qu'on remarque que tu as un invité. » C'était peut-être égoïste, vouloir rester sans même faire profiter les plus jeunes de mon retour, ridicule même, mais je ne voulais pas être forcé de sortir de suite sous peine d'outrer la terrible Ombrette. Je ne me sentais pas non plus de devoir porter les plus jeunes et curieux dans mes bras, alors qu'ils sont probablement encore à chuchoter dans les couloirs malgré l'heure qui avance.

« Ça fait combien de temps que tu n'es pas sortie ? Je veux dire hors d’Édimbourg ? Que tu n'as pas volé ? Est-ce que tu sais encore ce que cela fait de sentir le vent chaud et protecteur ? Voir autre chose même en restant dans la boucle ? Pourquoi ne viendrais-tu pas une fois ? Chercher un peu de soleil, de chaleur. La boucle ne va pas s'effondrer si tu aides à la renouveler d'une autre destination, d'autant plus si Miss Pica et Umbretta veillent durant quelques jours, sans parler des plus âgés. » Le ton était songeur, regard toujours aussi pensif aux sourcils froncés fixant un point lointain. Peut-être qu'elle avait assez vu cette neige, beaucoup trop proche des démons passés. Si quelques mois suffisaient à me rendre irritable et jouait sur mon humeur, capable de me faire sombrer dans une déprime sans nom, il ne fallait pas demander ce qui pouvait en être du Ara.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Sam 26 Nov - 18:52

Winter fields

- The Happiness of meeting again after a long time -

Une mauvaise impression, oui, mais excitant… Non. Lavinia ne trouvait pas du tout la description de cette nouvelle époque comme excitante. Même si passer pour des héros de fables et autres contes de fées était assez plaisant, ils passaient pour des êtres bons plutôt que mauvais, mais l’Ara bleu ne pouvait pas oublier cette dernière phrase. Il y aurait toujours des individus malsains, oui… Des humains qui capturent leur amis, leur familles pour des expériences et d’atroces tortures ou autres actions malsaines auxquelles elle n’avait pas envie de songer maintenant. Ça nuit serait suffisamment emprunte de mauvaises images comme cela.

« Ne t'en fais pas, j'irai me servir avant d'aller me coucher, je ne préfère pas qu'on remarque que tu as un invité. »

Cela n’aurait pas surpris grand monde, mais c’était plus prudent ainsi. Elle n’avait vraiment aucune envie d’entendre Miss Umbretta ou de supporter le regard courroucé de Miss Pica. D’ailleurs, peut-être qu’elle avait vu l’hirondelle arrivait. Dès qu’elle était sous sa forme d'oiseau, rien ne lui échappait, une telle acuité visuelle l’impressionnait encore après tant d’années.

« Ça fait combien de temps que tu n'es pas sortie ? Je veux dire hors d’Édimbourg ? Que tu n'as pas volé ? Est-ce que tu sais encore ce que cela fait de sentir le vent chaud et protecteur ? Voir autre chose même en restant dans la boucle ? Pourquoi ne viendrais-tu pas une fois ? Chercher un peu de soleil, de chaleur. La boucle ne va pas s'effondrer si tu aides à la renouveler d'une autre destination, d'autant plus si Miss Pica et Umbretta veillent durant quelques jours, sans parler des plus âgés. »

« Tant de questions dont tu connais déjà les réponses… »

Lavinia esquissa un doux sourire et caressa tout naturellement la joue d’Aloysius avec tendresse, mais son regard était si nostalgique. Elle laissa même entrevoir quelques secondes la lassitude qui l’assaillait parfois avant de retirer sa main, de se lever et de s’éloigner d’Aloysius. Elle en profita pour ranger sa réserve puis pour s’approcha de la fenêtre fermée. C’était souvent ainsi entre eux, beaucoup de proximité et, d’un coup, l’un ou l’autre la brisait.

« C’est compliqué… »

Regardant le paysage enneigé, bras croisés, Lavinia hésitait à en dire davantage. Elle ne souhaitait pas entrer dans les détails des vrais raisons qui l’empêchaient de se transformer –plus souvent- ou de quitter la boucle de 1873. Cela gâcherait leur retrouvaille. Elle ne le désirait pas. Pourquoi posait-il donc ces questions maintenant ? Un jour il allait bien falloir qu’ils parlent de tout cela, qu’ils parlent de ce jour soit disant oublié et passé puisque tout y était lié… Un passé qui ne cesse de les torturer.

« Des mois… » souffla-t-elle quasi à contre cœur, laissant alors très bien sous-entendre qu’elle en avait envie. Pas forcément de se métamorphosait, envie de liberté et de changement.

« Je n’ai pas la discrétion d’une hirondelle, et cela peu importe la période. »

Bien sûr, ce n’était pas du tout la seule raison même si c’était une importante raison. Lavinia était sans cesse tiraillée entre ses responsabilités et ses envies de libertés, pourtant même quand on lui tendait la main, elle reculait et choisissait toujours son foyer. Etait-ce une conséquence d’être un Ara de Spix, de ses peurs, de son manque de volonté et d’agir en ce sens ou parce qu’au final pour elle le plus important était les autres et jamais elle ? Probablement un peu de tout. Lavinia finit par se retourner vers Aloysius, quittant la vue des flocons de neige.

« La boucle non, mais les enfants peut-être. On vient de recueillir une apprentie Ymbryne aussi. Je ne peux pas partir. »
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Dim 27 Nov - 12:52

winter fields

- Hurtling through heavy snow, our hands are cold and the moon sets low -

Les questions étaient plus rhétoriques qu'autre chose, mettant le doigt sur le problème. Long soupir qui s'élève à la semi-réponse muette du Ara qui s'infligeait tout simplement une torture, mal-être visible durant une fraction de secondes dans son regard. Je reste incapable de la sermonner, regard se baissant au contact de ses doigts, ne comprenant définitivement pas cette façon de se priver, de s'effacer. Deux formes fonctionnaient comme un tout, un équilibre parfait qu'il fallait entretenir, pas oublier de la sorte, réfuter au point d'en oublier ce que cela faisait. Certes il y avait un monde entre nos besoins respectifs, nos préférences de formes. A l'opposé d'un besoin sédentaire, d'être à l'aise sur des pieds. La fuite était toujours un moyen de facilité après tout.

Je reste planté là une bonne minute, songeur, enregistrant le son des jupons qui s'éloignent vers la fenêtre. La fuite de l'Ymbryne était dans sa dévotion pour les autres, répétant encore et toujours les mêmes choses, un mécanisme bien huilé. Le problème avec le dévouement pour autrui, c'est qu'il finit par nous perdre au point de faire baisser la garde, c'était tendre le bâton lorsque la menace arrive, nous oublier au point d'être aveugle et ne pas voir ce qu'il y a au dessus de notre tête. Le goût est amer, bannissant la pensée même des deux années et très exactement trente-huit jours causés autrefois par un dévouement trop profond, du nombre de choses perdues à cause d'une simple fatigue et routine.

Les jambes se lèvent, maladroites, pieds nus sur le plancher, rejoignant la fenêtre. Les bras se croisent dans une certaine frustration, un sourcil se hausse. « Qui a parlé de période ? Il y a des centaines de lieux formidables dans cette boucle où même un dragon pourrait voler de manière discrète et à l'abri des regards. Il n'est pas rare de croiser des Aras dans beaucoup d'entre eux. Des jungles en tout genre, des plaines baignées de lumière, des brises marines salées, ... » Un demi-sourire se dessine, tâchant d'être plus convainquant possible. Nouveau soupir alors que d'autres excuses s'élèvent, secouant la tête de droite à gauche. « Ce ne sont que des excuses Liv, tu sais parfaitement que tu peux faire confiance aux autres durant quelques semaines. »

Les mains se déposent sur ses joues, pouces les caressant doucement, ne la lâchant pas du regard. « Cesse donc un peu de t'oublier à ce point, cela fait presque 150 ans que tout le monde est en sécurité. » Le murmure est à peine audible, lèvres se posant brièvement sur le sommet de son crânes avant de rompre tout contact, mains s'enfuyant dans les poches.

Des grincements raisonnent dans le couloir, signe d'une Ymbryne regagnant ses appartements ou d'un enfant voulant trouver un peu de compagnie afin d'être rassuré dans ces heures qui se font tardives. Mon corps se fige l'espace d'un instant, prêt à m'envoler en haut d'une poutre apparente en cas de visite. Les grincement finirent par passer, membres reprenant leur fonctionnement habituel. « Tu ferais probablement mieux de te reposer, je ne doute pas que ta journée a été longue et pleine de hurlements. D'ailleurs qu'as-tu fais aujourd'hui ? » Entre rires et cris, il n'y avait pas de doute, une journée complète avec les plus jeunes était épuisante. « Si tu veux je peux rester jusqu'à ce que le sommeil vienne. » La proposition était tout à fait sérieuse, la nuit était toujours longue de toute manière, peu importe la fatigue. Puis ce n'était pas comme si le nombre de nuits passées perché dans un coin de ses appartement se comptaient sur les doigts de la main, quitte à aller chercher discrètement (enfin dans la mesure du possible) de la nourriture pendant qu'elle se change pour se dissimuler au mieux sous la couverture.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Dim 27 Nov - 21:31

Winter fields

- The Happiness of meeting again after a long time -

Que des excuses… Il avait raison et Lavinia le savait même si elle n’était pas toujours d’accord avec la pédagogie et la sévérité de certaines Ymbrynes, elles avaient les mêmes responsabilités et une grande dévotion envers les particuliers. Même ainsi, elle n’arrivait pas à s’en détacher. Si Miss Daurica les entendait, elle la jetterai direct par la fenêtre pour la mettre au pied du mur, en action, ne pas lui laisser le choix. La manière brute est peut-être bien la seule façon de réussir à lui faire faire le premier pas. Pourtant la douceur des gestes et des mots d'Aloysius pourrait aussi faire effet à long terme.

« Cesse donc un peu de t'oublier à ce point, cela fait presque 150 ans que tout le monde est en sécurité. »

« Tout peut changer très vite. Rien qu'une seconde d'inattention et... Tu le sais mieux que moi.... »

Lavinia susurra ces mots, presque inaudibles. Elle se privait et vivait d’un semblant de vie. Malgré tout, un doux sourire se dessina sur ses lèvres. Ses paupières se fermèrent au contact du baiser sur son front, regrettant instantanément l’arrêt de tout contact. Lavinia jeta un dernier coup d’œil vers la fenêtre alors que des grincements dans le couloir se font entendre. Elle ne montre aucune inquiétude ou prudence, gardant juste le silence jusqu’à qu’ils soient tous les deux sûrs que personne ne venait jusqu’ici.

« Tu ferais probablement mieux de te reposer, je ne doute pas que ta journée a été longue et pleine de hurlements. D'ailleurs qu'as-tu fais aujourd'hui ? Si tu veux je peux rester jusqu'à ce que le sommeil vienne. »

« Je préférerais que se soit toi qui te repose, mais si tu veux, tu peux rester. »

Elle ne prenait pas le risque de prendre la décision. Elle considérait que se serait égoïste de sa part de lui demandé de rester. Lavinia ne pouvait se le cacher, elle aimerait bien qu’il reste, mais comme pour ces voyages, elle ne le lui disait presque jamais. M’enfin, son ton de voix laissait très bien entendre qu’elle tenait plus au repos d’Aloysius. Après tout sa journée avait été plus fatigante que la sienne même s’il ne s’agissait certainement pas de la même fatigue. Tout en allant s’asseoir sur le bord de son lit –laissant de la place à Aloysius s’il voulait s’asseoir à son tour- Liv lui raconta sa journée.

« Pleine d’hurlements est un euphémisme. » commença-t-elle en un léger rire et continua sans perdre une seule fois son sourire alors que la journée n’avait été clairement pas de tout repos ! « Les enfants étaient intenables. Ils ont couru dans tous les sens, surexcités. Pourtant Umbretta avait scrupuleusement bien mesuré la dose de sucre au petit-déjeuner et au goûter. A croire que ça n’a été d’aucune utilité. Même les séances de musique et de lecture ne les ont pas calmés. La contrepartie c’est que tout le monde était au lit tôt. A part Simon. Avant de monter, je l’ai retrouvé endormi en bas des escaliers, le front écorché. Il a encore du chuter… » Une petite pause, son regard se pose sur Aloysius. « Je m’inquiète un peu. Pica a noté que ça lui arrivait plus ces derniers jours. On garde davantage un œil sur lui du coup. »

Autant qu’il soit au courant des dernières nouvelles au plus vite plutôt qu’il soit surpris ou pris au dépourvu. Lavinia aimait bien lui résumer les derniers petits événements et nouveautés en date.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Mar 29 Nov - 16:32

winter fields

- Hurtling through heavy snow, our hands are cold and the moon sets low -

Dialogue de sourds, toujours la même chose de toute manière. Long soupire alors que je fais mine de capituler, du moins pour l'instant. Ce n'étais guère le moment de continuer ce genre de conversation, de la secouer dans tous les sens en la forçant à mettre son manteau ou revêtir son plumage. De toute manière, je me voyais mal repartir de si tôt, à peine arrivé dans cette antre et point d'encrage qu'était le refuge. Il fallait juste trouver les bons arguments, tourner la choses de manière à ce qu'elle y voit un profond intérêt, laissant la seconde nature dominer, cesser de se perdre dans des tâches quotidiennes qui se répètent encore et toujours de manières parfois absurde. Elle avait besoin d'aide, bien que silencieuse, et je me devais de lui rendre l'appareil, vieille dette toujours belle et bien présente malgré la proximité, n'oubliant certainement pas que je lui devait la vie, que je ne serait qu'une victime de plus au corps figé à jamais sous la neige, ce qui me frustrait d'autant plus de savoir qu'elle se refusait un peu d'égoïsme de temps à autre, elle avait déjà tant donné.

Je prends soin de m'occuper un instant du feu, perdu dans l'antre de mes pensées, ajoutant une nouvelle buche, manquant de me brûler les doigts, prévisible, le temps que les doutes puissent s'en aller, que la nuit devienne plus douce, inutile de réagir à sa réflexion et d'entrer dans un débat sur le fil du rasoir, de ressasser ce genre de choses. Je ne décline pas la proposition, esquissant un sourire imperceptible alors que je prends volontiers la place qui m'est offerte sur le lit, bien que probablement très peu convenable. Il n'y avait jamais rien eu de convenable ou de conventionnel ici. Ses mots s'élèvent, les capturant d'une oreille attentive alors que la couverture est glissée sur ses épaules dans un geste bienveillant.

« Et selon toi c'est moi qui mériterait le plus de repos. » Le rire s'élève tout comme le regard. « Quelque chose me dit qu'ils se sont encore fait quelques réserves de friandises en douce sous le parquet des chambres. Ils sont futés. » Enfin ils en devienne prévisible à force, connaissant presque par cœur les lattes du planché qui sont continuellement utilisées. Froncement de sourcils, cherchant à faire les liens entre la narcolepsie de plus en plus présente et les capacités du jeune syndrigasti. « C'est préoccupant en effet. Peut-être qu'il se dépense plus que d'habitude ou abuse un brin de ses capacités. On ne peut donc que lui conseiller de se promener avec un oreiller et d'avoir le moins de contact physique possible. » Maigre pause, entrecoupée par un nouveau gargouillis que j'oublie rapidement. « Tu as aussi parlé d'une nouvelle Ymbryne non ? » Autant se renseigner jusqu'au bout après tout, bien qu'il y avait un maigre espoir, certainement ridicule, qu'il s'agisse d'une nouvelle hirondelle, espérant que la lignée familiale ne soit pas totalement éteinte.

Je me permet un peu plus d'aise, pieds nus ramenés sur le matelas dans une position en tailleur. Probablement peu approprié pour la boucle d'ailleurs, mais les nouvelles habitudes enregistrées d'un tout autre temps prennent déjà le pas. Des petits gestes amusants en un sens, anachronisme comme s'il s'agissait d'un visiteur d'une autre temps. Dommage que je ne puisse pas emporter des objets, ramener des découvertes d'ailleurs tels des trésors, la regarder s'émerveiller en lui donnant des envies de voyages, mais à part quelques légèretés peu intéressantes, il était difficile de porter quelque chose de lourd sur du long terme. Peut-être que je devrais lui apprendre "le check", certain que ça la ferait rire.

« Donne-moi ta main, je vais te montrer comment les jeunes se saluent là-bas. » Bien différent des normes de notre temps, des gants blancs portés en toute circonstances, de la presque interdiction de contact des sexes opposés, déjà lui demander une main pour la malmenée était de trop. Je guide ses doigts aussi délicatement que je le peux, frappant dans sa main, l'invitant à suivre les mouvements, serrant le poing pour un impact avant de lever la main dans un bruit d'imitation de décollage de fusée, enfin c'est ce qui se rapprochait le plus dans mon esprit, probablement parce que j'avais passé des heures à observer cette vidéo. « Il m'a fallu des semaines pour m'y faire, rien à voir avec une poignée de main. » C'était ridicule, surtout que rien ne collait avec le geste dans cet environnement, finissant par me faire rire tout seul tellement le contraste de salutations était énorme.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Dim 4 Déc - 15:13

Winter fields

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Lavinia ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en imaginant les réserves de sucreries disséminées un peu partout dans les chambres des enfants. Elle ne pourrait jamais leur en vouloir et les rouspéter pour cela, puisqu’elle-même faisait pareil. Enfin, il s’agissait de noix pour si elle se transformait, mais ça revenait au même, car c’était son pêché-mignon, sa petite friandise.

« C'est préoccupant en effet. Peut-être qu'il se dépense plus que d'habitude ou abuse un brin de ses capacités. On ne peut donc que lui conseiller de se promener avec un oreiller et d'avoir le moins de contact physique possible. »

La deuxième option lui semblait être la plus plausible, mais une fois de plus Lavinia resta silencieuse à ce sujet. Elle se sentait déjà suffisamment coupable d’être possiblement la cause des endormissements plus fréquent chez le garçon. Heureusement pour elle, Aloysius changea de sujet. D’un geste affirmatif de la tête, Lavinia lui confirma la venue d’une apprentie Ymbryne et précisa l’état dans lequel elle était arrivée. Apeurée, frigorifiée et affamée. Comme c’était souvent le cas lorsqu’on arrivait dans leur boucle, on ne s’attendait pas vraiment à tomber dans un éternel hiver. Tout en s’emmitouflant dans la couverture qu’Aloysius avait posé sur ses épaules un peu plus tôt, elle se demandait si ces collègues Ymbrynes avaient trouvé ou eu des nouvelles des particuliers habitants la boucle disparu de Margaret. Il allait falloir lui donner des informations au plus vite, Liv lui avait promis qu’elle l’aiderait à les retrouver, mais pour le moment cette promesse était loin d’être tenue.

« Donne-moi ta main, je vais te montrer comment les jeunes se saluent là-bas. »

Intriguée, l’Ara regarda l’Hirondelle. Elle hésita quelques secondes avant de lui accorder sa main, trop curieuse d’en apprendre d’avantage. Le simple geste de se saluer avait-il lui aussi tant changer ? Probablement, sinon pour quelle autre raison il lui montrerait. Attentive et le laissant faire, Lavinia observa ces gestes et tenta de suivre. Taper dans sa main ne posa aucun problème et lui décocha même un sourire et un regard amusé, mais l’impact d’un poing serré suivit du petit bruit qu’elle répéta sans aucune certitude : « psschiiit ? » et qu'elle interpréta comme l'ouverture d'une bouteille de vin ou de champagne.

« Il m'a fallu des semaines pour m'y faire, rien à voir avec une poignée de main. »

« C’est peu dire. »

La première partie l’avait amusé, mais la deuxième lui paraissait encore bien trop étrange et elle n’en comprenait pas la signification. Est-ce qu’il yen avait un tant soit peu ?

« C’est ainsi qu’ils se saluent alors ? Est-ce que tu sais ce que veux dire… Tous ces gestes, hormis celui de saluer ? »

C’était troublant pour elle. Lavinia était habituée aux baisemains élégants et gentlemans, à la discrète et respectueuse inclinaison de tête et à l’égalité de la poignée de mains. Cette nouvelle façon de saluer regroupait-il toutes ces valeurs ou y avait-il d’autres significations cachées ? C’était peut-être étonnant de se poser ces questions, mais pas pour elle, cela l’aiderait à comprendre l’évolution et un peu mieux cette époque si lointaine et différente de la leur et qui pourtant aurait été le futur de sa descendance, si elle en avait eu une.

« Que sont devenus le baisemain et la poignée de mains? Tout ce qu'on connaît a... disparu? »
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Lun 5 Déc - 17:01

winter fields

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Sourire encourageant alors qu'elle s'essaie, suit le mouvement et va même jusqu'à répéter ce son si étrange qui a été ajouté. Son imitation provoqua un nouveau rire léger, accentuant une fois de plus le contraste entre les générations. Il y avait des explications en effet, enfin je suppose, mais quelques semaines dans un autre temps ne suffisaient pas à comprendre les ficelles d'une nouvelle société, déjà qu'il m'avait fallu un temps considérable pour enregistrer les découvertes historiques majeures, heureusement que je n'avais pas tout repris depuis le début, connaissances tout de même encrées jusqu'à l'année 1941. Je hausse les épaules pour un début de réponse, comme un enfant qui n'aurait pas bien appris sa leçon.

« Les jeunes uniquement, j'apparenterais ça aux salutations de vagabonds et des classes plus ouvrières de notre époque. Ils nomment ça le "check" et ont aussi tendance à le faire en signe de victoire, c'est plutôt affectueux. Après ce que cela signifie exactement, je l'ignore, il me faudrait plus de temps pour apprivoiser cette boucle. Pour le reste de la population plus mature, c'est toujours aussi classique, tout dépend de la proximité entre les deux individus. »

Vint ensuite le soupire à ses interrogation, baissant la tête aux derniers mots. Plus le temps s'écoulait et plus j'avais cette impression qu'elle adoptait le même comportement conservateur que la terrible Ombrette qui refusait toujours de voir le changement comme une bonne chose, impression que le Ara se perdait de plus en plus, oubliait ses convictions, ses envies de changements dans la façon de voir et d'aider les plus jeunes. Lydie. Si Lydie avait été là, elle l'aurait déjà secoué comme un prunier, mise à la porte avec une valise entre les mains en lui ordonnant de ne pas revenir durant un certain nombre de semaines, voir de mois, à voir comment le monde se porte, comment les éducations changent en fonction des lieux et des époques, comprendre, adapter pour mieux reproduire, améliorer, aider. Ma moitié n'aurait pas eu la même patience, aurait pris le taureau par les corne, aurait été beaucoup plus efficace, savait gérer ce genre de situation. Elle avait toujours été à l'aise avec les mots, avec son corps humain, Ymbryne gracieuse de temps à autre jalousée. Battement de cil, effacer son image fantomatique de mon esprit.

Regard émeraude qui se pose tristement sur elle, en quelque sorte blessé de la voir dans cet état, doigt saisissant l'une de ses mèches brunes pour jouer avec distraitement. « Je ne suis pas allée dans une classe plus riche, à vrai dire je n'ai pas visité grand chose en dehors de la ville principale, je tenterai plus de voyages au sein de la boucle une prochaine fois, quand je maîtriserait mieux les us et coutumes. Mais la poignée de main est en tout cas toujours de mise, sans les gants. A part quelques mots de vocabulaire et une manière moins... radicale d'éduquer les plus jeunes, cela se rapproche assez de la boucle de quanrante-et-un pour ce qui est des conventions, bien que la privation marquée par la guerre n'existe plus. J'ai eu cette impression qu'il faisait bon vivre d'ailleurs, aucune menace ou contexte apocalyptique, juste des rires sous le soleil d'un début d'été, j'ai pu voler avec les hirondelles. » Murmures suaves, se voulant rassurant, gorge retenant tout de même une réprimande, envie de faire taire ma langue une bonne fois pour tout en arborant mon manteau de plumes grandissante. « Il n'y a pas de raison d'avoir peur Liv, les choses changent, ont toujours évoluées, c'est ainsi que ça fonctionne depuis la nuit des temps. Rester coincé sur notre époque n'est pas une chose à faire, surtout quand nous avons la chance de connaître d'autres boucles, d'autant plus que notre temps avait ses ombres comme tous les autres, il n'avait rien de rose une fois qu'on se penchait un peu plus sur les classes les plus faibles. Puis comme dit l'adage ; rien ne se perd, tout se transforme. »

Maigre sourire qui se dessine, doigts relâchant la mèche qui retombe dans son dos. Le corps se déplie à nouveau après avoir jeté un œil à ma montre, pieds nus retrouvant le plancher, lui indiquant le lit d'un mouvement bref. « Le couvre feu est passé depuis un bon moment, je vais en profiter pour descendre en douce chercher de la nourriture, tu n'as qu'à en profiter pour te changer et te glisser dans les couvertures. Si tu veux je te chanterai quelque chose. » Chanter incluait forcément qu'il ne s'agira pas de cette voix, plus capable de provoquer des cauchemars qu'autre chose, de toute manière les nuits avec ce corps étaient rares, préférant me perdre dans l’immensité d'un lit protecteur sous ma petite taille, d'autant plus si je passait la nuit ici, niché quelque part, avantage de ne pas prendre de place. Le tout maintenant était de mener à bien mon expédition sans endommager un quelconque objet sur mon chemin.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Jeu 8 Déc - 10:41

Winter fields

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Lavinia remarqua tout de suite que ses mots attristèrent l’hirondelle. Sur le moment, elle en ignora la raison, le laissant se distraire avec l’une de ses mèches de cheveux et ne voyant pas qu’elle-même n’appliquait pas les conseils et les recommandations qu’elle octroyait aux jeunes syndrigastis. Ce n’est qu’avec ces explications qu’elle comprit. A force de rester dans sa boucle, elle ne se préservait pas, elle changeait et peut-être pas forcément en bien, se laissant submergée de plus en plus par ses peurs. Mademoiselle n’était plus habituée à recevoir des petites leçons, d’où son abaissement de tête dissimulant un regard triste et troublé ainsi qu’un sourire nostalgique. Il lui rappelait un peu trop Lydie en cet instant, mais une Lydie beaucoup plus posée. Sur le coup, le souvenir fit mal. Puis elle savait qu’Aloysius avait raison. Ces paroles étaient rassurantes en plus, car savoir qu’il n’y avait pas de contexte directement dangereux ou violents pour leurs semblables étaient une sacrée bonne nouvelle et évolution. Malgré tout, Liv n’arrivait pas à faire disparaître cette boule au creux du ventre. La peur et la tristesse des choses perdues et de l’inconnu étaient toujours bien présentes… Elles ne partiraient pas en un claquement de doigts malheureusement.

« Le couvre feu est passé depuis un bon moment, je vais en profiter pour descendre en douce chercher de la nourriture, tu n'as qu'à en profiter pour te changer et te glisser dans les couvertures. Si tu veux je te chanterai quelque chose. »

Naturellement, Lavinia répondit par un léger mouvement affirmatif de tête avant de lever celle-ci vers Aloysius, laissant apercevoir son sourire. Elle le laisserait rester ici, c’était plus qu’inconvenant mais Liv respectait les convenances un peu quand et comme elle le voulait à vrai dire. Puis, c’était peut-être égoïste de sa part, mais elle n’avait aucune envie d’être seule cette nuit et qu’il s’éloigne alors qu’il venait de revenir. Elle avait encore envie de garder Aloysius rien que pour elle un peu plus de temps. Elle ne se demanda même pas d'où venait ce sentiment et cet irrépressible besoin de sa présence à ses côtés. C'était juste devenu ainsi et ça leur convenait bien pour le moment. Demain, se seront les enfants particuliers qui accapareraient une grande partie du temps de l’hirondelle, donc…

Comme il l’avait proposé, pendant qu’il était partie chercher à manger, Lavinia profita de ce moment pour se changer tout en songeant à leur dernière discussion et évitant de trop penser à Lydie. Aloysius ne tarderait pas à revenir et ça ne serait pas pour la retrouver les larmes aux yeux. Dernier coup d’œil à sa montre à gousset en coiffant ses longs cheveux avant de souffler sur la bougie et réduisait un peu le feu. L’obscurité prit peu à peu place dans ses appartements alors qu’elle se faufilait dans les draps douillets de son lit seulement vêtue de sa fine robe de chambre blanche. Elle voyait déjà Aloysius se plaindre de ne rien y voir alors qu’elle, elle serait entrain de se retenir de rire –difficilement- après qu’il se soit cogné contre un quelconque meuble de la pièce avant de finir par se métamorphoser, beaucoup plus à l’aise sous cette forme, surtout pour voir dans le noir.
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MessageSujet: Re: « winter fields » ❧ Ft. Lavinia   Jeu 15 Déc - 18:13

winter fields

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L'expédition ne fut pas sans difficulté, évitant au mieux les objets fragiles dans le noir, affrontant les escaliers tout en serrant les dents, prêt à m'envoler en cas de chute potentiellement mortelle. Éviter les murmures des quelques rares rebelles encore éveillés, rester une ombre informe qui passe dans le couloir sans pour autant se faire remarquer, pieds nus se glissant sur le parquet avec précaution. Le but est atteint rapidement, miches de pain enfournée en quelques secondes à peine sous l'appétit vorace, besoin de regagner cette énergie dépensée durant cette longue journée de vol intensif. Ne pas laisser de miettes, tel un enfant qui se serait relevé au beau milieu de la nuit pour voler des friandises dans les placards et qui peut se faire prendre à tout moment. Entamer ensuite le chemin inverse, ascension tout aussi périlleuse que la descente, bois craquant sous les orteils, retenant mon souffle pour être certain que l'Ombrette n'arpente pas les couloirs. A force, je connaissais le moindre clou qui dépassait du plancher, le moindre plis du tapis, mais je n'étais pas à l’abri d'une maladresse, cette dernière pouvant parfaitement se révéler être une particularité à part entière.

La porte visée s'ouvre à nouveau, lumière presque entièrement disparue. J'hésite un instant, crainte de la réveiller si elle ne dormait pas encore. Les pas sont prudents, évitent de justesse un quelconque objet laissé à terre, prenant un instant place sur le bord du lit. Les doigts se glissent délicatement dans ses mèches sombres, caressant son front du bout du pouce. « Bonne nuit Liv. » Sourire en coin qu'elle ne verrait probablement pas dans l'obscurité grandissante alors que le feu crépite de moins en moins. Les doigts se font ensuite rémiges, contact sur son front adoucit par les plumes légères qui recouvrent la peau, avant de m'envoler dans un bruissement, tas de vêtements tombant lourdement sur le sol alors qu'une place est rapidement trouvé de l'autre côté du lit, à distance raisonnable (enfin raisonnable, tout était relatif), niché dans un plis de la couverture, avantage de pouvoir se glisser partout sans prendre de place.

Quelques trissements s'échappent, discrets, chant qui ne dura que quelques minutes, ne voulant pas interrompre son endormissement d'avantage, moi-même commençant à être emporté dans les bras de Morphée. Au moins la nuit serait douce, corps bien trop épuisé par le voyage que pour être tourmenté par les terreurs nocturnes, même s'il y avait toujours un risque de sursaut, de sueur perlant alors que mon autre forme revient par mégarde durant le sommeil, tourmenté encore et toujours par les barreaux de cette maudite cage, impuissant. Je préfère ne pas y penser, me laissant bercer par la respiration de l'Ymbryne et les derniers grésillement des braises, me laissant sombrer à mon tour.
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