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 testament of youth + thaddeus

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MessageSujet: testament of youth + thaddeus   Mer 16 Nov - 23:51


Testament of Youth
Thaddeus & Magda
This is gospel for the fallen ones, locked away in permanent slumber, assembling their philosophies from pieces of broken memories.

Doucement, précieusement, avec la délicatesse qu’auraient eu les pattes d’une mésange sur une branche frêle, elle effleura les touches. Blanches et noires, froides malgré l’atmosphère chaleureuse. La teinte de blanc était un peu passée, signe physique du temps qui court, et des centaines de fois où ces morceaux de bois léger s’étaient pliés à la volonté humaine. Tant de mains, passées inlassablement, à faire chanter les cordes. Magda savait qu’elle n’était pas venue ici pour cela. Elle n’avait qu’un temps limité, et aurait dû chercher l’une des Miss pour faire ce qu’elle avait à faire, et reprendre le chemin de sa propre boucle. Mais le contact doux du clavier de touches peintes lui était trop doux pour y résister.

Elle se glissa sur le banc posé face au clavier, perturbant le silence de la pièce dans un froissement de textile. Ses doigts effleurèrent de nouveau le bois des touches, et elle expira doucement, longuement, laissant tout son corps s’apaiser et s’imprégner de la paix absolue qui régnait dans la pièce. C’est ce qu’elle aimait à cette boucle : la paix, éternelle, immuable, imperturbable. Peut-être était-ce l’hiver, cette neige qui lui manquait tant et lui rappelait la maison de campagne de son enfance dans son Allemagne natale ; ou peut-être était-ce simplement le calme de cet hiver perpétuel qui figeait tout, sans exception. Ou simplement, le contraste avec la tension incessante de sa propre boucle, qui revivait une perpétuelle journée de guerre.

Quelques notes qui résonnèrent ; un murmure, puis un chant. Le piano s’éveilla, grinça un peu, fit le dos rond. Les cordes s’étirèrent, et soudain la mélodie monta, douce et délicate comme un chant d’oiseau dans le silence inattendu de cette bâtisse. Elle s’était attendue à croiser du monde, mais peut-être était-ce simplement parce que l’heure du souper approchait ; ou que tout le monde avait oublié ce piano dans les étages supérieurs du manoir.

Instinctivement, ses doigts retrouvèrent le rythme familier qu’elle avait tant aimé jouer. Elle avait toujours su parler aux pianos, flattant leur beauté avec suffisamment de délicatesse pour qu'ils lui offrent le meilleur d’eux-mêmes. Celui-ci ne semblait pas faire exception ; et alors que ses doigts retrouvaient le confort de gestes gravés dans sa chair depuis son enfance, du corps du piano s’élevaient les notes, donnant corps à un morceau des Nocturnes. Chopin. Elle avait toujours aimé Chopin, sa douceur simple, son élégance délicate. Elle avait mis des années à en maîtriser toutes les subtilités, et avait dans le processus faillit rendre folle sa famille, tant elle avait répété ces morceaux. Un sourire triste étira ses lèvres fines. C’était si lointain. C’était avant la guerre, la Première. C’était le temps du bonheur et de l’insouciance.

Un souffle frais dans le haut de sa nuque, laissée nue par ses cheveux remontés en un chignon strict, la ramena à la réalité. Elle sursauta, signe traître de la nature de mésange qui dormait toujours en elle : vite surprise, vite effrayée, vite envolée. Une exclamation de surprise en allemand lui échappa, signe rare qu’elle avait vraiment été saisie. La mélodie s’arrêta abruptement, et elle tourna le buste, les doigts immobiles en suspension sur les touches. Le souffle frais était celui que la porte entrouverte avait laissé entrer dans la pièce. Et dans cette entrebâillement de la porte, une silhouette, un regard qui la scrutait. Un instant passa, suspendu, alors qu’elle tentait de détailler les traits de son spectateur impromptu dans la pénombre que lui conférait sa cachette. Finalement ses doigts se relâchèrent, abandonnant le clavier, et vinrent se poser devant elle sur le textile souple de sa jupe.

Elle ne le connaissait pas. Cela la surprit, car même si ses visites dans cette boucle se faisaient somme toute rares, elle avait fini par reconnaître les visages et les noms, tout comme ses cheveux flamboyants étaient devenus un évènement familier pour les habitants de cette boucle. Mais pas lui. Pourtant, la vision de ce visage inconnu étira sur le sien un sourire doux, presque tendre. « Bonsoir. J’espère que je ne t’ai pas dérangé ? » Comme toujours, son éternel accent allemand teintait son anglais pourtant parfait, découpant les mots avec plus de force. « Je suis désolée, si c'est le cas. » Alors qu’elle le fixait, elle réalisa quelque chose. Il y avait dans le regard clair de l’autre quelque chose qui appelait son instinct d’Ymbryne. Comme si sa protection était, une fois de plus, nécessaire. Mais c’était un sentiment diffus, impalpable, éphémère, à tel point qu’elle finit par en douter, et l’écarta sans y accorder une pensée de plus.

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Thaddeus Gentilis

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- Autour amnésique -
❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
❧ Miroir :
❧ Missives : 284
❧ Yeux de verre : 71
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: testament of youth + thaddeus   Jeu 17 Nov - 17:58

Testament of Youth
Magda & Thaddeus
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.



Elle trouble cette soirée et le silence. L'inconnue du piano, la femme aux cheveux roux qui sans se douter de ma présence, joue et redonne vie à ce piano que nous avons sûrement délaissé depuis tant d'années. Elle est gracieuse, élégante et peut-être un poil trop stricte dans sa tenue, cette inconnue, mais depuis ma cachette sur le pas de la porte, je la trouve belle. Ses doigts caressent les touches d'ivoires et ramènent à la vie les notes timides de cet instrument que je pensais désaccordé depuis longtemps. Dans l'entrebâillement de la porte, elle est comme l'une de ses peintures de maître, douce, mystérieuse, fascinante, sublime mais si distante. Il me suffirait de pousser la porte et de la rejoindre, de briser l'espace qui nous sépare, mais j'ai bien trop peur de la faire fuir. Non, en silence, je préfère la détailler, l'observer et laisser sa musique réchauffer mon âme. Je contemple sa silhouette fine qui dégage une étrange sensation, à la limite de l'austérité et de la mélancolie, comme si la belle inconnue cachait derrière ses manières une histoire tragique ou du moins un coeur blessé. Son visage est doux, mais son regard se perd au loin, trahissant autant sa concentration que le cheminement de ses pensées. Un sourire se glisse sur mes lèvres au détour d'une note. À quoi peut-elle bien penser ? Attend-t-elle quelqu'un en particulier ou ne fait-elle que passer dans notre boucle afin de profiter de ce vieux piano ? Est-elle seulement réelle ? Je ne sais et j'avoue que ne pas avoir les réponses à ses interrogations, ne fait qu'ajouter à son charme une pointe de mystère qui me séduit. Car voilà, elle devient mon sujet de recherche, celle sur qui je pourrais écrire, une autre histoire que je pourrais raconter. "L'inconnue du piano, la douce femme aux yeux rêveurs." J'aimerais capturer cet instant, mais au fil des secondes, je comprends que la fin approche et qu'à un moment, je devrais la voir disparaitre. Elle est comme une vague que je tenterais de saisir, un instant fluctuant qui bientôt se fanera pour ne me laisser que des souvenirs délicats et une sensation diffuse. Quelque chose en moi me pousse à approcher et me murmure sans cesse que je devrais capter son regard et laisser mes prunelles se perdre dans les siennes, mais ce n'est pas ce que je veux. Si j'ai quitté ma chambre, c'est justement parce que j'ai entendu au loin, les notes discrètes mais délicates qui s'échappaient de l'instrument et la curiosité m'a amené jusqu'à cette porte légèrement entrouverte pour la trouver elle. Mystérieuse, silencieuse et si gracieuse. Elle qui me fait penser aux oiseaux plus fins et élégants avec lesquels je vole parfois. Elle n'est que douceur et sans que je ne sache pourquoi, je ressens l'impérieux besoin d'avoir le droit à son attention. Sans vraiment m'en rendre compte, je pousse peut-être un peu plus la porte du bout de mes doigts, faisant entrer de ce fait un léger courant d'air frais qui vient sûrement déranger la jeune femme, qui brusquement saisie d'effroi, retire ses doigts des touches et vient alors poser sur ma personne son regard. Mon sang se glace dans mes veines et le temps d'une seconde, nous ne sommes que deux inconnus qui ne pensaient pas croiser un jour le regard de l'autre. Elle a peur parce qu'elle ne pensait pas qu'on puisse l'observer tandis que je crains sa colère ou les remontrances qu'elle pourrait me faire à ainsi faire le voyeur. Mon coeur pulse violemment et propulse dans mes veines un sang qui me semble brûlant. Sous ses yeux, je redeviens enfant, à craindre que l'on me tape sur les doigts. L'envie de faire un pas en arrière me tiraille mais le sourire doux et tendre qui accompagne ses mots me font avoir un léger rire ainsi qu'un rougissement discret. C'est vrai qu'elle est belle ainsi, encore plus que quand elle joue. Son accent me fait sourire un peu plus et alors qu'elle s'excuse, je fais un pas vers elle, quittant l'encadrement de cette porte qui me servait jusque-là de cachette.

"Non, non, loin de là… Je… C'est moi qui m'excuse d'avoir été si grossier… J'aurais dû me présenter au lieu de vous observer ainsi… Veuillez accepter mes plus sincères excuses."

Je détourne le regard, pas de grand chose, mais suffisamment pour trahir la honte qui me fait quelque peu pincer des lèvres. En un geste nerveux mes doigts pleins d'encre se trouvent et avec une ombre de sourire espiègle, je reprends.

"Je me demandais juste qui pouvait bien jouer, mais… Maintenant que je le sais, je regrette presque, car si je ne vous avais pas interrompu, vous auriez pu continuer…"

J'ai brisé l'instant et la douceur de celui-ci. Tout s'envole déjà au loin. J'ai un autre sourire en m'approchant, toujours aussi curieux de connaître l'identité de cette mystérieuse femme.

"Mais j'étais subjugué par votre façon de jouer et… Ne vous connaissant pas…" J'ai un léger rire presque timide. "Je n'osais pas approcher… De peur de briser votre concentration."

De quoi ai-je l'air ? De tout et de rien. D'un homme un peu gauche qui essaye de se faire charmant, mais aussi d'un gamin que l'on vient d'attraper la main dans un pot de confiture. Je n'ose soulever le fait que c'est la première fois que je la croise en ce lieu, préférant me contenter de ce qui est évident, elle voyage entre les boucles et passe rarement ici. Peut-être est-ce une particulière, comme moi, ou alors… Elle pourrait être comme elle. Le doute me fait me mordre la lèvre.

"Permettez-moi une dernière question et après je vous laisserais tranquille… Vous êtes une Ymbryne, n'est-ce pas ?"

La fascination ne peut venir que de là, tout comme cette sensation de l'avoir déjà rencontré, dans une autre vie et une autre existence. Les Ymbynes ont ce pouvoir sur moi, elles capturent mon attention et une partie de mon âme, en leurs présences, je deviens l'homme au coeur valeureux qui plie le genou pour elles qui offre sa vie pour protéger la leur.

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