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 (Miss Lavinia) ▿ Nightcall

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Thaddeus Gentilis

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- Autour amnésique -
❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
❧ Miroir :
❧ Missives : 284
❧ Yeux de verre : 71
❧ Crédits : CK


MessageSujet: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Jeu 17 Nov - 12:53

Nightcall
Miss Lavinia & Thaddeus
Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



Le sommeil me fuit et dans ma tête il y a un blizzard. Ce n'est pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière, et pourtant, comme à chaque fois, j'arrive à m'étonner du fardeau que c'est de cauchemarder et de ne plus être capable de se glisser dans les bras de Morphée sans craindre les tortures que mon esprit s'inflige. Les yeux fermés, ma pipe en écume dans une main, j'écoute les hurlements furieux de la tempête de neige qui rugit dans mon crâne, j'écoute le sifflement discret de mes oreilles qui bourdonnent face au manque de sommeil. J'aurais dû demander de l'aide ce soir, mais j'ai préféré m'abrutir sur mes écrits, dans l'espoir que comme de rares fois, je finisse par simplement m'assoupir à mon bureau. J'ai noirci des pages, en vain, avec ce bête espoir que cela suffirait à faire taire doutes et angoisses. J'ai laissé l'encre recouvrir mes doigts, tacher le bout de mes manches pour ça. Pour cette insomnie qui ne m'accorde pas une seconde de répit, et qui sans cesse, me rappelle que les nuits ne sont pas faciles. Je lutte encore et tout ce que je récolte, c'est un tabac dont le goût me rappelle celui de la cendrier. Rien n'est satisfaisant en cette soirée, et alors que la nuit file sans moi, je réalise que je n'ai pas tant avancé dans ma quête d'identité. "Ce que tu étais, ne remets en question ce que tu es. Les souvenirs feront peut-être sens un jour, mais est-ce si grave d'être Thaddeus et non l'autre ?" Je ne sais pas. À une époque, je trouvais ça reposant de n'être que celui qu'on a tiré de la boue et du sang, celui qu'on soulevé de son linceul et à qui on a redonné un nom et l'envie de vivre parmi les autres. C'était simple de n'être que le rapace qui protégeait la boucle, le coeur valeureux qui a survécu. J'aurais pu ignorer mes questions et me contenter de rester celui qui pense se connaître, plutôt que de devenir celui qui cherche à se trouver, mais les regrets ne sont pas autorisés. J'ai pris ma décisions, et quand bien même, "Sigmund" aurait bien fini par revenir. Une discrète volute glisse d'entre mes lèvres alors que je soupire en rouvrant les yeux pour contempler le plafond du salon. Oiseau je deviendrais bien pour ne plus subir mes propres doutes et réflexions. Un frisson dévale mon échine alors que ma peau se fait plus sensible. Je pourrais retrouver mon plumage, voleter dans la pièce et abandonner veston et chemise sur le fauteuil dans lequel j'ai trouvé refuge, mais ce serait inconvenant. Que dirait l'Ymbryne qui se retrouverait avec un rapace dont les plumes disparaitraient pour le corps dénudé d'un homme fatigué ? Et quand bien même, si ma forme d'autour je ne quittais pas, elle devrait faire avec le désordre que je laisserais derrière-moi. Elle devrait avoir pour seule compagnie mes vêtements froissés et mon écume allumée. Tant pis. Ce n'est pas ce soir que j'irais voleter dans la neige ou entre les meubles. Tout ça attendra demain. Pour l'instant, j'attends, patiemment, comme le chasseur que je suis. J'écoute le silence et je cherche en celui-ci l'écho de sa présence. Mon souffle se suspend presque sur le bout de mes lèvres. J'ai l'impression de chercher à écouter la poussière tomber. La nuit ne me chuchote pas grand chose. Je n'entends que la braise chanter. Je commence à douter qu'elle vienne. Peut-être qu'elle a trouvé le sommeil. J'esquisse l'ombre d'un sourire. Chanceuse, ai-je envie de murmurer. Et c'est là que je crois l'entendre arriver. Je n'ose me tourner vers l'entrée du salon, de peur de ne trouver qu'un vide. Je préfère porter la pipe à mes lèvres et murmurer.

"J'allais vous souhaiter une bonne nuit, et prier pour que demain nous soyons tout les deux capables de dormir."
Je tire doucement sur le tabac et expire un peu de fumée. "Je suis désolé de voir qu'à nouveau nous sommes deux à fuir à la grâce du repos."

Je dois sembler préoccupé, voir sombre par rapport à ma douceur diurne. La fatigue est à blâmer. Les secondes filent. Je ne sais pas si elle est vraiment là, mais j'ai besoin de me confier, de rompre cette boucle de solitude. Certains peuvent comprendre, sans forcément que tout soit révélé. Je n'ai pas à parler de cet homme qui est caché dans mon ombre, mais juste de ce corps qui se souvient et qui n'accepte pas totalement mon ignorance.

"J'envie ceux qui peuvent trouver le repos et qui jamais ne craignent de fermer les yeux."

Je pose l'écume sur la table basse, non loin du cendrier plein de vieux tabac, me levant ensuite pour aller jusqu'à la fenêtre, l'entrouvrant à peine le temps de faire fuir l'odeur du tabac. Je me tourne alors vers elle et lui souris d'une manière un peu triste.

"Il n'a pas pu vous aider ce soir ?"

La question est stérile, à la limite de l'inutile, mais le silence devient pesant et la compagnie se fait désirer. Elle n'est pas mon ancienne Ymbryne et dans ses bras, je ne peux trouver refuge, mais elle est une amie, ou du moins quelqu'un qui possède mon respect et si sans cesse, je crains de trop m'approcher d'elle et d'ainsi m'attirer les foudres de l'hirondelle, j'avoue chérir les instants que nous passons parfois ensemble, trouvant en ceux-ci une rare paix qui me permet de calmer le blizzard qui gronde au sein de mon être.

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Ven 18 Nov - 10:03

Nightcall

- It's hard to sleep at night when there's so many thoughts going through you head -

-3h18-
Un énième soupire brisa le silence. Impossible de retrouver le sommeil après cet épouvantable cauchemar. Sa nuit était fichue. Dès qu’elle était éveillée, il était rare qu’elle arrive à se rendormir. Lavinia s’était tellement attendue à passer une mauvaise nuit qu’elle n’avait même pas prit la peine de retirer sa sobre robe noire. Simple, sans artifice et pratique pour la vie de tous les jours. L’unique changement par rapport à sa journée antérieure était sa coiffure. Lavinia avait attaché ses cheveux en une tresse sur le côté dont elle vérifia l’état sur un miroir. La natte allait très bien, mais on ne pouvait en dire autant de son visage. Ses traits étaient tirés. Surtout à proximité des yeux. Un ultime soupire s’échappa des lèvres de l’Ara bleu qui décida de quitter ses appartements.

Un gilet blanc sur les épaules, Lavinia se dirigea vers le salon dans l’intention de s’occuper. En s’approchant, une odeur de fumée l’alerta de la présence d’un certain Autour. Qui d'autre ? C’était le lieu de rendez-vous des insomniaques et à l’écoute d’une voix, elle confirma bel et bien la présence de Thaddeus. Pour autant, Lavinia ne se montra pas. Curieuse d’entendre ces dires, elle s’adossa contre le mur du couloir, à quelques petits centimètres de l’entrée du salon et l'écouta silencieusement. Sa capacité à parler tout seul n’effrayait pas Lavinia. Elle ne le pensait pas fou non plus. C’était tout simplement une manière de se rassurer et de se sentir moins seul. Une technique de survie peut-être? Plusieurs explications étaient possibles, mais aucune n’importait pour l’Ymbryne tant que ça l’aidait lui et que ça ne faisait de mal à personne, elle n’émettrait aucune objection. Sauf que « jouait » à faire semblant qu’elle n’était pas présente alors que si, n’était pas très appropriée.

"J'envie ceux qui peuvent trouver le repos et qui jamais ne craignent de fermer les yeux."

Nous sommes deux.

Ou plus. Ils n’étaient pas les seuls à être hantés par leur passé et il était fréquent de croiser quelqu’un à cette heure tardive de la nuit. Plus qu’elle n'aurait aimé.

"Il n'a pas pu vous aider ce soir ?"

Bon. Il était peut-être temps qu’elle indique sa présence. Elle n’allait pas rester éternellement adossée contre le mur.

« Pas exactement. »

Lavinia esquissa un sourire bienveillant avec une pointe d’amusement si elle venait de réussir à surprendre Thaddeus alors qu’il semblait attendre désespérément de la compagnie. Elle se permit donc de se joindre à lui, préférant la chaleur du feu de cheminée à la fraîcheur de la fenêtre qu’il venait d’ouvrir.

« Les répercussions de son don sont plus fréquentes depuis quelques jours. Il n’y a peut-être aucun lien, mais j’ai préféré refuser. Mieux vaut prévenir que guérir, ne pensez-vous pas ? »

La narcolepsie de Simon s’était manifestée plus de fois que d'habitude. Il n'y avait jamais eu de chiffre précis, c’était toujours assez aléatoire, mais les observations de Miss Pica à son sujet avaient augmenté. Par prudence donc, Lavinia avait préféré dire non à Simon. Elle verrait alors s’il y aurait un impact ou pas. Ils ne pouvaient que tester et essayer pour en apprendre d’avantage et ensuite aider au mieux Simon à vivre avec.

« Navrée de vous avoir fait patienter. »
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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Ven 18 Nov - 19:20

Nightcall
Miss Lavinia & Thaddeus
Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



La Miss se décide enfin à quitter l'ombre et son mur pour me rejoindre, venant profiter de la chaleur du feu que j'ai nourris d'une simple bûche tandis que je reste fermement adossé à la fenêtre, préférant le froid qui doucement crée de longs frissons qui glissent et dévalent mon échine. Le bout de mes doigts s'engourdit presque et toujours avec un sourire, j'ignore ma peau frissonnante qui murmure à mon esprit qu'il est temps de fermer la fenêtre. Le sourire qu'elle esquisse m'en arrache un et patient, presque immobile, je me contente d'un simple pincement de lèvres. C'est donc autre chose. Ce pourrait être des cauchemars, des angoisses ou une peur primaire que je ne peux prétendre connaître. Elle reprend et je comprends enfin, le problème est l'enfant, dont le pouvoir qu'il ne contrôle pas commence à le ronger. Pauvre gamin. Je bats des ciel et détourne le regard, me perdant désormais dans la contemplation du fauteuil dans lequel j'étais installé il n'y a pas si longtemps de ça. Je fronce légèrement les sourcils, vaguement inquiet. Il m'est arrivé plus d'une fois d'avoir l'envie de quémander l'aide du jeune enfant, et maintenant que j'apprend qu'il en souffre, je me remercie presque de m'être retenu à chaque fois. J'aimerais avoir un murmure pour la rassurer ou pour lui faire part de mes bonnes pensées pour lui mais je me retiens, préférant avoir un léger rire quand elle s'excuse de m'avoir fait patienter. Celui-ci est légèrement rauque mais non dénué de chaleur et d'une pointe d'amusement.

"Pardonnez-moi… Je ne devrais pas rire ainsi… Mais je dois avouer que c'est bien la dernière chose que je pensais entendre de votre part."

Je m'installe plus confortablement sur le rebord de la fenêtre et réprime un léger frisson dû au froid. À continuer de rester ainsi dos à l'air frais de cette perpétuelle nuit d'hiver, je vais sûrement attraper la mort, mais qu'importe. Le froid fait au moins tourner mon sang dans mes veines et me donne l'impression que celui-ci est bouillant, m'aidant ainsi d'une certaine façon à garder les idées claires… Même si du coup, l'envie de me changer pour me rouler dans la neige me traverse l'esprit.

"Pourquoi vous excuser ? C'est plutôt moi qui suis navré de voir que vous ne profitez pas d'une bonne nuit de sommeil et qu'une fois de plus, vous allez devoir passer la nuit avec le vieil autour que je suis… Avec qui vous allez devoir converser au lieu de le voir voleter dans la pièce."

J'essaye de rendre cette situation vaguement amusante ou du moins, plus légère que ça ne l'est. Mais n'est-ce pas le but ? N'est-ce pas pourquoi nous nous retrouvons d'une façon ou d'une autre dans ce salon, à discuter ou à apprécier le silence de l'autre alors que le sommeil nous fuit ? Ne sommes-nous pas d'une certaine manière deux voyageurs égarés qui nous nous rassurons pendant que les autres profitent de ce dont nous sommes privés ? À savoir les songes merveilleux et le repos mérité ? J'en viens à penser que si. Je penche légèrement la tête sur le côté et lui offre un sourire plus taquin, avec dans les iris, une pointe de malice.

"À moins que vous ne teniez tant à nos petites discussions nocturnes… Et même si je dois admettre qu'il est doux d'être en votre compagnie le temps d'une insomnie, je donnerais tout pour une vraie nuit de sommeil. De plus, je trouverais ça égoïste de réclamer votre présence quand je ne peux dormir… Il y a des soirs où ça me peinerait moins de vous savoir en train de vous reposer… D'autres où je m'en veux de ne rien pouvoir faire pour tenter d'alléger votre fardeau…."

Mon regard glisse délicatement vers le feu qui ronronne comme un vieux chat dans l'âtre. Je ne sais pas si je m'en veux vraiment. Disons plutôt que j'aimerais que ce soit plus simple pour nous deux. Nerveusement, je joue avec le bout de mes manches, frissonnant désormais pour de bon. Je devrais fermer la fenêtre et venir me réchauffer non loin du feu, mais j'ai encore cette envie dévorant qui me tiraille, celle d'ouvrir en grand les ailes et de me laisser tomber dans l'épais manteau blanc. Mon regard se fait fuyant, à nouveau. Je frémis. La circulation de mon sang semble ralentir tandis que je lui offre mon profile, regardant désormais les livres de la bibliothèque. Je me fais disant pour une raison qui m'échappe, comme si le naturel du rapace revenait et prenait le dessus. Farouche, noble et méfiant.

"Je suis navré pour Simon… J'aimerais pouvoir faire quelque chose mais à part prier que ça ne s'aggrave pas, j'ai peur d'être inutile une fois de plus."

L'impuissance est la pire des sensations, c'est un ami pernicieux qui trouble la réalité et rend confus l'esprit. Mon souffle forme désormais un peu de buée. Le froid s'infiltre sous ma chemise et dans la pièce, faisant même vaciller les flammes pourtant loin d'être timides. Je me décide enfin à fermer la fenêtre avant de reprendre avec une pointe de tristesse dans la voix.

"Il y a des jours, je me demande si nos insomnies sont des châtiments que l'on s'inflige pour nos erreurs du passé… Pensez-vous que nous le méritons ?"

La question est cryptique et sera très sûrement mal comprise par l'Ymbryne mais tant pis. Même si sa réponse ne sera que partielle, j'ai dans l'idée qu'elle saura au moins capable de m'apporter un semblant de réponse à cette grande question qui me hante… Est-ce Sigmund et cet autre que j'ai été, qui me punissent d'avoir oublié ?

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Lun 21 Nov - 14:48

Nightcall

- It's hard to sleep at night when there's so many thoughts going through you head -

Lavinia ne le prit pas mal, pourquoi cela aurait été le cas ? Elle aimait bien surprendre parfois et ça la faisait également sourire. Un sourire qu’elle garda tout en observant Thaddeus s’installer au bord de la fenêtre. Il allait finir par attraper froid s’il restait trop longtemps assied là, mais il était assez grand pour savoir où il voulait être. Elle, elle préféra le douillet siège près de la cheminée, seule source se rapprochant d’une chaleur tropicale. C’était tout de même ironique d’être un oiseau tropical alors qu’elle n’avait jamais mis un pied ou un bout d’aile dans une zone tropicale.

"Pourquoi vous excuser ? C'est plutôt moi qui suis navré de voir que vous ne profitez pas d'une bonne nuit de sommeil et qu'une fois de plus, vous allez devoir passer la nuit avec le vieil autour que je suis… Avec qui vous allez devoir converser au lieu de le voir voleter dans la pièce."

« Votre compagnie est bien plus agréable que la solitude de la nuit. Que ce soit en discutant avec vous, en admirant vos sublimes pirouettes sous le plafond ou pour tout simplement ne pas être seuls. »

Si torturé, sensible et malgré tout très attentionné envers autrui. Lavinia aurait pu reprendre la parole après Thad, mais elle sentie qu’il était préférable de garder le silence cette fois-ci. Elle laissa comme toute réponse l’expression de son visage ainsi que le crépitement du feu de cheminé et le léger bruit du vent de la fenêtre. Leur situation n’était pas simple à gérer à cause des fantômes de leur passé qui venaient les hanter tant de fois…

"Je suis navré pour Simon… J'aimerais pouvoir faire quelque chose mais à part prier que ça ne s'aggrave pas, j'ai peur d'être inutile une fois de plus."

D’un mouvement négatif de la tête, Lavinia fit comprendre son désaccord. Il n’était absolument pas inutile, loin de là. Il n’imaginait pas la valeur qu’il avait pour beaucoup de personnes dans cette boucle et certainement pour d’autre. Elle comptait bien lui en faire part, mais attendit encore un peu en voyant qu’il n’avait pas terminé alors qu’il refermait la fenêtre, à son plus grand bonheur caché.

"Il y a des jours, je me demande si nos insomnies sont des châtiments que l'on s'inflige pour nos erreurs du passé… Pensez-vous que nous le méritons ?"

« Non. »

Sa réponse fut catégorique et sans hésitation. Lavinia se refusait de croire une telle chose, car une personne avait un tel bon fond ne pouvait pas être punis de la sorte pour une erreur, si erreur il y avait. Puis les erreurs formaient les gens, c’est ce qui permettait de grandir. On apprend beaucoup par des erreurs.

« Il ne faut pas être aussi dur. Pourquoi aurions-nous fait une erreur ? Et si c’est effectivement le cas… Eh bien, nous apprenons de ces dernières et celles-ci nous forge. »

Lavinia se leva pour s’avancer vers une des armoires du grand salon pour y sortir de quoi boire. A force de discuter la nuit, elle avait retenu les boissons qu’il préférait et vice versa. Elle prit au passage du jus de pêche (autant prendre des vitamines pour bien se réveiller, car la journée commençait bien tôt) ainsi que deux verres. Elle mit le tout sur un plateau pour pouvoir tout porter et le déposer sur la table basse près du feu.

« Et si vous me permettez de reprendre ce que vous avez dit un peu plus tôt. Vous n’êtes pas inutile Thaddeus. Comme tout être vivant, vous êtes précieux et d’autant plus pour nous. Vous êtes sincèrement apprécié par beaucoup de monde, pas que dans notre boucle j’en suis certaine et vous nous êtes d’une grande aide au quotidien. Dois-je vous rappeler que Simon serait encore au pied du chêne sous une couche de neige ou que Wilehlmina serait brisée en mille morceaux à l’heure qu’il est si vous n’aviez pas été là ? »
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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Mar 22 Nov - 13:47

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Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



J'égrène les secondes au rythme des battements de mon coeur. J'attends. Je m'impatiente. Je crains. Je pince les lèvres, baisse les yeux et crispe mes doigts, au point d'en planter dans mes paumes mes ongles. Je respire mais j'ai l'impression d'avoir dans les poumons toutes les angoisses que je passe mon temps à ravaler. Je me sens comme un homme balloté par les flots, une pauvre chose qui se laisse porter par ses doutes. Quelque chose glisse le long de mon échine. Puis vient enfin sa réponse. "Non." Surpris, presque dérouté par cette franchise autoritaire, je lève les yeux et croise ses prunelles, désormais pendu à ses lèvres, desquelles glissent les mots que j'avais tant besoin d'entendre. Ceux qui comme à chaque fois, lavent de mon être les angoisses qui empoissent mon être. Sur mes lèvres se glisse un sourire alors que j'expire un soupir. Que ferais-je sans vous ?, ai-je envie de murmurer. Que serais-je sans vos mots et votre patience ? Que serais-je ? L'autour qui déploie ses ailes ? Le gardien sans repos ? Peut-être. Après tout, c'est aussi une boucle qui se joue là. Celle qui commence par le doute, l'angoisse et la fatigue, puis qui se termine par sa douceur, son réconfort et ces gestes que nous jouons ensemble pour ne pas penser au sommeil qui nous est interdit. Tout en sortant de mes pensées, je bats rapidement des cils, alors qu'elle dépose sur la table qui nous sépare, deux verres et du jus de fruit. Un sourire plus heureux illumine mon visage et si du bout des doigts, je viens effleurer le bord d'un verre, c'est pour mieux suspendre mon geste quand d'un aveux qui me surprend, elle fige le sang qui jusqu'à la coulait dans mes veines. Elle me dit être précieux, utile et d'une grande aide. Elle me rappelle qu'ici, comme dans mon ancienne boucle, je suis le rapace qui protège, l'autour qui veille et qui aide. La main qui se tend pour rattraper ceux qui glissent. Celui qui aide. Celui qui aime. Mon coeur rate un battement ou deux, puis se met à pulser violemment, envoyant alors dans mes veines mon sang qui recommence enfin à circuler dans mon corps. Gêné, je laisse un silence s'installer, étant bien capable de trouver mes mots, alors que dans mon esprit se bouscule bien des choses. Derrière mes paupières, je peux revoir ce jour où j'ai tiré l'enfant de la poudreuse et que tout contre mon coeur j'ai ramené au chaud… Je me souviens des rondes,  des moments à patienter, à faire attention pour deux…

"C'est mon rôle de veiller… Tout comme d'être toujours là pour eux. Est-ce que cela me rend réellement précieux, ou juste doté d'un coeur ?" D'une main j'attrape la bouteille de jus de pêche et remplis ensuite les deux verres, lui tendant le sien avec un léger sourire. "Il est bon de me savoir précieux aux yeux de quelqu'un et rassurant d'être réellement utile à ce refuge. C'est juste que parfois, j'aimerais être capable de faire plus. Mais c'est idiot, parce que… Je ne suis qu'un homme. Et même si autour je deviens, je ne peux pas sauver tout le monde… J'aimerais mais…. C'est impossible."

Entre ses doigts je glisse le verre, cherchant ensuite le mien que je porte à mes lèvres. Le jus sucré roule sur ma langue, mais laisse sur mes papilles une certaine amertume que je ne comprends que trop bien. L'homme qui veut être trop bon, ne peut pas être complètement innocent. Essayerais-je dans cette vie de me faire pardonner pour les atrocités de mon passé ? Ou suis-je celui que j'étais avant ? Bonne question. Terrible question. Car c'est ce doute, cette angoisse qui sans cesse me fait demander pourquoi suis-je Thaddeus ? Et si avant, mon Ymbryne me rassurait en me disant que mon passé ne définissait pas celui que je suis, je ne peux empêcher le doute de s'installer et distiller son poison dans mes veines. Un être qui ne se connait pas peut-il réellement veiller sur ceux qui se savent ? Oui. J'ai envie de croire que oui. Car je sais ce qu'il en est d'être incertain et perdu. Je sais le temps que cela prend de se remettre et de se reconstruire. Le verre entre les doigts, je penche légèrement la tête sur le côté, retrouvant ce sourire si chaleureux qui accueille ceux dont je prends soin au quotidien.

"Mais ça ne m'empêche pas de continuer d'essayer et de faire de mon mieux… Car c'est l'essentiel, non ? De donner ce que l'on a, sans se soucier de ce que l'on ne peut pas donner. Ce qui compte, c'est d'être là, et de se soucier de ceux qui en ont besoin. Et c'est pour ça que j'aimerais pouvoir vous aider, ou du moins, essayer…. Plutôt que de vous ennuyer ainsi."

Surtout qu'elle a vu pire. Suis-je en droit de lui souffler mes doutes ? N'a-t-elle pas suffisamment à gérer et à penser ? Si. Elle est une Ymbryne, et pas celle qui m'a un jour tiré de la boue. Sur elle je ne peux pas compter comme je le faisais sur l'autre, car elle ne me doit pas ça. Elle est une amie, une compagnie d'insomnie mais pas celle qui peut me guérir. Avec elle, je dois penser à autre chose, me changer les idées. Avec elle je devrais voler, ou rire… Pas ressasser les doutes crées par l'insomnie.

"La nuit est encore jeune… Pourquoi ne pas en profiter ?"

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Dernière édition par Thaddeus Gentilis le Mar 29 Nov - 10:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Sam 26 Nov - 12:25

Nightcall

- It's hard to sleep at night when there's so many thoughts going through you head -

"C'est mon rôle de veiller… Tout comme d'être toujours là pour eux. Est-ce que cela me rend réellement précieux, ou juste doté d'un coeur ?"

Lavinia esquissa un franc sourire. Les deux, avait-elle envie de lui répondre alors qu’elle acceptait volontiers le verre tendu par l’Autour, le remerciant d’un murmure. Gardant le verre dans ses petites mains, elle retourna à son siège près du feu, toujours attentive aux paroles de Thaddeus. Chaque mot avait son importance. Tous voulaient faire plus et mieux quand il s’agissait de protéger des êtres chers. Il n’y avait jamais trop et toujours si peu. Pourtant, en tant qu’individus particuliers, ils faisaient plus que les humains et ils avaient d’autant plus conscience de leur exception, de leur fragilité et presque de leur éphémérité sans les boucles temporelles.

"Mais ça ne m'empêche pas de continuer d'essayer et de faire de mon mieux… Car c'est l'essentiel, non ? De donner ce que l'on a, sans se soucier de ce que l'on ne peut pas donner. Ce qui compte, c'est d'être là, et de se soucier de ceux qui en ont besoin. Et c'est pour ça que j'aimerais pouvoir vous aider, ou du moins, essayer…. Plutôt que de vous ennuyer ainsi."

« C'est très noble et gentil de votre part, mais on est deux dans ce cas-là. Puis vous ne m’ennuyez jamais. »

C’était sincère. Lavinia ne se confiait qu'à quelques personnes dans cette boucle, Thaddeus en faisait partie même s'il ne savait pas tout. Celle qui savait tout n'est plus de ce monde depuis plusieurs années... Elle était aussi plutôt du genre à s'occuper des autres avant tout avant elle-même. Mais, leurs discussions à la fois profondes, graves, essentiels et emprunt d’émotions sincères, touchantes, troublantes et même attachantes lui changeaient des discussions qu’elle pouvait avoir durant la journée. Cela lui changeait parfois les idées, mais pouvait-il imaginer ou concevoir que sa seule présence et ses pensées philosophiques l’aidaient et lui faisaient du bien ? Toute nouveauté l’empêchait de plonger dans un cercle vicieux de lassitude et de dépression. Surtout lorsque son hirondelle était absente. Alors, Lavinia se raccrochait presque désespérément –même si la Miss le dissimule parfois très bien- à Thaddeus, Ulric et aux enfants particuliers, avec qui elle passe le plus clair de son temps en leur accordant bien plus que ce dernier.

"La nuit est encore jeune… Pourquoi ne pas en profiter ?"

Comme à chaque fois que l’Ymbryne était intriguée, son sourcil droit s’éleva légèrement tandis que son regard se posait sur Thaddeus, son verre encore portait à ses lèvres. Elle but tranquillement une gorgée laissant planer un silence, presque du suspens alors qu’elle n’avait pas la moindre idée de ce que tramait son ami. A quoi pensait-il exactement ?

« Quelle idée avez-vous derrière la tête ? J’espère quelle n’inclut pas de mettre le nez dehors, vous savez que par se froid ni ma peau ni mes plumes ne tiendront le choc thermique. »

Elle plaisantait. Enfin qu’à moitié. Sous sa forme actuelle, il n’y avait aucun problème, Lavinia était juste frileuse, mais avec une couche en plus sur son gilet, elle gambaderait très bien aux côtés de l’Autour sous les flocons de neige. L’inconvénient, c’était s’il pensait à leurs formes d’oiseaux. En vérité, cela faisait des mois que l’Ymbryne ne s’était transformait en Ara. La principale raison étant, bien entendu, l’hiver éternel de leur boucle. Un Ara de Spix, même spécial, restait un oiseau tropical et ne pouvait pas se permettre de rester longtemps sous des températures aussi froides sous peine de frôler l’hypothermie – voir pire. Les autres raisons étaient plus complexes, donc Lavinia espérait que l’idée qu’il avait en tête n’incluait pas une métamorphose, du moins de sa part.

« Vous avez piqué ma curiosité. Dîtes-moi tout. » lâcha-t-elle finalement avec un sourire amusé après avoir déposé son verre, à moitié rempli, sur la table basse.
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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Mar 29 Nov - 13:59

Nightcall
Miss Lavinia & Thaddeus
Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



Ses lèvres se referment sur le bord de son verre et trempent légèrement dans le jus sucré tandis qu'espiègle comme seul un jeune enfant le serrait, je l'observe, cherchant dans son silence, la réponse que j'attends tant. Un éclat de malice doit désormais fait briller mes pupilles, alors que les lèvres closes, je n'ose encore porter à celles-ci le verre que je devrais partager avec elle. Et enfin, après m'avoir laissé dans une attente qui affolait mon coeur, elle se fend d'une plaisanterie qui m'arrache un léger rire. Oui, j'aurais aimé pouvoir lui offrir ça, mais je suis conscient que cet hiver éternel n'est pas propice aux oiseaux de son espèce, et si humaine, je la sais déjà frileuse, je n'ose imaginer ce qu'il en est de l'ara aux plumes pourtant sublimes. À mes lèvres je porte mon verre et m'autorise une gorgée de jus de fruit là où elle m'avoue être désormais en proie à une curiosité qui la détourne de l'insomnie qui la ronge. Un sourire se glisse sur mes lèvres alors que du bout des doigts, je repose le verre sur la table. Elle oublie, ou du moins, elle accepte de penser à autre chose, pour se concentrer sur mes facéties. En penchant légèrement la tête sur le côté, j'endosse mon air de jeune homme charmant et charmeur. Veiller c'est aussi aider à oublier. C'est faire danser les pensées négatives et les éloigner, que ce soit d'un coup d'aile, d'un battement de cils, d'un sourire ou à l'aide de mes serres. Je suis celui qui chasse et qui combat, même si pour elle, un autre devrait le faire à ma place. Derrière mon sourire et mon regard taquin, se cache un pincement au coeur, celui qui vient de la douloureuse vérité, qui murmure à mon oreille, qu'une hirondelle devrait être à ma place, à lui rendre le sourire et à effacer de sous ses yeux ses cernes. Lui a vécu avec elle, ce que j'apprends par bribes de l'histoire de cette boucle, lui est au courant de ce qui peut par instants lui faire froncer les sourcils ou faire faner l'un de ses sourires. Mais ce soir, comme tout ceux d'insomnies que nous avons, c'est moi qui lui fait face et qui est là, à la distraire et à piquer ainsi sa curiosité pour la détourner des angoisses de la nuit.

"Je vous rassure, bien que j'ai songé à un moment de disparaitre en un battement d'aile par la fenêtre, je sais que vous ne pourriez me suivre et je m'en voudrais de vous abandonner ainsi… Ce n'est pas une nuit il faut être égoïste."

Nous aurions pu être là, à voleter l'un avec l'autre, à peut-être s'enfuir pour ne revenir qu'une fois le corps et l'esprit fatigués. Je pourrais, mais elle non. Alors je reste, pense à une autre façon de voler et souris, en posant mon regard sur le vieux piano qui attend sagement son heure. L'idée d'en jouer avec elle traverse mon esprit, mais nous sommes deux à être dénués de ce talent là. Je sais l'apprécier et m'en émerveille à chaque fois, mais de mes doigts, je ne suis bon qu'à tenir une plume et écrire. Est-ce que cela m'étonne ? Pas tant, l'autour n'est pas un rapace connu pour son chant, mais plus pour sa fâcheuse tendance à chasser les autres oiseaux. Quel rapport cela a avec l'écriture ? Je peine à le trouver moi aussi.

"Je pense que ça pourrait faire vous faire du bien de voler à votre tour, j'ai l'intuition que cela fait longtemps que vous n'avez pas eu ce plaisir, à cause de cet hiver sans fin…" Je murmure cela du bout des lèvres, comme si je craignais qu'un autre puisse entendre ou que je me fasse réprimander pour mon audace et mon manque de délicatesse. "Je ne peux, hélas, rien faire, une fois de plus… Mais je peux essayer… On dit que danser, c'est comme voler."

On dit que l'on peut tout oublier, au détour d'une valse et quand j'entends certains me parler d'un temps lointain, avant que les siècles ne s'accumulent, où ils avaient appris à danser correctement, à devenir des êtres gracieux, eux-même capable de faire se soulever avec élégance et beauté, les robes de leurs partenaires au rythme d'une musique délicate, je reste fasciné par cet exercice délicieux qui fait s'activer mon imagination et me fait en silence, jalouser tout ceux qui ont le plaisir d'avoir un jour le droit d'aller à l'un de ses bals tout droit sortis d'un conte. J'envie et espère secrètement qu'à une époque, lorsque j'étais encore conscient de qui j'étais, j'ai eu moi aussi la chance de connaître tout ça. D'avoir à mon bras, une jeune femme charmante et souriante, qui aurait aimé être en ma compagnie. Je rêve parfois, en me disant que j'étais peut-être bon et que je rendais mes parents fiers, de part ma bonne éducation et mon charme. J'ai rêvé de tout ça en silence, sans jamais l'avouer, sans jamais l'écrire, comme par honte ou par envie d'être pudique. Avec mon ancienne Ymbryne, j'ai bien essayé, une fois ou deux, mais malgré ses encouragements et ses mots, je me sentais toujours bien trop gauche pour être à l'aise. "Ton corps se souvient de cet enseignement… Fais-lui confiance et cesse de vouloir trouver une raison à cela. Sois simplement heureux que lui se souvienne pour toi." Un goût amer me reste sur le bout des lèvres rien que d'y penser. Je bats des cils pour chasser mes pensées, posant à nouveau mes prunelles sur sa personne.

"Je sais que… Ce serait peut-être inconvenant, ou mal vu, et en plus, nous n'avons ni musique, ni chaperon mais… Nous pourrions essayer… Si vous me faisiez l'honneur d'accepter, ne serait-ce qu'une danse, que je tenterais de rendre aussi plaisante que possible."

Très élégamment, j'esquisse un semblant de révérence, en souriant, parfaitement conscient du côté ridicule de mon geste, avant de lui offrir ma main, m'apprêtant tout de même à essuyer autant un rire qu'un refus.

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Mer 7 Déc - 12:05

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"Je pense que ça pourrait faire vous faire du bien de voler à votre tour, j'ai l'intuition que cela fait longtemps que vous n'avez pas eu ce plaisir, à cause de cet hiver sans fin…"

Lavinia garda le silence. Elle n’était clairement pas prête à en discuter et encore moins à passer à l’acte. Malgré que Thaddeus était loin d’être le premier à le lui dire ou à vouloir la voir sous cette apparence. Certains des enfants lui avaient déjà réclamé de voir de leurs propres yeux ses plumes… Lavinia a décliné. Plusieurs fois. Elle avait tant retardé et repoussé la chose que maintenant l’hiver éternel était plus une excuse que la véritable raison de sa non métamorphose. En oiseau, elle risquait de se faire plus de mal que de bien. Du moins les premières minutes, voir les premières heures. Angoisse, perte d’habitude, de réflexes, elle risquerait de se percuter contre les armoires vitrées en tentant de voler. Habitude qu’elle croyait qu’on pouvait perdre, non pas comme savoir faire du vélo. Elle pouvait très bien juste se transformer et ne pas voler, juste marcher sur ses serres, mais… Un Ara de Spix qui ne vole pas n’est-il pas ridicule, honteux ou pitoyable ? Car ses grandes ailes d’un bleu unique sont la raison pour laquelle on aimerait la voir sous cette forme… Elle ne voulait pas qu'on la voit dans cet état. Elle aurait du mal à l'accepter... Sauf peut-être avec une certaine personne, mais avec lui, elle avait du mal à franchir le pas. Lavinia ferma ses yeux. Ses dernières pensées laissant émerger peu à peu un possible mal de tête.

"Je ne peux, hélas, rien faire, une fois de plus… Mais je peux essayer… On dit que danser, c'est comme voler."

Ses paupières s’ouvrent à nouveau. Elle cligne des yeux et reporte son attention sur l’Autour. Danser ? Il lui proposait de danser au lieu de voler. Un petit rire s’échappa de ses lèvres. Aucune moquerie de sa part. Lavinia était juste surprise d’une telle proposition d’autant que pour elle, danser n’était pas comme voler. La sensation de liberté et que rien ne peut vous atteindre étaient bien plus fortes dans le vole que dans la danse. Mais cette dernière apporter d’autres sentiments et des sensations assez fortes et similaires au vol pour les humains oui. Cela faisait un moment qu’elle ne les avait pas ressenties, mais Lavinia se sentait bien plus à l’aise pour danser qu’à voler, aussi étonnant que cela puisse paraître.

"Je sais que… Ce serait peut-être inconvenant, ou mal vu, et en plus, nous n'avons ni musique, ni chaperon mais… Nous pourrions essayer… Si vous me faisiez l'honneur d'accepter, ne serait-ce qu'une danse, que je tenterais de rendre aussi plaisante que possible."

« Une valse à trois temps n’est pas aussi simple à danser qu’il n’y paraît… »

Ne croyez pas qu’elle tentait de dissuader l’Autour et qu’elle refusait son offre. Pas avec ce sourire et cette lumière dans les yeux ! Lavinia était clairement pour. Elle se savait déjà moins empotée dans ce domaine, ça aide. Puis une danse ne faisait de mal à personne, juste peut-être à l’égo lorsqu’on écrasait quelques pieds ou qu’on s’emmêlait les pieds comme une certaine hirondelle avec laquelle Lavinia rigolait d’avantage qu’ils ne dansaient. Pourtant elle n’échangerait ces moments de rééducation pour rien au monde…

« J’accepte volontiers. » finit-elle enfin par dire avec un gentil sourire. « Je ne doute pas une seconde qu’elle sera plaisante, votre maintien en dit suffisamment long à ce sujet. »

Mensonge ? Non. Juste une manière de mettre à l’aise les hommes face à la danse. De toute façon, Lavinia était habituée aux piètres danseurs ou plutôt aux grands maladroits sur deux jambes. Thaddeus ne pouvait pas faire pire et si cela arrivait… Eh bien, disons tout simplement que Lavinia saurait comment réagir et reprendre le dessus ! Pour le moment, comme le veut son rôle dans cette danse, Lavinia se laissa guider par Thaddeus et tenta d’apprécier le moment présent s’en avoir à s’inquiéter de comment le rattraper si les pieds de son partenaire de danse s’emmêlaient, ou de penser aux pas, aux maintiens et au cadre que l’homme devait maintenir dans une valse.
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Thaddeus Gentilis

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❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Jeu 8 Déc - 15:44

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Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



Un sourire se glisse sur mes lèvres, et heureux de ne pas l'entendre repousser mes avances, je m'autorise moi-même un léger rire alors que pour moi, elle se fait plus radieuse, ou du moins, plus sereine. En ma présence, et même si une fois de plus je ne devrais pas être celui qui la console en cette nuit rendue houleuse par des cauchemars ou tout autres angoisses, je suis tout de même bercé et caressé par cette douce consolation d'être tout de même capable de lui faire penser à autre chose. Et c'est le coeur gonflé de cette impression d'être enfin utile à quelque chose qui me fait attraper délicatement sa main, alors qu'elle accepte enfin, se fendant d'une dernière remarque qui m'arrache un rire sonore et peut-être bien plus sincère que les précédents.

"Vous me flattez... Mais c'est l'Ymbryne patiente et dévouée que j'ai eu pour professeur qu'il faut complimenter pour mon maintien... Si vous m'aviez vu à mon réveil... Je... Je ne sais pas ce que vous en auriez pensé..."

Mon sourire se fane alors qu'à moi je l'attire, conservant dans une de mes mains la sienne alors que de mon bras droit, je l'enlace, posant bien chastement dans le creux de son dos mes doigts. Je prends une grande inspiration et tout en tentant de garder un air doux, je me remémore les enseignements de celle, qui m'a retenu un soir, et qui d'un murmure m'a proposé de danser avec elle. Elle qui a eu tout les sourires du monde pour mes maladresses et dont le bout des doigts effleuraient par instant ma nuque frissonnante face à ses caresses que je pensais n'être que les marques d'une affection profonde pour l'Autour que j'étais... Des restes d'habitude qu'elle avait prise quand sous ma forme d'oiseau j'étais prisonnier. Lentement, j'entame avec elle, les premiers pas de cette valse à trois temps, fredonnant lentement l'air sur lequel j'ai tant dansé avec un autre. Les lèvres délicieusement ourlées en un sourire taquin mais tendre, je pose mes prunelles dans les siennes, alors que dans le salon du Manoir, en un rythme lent mais assuré, je valse en sa compagnie. En un rythme que seul un homme encore angoissé de mal faire aurait. Le rythme d'un homme qui ne fait pas encore confiance à son corps, qui lui pourtant, lui hurle au travers des gestes assurés qu'il a, qu'il se souvient et qu'il sait comment danser avec une femme. Au fil des notes discrètes que je fredonne, j'accepte de m'abandonner à cette valse et enfin, je laisse mon corps et sa mémoire prendre le dessus, laissant revenir à moi les souvenirs d'une éducation qu'un autre moi a un jour eu. Entre les meubles et en l'absence de musique, je la garde pourtant près de moi, alors qu'à l’insomnie et aux angoisses de la nuit, je l'arrache le temps d'une danse, qui délicatement, fait se virevolter la robe au niveau de ses chevilles. Nos pas étant étouffés par l'épais tapis à nos pieds, il n'y a que mon fredonnement et le chant du tissu qui se froisse, qui déragent le silence de cette nuit d'hiver. Sans un faux pas, ou une maladresse, nous dansons ainsi, au son de ma voix et de mon coeur qui tente encore de panser ses blessures. Mon regard ancré dans le sien, un sourire aux lèvres, je m'autorise peut-être un instant d'oubli, un moment où avant de battre des cils, j'observe ses lèvres.

"Vous souriez..."

C'est un constat idiot mais plaisant à observer. Elle semble se prendre au jeu, s'amuser et oublier. Le rythme de cette danse ralentit et sans la lâcher, je cesse le fredonnement rauque et sûrement loin d'être mélodieux que je pouvais avoir jusque-là, me contentant égoïstement de la garder pour moi. Mon regard cherche à nouveau à croiser le sien, alors que je reprends, cherchant peut-être à me justifier pour cette remarque potentiellement déplacée.

"Il est juste plaisant de ne pas vous voir soucieuse ou inquiète à propos de quelque chose. Je suis simplement heureux d'être capable de pouvoir faire ça pour vous, à défaut de plus."

Voilà que je recommence, à vouloir être capable de faire ce que seul un autre pourrait et devrait faire. Je ne suis pas lui, et pour elle, je ne suis qu'un compagnon d'un soir, un être infortuné qui se trouve être celui qu'elle trouve quand les nuits se font longues, mais à côté de ça, je ne suis que l'Autour qui veille de loin. L'ami qui veille mais qui se sent impuissant, car lui-même tourmenté par un passé qu'il n'est plus si sûr de vouloir connaître. Un homme qui devrait faire attention à ce que ses intentions ne soient pas mal comprises. D'une légère inspiration, je chasse tout ça bien au loin avant de lui offrir un vague sourire et quelques mots.

"Alors... ? J'ai sûrement été dur en disant que je dansais mal... Mais c'était plus par crainte de vous agacer au point que vous n'en veniez à tenter de m'expliquer comment être un bon danseur... Là où je souhaitais plus vous changer les idées... Ce que j'estime être chose faite... ? Non ?"

Sans rompre notre danse, je continue de la faire lentement valser à mes côtés, parfaitement conscient que ce n'est pas la même chose que de voler, mais que pour un être aussi effrayé qu'elle de se métamorphoser, ce serait peut-être un moteur supplémentaire pour dépasser cette crainte. Le feu crépite quelque peu derrière-nous et tandis que nos verres se lassent de notre absence, j'ose un autre murmure qui bout des lèvres, peine presque à se faire entendre.

"Puis-je vous poser une question ?"

Sûrement. Je m'assombris presque, ou tout du moins, je laisse mon sourire se ternir alors que mes doigts se referment un peu plus sur les siens et que la présence de ma main dans son dos se fait plus légère. J'attends qu'elle m'en donne la permission avant de rependre, aussi incertain que peut l'être un enfant qui craint de se faire réprimander.

"Qu'est-ce qui vous ronge tant pour que le sommeil vous fuit de la sorte et qu'à personne vous n'en parliez... ? Je... Je sais que je ne suis pas celui à qui vous devriez vous confier ou vous pousser à le faire... Mais il est inquiétant de vous voir... Ainsi."

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Jeu 8 Déc - 18:19

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Ces soucis se lisaient-ils si évidemment sur son visage pour que Thaddeus soit content de la voir sourire ? Lavinia veillait pourtant à que cela ne se voit pas, enfin surtout avec les enfants et à cette heure de la nuit en aussi agréable compagnie, elle baissait inévitablement la garde. Autant continuer et ne pas faire semblant. Mine de rien cela coûtait de l’énergie lors des jours où son moral était au plus bas. Sauf que ce n’était pas le cas ce soir. Elle était certes fatiguée, mais la lassitude et la dépression n’étaient pas au rendez-vous. Lavinia appréciait sincèrement ce loisir avec Thad, presque hors du temps et son murmure pour musicaliser leur danse était ce qui la faisait le plus sourire. Dommage que ça ne dura pas plus longtemps. Toute bonne chose a une fin.

"Qu'est-ce qui vous ronge tant pour que le sommeil vous fuit de la sorte et qu'à personne vous n'en parliez... ? Je... Je sais que je ne suis pas celui à qui vous devriez vous confier ou vous pousser à le faire... Mais il est inquiétant de vous voir... Ainsi."

« Oh... Je vois… »

Lavinia se laissa emporter encore un peu dans leur danse avant de commencer à lui conter les douloureux souvenirs. Elle n’entra pas dans les détails de l’horreur du Freakshow, des tortures qu’avaient du subir les êtres particuliers qui avaient été prisonniers et ceux qu’ils avaient perdus le jour de la libération. Cette dernière partie fut la plus difficile à expliquer, puisque Lavinia avait perdu sa meilleure amie et qu’elle se tenait en partie responsable de cette perte. Sa voix était ébranlée, mais elle teint bon malgré la douleur et la fatigue qu’elle ressentait.

« Ce ne doit pas être grand-chose par rapport à ce que vous avez vécu, mais c'est suffisant pour m’empêcher de retrouver le sommeil sans l’aide de Simon. Il faisait partie des prisonniers lui aussi… »

Maintenant qu’elle s’était enfin confiée, elle ne se sentait pas plus légère. Loin de là. Le poids était toujours présent. Liv commença justement à se sentir fatiguée et presque étourdie. Ce n’était pas à cause de la danse, mais par précaution et sans brusquerie elle fit comprendre à Thaddeus qu’il avait eu une merveilleuse et gentille attention, mais que désormais il était préférable de cesser la valse. Lavinia rejoignit le siège près du feu pour s’y asseoir et prendre une grande inspiration. Le temps de quelques minutes, seul le crépitement du feu régna dans le salon jusqu’à que Lavinia reporta une nouvelle fois son attention vers l’Autour. Son regard encore emprunt de ce mélange de tristesse et de nostalgie qu’ont souvent les personnes ayant vécu et survécu à de terribles événements.

« Vous avez mentionné que je devrais plutôt me confier à quelqu’un d’autre… A qui donc ? » La question était rhétorique, puisqu’elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle avait déjà sa petite idée. « Si vous songez à la même personne à laquelle je pense que vous songez... » Lavinia laissa sa phrase en suspend, le temps de se retourner vers le feu rassurant et réchauffant par sa chaleur. « Je ne lui en parle pas tout simplement parce qu'il est autant concernait que moi. Même d'avantage... Il n'est pas évident d'aborder des sujets douloureux avec les personnes qui y étaient présentes... et qui ont vu celles qui ne sont plus... » Lavinia faisait forcément référence à Lydie, sa meilleure amie qui n’était autre que la sœur jumelle d’Aloysius. Il devait donc souffrir beaucoup plus qu’elle. « Je préfère ne pas lui rappeler ces moments. Pour lui. »

Lavinia refusait de faire souffrir encore plus Aloysius en lui faisant part de ce problème personnel. Ils en avaient tous eu depuis cette tragédie et ils géraient chacun d’une façon différente. Comme si Aloysius n’aimerait pas le savoir et faire en sorte qu’elle ne souffre pas… Lavinia considérait que non, étant une de seules qui en plus avait connaissance que sa mémoire ne lui faisait pas autant défaut qu’il le prétendait. A quoi bon donc… Elle préférait en souffrir seule. Enfin presque seule du coup.

« Vous protégez ceux qui vous sont chers, je fais de même ainsi. » Ils gardent tout pour eux et supportent tout seuls, comme s'ils le pouvaient. Lavinia esquissa un sourire un peu plus prononcé et un regard en coin vers Thad. « Même si je vous conseillerai de faire ce que je dis et non ce que je fais. » Encore et toujours, elle n’obéissait pas à ses propres conseils qui faisaient du bien aux autres, mais c’était tout autre chose de savoir l’accomplir sur soi-même. « Mais… Merci de vous inquiétez pour moi. Ça va aller avec le temps… Et vous ? Est-ce donc des fragments de souvenirs qui vous empêchent toujours de dormir ? » Oui oui, elle essayait bel et bien de changer de sujet.  
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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Lun 12 Déc - 14:52

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Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



Tout ralentit, se calme et se suspend. Tout devient un mouvement immobile et l'instant plaisant que nous partagions jusqu'à présent devient un souvenir, un fragment d'un temps qui semble avoir existé. Tout ne semble devenir que poussière sous mes yeux et d'un battement de cils, je tente de retenir, en vain, ce qui déjà glisse bien loin d'entre mes doigts. Le temps d'un battement de coeur, je vois son sourire se faner, son regard me fuir et ce moment d'oubli s'étioler pour devenir l'instant douloureux où les souvenirs sont racontés et les plaies à peine cicatrisées se rouvrent pour se dévoiler aux yeux des ignorants. D'un pincement de lèvres, je regrette les mots qui m'ont échappés et par pudeur, je n'ose l'interrompre, entendant pour la première fois cette histoire qui m'a déjà été conté par d'autres. Le regard ancré dans le sien, la pupille teintée de peine et de pitié, je la laisse me conter ce passé qui fait trembler sa voix et qui teinte son visage si doux d'une douleur qu'elle ne peut réellement dissimuler. Un noeud se forme dans ma gorge, et honteux, je reste pourtant silencieux, malgré cette envie que j'ai de lui dire d'arrêter pour m'excuser platement de mon indélicatesse. Pourtant, le récit se forme sur le bout de ses lèvres et étrangement dérangé par ce qu'elle me raconte, je baisse les yeux quand elle en vient au bout et ajoute d'une voix faible que ce n'est rien par rapport à ce que j'ai pu vivre. Un sourire bien amer se glisse sur mes lèvres et désormais franchement mal à l'aise, je perds toute envie de me montrer charmant tandis que je me ferme complètement à elle. Ma prise sur sa personne se relâche et alors qu'elle tente de me faire comprendre subtilement qu'il n'est plus temps de valser, je la laisse partir sans le moindre regret, m'autorisant au passage autant un pas en arrière, qu'un murmure.

"Je n'oserais jamais comparer mon passé au vôtre. Un amnésique ne peut prétendre souffrir autant ou plus que ceux qui doivent vivre avec leurs fardeaux."

Et voilà que je fuis à nouveau. Je m'échappe, recule et retourne me cacher sur le rebord de cette fenêtre par laquelle je rêvais, il y a quelques minutes de cela, de m'envoler. Le regard fuyant, les phalanges crispées et la mâchoire verrouillée, je m'enferme dans un mutisme à la limite de la mélancolie, à ressasser les éléments de mon passé incertain et les vides qui le soir, quand je me retrouve seul dans l'obscurité, me donnent le vertige. Dans un silence parfait, et pourtant pareil à un cri, je l'écoute par la suite sans daigner lever vers elle les yeux. Bien grossièrement, je me referme et m'efface, redevenant cet homme qui un jour dû comprendre bien durement qu'il n'était pas qu'un rapace, mais un Syndrigastis qui devait apprendre à se mêler à nouveau aux siens. Tout glisse sur ma personne et aucun de ses mots ne m'arrachent de sourires ou de paroles. Troublé, je fais du silence mon refuge et au bout d'un long moment, quand les cendres sur le bout de mes lèvres et l'amertume sur ma langue semblent s'étioler, j'ai un murmure rauque et empreint d'une douleur que je trouve absurde et déplacé de ressentir en sa présence.

"Je n'ai pas envie d'en parler. Les souvenirs appartiennent au passé."

Je bats des cils, écoute mon coeur cogner dans ma poitrine et me redresse, acceptant presque à contre-coeur de croiser à nouveau son regard. L'air maussade, peut-être même sombre, je lui fais désormais face sans trop moi-même savoir si j'ai envie de poursuivre avec elle cette conservation. Nerveusement, je referme mes doigts autour du bois contre lequel je suis adossé et en fuyant à nouveau ses prunelles, je reprends.

"Vous devriez lui en parler. Ce n'est pas le protéger que de souffrir en silence, c'est le torturer. Il sait ce que vous avez vécu, et il sait à quel point c'est dur de passer à autre chose et de reprendre le cours de son existence comme si de rien n'était. Il est le plus à même de vous comprendre et pourtant, vous êtes là, à refuser la main qu'il vous tend."

Je pince les lèvres, cherchant à faire taire l'envie, et la jalousie qui teintent les mots que j'ai pour elle. Je me déteste à être ainsi. Je m'en veux d'être là, à lui hurler pendant mes silences que je donnerais tout pour que quelqu'un cherche à m'aider comme Aloysius le ferait. Je suis malade de savoir qu'elle a la personne que j'aimerais rencontrer. Celle qui aurait les réponses à mes questions.

"Il ferait tout pour vous. Absolument tout. Et pourtant… Vous l'empêchez d'approcher…"

Je déglutis difficilement. J'ai envie d'hurler. D'éclater en sanglot et vomir tout ce qui macère au sein de mon être. J'ai envie de crier que mon ancienne Ymbryne me manque, que je n'en peux plus de ne pas savoir, que je ne veux pas me souvenir, que Sigmund est un fantôme qui me hante et un homme que je crains. J'ai envie d'hurler que c'est trop dur, que certains jours j'aimerais être en mesure d'arracher ma peau et ma chair pour faire sortir cet homme que j'ai été alors que d'autres, j'aimerais revêtir mon plumage et cesser d'être. Je prends une grande inspiration et ravale ce qui vient brûler mes yeux et obstruer ma gorge, pour avoir pour elle, ce que je pense être les derniers mots de cette soirée.

"Vous devriez lui parler et… Et arrêter de prétendre que tout va bien."
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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Dim 18 Déc - 14:15

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Point sensible touché, mais ce soir il ne semblait pas vouloir en discuter. Il s’était refermé comme une huitre. Peut-être si était-elle mal prise après lui avoir révélé la vérité. Toute vérité n’était pas bonne à entendre et encore plus difficile lorsqu’elle concernait des histoires et des événements douloureux.

"Vous devriez lui en parler. Ce n'est pas le protéger que de souffrir en silence, c'est le torturer. Il sait ce que vous avez vécu, et il sait à quel point c'est dur de passer à autre chose et de reprendre le cours de son existence comme si de rien n'était. Il est le plus à même de vous comprendre et pourtant, vous êtes là, à refuser la main qu'il vous tend."

Au lieu de le prendre mal, le visage de Lavinia exprima un sourire au fil et à mesure des paroles de Thaddeus, comme si elle était entrain d’écouter un enfant qui la conseillait, car il ne voulait que son bien. C’était durement sincèrement et adorable. Elle le regardait avec bienveillance même si la pointe de tristesse et de nostalgie logeait toujours dans un coin de son regard.

"Il ferait tout pour vous. Absolument tout. Et pourtant… Vous l'empêchez d'approcher…"

« Comment vous…?... Ce n’est pas aussi simple que cela… » murmura-t-elle, plus pour elle que pour répondre à Thaddeus. Elle ne l’empêchait pas exactement d’approcher, mais elle ne pouvait pas révéler ce qui se passait souvent dans ses appartements. Néanmoins, une chose était sûre. Leur relation était complexe. Lavinia avait parfaitement conscience de ce que Thad lui disait. Elle le savait au fond d’elle et en même temps c’est comme si elle en doutait, ou plutôt qu’elle ne voulait pas l’accepter. Ne pas accepter qu’il ferrait tout pour elle, tout simplement parce qu’elle refusait de reperdre quelqu’un de cher. Et le pire c’est que c’était la même chose dans son sens, elle ferrait probablement tout pour son hirondelle. Elle le savait. Ils le savaient sans rien se dire. Ils savaient sans savoir, sans bien voir ou accepter la réalité. Leur relation était à la fois cruellement simple et douloureusement complexe.

"Vous devriez lui parler et… Et arrêter de prétendre que tout va bien."

L’Ara n’est pas aveugle. Elle avait très bien remarqué les phrases de plus en plus hachées de Thad. Il avait du mal à parler et l’émotion qu’elle lisait dans ses yeux piqua son cœur comme des petites aiguilles. Il avait mal. Elle doutait que son comportement en soit la raison. En revanche, il avait clairement déclenché quelque chose et Liv était navrée de lui apporter de la douleur.

« … D’accord… A une condition. »

Sa voix douce contrasta avec celle de Thad, pour autant elle n’était pas dénuée d’émotions. Liv s’était levée dans l’intention de s’approcher de l’Autour et le consoler avec une caresse sur la joue.

« Ne te torture plus de la sorte… Et je suis désolée si je t’ai inconsciemment blessé. »

Oui, elle était soudainement passée au tutoiement. Signe clair qu’elle n’était pas blessée par ces propos et qu’elle le considérait comme un ami. Elle se souciait de son sort également. Cependant, Lavinia ne lui imposerait pas plus de temps sa présence si celle-ci était devenue néfaste et trop douloureuse pour lui.
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Thaddeus Gentilis

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❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Lun 19 Déc - 19:58

Nightcall
Miss Lavinia & Thaddeus
Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



J'ai l'impression de me noyer, d'être un homme perdu dans un océan de mensonges et de douleur, qui s'amuse à le ballotter violemment et à le voir lentement couler. J'ai l'impression, en cet instant, d'avoir quitté le confort de ce salon pour trouver une mer agitée qui au fil des vagues qui s'abattent inlassablement sur moi et ainsi devenir un naufragé, désespéré à l'idée de n'avoir rien à quoi se raccrocher, ni lumière à contempler. Le coeur brisé et rendu douloureux par les mots qui ont été comme du sel versé sur une plaie, je tente de chasser au loin les larmes qui rêveraient de lentement dévaler la courbe de mes joues, telles des perles salées qui conteraient à ma place les maux qui en silence dévorent lentement l'être fragile que j'ai mis des années presque à construire pour remplacer celui que j'ai été. La tête basse, le regard fuyant, je tente de ravaler la douleur, qui à la manière d'une vieille amante, revient trouver le creux de mes bras et m'étreint avec la force d'une femme esseulée qui depuis bien trop longtemps aurait vécu loin de l'être aimée. Presque possessive, et contrariée de ne pas avoir été à mes côtés plus souvent, elle vient m'étouffer et susurrer contre mes lèvres que je lui avais manqué. Amoureuse et sûrement déçue de savoir qu'elle devra de toute façon me quitter, elle est celle qui vient glisser ses doigts entre mes côtes et se fraye un chemin jusqu'à mon coeur qu'elle vient serrer. Elle est cette amante avec qui j'aurais aimé ne jamais danser, elle qui d'un baiser peut me faire supplier et pleurer. Elle qui peut me foutre à genoux et me faire souffrir comme personne n'en est capable. Elle qui jusque-là, n'a été chassé que par cette Ymbryne pour qui j'étais le rescapé que toujours elle gardait contre son coeur, son Thaddeus qu'elle voulait tant voir voler. Celui qui l'abandonné. Je peine à respirer, alors que Cya, dans sa patience légendaire et sa douceur dont je doute bien trop souvent, quitte sa chaise et le confort du feu, pour s'approcher de l'être misérable que je suis en cet instant. Le souffle court, et du coin de l'oeil, je l'observe approcher, les phalanges devenues blanches à force d'enfoncer mes ongles dans mes paumes, et la peur au ventre. Mon sang semble devenir bouillant, alors que tremblant, je frissonne face à ces mots, étrangement doux. Je relève à peine la tête vers elle, quand elle me dit accepter. Je fronce les sourcils, pas certain de comprendre et pas vraiment sûr de le vouloir. Elle dit qu'elle ne fera plus semblant, mais j'en doute. Tout le monde passe son temps à faire semblant, à prétendre que tout va bien pour ne pas paraître faible… Et ceux qui n'y arrivent pas, ceux qui sont comme moi, ils fuient et deviennent les faibles que l'on méprise. Les idiots qui sont incapables de se tenir droit et de lever la tête quand tout les poussent à courber l'échine. La lèvre tremblante, les traits déformées par le chagrin et la douleur, je ne dis pourtant rien, laissant l'Ymbryne s'approcher et avoir pour moi un geste, ou du moins une attention qui m'arrache un mouvement de recul, certes discret mais involontaire. Je pose sur elle mes pupilles terrifiées à l'idée qu'elle puisse avoir pour moi les mêmes gestes que celle qui me manque tant. Celle dans les bras de qui je trouvais un refuge et le réconfort que seule elle pouvait me donner. Sous les attentions de Cya, je deviens farouche, ou plutôt, je le redeviens. Un tremblement secoue mes épaules, ma mâchoire se verrouille et je tente de retenir ce soupir qui m'échappe après ses excuses que je ne veux entendre et ce conseil que je ne veux suivre. Je bats des cils et à mon grand désespoir, laisse filer une larme qui paresseusement roule le long de ma pommette gauche. Un autre soupir douloureux glisse d'entre mes lèvres et difficilement, je retiens un sanglot, préférant avoir à la place, un murmure laborieux.

"J'en ai assez de mentir… Je… Je ne veux pas me souvenir."

Je regrette mes mots au moment même où ils traversent mes lèvres. Je ferme les yeux, expire longuement et accepte la perle qui termine de dévaler mon visage pour venir s'écraser sur le revers de mon veston.

"Pardonne-moi. Je… Je ne devrais pas être là, à te faire culpabiliser…" J'ai un sourire forcé, alors que du bout des doigts, je tente d'essuyer avec honte ma joue. "Je suis un bien mauvais ami… À être là, à…."

À je ne sais pas. Pleurer ? Me lamenter ? Ressasser ce dont je ne veux pas me souvenir ? Un peu de tout. Un peu de ça. Je cherche à fuir à nouveau. J'ai honte, mais je ravale tout. Je retrouve un sourire faible et peu sincère alors que mon regard hurle tout ce que mes lèvres refusent de laisser échapper. Maintenant serait l'instant parfait pour me confier, mais j'ai bien trop peur. Je crains trop mes pensées et mes angoisses pour les laisser exister dans l'esprit de quelqu'un d'autre.

"Excuse-moi… Je crois juste que…"

Dis-le. Dis-le, me hurle cette douleur qui à mon oreille murmure ce que je devrais faire pour qu'elle libère enfin mon coeur, prisonnier autant de ses doigts que des souvenirs de celle que j'ai laissé derrière-moi, dans une autre boucle… Celle qui délicatement, parfois, venait entrelacer ses doigts aux miens en me disant qu'à ses côtés, j'aurais toujours tout le temps du monde pour apprendre et ré-apprendre. Qu'avec elle, et à ses yeux, je serais toujours complet et parfait à ma manière.

"Elle me manque. Et tout mes souvenirs… J'ai peur."

Je me hais, à ne pas être capable de retenir tout ça et de gérer cette douleur par moi-même, et c'est peut-être pour ça, que désespérément je tente de la retenir et de lui faire voir ce qui se cache sous mes sourires et autres douces attentions. Et même si j'aimerais être capable de gérer ça seul et de ne pas ainsi craquer devant elle, je me retrouve pourtant là, à ne plus être capable de prétendre être fort et vaillant.
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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Lun 26 Déc - 12:02

Nightcall

- It's hard to sleep at night when there's so many thoughts going through you head -

Le geste de recul de Thaddeus ne la blessa pas. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait et ce ne serait sûrement pas la dernière, il n’était pas le seul être particulier farouche. Lavinia ressent juste l’impuissance, incapable de pouvoir atténuer les douleurs submergeant l’Autour. C’était ce sentiment qui faisait mal. Elle ne pouvait rien faire pour l’aider à oublier, surtout qu’elle était plutôt pour qu’il se souvienne malgré les douleurs et les épreuves. Même si elle sait qu’il est dur de se souvenir lorsqu’on était conscient de son passé lorsqu’on ne l’était plus, tout était probablement décuplé. Cependant, ses souvenirs faisaient partie du passé de Thaddeus, de ce qu’il était. Si aujourd’hui tout revenait par bribes c’était parce qu’il était prêt. Sans le savoir, son cerveau lâchait peu à peu la protection qu’il avait créée à travers l’amnésie. Il devait donc être bientôt prêt à faire face à ce qu’il n’avait pas pu. Et voilà, qu’il  s’excusait désormais. Lavinia ne put se retenir d’esquisser un petit sourire.

« Tu n’as pas à t’excuser de ressentir Thaddeus. Tu as justement trop retenu, sache que tu n’as pas à l’être avec moi. A chaque fois que le besoin se ferra sentir. » Liv aurait bien accompagné ses gestes à ses paroles en lui prenant les mains, mais elle préfère s’abstenir ne souhaitant pas le troubler d’avantage. Seul son regard, sa voix et ses paroles exprimeront ses sentiments. « Et tu es un très bon ami. Un ami est présent tant dans les bons que dans les moments difficiles. Toujours. »

"Elle me manque. Et tous mes souvenirs… J'ai peur."

« Je suis désolée, je ne t’aide pas en étant comme elle… »

C'est-à-dire en étant une Ymbryne bienveillante, douce et compatissante. Il serait faux de dire que Lavinia ne souffrit pas à cet instant. Elle connaissait que trop bien ce sentiment de manque qui devait être d’autant plus étouffant pour lui à cause de ses souvenirs et de ses peurs. Liv pris une petite inspiration dans l’intention d’éviter tout trouble dans sa voix.

« Si elle te manque, tu peux voyager, aller la retrouver Thaddeus. Autant de fois que tu le souhaites, tu es libre comme l’air et tu seras toujours le bienvenu à la maison… ici. Pour tes souvenirs, il est tout à fait normal d’avoir peur. Celui qui ne l’ait pas est un fou. Tout le monde a peur, c’est un sentiment commun à tous, ce n’est aucunement une faiblesse. La ressentir n’est pas être lâche. Le reconnaître prouve déjà que tu es une personne intelligente, consciente et courageuse. » Elle fit une pause, cherchant son regard avant de reprendre, toujours si douce et bienveillante. « Sais-tu à quoi sert la peur, Thaddeus ? Elle est essentielle à notre survie. Elle n’est pas un obstacle ou une ennemie. Il ne faut pas la laisser te submerger. Il faut la comprendre. Elle nous incite à agir, afin de pouvoir naviguer et mieux appréhender l’inconnu. Elle te prévient qu'il te manque des éléments pour tout comprendre, mais le reste va venir, petit à petit. Comme un puzzle. » Toujours avec douceur et cette fois-ci de la délicatesse et de la tendresse, Lavinia déposa sa main sur celle de Thaddeus. « Si des bribes de souvenirs apparaissent, c’est que ton subconscient considère que tu es prêt. Aie confiance en lui. Aie confiance en toi. J’ignore qui tu étais avant Thaddeus, mais j'ai une entière confiance en l’homme qui se tien face de moi. Un homme bon, généreux, protecteur, fort, courageux et aimait de tant de personnes. Ne doute pas de cela. Tu peux affronter ce que tu ne pouvais pas avant. Quoique tu décides de faire et comment tu décides de le faire, tu n’es pas seul. Avec ou sans tes souvenirs, tu ne le seras jamais Thaddeus. »

Il ne fallait pas qu'il l'oublie. S'il tombait, il sera relevé. Ses amis répondront toujours présents. Elle sera là.
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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: (Miss Lavinia) ▿ Nightcall   Mar 27 Déc - 18:26

Nightcall
Miss Lavinia & Thaddeus
Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore. Tu es infiniment nombreux. Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche.



Tout se mêle et se superpose, créant alors sous mes yeux un enchevêtrement de réalité et de rêve que je peine à dissocier et à reconnaitre. Sur ma rétine, s'imprime une nouvelle version du monde et de se salon, une version alternative qui en plus de sembler aussi doucereuse que le chant d'une sirène, est un endroit où tout devient confus et absurde. La vérité devient le mensonge et vice-versa. Mes souvenirs font l'instant présent et mes envies et désirs deviennent ce qui composent le tissu même de cet univers. Cya devient mon ancienne Ymbryne et il se glisse entre ses lèvres les échos d'un passé qui devient mon futur. Ses attentions sont celles de la jeune femme que j'ai laissé derrière-moi et d'un battement de cils, je m'avoue vaincu, bien incapable de comprendre ce mélange étrange de sentiments et de sensations qui me font en cet instant douter de tout et de rien. Un frisson délicat dévale mon échine alors qu'elle tente de rassurer l'être troublé que je suis de mots que mon esprit enregistre mais que je me refuse à réellement entendre. À la manière d'une éponge, j'absorbe sans rien rendre en retour, me contentant de lui offrir l'impression d'entendre sans vouloir comprendre. Les mots ont un sens mais rien ne vient troubler dans mon esprit cet étrange état dans lequel je me trouve être noyé. Le regard fuyant et la lèvre presque boudeuse, je préfère me réfugier dans cette mélasse de réalité que je fais mienne, celle où Cya est autant mon Ymbryne qu'une simple amie qui tente de m'aider. Mais il faut pardonner ma faiblesse. Je sais que je ne devrais pas ainsi me renfermer et encore moins ignorer tout ça… J'en suis désolé. Je m'en veux. Je m'en veux tant et au lieu de m'excuser auprès de toi ou de te rassurer, je suis là, à rester silencieux… À faiblement accepter cette main qui vient se poser sur la mienne sans pourtant desserrer les lèvres pour te remercier. Je suis désolé d'être ainsi, désolé de devoir t'imposer tout ça ce soir, désolé d'exister ainsi et de ne pas être resté Sigmund. Je suis désolé. Il y'a juste des jours, je me dis simplement que j'aurais dû arriver ici en étant l'autre. Thaddeus n'est après tout qu'une ombre qui disparaitra au moment-même où lui reviendra… Un tremblement secoue mon être et me laisse avec le souffle court tandis que désespéré, j'entrelace mes doigts à ceux de Cya, ayant enfin, après un long moment silence, comme une absence que j'aurais eu pour pleurer sur les restes de ce que j'ai été, j'arrive enfin à avoir pour elle un murmure, quelques mots à peine soufflés et articulés, témoins eux d'un coeur qui est encore une plaie à vif, certes suturé avec tout l'amour d'une Ymbyne mais rouvert par les doutes de celui qui sans cesse s'interroge et questionne ce qui a été fait.

"Reste… Juste un peu."

J'ai peur. J'ai besoin que tu sois comme elle. Voilà ce que je devrais ajouter, mais lâche comme jamais, je me contente de presque broyer sa fine main entre mes doigts, comme le ferait un enfant en proie à un cauchemar. Le souffle court, le coeur au bord des lèvres, je peine à retenir ce qui glisse délicatement le long de ma joue une fois de plus, comme une preuve de ma faiblesse. À une autre époque, quelqu'un serait venu du bout des doigts effacer cette larme, mais aujourd'hui, il me faut accepter que j'ai quitté tout ça et que désormais, je dois affronter mes doutes seul. Cya ne peut être elle. Personne ne peut l'être. Je suis un autre Thaddeus ici, je ne suis plus le rescapé mais le gardien. Je ne suis pas celui qui a besoin qu'on lui tende la main mais celui qui doit être fort. J'ai évolué. J'ai grandis et j'ai appris à me souvenir. "Sigmund." Le murmure est de nouveau là, comme l'angoisse et la douleur qui avec plaisir, se rappellent à moi.

"Je… " C'est compliqué, voir trop dur à avouer. Je peine. Je bredouille, bafouille. J'étouffe. Je ne sais plus quoi dire, quoi retenir. Au point d'en avoir la nausée. La tête me tourne, mon coeur s'affole et je m'accroche à elle, tandis que de mon autre main, j'esquisse un geste pour venir caresser sa joue. Le bout de mes doigts manque d'effleurer sa peau de porcelaine, mais je m'interdis de le faire au dernier moment. Je recule, mais la retiens. Elle vient avec moi, alors que j'essaye de m'échapper. J'esquisse un pas en arrière mais ne le fait pas au final, préférant l'attirer à moi afin d'être capable de poser mon front contre le sien. J'ai un sourire, douloureux au possible mais pourtant présent alors que je soupire, presque agacé par mon comportement d'enfant. "Je suis désolé…" Je peine à faire sens, mais ce n'est pas grave. Le temps viendra où j'irais mieux. Ce soir n'est qu'un moment de faiblesse, un instant où je me rassure comme je le peux. "Tu lui ressembles tant… Tu as les mots qu'elle a eu pour moi à mon départ." J'ai un début de rire qui est rapidement tué par un autre aveux. "Il y a des jours, je m'en veux de ne voir que vos traits communs et non vos différences. Ce n'est pas juste envers toi… Tu ne mérites pas ça…" Je ferme les yeux et soupire. Je m'insupporte et me fatigue à être ainsi. J'aimerais être autre, être plus simple, moins dévoré par des démons que je m'invente. "Mais… J'avais juste besoin d'entendre tout ça… Juste une fois, histoire de chasser ce qui pouvait me faire encore douter de ce que je ne devrais pas remettre en question." Et incapable de la remercier autrement qu'ainsi, c'est délicatement que je viens la prendre dans mes bras, n'ayant qu'un simple "Je m'excuserais plus tard pour ça." , et un sourire pour me faire pardonner la légère étreinte que je lui offre en cet instant. Une embrassade chaste pour la remercier d'être là et d'avoir attrapé ma main en cet instant où je me sentais glisser.
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