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 [Défi] Fear the Freaks | Ft. Thaddeus

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MessageSujet: [Défi] Fear the Freaks | Ft. Thaddeus   Ven 18 Nov - 2:17


fear the freaks
Thaddeus & Octavia
“We can easily forgive a child who is afraid of the dark; the real tragedy of life is when men are afraid of the light.”

Son souffle formait un petit nuage qui s'élevait dans l'air glacial du matin. Ses membres tremblaient comme des feuilles malmenées par le vent. Ses lèvres avaient pris une teinte bleutée alors que ses joues rosissaient à mesure que les aiguilles de sa montre tiquaient. Sa chevelure de flamme contrastait furieusement avec la neige immaculée. Octavia se crispa avant de laisser un gémissement traverser ses lèvres. Elle ouvrit les yeux, les plissant sous le reflet aveuglant de la neige. Son cerveau analysa lentement sur quelle surface elle était. Aussitôt que la pensée fit son chemin, la rouquine se redressa, ses prunelles émeraude observant les alentours. De la neige. Un frisson courut le long de sa colonne faisant dresser les cheveux de sa nuque. Son sweatshirt, à l'origine gris pâle, était devenu humide et d'une teinte gris foncée. Son short était devenu tout aussi humide réduisant à néant toutes les chances de réchauffer la Syndrigasti.

Ses dents claquaient ensemble et pourtant, Octavia n'en fit pas davantage de cas. Ses mains tremblantes ouvraient fébrilement son sac pour vérifier que ses cahiers étaient toujours bien au sec. Un soupir de soulagement lui échappa en constatant que rien n'avait pris l'eau. Ses bras serrées autour d'elle frottant son corps dans une tentative de le réchauffer, elle se mit à avancer dans la ruelle en pierre. Tout lui semblait si familier qu'elle en avait la nausée... Son estomac se noua alors que la peur commençait à engourdir son corps. Comment s'était-elle trouvée ici? Elle n'était pas sensée être là... Elle ne se rappelait que de s'être endormie sur le sofa alors que le soleil brillait encore joyeusement dans le ciel. Elle jura entre ses dents avant de s'arrêter net. Elle plaqua son corps contre un mur alors que plusieurs couples passaient devant elle. Ses yeux ne pouvaient se détacher de l'accoutrement des dames et des messieurs. De lourdes robes, des cheveux coiffés méticuleusement et ces hauts-de-forme... Son souffle restait coincé dans sa gorge alors que son coeur battait sourdement dans ses oreilles. C'était impossible. Elle s'éloigna pour attraper le journal qu'un jeune homme vendait. Le murmure choqué de ce dernier ne fit même pas tiquer Octavia qui s'empressa de lire la date. 1873. Son regard horrifié glissa vers le bas et son visage perdit alors toutes ses couleurs. Ses mains enserrèrent le journal. Le temps sembla s'arrêter à ce moment précis alors que le mot Freakshow donnait l'envie de vomir à Octavia. Les souvenirs refluaient, lui donnaient le tournis et elle n'avait qu'une envie, c'était de crier. Son cerveau refusait de croire ce qu'elle voyait. Son pire cauchemar semblait prendre vie sous ses yeux.

Elle jeta le journal au jeune homme et se mit à courir. Elle tournait à gauche, à droite, peu importe. Tant qu'elle s'éloignait de ce cauchemar, tout allait bien. Elle faisait la sourde oreille aux murmures scandalisés des hommes et des dames face à son accoutrement. Sa course prit fin quand ses genoux flanchèrent sous elle et qu'elle tomba. Au même moment, la neige l'entourant s'évapora dans un clignement de yeux. Elle inspirait profondément, tentant de mettre de l'ordre dans ses idées. Ses mains se crispaient contre le sol alors qu'elle tentait de reprendre son souffle. Non seulement elle était en 1873, mais vu l'annonce du Freakshow dans le journal, elle n'était clairement plus dans une boucle. Elle serra la mâchoire et tenta de savoir comment elle avait pu se ramasser dans un tel pétrin.

Croyant entendre du bruit derrière elle, Octavia tourna la tête avant de laisser échapper un soupir de découragement. Elle pivota alors, se retrouvant cette fois-ci assise sur le derrière. Elle posa ses avant-bras sur ses genoux avant de faire une moue. Thaddeus se tenait devant elle, mais, contrairement à la rouquine, il était accoutré correctement pour l'époque. « Si ce n'est pas le grand Thaddeus en personne », grommela-t-elle à l'homme en haussant un sourcil. « Tu me suis maintenant? Je vais commencer à croire que je te plais », ne peut-elle s'empêcher de dire, le sarcasme dégoulinant dans sa voix. Un sourire arrogant étira le coin de ses lèvres alors que la rouquine se levait enfin. Son corps continuait toujours à trembler de froid, mais ses lèvres reprenaient tranquillement leur teinte rosée. Sa poitrine se soulevait encore de manière désordonnée suite à cette traque éphémère entre elle et ses cauchemars, car il était stupide de croire qu'on puisse réellement fuir ses propres souvenirs.
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Thaddeus Gentilis

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- Autour amnésique -
❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
❧ Miroir :
❧ Missives : 289
❧ Yeux de verre : 72
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: [Défi] Fear the Freaks | Ft. Thaddeus   Ven 18 Nov - 23:28

Fear the Freaks
Octavia & Thaddeus
And it’s all fun and games, 'Til somebody gets hurt, but you've already bought a ticket, and there’s no turning back now



Le jour est jeune, le fond de l'air frais et sous ma veste un peu trop légère, je frissonne face à cet hiver impitoyable et glacial. Perdu, désorienté et au beau milieu d'une ruelle inconnue, je tente de remettre de l'ordre dans mes pensées et surtout de comprendre où je me trouve. J'ai l'air relativement seul mais je suis étonné d'être aussi bien habillé. Avais-je prévu de sortir ? Peut-être. J'expire une volute de buée alors qu'au loin, j'entends les pas discrets des passants matinaux. Un gamin crie au loin. Je lève le nez vers le ciel et plisse les yeux, comprenant alors que je me trouve hors de ma boucle. C'est le moment opportun pour paniquer. Celui où je vais perdre mon calme et laisser libre court à mon angoisse. Mais non. Je serre les dents, comprenant que le temps m'est peut-être compté. Si hors de ma boucle je suis et trop dans le temps je suis avancé, je n'ai peut-être quoi… Qu'une heure avant de ne redevenir poussière. Peut-être même moins, n'étant pas sûr du temps que j'ai mis à arriver là. À l'abri des regards et des passants, coincé dans une ruelle peu fréquentée, je fouille ma mémoire, tentant de remonter le temps et d'inverser sa course. J'étais dans le salon du Manoir, à lire je crois…  Il faisait chaud malgré le froid qui régnait dehors… Je parcourais mes notes avant que ne mes paupières ne se fassent lourdes. Puis j'ai sombré. Aussi simplement que le ferait un enfant après une longue journée à s'amuser dans la neige.

Et voilà qu'à mon réveil je me retrouve ici, ayant la désagréable impression que le destin se joue de moi. Mes vêtements sont humides et alors que je quitte ma cachette, j'angoisse à l'idée d'avoir pu à nouveau oublier quelque chose. Les passants ne m'accordent pas un regard et je me rassure me disant, au vu de leurs vêtements, que je ne suis pas trop éloigné de mon époque. Le gamin au loin brandit un journal et je m'approche, découvrant alors la date fatidique. 22 décembre 1873. Je retiens mon souffle, je suis hors de la boucle mais pas en danger de mort. Je peux écarter cette peur la et me concentrer sur celle qui me fait tout de même dire que je suis vulnérable au milieu des humains. Car si ils sont fascinants à observer de loin, je ne peux ignorer le gros titre qui orne la une de Glasgow. Le Freakshow est en ville, et il a de monstrueuses merveilles à présenter. Un frisson de dégoût glisse le long de mon échine tandis que l'enfant à la moue boudeuse me regarde d'une façon qui me fait comprendre qu'il aimerait que je me décide soit à acheter l'édition du matin soit à passer mon chemin. Je croise à peine son regard avant de m'éloigner, déambulant dans les rues et au milieu des rares passants chaudement vêtus. Mes pas sont étouffés par la neige épaisse et au fil de ceux-ci, je sens une certaine angoisse étreindre ma gorge. À vol d'oiseau, Edimbourg ne doit pas être bien loin, mais si un Freakshow s'est installé dans le coin, je ferais mieux de quitter la ville en train. Presque paranoïaque, je pose mon regard sur tout les passants que je croise, ne m'attirant bien souvent, qu'une profonde indifférence. Tant mieux, j'ai l'air d'une ombre parmi les humains, un quidam de plus qui ne risque pas d'attirer l'attention… Contrairement à celle qui au loin attire le regard des curieux. Je fronce les sourcils et m'approche, trahis malheureusement par l'épais manteau blanc qui craque sous mes pas. Je tique légèrement face à cet accoutrement et c'est uniquement quand deux prunelles croisent les miennes que je comprends. Octavia. Qui assise par terre m'offre la moue digne de l'enfant mal élevée qu'elle est parfois à mes yeux. Sa remarque me fait hausser un sourcil avant de m'arracher une réflexion un peu sèche là où son sourire m'agace.

"Lui-même. Mais pour ce qui est de me plaire, je laisse ça à tes fantasmes nocturnes. Et puis…" Un sourire faux à souhait étire mes lèvres, dévoilant au passage ma dentition. "Avec des guenilles pareilles, aucune chance que tu ne retiennes mon attention."

Je la toise presque, relevant le menton face à elle qui tremble et semble essoufflée. Les passants nous observent au loin, murmurant que c'est indécent. Je fronce les sourcils, pas bien heureux que nous attirions ainsi l'attention.

"Toujours aussi prompte à te faire remarquer, n'est-ce pas ?"

Sa tenue me laisse perplexe. Elle découvre tout et affiche son corps bien trop ouvertement à mon goût, mais en même temps, je suis curieux de connaître l'origine de cette nouvelle mode. Est-ce dû à un réchauffement drastique du climat ou à une économie qui ne permet pas aux classes moyennes de se payer une tenue correcte ? Ou est-ce les moeurs qui ont bien changés ? Le temps d'un instant je reste silencieux avant de me ressaisir, retirant ma veste que je lui tends ensuite, me retrouvant de ce fait en bras de chemise et en veston.

"Couvres-toi. Attirer l'attention n'est pas une bonne chose, il ne manquerait plus qu'on te traque comme une hérétique. Et ensuite, tu me diras ce que tu fais là, loin de ta boucle et de la mienne."

Un frisson secoue mes épaules. Nous devons nous mettre en route ou trouver un endroit pour nous cacher du regard des badauds qui déjà s'agglutinent et font courir la rumeur de l'impudente qui dérange la tranquillité de cette ville.
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MessageSujet: Re: [Défi] Fear the Freaks | Ft. Thaddeus   Sam 19 Nov - 20:17


fear the freaks
Thaddeus & Octavia
“We can easily forgive a child who is afraid of the dark; the real tragedy of life is when men are afraid of the light.”

Le froid piquait sa peau comme des millions de petites aiguilles alors que le vent ne faisait que rendre ses vêtements plus glacial qu'ils ne l'étaient auparavant. Ses mains frigorifiées frictionnaient son corps dans l'espoir vain que cela puisse le réchauffer. Elle aurait aimé, pour une rare fois, porter l'une de ces lourdes robes encombrantes. Cela la tiendrait davantage au chaud que son habit estivale qui jurait furieusement avec la mode de l'époque.

À genoux, au sol, Octavia n'avait qu'une envie et c'était de céder à la panique. Ses mains se crispaient contre la pierre froide de la ruelle et son regard était trouble. Voir qu'il y avait un Freakshow en ville la mettait dans tous ses états. Les souvenirs dansaient derrière ces prunelles apeurées alors que la bile lui montait à la bouche. Ces spectacles où l'humain prenait plaisirs à voir des êtres enfermés, des êtres différents... Par tic, elle se mit à gratter une vieille cicatrice qu'arborait sa cuisse comme si cela pouvait l'aider à reprendre contact avec la réalité. Avec Thaddeus qui faisait son entrée, Octavia n'avait pu retenir sa remarque et son sourire arrogant. Cela l'aidait à distraire son esprit de l'horreur de son passé, de cette peur viscérale qui lui donnait le tournis. La réaction de Thaddeus ne se fit pas attendre arrachant alors un ricanement à la rouquine qui secoua la tête. Elle repoussa une mèche de sa chevelure flamboyante derrière son oreille avant de se redresser. « Toujours aussi prompte à te faire remarquer, n'est-ce pas ? » Rajouta finalement le métamorphe en remarquant les habitants choqués. Octavia haussa les sourcils avant de regarder autour d'elle. Son sourire se fit plus timide alors que ses joues prirent quelques teintes rosées. Maintenant qu'elle y portait vraiment attention, tous ces regards la mettaient mal à l'aise et elle se retint de remercier l'homme quand celui-ci lui tendit son veston. Octavia l'enfila en soupirant d'aise. Cela réchauffait son corps glacé. « Couvres-toi. Attirer l'attention n'est pas une bonne chose, il ne manquerait plus qu'on te traque comme une hérétique. Et ensuite, tu me diras ce que tu fais là, loin de ta boucle et de la mienne » Commenta Thaddeus. Octavia haussa un sourcil, mais alors qu'elle venait pour riposter, son regard s'accrocha sur un regard. Un jeune homme fixait le duo encore plus intensément que les autres. Octavia figea avant d'attraper par la manche le fils d'Ymbryne. « Ce n'est pas les humains dont tu devraient te préoccuper, mais les Syndrigastis. Ce sont eux qui vont me prendre en traque et toi aussi par la même occasion. » Lâcha Octavia lâchant alors Thaddeus pour se concentrer sur les ruelles entre les maisons. Elle s'arrêta finalement en voyant une robe qui pendouillait sur une corde à linge. Un sourire victorieux éclaira son visage alors qu'elle se précipitait pour la prendre. Elle fit signe de la main à Thaddeus pour qu'il se retourne. En deux temps, trois mouvements, la rouquine s'était changée, mais se débattait contre les lacets à attacher. Cependant, elle avait gardé précieusement son sac à dos qu'elle serrait désormais contre sa poitrine. Ses cahiers étaient ce qu'elle avait de plus précieux même si ses dessins en dérangeraient plus d'un sachant que ce qu'Octavia dessinait, c'était ses souvenirs et principalement ceux du Freakshow. Dessiner ces horribles souvenirs les rendaient plus vivables.

Sans vérifier par la suite que Thaddeus la suivait, elle se remit en route en jurant à mi-voix contre la robe. Cet accoutrement était bien une des raisons pourquoi elle avait changé de boucle. C'était si... Encombrant. « Moi qui croyais que tu étais un peu plus... Connaisseur en matière de Freakshow vu la façon dont tu te méfies de moi, je m'attendais à ce que tu saches que ces monstres avaient avec eux des Syndrigastis capable de détecter leurs semblables ce qui, dans le cas présent, permet de nous trouver. Ces traîtres sont bien la raison pourquoi les Freakshows sont aussi garnis », lâcha Octavia qui jeta un oeil à sa montre. Le temps s'écoulait rapidement et bientôt, la rouquine ne serait que tas de poussière si elle ne rentrait pas dans une boucle. Son regard glissait sur les murs où diverses affiches de Freakshow y étaient collées. Un goût amer lui envahit la bouche alors qu'elle arracha l'une des affiches avec dégoût.

« Quelques minutes plus tôt, tu m'as demandé qu'est-ce que je faisais hors de ma boucle... » Commença-t-elle pensive. « Tu te doutes, j'espère, que si je suis en-dehors des boucles, tu l'es également alors pourquoi le merveilleux protecteur de la boucle de 1873 souhaiterait pointer son petit bec en-dehors de sa si précieuse petite boucle temporelle? » Continua Octavia, son sourire arrogant refusant de quitter ses lèvres. L'arrogance lui permettait de mieux gérer sa peur qui ne faisait que grandir. L'heure continuait de tourner et menaçait de ne faire qu'une bouchée d'elle alors que d'autres part, le Freakshow et son lot de souvenirs terrifiants menaçait de l'engloutir. Et puis, la jeune femme à la chevelure de feu refusait d'admettre qu'elle s'était retrouvée dans un tel pétrin pour une raison qui lui était encore inconnue... Peut-être qu'elle avait été somnambule et qu'elle était sortie bien inconsciemment? Ou quelqu'un tentait de lui jouer un tour de très mauvais goût? Dévier la question ainsi vers Thaddeus lui donnait le temps de trouver une raison à cette petite sortie imprévue.
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Thaddeus Gentilis

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❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
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MessageSujet: Re: [Défi] Fear the Freaks | Ft. Thaddeus   Lun 21 Nov - 16:07

Fear the Freaks
Octavia & Thaddeus
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Nos regards se croisent et mal à l'aise, je sens glisser sur mon échine un frisson qui n'est pas dû à la caresse glaciale de l'hiver, mais plus à l'inconfort qui enserre mon être quand je me trouve avec elle. Je serre légèrement les dents en comprenant qu'en plus de ne pas se couvrir de ma veste, elle laisse un silence désagréable s'installer. Dans mon dos je ne peux qu'imaginer les rares passants qui doivent éventuellement s'amasser dans notre dos pour se délecter du spectacle que nous devons leur donner à voir. Agacé, je m'apprête à entrouvrir les lèvres, mais en saisissant ma manche entre les bout de ses doigts, elle me coupe dans mon élan, préférant à la place me rappeler qu'ici nous sommes les proies de Syndrigastis qui prennent la traque de particuliers comme nous pour un hobby plus que distrayant. Je fais claquer ma langue contre mes dents une fois libre et tandis qu'elle cherche du regard quelque chose pour se couvrir, je remets ma veste avec un soupir.

Je pourrais m'agacer de sa réflexion ou d'un trait d'humour lui rappeler ô combien elle est le rayon de soleil qui manque à ma vie, mais pour une fois, je peine à lui donner tort. Les humains sont certes un problème… Mais elle en soulève effectivement un qui est plus grave. Un qui pourrait nous faire terminer au fond d'une cage avec aux pieds de belles chaînes. Et comme dit le proverbe, il n'y pas que les oiseaux qui supportent mal la vie en captivité. Soucieux, je fronce les sourcils avant de passer une main sur mon visage, avant de percevoir son signe. Je mets quelques secondes à le comprendre avant de grogner.

"Tu ne peux pas être sérieuse…"

Mais elle l'est. Mortellement même. J'ai à peine le temps de surprendre un début d'épaule dénudée avant de me retourner, les joues légèrement rouges.

"Aucune manières." est bien tout ce que je soupire, alors que les bras croisées sur ma poitrine, j'observe la rue, tout en tentant d'oublier la jeune femme qui se change sans la moindre honte derrière-moi. C'est effrayant ce que le futur a fait d'elle, et j'avoue que ça me dissuade un peu plus de visiter cette époque qui pourtant semble prometteuse… Mon souffle forme quelques volutes et c'est uniquement quand j'entends des pas sur le pavé, que je comprends qu'elle tente de filer sans moi. En quelques foulées je la rejoins, esquissant un vague sourire en l'entendant jurer à moitié contre cette robe, qui pourrait pourtant être ravissante sur une autre. Patiemment je l'écoute et un soupir plus perceptible m'échappe quand elle s'autorise à me faire une fois de plus la leçon.

"Je pense que j'avais compris la première fois, Octavia. Mais je t'en prie, continue de te répéter, peut-être qu'à force, ils vont nous entendre et ainsi cesser leur traque pour tout simplement nous tomber dessus."

Je tente d'ajouter à tout ça un sourire alors que nous déambulons à pas rapides, comme poussés par l'envie de quitter cet endroit au plus vite et de retrouves nos boucles respectives. Comme si nous venions d'entamer longue course contre la monte et étrangement, je ne suis pas celui qui est le plus angoissé. Et même si j'ai cette peur au ventre, celle de connaître une cage pour la première fois de mon existence, c'est elle qui semble le plus affectée. Confuse et comme perdue dans ses pensées, je vois son visage être assombris par une colère rentrée et un dégoût que je comprends parfaitement. D'un mur elle arrache une affiche et de quelques pas en rentrait, je l'observe, de moins en moins sûr du cocktail d'émotions qui agite son être à cet instant. Car si elle avait été une amie, oui peut-être me serais-je avancé pour poser sur son épaule ma main, dans un geste réconfortant… Mais là ? Là elle m'effraye, comme l'homme l'est face à un océan qui gronde, et dont les abysses regorgent de monstres que je n'ai pas envie de rencontrer. Incertain, craintif et désireux de ne pas m'attirer les foudres de celle que je considère comme dangereuse. Une question glisse d'entre ses lèvres et non sans ignorer le sourire arrogant qu'elle arbore, je reste indifférent face au frisson qui glisse sur la peau et me contente de lever les yeux au ciel.

"Au moins, je suis à mon époque, contrairement à toi. Ma question semblait légitime, tandis que la tienne ressemble à une esquive, mais soit, si tu veux qu'on continue à jouer à ce petit jeu… " J'ai un léger haussement d'épaules. "Je suis hors de ma boucle et je ne sais ni comment, ni pourquoi. C'est comme si j'avais eu un blanc et que je ne reprenais conscience que maintenant…  Alors naïvement, je pensais que tu pourrais me dire ce que nous faisons ici…"

Des pas résonnent au loin, pris d'une certaine paranoïa qu'elle a insufflé dans mon coeur, je lui fais signe de me suivre, reprenant notre tentative de s'éloigner le plus possible du Freakshow. J'ai l'impression qu'on nous file et que dans nos pas, il y a ceux dont elle me parle tant. Ceux que certains évoquent avec crainte, quand ils parlent de cette période où certains étaient des monstres de foire, des prisonniers que l'on exposait pour récupérer quelques pièces. L'idée même me fait frissonner alors que je presse le pas, craignant  sans cesse cette possibilité de terminer enfermé.

"Pourraient-ils déjà nous avoir repéré ? Ou avons-nous encore une chance de rejoindre une boucle ? Car si je peux fuir aisément… Je ne pourrais te laisser derrière-moi…  Il faut qu'on trouve un moyen de quitter cette ville, avant qu'ils n'arrivent…"

Mais j'ai déjà peur qu'ils soient là, juste sur nos talons, à n'attendre que l'instant propice pour nous tomber dessus. Entend-elle, les pas de ceux qui viennent peut-être nous chercher ? Les cavaliers de notre apocalypse et de son passé ? Ceux qui rampent dans les ombres et ont cette envie de nous attraper.
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