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 (Andreas) ▿ Forever Wild

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Thaddeus Gentilis

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- Autour amnésique -
❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
❧ Miroir :
❧ Missives : 284
❧ Yeux de verre : 71
❧ Crédits : CK


MessageSujet: (Andreas) ▿ Forever Wild   Mer 23 Nov - 21:14

Forever Wild
Andreas & Thaddeus
When you and I were forever wild. The crazy days, city lights, the way you'd play with me like a child



Un battement d'aile, puis de coeur. La poussière sur mon passage s'agite et entame une- discrète danse avant de reprendre sa chute inexorable. Une enfant rit, m'appelle mais jamais je ne ralentis. Cours encore. Plus vite. Plus fort. Fais un effort. Tu pourrais avoir entre tes doigts fins mes plumes. Tu pourrais me faire tien. Rire et te vanter d'avoir attrapé l'autour qui d'habitude se fait insaisissable. Cours. Ris. Joue. Reste enfant et jamais ne cesse. Tu me tiens. Il suffit de tendre les doigts. Mais je suis cruel, n'est-ce pas ? Je ne cesse de filer, de battre des ailes et de m'éloigner de toi. Pourtant tu ne cesses. C'est bien. Joue. Amuses-toi et jamais n'arrête. Si pour l'instant, je suis comme le vent dans les feuilles, celui qui soulève la poussière et la neige, tu finiras par m'attraper. Il suffit de s'acharner. D'espérer. Et je viendrais. Je serais là. Pour venir me poser entre tes doigts et me blottir contre ton coeur. Tu verras, tu auras ce que tu veux. Ce plaisir d'avoir gagné notre petit jeu et celui de sentir sur tes paumes mon doux plumage. Tu auras tout ça. Je le promets. Mais avant, il te faut poursuivre ta course. Suivre les battements de mes ailes, écouter le froissement de mes plumes. Il suffit d'y croire, de vouloir. C'est simple. C'est notre jeu. Tu le connais. Alors tu sais que je vais continuer de fuir, de voleter loin de tes doigts. Je vais m'enfuir et rester l'être que tu dois observer de loin. Tu me connais. Le rapace est pareil à une volute de fumée. Il est beau mais inatteignable. Mon coeur pulse, déversant dans mes veines mon sang brûlant, teinté d'une certaine adrénaline qui fait se dilater mes pupilles. Je ne pense plus à rien. Je ne m'inquiète plus de rien. Je suis vivant. Je suis rapide. Je suis intrépide. Je n'ai peur de rien. Je ne m'inquiète de rien. Tout ce qui compte. C'est de fuir. D'avancer. De faire rire. De jouer. De lui faire oublier le danger. Le reste reviendra plus tard. Mais là, rien n'a d'importance. Tout se disperse face aux battements de mes ailes. L'enfant insiste. Je l'entends au loin. Ses lèvres forment mon prénom. "Thaddeus." Je ne ralentis pas. Je continue. J'ai envie qu'il soit intrépide. Qu'il n'ait peur de rien, et surtout pas du rapace qu'il cherche à attraper. Je bifurque au détour d'un couloir pour m'engouffrer dans la première porte grande ouverte que je trouve.

Je bats furieusement des ailes quand je comprends où je me trouve. Un piaillement m'échappe peut-être alors que je commence à paniquer, à m'élever vers le plafond pour ensuite taquiner du bout de mes ailes la tranche des livres sagement organisés dans la bibliothèque. De mes serres j'effleure les rideaux tandis que je tente de ralentir, voulant éviter l'instant fatal où je pourrais éventuellement entrer en collision avec le bon millier d'objets qui composent cette pièce. J'entrevois la silhouette de ce cher docteur, mais évite de poser mes prunelles sur lui, de peur de lire dans son regard, la colère de me voir ainsi entrer dans son antre. Car c'est ce que je suis en cet instant, n'est-ce pas ? Le rapace qui n'a rien à faire ici, l'intrus qui dérange, l'animal qu'il n'a pas envie de voir. Coeur et ailes battent en rythme. Il est temps pour moi de me poser et de mettre fin à ce jeu. Simon me court après depuis bien longtemps. Et avec l'enfant à mes côtés… L'homme grincheux ne pourra m'en vouloir longtemps. Il comprendra que tout ceci n'était qu'un jeu. Il acceptera le dérangement, et les feuilles que je peux soulever au fil de ma course. Vers le bureau, je descends, serres en avant. Je tente de ralentir ma chute, mais j'ai été impatient. Je n'ai pas considéré ma vitesse, le fait que le bureau était encombré et que lui, voulait sûrement m'attraper pour me jeter dehors. Tant de paramètres que je n'ai pas pris en compte et qui se rappelleront à mon bon souvenir quand je heurterais le bois trop brusquement. Mais c'est trop tard. Le temps ne suspend pas son envol pour moi et ne me donne pas une chance de me rattraper. Mes pattes trouvent durement le bureau et difficilement, j'encaisse le choc. Je peine à trouver un équilibre convenable alors que dans le bois, mes serres tentent de s'enfoncer, pour au final ne faire que crisser et rayer celui-ci qui jusque là était soigneusement vernis. Tout va si vite, tout est si fugace. Mon coeur minuscule s'emballe et c'est trop tard. Je bascule, j'emporte dans ma chute ce qui pouvait traîner sur son bureau, basculant alors dans une cascade de feuilles, d'encre, de plume et d'une plante que j'entraîne avec moi. Un peu de terre se répand sur le bout de mon bec que j'ouvre en grand sans pour autant être capable d'émettre le moindre son. Puis c'est l'impact. Inévitable et impitoyable. La gravité se rappelle à moi alors que tout s'écrase au sol. Les feuilles se répandent et m'accueillent tandis qu'autour de moi se fracture le pot. Le bruit m'assourdit presque alors qu'un cri m'échappe. J'ai l'impression d'être à nouveau dans la boue, à tenter de comprendre ce qui m'arrive. Mais cette fois, je n'attends pas qu'on tente de me soulever. Je me remets sur mes pattes comme je le peux, m'ébrouant rapidement avant de sentir la douleur qui enfin se rappelle à moi. Je piaille en tentant de refermer mon aile droite, en vain. La douleur la paralyse. Je me maudis. Puis je tente à nouveau, poussant une autre plainte. J'ai été imprudent, idiot même et maintenant, j'en paye le prix. J'entends du bruit autour de moi, et pas encore franchement remis de ma chute, je me fais presque menaçant. Regarde-moi, à gonfler mes plumes, à relever bec pour te montrer son tranchant, à enfoncer mes serres dans le chaos que j'ai crée au sol. Regarde l'autour tenter de retrouver son image de rapace impitoyable.
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MessageSujet: Re: (Andreas) ▿ Forever Wild   Mar 29 Nov - 12:16

Forever Wild
Andreas & Thaddeus
Nothing here to see just a kid like me, trying to cuss and see, trying to figure it out.

Mélancolie insidieuse déjà prend place, creuse et creuse encore au travers des chairs autant que des corps, s'installe à jamais, restant pour mieux hanter. Tristesse infinie qui charge les cœurs jusqu'à les asphyxier, étouffement sentimentale qui se teint de quelques moralités délaissées. Il n'est, dès lors, plus de pensées pour ce restant de monde qui pourrait, encore, s'accrocher à la dépouille de cette âme en peine. Sacrifice inutile d'une vie pour une autre, et déjà s'envole les dernières rêveries tandis que l'autre flotte dans les eaux noires. Marasme obscur  qui prend forme et attire les corps, sans que les chants des sirènes ne se déploient, dans les tréfonds du désespoir. Il n'est de noirceur plus terrible que celle des cœurs, il n'est d'obscurité dont il est plus difficile de se désemparer que de celle pour laquelle il se pâmait. Pauvre cœur esseulé, il se mourrait sans pouvoir succomber, et rageait de ces instances auxquelles il se vouait. Il n'avait pas eu le courage de partir, n'avait pas même eu la franchise de mourir, il se contentait d'attendre indéfiniment que le temps passe et s’ébroue à sa porte.  Attente las et sans but qui jamais ne se voyait récompenser. Instances interminables qui le mettait face aux aiguilles mobiles d'une horloge à rebours qui lui renvoyait, sans cesse, les erreurs de son passé. Toujours, la terre de sa tombe serait fraîchement retournée. A jamais, son corps y reposerait. Inlassablement, la neige y tomberait. Qu'importe le nombre de bouquets qu'il y porterait tous seraient voués à disparaître dans les aléas d'un temps qu'il ne pouvait contrôler.

Ce jour là, à la différence de tant d'autres, il discuta longuement de l'idée de s'en aller sur la tombe de sa tendre aimée. Ce jour là, indifféremment de tant d'autres, il se montra particulièrement indécis. Il était et serait toujours de ces hommes qui savent se montrer tranchants et vindicatifs à l'encontre de bien des choses mais qui, malheureusement, ne savent prendre les décisions qui sauraient les rendre plus heureux. Il se morfondait ainsi depuis plus d'un siècle sur la mort d'une femme, d'une épouse, d'une amante, de la mère des enfants qu'il n'avait jamais eu et pensait ne jamais avoir, sans pouvoir passer à autre chose. Et si, à l'ouverture de la boucle, d'autant pleuraient avec lui cette fulgurante disparition, nombre d'entre eux trouvaient, désormais, tout cela particulièrement pitoyable. L'homme, qui plus est, n'était pas de ces gens qui se montraient adorable dans leur tristesse, bien au contraire il se trouvait être aigri et particulièrement désagréable envers quiconque osant s'introduire dans son lugubre univers.  Seulement, ce jour là, et pour la première fois, il se décide à ne pas aller sur la tombe de sa belle et tendre à jamais figer. C'est un changement drastique sans pour autant être une illumination au creux du creux de sa vie. C'est juste un instant de lassitude un peu morne auquel il se sent attaché, mais duquel il finit par se détacher. Fatigué de cette existence, il se laisse choir sur son fauteuil, l'entend couiner sous l'indélicatesse de sa chute, et se morfond dans le clair obscure de la fenêtre qui l'encadre. La neige tombe. Elle tombe encore. Ne cesse jamais de tomber et plonge tout un chacun dans la monotonie d'un hiver sans fin. Il enfouit ses mains dans ses cheveux, tire dessus jusqu'à s'en faire mal. Il a besoin de cette douleur pour continuer à exister, il a besoin de ce désordre dans ces idées pour continuer à subsister.

Les portes claquent, les pas résonnent, font trembler toute la battisse au point d'en faire tressauter la poignet de sa porte qui bientôt s'ouvre. Un grincement long, fluet, le fait sortir de sa léthargie solitaire pour mieux le faire rager de se sentir ainsi déranger. Lentement, il déploie ses jambes musculeuses pour mieux se relever, il traverse la pièce de quelques longues enjambées pour mieux refermer cette porte, celle-la même qui le protège de l'intrusion de ces autres qu'il ne veut pas voir. La main sur la poignée est leste mais pas assez vive pour empêcher l'invasion d'un oiseau dont il méconnaît la forme mais ne doute de l'identité particulière. Il souffle autant qu'il peut soupirer de ce voir ainsi déranger, et bientôt enrage de voir l'animal se mettre à tout dévaster dans une folie dû au fait qu'il soit désorienter. Tout se met à tomber sous les brassées d'air qu'il soulève, tout se met à sombrer à chaque fois que ses serres viennent à rencontrer un quelconque objet. L'oiseau, aussi beau qu'il peut l'être, est inélégant sur la terre ferme, et déjà glisse sur les dossiers, les papiers et autres plumiers qu'il renverse sur son passage jusqu'à l'instant fatidique où il bascule sous les yeux furieux du l’irascible occupant des lieux. Quelques plumes, longues et soyeuses, se sont échapper du plumage de la créature qui déjà piaille sur le sol. Amas ébouriffé d'une plumage naguère magnifique, il n'est plus rien qu'un tas de plumes chiffonnées qui ne saurait émouvoir l'homme qui déjà fait claquer sa porte pour mieux s'en approcher.

Les bras croisé sur son abdomen, signe ostensible de cette contrition qui lui enserre l'estomac, il sent son cœur s'emballer à mesure qu'il ravale les mots qui se cognent contre ses lèvres. Le regard se détourne tandis que le rapace sautille sur ses pattes en déployant une aile démise, rien de bien grave mais juste assez pour que la créature ne puisse plus reprendre forme humaine au cœur de ce chaos auquel elle aura elle-même donné forme. La langue coincé entre les dents comme pour cacher ce souffle court qui actionne ses poumons et rend assourdissant les battement de son cœur, il se donne une contenance veine face à un animal qui se vent menaçant. « Foutre dieu ! » finit-il par lâcher tandis que sa retenue se perce de part en part, laissant s'écouler les amas brûlant d'une fureur sans nom. Il n'accorde plus tant d'importance à l'animal, se parle à lui-même, alors qu'il se met à ramasser chaque chose que l'oiseau à fait tomber, briser, ou lacérer. « Pourquoi faut-il que cela m'arrive à moi ? Me faut-il être ainsi maudit pour devoir supporter les imbécillité d'une monde aussi perturber ? », il n'a d'autres réponses que le roucoulement de cette horloge accrochée au mur, rien de plus que le ronronnement inlassable des mécanismes qui jamais n'ont besoin d'être remontés. Bientôt il dépose le tas de dossier et de papier qui se seront éparpillés sur son bureau. La pile est lourde, le bruit qu'elle fait en y retombant est sourd. Il reste alors, là, un instant, une éternité peut être, et se demande pourquoi il n'a pas fait le choix de son interminable quotidien. Pourquoi, en ce jour, il ne s'est pas décidé à lui rendre visite comme il l'aura fait chaque jours depuis tant d'années. Il prend le poids d'une nouvelle culpabilité sur ses épaules, et souffre de cette chape de plomb qui le fait ployer de nouveau. Il mord sa lèvre, lève ses yeux clairs au ciel, cherche une réponse qu'il n'entendra jamais. Dieu est une hérésie à laquelle il a cessé de croire, pourtant il se raccroche à cette présence à laquelle il peut parler et imputer tous ses griefs pour ne pas s'y noyer.

Bientôt, son regard froid et implacable se tourne vers l'autour, il n'a rien d'amicale, rien d'attirant, pourtant c'est bien vers lui qu'il s'avance, il sait bien qu'il se risque à quelques coups de becs, à quelques coups d'ongleries, mais déjà tend la main vers l'animal pour le défaire de sa douleur. C'est une sensation terrible que celle d'absorber les douleurs des autres. C'est une douleur aiguë qui le traverse, qui fait fondre ses chairs et met en ébullition chacune des cellules de son corps sans pour autant qu'il en ressorte blesser. C'est sa psyché qui bascule dans les instances de la souffrance, qui électrise tout son être pour qu'il se raccroche mieux à un souffle de vie. Il s’étourdit, vacille et tombe dans l'inconscience. Effets indélicats que lui procure la douleur, comme une réminiscence punitive que lui fait ressentir le non-usage de sa particularité. Voila bien trop longtemps qu'il n'en avait fait les frais.

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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: (Andreas) ▿ Forever Wild   Jeu 1 Déc - 11:49

Forever Wild
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Mes serres s'enfoncent dans le parquet alors que le bec levé vers le ciel, je piaille pour l'homme grincheux qui commence à râler, à perdre son calme au même titre que son souffle, disant visiblement que le monde est bien injuste avec lui et que mon atterrissage catastrophique n'était pas quelque chose qu'il voulait voir en ce jour qui pourtant sera le même demain. Mon aile gauche se soulève légèrement quand il s'approche alors que je me fais menaçant, prêt à planter dans sa chair, mon bec, si d'aventure il lui prenait l'envie de vouloir me saisir. Je gonfle mes plumes et recule comme je le peux, bien incapable de voler au loin, dû à cette aile froissée qui refuse de bouger sans m'arracher un cri douloureux. Je volette, chancelle, titube un peu plus loin, le laissant ramasser le chaos que j'ai crée et construit dans ma chute, m'occupant à la place de lisser mes plumes. Du coin de l'oeil je l'observe, réalisant au fil des feuilles et des encriers qu'il ramasse, que je suis coincé ici, avec lui et sa mauvaise humeur. Mon coeur si frêle cogne contre mes os, et secoue mon plumage tandis que furieux, il tente de trouver la paix dans un relatif ordre. Je reste silencieux, passant par instant mon bec dans mes plumes malmenées par cette chute bien trop rude. Lui peste, s'agace, s'énerve, enrage pour du matériel qui encombre son sol alors que presque inquiet du sort qu'il me réserve, je tente de m'échapper, laissant mes prunelles de prédateurs acculées se poser tantôt sur la porte qu'il a claqué que sur les fenêtres désespérément closes pour protéger le bien grincheux docteur du froid impitoyable de cette éternelle journée d'hiver. Un frisson se glisse sous ma chair et hérisse mes plumes, alors que cette affreuse impression d'être son prisonnier distille dans mes veines le poison qu'est ce sentiment d'être devenu la proie d'un homme furieux. Au loin, j'espère entendre les pas de l'enfant qui me cherche mais à part le bruit des feuilles que l'on organise et qui deviennent un tas sur un bureau en bois, je ne perçois rien. Ni la course haletante d'un gamin, ni son souffle court et encore moins ses phalanges qui pourraient toquer à la porte et sa voix timide qui pourrait s'élever et demander timidement si Thaddeus est là et qu'il est désolé de déranger ainsi... Mais rien. Pas d'enfant, pas de porte entrouverte et une aile qui refuse de se plier correctement. Les papiers s'entassent, forment une belle pile qui retrouve le bureau et enfin, il daigne poser sur moi son regard plein d'une colère froide qui me fait un peu plus enfoncer dans le plancher mes serres, qui déjà malmenaient celui-ci, laissant d'autres marques de mon intrusion... Des balafres dont le bois se souviendra et lui rappellera à chaque regard que j'ai été là. J'ouvre le bec et laisse échapper un avertissement, un léger piaillement qui se veut menaçant alors qu'il s'approche. J'essaye de me faire grand et imposant. J'ouvre en grand mes ailes, lève déjà une patte, prêt à enfoncer mes serres dans sa chair. J'aimerais être capable de m'envoler, de fuir cet homme dont la colère réveille mes instincts de rapace. J'ai peur qu'il me blesse, dans sa fureur, qu'il profite de ma faiblesse pour se venger des dégâts matériel que j'ai causé. Sa main s'approche, vengeresse, presque comme celle du Dieu que tout les mortels craignent. J'ouvre le bec et tente d'en planter le bout dans le dos de sa main, à défaut d'être capable de m'arracher de ce sol et de cette gravité que l'on ne peut tromper avec une aile froissée. Un dernier son m'échappe, pareil à un cri, alors que ses doigts se referment sur mon être et caressent mon plumage. Le temps d'une seconde je m'immobilise et crains l'instant douloureux où il se vengera. Mon cœur s'affole, semble au bord d'une explosion qui me serait fatale, mais rien ne vient. Pas de cris, pas de douleur, pas de sang, pas de fureur. Au contraire. La douleur vive qui se diffusait dans mes veines s'étiole, ne devient qu'un souvenir d'un instant où mon corps semblait hurler. Elle file, glisse loin de mes nerfs, remonte le long de mon système sanguin pour finalement ne plus être mienne. Surpris, je pose sur lui mes prunelles d'autour, cherchant à comprendre ce qu'il a bien pu me faire, alors que lui chancèle, jusqu'à s'écraser à son tour sur le sol, en un bruit sourd qui m'inquiète. Un silence retombe et encore secoué de ce qui vient de se passer, je tente de remettre de l'ordre dans mon esprit troublé.

Il y a eu la chute, l'instant de douleur, ses mains, et son propre déclin.

Je remue mes deux ailes et un léger craquement se fait entendre sur mon articulation droite. Un léger pincement se fait sentir et je comprends simplement que celle-ci se remet à sa place. Lui ne se relève pas et enfin je me souviens. Il est celui qui est maudit, celui qui d'un contact absorbe la douleur des autres et la fait sienne. Il est le martyre et moi l'autour téméraire qui est venu bousculer sa retraite et sa solitude pour apporter dans son existence le chaos et la souffrance. Je vole jusqu'à lui, me pose sur son coeur et me penche vers lui, posant le bout de mon bec sur son menton. Je sens sous mes pattes son coeur qui bat, et rassuré, j'enfonce dans le tissu mes serres, me raccrochant à ce faible soulagement de le savoir simplement inconscient et non pire. Vers son visage je m'approche et soucieux de ne pas le blesser, c'est une mèche de cheveux bouclée que je viens saisir entre mon bec et sur laquelle je tire, avec l'espoir vain d'ainsi le faire revenir à moi. J'effleure du bout de mes plumes ses pommettes, ses joues et peut-être par mégarde ses lèvres, mais jamais il n'ouvre les paupières. Je piaille, m'inquiète et désespère. J'observe la pièce, et trouve au loin ce qui semble être une carafe d'alcool ambrée, dont le breuvage fort peu agréable sur la langue doit servir de remontant à ses patients les plus secoués. Je m'envole jusqu'à celle-ci mais une fois face à elle, j'hésite à me changer, n'ayant pas franchement envie de me promener complètement nu dans son bureau et encore moins que ma peau ainsi exposée soit la première chose qu'il puisse remarquer en ouvrant les yeux. Du coin de l'oeil, j'aperçois un manteau chaud, pendu non loin de la porte. Sans me demander si il pourrait y voir le moindre inconvénient à ce qu'un homme nu s'enroule dedans, je le fais tomber au sol, pour me glisser dessous, reprenant alors ma forme humaine.

Un soupir glisse d'entre mes lèvres alors que les plumes se fondent pour former ma peau frissonnante et encore sensible de cette métamorphose certes familière mais toujours légèrement fatigante. Mon échine osseuse est parcourue d'un tremblement alors que le souffle encore un peur court, j'enfile plus convenablement ce manteau pour dissimuler pudiquement ce corps que je ne veux pas dévoiler ainsi. Je me relève ensuite, et attrape la carafe entre mes doigts tremblants, revenant ensuite auprès de l'homme inconscient. Agenouillé à ses côtés, les cheveux encore ébouriffés, je glisse sous son nez l'alcool fort, alors que d'une main, je tapote du bout des doigts sa joue, avec sur le bout des lèvres des excuses que je ne murmure que pour lui.

"Revenez à vous... Je vous en prie.... Je suis navré... Si j'avais su.... Je..."
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