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 "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]

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Clarence F. Bannerman

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- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
❧ Miroir :
❧ Missives : 426
❧ Yeux de verre : 91
❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Lun 28 Nov - 1:47


"Keep Calm and Carry On"

     L’Angleterre avait souffert, et il eut souffert avec elle. Patriote, il avait pleuré devant le spectacle des bombardements. Par deuil pour son pays, par peur de le voir anéantir. Il y’eut néanmoins des mots qu’il ne put jamais exprimer. Un soulagement égoïste condamné en temps de guerre. Car Annabeth était partie soutenir sa sœur et la femme de son frère lors de ce noël 1940, échappant ainsi aux bombardements de Manchester. Car lui-même en avait toujours été protégé. Comme l’on s’engage à ne pas sourire devant la peine d’un être cher, on se promet, par respect, de ne pas déshonorer ceux qui sont morts pour nous protéger par un comportement inapproprié. Ceux qui le sont, sans n’avoir rien demandé. Ainsi il aurait été honteux de se satisfaire de sa propre survie, alors que des milliers de civils avaient péris.
     Lorsque Londres fût bombardée en mars 1941, il eut quitté la ville avant l’impact. Les bombardements étant devenus courants, il avait été décidé depuis 1939 de déplacer les locaux et archives des services secrets. Les bras croisés, l’espoir comme seule arme, il était resté là à attendre. Il imaginait le feu embrasé la ville, l’odeur de la cendre s’accrocher aux poumons. Il imaginait les horreurs auxquelles il avait échappé, le cœur serré à l’idée qu’elles aient pu exister. Mais il en fût protégé, n’ayant jamais eu à éviter les bombes, à croiser les cadavres meurtris d’enfants et de femmes, ou à choisir de sauver une vie plutôt qu’une autre. Mais comme s’il lui avait fallu être puni de cette chance, répondre aux injustices qui furent commises, il se réveilla là où il n’aurait jamais dû être. Ce que le passé avait détruit revenait cette nuit-là sous un second souffle.

     Il y avait les pleurs des enfants et le grondement sourd des attaques aériennes. Des bruits mettant à mal l’insoutenable attente de voir ce cauchemar s’arrêter. La panique était larmes et poitrines battantes, mais se complaisait dans un mutisme proche du silence. Une mère murmurait une berceuse à l’oreille d’un nouveau-né, une femme priant les yeux fermés contre la poitrine d’un homme que l’on devinait être son mari. Des mots portés pour rassurer, qui jamais ne rompirent le silence de l’attente. Ce fût au cœur de cette obscurité que Clarence ouvrit les yeux, secoué par un mauvais rêve qui se révéla être réalité. Allongé sur le ventre dans un angle de de la station, il se sentit perdre l’équilibre sans toutefois s’être redressé plus haut que ses genoux.
« Restez tranquille ! Vous gênez tout le monde. »
     Il aurait fait ravaler ses mots à cet homme s’il n’avait pas été aussi désorienté. L’étendue de corps lui donnait le mal de mer. Il lui fallut se relever complètement et enfouir son nez dans la manche de sa veste pour ne pas flancher et vomir. Même l’odeur de la sueur et de la crasse devenait insupportable. S’il fermait les yeux, il entendait encore les bruits des chuchotements et des impacts. Une balle de tennis lancée trop fort contre son oreille. Mais ce qui l’inquiéta plus que le lieu où il se trouvait, fût de constater que les bandages de ses mains avaient été retirés. Il serra les poings jusqu’à sentir douloureusement ses ongles entamer sa chair.
« Quelle heure est-il ? »
     Il désigna du regard, la montre de l’homme se tenant à côté de lui.
« Bientôt minuit. »
     Avec plus d’attention, Clarence reconnu l’architecture des lignes de métro Londoniennes. Lorsqu’il comprit sur quelle ligne il se trouvait, il n’eut d’autres choix que de paniquer à son tour.
« Quel jour sommes-nous ? »
     L’homme fronçait les sourcils, agacé et étonné. Son silence suffisait à lui faire comprendre qu’il aurait dû la connaître.
« Donnez-moi la date !
- Le 28 mars ! » Il ajouta un bougonnement adressé à lui-même, qu’il fût néanmoins heureux d’avoir prononcé assez fort pour le rendre public. « Dégénéré… »

     Clarence se débattit pour atteindre les rails, elles aussi encombrées de réfugiés. Il lui fallait trouver une sortie, une échappatoire à ce qui menaçait de les ensevelir sous terre. Lui et les autres, même s’il eut bonne conscience de vouloir en réchapper seul. Ce, avant qu’il manque de trébucher sur le corps endormi d’une amie. Dans la mesure où il fût un jour question d’amitié.
« Calypso ? »
     Il s’accroupit près d’elle, reconnaissant la rondeur de son visage sous son éternelle frange. Etonné de la retrouver ici, il prit un instant pour détailler les visages présents autour de lui, cherchant du regard d’autres amis. Elle fût la seule. Les poings toujours liés malgré l’engourdissement, il se décida à libérer deux de ses doigts pour lui pincer le nez et la réveiller. Il n'eut d'idée moins brutale, mais se rendit aussi rassurant qu'il le put pour compenser.
« Tout va bien. Nous ne sommes pas là où ne devrions être, à l’heure qu’il nous faudrait être, mais nous allons arranger ça. »
     Les regards se tournaient vers eux, curieux, parfois intimidants.
« Ne restons pas là, nous en parlerons en marchant. »




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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Lun 28 Nov - 21:13

Keep Calm and Carry On

- Clarence & Calypso -

La Guerre. En l’an 40, Grand-Maman m’avait surprotégée pour que je ne risque rien, sans doute pour que mon père voit qu’elle veille sur moi de là où il était. Puis j’avais rejoint la boucle mais quand je n’étais encore qu’une enfant, j’avais vu tout ça, j’avais vu Londres en feu. J’imaginais dans mon esprit tout ce dont j’avais été protégée, tout ce que ma grand-mère avait fait afin que je sois à l’abri de tout cela. Sans doute que pour elle, la perte de mes parents était assez difficile pour que je ne fasse pas face à l’horreur de ce combat sans fin qui brisait des vies entières, qui détruisait des familles. Tout n’était que larmes et terreur mais moi, je n’avais pas vu tout cela.

Dans la boucle de 1941, le temps se répétait sans cesse. Je m’étais habituée à cette routine, je me sentais en sécurité. Tous les jours à la même heure, je chantais, tous les jours à la même heure, il se passait les mêmes choses mais finalement quand on y réfléchit, on se dit que c’est comme si la vie continuait dans un sens, bien que mon corps physique soit éternellement figé dans le temps. Cependant, je n’aurais jamais imaginé me réveiller dans un endroit comme celui-là, un endroit où grand-maman n’aurait jamais voulu que je sois, un endroit où les grondements des bombes étaient différents de d’habitude. Le son parvenait à mes oreilles mais moins proche que cela me semblait.

Lorsque j’entendis la voix de Clarence et que j’ouvris les yeux, je compris que ce à quoi j’avais échappé enfant revenait au galop. Des larmes, des cris, la peur, tout cela m’entourait. Mon esprit était encore empli d’obscurité lorsque je me relevai doucement avant de voir la panique dans les yeux des personnes qui nous entouraient. Rapidement, regardant autour de moi, je compris que je me trouvais dans une bouche de métro et ma claustrophobie revenait au grand galop, intérieurement, je paniquais, je sentais mon cœur battre à m’en rompre la poitrine. Je commençais à angoisser mais la voix de Clarence me détendit quelque peu. Au moins, je n’étais pas seule.

Nous étions dans un espace clos avec des personnes dont j’ignorais tout, l’odeur qui se répandait le long du sol et des murs était tout ce qu’il y a de plus désagréable. J’eu du mal à me faire à l’endroit où je me trouvais mais il était certain d’une chose et surtout après les paroles de mon ami que nous étions dans de beaux draps. Lorsqu’il exprima le fait que nous n’étions pas là où ne devrions être, je posai mon regard sur la femme non loin de nous qui portait une montre assez mal entretenue mais je pu néanmoins en lire l’heure.

« Clarence ? Que se passe t'il ? Pourquoi sommes nous ici ? Quel jour sommes-nous ? »

Je ravalais difficilement la panique qui naissait dans ma voix. Mes poumons commençaient à manquer d’air, je savais qu’aucune sortie n’était possible pour l’instant et l’idée de restait ici me terrifiée au plus haut point. Je me relevai avec son aide et nous commençâmes tous deux à marcher avant que je pose mon regard sur lui.

« Pourquoi nous ne sommes plus dans la boucle ? Penses-tu que Miss Aegithalos se soit rendue compte de notre absence ? »

Je continuais de marcher aux côtés de mon compagnon de mésaventure, consciente que nous n’étions qu’au début de cette dite mésaventure, d’après ce que j’avais compris, nous étions toujours en 1941, c’était déjà rassurant enfin en principe…
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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Ven 2 Déc - 15:59


"Keep Calm and Carry On"

     Il lui était facile de chercher des réponses, plus encore de les trouver. Il avait été conditionné à être cet homme-là. La force était un pouvoir destiné à assurer la défense du pays. La connaissance elle, permettrait de mettre à genoux ses ennemis. Si les soldats étaient les pions d’un échiquier, il serait certainement l’un des cavaliers. De ceux qui avancent pour tuer, et reculent face au danger. Mais au cœur de cette ligne de métro, loin du confort d’un bureau, il ne pouvait admettre que sa connaissance suffirait à l’en sortir. Ses gestes pouvaient être réfléchis, sa détermination acquise, il était rongé au fond de lui par la peur, la panique qu’il lui fallait étouffer. Il avait appris à connaître Calypso, autrement que comme la nuisance sonore qu’elle pouvait être. Il pouvait reconnaître sa gentillesse, son innocence. Tout ce qui faisait d’elle une personne inoffensive et indigne de trop grandes colères. Ainsi il arrivait à lui pardonner les chansons entêtantes qu’il venait à avoir en mémoire par sa faute, ses doigts en tapant le rythme frénétiquement contre son bureau sans qu’il ne s’en aperçoive. Mais avec l’innocence venait bien souvent l’ignorance, et avec l’ignorance la bêtise. Si bien que ses questions étaient promptes à agacer Clarence. Lui qui n’avait jamais aimé tenir le rôle de celui sur qui on se repose, et de tout autre rôle lui incombant d’avoir la responsabilité des autres. Il lui était également difficile d’accepter de ne pas avoir toutes les réponses pour lui répondre. Si bien qu’il se montra rapidement agressif. Avec modération, tant qu’il lui en était encore possible.

« Si ton flot de questions était moins abondant, certainement arriverais-je à te répondre. »
     Il arrêta sa course. Le tunnel devenait de plus en plus sombre et les réfugiés moins nombreux. Ils étaient pratiquement seuls et il profita de cet instant pour lui accorder le temps qu’elle pouvait demander.
« J’en sais tout autant que toi. Je me suis réveillé dans la station sans aucun souvenir d’être venu jusqu’ici. Ce que je ne comprends pas, c’est que nous soyons le 28 mars. Cela signifie que nous ne sommes plus dans la boucle. Par quel miracle ? Je ne sais pas. »
     Sa rationalité cherchait à prendre le dessus sur ses réflexions et à lui faire entrevoir des réponses plausibles. Une quête vaine alors que toute sa réalité avait été corrompue par sa découverte des boucles. Depuis, rien dans ce monde n’était plus à sa place, et l’ignorance faisait mal, en plus d’être le sujet de sa honte. Car un homme enrichi de ses connaissances, trouvait difficilement sa place dans un monde qu’il lui était difficile à comprendre.
« Miss Aegithalos est le dernier de nos soucis. »
     Il se contenterait de ces quelques mots pour exprimer le peu d’estimation qu’il avait en sa capacité à les retrouver. Elle, au même titre que toute autre Ymbrine. Malgré toute leur volonté à vouloir protéger les Syndrigastis, elles n’étaient selon lui pas aptes à répondre à toutes les demandes. Le respect qu’il avait pour elle se traduisait par son effort à ne pas boycotter leur rôle, notamment devant ceux qui pouvaient croire en elle. On n’eut jamais à le blâmer pour savoir garder ses idées préconçues pour lui. Même s’il s’agissait également de ne pas se mettre à dos celles qui l’accueillaient depuis presque cent années.
« Ce qui m’inquiète pour l’instant, ce sont les bombes qui nous tombent dessus. »
     Ils ne pouvaient ignorer leur grondement constant, redoutant les plus audibles et se rassurant presque d’entendre les plus lointains.
« Tu as vécu à Londres si je ne me trompe pas. Tu te souviens de la station de Balham en octobre 1940 ? Elle était bien trop proche de la surface. Une bombe est tombée et a endommagé les canalisations. Plus de 200 personnes sont mortes noyées. » Il s’agissait de 250 personnes, et il fût presque pardonné d’en avoir oublié le chiffre exact. « J’aimerai me souvenir de tous les dégâts provoqués lors du bombardement d’aujourd’hui, mais ce n’est pas le cas… »
     Sa mémoire et ses souvenirs avaient subis l’érosion de toutes ces années.
« Nous nous sommes réveillés à la station de Temple. Il nous faudrait dans un premier temps rejoindre la station d’Embankment. La ligne de métro qui la traverse est plus profonde sous terre. »
     L’obscurité leur faisant face était une invitation à l’effroi. Un mal leur ouvrant les bras telle une mère bienveillante. Clarence regrettait de n’avoir comme montre, qu’un cadran dont les aiguilles indiquaient chaque fois une heure différente, jamais celle qu’il aurait dû être. L’importance de ce détail avait quelque chose de futile alors que plus rien ne les raccrochait à la réalité.
« Ça va aller ? »
     Clarence oublia un instant sa propre peur pour s’intéresser à la sienne. Comme s’il eut fallu qu’il prenne soin d’elle, ou du moins s’assure qu’elle ne serait pas un problème. Il cherchait à lui accorder son temps mais se sentait malgré lui poursuivi par le temps, feu affamé poursuivant sa course jusqu’à ne laisser que des cendres.




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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Dim 4 Déc - 16:47

Keep Calm and Carry On

- Clarence & Calypso -

Je connaissais bien Clarence, aussi je ne tilta pas à son soudain changement d’humeur, sans doute mon amas de questions l’avait mis dans l’embarras. Ne disant mot, je marchais à côté de lui. Déjà que la panique devait se sentir dans mon attitude, si en plus je commençais à l’embarrasser, ça n’arrangerait rien. Le tunnel devenait de plus en plus sombre, j’avais peur, ma claustrophobie commençait à devenir plus intense à chacuns de mes pas. Clarence m’apprit que nous étions le 28 mars et que donc, nous n’étions plus dans la boucle.

« D’accord…Ce qui est rassurant dans un sens, c’est que nous sommes toujours en 1941 donc on ne risque pas de prendre trop d’âge, enfin rassurant est un grand mot. » finis-je par dire.

Je ne cessais de me demander si Miss Aegithalos s’était rendue compte de notre absence mais comme je m’en doutais, il ne répondait guère plus que le fait qu’elle devait se moquer de notre présence ou non. Un nouveau grondement se fit entendre lorsque mon ami d’infortune exprima le fait que ce qui l’inquiétait le plus était les dit grondements qui nous tombaient dessus. Je fis un simple signe de la tête, ça m’inquiétait également mais je tentais de conserver mon calme.

« Oui je m’en souviens » finis-je par lui répondre simplement.

Il ignorait si c’était 200 personnes ou plus. A dire vrai, j’étais petite à cette époque, grand-mère m’avait fait grandir loin de toute cette douleur mais néanmoins, je ne pouvais pas oublier que les grondements qui s’abattait au-dessus de nos têtes étaient dangereux. L’obscurité nous entourait de plus en plus rapidement, je ne le quittais pas des yeux, espérant qu’on arrive rapidement au bout et respirant longuement mais difficilement, je continuais de marcher aux côtés de mon « ami », faisant de simple signe approbatif de la tête.

Lorsque j’avais regardé la montre de la femme et que j’avais vu l’heure, je nous savais dans le pétrin mais j’espérais qu’on pourrait s’en sortir très vite. Je continuais d’avancer, essayant d’étouffer la crainte qui grandissait à l’intérieur de mon ventre, je sentais que ma claustrophobie s’immisçait doucement dans chaque parcelle de mon corps. J’étais effrayée, apeurée mais je ne pouvais pas… Je ne pouvais faire comme si tout allait bien, comme si un feu intense crépité à l’intérieur de mon esprit. Avalant difficilement, je relevai mon regard vers Clarence et finit par briser le silence entre nous.

« Non…Je suis apeurée et je ne me sens pas bien Clarence, je veux vite qu’on sorte d’ici. » dis-je à ce dernier, espérant juste qu’on allait continuer notre chemin sans encombre mais c’était trop beau pour que ça puisse être vrai,
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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Dim 11 Déc - 19:45


"Keep Calm and Carry On"

     Clarence Fergus Bannerman était de ces hommes ayant vu leurs noms prononcés au complet lors de fureurs les visant. Lorsque, devant le désintérêt qu’il accordait aux problèmes ne le concernant pas, il se voyait reprocher son manque de considération. Car ne pas se soucier des ressentiments d’autrui était un pêcher pour de nombreuses personnes, et que les femmes de sa vie étaient adeptes de cette formulation. Qu’il eut s’agit de sa mère ou de sa femme, voir d’une amie chère perdue dans un combat loin de la guerre, il n’eut jamais été question que de s’approprier leurs problèmes comme s’ils furent siens. Une tendance qui, malgré sa volonté à ne pas être misogyne, concernait exclusivement la gente féminine de son entourage. Il avait essayé de se plier à leurs attentes, de s’intéresser à leurs peurs et à leurs plaintes, mais il n’eut à sa disposition que peu de moyens pour y parvenir. Devant la panique qui les emparait, il était celui ne sachant comment leur répondre sans mensonges. Ainsi elles contribuèrent à le faire mentir, et selon une suite d’évènements qu’il ne pût contrôler, elles furent à l’origine des boniments adressés à Calypso.
« Calme-toi, tout va bien se passer. »
     Il se dispensa d’un sourire qu’elle n’aurait pu voir dans l’obscurité naissante. Il se résout néanmoins à lui accorder son soutien, dépliant sa main droite pour déposer fébrilement ses doigts sur son bras. La considération qu’il avait pris l’habitude de lui accorder était le résultat d’une curiosité un peu trop poussée. Il lui était difficile d’ignorer les pleurs qui traversaient la porte séparant leurs deux appartements. Tout comme il lui était difficile de la blâmer pour la sonorité d’une tristesse qu’elle ne pouvait contrôler. Des deux Clarence se pensait être celui emprunt à plus de discrétion, mais si elle n’eut été la première à lui reprocher de l’entendre, ce ne fût certainement que par indulgence. Car elle aussi entendait les disputes plus qu’elle ne les écoutait. Car les chances pour qu'il ait mieux chanté qu'elle, si ce fût le cas, furent minces. Il aurait ainsi été facile de croire en la civilité de Clarence lorsqu’il se mit à lui parler sans colère. A moins qu’il ne s’en soit lassé.
     Il retira ses doigts et les replia doucement sur sa paume. Il avait mal, et la douleur était un feu laissé par la fracture de ses ongles dans sa chair. L’absence de gants et de bandages le laissait avec la sensation désagréable d’être mis à nu. Plus encore d’être vulnérable. Il y’avait avec la douleur d’un regard auquel il accordait trop peu de droits. La pression des bandages était un apaisement dont il ne pouvait se satisfaire désormais, et, s’il n’eut encore ouvert les yeux, il sentit la brûlure du jour absent s’en emparer avant l’heure.
« On va essayer de sortir. »
     Alors même qu’il pensait à atteindre les lignes de métro plus enfoncées sous terre, il lui vint à l’esprit qu’elle ne pourrait certainement pas le supporter. Il lui avait semblé nécessaire de se protéger des grondements menaçants s’abattant sur eux, plus que du moyen de retrouver leur boucle. La guerre était un mal qu’il avait redouté enfant, puis adulte, la seule consigne étant de gagner en réchappant à la mort. Si bien qu’il lui fallut perdre la notion de réalité et de temps, pour se replonger dans un souvenir qu’il pensait effacé il y a longtemps. Se sauver de la mort était bien plus pressant que de se sauver de la vie. Mais peut être lui fallait-il revoir l’ordre de ses priorités alors que sa montre déréglée continuait de tourner.
     Devant eux le tunnel de métro devint noir, banni d’un monde de lumière par les hommes. Clarence invita Calypso à s’envelopper de cet habit sombre avec lui.
« Il y a une sortie tout près, à quelques mètres seulement. On va marcher lentement jusqu’à elle. »
     Il lui mentait mais s’imaginait le faire pour son bien. Les mètres étaient un peu plus nombreux que ce qu’il assurait, l’obscurité bien trop présente pour le rassurer lui-même. Mais s’il lui incombait la tâche de la rassurer, que la première personne étant capable de le faire sans mensonge lui jette la première pierre.
« Place toi derrière moi et accroche toi à un pan de ma veste si nécessaire. Je vais ouvrir la marche. »
     Il tourna le dos à Calypso et s’engagea dans le tunnel. Une fois débarrassé de toute lumière il ferma les yeux et ouvrit ses paumes de main devant lui, à hauteur de son visage. Il eut besoin d’elles pour y voir, car elles furent les êtres de l’ombre qu’il avait contraint à l’obscurité, et qu’elles ne purent aussi bien s’en adapter que lui. Les paupières révélaient devant lui des formes noyées dans l’ombre. Elles étaient douloureuses des sommeils prolongés qu’il leur infligeait et eurent du mal à se réveiller sans quelques picotements et larmes. Sans quelques points colorés entachant leurs capacités. Il se mit à avancer doucement, ralenti par la coordination que demandaient ses gestes, soumis à un équilibre dangereusement fébrile.
« Que fais-tu lorsque tu paniques ? »
     Lui poser la question se résumait à rendre ce moment moins éprouvant, s’il eut été possible de le faire. Il pourrait également avoir les réponses manquant pour mener à bien son engagement. Celui de la protéger à cet instant.

Réussite : La voie est libre, havre de paix inopiné. Les deux protagonistes parviennent à rejoindre la station d'Embankment sans encombres.
Échec : Ils ne pouvaient échapper plus longtemps aux Syndrigastis arpentant les lignes de métro à leur recherche. Ces derniers ne leur veulent pas que du bien.




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Le Corbeau

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- Oiseau Suprême -
❧ Boucle Temporelle : Toutes, un battement d'aile et me voilà dans une autre boucle.
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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Dim 11 Déc - 19:45

Le membre 'Clarence F. Bannerman' a effectué l'action suivante : Roue du Destin


'Destin' :
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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Sam 17 Déc - 11:38

Keep Calm and Carry On

- Clarence & Calypso -

Tout va bien se passer. Je ne sais pas trop pourquoi mais je n’y croyais pas trop. Je sentais la panique qui naissait au creux de mon estomac mais je ne devais pas lâcher la possibilité de m’en sortir. Respirant longuement, je sentis dans l’obscurité, la main de Clarence se poser sur mon bras. Nous marchions l’un à côté de l’autre, je respirais longuement, longuement et je continua de marcher à côté de lui. Je savais que le chemin allait être difficile.Je ne disais mot, ne sachant que dire en réalité, ce que je voulais avant tout c’est sortir d’ici car je fis très vite comprendre à Clarence que j’étais plutôt mal en point, je sentais surtout ma claustrophobie qui se crée doucement au creux de mon ventre.

Feu ma grand-mère savait pertinemment que tout cela venait de mon « emprisonnement » mais cette peur n’était jamais partie. Manquant de tomber, je me rattrapa rapidement, marchant à tatons pour espérer vite quitter cette obscurité oppressante.

« D’accord. » répondis-je simplement lorsqu’il me dit qu’on allait essayer de sortir.

Il fallait qu’on retrouve notre boucle mais ce qui pour l’instant me faisait vraiment peur n’était nul autre que les affreux grondements qui s’abattaient au dessus de nos têtes. On allait y réchapper, je le savais. Tout cela faisait écho dans mes souvenirs. J’avais beau être une petite fille à l’époque, protégée par sa grand-mère, je savais tout ce que cela représentait. Je n’avais pas de montre sur moi, je suivais simplement mon instinct pour essayer de me repérer dans le temps, même si en temps que particulière, je n’avais plus vraiment eu la notion du temps depuis mon arrivée dans la boucle de 41.

Marcher lentement jusqu’à la sortie. Je fis un signe approbatif de la tête, même si dans cet amas sombre, il ne pouvait pas voir tout cela. Je m’accrocha à un pan de sa veste, doucement pour pouvoir réussir à le suivre dans cet amas sombre d’obscurité presque effrayante. Nous marchions, doucement pour qu’il réussisse à se repérer, tandis que moi, je tentais de ne pas tomber et il me demanda ce que je faisais lorsque je paniquais.

« Je chantonne pour me calmer l’esprit, pour apaiser ma crainte mais pour tout te dire, je me vois mal chanter ici. » dis-je à son attention avant de poser ma main libre sur mon médaillon « Mais lorsque je ne peux pas faire cela, je pose ma main sur mon médaillon et me concentre sur le visage de ma grand-mère, elle me rassurait toujours quand je paniquais. »

Lorsque nous arrivâmes, je fis un pas en arrière. Les Syndrigastis qui arpentaient les lignes de métros à notre recherche finirent par nous tomber dessus. Je savais qu’ils n’étaient pas très pacifiques et je sentais que ma main se resserait autour de la veste de Clarence, pour tout dire, je ne savais que faire, devais-je user de mon don ou tenter de fuir avec lui ? Ils se rapprochaient dangereusement…
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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Lun 26 Déc - 15:27


"Keep Calm and Carry On"

     Il n’était pas question de la guerre et des bombes lâchées sur Londres. Cent années passées à écouter leurs grondements avait contribué à rendre leur son habituel, presque rassurant. Ce fût redécouvrir le fil du temps qui devint le sujet de ses paniques. On l’avait arraché à une journée dans laquelle il avait pris ses marques, et qui devenait à elle seule l’ensemble d’une vie qu’il ne pouvait quitter. Les visages n’étaient plus les mêmes, l’air aussi, alors que l’odeur du soufre restait la même. Il y’avait cette sensation d’être étranger à un lieu, comme lorsqu’il redécouvrait le vent salé près des mers. Mais si les vagues ne l’emporteraient pas, son cœur entonnait un chant barbare lui rappelant les enjeux de son combat. Celui de se savoir à nouveau chez soi.
     Le rire était un remède que son corps lui imposait. Silencieux, né d’un simple rictus au bruit étouffé. Calypso ne put le voir, ni certainement l’entendre, mais la courbe de ses mots en rappelait la chanson. Il restait nerveux, fruit du souvenir des mélodies qu’elle entonnait.
« Dieu merci nous y échapperons aujourd’hui. »
     Ce qui l’avait longtemps agacé, et qui l’agaçait encore aujourd’hui, devenait plus légèrement le sujet d’une plaisanterie à laquelle il pouvait rire. Difficilement, et le plus silencieusement possible, par la contrainte d’une situation lui demandant de rester concentré et calme. Il ne sut quoi répondre à l’évocation de sa grand-mère. Il se rappelait les siennes, l’une rigide par ses années de solitude, l’autre bien trop vaniteuse pour accepter l’idée d’être appelée grand-mère. Aucune des deux ne comprenait le laxisme de ses parents, lui permettant de porter des bandages comme s’il eut s’agit d’un problème autre que mental. Il trouva lugubre de pouvoir penser à elles à présent qu’elles étaient décédées, leurs visages livides se heurtant aux images plus glorieuses qu’il avait d’elles.
« Comment s’appelait-elle, ta grand-mère ? »
     Parler famille, se renseigner sur l’état de santé de l’oncle Gérald ou sur les travaux de broderie de la cousine Marie, était une technique de communication bien trop ancrée dans les mœurs. Car qui se souciait réellement de trois carottes émergées d’un potager ? Il ne sut si la réponse qu’il obtiendrait aurait un quelconque intérêt. Elle serait une annotation dans un corps de texte. Une sorte de rappel sur une généalogie ayant peu d’attraits. Il pensait aider Calypso en la mentionnant, en la poussant à se remémorer la seule barrière entre sa panique et elle. Moins noblement, il craignait de ne pouvoir gérer sa claustrophobie si elle-même ne pouvait l’arrêter.
     Ils eurent l’air, dans l’obscurité, d’une chimère bancale aux bras levés et aux yeux maladroitement placés. Leur démarche était celle d’un cerf blessé. Clarence détestait l’allure qu’il pouvait avoir lorsqu’il lui fallait utiliser son pouvoir. Des occasions rares, notamment lorsqu’il s’agissait de marcher. La tête venait à lui tourner parfois, épris d’un équilibre qu’il ne connaissait pas. Sa montre ne fonctionnait pas, mais il restait frustré de ne pouvoir la voir sous cet angle. Ils arrivaient heureusement, en même temps que sa question fut posée, près de la station qu’ils cherchaient à rejoindre.
     Clarence abaissa les mains, fermant deux yeux pour en retrouver deux autres. La lumière avait repris ses droits, révélant deux silhouettes s’avançant vers eux. Il y’eut un instinct d’origine animale, qui perdura en l’être humain comme le sens à un mal qui pouvait encore exister. Il fût celui de comprendre les intentions des autres, d’en ressentir le danger. Il crut voir deux hommes, et se rendit peu à peu compte que l’un d’eux était un enfant. Assez grand pour avoir l’air d’un homme, le visage bien trop rond pour le faire échapper à son enfance.
     En sentant Calypso reculer, il crut devoir la rattraper. Il tendit le bras derrière lui, effleurant à peine le sien comme pour se rassurer de la savoir encore accrochée à lui. Plutôt à sa veste, devenant à si méprendre le vestige d’un mouchoir froissé. Il resta immobile, pensant à fuir mais se sentant lésé de devoir rebrousser chemin et courir. La sortie était à portée de mains, les lignes de métro voisines au bas d’un escalier sur la droite. Il pensait sa méfiance exagérée, son interprétation d’un regard certainement lésée. Il déposa ses mains à plat contre son pantalon, étreignant les Paupières comme s’il eut fallu les protéger. Il restait immobile, feignant de comprendre la complicité que demandait les deux silhouettes.
« Vous êtes perdus vous aussi ? »
     L’enfant avait murmuré à leur encontre. Clarence ne sut quoi lui répondre. Il ne voulut ni avoir à lui faire confiance, ni avoir à rejeter une main qui l’aiderait à se relever. Mais cette rencontre inopinée, fenêtre ouverte sur l’espoir de ne plus rester seuls, devint bien trop beau à ses yeux. L’enfant continua, cherchant à rompre leur silence.
« Nous avons vu vos mains, pas besoin de vous cacher. D’autres Syndrigastis se sont réveillés ici sans raison, dont nous. Une bonne partie a été rassemblée à l’extérieur. On s’est proposé pour aider ceux étant encore coincés dans les lignes de métro. On va vous montrer le chemin.
- Pourquoi s’être rassemblés ? Le mieux n’aurait-il pas été de rejoindre directement la boucle ? »
     Clarence pencha lentement la tête en attendant sa réponse.
« Mieux vaut rester grouper. Le feu s’est répandu dans la ville et ensemble nous avons plus de chances de la traverser. »
     Ils n’avaient donnés ni leurs noms ni leur boucle. Cela n’avait peut-être aucune importance. Il y’eut pourtant la certitude dérangeante que Clarence ne les avait jamais vu. Il se tourna vers Calypso, cherchant son regard pour y lire ses propres pensées, espérant qu’il pourrait partager sa méfiance avec elle.
« Indiquez nous la rue où se retrouver et nous rejoindrons les autres. »
     Il cherchait à se débarrasser d’eux, lisant au passage la contrariété que cette tentative avait fait naître au creux de leurs rides.




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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Mer 28 Déc - 22:09

Keep Calm and Carry On

- Clarence & Calypso -

Les grondements des bombes. Quelque chose qui avait hanté mes rêves de petite fille. A l’instant précis, je ne voulais qu’une seule chose. Retourner dans la boucle. J’avais grandie avec une panique intérieure qui reprenait de la constance dès que ça n’allait pas mais au moins, je n’étais pas seule pour faire face à tout cela. Lorsque Clarence me le demanda, je lui fis comprendre que pour me détendre, je chantonnais certains airs que je connaissais mais ajouta rapidement que ce n’était ni le lieu, ni le moment. Lorsqu’il répondit par une taquinerie, je lui tira la langue mais il ne le vis sans doute pas dans l’obscurité environnante.

Je lui exprima le fait que le plus souvent, je posais ma main sur mon médaillon et que je fermais les yeux, me remémorant le doux visage de grand maman, son sourire, son odeur, sa douce voix et la mélodie qu’elle chantonnais pour me rassurer et me bercer le soir dans mon lit. Tandis que nous marchions, Clarence me demanda son nom. Parler d’elle me rassurait et c’était sans doute ce qu’il y avait de mieux pour calmer le feu de crainte à l’intérieur de moi qui brûlait tout bonnement. Je respira longuement et repris finalement.

« Margaret. Elle s’appelait Margaret Brown. C’était la mère de ma mère, ma mère n’était pas une syndrigastis, le gène particulier me vient de ma grand-mère » ajoutais-je simplement.

Margaret Brown, son nom avait tellement raisonné dans mon esprit, je revoyais les traits de son visage s’élargir d’un fin sourire.
J’entendais encore les voix des parents d’Antoine hurlant « Margaret » à tout bout de champ pour tenter de l’arrêter mais elle était têtue et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Grand maman a toujours été un modèle pour moi, elle était une syndrigastis comme personne, la seule que j’ai connue durant mon enfance, penser à elle me rappelait que je ne devais pas avoir peur, que n’importe où, elle me protégeait. Même dans cette obscurité.

Lorsque mon regard se posa sur les deux syndrigastis, je fis un pas en arrière, je ne me sentais pas en confiance. Je sentis le bras de Clarence effleurait le mien. J’étais toujours là, accrochée à lui, quelque peu rassurée. Fermant les yeux, je tenta de faire teinter une mélodie pour me calmer l’esprit. Rouvrant mes yeux océans, j’écoutais leurs propos. Plus ils parlaient, moins je leur faisait confiance. Quelle heure était-il ? Pas de montre en main, il fallait simplement se fier au temps qui passait mais combien de temps ? Je restais près de Clarence, mon étreinte se resserrant au fil de leurs paroles.

Etaient-ils perdus ? Je n’en savais rien mais je ne voulais pas rester avec eux. Mon regard croisa celui de Clarence, tout comme lui, j’étais méfiante, je ne voulais pas rester ici, pas avec eux, je ne les connaissais pas, nous ne connaissions pas leurs noms. Et si ils étaient mauvais, et si nous étions en danger ? Cette fois-ci, mon étreinte se fit autour du poignet de Clarence, il compris sans doute ce que je ressentais. Ne les quittant pas des yeux, je m’approcha assez de Clarence pour que seul lui m’entende et murmura.

« Je veux pas rester avec eux… J’ai pas confiance… »

Avais-je raison ou tord ? Ce gamin semblait trop angélique pour être sincère.
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Clarence F. Bannerman

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❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Ven 30 Déc - 17:43


"Keep Calm and Carry On"

     Clarence baissa les yeux sur la main agrippée à son poignet, le regard vide. Il ne sut s’il lui fallait l’ôter ou l’accepter. Une fois encore prendre la charge d’une responsabilité qu’il n’avait pas. Sa bienveillance nourrissait sa bonne conscience, mais à trop forte doses, elle devenait fade. Il s’en lassait, sentant venir la bouchée de trop. Lui non plus n’avait pas confiance en eux, comme il lui était difficile de faire confiance à des personnes appartenant prétendument à une boucle sans qu’il ne les ait jamais vus. Il ne leur accordait ni bénéfice du doute, ni ne les condamnait. La panique aliénait ses pensées, et avec elles leur bon sens. Il sût seulement qu’il lui fallut sortir, cesser de respirer l’air toxique des sous terrains. Par réflexe il avait cru devoir s’y enfoncer, épris d’une situation passée qu’il ne savait affronter autrement qu’en suivant le mouvement. Mais la Guerre était bel et bien terminée. Loin des grondements se trouvait la boucle. Une bulle de sécurité ne laissant place à aucun calendrier, ni aucune montre. Peu lui importait alors de frôler la surface fragile des stations, même si les tremblements fébriles continuaient de l’inquiéter.

« Mais tu as confiance en moi, non ? »
     Il s’était dépêché de lui répondre. Ils n’étaient plus seuls à présent, et leur politesse se devait gage de bonne volonté. Gage de confiance également, car il crût bon de devoir se montrer conciliant avec des personnes qu’il était trop tôt pour pouvoir juger. Car l'obscurité ne protégeait pas leurs messes basses.
     Il n’avait pas regardé Calypso en lui répondant, tournant seulement la tête à son attention. Pour se justifier d’un tel comportement auprès des syndrigastis leur faisant face, s’excuser de ne pas leur laisser de place dans leur conversation, il se contenta d’hausser les sourcils à leur égard, prétextant silencieusement qu’il lui fallait supporter une enfant. Il ne voulut la froisser en leur exprimant cette pensées avec des mots, craignant sa vulnérabilité tout autant qu’il craignait de la voir fuir. Il pouvait s’agacer de devoir prendre les choses en main pour elle alors qu’ils étaient deux à être confrontés à cette situation, il se sentait malgré lui rassuré de ne pas être seul.

« Ce serait mieux de vous laisser guider. C’est un vrai bordel là-haut. »
     L’enfant avait laissé sa place de maître-mots à son compagnon. Peut-être ne se faisait-il pas à la maturité que gagnait l’enfance au cœur des boucles, mais les paroles plus spontanées d’un homme aux rides plus marquées avaient effet de rassurer Clarence. Sinon pour croire en leur bonne foi, pour croire qu’il ne craignait rien à les suivre. Il leur fallait après tout sortir, et ils furent sur leur chemin sans prétendre y être. Une menace silencieuse, ou une bienveillance bien trop poussée.
« Mais si vous pensez y arriver, on va pas vous en empêcher. »
     Ce ne fût pas Clarence qu’il regarda, mais Calypso. Comme si sa peur était un feu embrasant ses yeux sans qu’elle ne pût l’éteindre et le cacher. Il comptait certainement sur elle pour céder à sa proposition, jouant de sa peur à défaut de ne pouvoir gagner sa confiance. Ce fût pourtant Clarence qui céda à ses désirs, le laissant à peine terminé sa phrase pour lui répondre.
« On va vous suivre. Si ça ne vous fait pas perdre de temps. D’autres Syndrigastis attendent certainement et j’avais peur de vous accaparer au dépend de personnes nécessitant plus d'aide. »
     Une main jetée en l’air par l’homme, et un hochement de tête négatif par l’enfant alors qu’il répondait simplement.
« Nous ne sommes pas seuls à couvrir le terrain. »
     Ils les invitèrent à les suivre hors de la station. Les deux hommes leurs tournaient le dos, les obligeant à marcher derrière eux. Une position qui le mit en confiance, et le rassura. Il prit la peine, en même temps qu’ils avançaient, de retirer la main s’accrochant à son poignet. Il la rendit à Calypso, fébrilement attaché à cette partie de son corps comme s’il eut craint de la blesser. Il ne supportait pas avoir à toucher les autres, dégoûté par sa propre anatomie. Les bandages lui avaient rendu cette liberté, même si limitée. A présent dénudé, il préférait ne pas attarder ses mains sur ce qu’il touchait. Il glissa pourtant sa main dans le dos de Calypso, pressant deux doigts en son centre le temps de l’amener à marcher devant lui. Il ne voulait pas lui faire peur, mais nécessitait qu’elle sache se débrouiller seule. La douceur d’une galanterie tendait à le couvrir de toute intention de rejet.
     Ils étaient arrivés plus tôt dans la partie de la station la plus proche de la surface, faisant du chemin vers le ciel, une question de secondes. Clarence redoutait le spectacle des rues, et il eut raison de le faire. Cette Guerre n’était pas celle qu’il avait connue. Elle était plus poussiéreuse, moins silencieuse. Elle n’était plus un bureau entendant au loin les bombes, mais le berceau de l’Angleterre souffrant de son agonie bruyante.
« Je vous l’avait dit. »
     Il était resté immobile, oubliant être la cible. Mais l’homme lui faisait signe, et en même temps qu’il reconnaissait son visage comme celui à suivre, il oubliait ne pas en connaître le nom. L’importance de ce fait était à reconnaître.
     Clarence profita du bruit pour continuer ses messes basses, doublant Calypso en lui ordonnant simplement d’avancer.
« Nous leur fausserons compagnie s’ils prennent le mauvais chemin. »




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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Lun 2 Jan - 14:22

Keep Calm and Carry On

- Clarence & Calypso -

« Oui » répondis-je simplement à Clarence.

Pour tout dire, ce que je souhaitais par-dessus tout, c’est me réveiller de ce cauchemar. Cela ne pouvait pas être vrai, les grondements ne pouvaient pas être vrais et pourtant, j’avais beau me pincer, je devais me faire à l’idée que nous étions réellement là et qu’il fallait à tout prix qu’on retrouve notre boucle. Ma respiration avait pris un certain rythme, je me retenais néanmoins de trop inspiré, car vu le don que je possède et malgré les années, il arrive par moment que je ne me contrôle pas et ce serait bête… Enfin tout ça pour dire que la panique commençait lentement à se dissiper.

La vie dans la boucle me semblait si lointaine et pourtant notre unique but était d’y retourner. Jadis, quand j’étais enfant, j’avais eu une montre, une montre en argent où les aiguilles tournaient et grand maman m’avait expliqué qu’un jour, elle ne me serait plus d’aucune utilité. Il est vrai que dans la boucle, le temps est stoppé donc les horloges ne tournent plus, mais je l’avais gardé, je l’avais toujours avec moi. Je regardais les deux syndrigastis qui étaient avec nous, je n’arrivais pas à me fier à eux, je ne pouvais pas leur faire confiance mais Clarence avait raison sur une chose, je lui faisais confiance à lui et si il savait où on allait, je me contenterais de le suivre.

Au fond, peut être que de l’aide ne serait pas mal venue mais depuis plus de cinquante ans, je n’avais pas quitté la boucle et je dois dire qu’accorder ma confiance était quelque chose de compliqué pour moi, encore plus depuis le jour où j’avais été enfermée dans cette affreuse obscurité de la cave d’Antoine. Mais aujourd’hui, si suivre ses deux personnes pouvaient nous permettre de rentrer chez nous alors souâtes, je suivrais le mouvement. Je voulais retrouver la « normalité » de la boucle car je dois dire qu’à l’instant précis, des souvenirs de mon enfance refaisait surface, les bombes, les grondements, tout cela faisait vivre mes cauchemars de petite fille et j’ai toujours cru que ça resterait derrière moi mais non… Et j’allais apprendre à faire face à tout ça.

Lorsque nous atteignîmes la surface, l’Angleterre était en plein feu. Mes yeux bleus balayaient le paysage, à l’intérieur de moi, mon cœur battait à une vitesse plus que rapide, même quelque peu effrayante. J’avais envie de pleurer, restant en arrière, je sentis néanmoins la présence de Clarence qui me rassura quelque peu.

« D’accord… » ajoutais-je.

On s’avança tous les deux vers les deux syndrigastis qui étaient venus à notre rencontre, et nous les suivions. Marchant entre les bombes, entre les bombardements, les larmes, les cris, ce n’était que terreur et panique et horreur. Très rapidement, nous suivimes les deux syndri’ dans un lieu qui ne me disait rien qui vaille.

« C’est par là. » assura le gamin.

Une bombe explosa à certainement un ou deux kilomètres de nous mais néanmoins, nous sentîmes la secousse jusqu’ici.

« Je n’aime pas ça… » murmurais-je plus pour moi-même que pour les autres.

Et je ne sais pas pourquoi mais les autres personnes que l’on venait de rejoindre ne me disait rien qui vaille…

« Venez, vous n’avez rien à craindre. » assura l’homme qui nous guidait.

Mon regard s’empressa de croiser celui de Clarence lorsque je remarqua qu’ils s’approchaient un peu trop de nous et je n’aimais pas ça, je n’aimais pas ça du tout.
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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Mar 3 Jan - 9:19


"Keep Calm and Carry On"

     Le feu soufflait une chaleur suffocante. Il se propageait à l’intérieur des bâtiments, être affamé se nourrissant de tout ce qu’il pût détruire. S’il venait à regarder trop longtemps l’une de ses flammes, Clarence sentait une partie de lui s’embraser. Une douleur nouvelle lui rappelant la tristesse d’un deuil. Ce deuil-ci il l’avait pourtant fait il y a des années, sachant désormais avec certitude que Londres se relèverait. Plus belle encore, car érigée sur les blessures l’ayant menée à sa victoire. Marchant sur les débris, il put entendre les pleures des Londoniens faisant échos à ceux de l’Angleterre toute entière. Les grondements des bombes terrifiaient, mais cette nuit bientôt s’achèverait, compterait sur des jours bien moins sombres. Le moral du pays jamais ne flancherait, si bien qu’un simple slogan n’eut jamais besoin d’être entonné. "Keep calm and carry on". Ils furent des mots que l’on ne put prononcer, car déjà ancrés dans le cœur de ceux appartenant à cette nation. Avec la certitude des jours avenir, Clarence pouvait détourner son regard, cesser de s’attrister d’un tel spectacle. Car ce ne fût jamais ce jour qu’il eut à combattre.
     Lorsqu’il s’en détourna, suivant une marche non consentie, il croisa le regard du jeune garçon les conduisant. La secousse qui suivit gronda sous ses talons, vibrant au creux de ses os jusqu’à faire trembler ses jambes. A moins que ce ne fût jamais que le sol.
     Il tentait de se repérer dans les rues grignotées, repérant les monuments qu’il avait connu, dans son Londres, dans celui de la boucle. Certaines ruelles appelaient à être empruntées, chemin qu’ils devaient prendre. Mais le leur était bien moins long. Le pas s’accélérait, et ils furent bientôt à l’orée d’un rassemblement auquel Clarence n’avait jamais souhaité participer. Ils avaient marchés trop longtemps.
     Aucun des visages présents ne se retrouvait dans sa mémoire. Après cent années passées dans la boucle, il avait pris la prétention de connaître les personnes partageant ses jours, ne serait-ce que physiquement. Mais alors qu'ils furent les invités d'une fête de quartier, il sentit la panique montée en lui comme l'homme y étant invité pour les mauvaises raisons.
« Pardonnez moi pour le dérangement mais la boucle n’est plus très loin, nous allons la rejoindre seuls. Je préférerais retrouver des personnes que je connais, et je n’en vois aucune ici. »
     Clarence tourna les talons, ses mains encore timidement accrochées à ses poignets, ses doigts accrochés à sa montre comme s’il pût l’utiliser pour s’échapper.
« Calypso ? »
     Il ne la regarda pas en même temps qu’il l'invitait à le suivre. Un regard de plus porté vers eux et il serait à leur merci. Car quelques visages étrangers se rapprochaient, tel un accueil qu’ils n’eurent pas mérité. Il crut pouvoir rebrousser chemin, échapper un à danger qu’il ne connut pas. L’obscurité d’une ruelle l’appelait au loin, prête à se charger de les protéger. Mais ses pieds refusèrent de bouger, épris d’une gravité qu’il lui fût impossible de contrer.
« Que faites-vous ? »
     Ses jambes le maintenaient dos à ses ennemis. Dos à Calypso. Il détestait devoir s’affubler d'un don qu'il ne pût utiliser pour se protéger. Il fût une disgrâce qu'il ne sut pourquoi méritée. Un handicap. Seulement un handicap.




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Dernière édition par Clarence F. Bannerman le Ven 6 Jan - 22:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Mer 4 Jan - 0:01

Keep Calm and Carry On

- Clarence & Calypso -

J’avais comme la rude impression que les grondements s’intensifiaient en même temps que les syndri’ face à nous s’avançaient. Tout cela ne me disait rien qui vaille et apparemment, c’était le même cas pour Clarence. Il était certain que je voulais échapper à toute cette horreur, à la panique constante que je pouvais lire dans le regard des passants. Mon regard balayait l’endroit qui nous entourait. Un nœud se créa dans mon estomac, je me sentais mal mais je devais faire avec, je devais aller jusqu’au bout, nous devions retourner dans notre boucle.

Lorsqu’il dit mon nom, je compris qu’il m’invitait à le suivre mais apparemment, ce n’était pas l’envie des autres. Mes pieds ne se décollaient plus du sol, nous ne pouvions plus partir et ils commençaient à nous entourer. Mon regard se porta sur le feu qui était net loin de nous, une nouvelle maison devenait un brasier mais là n’était pas l’importance. Mon regard se posa sur mon compagnon d’infortune.

« N’ayez crainte, nous ne vous voulons pas de mal. »

C’est moi ou sa voix est plus que … je ne trouve même pas les mots pour la décrire mais je reprends néanmoins.

« Oh vous ne nous voulez pas de mal mais vous utilisez votre don pour nous piéger. C’est pas très courtois vous savez. »

Stop Calypso. Je respire longuement, jetant un regard sur la montre de Clarence avant de me rendre compte que cela ne servirait à rien. Néanmoins, l’obscurité de la ruelle sur laquelle j’avais posé mes yeux tout à l’heure et qui semblait faire de l’œil à Clarence et qui pourrait nous permettre de nous échapper ne semblait pas très loin de nous, néanmoins, dans l’état actuel des choses et vu le don de Clarence, j’étais la seule à pouvoir nous sortir de là.

« Vous auriez dû y réfléchir à deux fois ! »

Inspirant fortement, je pose mon regard sur l’homme au don particulier et souffle tout l’air que j’ai dans les poumons, les faisant voler un à un, nous permettant ainsi de nous dégager de leur emprise. Il faut croire que quand je le voulais, je pouvais créer une sacrée intensité mais avec beauté et légèreté. Posant mon regard sur Clarence, je lui fis signe de venir alors que les autres se relevaient.

« Vite, viens ! »
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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: "Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]   Sam 7 Jan - 0:20


"Keep Calm and Carry On"

     Ses pieds se détachèrent du sol, le libérant d’une emprise dont il fût impuissant jusqu’à lors. Il avait eu besoin d’elle pour se libérer, n’ayant jamais été plus avancé avec deux yeux supplémentaires. Il put jeter un œil derrière lui, comprendre que ce qui les sauverait maintenant ne serait plus sa force de réflexion mais la capacité de Calypso. Ses doigts se refermèrent sur cette image, orgueilleux de voir qu’ils ne pouvaient inspirer la même panique. Les concessions accordées à sa femme, tout autant que le comportement qu’il put avoir avec elle l’auraient blanchi de toute misogynie, mais il ne put s’empêcher, en même temps que Calypso devenait la seule capable de les « sauver », pour plus de dramatisme, de se sentir émasculé. Il avait été celui l’aidant à se relever, lui tenant la main pour la guider. La tâche de la protéger l’avait mis mal à l’aise, mais ne parvenant pas à se satisfaire de la voir à présent faire preuve d’un courage insoupçonné, il se sentait vexé de n’avoir rien eu d’autre à faire que de regarder les corps des syndrigastis s’élever comme des feuilles en papier sous une bourrasque de vent. L’image de ces poids bien trop lourd pour savoir épouser le mouvement de l’air, membres ballants autour d’eux prêts à se détacher, lui fit réprimer un sourire. Une joie qui n’en était pas une, car la souffrance n’eut jamais à lui procurer un tel plaisir. Ce rictus étouffé fût au contraire le résultat de son soulagement. Son cœur se remit à battre en même temps qu’il suivait Calypso, plongeant dans l’obscurité de la ruelle qui depuis toujours les avait appelés.
     Il voulut attraper son bras pour lui faire accélérer le pas, la tirer comme il l’avait fait jusque-là, mais son rôle n’était plus celui-là. Il se contenta d’accélérer sa propre marche, l’incitant silencieusement à le suivre. Il se souvenait des ruelles de Londres, des chemins à prendre pour que l’on puisse perdre leur trace. Le grondement des bombes résonnait encore, mais il ne sût en avoir peur comme avant. L’adrénaline l’accompagnait pourtant, grandissant ses enjambées comme s’ils furent encore suivis, lui faisant tourner la tête à chaque carrefour pour vérifier qu’ils purent toujours s’échapper. Il eut besoin de ravaler sa fierté pour la remercier. Il attendit, pour le faire, de se sentir en sécurité, utilisant sa crainte de pouvoir encore être suivi pour ne pas avoir à lui souffler les mots qu’ils se devaient de dire. La respiration haletante et la poitrine encore secouée, il prit soudain une allure moins rapide pour se retrouver à ses côtés.
« Je dois avouer que tu m’as impressionnée. »
     Il plaqua le dos de sa main sur ses lèvres, pensant pouvoir arrêter son souffle au cœur d’un seul revers. Sa main tremblait malgré lui. Elle ne pût être blâmée pour savoir revivre. Ses spasmes étaient tels qu’il entendit les cliquetis de sa montre chanter près de son oreille.
« Tu dois prendre ce que je vais te dire pour un compliment, mais je ne pensais pas pouvoir te voir faire preuve d’autant de courage. »
     Comment aurait-il put, alors qu’elle s’était mise à trembler dès les premières minutes passées dans ces souterrains ? Ces tremblements furent bien entendus la cause de sa claustrophobie, mais elle eut avant ça été bien trop douce et candide pour qu’il ne puisse la croire empreinte de force d’esprit. Ses pensées purent faire l’éloge de ses capacités, il se contenta seulement de remarques anodines lui évitant d’avoir à se sentir une nouvelle fois lésé. Il fût un combat de longue durée qu’il ne se sentait pas perdre face à elle. Ces épreuves l’avaient chamboulées, bien plus encore maintenant qu’il en était libéré. Une fois les feux contournés, le chemin retrouvé, il pourrait se replonger dans le monde sécurisant qu’il lui avait toujours fallu critiquer. Sentiment inavoué, il était heureux de pouvoir le retrouver. Il s’autorisa une dernière reconnaissance, un remerciement qui suffirait à clore son embarras.
« Merci. »
     Derrière eux l'effroi, ceux qui n'y survivraient pas. Leur destin avait été scellé des années auparavant. Une pensée qu'il se répétait inlassablement, pour s'excuser.




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"Keep Calm and Carry On" ◭ Calypso [DÉFI II]
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