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 Daysleeper - Thad & Peggy

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Margaret Nebulosa

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- Jeune Chouette -
❧ Boucle Temporelle : Edimbourg, 1873
❧ Particularité : Apprentie Ymbryne
❧ Occupations : Lire et jouer du piano.
❧ Missives : 106
❧ Yeux de verre : 30
❧ Crédits : Bazzart


MessageSujet: Daysleeper - Thad & Peggy   Dim 4 Déc - 13:36


Daysleeper
Thad & Peggy, rencontre matinale autour d'un thé.

Deux jours. Deux jours s'étaient écoulés depuis mon arrivée, comme un bonhomme de neige ou une bouffée de givre, enroulée dans toutes les épaisseurs de vêtements que j'avais dans mes sacs, un peu comme une sorte de millefeuille de survie, bleue de froid, et tremblant comme une feuille. Où j'avais débarqué ici, dans une boucle inconnue en 1873, dans une époque tellement différente de la mienne. Presque cent ans avant... cent ans... tellement de choses s'étaient passées en cent ans, et pourtant, à l'échelle du monde, c'est un battement de coeur... et pourtant en cent ans l'homme est allé sur la lune, a inventé l'électricité, la voiture, la médecine a fait tellement de progrès... et tout ça est inconnu ici. Tout ça est tellement loin pour eux, inimaginable, irréaliste, digne des romans d'anticipation comme Jules Verne. Ici...ici je déambule lentement en ayant l'impression d'être figée dans un tableau ou une photo. D'être une intruse dans une toile si parfaite ou tout est raccord, ou tout est à sa place, dans une harmonie étudiée et recherchée. J'ai l'impression d'être une intruse, au milieu des bibelots et des meubles qui maintenant auraient leur place dans un musée et se vendraient des millions de livres. Le premier jour de mon arrivée, j'ai presque eu peur de toucher quoi que ce soit, de peur qu'un gardien ne vienne me hurler dessus... et pourtant, pourtant cet endroit est ma maison maintenant. Enfin non...mais mon refuge. L'endroit où je serais à l'abri en attendant de retrouver mon ymbryne et mes petits particuliers. L'endroit où je continuerai à apprendre à dompter mes pouvoirs, pour protéger au mieux les enfants dont j'aurais la charge. Apprendre à dompter le temps, à l'étirer entre mes doigts, à le tricoter et le détricoter comme une toile d'araignée pour en faire mon allié, mon protecteur. Le temps... cette chose qui glisse sous les yeux de tout le monde, et dont ils ne s'en rendent compte que grâce aux jours qui passent, à l'alternance du jour et de la nuit, des saisons et du calendrier. Eux ne perçoivent le temps que comme ça, une fuite, quelque chose qu'ils ne peuvent pas saisir et qu'ils ne peuvent que contempler, contrairement à moi...à nous, les ymbrynes...

Heureusement, l'accueil que j'ai eu a été des plus chaleureux, assez pour faire fondre toute la glace et le froid qui m'avaient entourée jusqu'aux os. Des sourires, des gestes doux, des regards aussi inquiets qu'attentifs. La chaleur d'un feu et le confort d'un sofa en velours, la douceur d'une robe chaude et d'une couverture moelleuse. Des cookies pour mon ventre vide et des caresses pour mon coeur en miettes. J'ai repris espoir, espoir d'avoir des réponses, d'avoir une piste, l'idée qu'un jour je les retrouve tous... Et qu'on pourra reprendre ce qu'on avait commencé, mon ymbryne, les petits et moi... mais en attendant je suis ici, et je dois m'habituer. La nourriture, les vêtements, la musique, tout est radicalement différent de ce que j'ai connu, et j'apprends à vivre dans un autre siècle, un autre monde. Les habitudes que j'avais n'ont plus cours, les réflexes que j'avais doivent s'effacer...c'est tout sauf facile, mais bon...je n'ai pas le choix, pour l'instant. Après...après peut-être que toute cette aventure m'apparaîtra comme un beau souvenir, que je pourrais raconter à mes particuliers, et peut-être même que je pourrais revenir ici de temps en temps pour leur parler, leur raconter ce que je deviens, les revoir... Les ymbrynes sont adorables, les quelques enfants que j'ai croisés aussi, mais elles m'ont dit que la maison est pleine de particuliers qui sont un peu ermites, et que je verrais, mais plus tard, un jour peut-être.

Je pense à tout ça, assise sur la banquette de ma chambre installée sous ma fenêtre, regardant le jardin recouvert de neige comme un paysage de contes de fées, et mon souffle qui fait de la buée sur la vitre glacée. Mes doigts s'y promènent pendant de longues secondes, traçant des formes, des figures pendant que mon esprit vagabonde... Mais la faim me fait me lever. Mes pieds nus se posent sur le tapis alors que je passe un châle sur mes épaules. Je souris distraitement en sentant ma chemise de nuit frôler mes chevilles. Eh ouais...la vraie chemise de nuit de l'ancien temps, qui va jusqu'aux poignets, au col, et aux chevilles. Le truc le plus chaste que j'aie jamais porté. Je pousse la porte et descends les escaliers en bois pour aller jusqu'à la cuisine et me faire un thé. Sans trop faire attention je pousse la porte et entre, allant prendre la bouilloire que je remplis d'eau. C'est là que je vois un type d'une trentaine d'années, brun aux yeux bleus de glace qui lève le nez vers moi. J'ai un petit sourire avant de lancer un claironnant ''Bonjour!'' puis retourne la tête vers ma bouilloire pour ne pas qu'elle déborde.

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Dernière édition par Margaret Nebulosa le Jeu 22 Déc - 12:52, édité 1 fois
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Thaddeus Gentilis

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- Autour amnésique -
❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Lun 5 Déc - 18:42

Daysleeper
Margaret & Thaddeus
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"Thaddeus Gentilis. Gardien au coeur valeureux. Autour protecteur qui cherche sa place alors qu'il l'a auprès de ceux qu'il couve de son regard plein de bonté." Voilà les premiers mots qui forment l'introduction à ce carnet qu'elle m'a offert il y a des années de cela. Du bout des doigts, j'effleure la calligraphie élégante de la femme qui m'a un jour arraché aux bras de la mort pour me garder tout contre son coeur. Elle qui dans ses mains, a sauvé la créature brisée que j'ai été. Elle qui m'a élevé hors de la boue et du sang, et qui a su avec patience, construire l'homme que je suis désormais. Avec un faible sourire aux lèvres, je laisse mes doigts glisser le long de la page, laissant mon regard se perdre dans la suite des mots qu'elle a inscrit sous mes yeux fatigués, lors d'un après-midi terne et éternel d'automne. "Avec ceci, tu ne pourras plus te perdre..." m'avait-elle dit en me tendant autant le carnet en cuir que la plume. "Tu n'as qu'à écrire ce qui te semble important Thaddeus. Écris et ainsi, si un jour tu doutes de quoi que ce soit, tu n'auras qu'à te retrouver ici et te rassurer..." Je porte ma tasse de thé à mes lèvres, ignorant la morsure du breuvage encore un peu trop chaud sur ma langue, alors que porté par une nostalgie presque mélancolique, je me replonge dans mes écrits maladroits et presque illisible qui ont constitués mes premiers balbutiements d'être de nouveau humain. Avec une pointe de tendresse, je déchiffre ce que j'ai tenté à l'époque d'inscrire sur le papier, en pensant que c'était ce que j'avais de plus précieux au monde. "Le vent dans les feuilles. Le thé avec un nuage de lait. Les biscuits un peu secs qu'ont peut manger avec. Le feu de cheminée." Tant de choses que je trouvais merveilleuses et que j'avais peur d'oublier dans la nuit. La porcelaine réchauffe un peu trop ardemment le bout de mes doigts, et contraint de la poser sur la table, j'ai un léger soupir, avant de reprendre ma lecture, la gorge quelque peu nouée. "La façon dont elle fait mes noeuds de cravate. Les jeux avec les enfants. Les siestes dans l'après-midi. L'odeur du linge propre." A l'époque je n'étais qu'un enfant perdu, qui tentait de se raccrocher à n'importe quoi pour se rassurer. A l'époque, tout me semblait important et tout méritait une place dans mon carnet. "Voler entre les feuilles qui tombent. Jouer aux cartes. Danser avec elle." Je voulais tout noter, tout inscrire, et tout relire à mon réveil, afin d'être sûr que plus rien ne m'échappait. Je tourne la page, puis la suivante avant de refermer le carnet, un soupir aux lèvres et une pointe d'amertume sur le bout de la langue. Je ne devrais pas avoir à repenser à tout ça, il y a bien longtemps que je n'ai normalement plus besoin de ce carnet que je garde pourtant contre mon coeur comme le ferait un enfant avec son doudou, mais j'ai beau me détester de cette mauvaise habitude qui ne passe pas, je suis pourtant là, à chercher dans la candeur de mon moi antérieur, les phrases qui sauront rassurer l'homme incertain que je suis désormais. Dans les fragments d'un Thaddeus qui peinait encore à ne pas voir son corps comme une prison de chair dont il ne pourrait jamais s'échapper, je cherche les paroles qui en cette fraîche matinée me feront aller de l'avant et me donneront l'énergie d'avancer. Dans des phrases, des impressions et des mots que je connais par coeur, je cherche en vain ce que je ne peux trouver en moi, et c'est là que l'amertume revient. Elle qui vient m'embrasser avant de murmurer contre mes lèvres pincées que jamais rien ne pourra me rassurer ou me dire ce que je veux entendre, car l'Univers n'est pas si généreux. Mes doigts se referment à nouveau sur la tasse de thé brûlante tandis qu'en un geste presque mécanique, je porte à mes lèvres le breuvage chaud censé me réchauffer après la ronde matinale que j'ai effectué. Tout en ignorant le carnet que je délaisse à mes côtés, je ne prête pas plus attention au thé que je bois, ni aux pas léger que j'entends sur le plancher, pensant innocemment qu'il s'agit d'un des pensionnaires qui me rejoint en cette heure. Et si déjà, je prépare un sourire à celui ou celle qui viendra partager un peu de thé avec moi, j'avoue bien rapidement m'étonner quand mes prunelles se posent sur la silhouette élégante d'une jeune fille simplement vêtue de sa chemise de nuit. Une inconnue qui d'un sourire étincelant et d'un ton qui ne semble souffrir de rien, me salue avant de retourner faire chauffer un peu d'eau. Frappé par la surprise, je reste comme un idiot à l'observer tandis que mes pensées tentent de trouver un semblant d'ordre dans le chaos de questions qui tempêtent sous mon crâne. J'entrouvre les lèvres, laisse quelques secondes filer et enfin, dans un bredouillement peu assuré, je prononce les mots qui n'auraient pas dû tant peiner à traverser mes lèvres.

"Euh... Bon-bonjour...."

Mais en quoi cela devrait être simple ? Pourquoi cela devrait être aisé que de paraître naturel face à une jeune inconnue qui seulement vêtue de sa chemise de nuit, vient se présenter à moi, les pieds nues dans la cuisine, tandis qu'elle se prépare un thé ? Je fronce quelque peu les sourcils avant de pincer à nouveau les lèvres, cherchant dans sa silhouette les réponses aux questions que je ferais mieux de lui poser. Mais le fais-je ? Non, je reste comme un enfant bien trop timide pour adresser la parole à un adulte, à l'observer là où mes doigts ne se referment que sur du vide au lieu de la tasse que je désire tant porter à mes lèvres. Le feu commence lentement à réchauffer la bouilloire et avant qu'elle ne commence à chercher une tasse, je m'éclaircis discrètement la gorge pour reprendre.

"Dans le placard à votre gauche... Vous devriez trouver votre bonheur."

Je tente un sourire alors que le dos de ma main rencontre enfin ma tasse, qui chancelant dangereusement, renverse un peu de son contenu encore brûlant sur la table qui n'avait pas mérité le moindre geste maladroit de ma part. De justesse, je rattrape la porcelaine avant qu'elle ne s'écrase contre le bois, et après un claquement de langue agacé, je pousse un long soupir. Je me relève et tasse en main, j'attrape un torchon, nettoyant le résultat de ma maladresse ou de mon anxiété.
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Margaret Nebulosa

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Ven 9 Déc - 19:08


Daysleeper
Thad & Peggy, rencontre matinale autour d'un thé.

Deux jours et j’ai encore du mal à trouver mes marques. Deux jours et j’ai toujours l’impression d’être l’erreur qu’on cherche dans une image, comme le jeu auquel les enfants aiment jouer, l’anomalie, l’intruse. Deux jours ou malgré la compassion, la douceur et la gentillesse je me sens toujours étrangère…doublement étrangère même, parce que je ne suis ni à ma place, ni à mon époque. Il y en a peu qui peuvent se vanter de ça d’ailleurs…étrangère à son époque, perdue dans un autre siècle où tout ce que les femmes avaient gagné n’était qu’un rêve de suffragette, où elles ne pouvaient même pas rêver de suivre des études, ou faire autre chose que se marier et avoir des enfants. J’ai vécu à une époque où notre conquête s’était fait à coups de minijupe, où notre corps n’appartenait qu’à nous, et où on pouvait coucher avec quelqu’un sans être obligée de se marier avec, ou pire, dans le seul but de faire des gamins. Comme des Valkyries modernes, des femmes avaient tout risqué pour qu’on ait enfin le droit de juste faire ce qu’on voulait de l’enveloppe de chair qu’on habitait, et pour ça je les admirais énormément … et là… c’était un bon en arrière, même si bien sûr, dans notre monde, dans notre boucle, les choses étaient différentes.

Je pense à tout ça alors que mes pieds nus s’enfoncent sur l’épais tapis du couloir, et que je marche sur la pointe des pieds pour ne réveiller personne. De vieilles photos en noir et blanc au mur, des peintures de fleurs, de paysages champêtres, des gens bien trop sérieux qui posent en uniforme, raides comme la justice, des lampes au gaz… du papier peint à rayures et des plinthes en bois sombre… Je manque de me tromper de couloir, ce qui n’arrête pas de m’arriver, et finalement je trouve l’escalier que je descends lentement. La cuisine…deuxième…non troisième porte. J’atterris d’abord dans la buanderie, avant de trouver mon bonheur dans la pièce suivante… cette maison est un vrai labyrinthe…
Arrivée à destination, je vais mécaniquement vers la bouilloire et l’évier. Tout se fait à la main ici… pas d’aspirateur, ni de réfrigérateur – enfin vu le froid dehors qui ne cesse pas, pas besoin – et je n’imagine même pas le repassage… Je plains vraiment celui ou celle qui devra s’y coller… Perdu dans mes pensées je ne fais pas attention au jeune homme qui est assis à la table, et qui est tellement discret que je n’ai pas remarqué sa présence.

Je lui souris, tout en retournant à ma bouilloire qui se remplit d’eau.

On dirait que je ne suis pas la seule ici qui n’arrivait plus à dormir… Je commençais à tourner en rond dans ma chambre alors je me suis dit qu’un thé me ferait du bien… Et vous, qu’est-ce qui vous amène ici aussi tôt ?

Je pose la bouilloire sur la grosse cuisinière en fonte, et je me penche pour glisser deux bûches dans le feu qui l’alimente. Je referme ensuite la lourde porte et me redresse, m’essuyant les mains à un torchon qui séchait là, et je recule d’un pas pour contempler l’alignement de placards qui s’étale sur tout le mur. Et tel un preux chevalier, sa voix douce s’élève dans mon dos, comme s’il pouvait lire dans mes pensées.

Oh, merci ! C’est gentil !

J’ouvre le fameux placard et contemple toute la collection d’herbes séchées et de bocaux d’infusions comme de thé, en piochant plusieurs avant de les ouvrir, en renifler le contenu puis les reposer. J'en choisis finalement un, qui sent la rose et en verse dans la théière que j'ai repérée un peu plus tôt. Grâce à ses indications je trouve une autre tasse, une passoire pour les feuilles une fois infusées, et bientôt un léger sifflement m'avertir que l'eau est chaude. J'attrape le torchon pour saisir l'anse de la lourde théière et soupire en la soulevant et la déposant sur la table. Sauf que ma manoeuvre a dû l'effrayer puisque je l'entends claquer sa langue et je relève les yeux. Je contemple le désastre et repose la théière, prenant mon torchon pour l'aider à éponger le thé fumant qui s'est répandu.

Est-ce que ça va? Vous vous êtes fait mal? Je suis désolée si c'est à cause de moi que vous vous êtes brûlé... J'ai essayé de faire attention pourtant...

Je m'accroupis pour éponger le thé qui s'est renversé sur le sol avant de me relever lentement, et remplis ma théière d'eau chaude pour que les feuilles infusent. Ca y est, enfin. Je m'assieds enfin face à lui, observant la théière qui fume avant de croiser son regard. Je lui lance un sourire timide, craignant qu'il ne m'en veuille pour l'histoire du thé renversé...

Au fait je...ne me suis pas présentée, je m'appelle Margaret...mais tout le monde m'appelle Peggy. Je...suis arrivée il y a seulement deux jours... et vous?

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Dernière édition par Margaret Nebulosa le Jeu 22 Déc - 12:51, édité 1 fois
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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Mer 14 Déc - 21:52

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"La maladresse n'est pas un défaut. Allons… Ne t'en veux pas. Ce n'est qu'une assiette." Je fronce les sourcils alors que j'imbibe le torchon du thé qui autrefois, au lieu d'être sur la table, se trouvait dans la tasse que je devrais boire en cette fraîche matinée. Agacé d'être ainsi, et sûrement légèrement intimidé par la jeune femme qui, encore simplement vêtue de tenue de nuit, je tente de réparer mes erreurs et de trouver un moyen de ne pas complètement passer pour un idiot de bon matin, face à l'inconnue qui semble désormais habiter avec nous au refuge. "Faire bonne impression est important, oui… Mais être ce que tu es et non ce qui pourrait plaire aux autres l'est encore plus, tu ne penses pas ?" L'eau dans la bouilloire commence doucement à chauffer tandis que règne dans la cuisine un silence qui n'est dérangé que par les questions qui traversent ses lèvres alors que dans un élan fort généreux, elle s'en vient m'aider à nettoyer. Je tente de la retenir et de lui dire que ce n'est pas la peine, mais c'est trop tard. Armé d'un torchon, elle s'entête et s'occupe d'éponger ma propre maladresse. Penaud, les doigts nerveusement crispés autour du morceau de tissu humide, je l'observe faire avant d'avoir pour elle un murmure empreint d'une gratitude néanmoins entaché de honte.

"Merci… C'est fort aimable… Vous n'aviez pas… à…"

Les mots semblent se bousculer sur le bout de mes lèvres, forment des sons qui n'ont aucun sens et qui de plus en plus difficilement peine à se faire entendre, jusqu'à ne plus être un silence pesant. La tête basse, le regard fuyant, je replie le torchon bien sagement avant de l'abandonner sur un coin de table. Le dos raide, je me retrouve de nouveau assis devant ma tasse de thé, et perdu dans l'océan de mes regrets et de la honte, je peine à suivre ou même à capter le moindre de ses gestes, ne la voyant ni se redresser, ni se servir une tasse de thé et encore moins me rejoindre à table. J'en viens même à ignorer sa question, n'arrivant pas, de toute façon, à formuler la moindre réponse qui pourrait avoir du sens. Pire, je me rends compte au fil des secondes que je ne me souviens même plus de sa question. Je pince les lèvres et referme mes doigts autour de la porcelaine chaude sans oser la porter à mes lèvres, comme effrayé à l'idée d'en reverser un peu plus sur la table. Les secondes passent et j'oublie presque qu'elle est là, ne réalisant sa présence qu'au moment-même où elle se présente. En un sursaut délicat, je frissonne et pose mes prunelles dans les siennes, écoutant avec une demi-attention les mots qui glissent d'entre ses lèvres et peinent à faire sens dans mon esprit. J'entrouvre bien les lèvres pour elle, me mettant à la recherche de mon vocabulaire avant que mon éducation ne reprenne enfin le dessus.

"Enchanté… Peggy… Je me disais bien que je n'avais pas encore eu le plaisir de vous rencontrer."

Je recommence enfin à respirer et les battements jusque là frénétiques de mon coeur semblent se calmer alors que j'arrive à avoir pour elle un léger sourire. Je prends une grande inspiration, relâche mes épaules et enfin, je redeviens l'homme agréable à qui beaucoup viennent raconter leurs histoires quand ils ne trouvent pas sa compagnie pour une simple tasse de thé. Je tente de porter la mienne à mes lèvres, m'autorise une légère gorgée avant de reprendre d'une voix douce.

"Excusez-moi pour toute à l'heure… Je ne voulais pas paraitre désagréable ou contrarié. Il est juste agaçant d'avoir l'habileté d'un bloc de marbre."

J'ai un léger rire, peut-être un peu éteint mais sincère. Il est faible mais il vient du coeur. Elle disait que c'était mes plus beaux rires, ceux que je ne forçait pas, et qui ressemblent à celui que j'ai pour elle en cet instant.

"Thaddeus Gentilis." Je marque une légère pause. "On m'appelle Thad ou… En fait, les autres pensionnaires m'appellent comme ils le souhaitent alors… Je ne me formaliserais pas du moindre surnom que vous pourriez me donner."

Le sourire que je lui offre est plus lumineux, et plus calme, j'arrive enfin à porter à mes lèvres ma tasse de thé, m'autorisant une autre gorgée.

"Je m'étonne cependant de ne pas vous avoir croisé plus tôt… Ne le prenez pas mal, mais normalement, étant l'un des gardiens du refuge, nous aurions dû avoir le plaisir d'être présenté l'un à l'autre plus tôt…. Mais… En réalité ça ne devrait pas m'étonner… Je n'ai pas été bien présent dernièrement."

J'étais là, mais ailleurs. Dans mon bureau je résidais et à l'abri des regards, je me perdais dans les recoins de ma mémoire, à tenter de tirer à mon esprit fatigué les informations que lui-même ne possède plus depuis bien longtemps. Je me suis isolé pour me réfugier dans les bras de mes angoisses. J'ai passé deux jours, presque seul, à tenter de trouver au fil du tabac que j'ai fumé, les réponses à des questions que je ne suis pas encore sûr d'avoir envie de me poser. Qui est Sigmund ? Étais-je lui ? Ai-je envie de le connaître ? De le comprendre ? Je ne sais pas encore.

"C'est votre première boucle ou vous voyagez entre celles-ci ? Pardonnez ma question mais je suis curieux sur la raison qui vous pousse à venir ici, en cet hiver éternel que certains ne supportent plus ou fuient…"
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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Jeu 22 Déc - 12:47


Daysleeper
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J'ose à peine m'avancer dans cette maison, puis dans cette cuisine. Tout est tellement différent et étrange, même si avant, chez moi, j'étais franchement pas habituée à la technologie et j'ai découvert la vraie musique chez mon ymbryne, mais quand même... là...c'est tellement... loin. Je me traite mentalement de cruche alors que j'arrive enfin à trouver mon chemin jusqu'à la cuisine, tombant nez à nez avec un jeune homme qui y est tranquillement installé. Tellement tranquillement que je ne l'avais même pas vu, et encore moins entendu. Il aurait rempli à merveille la fonction de gargouille, spectateur silencieux et discret, bien que lui soit beaucoup moins laid et grimaçant. Il est plutôt du genre...lointain. Oui c'est ça. Le genre lointain. Il a l'air d'être ce type de personnes toujours dans la lune, ou concentré sur un sujet de réflexion important, et qui, même s'il est là physiquement, n'est pas toujours là mentalement. Ma soeur est comme ça, tout comme ma tante. Alors quand en plus les deux étaient réunies... D'ailleurs, c'était presque effrayant, parce que par moments, alors qu'elles étaient depuis une bonne heure ou deux sur la balancelle du jardin ou installées sur un sofa dans le salon, l'une d'elles lançait une phrase sortie de nulle part, une question ou une affirmation, et l'autre, qui d'habitude n'était là pour personne, répondait tout naturellement comme si la conversation avait débuté il y a une bonne heure et se poursuivait sans encombre. Puis après quelques phrases chacune retombait dans son mutisme, les doigts occupés à coudre ou à arranger des fleurs... Il a l'air de ce genre là, à sortir de sa rêverie et ses pensées en me voyant, et devant faire un effort surhumain pour simplement se lancer et me parler.

Je brise la glace, lançant une phrase banale avec une question qui flotte dans l'air. Ce n'est pas grave s'il ne me répond pas, je ne vais pas le forcer. Et puis si je commence à m'offusquer dès que quelqu'un ne fait pas exactement ce que je veux...je ne suis pas prête d'être détendue et apaisée... Quelques secondes passent, pendant lesquelles je mets la bouilloire sur le feu et j'entends ensuite sa voix qui s'élève, calme, à peine un murmure, pour m'indiquer où est rangé le thé. Ca plutôt que de répondre à ma question mais soit, soit... Je suis sincère quand je le remercie et termine la préparation de mon thé, mettant le nez dans plusieurs bocaux jusqu'au moment où je l'aide à éponger le thé qu'il a renversé. J'ai un léger rire quand il bredouille des remerciements mélangés à des excuses alors que je me relève.

Du calme... ce n'est qu'essuyer un peu de thé sur du carrelage, je ne vais pas recevoir un prix Nobel pour ça donc...il n'y a aucun souci, ne vous en faites pas...

Je me relève, laissant le torchon sale sur un coin de l'énorme évier avant de finir de préparer mon thé pour m'asseoir enfin face à lui. J'ai l'impression que notre échange est lancé, même timidement, alors une fois assise, et après quelques secondes de silence, je me présente, essayant de mettre autant de chaleur et d'enthousiasme que possible dans ces quelques mots. Alors oui j'ai peur, oui je suis mal à l'aise dans cette maison si grande que je m'y perds encore et qui surtout n'est pas la mienne, mais il faut que je trouve ma place, que je m'habitue, et que j'apprenne à connaître ceux avec qui je vais vivre désormais... comme lui. Le silence revient, comme un invité encombrant dont on n'arrive pas à se débarrasser,et qui après qu'on l'ait mis à la porte, revient par la fenêtre... mais tant pis. Je regarde ma tasse, les volutes de vapeur qui s'en dégagent avant de l'attraper doucement entre mes doigts. Je lève les yeux vers lui quand je l'entends inspirer, et hausse un sourcil. Bon sang, on dirait qu'il s'apprête à faire une demande en mariage ou à tenter de battre un record du monde dans un sport quelconque. Ou pire, à annoncer la mort de quelqu'un. Enfin il réagit comme s'il était sur le point de me révéler un des plus grands secrets de l'humanité, et que j'étais privilégiée de l'entendre. Alors j'attends, pendue à ses lèvres, guettant d'apprendre le sens de la vie ou que Jésus avait ressuscité encore une fois et que j'avais raté un épisode. Les secondes s'étirent, le suspense est à son comble, avant d'enfin se lancer. Et je me retiens de justesse de rire en l'entendant. Eh bien garçon, c'est pour ça que tu te mets dans des états pareils? Qu'est-ce que ça doit être quand c'est important alors! J'ai un sourire en coin alors que je hausse les épaules.

Je suis toute nouvelle ici, et j'ai encore un peu de mal à prendre mes marques c'est vrai...

Il a l'air d'enfin se détendre. Punaise on dirait que pour lui ce qu'il vient d'accomplir est pareil au fait d'avoir escaladé une montagne, l'Everest par exemple, ou traversé l'Atlantique à la nage. Mais c'est bien, il faut se satisfaire de peu dans la vie. Il sourit, et pour la première fois j'entrevois quelqu'un de gentil. Son sourire est sincère et lumineux bien qu'un peu...limité, comme s'il se retenait. Et à ma grande surprise, il relance la discussion sans que j'aie à le menacer d'une cuillère en argent rageuse.

Ce n'est rien...franchement c'est rien du tout. Si j'avais dû me mettre dans tous mes états à chaque fois que je cassais ou renversais quelque chose, je serais plus de ce monde à l'heure qu'il est. Ca arrive, et il y a vraiment, vraiment pire, vous inquiétez pas...

Il rit même l'animal, preuve que la glace est définitivement brisée, et je hoche la tête en entendant son nom.

Eh bien, quelqu'un qui a un prénom fixe mais un surnom variable...c'est intéressant! Surtout que Thaddeus, c'est pas courant! Enchantée, Thad...

Il sourit plus. On dirait qu'il a enfin compris qu'il n'a pas à avoir peur de la petite créature que je suis. C'est bien. Brave garçon... et il se détend même au point de boire un peu de thé, pendant que je fais de même. J'incline légèrement la tête, étonnée en apprenant qu'il est un des gardiens de cet endroit. Un homme... étrange.

Ah oui? Vous avez été occupé? C'est juste que je suis arrivée à la tombée de la nuit, complètement frigorifiée et après un long voyage. Du coup j'ai dormi une bonne partie de la journée du lendemain, et ensuite miss Cya m'a fait visiter et a commencé à m'expliquer comment les choses fonctionnaient ici. Je suis principalement restée avec elle et je n'ai pas vu grand monde. Mais...si vous me permettez... vous êtes un gardien? J'ai entendu que les ymbrynes n'étaient que des femmes... Vous êtes une exception?

Je suis vraiment curieuse, et écoute sa réponse avec intérêt. Des gardiens... qui ont une partie des pouvoirs d'ymbryne, mais sans la capacité à modifier le temps... intéressant. Puis la discussion s'éloigne bientôt vers moi, et la boucle d'où je viens.

Je viens d'une autre boucle oui, en 1971. J'y suis entrée il y a trois mois mais...mon ymbryne et les particuliers dont je m'occupais ont disparu du jour au lendemain et...je n'avais nulle part où aller, personne vers qui me tourner. Alors je suis allée dans la boucle dont m'avait parlé mon ymbryne...pour demander de l'aide, et essayer d'avoir des réponses... et me voilà, quittant une boucle au printemps pour venir jouer les bonhommes de neige ici...en espérant avoir de leurs nouvelles bientôt... Et vous?

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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Jeu 22 Déc - 20:07

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Thad, ainsi je serais cet homme pour elle, celui à qui l'on donne un surnom simple et empreint pourtant d'une affection naissante et d'une familiarité loin d'être désagréable. Thad. J'ai un sourire en imaginant qu'elle a dû se rabattre sur ce choix simple et pourtant évident, par simple envie de vouloir faire la conversation et surtout de me signifier qu'elle serait plus qu'heureuse qu'elle et moi devenions plus des compagnons d'une fois lors d'un matin frais autour d'une tasse de thé à moitié renversée. Des volutes de fumée se meurent entre nous, et le silence qui semblait jusqu'ici vouloir rester parmi nous pour converser, est bien rapidement chassé par les réponses aux questions, peut-être indiscrètes que j'ai eu pour l'inconnue qui répond au doux nom de Margaret, mais qui dans l'intimité de ce petit-déjeuner, préfère être Peggy. Ainsi donc, la douce attrape sa tasse, la porte à ses lèvres fines et si je m'attendais à ce qu'elle me parle tout d'abord de la neige et du froid qui règne dehors, semble plus curieuse quant à ce que je suis. D'un haussement de sourcil, j'accueille sa remarque et sa curiosité sans m'en offusquer, n'ayant que la légère impression que si Cya l'a en effet bien prise sous son aile, il lui manque encore une oreille attentive pour l'écouter et une épaule rassurante sur laquelle se reposer. Sans oser l'interrompre, je m'autorise une autre gorgée de thé et quand elle me demande si je suis une exception, je ne lui offre, pendant quelques secondes, qu'une amorce de rire et un sourire qui dévoile ma dentition.

"C'est… C'est un peu particulier en effet. Je ne pourrais vous expliquer clairement ce qu'il en est et je ne prétends pas en savoir plus que les autres… Je parle donc en mon nom… Mais, si exception je suis, Aloysius, l'autre gardien du refuge, en est une belle aussi." Pour l'hirondelle j'ai une pensée amicale, un semblant de réflexion qui me pousse à croire qu'il aimerait peut-être que je nous considère comme égaux et non rivaux. Même si à mes yeux, il n'a jamais été plus qu'un ami que peut-être, je rudoie parfois et blesse. "Nous sommes deux ainsi… À être capable de nous parer de plumes et d'être ainsi à même de veiller sur le refuge, mais contrairement aux Ymbrynes, nous sommes bien incapables de maîtriser le temps, ceci est réservé aux femmes." Un sourire se glisse sur mes lèvres, accompagné d'un regard amusé que je lui offre, me gardant tout de même d'en dévoiler trop sur ma personne. Je pourrais lui parler du rapace que je suis, ou du reste, mais plus par envie de ne pas trop me dévoiler, je reste évasif, me disant qu'au pire, elle aura un jour le plaisir de croiser l'Autour et de le voir peut-être se poser sur l'une des branches d'un des arbres du domaine. Je note dans son regard une étincelle de curiosité, puis rapidement, plus rien, cet éclat étant remplacé par des mots qui à mon tour font luire dans mes prunelles une lueur que l'on trouve d'habitude chez les enfants impatients. Sagement, je l'écoute et au fil de ses mots, j'oublie ce qui jusque-là me taraudait pour plutôt me fasciner de la savoir venue d'une époque si lointaine à la mienne. 1971. Elle vient littéralement d'un autre siècle et si moi, je peine à imaginer ce qu'elle a pu vivre, je me doute qu'ici, elle doit avoir l'impression d'évoluer dans l'un des livres d'histoire qu'elle a pu un jour parcourir. Tout doit lui sembler si poussiéreux, si étrange, presque teinté de sépia. Mon regard croise le sien, et les lèvres entrouvertes, je tente de faire mienne sa vision du monde. Les secondes filent, les mots passent et glissent, et c'est uniquement quand elle en vient à me demander ce qu'il en est de mon passé que l'enthousiasme qui illuminait mes traits disparait pour ne laisser d'une certaine gêne.

"Moi ? Oh eh bien…" C'est compliqué. Affreusement même, à tel point que je recommence à bredouiller, pas bien certain d'avoir envie de lui expliquer les raisons qui m'ont un jour poussés à venir ici et à trouver refuge en cet hiver éternel. Mes doigts se perdent distraitement sur la porcelaine encore chaude et après un sourire contrit, je trouve enfin le courage de lui répondre ce qui est à mon sens, une demi-vérité.

"Je suis ici depuis dix ans déjà… Mais contrairement à vous, je n'ai pas fuis mon ancienne boucle pour ma survie… J'ai décidé de voyager et je dois avouer faire un piètre explorateur, car une fois arrivé ici, j'ai eu du mal à partir." J'ai un léger rire avant de reprendre, la tasse à mi-chemin entre mes lèvres et la table. "Du coup, je suis devenu l'un des gardiens et maintenant, je passe la plupart de mon temps à écrire l'histoire de ceux qui arrivent un jour ici. En fait, avec le temps, je suis plus devenu un historien qu'un voyageur en quête de réponses."

Je m'accorde une gorgée de thé tiède, en repensant aux derniers mots que j'ai eu pour elle. "Je n'aurais pas le temps de te manquer." D'un battement de cils, je chasse la culpabilité qui menace déjà de revenir s'assoir sur mes genoux pour me voler le peu de souffle que j'ai d'une simple caresse. Je repose la tasse sur la table et pousse un léger soupir.

"J'aurais dû le faire plus tôt, mais je suis navré et sincèrement désolé à propos de votre boucle… J'espère que tous vont bien." Je tente un sourire compatissant, n'étant pas complètement sûr qu'elle apprécie. "Vous savez… Je… Enfin, ça va très certainement vous paraître déplacé et je n'aimerais pas l'être avec vous et de bon matin… Mais, j'ai eu la chance d'entendre bien des histoires depuis mon arrivé ici… Peut-être… Peut-être que j'ai rencontré l'un de vos particuliers ? Ou du moins quelqu'un qui a entendu parler d'eux… Ça ne donnera peut-être rien mais… Nous pourrions essayer… Et vous pourriez me raconter qui ils étaient ainsi… Quand je reprendrais ma route, peut-être pourrais-je demander à d'autres et… " Je marque une pause. "Enfin, ça ne coûterait rien d'essayer, qu'en pensez-vous ?"



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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Dim 25 Déc - 20:58


Daysleeper
Thad & Peggy, rencontre matinale autour d'un thé.

Bien sûr j'avais entendu parler de la rigueur, voire la rigidité victorienne, mais j'aurais sérieusement pas imaginé que c'était à ce point... vraiment pas. Il a l'air paniqué, ou tout du moins mal à l'aise au simple fait de me parler, et j'hésite à emmener ma tasse et remonter dans ma chambre pour le laisser plus tranquille. Ou alors je le dérange, voilà tout... il espérait boire son thé tranquille, sans personne pour l'embêter...et me voilà. Pourtant, ça a l'air d'aller un peu mieux au fil des secondes et après l'accident du thé. Comme quoi, un peu de jus de feuilles renversé sur le carrelage peut briser la glace en plus de provoquer des cloques. Et surtout ça me permet de discuter avec le premier pensionnaire de ces murs qui n'est pas une ymbryne, et une femme. C'est vrai qu'à part ceux de ma famille, je n'en ai pas croisés beaucoup. Les voisins, les villageois, mais rien de plus... pourtant il y a quelque chose qui émane de lui qui me rassure. Une sensation de calme et de paix malgré sa gêne et sa légère nervosité. Pourtant tout ça se dissipe comme les volutes au-dessus des tasses de thé alors qu'on les vides petit à petit, alternant gorgées brûlantes et discussion, et je suis contente de voir que petit à petit mon étranger se détend et qu'il m'accepte finalement comme partenaire de thé dans ce matin d'insomnie calme et glacé.

Notre échange devient de plus en plus agréable et simple, à mesure que sa langue se délie et qu'elle rivalise enfin avec la mienne. J'ai toujours été bavarde, je le sais bien, mais c'est désagréable de faire la conversation toute seule. Alors je suis contente de voir que petit à petit ses phrases sont plus longues et qu'il se lance dans des explications sur le monde extraordinaire que j'ai gagné depuis peu... et ne plus avoir la voix de ma mère que je vois d'ici, la main sur la hanche, me répéter en pointant vers moi un index accusateur, souvent agrémenté d'un dé à coudre ''Margaret, tu pourrais même faire parler un mur"... Je hoche lentement la tête lorsqu'il me dit qu'il ne connaît pas l'origine de ce paradoxe particulier que sont les gardiens, ayant le don de se transformer en oiseaux mais sans la capacité de maîtriser le temps. Pourquoi? Qu'est-ce qui a fait qu'un jour, les femmes, et plus particulièrement certaines d'entre elles, aient eu ce pouvoir, et pas d'autres? Et pourquoi pas les hommes? Pourquoi une partie du pouvoir des ymbrynes et pas la totalité? Je ne sais même pas si tout ça a une réponse, ou tout du moins lui n'en a pas, et je devrai faire avec... Enfin je suis contente de le voir me sourire, et apprécier notre petite discussion imprévue. Plus que ça, alors qu'on en vient à parler de nos boucles, on dirait que la mention de la date de la mienne, 1971 a l'air d'allumer des étoiles dans ses yeux, et un sourire rêveur nait sur son visage. Et ce n'est que quand je lui retourne la question qu'il sort de sa rêverie. Je ris doucement à ses mots, resserrant un peu plus le châle sur mes épaules et repliant mes jambes pour poser mes pieds nus sur le bord de la chaise et mon menton sur les genoux.

En effet, un explorateur qui ne visite qu'un pays... c'est un petit peu contradictoire. Mais j'imagine qu'on puisse être bien ici... juste...c'est tellement loin de mon époque d'origine que... j'ai l'impression d'être dans un musée ou dans un livre d'histoire. Je pense que je m'y ferai mais je ne sais pas si j'y resterai. Les ymbrynes ont gentiment accepté de m'héberger le temps de savoir ce qui est arrivé à mes particuliers et ma boucle mais c'est vrai que...si...s'il n'y a pas de solution, il va bien falloir que je m'installe quelque part... Mais merci de vous inquiéter. C'est gentil...

Je baisse les yeux une seconde, sentant ma gorge se nouer et ma voix faiblir. A chaque fois que j'en parle, ou même que j'y pense simplement, je ressens toujours cette bouffée d'angoisse qui monte en moi, fait battre mon coeur plus vite et mouille le coin de mes yeux. Je me pince les lèvres, respirant profondément pour chasser ces nuages noirs et je me raccroche à ces dernières paroles pour changer le fil de la conversation, et passer à quelque chose qui m'affecte moins. Quelque chose de plus léger, et qui me ferait oublier qu'ils sont là dehors, sans moi, sans donner signe de vie, pour je ne sais quelle raison... Sauf la suite me fait hausser un sourcil, et effectivement, mes inquiétudes sont tout de suite balayées par ce qu'il est en train de me dire. Enfin ce que j'essaie de comprendre. Eh...attends voir... tu serais pas...non...il oserait pas. Il ose quand même pas! Garçon tu serais en train de me draguer? Pire, me proposer de coucher avec toi? En tout cas c'est ce que ça laisse à penser, avec des tournures comme ''déplacé'', ''pas l'être avec vous de bon matin...'' et je me dis que finalement, le côté prude, et balai enfoncé dans le derrière est vraiment un mythe, avant de comprendre ce qu'il veut vraiment quand il continue sa phrase. Et sur le coup, j'avoue que je commence à être prise d'un fou rire. Pendant quelques secondes mes épaules se secouent incontrôlablement alors que je pose ma main devant ma bouche. Tout ça pour ça! Et le pauvre me regarde avec de grands yeux ronds... Rapidement calmée, j'inspire un grand coup, reconnaissante d'avoir malgré lui chassé mes inquiétudes et hoche la tête.

Pardon, pardon... juste, en vous écoutant vous m'avez fait penser à quelque chose qui m'a fait rire. C'est pas contre vous bien au contraire. Merci... pour m'avoir fait rire. Ca fait du bien. Et pour tout vous raconter, ça aussi ça serait volontiers... ce n'est pas comme si j'étais débordée après tout!

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Mar 27 Déc - 13:49

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Elle est intrigante, la demoiselle fraîchement débarquée, qui au lieu de me remercier simplement pour ma proposition ou de me dire que ça ne me regarde pas, se permet un rire qui en plus de me laisser avec un air d'incompréhension qui devient de la surprise dans mes pupilles, me froisse presque en cette matinée à peine débutée. Car ne comprenant pas son hilarité, et ne voyant vraiment pas ce qui peut être si amusant dans mes mots, j'en viens à froncer les sourcils et à pincer les lèvres, point du tout sensible à son humour d'une autre époque. Ma tasse retrouve un peu sèchement la table et vaguement agacé, je m'apprête à m'excuser en lui disant qu'en effet, il était inconvenant de ma part de lui proposer une telle chose et qu'ici, il vaut mieux refuser poliment une demande audacieuse, que de rire au nez de celui qui a eu la maladresse de vouloir bien faire. Mes doigts se crispent sur la porcelaine désormais tiède tandis qu'elle, encore secouée et amusée de son fou rire passager, entrouvre à nouveau les lèvres pour moi, m'éclairant enfin sur ce qui est si hilarant en ma personne. Elle s'excuse et voilà que je m'adoucis, comprenant au fil des mots que ses lèvres forment et qui semblent glisser comme des perles que l'on enfileraient sur un collier, que ce n'était pas contre moi mais que dans mes paroles, elle a trouvé un écho à quelque chose qui l'a fait sourire, puis rire. Un soupir de soulagement m'échappe et d'un léger sourire, un tantinet effacé, je murmure que ce n'est rien avant d'à nouveau siroter une peu de thé.

D'un mouvement éphémère et volontaire discret, je viens passer ma langue sur mes lèvres alors que j'abandonne sur le table la tasse de thé désormais à moitié vide pour mieux ancrer mon regard dans le sien et poursuivre cette conversation qui semble lui faire tant de bien.

"C'est à moi de vous remercier… Même si nous avons tendance à perdre la notion du temps en cet endroit, vous seriez en droit de penser que vous avez bien mieux à faire que de passer un après-midi en compagnie d'un aventurier devenu historien par nécessité…"

Je suis peut-être dur avec moi-même, mais la réflexion qu'elle a eu quelques instants plus tôt m'a touché plus que je ne le pensais. "Un explorateur qui ne visite qu'un pays…" Instinctivement, et sans vraiment être capable de m'en empêcher, je baisse les yeux en ayant une pensée pour celle qui m'a poussé un jour à partir et à voler loin de ses bras, en me disant qu'il était temps pour moi d'aller chercher celui que j'étais ailleurs que dans son regard. En un battement de coeur, je me souviens de ses doigts sur ma joue et de ce jour d'automne éternel, où les feuilles sans cesse chutaient et dansaient dans le vent. Je me souviens de sa silhouette, de son sourire, de son au revoir et puis du vide. Je serre les dents, ravale tout ça et lève à nouveau les yeux vers Peggy, m'excusant en silence pour mon absence d'un sourire qui se veut chaleureux.

"Mais peut-être, avant de vous faire remuer des souvenirs qui peuvent se montrer douloureux ou trop intimes, voudriez-vous que je vous serve de guide ou de… Comment dire… ?" Je cherche mes mots, la bouche presque en coeur et les doigts élégamment posés autour de ma tasse. "De tuteur… ? Oui c'est bien le mot que je cherchais…" J'ai un sourire gêné. "Je sais que ce rôle irait mieux à une Ybmryne mais si vous le souhaitez, et dans la limite de mes capacités bien sûr, je pourrais peut-être vous aider à vous faire à cette époque qui n'est pas la vôtre ?"

Car je sais ce qu'il en est d'être perdu et de ne pas savoir où l'on doit aller et comment se comporter, ai-je presque envie d'ajouter. Je sais ce que ça fait d'être perdu, effrayé et ainsi jeté dans une époque qui n'est pas la sienne. Je connais la peur que l'on peut ressentir et la crainte de ne jamais être plus qu'un étranger. Et c'est pour ça que je veux être là pour aider, et qu'en cet instant, je lui tends cette main amicale, celle d'un homme qui a un jour été dans cette même situation. Perdu. Confus. Angoissé. Incertain. Le coeur plein de doutes et avec dans la tête un blizzard permanent. Je sais ce que c'est, mais je suis là, comme les autres le seront. Car ici tu n'es pas de passage et tu n'es pas une simple orpheline dont on va prendre soin. Tu es plus que ça. Tu es sous notre protection désormais et nous serons là, pour toi. Ici est devenu ton refuge et ta maison, l'endroit où tu seras toujours la bienvenue. D'une voix douce je reprends, avant d'entreprendre de terminer ma tasse de thé.

"Je pourrais par exemple vous aider dans l'apprentissage de notre étiquette, qui doit être fort différente de celle de votre ancienne boucle, vous aider à vous intégrer en sorte et à vous sentir le plus à l'aise possible parmi nous… Si vous le souhaitez, bien sûr… Vous êtes parfaitement en droit de refuser."
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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Mer 28 Déc - 0:18


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L'explorateur, voilà la petite étiquette que je vais lui mettre. Thad l'explorateur. L'explorateur depuis son fauteuil, celui qui traverse le temps et les mondes au travers des histoires des autres, de leurs souvenirs et de leurs expériences. Curieux personnage qu'un voyageur qui ne voyage pas dans l'espace, restant dans ce grand manoir, et dans le temps, n'ayant pas mes pouvoirs même s'il peut emprunter des boucles. Curieux curieux personnage, mais il m'intéresse, il m'intrigue. Le lointain. Lui aux yeux couleur du ciel qu'il contemple parce que son esprit vagabonde bien loin, dans d'autres époques et d'autres contrées. En fait c'est son esprit qui explore et qui voyage, c'est ce que je vois dans ses yeux couleur de mer. La mer est l'amie du voyageur, tout comme le ciel, même si à cette époque, ils n'ont jamais entendu parler d'un avion... Lui qui sans le faire exprès a réussi à me changer les idées à cause d'un quiproquo, et qui se retrouve totalement perdu face à mon rire qui doit lui sembler bien étrange. Oh mon explorateur si tu savais... mais non, il vaut mieux que tu saches rien... il vaut bien mieux, car pour qui tu me prendrais une fois que je t'aurais dit ce qui m'est passé derrière la tête? Vu l'époque, ce n'est même pas dit que tu me parles encore. Pire, tu pourrais même m'envoyer au bûcher. Non, peut-être pas au bûcher mais...enfin bref. Il vaut mieux que je garde ça pour moi. Je me contente simplement de lui donner une explication assez vague pour le convaincre et ça fonctionne. Lui qui était perdu se détend, et là où j'avais peur de l'avoir vexé, ou qu'il croie que je me moque de lui, il retrouve son sourire, et croise mon regard légèrement humide. Son regard est tellement intense...comme s'il essayait de lire en moi... Je détourne le regard une seconde, le portant sur ma tasse à moitié vide le temps d'une gorgée avant de reposer la porcelaine sur la table en bois, les joues rouges à la fois à cause de ce fou rire, mais aussi à cause de sa façon de me scruter...

On parle ensuite de son invitation à lui parler de mon époque, et je suis surprise de voir à quel point ça lui fait plaisir que j'aie accepté. On dirait que le temps est long, pour que la simple perspective de discuter avec moi soit comme un rayon de soleil dans sa journée grise et froide. Alors c'est ça? C'est ça que tu aimes faire, voyageur? Ecouter, noter, rassembler, te nourrir de ça, toutes ces choses qu'on te raconte qui sont comme des graines qui poussent dans ton imagination. Tu t'imagines des époques, des lieux et des mondes avec ce qu'on te dit, mais sans jamais confirmer par toi même que ce que tu t'imagines est vrai. Pourquoi? Pourquoi ne pas y aller? On est dans un mnde où ni le tmeps ni l'espace ne dont des limites, il faut juste ouvrir la bonne porte, qui mène au bon endroit. Rien de plus. Alors pourquoi restes-tu ici à te contenter des souvenirs des autres plutôt que d'aller voir par toi-même? Faire que ce soient tes propres yeux qui se rendent compte de tout ce qui existe plutôt que d'emprunter ceux de quelqu'un d'autre? Mais j'ai peur de demander car il y a peut-être une raison triste derrière tout ça. Autre chose que le ''Je m'y suis plu''. On peut partir et revenir, alors que pour arriver et ne plus jamais quitter un endroit, il y a une explication. Un jour peut-être il me la dira. Mais est-ce que je resterais assez longtemps pour l'entendre? Est-ce qu'on aura assez de temps pour devenir proches avant de devoir partir? Je n'ai pas la réponse. Une seule certitude, c'est que je reviendrai si je peux. Revoir Cya et lui, si on s'entend bien, même si pour l'instant ça a l'air bien parti pour...

Au contraire, ça me ferait très plaisir, surtout si ces sortes d'histoires vous intéressent! Autant que je me rende utile si je peux!

Je fronce légèrement quand il continue, cherchant à comprendre ce qu'il veut dire à présent. Qu'est-ce que tu me réserves l'explorateur? Hein? Qu'est-ce que tu vas me sortir cette fois? Un autre truc que je vais comprendre de travers parce qu'il aura tourné ça de façon compliquée? Finalement non, c'est tout simple, et très gentil. Mon sourire s'agrandit en entendant sa proposition.

Vraiment? Je...c'est vraiment sup...très gentil Thad l'explorateur! Merci! Merci beaucoup! Je... j'en ai tellement besoin! Et les ymbrynes sont déjà tellement occupées que...je ne veux pas les embêter avec des questions sur...à peu près tout et n'importe quoi. Surtout qu'elles doivent déjà m'apprendre à utiliser mes pouvoirs... Je n'ai pas été assez longtemps dans mon ancienne boucle pour les maîtriser totalement et j'ai besoin qu'elles m'aident...alors...c'est vraiment gentil...

Je termine ma tasse et je nous en ressers une chacune avant de reposer la théière et remuer lentement mon thé avec une petite cuillère en argent.

Au contraire, je serais une idiote de refuser ça, alors que c'est si gentiment proposé et que j'en ai tellement besoin. Je connais des choses mais clairement pas assez pour me fondre dans la masse... Je vais essayer de trouver un carnet pour prendre des notes de tout ce que vous m'apprendrez, histoire de ne pas faire de bêtises ici... ou ne pas compliquer la vie des ymbrynes qui ont déjà tellement de choses à faire... D'ailleurs...par quoi voulez vous qu'on commence?

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Lun 2 Jan - 13:50

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Du bout des doigts, et alors qu'elle m'avoue ne pas vouloir déranger plus que nécessaire les Ymbrynes qui vont déjà avoir pour tâche de lui enseigner la maîtrise de ses pouvoirs, je viens attraper le carnet en cuir fatigué qui jusque-là était resté sur la table, pour le glisser dans la poche intérieure de ma veste, lui faisant ainsi retrouver la place qui est la sienne. Celle que l'on donne aux souvenirs qui ne doivent pas périr et devenir incertains, ceux qui sont précieux et auxquels on se raccroche avec la force du désespoir. Ceux qui portent avec eux la douce mélancolie des êtres que l'on aime et regrette. J'ai une pensée pour elle tandis que je délaisse ma tasse de thé, encore incertain à l'idée de prolonger cette échange en m'en servant une autre ou simplement y mettre fin en ce geste subtile qu'est celui de laisser la tasse désespérément vide. Mes doigts hésitent et même si la porcelaine redevient froide, je n'arrive pas encore à délaisser totalement cette tasse, comme si il était encore trop tôt pour partir.

J'ai un sourire quand elle me dit qu'elle apprécierait de m'avoir comme tuteur, pour l'aider à se fondre dans la masse et ainsi devenir une vraie dame du dix-huitième. Je dois avouer que quelque chose en moi est flatté à cet aveu, avant de se faire plus humble en se remémorant tout ces instants où j'ai moi-même été plus proche d'un animal que d'un parfait gentleman. Peut-être trouverait-elle ça amusant, elle, de savoir que son pauvre autour blessé est devenu un homme distingué qui aujourd'hui est capable d'aider les autres. Elle serait fière, j'en suis sûr. Fière d'avoir sauvé le coeur valeureux et l'âme noble qu'elle disait sans cesse voir en mon être. Je ne me formalise pas du fait qu'elle me ressert un peu de thé et pire, j'ai un léger sourire avant de la remercier du bout des lèvres avant d'oser siroter une gorgée du breuvage désormais tiède, ne lui répondant réellement que lorsque que la porcelaine retrouve la table en un son délicat.

"Vous ne les dérangeriez pas et… Personne ne vous en voudrait d'avoir besoin d'aide. C'est même plutôt tout le contraire. Je ne sais pas pour les autres, mais ici, vous êtes ici chez vous et vous avez le droit de réclamer de l'aide et quelqu'un pour veiller sur vous. C'est normal d'être perdu et d"avoir besoin d'une main tendue à attraper. Tout comme il est normal en cette heure pour vous de vouloir avoir quelqu'un pour vous guider."

En un geste mécanique, je porte à nouveau la tasse à mes lèvres, continuant de boire sans réellement avoir soif ou envie de. C'est purement mécanique. C'est un geste qui n'existe que pour combler un vide. C'est un geste pour tuer l'immobilité et pour ne pas être un simple inconnu d'apparence un peu froid car perdu dans le lointain. Le thé n'a presque plus de goût tandis que je reprends d'une voix douce, chassant le reste de mes doutes et souvenirs d'un début de sourire et un battement de cils.

"Tout se fera au fur et à mesure, nous pourrions commencer par les bases et ensuite, je vous aiderais en fonction de ce qui pourrait se présenter ou non à vous mais… Si je puis me permettre..." Encore une pause dans mes mots. Je tente de trouver une bonne façon de le dire et de ne pas la froisser en cette matinée. Puis je trouve. "Pourquoi ne pas commencer par ce qu'il y a de plus pratique, comme les vêtements ? Je me doute que vous n'avez pas de quoi faire mais connaissant Cya, elle vous a sûrement laissé de quoi vous habiller mais je comprendrais si vous me disiez que vous êtes perdu avec tout ça et que c'est pour ça que vous êtes descendue en chemise de nuit… À moins que ce soit une habitude de votre ancienne boucle et auquel cas je m'excuse." J'ai une autre gorgée de thé avant de reprendre, si peu habitué à tant converser, ayant plus pour fonction d'écouter que d'expliquer, sauf avec Clarence, qui bien avant elle avait eu besoin de mes conseils et de mes doigts pour refaire ses cols. "C'est juste qu'ici, il vaut mieux descendre habillé pour prendre le déjeuner. C'est acceptable pour les enfants de se glisser hors de leurs chambres encore en tenue de nuit mais pour les jeunes femmes telles que vous, il est mieux d'être élégamment vêtue et ainsi plus à même d'éblouir son auditoire."

C'est ce qu'elle me disait sans cesse, en passant ses doigts sous mon menton pour me forcer à relever la tête et croiser son regard. "Quand ça ne va pas, il est de ton devoir de te faire beau pour les autres. Car cela passe aussi par ça. Il suffit d'éblouir les autres pour parfois se rendre compte de l'être merveilleux que l'on est." C'est qu'elle susurrait au creux de mon oreille alors que je l'enlaçais et qu'elle recoiffait mes cheveux. "Tu les laisserais voir ce que tu es, au lieu de te cacher ? Juste une fois. Juste pour moi." avait-elle soufflé, son regard ancré dans le mien. J'ai un sourire un peu triste en y repensant.

"Je pourrais vous aider, si vous craignez de devoir passer un corset ou quoi… J'ai quelques notions de ce côté-là, j'ai été moi-même élevé par une Ymbryne et il m'est arrivé de l'aider à renouer un lacet trop lâche ou à resserrer une robe un peu volante. Je pourrais vous aider, au moins la première fois après… Je crains qu'il ne vous faille demander à quelqu'un d'autre… Ce serait très mal vu que je vous aide plus d'une fois. Certains pourraient trouver ça terriblement dérangeant."

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Margaret Nebulosa

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Sam 7 Jan - 12:27


Daysleeper
Thad & Peggy, rencontre matinale autour d'un thé.

Décidément, il faut croire que toutes les personnes vivant dans cette boucles sont d'une gentillesse et d'une douceur qui sont surprenantes. Bon...je n'ai rencontré personne d'autre que lui à part miss Cya mais n'empêche, elle et lui sont doux, gentils et prévenants, exactement ce dont j'ai besoin pour me faire à ce nouvel endroit et cette nouvelle époque. Miss Cya et Thaddeus Thad le voyageur immobile, l'explorateur dans son fauteuil. Mon lointain... Mon guide aux yeux de ciel ou de mer... mon fil d'Ariane dans ce labyrinthe dans le temps et dans l'espace... Thad au sourire triste sans que je sache pourquoi, qui se contente des histoires des autres plutôt que de vivre la sienne... un mystère l'entoure, que je connaîtrai peut-être un jour...

Pourtant ses paroles sont aussi douces que son sourire et sa voix, et agissent sur moi comme une tasse de thé chaud ou une couverture moelleuse sur les épaules. Elles rassurent, elles font se sentir bien. En les écoutant, Cya et lui, je commence à y croire, à me persuader, à espérer que je vais pouvoir m'y faire, ici, pendant le temps où je vais demeurer sous ce toit, même si je ne sais pas si mon séjour sera court ou long, voire... permanent. Merci beau jeune homme. Merci de me donner ces si petites choses qui représentent autant pour moi. Merci de me donner ton temps, même quelques minutes. Merci pour ton sourire, même s'il est aussi rapide qu'un rayon de soleil entre deux nuages. Merci de ton aide, qui est comme arroser une terre desséchée pour qu'il puisse de nouveau y pousser quelque chose. Merci pour toutes ces choses, mais je me retiens de lui dire tout ce qui se bouscule dans mon esprit, parce qu'il me prendrait pour une folle. Je me contente de dire la vérité, en restant sobre, même s'il n'a pas idée de ce qu'il fait... de ce qu'il m'apporte... Même les paroles qui suivent le prouvent. Chevalier modeste qui trouve ça normal d'aider la frêle demoiselle en détresse que je suis...

Oui mais...il y a des enfants ici, ou des gens qui ont certainement plus besoin d'aide que moi... Je suis une grande fille, une adulte même,et je ne devrais plus avoir besoin qu'on s'occupe autant de moi... C'est pour ça que je suis doublement reconnaissante de votre proposition...

Et puis tant qu'à faire, après l'avoir remercié, autant qu'on se lance! Jusqu'à présent, cette époque, je l'ai surtout connue dans les livres. Verne, Poe, Conan Doyle, Maupassant, Dumas... Au fil des pages je me suis fait une idée, les robes à crinoline et à corsets, les rues désertes arpentées par Jack l'Eventreur se glissant dans le fameux fog londonien, j'ai découvert les bals somptueux et les rivières de diamants, les manoirs hantés, la société impériale, la reine Victoria et le comte de Monte-Christo. J'ai appris leurs moeurs et leurs habitudes au travers d'une foule de personnages, que ce soit Rouletabille, Dracula, Thérèse Raquin ou encore le père Goriot... tous ces auteurs m'ont fait voyager, m'ont fait connaître cette période victorienne, mais je me rends compte que tout ce que j'y ai appris ne suffira pas à ce que je suis totalement à ma place ici. A je ne fasse pas de gaffe, pas d'impair. A ce que j'aie les bons réflexes, les bonnes habitudes, les bonnes attitudes... Je hoche la tête en écoutant sa réponse, les lèvres dans ma tasse de thé, haussant un sourcil quand il laisse planer sa phrase après son ''Si je puis me permettre''. Je n'aime pas les phrases qui commencent comme ça, parce que la suite n'est généralement pas agréable. Si je puis me permettre tu as quelque chose entre les dents. Si je puis me permettre, tu n'as pas grossi? Si je puis me permettre, tu es sûre de vouloir porter ça? Entre autres... Aussi je me méfie et j'attends la suite.

Suite qui heureusement me rassure. Je m'attendais à pire, alors qu'il me parle simplement de ma tenue, ou plus précisément d'en enfiler une, car d'après lui que je sois couverte des poignées aux chevilles en passant par le col, avec en plus un châle autour de mes épaules n'est pas la définition d'être habillée. Soit... j'ai un léger sourire, alors que je contemple les longues manches bordées de dentelles et fermées par de petits boutons de nacre, avant de reposer les yeux sur lui.

Je... je ne pensais pas que je n'étais toujours pas assez habillée... Et oui miss Cya m'a laissée quelques tenues... Je...

Mon sourire s'agrandit, avant d'être teinté de nostalgie en repensant à mon époque tellement plus libre, et aux convenances tellement plus souples...

Ne vous excusez pas, vous cherchez à m'aider, rien de plus... et encore une fois je vous remercie. C'est vrai que dans mon ancienne boucle, et surtout à mon époque les choses sont moins... formelles, si on peut dire. Les femmes sont beaucoup moins couvertes, et la minijupe est à la mode. Les corps se sont libérés et s'affichent sans honte. Mais il y a plus de cent ans d'écart alors...les choses ont bien changé entre temps...

Je hoche à nouveau la tête, glissant une mèche vagabonde derrière mon oreille avant de piquer un fard lorsqu'il parle du fait que je puisse éblouir un auditoire. J'ai un petit rire gêné alors que je baisse les yeux.

Eh bien, vous êtes aussi un charmeur à ce que je vois! Seulement je dois vous corriger, je n'ai jamais ébloui le plus petit auditoire donc... je revois mes prétentions à la baisse. Je cherche simplement à ne pas me faire remarquer et à ce que mon séjour ici se passe le mieux possible en attendant que... qu'on trouve une solution, pour moi...

Je vide ma tasse et la repose, avant d'attraper la sienne également en voyant qu'elle est vide. Je me dirige vers l'évier et commence à rincer la porcelaine et à la laver rapidement, ainsi que les cuillères et la théière, tout en l'écoutant. Je me retiens de rire quand il se propose de m'aider à enfiler un corset. Je lui jette un coup d'oeil amusé par dessus mon épaule.

Vous êtes également habilleur de ces dames? Vous êtes définitivement plein de surprises mon cher Thaddeus... Et si je ne m'en sors pas avec les mètres et les mètres de tissu qu'il convient de porter, je viendrai vous demander de l'aide, c'est promis. En attendant je vais enfiler quelque chose de plus...correct. Où est-ce que vous voulez qu'on se retrouve, pour que je vous raconte tout de là d'où je viens?

Une fois sa réponse donnée je range la vaisselle dans l'égouttoir et remonte jusqu'à ma chambre. La maison est calme, et rien ne perturbe le silence à part le bruit du vent dehors, et du tic-tac de la pendule qui résonne. Je veille à faire le moins de bruit possible alors que je grimpe les marches et referme ma porte. Une fois là je soupire en ouvrant les tiroirs de la commode et en sors tout ce que Cya m'a dit de porter. La chemise, le jupon, le corset puis la robe... les bas de laine également... tout ça. J'ôte ma chemise de nuit et enfile le tout, sauf qu'au moment d'arriver au corset, je bataille avec cet engin de torture. Ca fait mal, c'est inconfortable au possible, et bon sang, mais comment on peut mettre cette chose toute seule? C'est juste impossible! Finalement je reprends mon soutien gorge et abandonne le corset sur mon lit, avant de passer ma robe, ce qui fait, une, deux, trois couches de tissu. Heureusement que la boucle se situe en hiver, et que cette demeure est bien moins chauffée que les maisons là d'où je viens parce que sinon j'aurais tout simplement cuit à la vapeur, noyée sous toutes ces épaisseurs. J'enfile également les bottines en cuir à lacets et je sors, terminant de nouer mes cheveux en une longue natte. Parce que oui, une fille qui se promène les cheveux détachés, c'est vulgaire... Je souris à Thad qui m'attend sagement dans le couloir et écarte légèrement les bras en souriant.

Alors? Est-ce que je suis plus convenable maintenant?


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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Ven 17 Fév - 13:58

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La porcelaine m'est retirée et elle avec, alors que dans un geste qui dénote peut-être une certaine envie de bien faire et de ne pas être qu'une invitée que l'on dorlote, la jeune Margaret s'enfuie vers l'évier, occupant ses mains et son esprit avec à laver et à protéger de la morsure du thé, les tasses qui quelques minutes auparavant avaient le plaisir de réchauffer nos doigts. D'un simple regard, je la suis et détaille les plis élégants de sa chemise de nuit pour n'avoir au final qu'un léger rougissement quand nos regards se croisent, faisant de ce fait non plus rosir mais rougir mes joues qui semblent presque s'enflammer alors qu'elle se permet de me taquiner. Terriblement gêné, je détourne le regard et me racle quelque peu la gorge, bredouillant un chapelet de mots maladroits qui ne deviennent qu'un enchaînement de syllabes incompréhensible qui se perd dans le vide et se fait dévorer par sa propre voix qui couvre à nouveau la mienne. Sans prononcer, ou du moins tenter de prononcer, le moindre mot, je laisse flotter entre nous un silence sûrement inconfortable pour elle le temps de me reprendre. D'un geste de la main, je viens lisser veston et chemise pour ensuite hocher de la tête et plonger à nouveau mes prunelles dans les siennes.

"Bien sûr… Je… J'aurais dû songer au fait que vous n'avez plus besoin d'être maternée et surtout pas par un inconnu. Mes excuses. Je… Je ne serais pas loin si jamais vous avez besoin de mon aide et…"
Je déglutis difficilement à cause l'étrange sensation qui me donne l'impression que mon col lui-même tente de m'étrangler. "Nous pourrions nous retrouver dans le couloir avant d'aller jusqu'à mon bureau pour discuter… Je dois moi-même repasser dans ma chambre pour…" Je m'interromps, me doutant qu'elle ne doit pas forcément avoir envie de savoir que j'ai besoin d'aller y chercher mon tabac. "Enfin… Nous pourrions nous y retrouver."

J'ai un sourire pour tenter de sauver les apparences et voyant qu'elle ne s'offusque pas de mon comportement, je me détends, n'ayant pour elle qu'un dernier regard alors qu'elle me laisse seul dans la cuisine, montant très sûrement dans sa chambre pour tenter d'enfiler l'une des robes que Cya lui a prêté. Un très léger soupir m'échappe et le temps de quelques battements de coeur, je m'autorise une rêverie et un instant d'immobilité durant lequel je contemple par la fenêtre la neige épaisse qui recouvre tout le domaine. Il serait simple de ne pas s'en faire et si aisé de simplement vouloir bien faire, mais voilà, en cet instant j'ai une pensée pour cette époque où tout était plus simple, ou du moins le semblait, puis pour celle dont le regard me hante encore le soir. Elle qui dans ses bras m'a choyé et a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Elle qui sans rien demander en retour a toujours été là et m'attend sûrement, assise sur ce banc que nous partagions à une époque, à regarder les feuilles danser avec le vent en espérant voir un jour la silhouette familière de cet autour qu'elle aime tant. Je me force à me lever et à chasser tout ça d'un battement de cils, esquissant un léger sourire avant de murmurer les mots qu'elle ne cessait de répéter alors que je m'éveillais pour la première fois. "Reviens vers-moi. N'essaye pas de fuir car ce n'est pas une vie de tenter de s'échapper de tout… Reviens-moi." Un frisson glisse le long de ma mâchoire, dessinant le souvenir d'une caresse qui un jour a existé.

Je quitte enfin la cuisine et remonte jusqu'à ma chambre, allant rapidement chercher ma boîte de tabac que je glisse dans ma poche, ne m'attardant pas plus longtemps ici. Derrière-moi je ferme la porte et après avoir rapidement pris connaissance de l'heure, je m'adosse au mur du couloir et attends bien sagement que Peggy se présente à moi. Sans m'impatienter, je laisse les secondes défiler sous mes yeux et quand enfin elle apparait face à moi, se détachant de l'encadrement de sa porte, j'ai un léger sourire pour elle ainsi qu'un regard qui si il laisse entrevoir une pointe de surprise, se teinte rapidement d'un certain enchantement. Sans gêne, je me permets de longuement la détailler avant de la complimenter comme il se doit.

"Vraiment… Je dois avouer être soufflé. Vous disiez un peu plus tôt que vous n'étiez pas le genre à éblouir… Permettez-moi de vous contredire, car étant votre auditoire, j'avoue être agréablement charmé par votre élégance." J'ai un sourire plus chaleureux pour elle avant que d'un geste de la main et d'un pas vers elle, je ne l'invite à me suivre. "Vraiment, vous êtes ravissante Peggy, même si je dois avouer me demander pourquoi vous n'avez pas osé mettre votre corset… Il aurait aidé à mettre en valeur votre taille mais après… Qui suis-je pour parler, n'est-ce pas ?"

Un rire nerveux glisse d'entre mes lèvres tandis que nous évoluons dans les différents couloirs de la demeure, arrivant finalement jusqu'à la porte entrouverte de mon bureau, qui en plus de laisser échapper une douce odeur de papier, d'encre et de tabac épicé, laisse voir une pièce sobrement décoré, dont le meuble central qu'est le bureau fait dos à une immense fenêtre ornée de lourds rideaux. Je pousse la porte et la laisse galamment entrer, lui laissant alors le plaisir de découvrir mon antre.

"Veuillez m'excuser pour le désordre, hier soir j'ai une fois de plus commis l'erreur de ne pas ranger mes écrits de la journée…"
Je fais claquer ma langue contre mes dents et après lui avoir fait signe de s'installer dans le fauteuil qui fait face à mon bureau, j'entreprends de faire un peu de tri dans mes carnets et autres feuilles volantes, pestant contre ma propre désorganisation. "Vraiment, je m'en veux de vous donner comme seconde impression d'être quelqu'un de brouillon…" J'organise enfin mes écrits et m'assieds face à elle, retenant un léger soupir avant de lui sourire. "Là, c'est mieux… Bien, je suis enfin prêt à vous écouter… Alors…" J'attrape un carnet, une plume et m'installe plus confortablement. "Dites-moi tout, je suis pendu à vos lèvres."
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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Sam 18 Fév - 11:41


Daysleeper
Thad & Peggy, rencontre matinale autour d'un thé.

Je discute avec lui dans cette cuisine d’un autre temps, alors que j’ai relevé les manches de la longue chemise de nuit que je porte et que je me mets à laver puis ranger les deux tasses, la théière et les cuillères en argent. En plein dans le feu de l’action, je me rends compte qu’il n’y a pas de produit vaisselle, mais qu’on nettoie le tout grâce à un gros pain de savon qui trône sur un coin de l’évier. Ni d’éponge comme j’avais l’habitude d’avoir. Bon sang…ça va pas être facile de s’habituer à ça, à tout chambouler dans mes habitudes… Et quand mes mains sont occupées, je souris en écoutant d’une oreille attentive notre Thaddeus qui a l’air tout chamboulé, bredouillant et bégayant à moitié, et se perdant dans ses paroles. Eh bien voyageur immobile, qu’est-ce qui te met dans cet état ? Qu’est-ce qui te fait tordre la langue et mélanger les lettres et les syllabes ? Moi ? Et pourquoi moi ? Parce que tu me trouves jolie ? Parce que selon toi je suis à moitié à poil ? Parce que la simple perspective de voir une cheville ou un poignet dénudé t’émoustille ? C’est vrai que pour toi voir déjà ça, ça doit être l’équivalent d’un Playboy soft, ou des photos « coquines » du début du siècle qui mettaient le rouge aux joues des messieurs en montrant un bout de téton et une cuisse ornée d’un bas. Selon les critères de l’époque, on frise donc l’indécence, et le petit monsieur a l’air de faire un effort de tous les diables pour se contenir et garder son sérieux. Il énonce le plan de la suite des festivités, d’une voix entrecoupée par l’émotion, et je me retiens de justesse de rire. C’est pas gentil de se moquer, même s’il est drôle. Drôle dans le sens mignon et attachant…

Ne vous en faites pas Thad, tout va bien et encore une fois, c’est extrêmement gentil à vous de vous proposer de m’aider, et à prendre de votre temps pour m’expliquer un peu plus à quoi correspond votre époque, ce que je peux et ne pas faire…et vous parler de la mienne avec plaisir. On fait comme ça, je me rends plus présentable et je vous retrouve, c’est entendu !

Je termine d’essuyer les petites cuillères et m’échappe alors enterrer mon corps sous plusieurs couches de vêtements pour ne pas choquer les mentalités masculines qui auraient tant de mal à se contenir à la vue d’un bout de chair. Alors que mes doigts effleurent la rambarde bien cirée et polie par les centaines de mains qui ont dû y glisser depuis des siècles, j’ai l’impression d’être dans un roman de Dickens, ou de Jane Austen, où les gens ont des noms qui sonnent comme de vieilles mélodies, « willoughby, uriah heep… » et puis Thaddeus. Je m’attends aux discussions à propos des bals, des demandes en mariage, des prétendants secrets, des mots d’amour cachés et parfois de lourds secrets. Vivre un roman où je ne réalise pas encore que je ne suis pas simple spectatrice mais aussi un des personnages. Et où malheureusement je ne pourrais pas simplement glisser un marque-page et fermer le livre quand j’en aurai assez…

Me voilà donc à batailler dans cette maison endormie avec une armée bien rangée de cotonnades, de dentelles et de jupons. Et si je perds la bataille du corset, je remporte la guerre de la tenue d’époque, me regardant une dernière fois dans une robe bleu nuit bien sage, montant jusqu’au col, descendant jusqu’aux poignets, et mes chevilles soigneusement cachées dans des bottines à petits boutons. Et encore une fois, je ne réalise pas que c’est une tenue, pour moi c’est un costume, pour un rôle que je dois jouer ici, et qu’un jour j’abandonnerai et je laisserai dans les loges, reprenant mon jean large et mes bijoux en plumes pour continuer ma vie là où je l’avais laissée. Pour l’instant c’est Carnaval, c’est Mardi-Gras et je joue… je joue à être une autre Peggy que celle qui fume et qui écoute les Doors quand tout le monde est couché…

Une fois en tenue de combat je sors, et je souris en voyant que mon rêveur aux yeux de ciel, mon voyageur immobile, m’attend sagement. Je tourne doucement sur moi-même, histoire de me présenter sous toutes les coutures, ou enfin des coutures socialement acceptables avant de sourire, rougissant un peu quand je l’entends.

Allons, c’est seulement une robe hein. Rien de bien extraordinaire. Vous avez dû en voir des tas des comme ça !

En tout cas, c’est agréable, d’avoir un homme qui se comporte ainsi en gentleman. Un homme qui a le sens du compliment et qui sait tourner ses mots et ses phrases. Ca fait toujours plaisir d’entendre qu’on nous trouve jolie… et j’avoue que ses tournures un peu ampoulées et vieillottes manquent pas de charme… Ses compliments ont un goût de bergamote et de nostalgie… Même si j’ai un léger rire quand son éloge sur moi se termine par un petit reproche sur le fait que je n’ai pas mis ce fichu corset.

La raison est simple… ce truc me faisait mal et j’arrivais pas à respirer… c’est juste…impossible de faire les choses de la vie courante avec ça…

Je le suis dans son bureau, une vrai tanière de garçon, aux murs lambrissés de sombre et aux sièges en cuir, m’approchant lentement de son immense bureau. Tout est impeccable, soigneusement rangé, à la limite de la maniaquerie, et je me retiens d’éclater de rire quand il ose s’excuser pour le bordel qui règne.

Il n’y a pas de quoi, tout est parfaitement en ordre ! Je ne vois pas de quoi vous vous inquiétez Thaddeus…

J’observe tout, marchant à pas lents dans ce nouveau morceau de mon univers avant de m’asseoir dans le fauteuil qu’il me désigne. Je le vois qui se prépare, plume en main, encrier débouché. Je souris, hoche la tête et me lance.

Eh bien commençons par le corset justement. Plus personne n’en porte, et depuis longtemps. On a des soutien gorge, c’est un vêtement qui est… attendez ça sera plus simple…

J’attrape un crayon, un bout de feuille vierge et je lui fais un shéma d’un buste, dessinant un soutien gorge dessus.

Vous voyez, il y a des bretelles, pour ne pas qu’il monte ou descende, et il est aussi fermé dans le dos par deux crochets. Et encore, si on n’a pas envie d’en mettre, rien nous y oblige. A la maison, je n’en mets pas par exemple…

Et je le regarde en souriant, m’amusant d’avance de sa réaction.

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MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Mar 28 Fév - 14:24

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"Margaret Nebulosa." Ainsi commence sa page. De mon écriture fine et subtile, résultat de longues après-mlidi d'apprentissage en compagnie de l'Ymbryne qui au creux de ses mains doit encore tenir une partie de mon être, j'inscris ainsi son prénom en guise d'introduction. Confortablement installé dans mon fauteuil, plume à la main et doigts impatient de sentir le poids de mon écume après s'être légèrement imprégnés du tabac que dans ma chambre je suis allé chercher, je laisse venir à moi les paroles de ma compagne de la journée, notant tout de même en quelques abréviations discrètes qu'elle a déjà tout de la jeune demoiselle en détresse et de l'étrangère qu'il faut guider. Un soupir discret m'échappe à cette réflexion et alors qu'elle entame ses explications, j'attrape pour ma part ma boîte de tabac, l'entrouvrant afin de soupeser au jaugé ce que je serais capable de fumer pour ce premier entretien. Du bout des doigts et avec une délicatesse qui n'appartient qu'à celle qui m'a montré comment faire et à aider à mon corps de se souvenir de ce geste qu'il connaissait pourtant, je me retrouve à préparer ma pipe, plissant simplement le nez face à l'odeur épicée qui du tabac se dégage et me ramène à cette époque, où la tête sur son épaule, je répétais ses geste de mes doigts tremblants. "Cesse de combattre ce qui te revient. Fais confiance à ce corps qui lui se souvient. Lui sait fumer. Lui sait comment faire et comment apprécier une bouffée de tabac." Entre mes lèvres et dents je glisse le bout de mon écume, et tandis que je cherche dans les poches de mon veston ma boîte d'allumettes, c'est du coin de l'oeil que j'observe Peggy, qui alors qu'elle m'avoue les raisons qui l'empêche de porter un corset malgré les moeurs de notre époque, se permet de me dessiner une femme à peine habillée. Immédiatement, le rouge me monte aux joues et gêné, je détourne le regard, me raclant la gorge alors qu'elle poursuit, allant même jusqu'à m'apprendre que si l'envie lui prend, c'est sans le moindre sous-vêtement qu'elle pouvait évoluer au sein de son ancienne boucle.

"Je… Hum… Eh bien…"

Je bafouille, le dos raide et bien droit contre le dossier de mon fauteuil, les doigts désormais crispés autour sema plume tandis que ceux libres se permettent de tapoter plus que nerveusement et rapidement sur le bois sombre de mon bureau.

"C'est… Hm." Nouveau raclement de gorge de ma part. "Intéressant à… Savoir."

Ne sachant que dire de plus, je continue de fixer le feu qui tranquillement dévore les quelques bûches que j'ai pu lui jeter en pâture, alors qu'elle reste silencieuse, contemplant très certainement mes pommettes désormais aussi rouges que pourraient l'être celles d'un jeune enfant qui pour la première fois de son existence serait confronté aux jeux des sentiments amoureux. Conscient du ridicule de mon état et de l'image bien pathétique que je lui renvoie, je fais taire mon imagination qui déjà s'emballait et s'imaginait des choses que je ne devrais pas concevoir ainsi en sa présence, dédaignant alors poser à nouveau mes prunelles dans les siennes tout en lui offrant un sourire aussi piteux que timide.

"C'est… Noté." est bien tout ce que j'arrive à lui dire alors que d'un geste mécanique, presque là simplement pour distraire mon esprit encore confus par cette vision de l'imaginer sans corset et ou quelques dessous, j'allume enfin ma pipe, tirant alors dessus une première bouffée de tabac qui en plus d'assécher ma langue et de laisser sur mon palais cet étrange arôme de cendres âcres, fait danser devant mon visage une volute de fumée qui après quelques arabesques élégantes disparait sans laisser la moindre trace de son existence. Ainsi, et pendant quelques secondes, je me concentre sur ce rituel, cette habitude d'un autre temps, me permettant ainsi de retrouver un semblant de dignité et de calme, qui ainsi m'autorisent à de nouveau être capable de m'exprimer.

"Il est vrai que…" Je cherche mes mots, jetant l'allumette désormais fumante dans mon cendrier en verre. "Je n'avais jamais réellement imaginé que cela puisse changer. J'ai conscience que les vêtements ont évolués mais ça… Non." Presque soucieux, j'expire une autre bouffée de tabac, les yeux perdus dans le lointain. "Plus par pudeur et respect que par manque de curiosité, je dois l'avouer."

Un léger silence se pose entre nous et par besoin de le garder encore un peu, je me referme, le temps de chasser au loin les pensées parasites qui font encore monter à mes joues mon sang. Et enfin, calmement, avec tout de même un léger sourire aux lèvres, je reprends.

"La prochaine fois… Il serait bien d'en mettre un. Il n'y a pas besoin de le serrer au point de vous en fêler une côte, le but n'est pas de vous torturer, juste de mettre en valeur votre silhouette. Je ne veux pas insister et vous proposer mon aide une fois de plus, mais je vous assure que ce n'est pas si terrible que ça. De plus…" Je dépose mon écume à côté de mon cendrier, libérant ainsi ma main qui de ce fait peut tranquillement venir se reposer sur le bras de mon fauteuil. "Ce n'est pas vraiment convenable de se promener sans et encore moins de dire à la gente masculine que rien ne sépare votre peau de votre robe." Mon sourire s'efface un peu, comme si je tentais de lui faire comprendre que tout ceci n'était pas un jeu à mes yeux. "C'est déplacé et bien mal vu, sans oublier que ce n'est pas forcément très respectueux. Je ne sais pas comment son les moeurs chez vous mais… Ici, évitez, cela vous évitera d'être mal reçu par vos interlocuteurs." Du bout des doigts je récupère ma plume et expire un peu d'air de mes poumons, récupérant du bout des doigts ma pipe que je glisse à mes lèvres tandis que sans rien ajouter de plus, je retourne la feuille sur laquelle se trouvait son croquis, la masquant à ma vue autant qu'à la sienne. "Et si nous reprenions ?" dis-je d'un ton plus doux. "À part cette excentricité qui est la votre, qu'est-ce qui est différent chez vous ? Oh non… Pourquoi ne pas commencer par le début plutôt… Je connais votre nom mais je ne sais pas où vous êtes née et quelle est votre particularité… Commençons par ça et ensuite les choses découleront d'elles-mêmes."
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Margaret Nebulosa

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❧ Particularité : Apprentie Ymbryne
❧ Occupations : Lire et jouer du piano.
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❧ Yeux de verre : 30
❧ Crédits : Bazzart


MessageSujet: Re: Daysleeper - Thad & Peggy   Dim 5 Mar - 19:26


Daysleeper
Thad & Peggy, rencontre matinale autour d'un thé.

Eh bien voilà, ça y est. Je suis installée dans le bureau du fameux Thaddeus, le syndrigastis historien, celui aux yeux de ciel d'été entrecoupé de nuages, le veilleur, le gardien de ce manoir... Je souris en remarquant mon nom écrit bien proprement en haut d'une page, et d'une écriture soignée avec de belles boucles et arabesques. Alors donc c'est ainsi, je suis une page de plus à son carnet à présent, et dès que j'aurais commencé à parler je serais une histoire en plus, quelques lignes noircies et quelques millilitres d'encre parmi des dizaines, des centaines d'autres. Et étrangement je sens mon coeur se serrer en repensant à mes particuliers que j'ai laissés là-bas. En me disant que... que si moi je les oublie, qui se souviendra d'eux? Qui gardera en mémoire leurs visages et leurs sourires? Leurs histoires? Leurs manies et leurs rêves? Le souffle me manque et je tente de me calmer. Je ne veux pas passer pour la fille hystérique, pour la fille qui est toujours en train de pleurer, ou de broyer du noir... Je me dis qu'il va falloir que je lui en parle...que je lui fasse écrire les portraits de tous ceux qui ont disparu d'un coup, dans le brouillard, sans indice ni traces... et me laissant derrière eux...

Je me force à sourire, croisant le regard de Thad qui a l'air plus gêné qu'autre chose alors que je me lance dans des explications sur mon époque. Je dois être forte pour eux. Je dois tenir bon. Ils auraient honte de moi si je devenais une loque incapable de me lever le matin et de continuer à croire qu'ils vont revenir, qu'on va les trouver. Je dois continuer à avancer et tout faire pour retrouver leur trace et les ramener... Voilà... Il le faut. Je termine mes explications, et lève à nouveau les yeux vers mon professeur et mon guide dans cette époque si différente. Ses pommettes plus rouges qu'il ne voudrait l'admettre me font sourire malgré moi, et je me retiens de rire face à sa gêne. C'est... même s'il ne s'en rend pas compte, il chasse mes idées noires comme on ôte des toiles d'araignée à grands coups de balai et pour ça je lui en suis reconnaissante. Thaddeus le baume des âmes blessées, on dirait. Il a l'air tellement conservateur que ça en est drôle de l'observer tellement embarrassé à la simple idée de visualiser des jupons et des dessous féminins. Mais en a-t-il seulement vus? A son âge je dirais que oui mais j'en sais rien... Les gens à l'époque sont beaucoup beaucoup plus...coincés que nous. Et bon, à part mes frères ou mes cousins, moi non plus je n'ai pas vu d'homme en dessous... sauf que ça ne me fait pas rougir autant.

Merci voyageur immobile en tout cas, parce que parler de ça m'empêcher de parler d'autre chose, et je souris, hochant la tête, le coeur moins lourd.

Je peux comprendre que, surtout pour un homme, c'est pas vraiment le genre de choses auxquelles on réfléchit... ou tout du moins qui vient à l'esprit immédiatement. Et il doit y avoir bien des choses qui vous intéressent beaucoup plus, c'est certain...

Sauf que mon rire se dissipe quand il commence son sermon sur le bien fondé du corset à défaut du soutien gorge. J'aurais presque envie de lever les yeux au ciel, mais je me retiens. C'est gentil à lui de se prendre le temps de vouloir m'expliquer comment m'adapter ici, pour le temps que je vais y passer, et je n'aime pas me montrer impolie. Seulement... le côté vieux jeu de son discours me fait un peu grincer des dents.

Bien sûr... mais je ne sais vraiment pas comment les femmes ici font pour se pencher avec ça. On ne peut pas plier le dos. Et au bout de quelques pas j'étais déjà essoufflée vu que mes poumons sont comprimés... ce n'est pas dangereux de ne pas pouvoir respirer autant qu'on le voudrait? Et je ne compte pas crier sur les toits que je n'ai pas de corset sous ma robe, même si j'ai une chemise et un jupon avant la robe en elle-même... Je n'ai aucun intérêt à discuter de mes dessous...

Quelques secondes passent, un peu gênantes, et j'avoue que je n'aime pas trop être cataloguée comme la fille dévergondée, presque la catin de service, celle qui écarte les cuisses à chaque fois que le vent change de direction ou quelque chose de ce goût-là... Mais heureusement il retourne la feuille, et comme si cela signifiait littéralement pour lui que la page était tournée, il change de sujet et je recommence à respirer, plus à l'aise à l'idée que le sermon est terminé, et qu'on ne vas plus discuter de la question des bonnes moeurs pour un bout de tissu à armatures que d'autres ont brûlé bien avant moi... Je me détends, inspirant l'odeur épicée de son tabac avant de chercher quoi lui raconter d'autre.

Eh bien... tellement de choses... les Etats-Unis et les Russes ont envoyé des hommes dans l'espace, et ce sont les Etats-Unis qui ont été les premiers à envoyer des hommes sur la Lune. Il y a eu d'autres guerres aussi... celles de 39/45 et celle du Vietnam, qui n'était toujours pas terminée quand je suis partie... Un de leurs présidents a même été abattu alors qu'il circulait en voiture à Dallas... Vous...savez ce que sont les voitures? Non parce que si vous ne savez pas, surtout dites-le moi et je vous expliquerai au fur et à mesure...

Je lui souris, tentant de trouver d'autres évènements politiques majeurs pour les lui raconter, et si possible, lui expliquer.

©S a n i e


Dernière édition par Margaret Nebulosa le Mar 14 Mar - 20:19, édité 1 fois
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