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 « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence

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Galahad L. Ednyfed

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- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 595
❧ Yeux de verre : 175
❧ Crédits : Kidd (ava) - Mad Hattress (gifs/signa)


MessageSujet: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Sam 10 Déc - 21:34

Treasure hunters

- Cla&Gal Investigation -

Tout avait commencé par ce môme qui courait dans le couloir pour une raison x et parfaitement inconnue. Peu importe de toute manière, tout ce qui comptait, c'est que le jeune semeur de trouble avait fini sa course à mes pieds, me heurtant de plein fouet et frôlant à peine la chair de mon bras, ce qui avait amplement suffit à faire démarrer cette machine infernal qu'était ma particularité. La suite était habituelle, prévisible, moue boudeuse, parfaite réplique de celle de l'enfant qui me scrutait avec de grands yeux presque sonnés, dispute aussi immature que possible entre les deux êtres parfaitement identiques, le grondant pour ne pas avoir fait attention, avant de continuer mon chemin, petites enjambées dans des vêtements beaucoup trop grands qui menaçaient d'emmêler mes pieds à tout moment. Il n'y avait rien d'agréable à copier un enfant, se retrouver dans sa peau, petit dans un univers si grand, faire l'adulte alors qu'on en était plus vraiment un, devoir maintenir son pantalon parce qu'on a pas le temps d'aller se changer. De toute manière à quoi bon ? Mon corps retrouverai son apparence initiale rapidement, embêtant lorsqu'on avait des vêtements étroits qui finiraient par craquer dans le pire des moments.

Cela dit cette petite forme m'avais permis d'entendre quelques bruits de couloirs intéressants, enregistrant quelques brides de conversations curieuses au détour d'un couloir. Les Ymbrynes dissimuleraient une porte dans leurs appartements, renfermant nombres de choses, peut être un trésors ? Des dossiers précis répertoriant les informations sur chaque particuliers de la boucle ? Tout un tas de choses merveilleuses ou monstrueuses que pouvaient cacher ces drôles d'oiseaux aussi mystérieux qu'étranges, de quoi faire rêver, curiosité insatiable appâtée, conforté par le désir enfantin emprunté d'en voir d'avantage, de comprendre l'inconnu et le voir de ses yeux.

Les pas maladroits et enfantins vont alors chercher de l'aide par instinct, enjambées finissant par retrouver une taille adulte, parvenant jusqu'aux appartements de Clarence. Peut-être que c'était idiot de lui en parler, de vouloir partager la trouvaille au lieu de garder l'exclusivité de cette information en entretenant notre rivalité, de vouloir se servir de ses yeux, mais j'avais soudainement une peur bleue de m'y prendre seul, de m'aventurer dans l'inconnu, d'être seul et apeuré. J'avais besoin de quelqu'un de mâture, d'une figure adulte. Crainte copiée, empruntée, accentuée et se mêlant à mes propres sentiments, imaginant des monstres derrière cette histoire de porte, des créatures dangereuses et gardées à l'abri. De tous les enfants jouant dans les couloirs, il avait fallu que je tombe sur le peureux. J'avais l'air d'être moi, mais je ne l'était pas. Moi étant d'ailleurs un mot et un nom bien difficile à cerner, ne connaissant pas réellement son étendue.

« Clarence ! Clarence ! Clarence ! » Je n'ai même pas pris le temps de frapper, déboulant en trombe et sautillant d'excitation, ton enfantin dans un corps d'adulte, regard pétillant qui laisse aisément imaginer la suite. « J'ai trouvé quelque chose, il faut qu'on fouille les appartements des Ymbrynes ! Elles cachent une porte secrète, je l'ai entendu. Mais... j'ai peur d'y aller tout seul et s'il y faisait noir ? Si un monstre se cache ? Si elles enfermaient des syndrigastis puissants et dangereux ? Ou qu'elles en dévorent pour pouvoir garder la boucle et la renouveler ? Même s'il y a peut-être un trésors. Tu veux bien me donner la main ? Enfin seulement si tu mets des moufles, je n'ai pas envie de te mettre un doigt dans l’œil sans le faire exprès. S'il te plaiiiiiiiiit ? On sera mieux tous les deux. » Les dernières phrases sont marmonnées honteusement, regard se glissant sur mes chaussures, ne me rendant même pas compte de cette attitude qui n'est en rien la mienne, peu importe, nous devions savoir. En plus j'ai oublié ma caméra, c'est triste je ne pourrai pas filmer en cas de preuves, idée me faisant presque monter les larmes aux yeux.  
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Clarence F. Bannerman

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❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Jeu 15 Déc - 13:44


« TREASURE HUNTERS »

      La porte le regardait, le conditionnait à une solitude choisie. Elle semblait trembler lors de pas trop lourds ou de courses de passage. Il lui sembla même, à force de poser les yeux sur elle, que sa poignée parfois s’animait, prête à libérer un souffle nouveau à une pièce en manquant. Il était facile d’oublier le temps lorsque celui-ci n’avait plus d’incidence. Tout comme il était facile d’oublier les autres alors qu’ils n’iraient certainement nulle part. Il y’aurait chaque fois les mêmes mots prononcés, les mêmes gestes portés, même pour eux dont la conscience leur permettait encore de se souvenir, d’avoir le choix de perpétrer ou non ce qu’ils avaient commis. Il fût un jeu pour lequel Clarence se passionna. Il lui fallait retrouver ces personnes égarées. Celles pour qui le temps avait encore de l’importance. Une voisine ivre qu’il eut un jour aidé à se relever dans les escaliers, à un enfant mouillant son pain sec dans l’eau de pluie. Clarence s’était plu à connaître chaque détail de ce 22 mars 1941, aussi écœurante puisse être la vérité, avant que cet éternel recommencement ne le prenne au cœur comme une odeur nauséabonde. Tout était devenu d’une tristesse insupportable. Il lui fallut reconnaître qu’il n’y avait plus sa place, et que la sienne était là, au cœur d’un gouffre de dossiers et de pages annotées l’empêchant de sombrer dans l’ennui. Il lui fallait s’isoler à certains moments. Il lui fallait être le poisson rouge tournant en rond dans son bocal. Venait alors la difficulté de sortir de cette pièce dont il respirait l’air depuis des semaines. Venait enfin, l’espoir de voir la porte le narguant s’ouvrir sur une personne qu’il attendait depuis des années déjà. Ce ne fût pour l’heure qu’une visite imprévue, qui malgré la déception qu’elle avait occasionnée, comblait à l’excès la touche de vie qui lui manquait.

« Galahad ? »
     Il eut le visage d’un homme prêt à recevoir les éclats d’une bombe, les mouvements de Galahad ayant sur lui le même effet que s’il s’était relevé trop vite. Il n’avait pas la réaction rapide, et tout ce qu’il réussit à faire fût de hausser les sourcils et laisser apparaître les rides anxieuses de son front. Il craignait chaque fois la personne qui lui serait donné de recevoir sous les traits d’un homme tantôt allié, tantôt non-désigné. Il existait certainement des cas bien plus étranges que celui-là, mais il n’avait pu s’en apercevoir. Lui qui se rassurait à appréhender les autres selon leurs caractères, leurs histoires, venait se heurter aux changements constants de cet homme sans structure mère. Il lui fallut malgré lui s’en accommoder, car chaque défaut se voyait attribuer une qualité, et l’utilité de son pouvoir en était une. Il y’eut également une vérité qu’il ne pût reconnaître, celle qu’il se plaisait à entamer un jeu de performances avec lui, aussi dégradante puisse-t-être la jalousie.
     Cette flamme s’était éteinte cette fois-ci, même si le savoir avant lui sur la piste d’un secret jusqu’ici dissimulé avait une fois encore contribué à l’agacer. Bien heureusement pour eux, le comportement auquel Clarence devait faire face ce jour-là avait éteint toute agressivité à sa source. Les absurdités qu’il se devait d’écouter avaient au contraire contribué à l’apaiser, même si venait avec elles le doute qu’elles ne soient réellement que ce qu’elles étaient. Des hallucinations paranoïaques, exagérées comme le ferait un enfant pour qui le monde était encore menaçant. Sur ce point il ne sut combien il était proche de la vérité.
« Te tenir la main ?... »
     Il sembla dégoûté, sinon perplexe. Comme l’homme se devant malgré lui de danser avec la vieille fille édentée du village. Celle qui en plus de son sourire disgracieux, se voyait affublée d’une silhouette mal proportionnée.
     Il se dispensa des questions inutiles, à savoir l’âge qu’il avait pour demander une telle requête, ou ce qui chez lui défaillait. Elles n’auraient dans tous les cas jamais été éludées. Il se contenta de s’extirper des feuilles jonchant ce qui lui servait de pièce à vivre et de récupérer quelques outils.
« Des gants suffiront-ils ? Je n’ai pas de moufles à porter de mains. Dans tous les cas je préférerais que tu me tiennes le bras… Si cela est vraiment nécessaire de t’accrocher à moi… »
     Ils auraient l’air d’un couple mal assorti, plus encore d’aberrations bonnes pour la lapidation ou le traitement aux hormones. Cela valait certainement mieux que de se faire écraser les globes oculaires sous une pression de main trop forte, même si le risque pour qu’il lui mette effectivement le doigt dans l’œil restait minime. Les gants avaient plus affaires à le protéger d’un contact cutané qu’à contribuer une nouvelle fois à le normaliser. Il s’en saisit et l’invita à sortir, non sans un soupir.
« Non pas que tes hypothèses soient difficilement plausibles… » Et elles l’étaient. « Mais je crains que les Ymbrines ne soient pas aussi passionnantes qu’elles en ont l’air. »
     Il avait l’espoir qu’elles pouvaient l’être, mais les années et leurs prestances mielleuses avaient vite fini par corroder cet espoir. Clarence se mit alors à regarder Galahad, ce regard qu’il lui connaissait peu, même s’il ne pût réellement prétendre connaître sa vraie nature. Il ne sut pourquoi il lui fallut être la figure paternelle qu’il n’était pas, mais se mit à penser qu’il était préférable de ne pas brusquer les sottises que Galahad s’était mises en tête. Comme seule solution, comme si elle fût celle à tout problème, il lui menti.
« Maintenant que tu le dis j’ai entendu des histoires similaires. Sur un trésor caché quelque part dans les quartiers des Ymbrines. Il n’y était pas mention de monstres, donc je pense que nous avons nos chances. »
     Il n’était pas convainquant, et se trouvait ridicule à abonder dans son sens. Il n’avait pas été initié aux jeux d’enfants impliquant de créer des mondes avec eux autour de cubes en bois et de figurines. Heureusement il fût le seul témoin de sa propre folie.
« Allons-y… »
     Les sources de son manque de convictions ne furent pas révélées. Certainement l’inconfort d’être face à une personnalité comme celle de Galahad, ou celle de ne pas être certain de devoir croire en ses histoires. L’ennui et la curiosité furent de bons alliés pour y remédier.




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Dernière édition par Clarence F. Bannerman le Jeu 29 Déc - 22:36, édité 1 fois
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Galahad L. Ednyfed

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Lun 26 Déc - 17:01

Treasure hunters

- Cla&Gal Investigation -

Retenir des larmes, rester sérieux et professionnel dans ma quête de recherche d'informations, bien que plus fort que moi en cet instant, frayeurs enfantines empruntées contrôlant mon esprit. Je me concentre un instant sur mes chaussettes dépareillées, comme d'habitude ; une rouge bordeaux à lignes et une bleue marine unie. Elles n'ont rien de bien amusant, me demandant comment elles en sont arrivées à être séparées de leurs jumelles, probablement déchirées par cette séparation mystérieuse qui resterait probablement une énigme à jamais. Collectionner les vêtements, costumes aussi divers que variés bien utiles en cas d'imitation tout à fait sérieuse qui méritaient d'entrer jusqu'au bout des ongles dans une autre peau, alors qu'aucune paire de chaussette n'était complète, le comble. Probablement les plus jeunes qui s'amusent à me les voler dans cette pénurie de vêtements éternelle. Je devrais probablement demander à ce qu'on m'en rapporte de voyages, motifs beaucoup plus joyeux dans les époques plus avancées. Oh je pourrais sortir de la boucle le temps d'un achat, ou plutôt d'un vol puisque l'argent ne doit plus vraiment être le même, mais l'avancée du monde extérieur n'était pas vraiment une chose à laquelle j'étais prêt, encore plus avec une particularité hasardeuse qui risquait de me faire repérer à tout instant.

L’intonation de voix me fait revenir à la réalité, relevant la tête sur Clarence avant d'arpenter la pièce du regard. Tant de paperasse, dossiers curieux et terriblement alléchants. Il faudrait peut-être que je m'introduise ici en douce, plonger mon regard avide de nouveautés croustillantes dans les nombreuses lignes qui se trouvaient dans cet antre. Ne te laisses pas déconcentrer Gal, ce n'est pas parce que ce mioche est du genre distrait, qu'il faut faire de même, tu as une mission à mener à bien. Le corps se redresse instinctivement, regard cherchant à nouveau la silhouette du brun tout en fixant son bras. Il ferait probablement l'affaire, de toute manière tout contact physique direct était à éviter, chose que j'avais omis dans mon élan précédent. A vrai dire je n'avais pas réellement envie de savoir ce qui se produisait dans son corps, bien que j'ai toujours voulu comprendre comment fonctionnaient ses yeux, bien qu'ils seraient aveugles chez moi de toute manière, incapable de copier une particularité, même si dans certains cas, ce serait terriblement pratique et amusant, de quoi pimenter les journées longues et répétitives.  

Légère pointe de déception lisible sur le visage, moue boudeuse immature qui se dessine alors que le manque d'enthousiasme de Clarence se fait sentir, pas trainant sur le sol pour quitter son antre, dernier coup d’œil à tous ces secrets que j'envie. « Mais tu ne pense pas qu'elles ont quelques secrets ? Toujours à être mystérieuses aux yeux de tous, puis tu ne trouves pas ça terriblement excitant si leur pouvoir possède en réalité des éléments dissimulés à la vue de tous ? Voir quelques manies ou petites occupations honteuses ? Comme des correspondances avec des amants secrets. Il y a forcément quelque chose. » J'en étais convaincu, regard brillant qui s'élève alors que j'hésite un instant, n'osant pas vraiment lui attraper la main ou le poignet, crainte à la fois de lui faire mal, mais aussi de glisser par mégarde sur sa peau. Je me contente donc d'accrocher sa manche, le tirant en direction des appartements des Ymbrynes. J'ai l'impression d'être minuscule et chétif, que mes enjambées n'avancent pas, pourtant ce n'est qu'une impression, corps tout aussi adulte et grand que mon congénère qui l'entraine.

« On ferait peut-être mieux d'élaborer un plan, juste au cas où. Il est hors de question que je prenne les traits d'une Ymbryne, elles me terrifient. » Et je n'incluais pas forcément par là monstres et anomalies en tout genre, mais plutôt la prise en flagrant délit. Nous risquerions fort de finir à la broche si l'une d'entre elles nous surprenaient, forcés d'apprendre à voler. L'assurance remonte, brides enfantines commençant déjà à disparaître en partie, relâchant le tissus de la manche de mon compagnon d'aventure. Copier une Ymbryne me paraissait compliqué en plus d'être hasardeux, même s'il me suffisait d'un cheveux abandonné sur les poils d'une brosse. Puis il y avait quelque chose que je n'aimais pas dans ce genre d’imitation, une seule fois, bien qu'accidentelle, m'avait amplement suffit, impression que le poids du monde reposait sur mes épaules, trop de responsabilités qui m'en avaient donné le tournis.

La porte visée se rapproche de plus en plus, oreille curieuse se collant contre le bois pour tenter d'entendre le contenu de la pièce. Silence. A cette heures, les trois oiseaux étaient généralement occupées dans d'autres tâches. Je fais signe à mon comparse de faire le guet, avec ses yeux partout, la tâche ne devait pas être bien compliquée. Mes doigts disparaissent dans ma poche, sortant une épingle à cheveux qui se glisse dans la serrure que je tente de crocheter tant bien que mal. A force de vouloir en apprendre toujours plus tout en voulant devancer Clarence, il avait fallu que j'apprenne à ouvrir toutes les portes. Celle-ci était d'ailleurs coriace, mais elle ne devrait plus me résister bien longtemps. Je m’interrompt soudainement, crainte revenant à grand pas. « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée... »
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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Ven 30 Déc - 3:26


« TREASURE HUNTERS »

     « J’ai beau être sceptique, cela m’intrigue. Si ce n’était pas le cas je ne te suivrai pas. »
     Les révélations fortes d’un espoir qu’il lui fallait offrir alors qu’ils devenaient partenaire d’une nouvelle mission. Lui-même reconnaissait les limites qu’il y avait à exposer son scepticisme. Ce jeu prétentieux portait à confusion sur l’égard qu’il pouvait avoir. Galahad n’en était pas le premier bénéficiaire, et il fût étrange de lui offrir sa gentillesse. Il ne fût pas question d’initiative, car celui qui s’accrochait à son bras le lui avait demandé silencieusement. Le supplice dans son regard, la déception de sa voix, avaient fait renoncer Clarence au plaisir de pouvoir se montrer supérieur à lui. Au creux de raisonnements que Galahad écoutait avec attention, de gestes qui assirent sa maturité. Il craignait de le froisser s’il n’y mettait pas du sien en abandonnant ce besoin infantile qu’il avait de se hisser au-dessus de lui, et ce ne fût jamais là qu’une tentative pour préserver l’équilibre de leur alliance.
     Il ne sût si cet équilibre convenait. Il lui fallait s’allier à un homme qu’il admirait pour ses capacités, comme pour son intuitivité, autant qu’il redoutait. Seul, il pouvait croire en sa suprématie mégalomane, sans jamais souhaiter se rendre admirable. Accompagné par un homme aux talents faisant concurrence à ses recherches, il se retrouvait parfois à vivre dans l’ombre d’un travail qu’ils avaient menés à deux. L’on pût lui reprocher ces pensées, le traitant d’acariâtre et tel était peut-être le cas. Il n’avait pas été au MI6 le pionnier de l’espionnage et de la sécurité. Il n’y travaillait pas même pour lui-même, mais pour son pays, s’accommodant de toutes équipées, car ce ne fût jamais qu’un travail groupé. S’il lui fallait croire en sa compétitivité exacerbée, ce fût pour préserver ce qui lui restait d’enthousiasme. S’imaginer un rival qu’il pouvait apprécier, était sans nuls doutes la meilleure des solutions pour animer ce qui menaçait de s’éteindre en lui, sans que la haine ne vienne franchir des barrières interdites.
« J’espère quand même trouver plus croustillant que des amants cachés. »
     Une vérité, loin d’être à la hauteur d’un mensonge. Il sourit, transformant l’existence de leurs amants en futilité. Il y’aurait pourtant quelque chose de jouissif à l’idée de violer leur vie privée. Les premières questions de Galahad faisaient l’objet d’une tentation bien plus grande. Il redoutait, en acceptant d’y croire, qu’elles ne le rendent comme lui. Qu’il s’affuble du même regard émerveillé, des mêmes manies d’enfant imaginatif. A croire qu’il fût celui portant ce handicap.

     La main quittait sa manche et avec elle la sensation de dépendre de la marche d’un enfant. Il n’avait plus à adapter ses gestes, ni subir le poids d’une autre personne sur son bras. Il réfléchissait au plan, à son utilité. N’en avait aucun, et en doutait. S’ils venaient à être pris sur le fait, des portes se refermeraient sur eux avant même d’avoir étés ouvertes. Lui-même n’aimait pas contrarier les Ymbrines, mais doutait qu’elles puissent réagir autrement que comme des mères, aboyant pour ne pas avoir à mordre.
« Pourquoi ne pas se laisser taper sur les doigts en hochant la tête ? »
     Il ne sût si ce fût ses mots, ou des pensées auxquelles il n’avait pas accès, qui furent à l’origine du repli de Galahad. Il s’était plié à ses désirs, accourant au loup en lui offrant une part de crédulité. Il surveillait l’ennui d’un couloir vide en attendant que la porte ne s’ouvre derrière lui, et l’homme en étant chargé doutait désormais de le faire.
« Tu plaisantes ? »
     Sa voix avait viré dans les aigues, prise d’impatience. Il observa une dernière fois le couloir. Il y’eut toujours le même tapis ocre, les mêmes coins d’obscurité, ses yeux ayant pu reconnaître chaque grain de poussière volant dans la pièce. Il s’en détacha, comptant sur le calme pour rester comme tel et lui permettre de remonter ses bretelles à Galahad.
« Si tu ne l’ouvres pas maintenant tu vas y penser nuits et jours. Et je ne t’ai pas suivi pour rien. »
     Il y’avait du reproche dans son regard. Pour des raisons évidentes il lui fallait s’agacer de ce comportement soudain. Cette porte avait finalement suscité son intérêt, et il lui fallait l’ouvrir. Lui-même en serait hanté s’ils devaient la laisser fermée. Sinon pour y découvrir un de ces secrets en lesquels Galahad croyait tant, pour se rassurer qu’il n’y eut rien d’intéressant là-dedans.
« Si tu t’inquiètes des Ymbrines, je ferai en sorte que tu n’aies pas à les toucher. Elles ne vont pas nous sauter à la gorge. »
     Un pas en arrière, un nouveau regard. Il crût entendre un bruit mais celui-ci devait provenir d’en bas.
     Il se mit alors à sourire, fixant Galahad, redevenu étrangement calme et conciliant.
« A moins que tu ne parviennes pas à l’ouvrir. »
     Il s’approcha de lui, s’empara délicatement, mais fermement de l’épingle. Il sentait à peine l’objet à travers son gant. Il en retira un, pinçant le métal entre son pouce et son indexe, roulant le poignet comme s’il sût y faire. Il l’avait su oui, cent années au paravent. Il ne comprit pourquoi la théorie ne s’appliquait plus aussi facilement, pourquoi les roulements devinrent difficiles. Il avait été fier de provoquer Galahad, mais se retrouvait prit à son propre piège. Il tourna la tête vers lui, fronçant les sourcils comme s’il eut une nouvelle chose à lui reprocher.
« Tu as compris comment procéder ? Ouvre la à présent. »
     Il était évident que son imposture fût démasquée. Mais que pouvait-il répondre d'autre ?




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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Sam 31 Déc - 19:45

Treasure hunters

- Cla&Gal Investigation -

L'impatience de Clarence ne présageait rien de bon, question rhétorique me faisant instinctivement rentrer la tête dans mes épaules comme si l'homme venait de se changer en un chien de garde capable de mordre. Je peux sentir mes doigts commencer à trembler légèrement et mes jambes devenir fragiles. C'était d'un ridicule, ne maîtrisant à nouveau plus rien, mélange devenu homogène et qui fait venir les doutes. Je m'en voulais de trembler de la sorte face à Clarence, face à cet être rival dans notre quête, de me laisser avoir une fois de plus par un contact, par un mioche qui n'avait pas fait attention, tout ça était de sa faute. Je baisse instinctivement les yeux, larmes commençant à monter d'elles-même alors que je les retiens tant bien que mal, faisant rougir mes paupières. La porte est oubliée un instant, tâchant de me conforter, de me dire que ce n'était pas le moment de paraître faible, de laisser Clarence gagner, pas alors que j'avais une particularité avantageuse pour se genre de chose, ne pas montrer que je me laisse dévorer par cette dernière une fois de plus.

Je relève enfin les yeux alors que le ton s'adoucit, comportement d'un gosse venant de recevoir une remontrance avant d'avoir une bonne petite tape dans le dos copié à la perfection malgré moi. Moue tout de même un brin boudeuse et contrariée alors qu'il m'ôte l'épingle des doigts comme s'il s'agissait d'un outil dangereux. Je le regarde faire, scrutant la poignée de la porte comme si son ouverture allait changer à jamais notre vision de l'existence, des fondements de l'univers, remettre tout en doute.

Le grand chamboulement se fait pourtant attendre, commençant à douter des capacités de Clarence pour l'espionnage. La parfaite commère et enregistreuse d'informations ne savait-elle donc pas crocheter une serrure ? Pénétrer comme un voleur dans un lieu clos ? Un sourire est retenu en me mordant l'intérieur de la joue, ne voulant pas le contrarier d'avantage vu le regard emplis de nouvelles reproches qu'il me lance.

L'épingle est à nouveau saisie, reprenant là où je m'étais arrêté et avec conviction, portant toute ma concentration sur les quelques vibrations dans le métal. Les doutes jouent comme un ascenseur, tâchant de garder le dessus, de faire la part entre l'étranger et le personnel au mieux. La porte fini par s'ouvrir au bout de longues minutes, cliquetis indiquant que la serrure venait de sauter provoquant un sourire. Je ne peux m'empêcher de me redresser, fier comme un paon alors que mes doigts se posent enfin sur la terrible poignée qui nous séparait de cette caverne mystérieuse après avoir frottés mes paumes l'une contre l'autre en signe de satisfaction. Profonde inspiration, bref coup d’œil à mon acolyte avant de faire tomber le mystère.

La déception est de mise, pièce on ne peut plus ordinaire et ordonnée, ne laissant pas vraiment apparaître un quelconque secret d'état. « C'est tout ? Ça n'a rien d'extraordinaire ou de fantasmagorique. » La curiosité me pousse à entrer, à ouvrir les tiroirs d'une commode et y enfoncer la main à la recherche de... n'importe quoi qui pouvait être bon à prendre en considération. Il était certain que si secret il y avait, il ne serait pas exposé à la vue de tous. « Essaie de chercher dans la penderie, je vais m'attaquer aux lattes du plancher. Il doit forcément avoir quelque chose, ce n'est pas possible. Il faut qu'on trouve, quitte à retourner le moindre centimètre de leurs chambres. » Je me colle au sol, à quatre pattes, doigt testant une à une les lattes de bois et le plaintes contre les murs. On les soupçonnent rarement et pourtant elles font de terribles cachettes, de quoi renfermer objets de rituels sataniques ou encore quelques documents douteux.



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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Dim 1 Jan - 0:06


« TREASURE HUNTERS »

     Galahad avait épargné sa fierté de par son silence. Clarence sourit pour lui-même, étonné et reconnaissant. Il ne sût s’il eut mérité ce geste, ou s’il fût l’objet de sa considération pour lui. Existait-elle entre eux ? Sa gorge s’était nouée, appréhendant une remarque qu’il pensait arriver. Il n’y eut que cette docilité qu’il dut apprécier. Son échec mettait à mal son orgueil, sa fierté, sans qu’il ne pût blâmer quiconque de ses propres montées de confiance en lui. Il se redressa, laissant Galahad déverrouiller la porte en silence. Ses mots seraient ceux de trop, même si le silence eut l’étrange sensation de laisser en suspens son humiliation. Il réajusta son gant, les yeux rivés sur des mains qui lui furent étrangères. Les siennes auraient été capables d’ouvrir cette porte. Une arthrite invisible s’en était emparée, sombre fardeau d’années passées. Sa mémoire s’était effritée, emportant des connaissances qu’il s’était imaginé acquises à jamais.

     Le claquement sec d’un rouage enclenché fût celui d’une victoire. Elle ne lui appartenait pas, mais il se sentit étrangement fier d’en être le spectateur. S’il pouvait partager leurs défaites, personne ne pouvait l’empêcher de savourer une victoire à laquelle il eut assisté.
     S’il fût lui aussi déçu, il ne le montra pas, riant malgré lui devant la déception de Galahad. Il fût presque ennuyé de ne pas voir ses rêves réalisés. Marchant dans ses pas, il soupçonnait néanmoins sa propre déception d’exister. Cette pièce semblait n’être qu’un débarras entretenu. Des meubles en bois aux teintes dépareillées, acheminés jusqu’ici car n’étant d’aucune utilité. Il referma la porte derrière lui, enclenchant une nouvelle fois le verrou. Ils furent ainsi protégés de leurs méfaits, prisonniers assujettis d’une pièce ne leur appartenant pas. Clarence glissa ses doigts gantés sur la surface d’une commode. Elle était une parmi d’autres, regroupées ensemble comme les gardiennes d’un temple. Il se retourna brusquement, écarquillant les yeux devant la vision d’une créature à quatre pattes.
« Je te sens frustré. Si ça peut te rassurer, je ne pense pas qu’elles se donnent autant de mal pour une pièce sans secrets. S’ils ne sont pas importants pour nous, ils le sont certainement pour elles. »
     La tentation d’une porte close était un mal ne pouvant être imposé sans raison. Qui plus est pour une pièce ne comportant que des meubles. L’innocence était une chose de par trop rares.
« A moins qu’elles cherchent à noyer le poisson. Ce qui irait dans le sens de ta théorie du complot. »
     Il s’éloigna de lui, le laissant vaquer à son activité des plus passionnantes. La penderie l’attendait comme une tâche imposée. Il l’ouvrit sans mystère, laissant grincer ses articulations vieillissantes. Une cascade de fourrure devant lui, comme s’il eut fallu se préparer à un monde bien trop froid pour eux. Il écarta les cintres, se retrouvant devant le vide d’un fond de placard en bois. Les manteaux léchaient la surface du sol, balayant au passage deux paires de chaussures laissées là. Il n’y eut aucune raison de faire traîner les manteaux au sol, contenu de la hauteur de l’armoire. Fort de sa découverte, Clarence s’accroupit, retirant une dernière chaussure orpheline sur une planche sonnant creuse sous son talon.
« Galahad ? »
     Sa voix lui tournait le dos, résonnant dans la penderie comme un écho. Sous la planche se trouvait quelques boites dont il se saisit. Leur poids l’obligea à poser un genou à terre, mais il réussit à sortir chacune d’entre elles, les déposants sur le plancher de la pièce. Il retira rapidement le couvercle de la dernière, y trouvant un tas de lettres triées par paquets tressés de ficelles.
« Tu voulais des lettres d’amour ? Bonne lecture. »
     Clarence laissa les cartons à sa disposition. Désormais à genoux, il retira une nouvelle fois son gant droit pour plonger la main au fond de la penderie. En fermant les yeux les paupières s’éveillaient, retrouvant deux albums en cuir délaissés dans un coin. Il les tira vers lui, éteignant le regard de ses nuits pour retrouver le sien. Il se tint alors appuyé sur un bras, et glissa ses jambes en arc pour se retrouver assis. Il était devenu bien trop grand pour ces jeux, et ses jambes l’encombraient bien plus que lorsqu’il était enfant.
« Elles tiennent un genre de trombinoscope. »
     Ses doigts glissèrent sur les premières photos. Celles d’une boucle disparue. Il y’eut très peu de visages à reconnaître. Il se tenait beaucoup d’enfants souriants ou observant l’objectif d’un œil sombre. L’un avait de longues griffes noires, obscurité mordant le teint pâle de son visage. En dessous des noms, des dates, des lieux qu’il ne connaissait pas.
« Les vestiges de leurs souvenirs ont apparemment autant de valeur pour elles qu'un secret compromettant. »




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❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Mar 3 Jan - 18:52

Treasure hunters

- Cla&Gal Investigation -

Grincement presque imperceptible, petits sons qui laissaient sous-entendre qu'il n'y avait probablement rien en dessous. Vérifier les lattes devenait ennuyeux, long et répétitif. Si ma patience est à l'origine à toute épreuve, celle du mioche qui me hante encore en revanche l'es beaucoup moins, agacement de plus en plus lisible sur mes traits. Je ne prête pas vraiment attention aux tentatives de détournement de mon acolyte, bien trop focalisé sur ma tâche que pour envisager le contraire avant d'avoir vérifier le moindre centimètre carré de cet endroit. N'y avait-il donc rien à voir ?

Je relève la tête en direction de Clarence, profondément absorbé dans cette armoire aux lourds manteaux qui pouvait promettre un voyage dans un autre monde, loin de notre printemps éternel. Mon corps se déplie, ôtant sèchement la poussière qui s'était glissée sur mon pantalon au niveau des genoux avant de m'approcher d'un œil emplis de curiosité. Je conserve tout de même une certaine distance de sécurité, éviter tout contact avec quoi que ce soit d'organique, tout en me frottant les mains d'avance à la vue des boites, regard en direction de mon compère qui pouvait se traduire par un "Je te l'avais bien dit".

Les lettres tendues sont ouvertes avec précaution, regard les parcourant en diagonale pour tenter de vérifier si leur contenu était intéressant.  « Quelques échanges et correspondances avec des Syndrigastis hors des boucles, rien de bien alléchant. » Long soupir, se disant qu'il avait tout de même mieux de son côté. « Tu crois qu'il y a eu un accident avec une ancienne boucle ? Du genre honteux au point de vouloir dissimuler ça dans un grenier et ne jamais en parler ? » Imagination fertile, mon esprit vagabondait déjà, voyant d'ici les histoires toutes aussi horribles que rocambolesques, les périples catastrophe d'une boucle d'autrefois. Je divague probablement un peu trop, peut-être des souvenirs d'enfances d'une boucle occupée pour leurs enseignements oubliés dans un coin. « Imagines un peu si c'est leur façon à elles de garder un œil sur nous, nous répertorier. Tu as regardé au dos des photos ? Il y a peut-être d'autres informations. »  

Je me fige un instant, bruits de pas dans le couloir qui s'approchent, ne faisant faire qu'un seul tour à mon sang alors que mes yeux s'écarquillent en direction de Clarence, n'osant pas lui sauter au cou par peur de nous faire repérer, bien que l'envie y est. Je fixe ensuite la poignée, le temps que les pas s'éloignent, continuant leur route. « On ne devrait pas rester là plus longtemps » Je murmure, mots à peine audibles alors que je range les lettres de manière à ce qu'elles retrouvent leur place initiale. Je laisse mon acolyte s'occuper du reste, m'approchant de la porte dans l'intention de jeter un œil dans le couloir. L'intention oui, me rendant compte qu'elle était à nouveau fermée à clef. Un regard horrifié et en même temps empli de reproches se retourne vers l'homme aux quatre yeux.

« Ne me dis pas que tu l'as laissé se refermer ? Avec l'épingle dehors ? Je l'avais laissé dans la serrure ! Quel Idiot ! » Le murmure monte au fur et à mesure, agitant les bras, ne précisant pas vraiment lequel des deux était l'idiot, probablement inclus tous les deux dans le lot. Nous étions enfermé, pour de bon, forcé de continuer à chercher pour trouver quelque chose pouvant crocheter à nouveau la serrure, en admettant que l'épingle à cheveux ne soit pas coincée dedans. Vint ensuite un réflexe peut-être suicidaire, m'approcher de la fenêtre pour l'ouvrir, cherchant à calculer la hauteur qui nous séparait du sol (bien entendu, il avait fallu qu'on soit au dernier étage), ainsi que la distance nous séparant de la fenêtre voisine tout en observant la taille de la corniche. Une vraie paire d'espions amateurs, beaucoup moins efficaces en binômes. « Je suppose qu'on oublie l'escalade, sauf si tu es du genre casse-cou. A ton avis, qu'est-ce qu'on risque si on enfonce la porte d'une pièce bien gardée par les Ymbrynes ? »



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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Ven 6 Jan - 17:38


« TREASURE HUNTERS »

     Il pensait être le plus pessimiste des deux, il eut tort d’y avoir cru. Car ce ne fût pas lui, malgré la mauvaise volonté qui l’avait suivie jusqu’ici, qui soupirait, se plaignait. L’imagination de Galahad n’avait de limite que la réalité, et elle eut été la seule vérité dont il put se satisfaire. Il comprenait sa déception, comme il put comprendre son soupire. Il s’étonnait de le voir s’imaginer de nouvelles histoires, alors que toutes avaient été contredites jusque-là. Cela le peinait plus que cela ne l’agaçait. L’inverse aurait été de mauvais goût, lui-même victime bien trop régulièrement à son défaitisme. Il se surprit à croire aux nouvelles suppositions de Galahad, croisant une nouvelle fois les regards figés sur les tirages, imaginant leurs vies, la mort ayant depuis longtemps été rayée de la sienne. Certainement avaient-ils disparus, ou vivaient-ils encore dans une boucle qu’ils n’eurent jamais découverte, trompant leur existence par des clichés abîmés comme s’il eurent subi le temps.
« Sûrement. Je doute que l’on puisse faire cohabiter autant de bombes à retardement sans un jour en voir une exploser. »
     Il parlait comme un humain, ayant toujours nié ne pas en être un. Il ne vivait pas dans l’utopie des boucles, prenant plaisir à en chercher les failles comme s’il eut fallu les mettre en évidence avant qu’elles ne fragilisent leurs fondations. Il pouvait se croire empli de bonnes intentions, ces pensées n’avaient jamais eu leur place dans ce monde. Les exprimer revenait à condamner un acte berceau de bonnes intentions, noircir une page que l’on aurait souhaité garder blanche. Sa solution était des plus drastiques. Il ne put condamner à mort les syndrigastis jugés les plus dangereux, même dans l’intimité de ses pensées. La solution aurait été de les condamner à vivre ostracisés, dans une boucle unique chargée de les protéger. Un exil nécessaire, même si personne ne semblait le reconnaître à part lui-même. La prison, peu importe la forme qu’elle pût prendre, eut été une notion impensable dans ce monde. S’il y’eut réellement des incidents capables de lui prouver qu’il eut raison, Clarence aurait été plus qu’heureux d’en faire la lumière.
     Sous les indications de Galahad il se saisit de quelques photos pour les retourner. Certaines lettres étaient écrites, n’étant jamais plus qu’un algèbre sans sens. La plupart avaient été noircies par l’encre et la craie, jaunies sous l’effet de la lumière. Le bruit l’avait arrêté net dans ses recherches, les craintes de Galahad devenant aussi contagieuses que ses espoirs. Clarence put se résoudre à quitter la pièce, réaménager le désordre dont ils avaient encombré le sol, mais sa frustration à ne pouvoir comprendre la valeur de ces souvenirs était telle qu’il sentait le besoin de pouvoir y revenir. Un projet anéanti alors même qu’ils se retrouvaient enfermés tous les deux ici.
« Quel idiot oui. Tu avais l’épingle dans la main, ce n’était pas à moi de passer derrière pour m’assurer que tu l’aies récupérée. Sans compter qu’elle avait initialement été sortie de ta poche. »
     La situation l’exaspérait, mais plus encore les accusations dont on l’affublait. Il fût néanmoins bien trop las pour s’énerver plus. Sa crainte des Ymbrynes n’était pas aussi évidente que celle de Galahad. Il s’approcha à son tour de la porte, tentant de l’ouvrir comme s’il put s’agir d’un manque d’adresse de la part de son acolyte. Si ce dernier put réellement être appelé ainsi. Ils ne formaient après tout pas le tandem idéal.
« On disparaîtra avant qu’elles ne sachent que c’est nous, l’ennui étant qu’elles risquent de mieux sécuriser la pièce, voire de changer de place certaines de leurs affaires. »
     Clarence s’accroupit, observant la poignée de porte.
« Mais comme je te l’ai dit, qu’est-ce que tu veux qu’elles nous fassent ? Personnellement je n’ai vu aucun instrument de torture. »
     Il glissa son ongle contre l’une des vis, si immobiles à son contact qu’elles eurent semblées soudées. Le saut dans le vide ne le tentait pas plus que ça, quant à enfoncer la porte, cela lui demanderait bien trop d’efforts.
« Je serais tenté de ramener les albums en bas. Plus personne ne semble les regarder, alors autant se servir. »
     Il se détourna la porte, haussant les épaules en attendant que Galahad abonde en son sens. S’il eut assez de courage pour le faire. L’épreuve de cette pièce était plus difficile à surmonter que ce qu’il avait prévu, et il parlait de l’homme qui se voyait déjà affronter des monstres d’histoires.
     Qu’il y’eut ou pas des secrets dans ces albums, ils furent la découverte de nouveaux visages, de nouveaux noms à inscrire sur des enveloppes krafts. Une nouvelle base de données à enrichir, un challenge qui le changerait des méfaits insignifiants de quelques syndrigastis. Les dates de naissances auraient à nouveau de l’importance, les arbres généalogiques aussi. Mais avant de se formaliser sur un trésor qui fût à peine à sa portée, il lui fallait corriger un détail. Trouver comment sortir.
« Pour la porte, en cherchant on peut peut-être trouver un outil pour dévisser la poignée, ou bien faire sauter les joints. » Clarence marqua une pause, faisant la moue avant un dernier recours. « Ou bien l’on appelle à l’aide jusqu’à ce qu’une douce Ymbryne vienne nous ouvrir. »




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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Sam 7 Jan - 19:01

Treasure hunters

- Cla&Gal Investigation -

Grimace immature, regard qui se lève au ciel de façon agacée alors que Clarence rejette la faute sur le dos. Il n'en serait probablement pas de même s'il était parvenu à ouvrir cette maudite porte. Bien évidement, nous n'avions pas le don de traverser les murs, de nous envoler par la fenêtres, de jouer avec le bois ou quoi que ce soit d'autre, simples syndrigastis aux capacités absolument inutiles en cet instant même. Ah si mes talents ne s'arrêtaient pas qu'aux traits humanoïdes, pouvant prendre les traits d'un animal ou encore d'un objet, imiter la clef qui nous manquait, voir dérober la particularité d'un individu, la copiant dans son intégralité pour nous sortir d'ici. Foutue imitation défectueuse et qui ne servait pas à grand chose à part me perdre.

Je l'observe forcer sur la porte, comme si ma simple parole ne suffisait pas, croisant les bras afin de méditer. « Tes yeux, enfin tes autres yeux, est-ce qu'ils fonctionnent comme un appareil photo ? Garder parfaitement en mémoire ce qu'ils voient ? » En un sens ce serait une solution si nous nous faisons prendre et que notre trouvaille disparaît, à nouveau dissimulée soigneusement à l'abri de nos regards curieux, même si d'un autre côté, il serait probablement le seul à conserver ces détails, pensée qui provoqua une pointe de mécontentement. Encore une fois, je me maudissait de ne pas avoir emporté cette foutue caméra, avoir filmé tout dans le moindre détail.

« Aucun instrument de torture. » Je répète machinalement la phrase avant de reprendre. « Alors dis-moi où sont passé tous ces Syndrigastis ? » On ne pouvait pas savoir après tout. Peut-être que c'est la paranoïa, la crainte d'être enfermé qui provoque ce genre de questionnement. Garder la tête froide, ne pas laisser les ressentis de ce mioche peureux m'atteindre, me dominer telle une marionnette. Garde ton calme Gal. Profonde inspiration, longue expiration. « Comment veux-tu dérober les albums si nous les appelons à l'aide ? » La question est plutôt rhétorique, cherchant un peu partout dans les piles d'objets, n'importe quoi qui pourrait nous servir d'outil. Je n'y voyais que du bric à brac, un amas sans intérêt. Comment ouvrir une porte avec une lampe ? Ou même une chaise ?

Un bruissement à la fenêtre retentit, un oiseau qui se pose et nous observe, me faisant instantanément sursauter, persuadé que nous étions découvert, qu'il s'agissait d'une Ymbryne. C'était la fin, nous allions nous faire atomiser, rester enfermer dans cette pièce jusqu'à-ce qu'on meurt de faim, à nous supporter l'un l'autre tandis qu'elles nous nargueraient. Voilà qu'en moins d'une seconde, je me retrouve cramponné à mon acolyte, à scruter le pauvre et simple pigeon que j'avais pris pour ces oiseaux manipulateur d'horloges. Stupide piaf !

Je ne prête d'abord pas vraiment attention au contact, deux doigts un brin trop en dehors de leur trajectoire, deux simples empruntes sur la peau de Clarence. Enfer et damnation, comme si c'était le moment ! Le corps s'étire, la chaire se déforme, vêtements soudainement beaucoup trop étroits, regard hagard alors que je le relâche dans un juron beaucoup trop honteux, parfaite copie identique, ridicule dans de tels accoutrement. « Je me passerai de tout commentaire. » Je reprend la recherche, comme si de rien n'était avant de m'arrêter sur mes paumes, sceptique, partagé entre curiosité et dégoût, paupière clauses qui ne cachaient que de la chair aveugle, étrange sensation, index se posant doucement dessus dans une grimace. Le désavantage de copier quelqu'un avec une particularité qui consistait en une anomalie physique, imitée elle-aussi, bien qu'inutile et inexploitable. « Comment diable parviens-tu à te saisir d'objets ? C'est terriblement gênant et je n'ose pas imaginer avec de vrais yeux. » Je m'égare, fascination pour l'anatomie combinée à mon dégoût paradoxal des tissus organiques, le regard rivé sur mes mains et ne pouvant soudainement plus m'en détacher.



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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Mar 10 Jan - 13:48


« TREASURE HUNTERS »

     Ses yeux n’avaient pas été fournis avec la fonction appareil photo. Quand bien même, il ne leur laissait pas assez de choses à voir pour qu’ils puissent s’en souvenir.
« Malheureusement non… »
     Malheureusement, il n’y eut rien d’utile à se parer d’yeux à l’intérieur de ses mains, si ce n’était l’espoir d’échapper à un coup de poignard dans le dos.
     Il eut un rire abrupt raclant sa gorge comme une gorgée d’eau qui n’aurait pas suivi la bonne trajectoire. Galahad se focalisait sur cette histoire d’Ymbrynes tueuses, oubliant un instant qu’elle ne put être crédibilisée, fruit d’une imagination tourmentant sa raison à l’excès. Pour seule réponse Clarence haussa les épaules, las d’avoir à trouver des arguments à ses théories irrationnelles. Il y’eut bien une explication à trouver à l’existence de ces visages photographiés, une théorie déshonorante qu’ils ne purent encore découvrir.
« C’était du second degré pour l’Ymbryne… » Il semblait soudain contrarié, sourcils courbés fermant son regard.
     Aussi mal à l’aise qu’un homme dont la blague ne fit pas rire. Ses mots avaient certainement été trop imprégnés d’agacement, avaient manqué d’ironie. Il n’avait pas assez souri pour transformer sa phrase en humour, ou il n’avait seulement jamais eu le talent pour.
     Effaçant cet échec de sa mémoire, il se mit également à chercher un objet capable de leur faire retrouver leur liberté. Ils ne purent simplement être enfermés, qui plus est dans une pièce qu’ils eurent forcée. Cette ironie ne put à ce stade le faire rire. Elle participait au contraire à échauffer sa patience, déjà bien entamée par l’ouverture de placards nus de toute solution.
     Un sursaut le surpris. Il n’eut pas plus peur de l’oiseau que de l’ombre soudaine s’accrochant à la fenêtre, et de la réaction disproportionnée de son triste allié. Il s’était accroché à lui comme à une bouée, et Clarence tenait aussi mal ce rôle qu’il pût l’imaginer. Immobile, statique, il crut pouvoir en réchapper en se contraignant à ne pas bouger. La folie le quitterait d’elle-même s’il ne la forçait pas à le faire. Ses poings étaient liés, voulant se protéger de tout assaut porté. Comme s’il pût éviter de subir plus longtemps l’étrange comportement de Galahad, d’avoir à se confronter à sa propre image. Comme l’homme qui ne pût jamais se voir de dos, il se sentait soudain épris d’un sentiment nouveau. Celui d’être étranger à lui-même. Car son embarras ne fût pas celui du visage de sa copie, et que ce corps ne lui appartenant pas se déplaçait sans qu’il ne l’eu choisi. Il se passerait de tout commentaire mais Clarence n’en avait pas réellement au bord des lèvres. Il voulut être en colère, lui faire une remontrance qui put facilement l’arrêter avant qu’il ne déclenche un Big Bang. Bien sûr il l’était, ses doigts laissant courir des fourmis aveugles et empressées, brûlant sa chair à chaque pas qu’elles eurent fait. Mais il ne le fût pas assez pour oublier qu’il lui fallait garder son calme, et il ne put décemment pas lui en vouloir pour un don qu'il ne contrôlait pas. Il ferma les yeux, pinçant l’arrête de son nez jusqu’à ne plus voir que l’obscurité pixélisée de son monde. Mais Galahad lui en avait volé une partie, posant ces éternelles questions auxquelles il eut maintes fois répondu.
« Tu t’adaptes. »
     Comme tout homme victime d’une anomalie physique s’adapterait à vivre. Le borgne à la vision réduite, l’homme droitier n’ayant jamais plus que sa main gauche. Rien qu’ils n’eurent choisi et rien que Clarence n’eut souhaité non plus. Ses épreuves se résumaient à ne rien serrer trop fort contre les "paupières", et en cela les bandages y aidaient. Il y’eut pourtant des choses auxquelles il dû se faire. Du savon dans les yeux, irritant sa cornée comme l’acide mangerait la chair, à des aspects pratiques accommodés par cent années d’existence.
« Quoi qu’il en soit ce n’est pas vraiment la pire situation à laquelle tu puisses te confronter. »
     Il inspira, s’approcha de lui-même non sans redouter cette proximité avec lui-même. Il n’était ni flatté, ni honteux. Un brin répugné par cette chair sculptée et en partie agacé d’avoir une nouvelle fois à gérer l’un de ses dérapages.
« Je ne sais pas ce qui te prends aujourd’hui, mais je commence à croire que tu devrais t’asseoir et ne plus toucher à rien. »
     Il eut la désagréable impression de se parler à lui-même. Difficile de retrouver les traits d’un autre homme dans les siens, ou de s’exprimer à un corps qui lui appartenait.
« Et cesse d’appuyer dessus ! »
     Son manège lui rappelait le sien. Des aiguilles qu’il s’était planté dans les mains sans imaginer la douleur qui en suivrait, aux petits accidents étant survenus alors qu’il apprenait seulement à vivre avec. Ces souffrances étaient mémorisées, assimilant un geste à une douleur qu’il eut reçue, et voir Galahad appuyer ses doigts dans les paumes de ses mains participait à les éveiller.
« Tu ne peux pas les ouvrir ? »
     Que sa raison lui pardonne d’entrer dans ce jeu expérimental. Il put vouloir se montrer fort de raison et de conscience, l’étrange aspect de cette confrontation avec lui-même ne pouvait simplement être ignoré. Il ne put s’empêcher de garder ses distances, trouvant sa copie aussi ridicule qu’elle se parait de vêtements trop petits. Il eut également peur d’avoir à s’en approcher, car ce double lui rappelait une version du roman The Body Snatchers. Vestige d’un futur devenu passé, où l’humanité se fit peu à peu exterminée au profit de doubles extra-terrestres.
« Combien de temps vas-tu rester comme ça ? »




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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Mar 17 Jan - 0:49

Treasure hunters

- Cla&Gal Investigation -

Je commence à vouloir comprendre, imaginer comment sa chaire à lui fonctionne dans une logique qui m'échappe, parvient à utiliser des yeux aussi lointain de son cerveau, comment les signaux sont envoyés, à quelle vitesse. Jamais je ne m'étais véritablement penché sur le cas de Clarence et pourtant j'en avais étudié des particularités étranges, certaines même relevant purement et simplement de la sorcellerie. Je ne rêve en cet instant que de plonger la tête la première dans un ouvrage anatomique qui prend la poussière sur une étagère. Enfin prendre la poussière, c'était difficile lorsque le jour restait le même. J'avais envie de griffonner, schématiser la chose, la répertorier soigneusement. Du calme Galahad, tâche de garder ta propre tête. Je me serais bien passé de l'imiter après tout.

L'original semble troublé, aborder ce même regard épris d'un malaise observé des milliers de fois, soupirant longuement. J'avais espéré, durant un bref instant, qu'il ne suivrait pas le mouvement, les réactions répétitives et bateau, ce regard qui m'amusait au départ avant d'en devenir redondant, d'autant plus dans ce genre de situation où le changement de forme tombait plutôt mal, peu approprié. « Je ne vais pas te dévorer pour prendre ta place. » Je préfère le préciser au vu de sa tête, dans le doute, laissant enfin tomber mes paumes suite à ses remontrances pour tenter de retrouver le fil de notre recherche. « C'est la faute de ce mioche, je n'en peux rien s'il ne regardait pas où il marchait. Puis vois le bon côté des choses, je risque d'être ennuyeux à mourir comme toi durant les prochaines heures. » Grommelais-je tout en me dirigeant vers la penderie qui nous avait apporté quelques trésors, peut-être qu'elle nous servirait à nouveau.

« Je croyais que tu t'étais renseigné sur moi avec un dossier digne de Scotland Yard. C'est plus compliqué que ça, ce serait tellement beau de recopier les particularités en plus du reste, avoue. Mon corps ne reproduit que la chaire à l'identique, certes, il imite tout ce qui touche au physique comme les particularités visibles dans la mesure où elles restes humanoïdes (et heureusement, je ne suis pas certain de supporter le genre loup-garou velu, c'est déjà bien assez répugnant comme ça de voler des corps étrangers), mais ce n'est que du toc si on peut nommer les choses ainsi. ici, ce n'est que de la chaire qui donne l'illusion d'être des yeux clos. Pourquoi je te raconte tout ça ? Tu n'as qu'à te détourner si c'est aussi déroutant, ça ne devrait pas durer bien longtemps, quelques minutes, voir un quart-d'heure tout au plus vu que je ne l'entretient pas, au moins ma volonté influence tout de même la copie en temps. »

Les mots sont lancés en l'air sans même poser les yeux sur lui, continuant de fouiller, limité dans mes mouvement à cause de ma chemise soudainement beaucoup trop étroite. Jusque là je n'avais jamais vraiment remarqué la différence de taille assez conséquente entre nous, le genre de détails superflus, préférant de loin tenter de connaître son prochain coup plutôt que la taille de ses costumes.

Je finis par tomber sur un vieux cintre en fil de fer, cherchant à le déformer comme je le peux dans l'espoir qu'il soit assez fin pour entrer dans le trou de la serrure. « Victoire ! » L'arme est brandie, espérant que l'épingle dehors ne soit pas restée coincée de l'autre côté. J'entame une nouvelle tentative de crochetage, finissant par m'énerver au bout d'une seconde à cause de mes mains. Ces mains. Ou plutôt ses mains, celles de Clarence, beaucoup plus grandes avec ces boules au centre des paumes qui me déstabilisent par leur sensation encore inconnue et alien. Je grommèle avant de m'éloigner de la porte, croisant les bras tout en lui faisant signe de se débrouiller. Après tout il était beaucoup plus expérimenté avec ce corps que nous avions soudainement en commun, désormais son jumeau parfait et à l'allure ridicule dans cet accoutrement.



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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Sam 21 Jan - 14:08


« TREASURE HUNTERS »

« Ce n’est pas… »
     … Ce à quoi il pensait.
     Cette remarque fût l’étrange écho à une pensée qui lui eut été arrachée.
     Il voulut la rectifier, se défendre d’une appréhension qui ne lui appartenait pas. Mais les paroles de Galahad reprirent leur flot. Il crut entendre sa mère. A nouveau enfant de 10 ans, elle lui répétait qu’il ne put être aussi ennuyant. Elle lui lançait son manteau au visage en lui ordonnant de sortir. Selon elle se trouver dehors fût un remède à l’ennui. Selon lui, ce ne fût qu’un stratagème pour éloigner sa morosité d’elle. Car l’ennui, qu’il fut maladie ou manque d’entrain, ne disparut pas une fois jeté dans le froid. Paradoxalement il se trouvait bien plus ennuyeux à présent. Mais le lui faire remarquer n’était certainement la meilleure chose à faire. Des vagues se dessinèrent sur son front. Mer agitée menaçant les voiliers. Il croisa ses bras sur sa poitrine, s’appuyant d’une jambe sur le rebord d’un meuble. Ses gestes vieillissaient mais l’impatience venait, après trop de temps passée à être bridée, par se presser à l’intérieur de lui en espérant se libérer.
     Il attendit, l’écouta. Ses gestes étaient les siens et ses mots l’agaçaient alors qu’ils auraient dû l’indifférer. Comme si l’air venait à manquer, il se sentit étouffer dans cette pièce avec lui. Lui-même. Peu importait réellement la personne qu’il eut en face de lui. Elle fût de trop dans ce qui aurait dû lui appartenir. Il appréciait Galahad comme il pouvait l’envier, s’en méfier, gardant égoïstement pour lui ce qu’il jugeait apte à le surpasser. Maxine eut peut-être raison en lui reprochant de ne savoir trouver un juste milieu. Une phrase ignorée, ne pouvant être effacée par l’absence d’une réponse. Orgueilleux ou las, il ne put penser à s’échapper sans que la situation ne l’irrite.

« Soit tu me surestimes, soit tu te surestimes. »
     Il s’empara du cintre, appuyant douloureusement la pointe à vif contre son pouce. Il ne sut s’il fallait rire de sa défaite comme un juste retour de bâton à la sienne, ou si elle ne fût que le reflet de son propre échec.
« Il faut croire que la paranoïa te monte à la tête. Monter un dossier sur toi n’est pas dans mes priorités. »
     Le mensonge était une toile se tissant consciencieusement. Entre le besoin qu’il avait de justifier son manque d’informations le concernant, et celui qu’il eut de le ridiculiser, se trouvait cachée une vérité écrite à l’encre sur une pochette cartonnée. Un dossier qu’il n’eut opéré au complet, et dont la couverture portait son nom. Il avait été envieux de son pouvoir, et étonné de s’en savoir affublé. Mais ce qui constituait l’essence même de Galahad résidait dans ce qu’il pouvait obtenir de plus que lui. Avant lui. Si bien qu’il n’eut que très peu de connaissances à son sujet. Se mêlait dans ses recherches, l’utilité qu’il reconnut à répertorier toute information nouvelle, et la négligence qu’il eut parfois à les autopsier. L’ennui en était le facteur. Telle une insomnie injustifiée, il le tenait éveillé sans qu’il ne le soit jamais réellement. Il put mal vivre les contrariétés amenées par Galahad, elles furent l’adrénaline manquant parfois à sa vie.
     Il s’accroupit, insérant le cintre dans la serrure. S’il craignait de se ridiculiser à nouveau en échouant, ses tentatives vaines pour déverrouiller la porte ne furent que la cause d’une tige métallique trop épaisse. Agacé, il arracha le cintre de la serrure.
« Ecoute, on va s’y prendre autrement. »
     Il se tourna vers Galahad, ayant un instant oublié qu’il fût son miroir. Un fait qu’il put aisément ignorer alors que rester coincé dans cette cage exacerbait sa folie née. Il se dirigea à nouveau vers la penderie, récupérant les albums qu’il eut remis. Il lui tendit les deux, les pressant contre son estomac comme porteur d’autorité.
« Prends-les. Nous ne sommes plus à ça près. »
     Sans plus de mots, il s’approcha de la porte et lui infligea un coup de pied à hauteur de la poignée. Le bruit assourdissant fût un compte à rebours déclenché par impatience, et il en fallu trois autres pour arriver à bout de cette porte. Retrouver le couloir fût comme revoir un rayon de soleil après des mois dans l’obscurité. Exagérément soulageant, il fût bien moi rassurant de savoir sa méthode source de nouveaux ennuis.
« Tu me suis ? »
     Réajustant ses gants, il se dirigea jusqu’au fond du couloir, feignant au mieux de ne pas s'être fait mal en ouvrant la porte. Qu'il soit question de technique ou de force, son mollet en sentait encore les efforts. Il se souvint de plans griffonnés comme les brouillons d’une invention d’enfant. Des lignes épaisses pour ce qui fût le chemin à prendre. Des fines, alternatives à une ligne droite. Il sous-estimait la capacité des Ymbrynes à les retrouver, leur asséner une correction exemplaire. Il espéra, au fond de lui, avoir raison de le faire.




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Galahad L. Ednyfed

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Dim 22 Jan - 21:43

Treasure hunters

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Il faudrait que je tente de me couper une mèche de cheveux, la glisser dans mes poches comme une relique, essayer de voir si elle ne me permettait pas de retrouver mes traits plus vite, d'éviter les incidents, les effleurements parasites du quotidien. Ce serait moins contraignant que de porter des gants en permanence, je ne supporte pas la sensation de ne pas pouvoir pleinement toucher les choses, entrer en contact avec, avoir les mains moites, je préférais de loin serrer les dents le temps que ça passe, laisser la chose me perdre pour quelques heures. Enfin l'idée n'était pas mauvaise, même si sacrifier une mèche ne me plaisait pas vraiment, surtout si elle continuait de changer une fois coupée, sait-on jamais après tout.

Je m'égare, percevant à peine les mots lancés alors que je suis à des kilomètres de cette pièce, sentant bien dans son ton que quelque chose devait probablement l'irriter. Il n'était pas bon de rester ici plus longtemps, commençant à sentir cette tension qui monte petit à petit et nous enrobe au creux de sa main, peut-être que ma forme n'aide pas, provoque le malaise, reflet bancal, à la fois parfait et erroné de l'homme qui tente tant bien que mal de crocheter la serrure. Je ne peux m'empêcher de me poser cette question, qu'est-ce que cela pouvait faire de se croiser, d'affronter son propre regard. Certainement dérangeant, une sensation d'être violé dans son intimité la plus profonde. Heureusement que les souvenirs ne suivent pas.

« Aurais-tu donc confiance en moi pour ne pas tenter de retourner mes secrets dans tous les sens ? » J'ai du mal à le croire, imaginer qu'il ne s'est pas infiltré dans mes appartements, retourné le moindre centimètre carré, cherché le vrai, l'authentique, ce qui n'a rien d'un rôle endossé, soigneusement entreposé dans une boite de métal. Un sourcil se hausse, sceptique. « Peut-être que le jeu en deviendrait moins amusant en un sens. » Je hausse les épaules, imaginant que connaître les moindres détails de nos vies ne ferait que nous emporter sur la pente délicate et dangereuse des attaques personnelles, forces et faiblesses exposées au grand jour et pouvant se mêler au jeu pour combler le renouvellement sans fin et si répétitif des boucles.

Les mots ne me disent rien qui vaillent, le suivant du regard tout en appréhendant la chose. Les albums tendus, pour ne pas dire laissés dans mes bras de manière sèche, sont conservés alors que les sourcils se froncent d'instinct. Pas besoin de le questionner pour comprendre qu'il allait faire une bêtise, serrant les dents alors que les coups de pieds commencent. Niveau discrétion, on avait vu mieux, impression que nous étions deux éléphants dans un magasin de porcelaine, produisant un vacarme sans nom. La crainte enfantine semble s'être évaporée, une bonne chose, probablement, me contentant d'un long soupir alors que j'imagine que nous devrions courir et faire disparaître les preuve de notre vol. Le couloir est une libération, esquissant tout de même un sourire satisfait malgré l'ampleur des dégâts. « Tu aurais pu te briser quelque chose. » Seule remarque que je juge pertinente, façon détournée pour démontrer mon inquiétude, observant son pied, conscient que je l'avais bel et bien entrainé dans un tel pétrin et qu'il en allait de ma responsabilité.

Je lui emboite le pas, les sens en alerte. Nous risquions de nous faire avoir à tout moment, resserrant mon emprise sur les albums alors que je retrouve ma taille et mes traits, probablement de quoi détendre un peu plus l'atmosphère déjà bien assez sous tension. « Qu'allons-nous faire de ça ? je suppose que nous partageons le butin. » Je murmure, à peine audible pour ne pas nous faire repérer, imaginant que nous ferions mieux de nous séparer une fois les quartiers à risque abandonnés pour ne pas éveiller les soupçons. Notre simple duo paraissait déjà bien assez louche à lui tout seul. Des pas approchent dans l'embouchure d'un couloir, me collant soudainement au mur tout en priant qu'il ne s'agisse pas d'une Ymbryne à la recherche des pauvres bougres qui ont causés quelques dégâts dans leur bric à brac. Dommage que nous n'ayons pas une capacité de nous rendre invisible, voir de nous téléporter en un clin d’œil.



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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: « Treasure hunters » ❧ Ft. Clarence   Sam 28 Jan - 1:43


« TREASURE HUNTERS »

     Il se reconnut à être un enfant. Sans joues rondes et genoux écorché. Il en fût un car personne ne lui assura un jour qu’il put grandir. Que les sentiments irréfléchis qu’on reprochait à l’enfance, étaient en réalité ceux que l’on reprochait aux adultes. Il n’y avait aucune sagesse aux mensonges et à l’orgueil. Mais tout en lui s’en était épris. De sa langue, claquant au rythme de vérités corrompues, à ses expressions, aussi mornes qu’elles purent étouffer ce qu’il avait à cacher. Des secrets bien moins compromettants que ceux de Wallis Simpson. Aucune amante ni aucun statut à préserver. Ce ne fût là qu’une quête vaine pour espérer s’adapter.
     Inutile de lui demander s’il eut raison d’avoir confiance. Si tel fût le cas. L’était-il ? Il ne s’en souvenait pas. Que ses secrets en vaillent la peine, ils avaient tout le temps nécessaire pour s’y pencher un jour. Certainement s’échapperait-il de cet asile avant. Le jeu, quand bien même prenant, en était tout à la fois ennuyant. Qu’il puisse détester ce mot jusqu’à détester l’entendre prononcer, il ne pût nier devoir l’ajouter aux termes définissant ce qui le maintenait vivant.

« Tes mots me feraient presque sentir vieux. »
     Il chuchotait les siens, à défaut de n’avoir pu couvrir le bruit de sa fuite. Animal frappant les barreaux de sa cage sans plus d’espoir que celui de finir par en brisant un par la seule force de ses os heurtant l’acier, il s’était laissé aller à oublier qu’ils purent obtenir bien plus qu’une simple remontrance. L’ignorance était un bien. Religieusement une bénédiction. Il arpentait les couloirs, avec l’adrénaline d’un homme qui ne sut où il allait réellement. Pour la première fois, après cent ans, il se souvint de l’état procuré sous l’effet de cette hormone libérée. Epinéphrine ou neurotransmetteur. Elle accélérait son rythme cardiaque, augmentait son taux de glycémie. Drogue sans danger et tolérée, elle fût en cet instant la seule chose susceptible de l’extasier. Il se sentit honteux de ressentir une telle jouissance à devenir l’image d’un gosse de vingt ans sans conscience.
     Galahad avait repris sa forme et sa voix. Sa perplexité aussi. Enfant, idiot, toujours, Clarence devint soudain plus calme et bienveillant. Fort de cette imprévisibilité lui sciant peu. Il sut pourtant que ces crises répétées ne furent que les réactions impulsives à ses détresses. Lorsqu’il ne put contrôler le monde comme il l’entendait. Prévoir, par simple imprudence, que laisser se refermer une porte les piégerait dans leurs méfaits. Il eut voulu reprocher cette faute à Galahad, et il le fit. Il s’était pourtant, au-delà de toute méfiance, laissé entraîner dans une situation qu’il savait par avance risquée. Suivre un homme dont la santé mentale menaçait la santé d’esprit de toute une population, revenait à courir au front sans savoir auparavant tenir une arme. Tout aussi sombre que pouvait être dépeint Galahad, il en revenait malgré lui toujours à lui accorder son temps, sinon sa bonne foi. Difficile, après ça, de refuser à lui offrir plus qu’un simple égoïsme.
«  Cela me semble équitable. »
     Fairplay, bon joueur ou calculateur. Il ne prenait pas assez plaisir à le voir mordre la poussière et piétiner la boue pour l’amener, genoux aux sols, plus bas que terre. Il eut l’esprit d’équipe un jour, le sens de la cohésion plus que de l’individualité. Se savoir n’être personne dans la guerre qu’ils menaient. A croire que ces notions, en chemin s’étaient égarées.
« Le partage est déjà fait. »
     Son pas se faisait plus rapide. Il semblait exécuter une marche militaire longuement apprise. Il n’eut en réalité jamais à piétiner le sol au rythme d’une marche de soldats en bottes. Cette démarche se devait le résultat de son arrogance. Celle de sa volonté à paraître modélisé dans la trempe des autres initiés. Disparaître. Tel était un art alors qu’il n’y eut aucune foule dans laquelle se fondre.
« Je te ferais savoir si je trouve quelque chose. »
     Sa promesse en recherchait une autre. S’il acceptait de le considérer comme son égal, il lui fallait entendre que Galahad le fasse également. Même s’il n’eut pas une seconde pensé à le remercier pour sa sollicitude. Rien ne l’avait jamais obligé à venir le voir. Alliés ou contraires, il paraissait qu’ils eurent matière à faire. Il était facile derrière, d’échapper aux remerciements qui durent suivre. Attendus ou non. Les bruits de pas qui suivirent permirent à Clarence de se destituer de toute reconnaissance. Ils furent de trop. Six pas alors qu’il n’en fallu que quatre. Pressentant approcher les oreilles qui eurent entendu son pied briser la porte, il rejoignit Galahad contre le mur tout en évitant cette fois de se confronter à un nouveau contact. Priant, pour sa part, de ne pas le sentir s’accrocher à son bras. Les muscles de son mollet se tendaient. Vieillesse niée un peu trop difficile à oublier. La tension dispersait le tambour d’une douleur, vive alarme silencieuse qu’il crut pouvoir être entendue comme le cri répétitif d’un oiseau blessé. Les pas couvrirent leur son insonore. Contradiction des hallucinations d’un seul homme. Comme il crut les entendre, il crut entendre son cœur crier ses propres battements, ouvrir ses valves pour déverser sa peur à torrents. Las pas devinrent plus sourds, plus lointains. Ils furent deux écoliers paranoïaques ayant séchés les cours. Un album chacun tenu dans une main, il leur fallu pourtant se quitter avant que la bêtise de l’un ne compromette celle d’un autre.
« Je te laisse retrouver tes appartements ? J’ai peur que deux originaux nageant à contrecourant les bras chargés, ne déclenchent des soupçons. »
     Clarence vérifia que le couloir était vide. Des voix commençaient à geindre de part et d’autres de ce labyrinthe. Difficile de les savoir rassurantes alors qu’ils furent en torts. Virilité ou pudeur, il offrit un signe de tête à Galahad, soigné d’un sourire. Doux et humbles étaient les aux revoir, lorsqu’ils étaient silencieux.
« J’oubliais… Ne crois pas que tes secrets resteront éternellement épargnés. »
     Dernier chuchotement. Retraite prise avec brio et élégance. Tout ce qu’il voulut, finalement, fût de le retrouver sans rien n’avoir gâché[.]




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