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 « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia

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MessageSujet: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Dim 18 Déc - 18:51

Ten years passed tonight

- Maybe in time you'll want to be mine -

Les jours se sont écoulés dans un ennui mortel, énergie débordante contenue malgré moi, voletant tout de même à travers les pièces malgré le fait que je devais rester en place, cherchant à trouver l'occupation dans l'observation des Syndrigastis de la boucle, encourageant Lavinia de parcourir les trop nombreuses pièces de ce refuge aux maisons imbriquées les unes dans les autres, à prendre ses marques dans ce temps qui n'était pas le sien, tâchant de lui faire comprendre comme je pouvais le fonctionnement de quelques objets, jouant à cache-cache dans les penderie afin qu'elle dégote des vêtements de ce temps et à sa taille, cherchant à trouver un moyen de la faire voler à son tour. Je ne sais plus le nombre exact de renouvellement de boucles ont eu lieu exactement depuis notre arrivée, notre sortie de ce phénomène étrange, véritable catastrophe incompréhensible que je peinais à dénouer. Un mystère qu'il faudrait résoudre rapidement. Mais les jours avaient suffisamment passés pour que mon état s'améliore, patte se posant à nouveau sur le sol, certes toujours endolorie, mais entorse se réparant petit à petit.

Nous nous étions assoupi dans la pièce étroite qui me servais de chambre lors de mes voyages dans cette boucles. Un lieu modeste et étroit, mais avec tout le nécessaire, avec un lit, une armoire contenant quelques vêtements et un bureau recouvert de divers carnets bien remplis, retraçant les différents voyages au sein de la boucle de quarante-et-un, répertoriant localisations, coordonnées géographiques, temps de vol, découvertes en tout genre. Une vieille habitude pour ne rien oublier de mes voyages, tenter de battre à plat de couture mes propres records de vitesses, bien qu'il faudrait probablement que je trouve un moyen de les renvoyer en 1873, utilisant un quelconque voyageur.

Le réveil était difficile, maigre lit devenu soudainement beaucoup plus étroit, simple plis de couverture sur le rebord ne suffisant plus. Cette nuit, mon corps s'était étiré, perdant ses plumes de lui-même, couverture enroulée d'instinct alors que les bras, encore couverts de quelques maigres égratignures se mêlant aux cicatrices d'un autre temps, enlaçaient l'Ymbryne. La blessure semblait s'être considérablement réduite afin de pouvoir passer à nouveau d'une forme à l'autre, bien qu'il faudrait probablement encore plusieurs semaines avant que tout ne disparaisse intégralement, ne devant sûrement pas abuser de la marche. Cela dit, retrouver l'usage de la paroles et des conventions sociales était nettement plus agréable, même si je favorisais mon manteau de plumes.

Je n'ose d'abord pas me mouvoir, non seulement par peur de réveiller Liv, mais surtout doutant de la solidité du sommier alors que mon poids avait plus que considérablement augmenté, sans parler qu'il me faudrait probablement un petit temps d'adaptation du à mon changement de forme, toujours difficile dans ce sens, d'autant plus après des jours. Mes doigts se contentent alors de se glisser dans ses mèches sombres, recouvrant en douceur son épaule, robe de chambre l'ayant probablement dévoilée dans un mouvement involontaire.

« Bonjour Liv. » Murmure suave qui remplaçait les habituels sifflements mélodieux alors que je perçois du mouvement. Je resserre un instant mon emprise sur elle, façon d'introduire un remerciement muet alors qu'une fois de plus ses doigts délicats se sont occupés de moi, définitivement bonne à devenir mon infirmière attitrée. J'en oublie ma tenue, absolument pas appropriée pour ce genre de situation, rouge montant un peu plus aux joues tout en la relâchant, m'enfonçant comme je le peux dans la couverture, veillant à ne pas faire de geste trop brusque de mon pied encore fragilisé. Je pouvais me retrouver à nouveau coincé à la moindre distraction, forme humaine ne tenant encore qu'à un fil.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Lun 19 Déc - 12:38

Ten years passed tonight

- One day, these chains will disappear thanks to you -

La vie dans la boucle de 1941 ne fut pas facile pour Lavinia. Morte d'inquiétude pour ses particuliers, n'ayant aucune idée de leur état et de celle de la boucle et ne comprenant toujours pas ce qui avait bien pu leur arriver, Lavinia se rendait presque malade. Heureusement qu'elle n'était pas seule, car elle serait certainement devenue folle et intenable. Mais au bout de quelques jours, tout s'apaisa, puisqu’ils finirent par avoir des nouvelles de leur boucle. Tout allait bien malgré ce qu'ils avaient tous vécu. Depuis, l’ara bleu était plus vivable, moins agitée et inquiète même si son impatience à rejoindre leur boucle était toujours perceptible. Elle n’aurait jamais cru penser ou dire ça un jour, mais la neige lui manquait. Liv adorait regarder les flocons de neige tomber et pouvait rester là à les observer durant des jours si ses responsabilités d’Ymbryne ne lui prenait pas tant de temps. Tout ça pour dire que même si elle allait beaucoup mieux, qu’elle faisait des efforts pour s’intéresser à ce nouveau temps, inconnu jusqu’alors pour elle et que sa curiosité était souvent sollicitée et assouvie, 1873 et ses particuliers lui manquait. Lavinia n’osait le dire de vive voix à Aloysius, ce dernier était encore en rétablissement et elle ne voulait pas lui laisser croire qu’elle attendait son retour à sa forme humaine juste pour qu’ils puissent rentrer. Ce ne serait pas la vérité, du moins pas toute la vérité. Cette dernière n’est jamais aussi simple qu’on aimerait qu’elle le soit. Ce fut sur cette dernière pensée que Lavinia s’assoupie dans la chambre de l’hirondelle qu’elle n’avait que très peu quittée depuis leur mésaventure dans ce temps.

La nuit et surtout le réveil furent plus doux et gaie. Encore endormie, Lavinia n’eu pas conscience du changement d’Aloysius, à part qu’elle s’emmitoufla un peu plus sous les draps pour ne pas avoir froid, ce qu’elle n’eut pas en étant enlacée par l’homme à ses côtés comme si c’était naturel et la plus évidente des évidences. Néanmoins, toute bonne chose a une fin et il fallait bien que l’ara bleu se réveille.

« Bonjour Liv. »

« Bonjour… » murmura-t-elle, nécessitant encore d’un peu de temps pour s’éveiller et réaliser que l’hirondelle n’était plus.

« Attends… tu… Tu viens de parler… » Les yeux bleus de l’ara s’ouvre enfin tout en se retournant pour faire face à Aloysius. Plus aucune trace de plumes en vue. La rougeur ne monta pas aux joues de Lavinia pour la simple et bonne raison qu’elle ne prenait pas bien en compte la situation dans laquelle ils se trouvaient, trop contente sur le moment. « Tu vas mieux on dirait ! Comment tu te sens ? Tu as essayé de bouger ton pied ? Bon, tu vas sûrement avoir encore quelques douleurs, mais tu es sur la bonne voie ! »

Quel contraste par rapport à hier soir ! Lavinia était sincèrement heureuse de voir qu’il allait mieux. Sa blessure n’était pourtant pas grand-chose, mais Liv s’inquiétait toujours beaucoup lorsqu’un syndrigastis était blessé et d’avantage lorsqu’il s’agissait d’Aloysius. Encore plus lorsqu’on se sentait responsable, car c’était le cas, alors que ce n’était pas de sa faute si cet éboulement était arrivé. Sauf que si elle avait été capable de se métamorphosait, peut-être que rien de tout ça ne serait arrivé. Ne souhaitant pas penser et encore moins de parler de tout ça maintenant et gâcher ce moment de réjouissance, après qu’il lui ait répondu, Liv enchaîna sur la prochaine étape qui devait forcément suivre : se lever et tester ce pied ! Alors qu’elle se relevait sur le lit, ce dernier ne sembla pas apprécier le changement brutal de position et craqua d’un coup sous leur poids. Lâchant un petit cri de surprise, Liv perdit l’équilibre et au lieu de se retrouver assise sur le lit, elle se retrouva sur Aloysius, leurs visages trop près l’un de l’autre, beaucoup trop près. Cette fois-ci, le rouge sur ses joues était bel et bien au rendez-vous !  
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Lun 19 Déc - 23:45

Ten years passed tonight

- Maybe in time you'll want to be mine -

Rire léger qui s'élève face à la réaction, le regard émeraude se lève au ciel, amusé, tout en oubliant la gêne occasionnée par la situation. Qu'importe de toute manière, qu'est-ce que cela changeait par rapport à l'autre forme au final ? Visiblement déjà trop de temps passé sous mon manteau de plumes que pour perdre quelques habitudes. Le soudain enthousiasme faisait plaisir à voir et tant mieux parce qu'elle risquait d'être forcée à sortir de sa zone de confort, capable désormais de tirer l'Ymbryne dehors en l'entrainant dans les recoins de la boucles, lui faisant rencontrer quelques Syndrigastis qu'elle devrait apprécier, voulant qu'elle se sente bien, quitte à la pousser du haut des toits pour qu'elle fasse sortir ses ailes. C'était probablement idiot, vouloir qu'elle aime ce temps, qu'elle prenne ses marques alors que nous devrions bientôt reprendre la route. Enfin je suppose. Personnellement, je n'avais que faire de l'endroit, peu attaché aux murs et objets matériels, Liv était avec moi de toute façon, pour une fois, ce qui suffisait à rendre le voyage excitant.

Un pouce effleure sa joue, sourire s’étirant sur le coin des lèvres. « Je vais bien. » Prononcer des syllabes reste encore un brin étrange, limitant pour l'instant mes mots alors que j'opère à sa demande, pied remuant sous la couverture dans des cercle encore en partie douloureux, mais cela fonctionnait. De toute manière, le changement de forme dans ce sens après plusieurs jours incluait fatalement un temps d'adaptation, tenir debout serait dans tous les cas difficile, muscles de vol et de marches étant loin d'être les mêmes, mais les habitudes reviendraient vite contrairement à notre première fois. La rééducation avait été difficile, presque muet et incapable d'aligner deux mots, être qui avait alors perdu une grande partie de ses conventions humaines, instinct purement animal pré-dominant. Passage honteux et difficile que je préférais occulter, images peu glorieuses auxquelles l'Ymbryne avait du faire face.

Fracas infernal, fermant les yeux tout en serrant les dents, impression que le plafond nous tombait à nouveau sur la tête, grimace tout en priant pour que ma cheville soit hors de danger, me voyant déjà à nouveau piégé sous forme d'hirondelle alors que je venais à peine de récupérer mes capacités de métamorphoses. Le regard, soudainement hagard, s'ouvre sur Lavinia, nez presque collé contre le sien alors que je peine encore à comprendre la situation. Quelques longues secondes s'écoulent avant que le rire ne s'élève, tableau étrange et gag ridicule tellement digne de ma maladresse percutant enfin dans mon esprit, sommier qui venait de s'écrouler sous le poids.

« On dirait qu'on va devoir dormir à terre. » Je l'aide à se redresser en douceur, mèches sombres remise naturellement en place derrière une oreille au vol, couverture glissant de mon torse alors que je tente de m'asseoir comme je le peux, mouvements encore frêles et difficiles. Je lui lance un regard rassurant, sourire toujours sur les lèvres. « Il va me falloir un peu de temps, je suis resté un bon moment sous mon autre forme. » Oh je pourrais m'envoler, tenter de me mettre debout de cette manière plus radicale (même s'il y avait neuf chances sur dix pour que je finisse à terre), profitant d'un passage d'un corps à l'autre, ou encore m'asseoir sur la chaise en quittant le matelas désormais à terre, mais il valait mieux laisser faire les choses naturellement.

« A croire que les choses doivent toujours finir de la sorte dès que la situation se complique, j'ignore ce qu'une fois de plus je serai devenu si tu n'avais pas été là. » Un semblant de sérieux revient, sourire s'éclipsant l'espace d'un instant. « Merci » Lèvres se déposant sur son front en guise de remerciement, mot à peine murmuré. Doigt ramassant une plume bleu sombre aux reflets métalliques qui s'était égarée dans les draps comme le ferait un cheveux, la lui glissant dans la paume, refermant ses doigts autour avec douceur.  « Est-ce que tu voleras avec moi aujourd'hui ? » Question murmurée elle aussi, quoi que tristement, n'osant pas relever les yeux sur elle et me contentant de caresser sa main maintenue fermée du bout du pouce. Ici, elle n'avait pas l'excuse de la température, printemps, certes gris, mais nettement plus chaud, connaissant également les endroits calmes et loin des regards indiscrets.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Mer 21 Déc - 18:10

Ten years passed tonight

- One day, these chains will disappear thanks to you -

Le rouge aux joues, Liv n’osa pas faire le moindre geste, craignant d’empirer la situation en blessant Aloysius par inadvertance ou en abîmant encore plus le lit, mais à vrai dire ce dernier ne pouvait pas tomber plus bas. Rire d’Aloysius contagieux, ce qui la détend même si la rougeur ne quitte plus ses joues, sensible à la douceur de l’hirondelle à son égard et à la vue de son torse. Ce n’était pas la première fois, loin de là, mais elle commençait à avoir de plus en plus de mal à détourner les yeux. Elle était une femme et elle n’était pas insensible à Aloysius, mais ça, l’ymbryne n’en avait pas encore bien conscience.

« Il va me falloir un peu de temps, je suis resté un bon moment sous mon autre forme. »

Qu’il n’évite cependant pas la rééducation, il n’y dérogerait pas. Elle y veillerait, comme elle l’avait toujours fait depuis qu’elle avait pris soin de lui. Il en fit d’ailleurs mention et la remercia. Un remerciement qui fit frissonner la jeune femme. Elle ferma les yeux en serrant la plume dans sa main qu’il lui offrait. Elle les gardait précieusement et les utiliser en tant que marque page, mais ce n’était pas cette attention qui bousculait un peu ses sentiments. C’était son remerciement.

« Est-ce que tu voleras avec moi aujourd'hui ? »

« … Je… »

Lavinia ne réussit pas à répondre tout de suite, sa voix étant un peu trop émotive à son goût. Elle se sentait responsable de sa blessure, donc de sa transformation et à peine avait-il récupéré sa forme humaine qu’il voulait voler et avec elle en plus ? Il la prenait dans un moment de faiblesse là… Ce n’est pas qu’elle ne voulait pas voler avec lui, c'est juste que… Lavinia retint un soupir, enlaça du bout des doigts ceux d’Aloysius et ouvrit les paupières. De sa main libre, elle inclina légèrement le visage d'Aloysius pour que leurs regards puissent se croiser et caressa quelques secondes sa joue, oubliant à nouveau leur proximité et la situation dans laquelle ils se trouvaient.

« ...Ce ne serait pas raisonnable dans ton état... Je risque de te blesser. »

Il y avait plus de chance qu'elle se blesse elle-même, mais au moins ce n'était plus un esquivement de sujet ou un non qu'il obtint en guise de réponse. Ce qui signifiait que s’il trouvait un endroit où aucun des deux ne risquaient d’être blessés, il y avait de fortes chances pour qu’elle dise oui. Enfin, s’ils réussissaient à bien discuter avant, car ils n’avaient pas eu l’opportunité de parler de ce qui c’était passé dernièrement avant aujourd’hui.

« Aloys… Je n’ai rien fait… Et c’était ma faute… Tu n’as pas à me remercier alors que je te blesse… directement ou indirectement… C’est plutôt à moi de te remercier et de m’excuser… » avoua-t-elle faiblement, s’en voulant et refermant un peu plus ses doigts sur ceux d’Aloysius pour ne pas penser à ce qui se serait passé s’il n’était pas revenu alors qu’elle l’attendait, cachée sous les décombres.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Jeu 22 Déc - 1:07

Ten years passed tonight

- Maybe in time you'll want to be mine -

L'hésitation dans le début de réponse ne fit que provoquer un soupir, connaissant déjà la suite. Moue contrariée et boudeuse se dessinant sur le visage, tel un enfant qui n'aurait pas ce dont il souhaite, un brin déçu forcément, même si d'un autre côté ce n'était franchement pas raisonnable, certes arpenter le ciel m'était beaucoup plus aisé que d'aligner des pas. Cela dit, parcourir les quelques plaines alentours me démangeait depuis des jours, être coincé ici m'avait presque rendu chèvre, énergie débordante qui n'avait pas été dépensée comme il le fallait, observant les rares volatiles extérieur du haut d'une fenêtre en gonflant les plumes de contrariété.

« Pourquoi as-tu si peur ? Je suis certain que tu te fais des idées. Je te ré-apprendrais s'il le faut, dans les landes qui entourent la ville. De plus, je suis certain que tu meurs en réalité d'envie de poser tes pieds sur de l'herbe fraîche. » Sourire encourageant, têtu comme une mule alors qu'il faudrait peut-être que je lui montre d'abord que je tenais à peu près debout pour la rassurer. Quelques pas enchainés durant plusieurs minutes devraient suffire pour me ré-accoutumer à la marche, tout en prenant soin de ne pas poser le talon de mon pied fragilisé au sol. Il y avait forcément une béquille quelque part, histoire de ne pas me fatiguer inutilement en marchant, bien qu'il vaudrait mieux privilégier le vol pour les distances relativement longues durant un moment.  

Le regard se lève au ciel sous ses nouveaux aveux qui me semblent plus ridicules qu'autre chose, sérieux retrouvant mes traits le temps de lui faire oublier cette impression, bras s'ouvrant pour la ramener à moi, l'enfermant in instant dans une prison de chair. J'ai parfois cette envie que mes ailes soient immenses, de quoi créer une couverture délicate et rassurante pour y enrober ceux qui en ont besoin. « Liv... Tu n'as pas à te blâmer pour quelque chose que tu n'as pas fait, cesse donc de te rendre coupable de tout et n'importe quoi comme une enfant qui pense faire sans cesse un pas de travers. La seule chose que tu as fait, c'est de nous ramener dans cette boucle et avoir pris soin de moi une fois de plus. Ce n'est en aucun cas de ta faute si les choses ont dé-rappées, ce n'est pas toi qui nous as arraché de notre boucle, qui a largué cet obus au dessus de nos tête, qui a attiré ces traqueurs. Tu n'as rien à voir là dedans et nous sommes désormais en sécurité, saints et saufs. Il va certainement falloir qu'on enquête sur ce phénomène, empêcher que cela se reproduise, mais je vais bien d'accord ? Je me suis juste emmêlé les pieds au mauvais moment, juste le compte de ma maladresse, ni plus, ni moins et j'aurai très bien pu arriver au même résultat avec une mauvaise chute dans un escalier ou quoi que ce soit d'autre. » Les phrases sont murmurées d'un ton suave, doigts caressant doucement ses mèches sombres.

Je dé-serre un brin mon emprise, remontant son menton de mon index pour la soutenir du regard. Un sourire s'esquisse à peine, reprenant après une courte pause. « Je veux que tu te détendes, que tu penses un peu à toi en oubliant les tâches quotidiennes d'accord ? Nous sommes au bon endroit pour que tu puisses changer d'air, cette boucle est très agréable avec énormément de choses à découvrir si on occulte son contexte. Et crois-moi, je suis bien capable de ne pas te montrer le chemin du retour vers Édimbourg avant que tu n'aies pris du bon temps. » Chantage ? Probablement, mais en un sens le hasard avait bien fait les choses, la sortant de force de son manoir pour la faire atterrir dans un tout autre lieu et une époque bien différente, une boucle que j'affectionnais beaucoup, au point d'y revenir fréquemment.

 « Et si on testait ce pied mh ? Même si les premiers pas risquent d'être catastrophiques, mais le ridicule n'a jamais tué personne, puis nous sommes entre nous. » Unique être face auquel j'acceptais d'exposer ma faiblesse, de toute manière elle avait vu le pire avec moi. Je lui fait signe de rapprocher la chaise, que je puisse au moins me maintenir à quelque chose, y aller en douceur, ne pas précipiter les choses et accessoirement, peut-être me couvrir avant de tenter quoi que ce soit, tenue inexistante qui me revint soudainement à l'esprit, prenant à nouveau conscience de ma peau dénudée et dépourvue de plumes, manque de pudeur me montant sous forme de flux de sang qui montait au visage.  
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Lun 26 Déc - 16:49

Ten years passed tonight

- One day, these chains will disappear thanks to you -

Il la connaissait si bien… Bien sûr, que Lavinia mourrait d’envie de poser ses pieds sur l’herbe fraîche et retrouver des sensations oubliées. Dans leur boucle, ce n’était pas possible, à moins qu’on veuille attraper une crève carabinée à cause de l’hiver éternel. Puis vint ses aveux et le geste attentionné d’Aloysius. Liv ne le repoussa pas, se sentant rassurée dans cette étreinte protectrice et chaleureuse, et plus sereine au fil de ses mots et au rythme des battements de son cœur qu’elle pouvait entendre. Elle ne put cependant éviter un petit mouvement de tête négatif lorsqu’il parla de sa maladresse légendaire. Ce n’était pas la faute de celle-ci, pas cette fois, mais inutile de remuer cela et il ne lui en laissa même pas le temps, ses doigts remontant déjà son menton pour que leurs regards se retrouvent.

« Je veux que tu te détendes, que tu penses un peu à toi en oubliant les tâches quotidiennes d'accord ? Nous sommes au bon endroit pour que tu puisses changer d'air, cette boucle est très agréable avec énormément de choses à découvrir si on occulte son contexte. Et crois-moi, je suis bien capable de ne pas te montrer le chemin du retour vers Édimbourg avant que tu n'aies pris du bon temps. »

« Du chantage ? Tu n’oserais pas… »

L’expression de l’ara bleu laisse entrevoir une mine faussement outrée, puisqu’elle retenait difficilement un petit rire. Définitivement, non. Elle ne le croyait pas sérieusement capable d’exercer ce chantage, puis elle comprenait bien où est-ce qu’il voulait en venir. Liv se refusait beaucoup de chose de par ses responsabilités en tant qu’Ymbryne, mais ici son quotidien divergeait et était différent. Ce pouvait être comme des vacances… Avant de retourner en 1873 et de chercher à comprendre ce qui s’était passé. Puis ces derniers jours, elle n’avait pas forcément était des plus simple à vivre, elle le savait. Elle accepta donc. Au début, pas pour elle. Pour lui, pour le remercier d’avoir supporté tout ceci et pour lui faire plaisir. Après seulement pour elle, ou plus précisément pour assouvir une petite curiosité : le cinéma. Aloysius lui en avait parlé après l’un de ses voyages et, depuis, l’envie de voir ses lectures prendre vie sous ses yeux était de plus en plus persistante.

« Et si on testait ce pied mh ? Même si les premiers pas risquent d'être catastrophiques, mais le ridicule n'a jamais tué personne, puis nous sommes entre nous. »

Un adorable petit rire cristallin s’échappa de ses lèvres. « On a vu pire, mais on va y aller en douceur quand même. » Spontanément –et refusant de réfléchir à son acte- Liv déposa un bisou sur la joue d’Aloysius avant de quitter prudemment le lit en lui laissant les draps. « Mais avant, il faut que tu enfiles quelque chose. »

Lavinia verrait pour elle plus tard, déjà habituée à qu’Aloysius la voit en robe de chambre. Ce fut donc sans honte ou gêne qu’elle se dirigea vers l’armoire pour y chercher quelques vêtements pour lui et les lui apporta en même temps que la chaise du bureau.

« Tiens. Ça devrait faire l’affaire. » Sur ce, Liv détourna la tête, attrapa les draps et les souleva pour former une barrière entre elle et Aloysius, lui accordant ainsi plus de place pour s’habiller sans qu’elle regarde et s’il avait besoin d’aide, elle était à côté. « Fais attention à ton pied et au lit aussi. On a assez fait de dégâts comme ça » ajouta-t-elle avec un léger rire.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Mar 27 Déc - 0:12

Ten years passed tonight

- Maybe in time you'll want to be mine -

Le rire s'élève, oh que si, j'oserai, sans aucun scrupule et peut-être avec un brin d'égoïsme. Arrière-pensée lointaine et un brin honteuse, aimant cette idée d'être le seul repère connu dans ces lieux, qu'elle oublie ses responsabilités, de la garder jalousement elle et son attention, de lui faire voir des choses inconnues, observer une étincelle de curiosité ou d'émerveillement dans le fond de son regard, juste passer du temps autrement que dans les soins prodigués, bien que j'aimais sentir la sensation de ses doigts se glisser dans mes plumes. Idée même balayée instantanément, n'oubliant certainement pas son rôle, notre éducation et surtout notre nature qui signifiaient automatiquement que ce genre de futilités, unique dans notre existence, comportement dût à notre seconde nature qui compliquait indéniablement les choses, était toujours ambigu et bien souvent signe de souffrance.  

Sourire satisfait alors qu'elle semble accepter, appréciant le contact et la proximité avant l'effort. Les vêtements sont enfilés en deux temps, trois mouvements, bien que le pantalon fut le plus hasardeux, retrouvant une mode des années quarante bien différente de notre temps d'origine. Pourtant ce fut simple, pantalon beaucoup plus large qu'au siècle précédent, maintenu par des bretelles au dessus d'une chemise blanche et on ne pouvait plus banale, probablement un monde pour l'Ymbryne alors que je m'étais parfaitement accoutumé à la chose à force de voyages. Nous lui trouveront une robe plus adéquate, certain que les jeunes filles se prendront au jeu de la coiffer telle une parfaite femme de ce temps.

Mes pieds nus se posent sur le sol, me contentant juste d'effleurer le bois du parquet pour l'endolorit, comptant essentiellement de servir de son jumeau pour appui. Le lit brisé augmente la difficulté pour me redresser, mains se cramponnant tant bien que mal au bois de la chaise, attrapant au final le Ara beaucoup plus haut et pratique pour pouvoir me soutenir, devant m'y prendre à plusieurs reprises afin de tenir à peu près debout avec appui. Avoir un poids d'homme qui n'avait rien à voir avec un frêle oiseau de vingt grammes tenant sur ses pattes était nettement moins évident. Un sourire de vainqueur se dessine, bien que tenir debout ne rimait certainement pas avec victoire, pied encore blessé recevant un peu plus d'appui sur les orteils, prenant soin de ne pas déposer le talon et lui infliger trop de poids. Je tente un pas maladroit, concentration à son paroxysme alors que mes doigts se cramponnent aux épaules de Liv. Je manque de chuter, plutôt satisfait pour un premier essai. La motricité de base revient peu à peu, finissant par entamer un cloche-pied plutôt habile au bout de longues dizaines de minutes.  

Bref baiser sur le front de mon infirmière improvisée afin de la remercier, avant de sautiller sur un pied jusqu'à la porte, l'ouvrant pour siffler afin d'attirer le premier Syndrigasti venu, talent parfois bien utile d'ailleurs. Quelques échanges en direction d'une jeune fille qui passait par là, attendant une bonne minute avant qu'elle ne ramène de quoi vêtir Lavinia ainsi qu'une béquille, de quoi m'empêcher de me tuer à la marche et devoir prendre ma forme d'hirondelle au moindre déplacement.

La jeune fille est remerciée avant que la porte ne se referme, tendant les vêtements nettement plus appropriés à l'Ymbryne. « Et voilà, de quoi devenir une lady des années quarante. Ne sois pas gênée par la longueur, c'est normal ici, enfin tu as du le remarquer. Tu vas t'y faire. » Sourire en coin alors que je me tourne vers la fenêtre, contemplation du paysage apocalyptique le temps qu'elle se change à son aise. « Par quoi veux-tu commencer ? Et ne t'en fais pas pour moi, je n'aurai qu'à me glisser dans une poche avec quelques vêtements de rechange dans un sac s'il le faut. » L'enthousiasme grandissant est palpable, ne rêvant plus que de quitter cette chambre, peu importe ce qu'elle désirait faire en premier.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Jeu 29 Déc - 9:58

Ten years passed tonight

- One day, these chains will disappear thanks to you -

Dès qu’Aloysius fut prêt, l’ymbryne déposa les draps sur le lit et resta à côté pour si Aloysius aurait besoin d’un appui. Elle répondit présente lorsque ce fut le cas. Cependant, elle le laissa faire. Ce n’était pas elle qui le guidait, elle jouait seulement le rôle d’une béquille qui ne s’effondrerait pas, déjà habituée à ces réflexes, les petits hésitations et à la rééducation de ce corps. Lavinia partagea son sourire lorsqu’il se tint debout. Etre toujours encourageant pour toute petite avancée. Puis ce n’était pas difficile pour Liv, car elle était contente de voir qu’il n’y avait pas d’intense douleur quand son pied se posait à terre. Les soins avaient été efficaces. Ils continuèrent quelques minutes de plus, évitant une petite chute jusqu’à qu’il « gambade » à cloche-pied dans la pièce, ce qui décrocha un léger rire chez l’ara.

Un baisé sur le front pour la remercier alors qu’elle n’avait pas fait grand-chose, Lavinia répondit avec un de rien muet par un sourire tout en ne le quittant pas des yeux. Juste pour surveiller qu’il ne se retrouve pas à terre par acquis de confiance ou par surestimation de ces capacités. Heureusement, il resta sur ces pieds alors qu’il échangeait et discutait avec quelques syndrigastis de passage dans le couloir. Quelques minutes plus tard et après l’avoir remercié, Lavinia enfila ses nouveaux habits. Les premiers pour elle de cette époque. Effectivement la longueur du jupon était loin d’être celle à laquelle elle était coutumière, mais comme Aloysius lui avait rappelé, c’était tout à fait normal en 1941. Néanmoins, elle ne put s’empêcher d’attarder son regard sur cette robe qui se terminait juste en-dessous des genoux, laissant à découvert ses chevilles et une partie de ses jambes. Une fine rougeur colora ses joues alors qu’elle se convainquait mentalement que tout irait bien et qu’on ne la regarderait pas de travers à cause se la longueur de sa jupe ou d’avoir lâché ses cheveux. Alors qu’elle coiffait ceux-ci, elle indiqua à Aloysius qu’il pouvait se retourner.

« Par quoi veux-tu commencer ? Et ne t'en fais pas pour moi, je n'aurai qu'à me glisser dans une poche avec quelques vêtements de rechange dans un sac s'il le faut. »

« Très bien. Tu m’as parlé une fois qu’ici les livres pouvaient prendre vie d'une certaine façon… »

Lavinia commença à citer l’idée du cinéma, mais l’enthousiasme de la voix d’Aloysius ne lui avait pas échappé. Il voulait sortir, ne plus être enfermé par quatre murs et comme elle voulait d’avantage lui faire plaisir, elle choisit son deuxième choix.

« Est-ce qu’on pourra le faire avant de rentrer ? » Elle posa le peigne sur la coiffeuse et se tourna vers l’hirondelle, sourire aux lèvres, impatiente de le voir éclater de joie ou se retenir de le faire. « Et si tu me montrais ces fameuses landes? » Lavinia se leva pour s’approchait de l’irlandais, toujours ce sourire tendre et amusé, caressa la joue d’Aloysius et susurra. « Ne t’attends pas trop à un sublime envolé d’ara bleu... Car je risque d’être beaucoup plus chétive et maladroite que toi sur tes deux pieds. » Elle redoutait ce moment oui. Il faut dire que Lavinia était plus habituée à l’inversion des rôles, mais il était temps que ça change « …Et tu ferras attention à tes doigts. »

Qu’il fasse attention, oui ! Liv ne pouvait lui garantir que son bec d’ara ne fasse pas de dégâts. En faite, pendant tout le trajet qui les mènerait aux landes, Lavinia ne cessera de l’assaillir de conseils et de règles de sécurité comme si l’ara allait l’attaquer. Elle tentait de palier à toutes les éventualités, à tout ce qui pourrait se passer, ignorant totalement comment elle allait réagir en se métamorphosant sous cette deuxième forme qu’elle n’avait pas utilisé depuis bien trop longtemps. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il la verrait sous cette forme, mais après tant de temps sans, si. Liv était donc inquiète. Elle redoutait de le blesser, de le décevoir, de faire honte, enfin tout simplement qu’il la voit d’une tout autre façon et que cela modifie leur relation si particulière et précieuse pour l’ymbryne.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Jeu 29 Déc - 16:05

Ten years passed tonight

- Maybe in time you'll want to be mine -

Sourire esquissé alors qu'un compliment se glisse une fois retourné, tenue surement nettement plus respirable sans un corset qui lui comprime les côtes. J'acquiesce à sa demande, lui promettant de lui faire voir un film, peut-être même le soir venu en récompense. Une vieille toile et un projecteur feraient surement l'affaire, l'art de la débrouille sans la faire sortir dans les ruines. Le rire monte de lui-même, à chacun son tour dans une position inconfortable, maladresse compensées par nos formes opposées et respectives. Je lève les yeux au ciel, écoutant brièvement les instruction en glissant un gant de cuir d'abord exhibé sous son nez de manière à la rassurer d'avantage avant qu'il ne disparaisse dans une poche, certain que les choses ne seraient pas aussi catastrophiques qu'elles ne le prétendait. J'en profite également pour emporter un drap, quitte à prévoir les choses, autant le faire correctement, de quoi se couvrir rapidement et de façon discrète ainsi que de se changer tranquillement. Les pas s'enchainent, béquille cliquetant sur le sol dans un son que je trouve déjà particulièrement agaçant, ne rêvant déjà plus que de la lancer par une fenêtre. Je n'ai pas de patience pour ce genre de chose, ne rêvant déjà que du jour où je pourrais gambader tranquillement.

« Liv, tu es un oiseau, pas un tigre, tout se passera bien. » Je m'arrête dans notre lancée, idée s'installant dans mon esprit. Hors de question de quitter la ville à pied, de passer des heures à ne faire qu'empirer mon cas ou à voler en attendant Lavinia. Des clefs sont saisies à la hâte, n'en disant pourtant pas d'avantage jusqu'à arriver devant l'engin appartenant aux syndrigastis et parfaitement garé au bord d'un trottoir. Certes, ma conduite était loin d'être exceptionnelle, mais à force d'entrainement, je parvenais à m'en sortir convenablement. Je ne peux m'empêcher de scruter le visage de l'Ymbryne avec un sourire enfantin, lui indiquant de monter dans le véhicule qui n'avait en rien besoin de chevaux pour être tiré. « C'est sans danger et je suis certain que tu vas adorer. » Je tente de la rassurer tant bien que mal, engin vrombissant démarrant en douceur après lui avoir indiqué de mettre sa ceinture. Autant en profiter pour y aller jusqu'au bout dans la découverte après tout.

Le trajet n'est pas bien long, quartier des portes se trouvant aux bords de la ville. J'abandonne la voiture dans l'herbe qui se plisse déjà sous le vent. La plaine est tranquille, calme et contraste parfaitement avec le chaos qu'est devenue la ville, loin de tout regard indiscret. J'ouvre la porte tout en tendant un bras à l'Ymbryne, sourire n'ayant pas quitté les lèvres pour autant, bien qu'elle a probablement du avoir la peur de sa vie. Il faudrait vraiment que je tente de piloter un avion une fois, voir si c'est aussi simple que d'arpenter le ciel de ses propres ailes. Étonnant que je ne l'aie pas encore fait d'ailleurs, bien qu'il est nettement plus compliqué d'avoir accès à un coucou de métal qu'une voiture en ces temps de guerre. Je prend place sur un rocher perdu au beau milieu du vide verdoyant, ôtant mes chaussures et chaussettes en préférant de loin avoir une meilleur adhérence en cas de potentiel problème, mots du Ara finissant presque par me rendre paranoïaque.

« Alors ? » La question est enfin posée, comme si j'avais voulu garder le suspens jusqu'au bout. Dommage que le ciel soit si gris et qu'il n'y ait que peu de percées ensoleillées. La brise qui me chatouille le visage ne fait qu'augmenter mon envie de me laisser porter, de déjà perdre les traits humains pourtant à peine récupérés, de profiter de l'espace loin de l'hiver, d'effleurer les rares moineaux qui survolent eux aussi la plaine, de chasser les papillons en plein vol juste pour le plaisir des acrobaties, de trisser jusqu'à n'avoir plus d'air dans les poumons. Je ferme un instant les yeux, retenant une métamorphose instinctive. Il vaut mieux attendre encore un peu, garder mes doigts et une taille plus imposante pour réceptionner le Ara en cas de problème, pour mieux pouvoir la lancer dans les airs. Je lance d'ailleurs un sourire à cette dernière, glissant le gant de cuir par précaution sur mes doigts, ses griffes n'ont rien à voir avec les miennes après tout, les craignant d'avantage que son bec. « Tu vas y arriver. Ah ! et j'oubliais ! » Je sors quelques noix du fond de ma poche, voilà qui devrait amplement la motiver.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Jeu 29 Déc - 18:29

Ten years passed tonight

- One day, these chains will disappear thanks to you -

Quel est cet engin du Diable ?

Ce fut la toute première pensée qui traversa l’esprit de l’ymbryne lorsqu’Aloysius lui présenta leur mode de transport. Il appela ça une voiture. Lavinia, elle, elle appelait plutôt ça des bouts de métaux liés les uns aux autres dont l’ensemble formait une machine extrêmement bruyante au démarrage. Il lui assura qu’il n’y avait aucun risque et qu’elle allait adorer. Vraiment ? Elle en doutait, mais elle était décidément trop curieuse pour ne pas se laisser tenter. Puis, ce n’est pas comme si elle avait d’autre choix. Lavinia monta donc sur l’engin infernal pour ses oreilles, attacha un étrange ruban rudement solide et poussa un cri de surprise quand la voiture roula. Instinctivement, elle se cramponna au siège et fixa la route, retenant presque sa respiration. Toutefois, au fil du trajet, elle se détendit et peu à peu Lavinia apprécia la découverte. La rapidité sans avoir à rien faire, admirer les paysages défiler et rire lorsque la voiture roula sur un chemin caillouteux.

Arrivés à destination, Lavinia ne dissimula pas son sourire, accepta le bras d’Aloysius pour descendre de la voiture et profita de la vue. Une belle étendue d’herbe à perte de vue. Aucun signe d’arbre ou d’obstacles. Tant mieux, car si elle devait réapprendre à se familiariser avec sa seconde nature, autant qu’il n’y ait rien. Elle n’avait aucune envie de se percuter contre un arbre ou un mur. Lavinia suivit Aloysius jusqu’à un rocher où il ôta chaussures et chaussettes. Elle devrait peut-être faire de même… Après tout, c’était elle qui voulait la sensation perdue de l’herbe fraîche sous ces pieds. Elle fit donc de même et retira également d’une poche de son jupon une montre à gousset. Celle d’Aloysius qu’elle avait récupéré dans les souterrains du métro de Londres. Elle ne la lui avait pas rendue depuis.

« Alors ? »

« Mm ? Oh, la voitoure ? C’est… Exaltant. Après la peur du démarrage passé. C’est vraiment très bruyant » lui répondit-elle franchement tout en lui rendant sa montre à gousset. Elle s’aventura ensuite sur l’herbe. Début hésitant. Légers frissons lorsqu’elle posa ses pieds sur l’herbe. Doucement, elle fit quelques pas comme une enfant qui découvre de nouvelles sensations, alors qu’elle les retrouvait.

« Tu vas y arriver. Ah ! et j'oubliais ! »

Lavinia releva la tête vers Aloysius et ne put retenir un rire spontané en le voyant agiter quelques noix. Quelle petite hirondelle sournoise ! Ou malicieuse. Il allait lui donner des noix en guise de récompense si elle réussissait à voler de nouveau. Ce n’était pas très glorieux, mais la nourriture fonctionnait très bien sur les animaux et les noix étant son pêché mignon, d’avantage lorsqu’elle était un oiseau…

« Mon cher Mathghamain, êtes-vous entrain de m'acheter? » plaisanta-t-elle.

Son rire ne resta pas longtemps, consciente qu’il était l’heure. Prenant tout de même son temps –autant éviter de stresser plus que nécessaire en se pressant-, Lavinia détourna son attention d’Aloysius pour s’attarder une nouvelle fois sur la plaine et le ciel. Une légère brise caressa ses cheveux et fit frissonner sa peau. Elle sentit l’irrépressible sentiment de liberté, trop longtemps enchaîné, hurler au fond d’elle. Ce ciel… Il lui semblait si loin alors qu’en à peine quelques battements d’ailes, elle l’atteignait sans problèmes. Elle n’en était plus sûre aujourd’hui. Après de longues minutes, perdue dans ses pensées et les yeux songeurs, ses traits humains disparurent, laissant place à l’oiseau rare aux plumes azur.

Au premier abord, la métamorphose était parfaite et s’était bien déroulé, finalement ! Enfin, pour un œil inexpérimenté. En réalité, la transformation en soi était simple, elle ne posa aucun souci à Lavinia. C’était le reste qui était compliqué, surtout après un certain temps. Du haut de ses cinquante-sept centimètres, les yeux noirs de l’oiseau ne cessaient de bouger, regardant à tour de rôle à gauche et à droite. Signe d’une peur qui montait à vitesse grand V. Ses sens désormais décuplés, tout autour d’elle était plus grand, la perte de réflexes et de repaires flagrants, Liv se perdait et n’arriva pas à gérer tout cela d’un coup. Ses ailes commencèrent à s’agiter de plus belles, paniquée, voletant à peine. Rasant l’herbe. Courant ou plutôt s’emmêlant les pattes sur le sol, manquant de tomber à plusieurs reprises. Elle s’angoissait de plus en plus, n’arrivant pas à se poser pour se calmer et gérer les choses une par une. Elle ne repérait même plus Aloysius tellement elle était perturbée par le trop plein d’informations non gérées pourrait-on dire. L’Ara de Spix cria. Des cris assez insupportables puisque paniqués, stridents et puissants.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Jeu 29 Déc - 22:13

Ten years passed tonight

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Un nouveau rire s'élève à la prononciation quelque peu hasardeuse. Elle aurait d'ailleurs du voir sa tête au démarrage, comme si le monde se mettait à tourner à l'envers ou s'écroulait sur notre tête. La montre est analysée un instant, légère griffe probablement due à nos mésaventure et à l'impact sur le sol. Elle est soigneusement glissée dans la poche de mon pantalon après un bref remerciement, n'ayant plus de veston pour l'accrocher, après tout la mode est passée de la montre à gousset à celle au poignet dans ce temps. Les noix sont à nouveau rangées précieusement elles aussi, récompenses qui appâteraient probablement plus sa seconde forme et l'encourager au mieux puisque après tant de temps, on pouvait s'attendre à tout.

« Je n'oserai point, simple question de précaution pour affronter un Ara mangeur d'hommes. » regard qui se lève au ciel, sourire encourageant et béquille déjà sous le bras. Je la suit du regard, profiter de la brise et de la sensation de l'herbe sous les pieds, préférant le voir de loin dans ce décors que de la voir dans la répétition de ses journées incessantes, enregistrant l'image précieusement. Mes yeux finissent par se perdre sur mes pieds alors que le changement opère, préférant lui laisser ces quelques secondes intimes, geste pudique et parfaitement privé que je respectais. Je l'enviais presque un instant, ne voulant que me laisser aller dans un frisson, mais elle avait besoin d'aide, c'était inévitable, me redressant déjà en cherchant l'oiseau bleu du regard.

Paniquée, perdue, pas besoin de faire un dessin pour comprendre la situation. Je porte deux doigts à mes lèvres, sifflement fort pour qu'elle puisse s'orienter en ma direction, m'approchant aussi rapidement que je le peux, béquille s'enfonçant dans le sol légèrement humide et qui ralentis mes pas. Nouveau sifflement pour indiquer ma position, assez proche que pour la réceptionner dans son vol au raz de l'herbe et agité. Probablement un tour de ses sens qui lui font perdre pied, oubliés depuis longtemps.

Mes bras finissent par enserrer son plumage, main ganté la maintenant au niveau des griffes, geste de contention à la fois ferme et doux. « Chuuuu chuuu chuuu, tout va bien, je suis là. » Murmure suave, tout de même prudent, ne sachant pas si l'instinct prendrait un peu trop le dessus, moins en harmonie avec ses corps que je ne l'étais. J'attends une bonne minute avant de dé-serrer mon emprise, tenter le tout pour le tout, caressant délicatement ses plumes, lui laissant la possibilité de se poser de manière plus confortable sur ma main. « C'est normal, n'aie pas peur, respire profondément. Il n'y a que nous, aucun danger, prend le temps de t'y faire, d'avoir des repères, au lieu de déjà vouloir filer comme une voleuse. N'essaie pas de vouloir m'impressionner bel oiseau. » Demi-sourire alors qu'un doigt ose se glisser sous le bec, lui grattouillant le cou. Je lui tends une noix pour l'encourager, ce qui devrait la détendre un peu plus par la même occasion, voir inspirer confiance si elle s'est un peu trop oublié.

Le vent était parfait pour se laisser emporter, planer en se laissant aller sans trop d'efforts. Une autre noix est sortie de la poche, voulant profiter du côté naturellement joueur de sa seconde nature pour l'encourager. « On va faire un jeu. Tu vois cette noix ? Il va falloir la mériter et aller la chercher, en vol bien sûr. Laisse-toi porter par le vent. » Peut-être était-ce voué à l'échec d'avance, peut-être pas aussi taillée pour la chasse en plein vol que l'était une hirondelle ou un rapace, peut-être que Liv parviendrait toujours à me surprendre, ne s'en sortant pour l'instant pas si mal que je ne l'aurai cru. Je m'assure de lancer le fruit sec assez loin et haut dans la direction de la brise, donnant par la même occasion une impulsion dans le bras pour la faire décoller. Dans tous les cas le sol était mou, l'herbe amortirait en douceur une quelconque chute.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Ven 30 Déc - 12:20

Ten years passed tonight

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Sifflement. Aloysius. Ce ne pouvait être que lui, personne d’autre n’étant présent. L’ara bleu changea de direction tant bien que mal, agitant toujours frénétiquement ses ailes comme si toutes ces plumes l’empêchaient d’avancer correctement alors qu’elles devaient justement l’aider et non pas ses pattes. Jusqu’à qu’on l’attrape. Cris de panique, ses yeux n’arrivant plus à distinguer grand chose à force de regarder partout. Se furent ses autres sens qui le reconnurent.

« Chuuuu chuuu chuuu, tout va bien, je suis là. »

Lentement, l’ara se calma, reprenant une respiration beaucoup moins saccadé. Ne pas bouger l’aida à reprendre sur elle, mais malgré le relâchement de l’emprise d’Aloysius, Liv ne bougea pas. Les yeux humides, elle mit un bon petit moment à calmer ses sens. Un peu plus et elle aurait craqué, retrouvant forme humaine. Ce ne fut pas le cas et suivit les conseils d’Aloysius tout en profitant des caresses et des gratouilles qu’il lui offrait. Elle en redemanda même ! Ce qu’elle ne faisait pas vraiment en étant humaine, mais l’ara de spiix est un oiseau très friand pour ce qui lui ait familier que l’inconnu. Et aujourd’hui, l’inconnu et la nouveauté étaient de voler. L’oiseau et Liv ne formait bien qu’un seul être, mais un être plein de contradictions selon la forme sous laquelle elle était. Néanmoins, la noix les réconciliait toujours. Elle brisa cette dernière et dévora le cœur tendre du fruit, risquant presque au passage de mordre Aloysius.

Une autre noix sortie de la poche d’Aloysius. Tout de suite attirée, l’ara leva la tête ne quittant pas des yeux son fruit préféré. Tsss, décidément sous cette forme elle possédait zéro résistance et volonté quand la noix était en jeu. Cependant, ça ne l'empêchait pas d'utiliser sa tête au lieu de son instinct animal. Ce qui donna une situation assez cocasse par la suite... Coup d’œil à la noix lancée. Coup d’œil au bras avec lequel il venait de lui donner une petite impulsion. Coup d’œil vers Aloysius.

« ... Tu es sérieux ? »

Sa conscience humaine était tout de même bien plus présente que celle d’oiseau. Le regard qu’elle lui envoya en disait très long à ce sujet. Presque vexée, en se retournant, elle fit exprès de lui donner un coup de queue –eh oui ! L’avantage d’avoir de grandes ailes et une longue queue- et poussa quelques cris signifiant mot pour mot: « Ne me prend pas pour un oiseau sans cervelle qui ne marche qu’à la nourriture ! ». Néanmoins, elle alla chercher sa nourriture ! Sauf qu’au lieu de voler pour l’attraper en plein vol, Liv la laissa retomber. Entre temps, elle sauta du bras jusqu’au sol et marcha comme une grande sur ses pattes jusqu’à atteindre le lieu exacte où la noix atterrit. En deux secondes, elle brisa la coquille, goba la noix et rejoignit Aloysius de la même façon qu’à l’aller, toute fière d’elle-même alors qu’elle n’avait pas du tout fait ce qu’il avait demandé !

Lavinia le savait parfaitement. Comme pour se faire pardonner, elle fit quelques battements d’ailes pour grimper sur son bras ganté, le regarda avec ces petits yeux d’ara botté (version oiseau de chat botté) et tenta de parler pour s’excuser. Sauf que seuls des criaillements sortirent. Il était encore trop tôt pour qu’elle arrive à reproduire des mots humains. Désemparée de ne pas réussir quelque chose d’aussi simple pour elle, l’ara baissa la tête, mordilla un peu le gant sous ses serres avant d’avancer doucement pour s’emmitoufler contre Aloysius, la présence humaine et le contact d’Aloysius la rassurant et la réconfortant d'avantage.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Ven 30 Déc - 15:24

Ten years passed tonight

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Visiblement il en fallait peu pour calmer le soi-disant Ara tueur, aussi docile qu'une peluche, offrant de nouvelle caresses quémandées. Qui l'eut cru que ce serait si simple, à entendre les mots qu'elle avait répétée tout au long du trajet, elle était censée me découper en morceaux. Je ne peux m'empêcher de rire, regard se levant au ciel dans un long soupire nettement plus rassuré et confiant. Certes, les débuts n'étaient jamais simples, en ayant fait les frais le matin même, mais il n'y avait aucun signe de catastrophe à l'horizon. Quoi qu'elle n'avait pas encore atteint une altitude relativement haute, chaque chose en son temps.  

Je regarde la noix retomber sur le sol, enthousiasme retombant légèrement avec un regard accusateur qui se porte sur l'oiseau bleu qui n'avait pour ainsi dire pas bouger d'une plume. S'en suivit d'un coup de queue, me renfrognant en comprenant qu'au final, l'instinct n'était pas vraiment là. « Ça va, ça va, pour un oiseau destructeur et dangereux tu as bien gardé tes manières je trouve. Qu'est-ce que je pouvais savoir ? Tu n'avais pas à me bassiner de la sorte à prédire une métamorphose catastrophique. » Grommelais-je alors qu'elle s'en allait d'une toute autre manière que celle prévue initialement, fière comme un paon qui plus est. Visiblement, elle avait décidée de me contrarier jusqu'au bout. « Tu exagères Liv. » Je la réceptionne en une moue boudeuse qui ne dura pas bien longtemps, probablement incapable de résister à ces yeux là.

Soupire avant d'esquisser un nouveau sourire, doigts se glissant à nouveau dans ses plumes alors qu'elle s'approche, l'étreignant délicatement en profitant de sa douceur. « Tu es magnifique. » Contemplation un instant de ses plumes d'oiseau rare, enregistrant à nouveau leurs couleur et dégradé de bleus que je n'avais pas vu depuis beaucoup trop longtemps. Peut être que je profite un brin trop de sa forme pour me laisser aller dans des caresses, peut-être moins stricte dans cet écart de formes respectives et pour une fois inversé. Je m'installe au sol, pied blessé commençant à s'endolorir à force de rester debout, ne la relâchant pas pour autant.

Je finis par lui lancer un sourire espiègle, doigts se glissant dans la poche de mon pantalon pour écraser les coquille de noix et libérer le fruit, parfaite idée pour la forcer à voler derrière la tête. Quitte à être un point de repère et un perchoir autant qu'elle me mérite. Je la pose en douceur dans l'herbe alors que j'ôte quelques boutons de ma chemise histoire de libérer le passage, ne pas me laisser enfermer par le tissus. J'en profite pour ramasser les vêtements abandonnés par Liv, les repliant soigneusement en une pile et à côté du drap déjà prêt à accueillir un oiseau qui se change à nouveau. Parfois j'avais un brin trop tendance à prévoir les choses. Au grands mots, les grands remèdes, le regard lancé en dit long, le genre qui inclus forcément un plan machiavélique et démoniaque, mélangé avec un brin trop d'excitation.

Cela ne dure qu'une seconde, tissus retombant lourdement sur le sol juste à côté du Ara alors que mes ailes bruissent déjà dans le vent, tournoyant au dessus d'elle juste pour quelques secondes, ne pouvant résister d'avantage à la plaine et à l'étendue. Je finis par la rejoindre rapidement, atterrissage tout de même délicat pour ne pas me blesser à nouveau, patte recourbée comme je le peux pour ne pas poser mon poids, bien que poids plume, dessus. Liv fait plusieurs fois ma taille, Ara immense face à ma douzaine de centimètres si on oubliait la longueur des filets de ma queue fourchue, plumes se gonflant un instant alors que je lui grattouille le ventre du bout du bec. Un trissement léger s'élève, hirondelle joueuse cherchant la poche du pantalon fraîchement abandonné pour saisir la noix dénudée de coque du bout du bec, l’exhibant fièrement. « Alors comme ça tu ne veux pas voler... » Nouveau regard provocateur, reflets vert sombre encore visible au fond de mes iris d'hirondelle. « Viens me chercher. » Le décollage est rapide, mais je ralentis tout de même la cadence, profitant de la brise pour me laisser planer lentement, proie facile pour le Ara, prenant soin de ne pas dépasser les quelques mètres du sol, que ce ne soit pas trop dangereux en cas de chute. J'entame quelques figures acrobatiques dans le vent, l'encourageant, bien que peut-être aussi pour l'impressionner.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Ven 30 Déc - 19:46

Ten years passed tonight

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« Tu es magnifique. »

Si Lavinia avait été sous forme humaine, elle aurait sans nul doute rougie jusqu’aux oreilles ! A la place, l’ara dissimula sa tête sous une de ses ailes alors qu’Aloysius finit par s’asseoir sur le sol. Petite inquiétude qui revient au galop, Liv jette un coup d’œil vers le pied d’Aloysius pour s’assurer que celui-ci ne montre pas de mauvais signes comme un gonflement par exemple. Ne voyant rien d’anormal, elle reporta son attention vers lui, sourire espiègle aux lèvres. Que lui préparait-il ? La vue du graal fruité occulta toute envie de répondre à la question et alla le dévorer. Du moins cela aurait été son attention si Aloysius ne l’avait pas attrapé pour la déposer au sol. Croassement pour lui dire qu’il a oublié de lui donner sa noix suivis d’un autre plus puissant accompagné de quelques battements d’ailes désapprobateur en le voyant déboutonner des boutons de sa chemise. Il ne faisait pas assez chaud pour ça et il rangeait convenablement leurs vêtements, donc la seule autre possibilité était qu’il allait se métamorphoser. Le long regard d’Aloysius ne rassura pas l’ara et avant même qu’elle puisse pousser un nouveau cri, l’homme n’était plus.

Aloysius ! Ce n’est vraiment pas raisonnable. Ta patte !

Comme s’il parlait l’ara. Puis c’était fait maintenant, ça ne servait à rien de criailler et elle préférait le regarder voler au final. Lorsqu’il se posa à ces côtés, l’ara eu un mouvement de recul, constatant la différence de taille entre eux. L’hirondelle ne semble pas perturber le moins du monde, plumes gonflées et gratouillage du bout du bec sur son ventre. Amusée, Liv lui donna de gentils coups d'ailes. Geste ayant la même intention qu’une main humaine décoiffant les cheveux d’une personne. Mais leur petit jeu ne dura pas longtemps puisque l’hirondelle arbora bientôt fièrement son délicieux fruit. Il voulait qu’elle le poursuive et en volant bien entendu. Forcément qu’il n’allait pas résister à une telle plaine et impossible de le rattraper autrement qu’en volant. Et il en jouait en plus ! Liv ne pouvait pas lui en vouloir, car après tout, c’était elle qui avait choisi la destination en connaissance de cause.

La rapidité du décollage la surpris. Elle hésita. Pianota sur ses pattes tout en regardant l’hirondelle au-dessus d’elle, vacillant entre envie et crainte. Et si elle lui faisait mal ? Elle était beaucoup plus grande que lui, possédait des serres et un puissant bec. Liv ne voulait pas lui faire mal avec en tentant de récupérer la noix. Il est si petit et fragile... Et rapide. Aimant ces acrobaties et en l’observant, elle se rendit compte que l’hirondelle n’aurait rien. Il irait beaucoup plus vite qu’elle si elle avait la maladresse d’un geste malheureux. Il l’éviterait. Après une inspiration, quelques battements d’ailes, l’ara tenta son envol à plusieurs reprises. Les tentatives furent nombreuses et beaucoup moins fructueuses que la métamorphose ou la maîtrise de soi. Trop lente. Trop maladroite. Trop ancré sur le sol. Pas assez d’élan. Il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas.

De longues minutes s’écoulèrent et toujours pas une seule envolée de la part de Lavinia. La honte l'envahit. Elle n’osait déjà plus du tout regarder l’hirondelle. Elle voulu laisser tomber, en se disant que ce n’était pas très grave un oiseau qui ne volait pas… Si. Au fil du temps, ça allait la ronger et son mal être secret ne ferrait que s’accentuer. Puis ne voulait-elle pas faire plaisir à Aloysius ? Ce n’était pas en rebroussant chemin qu’elle allait y arriver. Et il fallait qu'elle cesse de se voiler la face. Elle voulait y aller. Elle voulait le rejoindre. C’est en relevant la tête et en voyant le rocher où reposait leurs affaires qu’elle eu une idée. Puisqu’elle n’arrivait pas à partir directement du sol, elle allait l’utiliser comme tremplin. Un croassement grave pour prévenir Aloysius et un geste de l’aile désignant le rocher pour lui faire comprendre son intention. Espérant qu’il aurait compris, Liv marcha jusqu’au rocher, grimpa dessus à l’aide de son bec et poussa par terre toutes leurs affaires si préalablement bien rangées par Aloysius pour qu’il n’y ait aucun obstacle durant sa course. Manquerait plus que sa patte trébuche sur la poche du pantalon ou la montre à gousset et qu’elle se blesse. Le terrain prêt, elle redescendit, pris de l’élan, attendit d’être prête et dès qu’elle sentit le vent en sa faveur, Lavinia commença sa course en direction du rocher. Peu à peu, elle ouvrit ses ailes, sauta lorsqu’elle arriva au bord du rocher, battit des ailes pour ne pas tomber et réussit à avancer jusqu’à complètement déployer ses belles, colorées et grandes ailes.

Que dire de la sensation ressentie à cet instant ? Indescriptible. Planer avec ses ailes était aisé par rapport au décollage. Elle oublia Aloysius quelques secondes, le temps de savourer les retrouvailles avec des sensations perdues. Sa liberté qui lui faisait tant défaut dans sa boucle était enfin retrouvée. La guerre n’était pas encore gagnée, mais au moins une bataille. Battements d’ailes pour s’approcher d’Aloysius. Une approche timide, de part son imposante constitution par rapport à la sienne. L’ara bleu ne vole pas haut et ne fait pas d’acrobaties, mais le vol est assuré. L’aisance reviendra plus tard. Elle croasse, réclamant sa noix. Encore. Je mérite plus qu’une noix, tu ne crois pas ? Peut-être aurait-elle du s’abstenir, ne réussissant pas encore à faire deux choses à la fois, puisqu’un simple coup de vent lui fit perdre l’équilibre. Ses ailes se crispent, se plient et c’est la chute. Liv a le temps d’apercevoir du coin de l’œil une ombre noir. Aloysius. N’essai même pas ! Ne t’approche pas ! Ses cris étaient un avertissement plutôt que des cris de peur. Elle refusait qu’il tente de l’aider sous cette forme. Contrôlant difficilement sa chute, elle pouvait malencontreusement le blesser avec n’importe quel partie de son corps ou même l’écraser. La descente fut donc intense et brutale malgré que Lavinia réussit à ralentir quelque peu, mais pas à éviter un atterrissage forcé et à être sonné. Heureusement qu’ils ne volaient pas très haut, car sinon elle ne s’en serait pas sortie indemne.
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MessageSujet: Re: « Ten years passed tonight » ❧ Ft. Lavinia   Dim 1 Jan - 17:53

Ten years passed tonight

- Maybe in time you'll want to be mine -

Les vrilles s'enchainent, suivant la brise au mieux, piqués furtifs avant de raser l'herbe fraîche, sentir à peine leurs contact entre mes plumes avant de remonter, vol mérité et attendu durant des jours avec impatience qui n'avait rien à voir avec la démarches et les gestes précédents de mon corps pataud et lourd. Petit, furtif et agile, peu importe si j'avais un aspect probablement ridicule pour certains. Je pourrai me laisser porter de la sorte jusqu'Edimbourg, cela ne prendrait qu'une grosse journée après tout, de quoi dépenser le soudain surplus d'énergie regagné avec l'air frais et revigorant qui emplissait mes poumons.

Je n'en oublie pas le Ara pour autant, malgré le fait que je puisse enfin jouir de ma liberté, lui tournant au dessus, allant la narguer tout en la frôlant de mes ailes démesurées pour l'encourager, instinct d'hirondelle joueuse prenant le pas sur le reste, faisant le beau pour attirer au mieux son attention. Recommençant alors que ses tentatives échouent. Je ne peux pas comprendre comment elle a pu survivre aussi longtemps sans se laisser aller, sans prendre soin de cet autre corps, sans voler jusqu'à-ce que ses ailes soient engourdie, comment elle pouvait s'oublier à ce point et s'enfermer. A sa place, je serait probablement devenu fou depuis longtemps, souvenir d'un enfermement devenu beaucoup trop lointain pour que j'y songe, d'une période ou même la lumière du jour m'étais devenue étrangère, jamais plus je ne voulais être privé de voler.

Le plan est vite saisit, dégageant la trajectoire tout en restant à proximité, gardant mon butin précieusement dans on bec, ce qui m'empêche de pousser un trissement d'encouragement. Je ne peux m'empêcher d'être admiratif, loupant presque un battement d'ailes alors que le Ara décolle enfin, me perdant dans la contemplation de son vol. Je la laisse jouir un instant des bienfaits de la plaine avant de m'approcher en douceur. La taille n'est qu'un détail, habitué à voler avec l'Autour beaucoup plus dangereux par sa constitution de rapace et prédateur, au vol de certains grands oiseaux piégés dans les boucles et côtoyés lors de voyages. Je m'approche de son bec prudemment, cherchant à lui offrir son trophée mérité, geste peut-être un brin trop déstabilisant et rapide puisqu'elle semble se déséquilibrer.

La chute est trop rapide pour que je puisse avoir le temps de tenter quoi que ce soit, songeant un instant à reprendre forme humaine en piquée pour la réceptionner, mais je risquait probablement de l'écraser si le timing n'était pas parfaitement gérer. La noix est donc lâchée, fonçant alors que l'impact se produit. Me plumes viennent instinctivement se coller à celle du Ara, trissement inquiet s'élevant pour voir si elle n'avait rien de cassé avant de lui grattouiller doucement le cou du bout du bec. Vu la hauteur, ça ne devait pas être grave, heureusement. Une fois assuré, qu'elle était bel et bien vivante, je disparaît un instant, allant récupérer le butin abandonné dans la course, revenant fièrement avec pour déposer la noix juste devant elle, la lui poussant du bout du bec avant d'aller me réfugier sous son aile d'un battement, trissant mélodieusement, sortes d'éloges pour son essai en partie réussis s'élevant pour l'encourager à nouveau. Cela reviendrait, avec un peu de temps, comme la marche finissait toujours par me revenir.

« Nous volerons ensemble aujourd'hui. » Ce simple fait, même si elle risquait d'être à nouveau maladroite, suffisait à me faire frémir le plumage. Je m'envole pour me poser sur le rocher lui servant de tremplin, l’appelant pour l'encourager de nouveau, ne voulant pas qu'elle s'arrête si près du but, déterminé. Peu importe le ridicule de la situation, prenant la tâche tout à fait au sérieux, agitant mes longues ailes, espérant que je réussisse à la convaincre sans user de nourriture.  
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