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 .Défi I | Tempus panique | Lloyd.

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MessageSujet: .Défi I | Tempus panique | Lloyd.   Mer 21 Déc - 23:23

« Onyvaonyvaonyva ?
T'es sûr ? Tu ne voudrais pas plutôt...
Onyvaonyvaonyva ?
D'accord, d'accord, arrête !
Onyvaony... »
L'unique bras de Left s'envole, interrompu par celui de Right qui lui agrippe le poignet en feignant de se protéger, la face tranchée par un de ces larges sourires de vainqueur. À l'usure, il a gagné. Gagné le droit de sortir du quartier des Portes, gagné le droit de flirter au dehors pour se rendre dans cette foire qui lui fait de l'œil depuis un moment déjà, mais devant laquelle son peureux de frère renifle, renâcle et recule, méfiant. Ce n'est pas que celui-ci n'ait pas envie, pourtant, d'aller découvrir cet étrange rassemblement qui fit halte à l'orée de leur boucle ; ses raisons diffèrent juste de celles de son jumeau et il préfère feindre la crainte que de lui expliquer le pourquoi de la chose. Lui-même d'ailleurs ignore les véritables motivations de son binôme – l'attrait de la nouveauté, le charme de l'inédit leur sert d'excuse commune, néanmoins l'un cherche à en apprendre davantage sur ces inquiétants étrangers sortis de quelque temps inconnu, quand l'autre désire ardemment savourer les plaisirs de l'hiver que ces derniers ont apporté dans leur cortège. Depuis le matin, Right est intenable, il piaffe, s'agite, s'impatiente, et très vite Left fut à court de prétextes pour repousser l'expédition ; ils iront, sans quoi l'un des deux risque de craquer, et peut-être pas le premier auquel l'on songerait.

D'un pas euphorique, les jambes déliées jusqu'au bassin et une unique écharpe partagée entre leurs deux cous, Twice gambade entre les tentes et les flambeaux, et Left a du mal à tenir la cadence tout excitée de Right, prompt à s'extasier au moindre spectacle qui le tirerait de l'ordinaire monotonie de la boucle. Parce qu'aucun d'eux n'est plus habitué à la neige, qu'ils ont cependant eu l'occasion d'apprécier du temps où ils vivaient à leur époque, ils ont dû revêtir plusieurs couches de laine pour se préserver du froid, tout comme Left se fabriqua en deux coups d'aiguille des moufles – enfin, une espèce de chaussette en forme de moufle pour être précis, car il n'avait que cela sous la main et son second bras a disparu quelque part entre son épaule et celle de son frère, cousues par un baiser de chair.
L'enthousiasme de Right est épuisant, bien que communicatif. Là où Left se satisferait de s'asseoir sur les marches d'une roulotte et de contempler les flocons virevolter dans l'air glacé, son jumeau bondit d'un chapiteau à l'autre avec de grands yeux fascinés, et il faut le suivre au risque de se faire reprocher sa mollesse, non sans un léger sourire face à ce comportement de gamin.
« Tu ne...
Non, non, regarde par là !
...veux pas te poser ? »
Rha, c'est vrai. Le côté droit connaît déjà les soupirs du côté gauche avant même que celui-ci ne les prononce. Il n'empêche, pour la première fois depuis qu'il a posé la semelle sur le pâle tapis de neige, Twice s'accorde sur la prochaine destination : un vaste chapiteau au bleu profond, envoûtant, qui les intime de venir s'égarer entre ses parois. Tandis que Left essaie de décrypter le nom de l'attraction, Right en écarte aussitôt les tentures et s'engouffre à l'intérieur de la forêt qu'elle contient, étonnante sylve mouchetée de blanc, sans prendre gare à son jumeau qu'il arrache à sa réflexion. Une expression similaire croque dès lors leurs visages, mélange de surprise, de curiosité et d'admiration. Quel magicien est capable de créer pareille merveille ? À l'évidence, il ne peut s'agir d'un simple Syndrigasti – ne leur aurait-on donc pas menti en arguant que le responsable de cette bulle nivéale posséderait un immense pouvoir, plus puissant encore que celui des demoiselles qui les protègent de leurs ailes ymbrynées ? Un frisson glisse sur la nuque de Left, que Right prend pour un sursaut gelé.

Sous les sombres frondaisons des résineux, sans pouvoir se l'expliquer, les deux garçons se sentent à l'abri ; au gré des lumières qui jalonnent leur marche à l'instar de paisibles sentinelles, ils avancent parmi les troncs et les racines, le nez en l'air et les doigts avides d'effleurer les écorces qu'ils pensent irréelles malgré le fait qu'elles soient belles et bien là, ridées et solides sous leur jeune contact, trop jeune, peut-être, pour leur appartenir encore, car au fur et à mesure qu'ils parcourent les chemins cotonneux de ce bois lumineux, ils ne se rendent pas compte de ce qui est en train de se produire. À peine Right remonte-t-il, de temps à autre, son pantalon en se demandant où est-ce qu'il a perdu dix kilos – le froid consommerait-il si vite les calories ? – tandis que Left a depuis longtemps paumé sa moufle, échappée de son poignet devenu trop fin. L'émerveillement demeure assez prégnant pour qu'ils soient incapables de reporter leur attention sur autre chose que ce fantastique dédale de pins noirs et de hautes lanternes, des souffles ébahis en guise de dialogue, et sans doute devront-ils attendre que l'un ou l'autre trébuche dans ses chaussures de clown pour s'apercevoir de ce qu'ils ne sont plus.
Rien ne presse ; le temps n'en fait désormais qu'à sa tête.
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MessageSujet: Re: .Défi I | Tempus panique | Lloyd.   Mar 27 Déc - 15:36

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Silencieusement, il observe longuement l'étrange forêt qui se dresse devant lui. Une sinistre attraction éclairé par quelques lanternes, la méfiance est de mise, le discours de celui qui a amener ce défis jusqu'ici laisse le surveillant perplexe. Il réfléchit longuement, une cigarette entre ses lèvres gercé par l'hiver qu'amène ce mystérieux vagabond avec lui. Alors des Syndrigastis sont capable de tels exploits ? Bousculer l'ordre même du climat, troublé les cieux immense. Il faut l'admettre, il est impressionner par ce qu'il voit se dresser devant lui. Une fête foraine de particulier, c'est bien la première ça qu'il voit ça de sa longue existence et tandis que certains se laissent emporter par l'euphorie de l'instant, d'autres, comme Lloyd ne baisse pas la garde. Au contraire, il l'expose plus que jamais... Surtout face à ce labyrinthe qui se dresse face à lui. Une étrange atmosphère dégage de cet endroit, il est incapable de mettre des mots sur cette sensation qui bouillonne en lui. Serais-ce de la peur ? Non, ou alors mélanger à une autre sensation, bien plus fourbe, bien plus amer.

C'est en écrasant sa cigarette sur le sol enneigé qu'il voit quelques jeunes âmes s'engouffrer dans ce sombre labyrinthe. Il soupire longuement, craignant de pour leur sécurité, c'est assez rapidement qu'il décide de les suivre là-bas. Il s'engouffre donc au cœur de celui-ci, bien décider à ramener parmi les vivants les quelques perdus de ce labyrinthe. Il n'offrait aucune confiance à ce que pouvait renfermer ce lieu. Et très rapidement, le menace sembla prendre plus clairement forme.

Plus il sillonna les couloirs naturels de ce labyrinthe, plus ses formes se redessinèrent. Il le sentait au fond de son être, des changements s'effectuait. Il effleura son visage du bout de ses doigts, celui-ci se creusa de ride, d'imperfection causé par l'âge, c'est alors qu'il comprit, presque en panique. « Nom de dieu ! Merde... Ce n'est pas possible... Les salopards... » Il serra les points, voulant user de sa particularité pour rapidement sortir d'ici, mais il senti ses os craquer sous son poids, la douleur fut terrible. Mais l'instant d'après, il se retrouva dans le corps d'un gamin, sachant à peine marcher. Qu'elle était ce cauchemar ? Une nouvelle tourmente, après les kidnapping dont il avait été victime, maintenant cela. Enfer et damnation, tout ces événements en si peu de temps, de plus en plus il percevait tout ceci comme une menace qui se rapprocherait à grand pas.

Au détour d'un chemin, il croise alors une autre âme errante dans le labyrinthe, il reconnaît cet étrange petit, ils sont deux dans le même corps, non ? C'est ce que Lloyd avait entendu dire. Le surveillant, à présent dans le corps d'un tout jeune pré-adolescent, prend alors la parole. « Hey, petit. Tout vas bien ? Qu'est-ce que tu... Non, je veux dire qu'est-ce que vous faîtes ici ? Ce labyrinthe est... Il a l'air plutôt dangereux. » Il ne fait aucun doute qu'un être sinistre se cache derrière tout cela. La méfiance de Lloyd avait atteint son paroxysme, surtout avec ce qu'il se passait à l'instant présent, le temps était hors de contrôle. Ils risquaient à tout moment de finir poussière.
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MessageSujet: Re: .Défi I | Tempus panique | Lloyd.   Jeu 29 Déc - 14:57

Toujours, ils papillonnent dans ce dédale d'écorce et de neige, inconscients du fait qu'ils se sont depuis longtemps perdus, enchantés comme les enfants qu'ils sont redevenus, à vagabonder en écoutant leurs semelles crisser sur le tapis blanc. Right n'est pas avare d'onomatopées enthousiastes, paroles euphoriques que Left, sans y ajouter les siennes, partage et approuve en silence. À aucun moment ils pensent qu'ils sont en danger, que cet univers biscornu, cette temporalité malléable, leur imposera le moindre obstacle, la moindre douleur. Trop insouciants. Trop candides, désormais, pour prêter attention à une quelconque attaque – et puis, pourquoi le créateur d'une beauté aussi immaculée chercherait-il donc à faire du mal ?
Ce n'est que lorsqu'on l'interpelle que Twice, après avoir porté le regard aux alentours, constate les changements de forme opérés sur lui-même ; la bouche de Left s'arrondit en un « o » ébahi ; celle de Right s'étend en une large courbe pleine de dents.
« Trop fort ! » s'exclame-t-il devant la bouille enfantine de son frère, alors que ce dernier porte sa main unique sur le visage de son jumeau.
« Comment est-ce possible ? »
Depuis qu'ils sont entrés sous la tente, ils n'ont pourtant croisé personne. Penser que celui qui amena l'hiver en plein mois de mars est aussi responsable de ces jeux d'âge paraît invraisemblable. Aucun être, même la plus puissante des Ymbrynes, n'est capable de manipuler le temps physique avec autant d'aisance, à moins d'être le père de tous les magiciens du monde, le précurseur de la magie lui-même, n'est-ce pas ? Bien malgré lui, Left sent une bouffée d'angoisse refluer sous son admiration – un éclat apeuré glisse dans ses yeux bleus, que Right remarque sans même le voir :
« T'inquiète, si quelqu'un avait voulu nous éliminer, il l'aurait fait d'puis belle lurette. »
Merci frangin. C'est super-méga-rassurant.

Débarque alors un autre enfant, plus jeune encore qu'eux, mais qui s'adresse comme si c'était l'inverse. Il faut quelques secondes à Twice pour faire le rapprochement entre ce gamin qui les appelle « petit » et la sentinelle en chef, le gardien hyper-véloce qui répond au vif nom de Lloyd ; aussitôt, le regard suspicieux qu'il darde sur le nouveau-venu se change en surprise. C'est Right qui réplique le premier, nonchalant :
« On explore ! Et dis-nous pas qu'c'est dang'reux, y s'est encore rien passé ! Enfin, sauf ces effets marrants avec nos corps... T'as vu ? Ça marche que dans un sens, tu crois ? Pis pour ressortir, c'est facile, y a qu'à repartir en arrière, par... là ? Ou là ? »
En disant cela, il tourne sur lui-même, pointant du bras des directions au hasard dont l'horizon est bouché par les troncs et l'obscurité. Ce mur sombre, au fond, n'est-ce pourtant pas de là d'où ils viennent ? Qui a changé l'espace sans leur consentement ? D'autant que, en même temps que Right montre les différents itinéraires qu'ils peuvent emprunter pour quitter les lieux, Left continue de rapetisser, presque brusquement, jusqu'à atteindre la taille d'un bambin. Mais le processus de rajeunissement n'affectant pas la connexion charnelle des jumeaux, il se retrouve perché, accroché aux côtes de son siamois, suspendu à plusieurs centimètres du sol et noyé dans ses vêtements. Drôle de monstre que ce Right adolescent supportant sous son aisselle un Left miniature, incapable de s'exprimer, qui l'alourdit et le fait pencher vers la gauche. Drôle mais contraignant, et assez effrayant par-dessus le marché. Les deux bras rassemblés autour de son minuscule jumeau, Right tourne un visage maintenant anxieux vers Lloyd.
« Ok, d'accord, c'est la merde. Comment on arrête ce putain d'truc ? »
Là, c'est l'heure de paniquer.
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MessageSujet: Re: .Défi I | Tempus panique | Lloyd.   Jeu 2 Fév - 14:55

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Difforme, c'est ainsi que lui apparaît la vérité. Distordu, les flux du temps s'inversent, se brisent dans une cacophonie infernal. L'incompréhension règne face à cet étrange phénomènes, les murmures s'égarent dans les ténèbres de ce labyrinthe. La peur lui envahit la gorge tendit que le doute sème ses graines dans son esprit, un flux tourmenté par ces étranges événements. Et le temps continue sa boucle folle, l'âge venant frapper le corps de surveillant, ces os craquant sous son médiocre poids, puis l'instant d'après, le voici redevenu enfant tandis que le jeune Syndrigastis face à lui, mais peut être qu'ils sont deux, subit les effets de ces variations. Personne n'y échappe dans le labyrinthe. Une attraction qui semblait pourtant inoffensif, mais sans doute cache t'il un terrible secret, tout comme ce voyageur qui ne cesse de prêcher les paroles d'un fou. Du moins, en apparence. Marie avait eu tord, il ne fut pas le premier à le voir arrivé, il ne fut pas assez rapide, trop peu méfiant et le voilà désormais prisonnier de ce lieu étrange. Malgré sa vitesse, il n'avait jamais assez affûté son esprit pour que celui-ci tienne la distance, il était trop lent, beaucoup trop lent. La rage l'envahit, parsemé de dégoût, un dégoût combiné entre le spectacle qui se produisait sous ses yeux, causant cette étincelle de douleur en lui. Et ce lieu, ce maudit labyrinthe, cet inconnu qui  voudrait se faire vendeur de rêve alors qu'il n'est que lanceur de maléfice. Ce doux menteur qui berce les habitants de cette boucle de parole mielleuse, ce genre de personnage qu'il connaît que trop bien, les faussaires, ceux qui trafiquent la vérité, les plus proches amis du diable en personne. Ces personnes qui l’écœurent au plus haut point.

Mais l'heure n'est pas aux lamentations, l'instant est à l'action, il le savait. Dans ses yeux brillent cet éclat, malgré les caprices du temps, il n'allait pas se laisser abattre. Il attrape une cigarette dans le fond de ses poches avant de l'allumer. « Ton langage jeune homme. J'espère que toi et on frère, ça vas aller, tu peux marcher ? Je ne peux pas vous abandonnez ici, rien ne m'assure que je vous retrouverais si je pars chercher la sortie. Nous devons avant tout rester ensemble. Peut importe qui est à l'origine de ce qu'il se passe ici... » Des paroles qui se voulaient réconfortante, des mots qui peuvent apaiser les cœurs. Même si la situation semble désespérer, même s'il n'est pas certain de s'en sortir, il veut y croire. Après tout, rien n'est jamais perdu, n'est-ce-pas ?

Son regard s'élève, il semble faire nuit noire, aucune étoile n'éclaire le ciel, un bien étrange décor, sinistres, certes, mais il est parfait pour la situation... Un peu trop parfait même. Bien que de retour à son jeune âge, Lloyd en était bien conscient, cette obscurité est trop fausse, il en a la certitude, ils sont dans un endroit clos. Long soupir avant un nouveau changement de forme, il fulmine contre cette magie qui semble à l’œuvre ici, il ne comprend pas. Comment-est ce que quelqu'un pourrait jouer avec le temps ainsi ? Défier avec une telle aisance le pouvoir des Ymbrynes. C'est complètement insensé. C'est donc sans certitude que pas à pas, il se lance en quête d'une sortie, d'un éclat de lumière qui pourrait perce ce voile d'ombre, un espoir qui peut se concrétiser, avant que le temps n'est raison d'eux.
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MessageSujet: Re: .Défi I | Tempus panique | Lloyd.   Lun 20 Fév - 15:16

Ah, ce sont bien les adultes, ça, qui lorsque le danger pointe le bout de ses griffes trouvent encore le moyen de rabrouer leurs cadets sur leurs manières de s’exprimer ; comme si Right, à cet instant, avait la tête à s’excuser pour un juron un peu trop fleuri alors qu’il ignorait si le sort qui affectait son frère le ferait rajeunir jusqu’au stade de fœtus. Les minutes précédentes avaient certes prouvé que le charme était réversible, heureusement, cependant le climat glacial de cette bulle de neige pourrait sans aucun doute se révéler mortel pour un homme coincé dans le corps d’un nourrisson. Et pareille perspective terrifiait le plus grand des jumeaux, qui priait dès lors en silence pour que Left récupère au plus vite sa forme originelle – il pesait de trop entre ses bras, en plus.
Le fumet de la cigarette allumée par Lloyd vient titiller les sinus de Twice, agréable bouffée de nicotine qu’il aurait bien inspirée jusqu’au tréfonds de ses poumons afin de se calmer. Le jeune Left, lui, grimace, retrousse narines et chouine du haut de ses cinq ans, conscient malgré son état de l’inquiétude qui enfle dans le thorax de son double ; comme l’a si justement fait remarquer leur mini-gardien, la possibilité de s’égarer entre les couloirs sylvestres de cette tente, de se perdre dans ce labyrinthe hivernal, n’est pas ténue : elle est réelle, brutale et, à l’évidence, inévitable. Celui qui a construit ce paradoxe temporel n’a pas l’intention que ses visiteurs en sortent d’un claquement de doigts – quelle est-elle, d’ailleurs ? Quel intérêt aurait-il à emprisonner des Syndrigastis dans un dédale d’arbres étouffés de poudreuse ? Que cherche-t-il à démontrer, à prouver, et à qui ? Moins enclin à se laisser gagner par d’irrationnelles frayeurs, ou plutôt moins prompt à jeter des blâmes de façon aléatoire, Left acquiesce à l’impératif de Lloyd là où son frère préférerait se débrouiller à deux. Mais il ne saurait aller à l’encontre des vœux de son siamois, surtout si celui-ci fait valoir ses arguments de sa voix redevenue puérile :
« Tu as raison. Mieux vaut rester prudents tant que nous ne connaissons pas les intérêts du responsable et ne pas le laisser nous utiliser les uns contre les autres si jamais nous sommes séparés. S’il peut manipuler nos âges, rien ne nous dit qu’il n’est pas aussi capable de manipuler d’autres types d’illusions. »
L’idée de découvrir un second Twice de pantomime libère un frisson sur la nuque de Right. Tandis que, doucement, l’équilibre entre les deux garçons se rétablit peu à peu et permet à Left de se tenir debout sans plus être soutenu par son jumeau, c’est la vieillesse qui s’amène pour cueillir sur l’autre quelques décennies, saler et poivrer ses cheveux naguère noirs et flétrir la peau de ses mains. Si la surprise demeure, elle est désormais teintée de méfiance et l’euphorie s’est dissipée ; il n’y a que de la suspicion dans le pli froissant le front du nouveau cinquantenaire.
« Alors on s’casse d’ici avant d’sentir le sapin ? »
Left dissimule son sourire derrière sa manche – si son frère relâche encore ce genre de blagues de mauvais goût, c’est qu’il ne s’est pas entièrement laissé dévorer par la nervosité. Et un Right calme, c’est deux fois moins de risques de provoquer une catastrophe. Ce qui, dans ces circonstances troubles, n’est pas du luxe.
« Comment ? hasarde le second. Si on s’est perdu aussi vite, sortir de là ne sera pas aussi simple. »
Il aurait bien une hypothèse, une proposition au regard du don de Lloyd, mais à peine y a-t-il réfléchi une demi-seconde qu’il la balaye d’un élan défaitiste ; cela demanderait beaucoup trop d’énergie pour un résultat minime, pour ne pas dire un pur échec – une vaine perte de temps, en somme. Tel qu’il envisageait la chose, leur aîné aurait pu parcourir le labyrinthe à toute vitesse et ainsi découvrir une potentielle sortie. Néanmoins, si l’endroit était conçu avec suffisamment de méticulosité pour réussir à désorienter des êtres surnaturels, et c’était en toute certitude l’ambition de son créateur, il serait fort à parier que le lieu lui-même pouvait s’adapter aux différents dons. Et donc, fatalement, pallier la super-vitesse de Lloyd en multipliant les impasses et en modifiant sa configuration géographique avec la même rapidité. Du moins Left le suppose-t-il, l’esprit cousu de pessimisme. Faire dix ans d’études n’est pas nécessaire pour se rendre compte de la gravité de la situation – soixante-dix ans d’une journée identique non plus, d’ailleurs. Et contre toute attente, c’est Right qui prend la décision et amorce le mouvement, semblable à un vieux sherpa guidé par la lumière divine.
« On n’a qu’à y réfléchir en marchant ; j’commence à m’les peler grave. »
Presque divine, la lumière. Vraiment, presque.
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