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 (Camille) ▿ Put your venom in me

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Camille Barthélemy

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- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: (Camille) ▿ Put your venom in me   Ven 30 Déc - 22:13

Camille Barthélemy

- With a taste of a poison paradise -

❧ Nom : Barthélemy ❧ Prénom : Camille ❧ Surnom(s) : Ne pas essayer de lui en donner est une bonne idée. ❧ Age : 27 ans en apparence mais 102 en réalité ❧ Lieu et date de naissance : Londres en novembre 1914 ❧ Boucle Temporelle  : Londres 1941 ❧ Localisation actuelle  : Londres toujours en 1941 ❧ Occupation : Empoisonneur d'existence. ❧ Statut civil : C'est compliqué ❧ Je ressemble à : Gaspard Uliel
❧ Particularité  : Être vénéneux. Sa particularité est une malédiction à ses yeux. Son sang, et tout autres fluides corporels, sont un poison pernicieux qui pourrait tuer toutes personnes assez courageuses pour venir goûter à ses lèvres ou à son sang. Et si ils se contentent de vouloir essuyer une larme, ou une perle de sueur, ils auront le malheur de subir la morsure du poison, qui viendra irriter leur chair, à la manière d'une crise d'urticaire qui finira par se calmer et se résorber au bout de quelques heures.
❧ Talon d’Achille  : Il ne peut trop se mêler aux autres, étant conscient qu'il pourrait les blesser sans vraiment le vouloir. Et que si bien sûr, tout accident ne serait pas mortel, il découragerait toute personne assez brave pour l'avoir approché. Il existe bien sûr un antidote, mais celui-ci se trouve dans les veines même de ce frère jumeau qu'on lui a retiré il y a des années. Ainsi, il préfère désormais couvrir le plus possible son corps et limiter autant qu'il le peut le moindre contact avec les autres Syndrigastis de la boucle.
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❧ Ce que je pense des autres Syndrigastis : Tout dépends. Il dit qu'il aime ne pas avoir à se mêler quand dans les faits, il envie tout ce qu'il ne peut avoir. Il aimerait être normal, ne pas avoir à se couvrir, à se cacher et à faire sans cesse attention... Mais il ne peut. Il sait qu'il ne peut être comment eux, et qu'il doit être prudent pour deux. Il sait que sans son frère à ses côtés, il est condamné à ne pouvoir être comme eux, et rester cette étrange chose que l'on regarde de loin et dont on craint les intentions.
❧ Ce que je pense des (autres) Ymbrynes : Il en craint certaines, et défie d'autres. Il sait qu'elles sont essentielles à sa survie mais il ne peut admettre de devoir courber l'échine pour elles et se répandre en politesse pour celles qu'il voit par instant comme des prisonnières de leurs propres pouvoirs. Alors certes, il est heureux de ne pas avoir à se soucier de mourir ou de vieillir, mais par instant, il se demande si il y a un réel intérêt à vivre éternellement, avant de se rappeler qu'il est fort distrayant d'emmerder jusqu'à la fin des temps son petit monde. Il est en soit avec celles à qui il tient tête, un sale gosse qui ne sachant plus comment tuer le temps vient faire une scène, un enfant qui exige de l'attention.
❧ Ce que je pense des Humains :  Pas grand chose, voir même rien. Ils sont perdus dans le lointaine, perdus dans ce qui est presque à ses yeux une autre réalité. Il sait qu'ils existent, qu'eux aussi ont des envies, des rêves et une existence à mener, mais il éprouve pour eux l'intérêt que doit avoir l'univers pour les êtres les plus insignifiants. Il n'en a que faire.
Mes petits Secrets
Il ne fume pas, sauf en compagnie de son frère et uniquement si il peut perdre ses doigts dans son étui à cigarettes, ou lui en voler une qui pourrait se consumer au bout de ses lèvres. Il entretient avec Gustave, son frère jumeau, une relation de dépendance quelque peu étrange. Il sait qu'il a besoin de lui à ses côtés pour se sentir relativement normal, et étrangement, ils ont parfois des gestes l'un envers l'autre qui datent d'une époque où il n'était pas choquant de les voir dormir l'un avec l'autre. D'une certaine façon, ils sont encore deux enfants qui n'arrivent pas à se comporter comme les adultes qu'ils devraient être. Il aime se penser philosophe et penseur talentueux, à être capable de décortiquer et déchiffrer une existence qu'il ne mène pas réellement en restant à l'écart des autres. Il rêve de voyager, de quitter la boucle dans laquelle il évolue et dont il se sent prisonnier. Camille a parfois la fâcheuse tendance à parfois se faire passer pour son frère. Bien sûr, tout ceux qui ont eu le plaisir de croiser son frère ne se feront pas prendre au piège, et n'auront qu'à attendre qu'il sourit pour voir que leur interlocuteur se moque d'eux. Quand sa particularité a fait son apparition, il a au début cherché à se venger, à faire souffrir tout le monde autant de que lui, en crachant dans les théières ou dans la nourriture, simplement pour que ses proches comprennent son mécontentement. Heureusement cette mauvaise manie lui est passée mais il reste sanguin et parfois prompt à se calmer en détruisant ce qui peut tomber entre ses mains. Tout le monde fait l'erreur en entendant son prénom de penser que le second enfant de la portée est une fille... Simplement pour découvrir par la suite le charmant jeune homme au sourire discret et à la voix de velours. Il lit énormément pour occuper ses journées, quand il n'est pas hors de sa chambre à cracher son venin sur ceux qui pourraient croiser sa route. Il ne quitte jamais sa montre, qu'il garde précieusement, cadeau qu'il lui a été fait un jour à l'entrée dans sa boucle actuelle. Il s'amuse à jouer des convenances, se montrant parfois grossier ou inconvenant, pour le simple plaisir de voir ceux qu'il trouve être trop coincés s'offusquer. Il aime entretenir son image de gentil garçon, même si au fil des années, cela ne prend plus avec personne. Il parait qu'il sait jouer du piano, le problème est de vérifier ou non cette affirmation que certains ont. Camille évite toujours l'instant où il pourrait en jouer, ne le faisant que lorsqu'il se sait réellement seul ou en compagnie de son frère avec qui il joue avec grand plaisir un duet ou deux.
Mentalité
Petit con, fils de catin, enfant du diable… J'ai tout entendu, tout subi et tout balayé d'un revers de la main. J'ai ri de ces insultes qui se ressemblaient au fil du temps et qui au comble de l'originalité faisaient de moi une vipère à qui l'on devrait couper la tête et au pire un enfant mal élevé qui mériterait quelques revers de la main pour effacer de ses lèvres fines les sourires méprisants qui s'y glissent bien trop souvent. J'ai tout entendu et tout ignoré, que ce soit de la part de ceux que je devrais remercier de m'avoir fait naître en ce monde, de mon frère qui a pu s'agacer parfois de mon comportement ou des idiots qui pensaient avoir le droit d'ouvrir la bouche en ma présence. Ceux qui osaient m'adresser la parole et tentaient de me donner des leçons, à moi, l'enfant perdu qu'ils voulaient prendre en pitié et aider. Que j'en ai repoussé des mains tendues et que j'en ai soufflé des envies de faire une bonne action. J'ai déçu de bonnes âmes et agacé de faux généreux. J'ai écouté ceux qui voyaient dans mon assurance de l'arrogance et du mépris. J'ai ri au nez de ceux qui voyaient dans mon bon goût de l'exigence et des caprices. J'ai blessé ceux qui voulaient m'arracher ce que j'avais et qui ont appris que des défauts j'en avais. J'ai meurtri, comme tout être humain au nom de la jalousie et de ma possessivité qui est tel un instinct de survie. J'ai fait pleurer, j'ai brisé, j'ai détruit pour ces défauts qui lentement ont grignoté mon coeur et ont fait de moi l'être insensible et partiellement mauvais que je suis aujourd'hui. Car jamais, je n'irai prétendre être quelqu'un de bien, toutes les insultes que l'on m'a crachées au visage, je les mérite cents fois. J'ai pris du plaisir à être mauvais, et j'ai aimé être la vipère dont on déteste tant la morsure après l'avoir expérimentée. J'ai aimé me façonner cette image de sale con dépourvu de la moindre qualité et si, pendant des années, certains ont pensé qu'il s'agissait d'un jeu, ou d'une façade derrière laquelle je me réfugiais pour masquer de quelconques fêlures ou faiblesses. Mais ce n'est pas le cas. Je suis honnête en étant mauvais. Je crache le poison qui coule dans mes veines à mes interlocuteurs et ne me cache en aucun instant de mes intentions. Je ne cherche pas à ce qu'on m'aime ou qu'on veuille me sauver, parce que je me sais condamné et pourri de l'intérieur. J'ai l'âme faite de goudron. J'suis perdu. Damné et très certainement bon pour ne jamais être regretté, je sais ce qui m'habite. Je connais par coeur la rancoeur et la rage qui dévorent mon être et ont fait de moi le serpent que je suis et que tout le monde prend plaisir à détester.

- Qui se cache derrière ce merveilleux personnage -

Je m'appelle Andréas, l'homme plus classe qu'une rascasse, j'ai 22 ans, je suis faiseur de rêves et je viens de ma belle Isère. J'ai trouvé le forum via j'ai déjà mon petit nid ici et je le trouve que c'est toujours aussi bien. Pour finir, je dirai : TENDRESSE & CHOCOLAT, J'VOUS AIME PUTAIN.

Spoiler:
 


Dernière édition par Camille Barthélemy le Lun 2 Jan - 15:00, édité 9 fois
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Camille Barthélemy

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MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Ven 30 Déc - 22:13

Mon Histoire

- But I can't fix him, can't make him better -

Nous aurions dû n'être qu'un. Plus le temps passe, plus j'en viens à cette conclusion étrange et dérangeante. Gustave et moi, n'aurions pas dû exister sous cette forme. Nous aurions dû céder notre place à un être unique qui n'aurait pas souffert des questions qui parfois traversent mon esprit ou le sien. Aurait-il eu cette sensation d'être complet ? De ne pas être un espèce de parasite qui a survécu et que l'on a du élever ? Aurait-il pu vivre au milieu des autres, sans avoir à se demander si un jour il serait en mesure de mener une existence normale. Pius souvent, quand mes pensées dérivent, j'en viens à me demander si je n'aurais pas dû disparaitre et laisser mon frère être seul… Avant de me rappeler que si je n'avais pas été là, l'existence de bien trop de monde aurait été trop douce et qu'après tout sans moi, Gustave aurait eu l'air bien idiot sans sa moitié. Car c'est ce que nous sommes, deux pièces d'un même ensemble, d'une composition qui n'a de sens que complète. Nous sommes un diptyque, une étrangeté presque surnaturelle qui fascinait à l'époque de notre naissance et enfance, tout ceux qui un jour posaient leurs regards curieux sur le duo que nous formions.

Car c'est que nous étions, non ? Une étrangeté fascinante. Deux enfants qui ne pouvaient être séparés sous peine de les voir pleurer et hurler. Deux gamins qui n'imaginaient pas un seul instant dormir sans l'autre, jouer sans l'autre et encore moins passer ne serait-ce qu'une heure sans être capable d'effleurer l'autre du bout de ses doigts. Je me souviens de tout ces moments où même si je le voyais, je craignais de le voir partir et que timidement, sans même prononcer un mot, j'allais chercher sa main pour la garder dans la mienne, avant de décider que je voulais aller jouer dehors pour éviter une autre leçon de piano ou simplement monter dans le grenier pour nous y cacher. J'étais celui qui décidait, l'esprit sauvage et rebelle qui entraînait sans cesse Gustave dans ses aventures et qui exigeait qu'on l'écoute. De nous deux, j'étais l'enfant libre, celui qui ne voulait recevoir aucune leçon et qui préférais aller salir ses vêtements en allant courir dans les champs plutôt que de les user sur des bancs à écouter des adultes inintéressants au possible raconter l'existence d'êtres qu'il n'aurait jamais à rencontrer. J'étais celui qu'on punissait, à qui on disait qu'il était impossible et qui en plus se permettait d'avoir un sourire insolent. J'étais de ceux-là. De ceux qu'on regrette l'éducation et qu'on compare sans cesse aux génies. De ceux qu'on cherche à dresser et dompter pour en faire des êtres formatés mais parfaits. Mère voulait que je sois à l'image de Gustave. Elle voulait deux fils comme lui, mais hélas pour elle, je n'ai jamais été que son exact opposé. Là où lui était studieux, sage et plutôt courtois, j'étais celui qui jurait, parlait en anglais malgré la règle stricte qui nous forçait à parler français au sein de la demeure, qui feignait d'être un imbécile parfait pour ne pas être excellent. Je faisais mine de jouer des fausses notes quand on me demandait de montrer à quel point j'avais bien travaillé et j'avoue sans honte que j'esquissais à chaque fois un sourire satisfait quand dans ma chambre on me renvoyait, exaspéré et soit-disant déçu de mon inaptitude. Gus ne comprenait pas pourquoi je faisais exprès d'échouer et je crois qu'il n'a jamais réellement saisi pourquoi… Je voulais simplement prouver qu'être son jumeau ne voulait pas dire que j'avais à lui ressembler. J'avais envie de lui dire, de lui expliquer que c'était ainsi, que je voulais simplement briser ce que l'on pouvait me tendre, car rien n'avait d'importance, à part lui.

Et tout le problème était là. Je n'existais que par sa présence. Si Gustave n'était pas là, je m'ennuyais et me sentais… Incomplet, comme privé de moi-même. Le monde ne pouvait pas tourner correctement si lui n'était pas à mes côtés, à poser ses prunelles sur ma silhouette et à entamer l'un de nos jeux préférés, qui de toutes façons se terminaient toujours de la même façon, sur un tapis à se chatouiller et à se mordre entre deux éclats de rire. J'étais dépendant, et je pense l'être encore un peu aujourd'hui. J'avais besoin de Gus, et de rien d'autre. Enfant je ne voulais voir personne s'approcher de nous et si au début, il y avait peu de menaces à gérer, notre entrée à nos huit ans au pensionnat a tout changé. J'ai tenté de m'offusquer, de faire des caprices et du chantage, mais tout ce que j'ai récolté à la fin, ce sont des gifles et quelques larmes de ma part. "Les enfants de bonnes familles y vont. Vous ne pouvez pas continuer à vivre ici tout les deux." J'avais envie de hurler que si mais les joues encore cuisantes de ma défaite, j'ai dû courber l'échine et accepter cette évidence. Le temps où Gustave et moi étions tout les deux semblait révolu. Car si à la maison nous profitions d'un enseignement qu'il nous était possible de fuir de temps à autre, le pensionnat était une prison, un endroit où transgresser les règles amène des punitions bien plus douloureuses que d'être envoyé au lit sans repas. Refuser d'obéir c'était accepter de se faire taper sur les doigts avec une baguette. Tenir tête à un enseignant, c'était quelques coups de canne sur les reins ou les cuisses. Se faire attraper à dormir dans le lit de son frère au lieu d'être dans son dortoir, c'était des devoirs en plus. Et tenter de faire l'école buissonnière, c'était s'attendre à se faire attraper et à devoir aider à faire le ménage des classes… Autant de punitions que j'ai reçu avec un sourire et qui au fil du temps sont devenus des activités qui se mariaient parfaitement avec un match de rugby ou une partie de cricket. "Pourquoi ne pas accepter de faire comme ils veulent, juste une fois ?" ne cessait de me demander Gustave le soir, alors qu'enlacés, nous tentions de trouver le sommeil. "Parce que ça ne serait pas amusant." Il avait murmuré que j'étais quand même parfois bien étrange avant de sombrer, tandis que le front posé contre le sien, j'acceptais qu'il ne puisse pas comprendre ce besoin que j'avais. Gustave était l'âme noble de nous deux, l'enfant chéri qui cherchait simplement à faire le bien autour de lui et dont on pourrait profiter aisément… Et c'est peut-être pour ça que j'ai toujours voulu être l'individu le plus chaotique de son existence, afin d'être sûr que personne d'autre que moi ne puisse le souiller ou l'abimer. Que j'ai toujours montré les crocs et cherché à faire fuir ceux qui osaient tenter de me voler celui que j'estimais être mien. Ce que je n'avais pas imaginé, c'est que ce soit moi qui un jour le fasse fuir.

On venait d'avoir quatorze ans. La direction se plaignait de moi, disait à mes parents que grandir ne me rendait pas docile et que malgré les punitions, je continuais de sourire et d'être insolent pendant que Gustave devenait le futur médecin ou avocat de la famille. Lui avait un avenir, moi… Moi je n'étais qu'un sale gosse qui refusait de murir. "Un enfant coincé dans le corps d'un jeune homme." J'étais une honte selon mes parents, un crétin qui ne saisissait pas sa chance et qui se contentait de penser que tout devait lui tomber dans les mains. Mais ce n'était pas ça. Je ne voulais pas grand chose, voir même rien. Il n'y avait pas de but derrière tout ça, juste une pulsion, une envie dictée par un instinct que je ne maîtrisais pas. Je devais détruire et contredire, comme pour prouver quelque chose et combler un vide que je ne saisis toujours pas. Personne ne le peut. J'étais perdu, en plein conflit avec mon adolescence naissante et des envies, des désirs sombres qui faisaient fleurir en mon coeur des fleurs du mal, aux pétales putrides et souillées. Je voulais tout et son contraire, je voulais aller plus loin, soulever les interdits et me foutre de tout. De simple feu-follet difficile à contenir, j'étais devenu brasier. J'avais dans le sang la rage et sur le bout des lèvres la violence. Je voulais m'imposer. Être celui qui décide. Qui choisi. Et si ça impliquait de briser certains chose ou certaines personnes, j'étais capable de le faire. C'est à cette époque que j'ai commencé à devenir réellement désagréable, à ne pas hésiter à cracher sur mon prochaine juste pour lui rappeler que je pouvais faire mieux, simplement pour impressionner Gus. Comme lors de ce jour où les ennuis ont commencés. Il avait fallu d'une simple blessure, d'un genou écorché et d'une plaie qui laissait échapper un filet de sang vermeil. Puis d'une prise de bec avec l'idiot qui avait trouvé malin de m'enfoncer ses crampons dans la chair. Je me souviens avoir craché entre mes dents, avant de reprendre le match qui s'est interrompu par les cris de celui qui avait souillé ses doigts de mon sang. Lui qui désormais se roulait à terre en gémissant parce qu'il avait sur les doigts cloques et brûlures qui semblaient sortir de nulle part. Et si au début je trouvais ça follement amusant, j'ai déchanté quand au moment même où Gustave l'a touché c'est lui qui s'est retrouvé à terre, à pleurer, et se tordre de douleur pour ses doigts désormais déformés pour une raison inconnue. Lui qui m'a été retiré jusqu'à ce que mère vienne nous chercher et nous ramène à la maison sans même prononcer un mot. Elle voulait rien dire, se contentant de plonger son regard dans le notre quand on tentait de lui arracher un début d'explication. Elle avait presque l'air d'une vipère et pour la première fois de ma vie, je n'ai pas tenté d'avoir un trait d'esprit ou un début de remarque un tant soit peu sarcastique. J'étais silencieux au possible et pour me rassurer, j'ai simplement attrapé la main blessée de Gustave dans la mienne, entrelaçant nos doigts pour me donner un peu de courage.

Mère n'a recommencé à parler qu'au moment-même où nous nous sommes installés dans le sofa. Elle avait son air grave des mauvais jours, comme si elle allait nous annoncer une mauvaise nouvelle, alors que dans les faits elle nous apprenait ce que nous étions vraiment. Des Syndrigastis, des êtres particuliers avec des pouvoirs qui peuvent être autant des dons que des malédictions. Elle disait qu'elle était fière de voir que nous développions enfin nos capacités et avant même que nous ayons le temps de comprendre et d'encaisser le choc, voilà qu'il fallait qu'elle et père testent et comprennent la fibre même de nos être. Il fallait nous décortiquer, nous disséquer presque pour comprendre ce qui était si fascinant et particulier chez nous… Il a fallut subir des saignées, des heures à attendre et à répondre à des questions avant que la lumière ne se fasse sur ce que nous étions.

Un empoisonneur et un guérisseur. L'ironie était papable et pourtant elle n'a fait rire personne.

Surtout pas moi. J'ai été amer et en colère d'apprendre que j'étais tel un serpent, un poche de venin à visage humain qu'il ne faut surtout pas toucher. "Ton corps produit du poison, tu comprends, tu pourrais blesser gravement quelqu'un, juste en ayant un peu transpiré… C'est mieux que tu restes à la maison Camille…" Bien sûr. J'étais devenu dangereux. J'étais une menace désormais. Un cobra qu'il valait mieux garder dans son panier plutôt que de tenter de trouver des solutions. "Il faut que tu comprennes", qu'ils disaient. "C'est pour ton bien." Non. C'était pour eux qu'ils faisaient ça. C'était plus simple de garder le petit être vénéneux à la maison et de laisser celui qui n'était pas maudit vivre sa vie. Mais ce qui me rendait dingue, c'est de savoir que j'allais être séparé de lui. Pour la première fois depuis quatorze ans, j'allais devoir vivre sans mon frère, sans avoir le droit de poser mon regard sur lui ou de laisser nos mains s'effleurer et nos rires se mêler. Sans la moitié si essentielle à ma survie, j'allais devoir passer des journées, seul, à moitié étouffer et mourir car sans lui j'avais l'impression de ne pas être capable de fonctionner. Sans Gustave, j'étais persuadé d'y passer… De ne pas être capable de survivre ne serait-ce qu'une semaine sans lui. Je me voyais déjà à crever d'ennui, et à hurler à la simple idée de ne pas savoir ce qu'il fait et avec qui, sans parler de ses nuits que j'allais devoir passer seul, moi qui n'avait jusque-là jamais appris à dormir autrement que lové au creux de ses bras. Je me souviens avoir commencé à hurler, à dire que ce n'était pas juste et que je refusais de rester seul. Je me souviens des discussions houleuses que j'ai eu avec mes parents qui disaient que je devais comprendre et ne pas être égoïste, des mots durs que j'ai eu pour eux et des menaces que j'ai proférés. Je peux encore me remémorer les gifles que j'ai prises et les insultes, celles qui disaient que j'étais une honte et un jeune homme fort peu aimable… Puis celles qui sous-entendaient que j'étais de trop au fond et que Gus aurait été mieux sans moi et que si il n'avait pas eu à partager l'utérus maternelle en compagnie de la vipère que j'étais, il aurait eu un don encore plus noble.

Et voilà ce que je suis devenu. Le parasite. Le serpent que l'on a élevé et dont on voudrait se débarrasser. L'enfant que l'on regrette. Celui qu'on cache et dont on ne parle pas. Celui qu'on dissimule dans l'ombre de l'autre, de celui qui est beau. J'ai été jaloux. Puis amer. Et enfin, furieux. J'ai cherché à me venger. J'ai brisé de la vaisselle, souillé de la porcelaine de mon sang pour la rendre inutilisable avant de cracher dans tout les plats quand j'en avais la possibilité. J'ai blessé, j'ai hurlé, j'ai contesté. J'ai renié mon frère. Je l'ai insulté et même frappé. Je lui en voulais. J'étais jaloux. J'étais peiné. Je me sentais trahis par ma propre chair. Mon sang. Mon frère. Ma moitié. Il osait être différent. Il osait être chanceux. Il osait me laisser. Il m'abandonnait et j'en étais malade. J'ai passé trois semaines à refuser de lui parler ou de l'approcher. Je l'ignorais et quand il osait tenter de me toucher, je le repoussais, lui sifflant de ne plus m'approcher. Trois semaines que j'ai passé avec la sale impression de mourir à petit feu, à voir celui que j'aimais plus que tout au monde, vivre une existence qui m'était interdite parce que j'avais le sang pourri. Je lui en voulais. J'étais malheureux de savoir que malgré tout mes efforts, il finirait par s'éloigner de moi et m'oublier. Ça m'a rendu amer, puis furieux, avant que je ne me calme et ne réalise qu'il n'y pouvait rien et que pire… Il était la seule personne avec laquelle je pouvais vivre, alors je me suis calmé, je l'ai laissé revenir à moi, en acceptant la discrète caresse de ses doigts sur ma joue, puis son sourire, et son étreinte. D'une caresse dans le dos je me suis excusé et d'un soupir il m'a pardonné. L'étreinte fut longue mais douce, et sur un lit s'est terminé, à observer le plafond en se promettant que plus jamais on ne se quitterait. "Toi et moi, c'est pour l'éternité. Les autres c'est pour une vie." avais-je murmuré, mes doigts entrelacés aux siens et ma tête sur son épaule. Je voulais croire que ce serait le cas. Je voulais espérer.

Nous avons eu seize, puis dix-huit ans. Rien ne changeait entre nous. Tout était comme cristallisé et éternellement bloqué dans cette période de fin de candeur et de début d'amertume. Dans cette période où se chamailler est normale, tout comme dormir avec l'autre. Où déposer un baiser sur la joue est un signe d'affection chaste et non un geste qui fait grimacer les parents qui trouvent cela inconvenant. Où mordre son frère est une réponse logique à des chatouillements. Une époque où une relation ainsi construite entre frères ne semble pas malsaine. Mais comment expliquer ça à une mère qui a trouvé ses deux fils, allongés sur le tapis, l'un sur l'autre, à rire aux éclats, les mains perdues sur le corps de l'autre alors que des dents tentent de se planter dans une gorge délicieusement offerte, que ce n'était qu'un jeu, et non un enchevêtrement de corps malsain ? Comment la convaincre que ce n'était pas si grave et encore moins inconvenant ? Ce n'était qu'un jeu, mais elle n'a pas voulu l'entendre. Nous n'avions plus l'âge et cela faisait trop longtemps que j'étais une mauvaise influence. Je le souillais, le teintais, disait-elle. Il fallait que nous apprenions à vivre sans l'autre. Alors elle me l'a retiré, une fois de plus. Elle a arraché de ma poitrine mon coeur et au loin, elle a envoyé Gustave, allant même jusqu'à me cacher sa destination, de peur que l'envie me prenne de le suivre. J'en ai été malade pendant trois jours, à ne plus en quitter mon lit. Elle disait que j'étais ridicule, je lui répondais froidement qu'elle venait de me priver du seul contact humain que j'avais. Mais encore une fois, pouvait-elle comprendre ? Non. Mais ce n'est rien, ça a juste terminé de briser mes relations avec elle et de me convaincre définitivement qu'il n'y a qu'avec cet autre moi que je puisse être heureux.

Et nous en revenons-là. À cet être unique que nous aurions pu être et que nous devrions être. Il est là. En nous, à attendre d'être réunis. Nous sommes cette personne, d'une certaine façon et j'ose toujours espérer que lorsque nous sommes tout les deux, nous le devenons. Un. Complet. Unique et inséparable. L'éternité qui est tout par rapport à une vie sans l'autre.



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.


Dernière édition par Camille Barthélemy le Lun 2 Jan - 15:12, édité 3 fois
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Margaret Nebulosa

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MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Ven 30 Déc - 22:18

OH MON CAMILLE D'AMOUR!

ON VA FAIRE TELLEMENT DE CONNERIES AVEC TON FRERE ADORE!


On a beau chercher, on ne trouve jamais que soi même.
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Invité

Invité


MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Ven 30 Déc - 22:22

Alors toiiiiiiiiiiiii sourcil *l'étouffe de câlins et de bisous*

Rebienvenuuuuuuuue ♥️

Impossible à saisir, on va voir ça yy *est d'une odeur terriblement alléchante* Tu réserves toujours un lien et un rp diiit? choupi
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Galahad L. Ednyfed

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MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Ven 30 Déc - 22:24

TENDRESSE ET CHOCOLAT, JE T'AIME PUTAIN keu
C'était plus fort que moi lol



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Mabel P. Herrera

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MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Ven 30 Déc - 22:31

Re-bienvenue !
Tu es hot. shock
Et je suis impatiente de te voir dans une autre peau que celle de Thad.



Cercle Polaire.
I'm the girl who is lost in space, the girl who is disappearing always, forever fading away and receding farther and farther into the background. E.W
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Camille Barthélemy

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❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Sam 31 Déc - 1:14

QUE D'AMOUR. JE CRÈVE LES GARS. C'EST TROP GENTIL. shock

Peggy - J't'attends aussi, histoire qu'on fasse des merveilles avec les deux frangins. mdr

Sucrette - *meurt mais te fait quand même des câlins* Bien sûr ! Une fois validé, faut qu'on discute de tout ça. sourcil

Gal' - GLACE À LA MENTHE & PÂTE D'AMANDE, J'T'AIME PUTAIN. keu Je viendrais te faire des leçons sur la vie dès que je suis validé. yy

Mabel - T'es gentille. meuh Je viendrais te voir aussi, je suis curieux de ce qu'on pourrait faire à deux. plup




He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.


Dernière édition par Camille Barthélemy le Sam 31 Déc - 10:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Sam 31 Déc - 1:22

CA SE MULTIPLIE C'EST PIRE QUE DES MOUCHES mdr (multiplication des beaux-gosses)

Re-bienvenue !
Je veux un lien quand nos deux choux seront validés, c'est inévitable yy
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MessageSujet: Re: (Camille) ▿ Put your venom in me   Lun 2 Jan - 15:15

Une nouvelle pièce !

- Il est de nôtres -

Félicitation Caca, tu es des nôtres. Histoire tragique mais très bien écrit, ça a fait du bien à mes yeux hihi Donc je pense que tout est bon, Alo te mettra ton rang et ta couleur. Va cracher ton venin sur les gens.

Félicitation ! Maintenant que vous êtes validé, vous pouvez passer à l'étape suivante et bien entendu aller rp ! Vous pouvez créer votre Fiche de liens & topics, référencer une Occupation si vous en possédez une utile à une boucle et n'oubliez pas de référencer votre boucle dès que vous voyagez. Il ne faut pas avoir peur de poster des Questions/Suggestions, le staff est à votre disposition. Vous pouvez également aider le forum à se faire connaître ici. Enfin, amusez-vous !
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