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 And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia

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MessageSujet: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Mar 3 Jan - 11:40

And so... The Adventure Begins

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C’était le grand jour ! Pour la toute première fois de sa vie, Lycia allait enfin voyager. Son premier voyage hors de l’île de Man et également son premier voyage temporel ! Toute une première pour la jeune femme qui, toute excitée et impatiente, s’était levée aux aurores pour préparer ses affaires. Bon, oui, elle était stressée aussi. Qui ne le serait pas lorsque, comme elle, on n’a jamais été plus loin que les villages alentours de sa ville natale ? Mais tout se passerait bien. La veille ses parents le lui avaient assuré quand elle leur avait appris la nouvelle et son père avait semblé encore plus impatient et content qu’elle. Il faut dire que c’était un peu à cause de lui aussi qu’elle voyageait dans la boucle de 1941. A force de raconter les 400 coups qu’il y avait faits dans sa jeunesse, il était plus qu’évident que son premier voyage serait vers cette boucle. Elle avait hâte d’y rencontrer celui qu’elle avait surnommé Tonton Gal ! Ils ne se connaissaient pas, mais son père lui avait rédigé une lettre qu’elle devrait lui remettre en mains propres. D’ailleurs, où l’avait-elle mise ?

Après deux bonnes heures de recherche et de préparation, Lycia sortie de sa chambre en trombe -réveillant une nouvelle fois les locataires des chambres voisines- pour rejoindre en courant celle de Mabel P. Herrera. Quoi de mieux que d’être accompagnée par un GPS ambulant ?! Même si ce n’était pas pour cette raison que Lycia avait demandé à Mabel de l’accompagner. Son amie avait eu l’amabilité et la gentillesse d’accepter d’être son guide et son accompagnatrice pour ce long voyage ! Enfin… Faut pas croire. Sucrette-pot-de-colle avait encore frappé. En effet, Lycia a un peu beaucoup insisté et à force de discussion les deux demoiselles trouvèrent l’accord suivant : Mabel l’accompagnerait jusqu’à l’entrée du passage temporel qui mènerait à la boucle. Pour la suite, Lyk se débrouillerait comme une grande. De toute façon, elle ne voulait pas que Mabel se sente mal ou souffre à cause de sa demande, donc elle accepta ce compromis, rassurée de ne pas avoir à partir toute seule pour son premier voyage. Bref ! Elle était parée au départ. Enthousiaste, elle toqua à la porte de Mabel et attendit que cette dernière s’ouvre en grand pour exclamer un grand, souriant et joyeux :

« Tadaaaaaam ! Je suis prête ! Toi aussi ? On y va ?! »

Sauf que Mabel allait peut-être être choquée. Pas sûre qu’elles partent immédiatement, puisque Lycia ne semblait pas se rendre compte qu’elle était surchargée. Elle en avait fait trop. Dans tous les sens du terme. A sa gauche se trouvait une grande valise avec roulette et à sa droite un sac de sport bien rempli lui aussi. Puis sa tenue… Certes, elle passerait totalement inaperçue pour le Londres de 2016, mais pas pour le Londres 1941 ! Pourtant, selon elle, elle avait fait soft, elle avait mit du temps à se décider en plus. Un gilet noir, un t-shirt blanc des plus classiques avec un jean tout simple et des sandales. Sobre et confortable à la fois. Passe-partout quoi ! A peu de choses près qu’en 1941, il était interdit de porter un "habit d’homme", soit le pantalon. puis manquerait plus qu'elle croise un allemand et que se dernier croit qu'elle était juive ou qu'elle cachait quelque chose parce qu'elle s'étaient vêtue en homme pour être ni vu ni connu!
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Mabel P. Herrera

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❧ Boucle Temporelle : 20 juin 2016 désormais. Elle vécut un temps en 1941, mais les moteurs des avions ronronnaient trop fort à son oreille.
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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Jeu 5 Jan - 15:07


And so... The Adventure Begins

     Rejoindre l’Île de Man c’était révélé plus périlleux qu’imaginé. Avec plus de conscience, Mabel se serait résous à quitter la boucle de 1941 avant d’en rejoindre une autre. Le temps d’une vie lui appartenait encore. A défaut de ne comprendre les difficultés qu’elle rencontrerait en traversant l’Angleterre par voies ferroviaires, l’aviation civile ayant été suspendue le temps d’une guerre, elle s’était lancée dans un voyage de plus de 530 kilomètres. La mer l’avait faite déchanter, retournant son estomac à peine la côte quittée. Il fût question de 160 kilomètres passés la tête au-dessus du mouvement des vagues, craignant chaque fois que ses nausées ne lui coûtent la vie en la faisant accidentellement passer par-dessus bord. Elle put remercier Dieu de l’avoir gardé saine et sauve avec lui. Elle n’eut pourtant pas été la plus docile de ses enfants. Elle ne l’avait prié que très rarement, et n’avait participé aux messes du dimanche que parce qu’on lui eut un jour demandé. S’il eut réellement été présent pour la protéger tout au long de ce voyage, certainement avait-elle mérité son pardon.
     L’été anglais rendait désormais ce souvenir lointain, non sans effacer les traces du trauma qui l’eut suivi. Il lui fallait à présent accompagner Lycia dans le sien, et la seule précaution qu’elle eut à prendre fût de prier Dieu une dernière fois. Pour qu’il puisse les protéger toutes deux lors de ce voyage. Pour qu’il protège Lycia lorsqu’elle rejoindrait 1941. Mabel aurait pu la dissuader de s’y rendre, lui décrivant sans fioriture le sombre fardeau qu’accompagnait cette époque. Mais cette décision ne lui appartenait pas, et l’empêcher de poursuivre son propre chemin aurait été faire preuve d’égoïsme. Elle lui manquerait, comme le soleil venait à lui manquer une fois disparu derrière la mer. Son départ l’attristait, tout autant qu’il pût la rendre heureuse pour elle. Ainsi, lorsqu’elle ouvrit la porte et vit Lycia rayonner, parfumant la pièce de joie, elle ne pût s’empêcher à son tour de lui sourire.
« Hey ! Plutôt deux fois qu'une, je n’oserais pas nous mettre en retard. »
     Mabel se saisit de son sac, l’accrochant en bandoulière sur sa poitrine. Elle s’était également levée à l’aube. Une habitude plus qu’une impatience, même si elle sentait naître les prémices d’une excitation dans son estomac. Une douleur mêlée à l’appréhension qu’elle tentait au mieux de dissimuler derrière son sourire. Elle était heureuse d’être celle qui accompagnerait Lycia, la guiderait. On avait longtemps dû lui tenir la main, et ce fût aujourd’hui sur elle que l’on se reposait. Une fierté nouvelle qu’elle ne pût partager au risque de la gâcher. Elle était un secret au fond d’elle, celui de savoir qu’elle avait changé.
« Rassure moi, le jean c’est seulement pour l’avion ? »
     Elle avait omis de lui parler des codes vestimentaires auxquels elle serait confrontée. Ce détail était passé à la trappe, comme de nombreux autres. Il était à présent bien trop tard pour tous se les rappeler. Elle se sentit désolée de ne pas avoir su être à la hauteur de cette tâche. Celle de la préparer à ce voyage comme elle s’y était engagée en acceptant de la conduire à Londres. Les frontières du Texas étaient le jardin dont elle n’avait jamais franchi le seuil, et son sens de l’organisation venait à manquer. Elle avait eu sa tante pour la préparer à sa propre expédition, lui rappeler que ses vieilles robes seraient certainement plus adaptées que celles de son armoire. Elle leur avait trouvé une place au milieu du débarras qu’étaient ses bagages, finalisant les coutures qui lui permettraient de se fondre dans la masse. Elles furent déjà vieilles et trop modernes, mais une fois arrangées, elles l’accompagnèrent toutes ces années, résistant miraculeusement à ses folies répétées. Elles prenaient depuis la poussière, condamnées sans ça à rester entreposées dans le fond d'un placard pour le reste de l’éternité.
« J’avais ramené mes vêtements avec moi, au cas où il me faudrait y retourner. Ce qui ne risque pas de se produire avant longtemps. » Elle ôta son sac, le jetant sur son dessus de lit avant de sortir les vestiges de ses voyages passés.
« Prend celles que tu veux. J'ai plus d'épaisseur à cacher mais ne t’inquiète pas pour les tailles, ils ont une très bonne couturière à Londres. Même si elles ne te plaisent pas, il faudrait que tu puisses en emmener au moins trois ou quatre. Les vêtements sont difficiles à trouver une fois là bas. »
     Les robes tombèrent sur le lit dans un bruit de cintres assourdissant. S’échappaient d’elles un parfum de lessive lui rappelant l’odeur entêtante des coquelicots. Beaucoup appartenaient à Juliet, d’autres ayant été récupérées en 1941. Elles lui rappelaient une personne qu'elle n'était pas. Une sensation qu'elle connue que trop bien sans ça.
« Si tu avais préparé un stock de jeans, c’est le moment de t’en séparer. »
     Mabel se mit à rire.
« Pardonne moi, je n’ai pas pensé à te prévenir qu'il te faudrait t'habiller autrement... Je pensais que ça tombait sous le sens. »
     Sa tête retomba sur le côté, son rire devenu un sourire triste. Elle aurait pu attendre qu'on l'en excuse, mais elle se grandit soudainement en accrochant ses mains à ses hanches.
« Mais ne t'inquiète pas, je me suis appliquée à te faire un plan détaillé que je te donnerai plus tard. »





Cercle Polaire.
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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Ven 6 Jan - 17:00

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Ce n’était pas Mabel qui risquait de les retarder, mais elle-même, car la réaction de Lycia lorsque son amie lui demanda si son jean était que pour l’avion, les yeux ronds et la bouche grande ouverte indiquèrent clairement que ce n’était pas le cas.

« C’est ce que j’ai de plus soft ! J’ai fais attention exprès pour passer inaperçue ! Je n’ai que ça en pantalon, car les shorts ce n’est même pas la peine, je m’en suis doutée. » se plaignit-elle alors qu’elle était déjà entrain d’ouvrir sa grande valise en plein milieu du couloir pour virer tous les jeans de sa valise, n’attendant pas d’avantage les conseils de Mabel. Sa réflexion avait suffit pour la décider. Lycia ne voulait pas faire sale impression à peine arrivée ! Elle s’exécuta donc tout en zieutant sur les vêtements que Mabel avait ramenés de cette époque. Ah oui… Ce n’était effectivement pas du tout pareil. Elle laissa ses affaires en désordre dans le couloir alors qu’elle rejoignit Mabel pour regarder ces affaires de plus près tout en l’écoutant attentivement. Trois ou quatre… Elle allait plutôt toutes les prendre au vue du décalage énorme qu’il y avait entre ses habits et ceux de Mabel dont elle ne quittait plus des yeux, en pleine réflexion. Finalement, Lycia n’allait emmener qu’une valise avec tous ce qu’elle allait retirer, elle allait pouvoir mettre tout ce qu’il y avait dans son sac de sport dans la valise. C’était peut-être pas plus mal en fait.

« Pardonne moi, je n’ai pas pensé à te prévenir qu'il te faudrait t'habiller autrement... Je pensais que ça tombait sous le sens. Mais ne t'inquiète pas, je me suis appliquée à te faire un plan détaillé que je te donnerai plus tard. »

« Merciiii ! Tu me montreras et m’expliqueras tout ça dans l’avion hein ? Et non, t’en fait pas. De toute façon, mieux vaut que tu me le dises maintenant. Je nous aurai mal vues en plein milieu de Londres sur le trottoir entrain de déballer tous mes vêtements. On va faire ça vite bien fait ! Donc du coup, je te prends tout et je me changerai dans l’avion ou après quand on atterrira, c’est mieux. »

Pas le moins du monde embêtée par ce petit contretemps, ce fut avec un sourire aux lèvres que Lycia débarrassa tous les vêtements de leurs cintres, qu’elle les attrapa et alla les empiler dans sa valise. Sans êtres plié, bien sûr. Lycia n’était pas du genre à se soucier que son linge soit froissée, surtout qu’elle voulait gagner le plus de temps possible pour ne pas les mettre en retard. Manquerait plus qu’elle manque l’avion et qu’elles doivent se débrouiller autrement ! Foutant encore plus le bordel dans le couloir, Lyk vida le contenu de son sac de sport, fit le tri une nouvelle fois et ajouta les affaires plus ou moins corrects dans la valise à roulette. Maintenant moment fatidique : la fermeture. Elle essaya à plusieurs reprises mais rien à faire… Lycia se retourna vers Mabel avec un sourire carnassier tandis qu’elle maintenait la valise fermée comme elle pouvait.

« Maaaabeeeeel ? Tu veux bien t’asseoir dessus s’il-te-plaît ?... Quoi ?... Mais si ça va marcher. Je te dis que ça va marcher ! Roooh, bon bah je m’assois dessus alors et tu fermes la fermeture éclair à trois, d’accord ? »

Lycia lança le décompte et à trois, elle s’assied sans aucun ménagement sur sa valise en espérant que Mabel arriverait à bien fermer la valise. Enfin, ça serait plus facile si Lycia ne perdait pas l’équilibre à cause de la matière de la valise qui faisait glisser son jean donc elle. Entre fou-rire, glissades et maladresses, elles n’étaient pas prêtes d’arriver à l’heure si elles mettaient autant de temps à chaque fois qu’elles faisaient quelque chose ! Surtout qu’après Lycia allait devoir récupérer ses affaires éparpillées un peu partout dans le couloir ainsi que son sac de sport et les ramener dans sa chambre, car non elle n’allait pas perdre plus de temps à les ranger, elle les jetterait dans sa chambre et rangerait le tout à son retour dans X jours en gros.


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Mabel P. Herrera

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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Dim 8 Jan - 22:08


And so... The Adventure Begins

     Rire était un remède à tout ; à la peur, la mélancolie, à la vie. Elle eut besoin de sentir ses lèvres fendre son visage jusqu’à en avoir mal, sa respiration se saccader et haleter, douloureuse chatouille dans son estomac. Se tenir là, les jambes nouées au sol comme un faon ne sachant encore se lever, contorsionnée avec l’espoir de refermer une valise signant un départ. Ce départ la rendait triste. Ce présent qu’elles purent avoir devint un passé, lui rappelant qu’il s'agirait de leur dernier souvenir ensemble. Mabel s’accommodait des départs plus qu’elle ne les appréciait. Ils étaient de ces changements dont elle eut du mal à se faire. Lycia reviendrait, elle le savait. Sa famille était encore là, la pluie, comme à elle, ne lui irait pas. Elle n’aurait eu d’intérêt à le lui dire, à gâcher l’espoir de ce voyage. Elle était elle-même ce jour-là, et elle fût heureuse de savoir que cela ne compromettrait pas leurs au revoir.
« Vas-tu arrêter de bouger ? »
     D’une main elle repoussa les pans de tissus vomis par la valise, écarquillant les yeux tout en les levant au ciel. Elle voulut se montrer sérieuse, mettre fin à leurs fou rires, mais même retenir sa respiration ne suffisait pas pour parvenir.
« Dang ! Qu’est-ce que tu as mis dans cette valise ? »
     La fermer complètement lui demanda un dernier effort. L’exercice avait été bien plus épuisant qu’elle ne l’avait imaginé. Mabel leva les bras au ciel, signe de victoire et de retraite. Elle se laissa tomber contre son lit, reprenant doucement sa respiration. La faute de l’effort, mais aussi du rire.
« Je prie pour que la sécurité ne nous demande pas de l’ouvrir. Si c’est le cas ils se débrouilleront pour la refermer. »
     Elle se redressa, démêlant ses jambes en passant une main dans ses cheveux. Il ne restait plus à régler, que les vêtements tapissant le sol du couloir.
« On va mettre le reste dans les valises restantes et les laisser là pour le moment. Je les remettrai dans ta chambre en rentrant. Les Ymbrynes accepteront bien de m'ouvrir la porte. »
     Une parole donnée qu'elle ne tiendrait certainement pas. Elle pût croire en sa bonne volonté à lui rendre ce service, les piles d’objets entassés avec maladresse dans sa chambre rendaient compte de son aversion au rangement. Il lui arrivait de remettre de l'ordre, et l’état actuel des choses en fût une forme, mais la manie persistait à instaurer un désordre devenant après coup bien trop considérable pour espérer en débattre seule. Elle n'éprouvait aucune gêne à se reposer sur l'aide des autres, mais devoir faire étalage de sa vie défectueuse était une chose qu’elle se refusait encore pudiquement. Cette vie s’exhibait déjà bien assez d’elle-même pour en partager les aspects les plus sombres. Un tas de déchets qu’elle crut trésors, des murs qu’elle eut peints tant de fois qu’ils furent bientôt plus épais d’un centimètre. Ne s’agissant jamais que de quelques couches irrégulières sur lesquelles s’acharner, l’on pût, en laissant glisser son doigt, sentir les reliefs de cet art abandonné. Le jaune d’un soleil semblait gondolé, souffrant d’une plaie qui ne put être réparée. Les cornes d'une vache granuleuses, la peinture s'y étant effritée.
     Mabel se releva, se saisissant d’un sac que Lycia eut finalement laissé vide pour le remplir des vêtements qu’il lui fallait laisser derrière elle.
« Tu n’appréhendes pas ? »
     Sa bonne humeur la réconfortait. Elle voulut pourtant croire qu’il lui fallait parfois être autre chose qu’un sourire. La faiblesse d’une peur feinte, d’une tristesse qu’on eut voulu éteindre. Car elle-même l’eut été, lorsqu’il eut s’agit de son départ. L’excitation était devenue crainte, la faisant douter de ses choix jusqu’à ce qu’elle n’atteigne l’Île de Man. Son visage était resté pâle, ses pas irréfléchis. Ses jambes avaient tremblées lorsqu’il leur avait fallu plonger dans les ruelles de Londres suivies du bruit d’une valise. Elle crut se sentir forte alors qu’elle ignorait les frissons dans son corps, ses spasmes à chaque bruit. Son sourire était venu bien plus tard, mais son voyage à elle ne fût pas aussi simple qu’un aller dans le ciel.
« Lorsque tu rentreras, fait le voyage hors de la boucle. Ne soit pas aussi imprudente que moi. »
     Elle eut l'air d'une fourmis, tournoyant inlassablement jusqu'à ce que tout soit en ordre pour partir. Elle s'arrêta soudainement, l'air grave.
« Évite les bombes... Évite Londres à moins de vraiment la connaître. Ne vas surtout pas près de Westminster. Il y'a un homme qui s'y promène le visage complètement défiguré par la guerre de 14/18. Si je le sais, c'est parce qu'il s'accroche à toi et te raconte toutes les horreurs qu'il a vécues.  »
     Son visage était une mosaïque de chair, lambeaux meurtris ressemblant à des croûtes cicatrisées. Il était une image que l’on ne pût oublier, et qui chaque fois remémorée, obligeait Mabel à le localiser. Elle ne le contrôlait pas. Il fût une peur parmi d’autres, mais une qu’elle pût malgré elle située. Si elle pût ainsi l’éviter, il fût telle une souris piégée dans la cage de ses pensées, et la simple idée de le savoir grimper aux barreaux de sa cage la terrifiait. Il avait disparu en 2016, créant la libération d’un vide dans sa tête, mais la simple évocation de son souvenir lui faisait courber l'échine.
« C'est juste pour te prévenir... »
     Une grimace déforma son visage alors qu'elle récupérait son sac et y retrouvait ses clés. Elle espérait que son inquiétude n'ait pas tout gâché.





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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Ven 20 Jan - 18:35

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Lycia éclata de rire à la vue de Mabel, bras levés en l’air en guise de victoire contre la valise surchargée. Elles avaient gagné la guerre, mais elle était d’accord avec son amie, il ne fallait pas que la sécurité vienne y jeter un œil, car dans ce cas-là, il serait sûr et certain qu’elles manqueraient leur avion. M’enfin d’ici là, elles avaient encore quelques préparatifs à faire. Lycia ne voulait pas vraiment perdre de temps à ranger ses affaires et elle laissa entendre à Mabel qu’elle pourrait très bien laisser ses affaires dans le sac de sport et jeté ce dernier dans sa chambre sans plus. Pas besoin de ranger, elle s’en chargerait elle-même à son retour et vite fait, pas besoin de repassage ou que se soit bien plié dans les armoires.

Tout en aidant Mabel à ramasser ses propres vêtements, Lycia l’écouta attentivement. Bien sûr qu’elle appréhendait. Première fois qu’elle quittait son île natale. Premier voyage. Premier saut dans le temps. Tant de premières fois qui foutaient les jetons, mais son envie de découvertes, de rencontres, d’aventures et de liberté étaient plus fortes. Puis, elle ne mourrait pas ! Enfin si elle faisait attention… Car la mention de bombes fit avaler maladroitement sa salive et Lycia s’adossa à l’encadrement de la porte d’entrée comme si elle ne réalisait que maintenant que sa destination n’était pas celui d’un lieu de vacances mais d’un lieu de guerre. Un passé historique qu’elle avait l’impression de connaître par cœur par les nombreux récits de son père et, pourtant, ça lui semblait surréaliste tout en sachant que c’était bel et bien réel. On ne réalisait pas vraiment lorsqu’on n’avait pas vécu ou vu les choses, surtout lorsqu’il s’agissait du danger ou d’atrocités.

« Je ferrais attention. »

Lycia n’avait aucune envie de rencontrer l’homme balafré qui venait de lui provoquer un frisson rien qu’en imaginant sa figure. Elle fourra les vêtements ramassés dans son sac, suivis Mabel dans le couloir et récupéra la valise qu’elle allait emmener dans leur périple.

« Je le sais et je te remercie pour ça. Merci de m’accompagner aussi. Je sais que ce n’est pas évident pour toi. »

En signe de sincère remerciement, Lycia fit plus qu’esquisser un sourire. Elle offrit un câlin à Mabel et resta ainsi quelques secondes comme si elles allaient se quitter maintenant alors que leur voyage n’avait même pas encore commencé. D’ailleurs, il était temps qu’elles filent ! Enthousiasme remplie à bloc, Lycia libéra Mabel, récupéra sa valise et dévala les escaliers –sans se casser la figure avec son bagage ce qui est en soit un vrai miracle- en criant « C’est partie ! » en allongeant bien la dernière syllabe ce qui eut pour réponse « LA FERME !!! » de la part des syndrigastis qui dormaient encore. Enfin plus maintenant du coup. Sans s’en préoccupait, Lycia continua son chemin, ouvrant le passage à Mabel jusqu’aux extérieurs, plus que prête à sortir ensuite de la boucle et commençait leur périple.

« Comment on va se débrouiller jusqu’à l’aéroport au faite ? »
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Mabel P. Herrera

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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Mar 24 Jan - 19:50


And so... The Adventure Begins

     Ses mots n’étaient pas ceux qu’elle aurait dû avoir. Loin d'apaiser les appréhensions enjoignant son voyage, ils créaient les monstres de cauchemars que Lycia n’avait pas encore à avoir. Mère, tante, boite de tranquillisants, Mabel ne sût remplir ces rôles comme elle l’aurait dû, se demandant si elle avait eu raison d’accepter d’être son accompagnante. Comme une preuve supplémentaire qu’elle ne put être cette femme, Lycia la piégea dans une étreinte lui rappelant que ce fût elle qui en eut besoin. Elle resserra à son tour ses bras autour d’elle, frictionnant son dos pour apaiser ses propres craintes. Soudain Lycia disparut, échappant à ses bras pour se ruer en bas.
« Attends ! »
     Elle aurait pu l’aider à descendre ses affaires. Lui éviter de tenir l’équilibre sur un tango bancal avec sa valise. Mais elle ne courut pas aussi vite, prise au dépourvu d’une jeune femme happée par la vie. Elle, n’avait jamais fait que courir après. Elle s’immobilisa dans les escaliers en entendant un cri. Un ordre. Une insulte. Le pied gauche frappé contre le droit, elle se retourna et s’exclama.
« Hé ! Bande de fainéants, ne m’obligez pas à venir botter des arrière-trains. »
     Les yeux levés au ciel, elle eut l’air de cette mégère solitaire. Ses narines se dilataient comme celles d’un cheval en colère, et ses ongles s’accrochaient nerveusement contre le bois ciré de la rampe d’escaliers. Elle eut été tentée, plus qu’autre chose, de remonter trouver celui capable de les insulter. Lui arracher la couette des jambes et le pousser du lit comme il semblait bon de le faire. Car à l’heure où le soleil se levait, il n’y eut plus rien qu’elle n’ait le droit de faire. Encore moins se montrer conciliante envers ceux ne respectant pas cette règle. Le temps lui manquait pour cette humeur matinale. Assez pour que le silence ne la satisfasse. Elle rejoignit Lycia, les paupières repliées, contrariée. Son cœur s’enflammait et son estomac grondait ; douce souffrance de la faim. La fraîcheur du matin fut un remède à ses maux. Elle adorait sentir la mer et le Nord. Leur air fût une brise légère et humide réchauffée par le soleil. La chaleur lui avait toujours scié, et elle s’accommodait pourtant, après deux années passées sous la pluie de Londres, à apprécier la douceur du froid cristallisant sa peau, et la faible chaleur s’y déposant à son tour en l'exposant face au soleil levant. Elle se mit à inspirer profondément, fermant les paupières en étirant ses bras devant elle. Elle rouvrit un œil à la question de Lycia, dépliant un doigt sur lequel pendait un trousseau.
« J’ai tout prévu. »
     Une voiture délaissée dans une journée où elle ne fût pas utilisée. Un crime commis qui ne serait jamais qu’un méfait oublié. Alors que le 20 juin s’éteignait sur son passé, Mabel s’était emparée de clés bien trop faciles à subtiliser. Elles disparaîtraient lorsque le soleil se coucherait. D’ici là, elle serait rentrée.
« Tu sais, ça me fait plaisir de t’accompagner. Je suis seulement ennuyée de ne pas pouvoir rentrer dans la boucle avec toi. »
     Elle ouvrit le chemin jusqu’à la route, désignant du doigt la voiture qui les emmènerait à l’aéroport. Son propriétaire, docile vieillard préférant sentir le vent pousser son vélo que son pot d’échappement polluer l’air, rangeait depuis toujours ses clés dans sa boite à gants. Dans un village où tous se connaissaient, personne ne fût assez malhonnête pour profiter d’un homme rongé par la sénilité. Hormis cette étrangère, sachant balayer cette vie comme l’illusion qu’elle était. Elle en repérait les failles et les exploitait sans malveillance, croyant en sa bonne conscience pour expier ses fautes. Il y’eut pourtant l’ébauche d’une culpabilité naissante, lorsque dans la nuit, elle s’était glissée au volant de la voiture du vieux Frederick Samson. Une Austin Mini semblant elle aussi avoir traversé les siècles, et qui, elle l’espérait, saurait rouler jusqu’à leur destination. Jaune délavé et la moquette déchirée, elle eut l’avantage d’avoir démarré – en plus d’offrir ses clés à qui en eut besoin. La culpabilité envers les humains, comme l’on aimait les appeler (à croire qu’il eurent été des extraterrestres), devint un sentiment inutilement éprouvé. Ils n’étaient jamais que des fruits que l’on put arracher d’une branche en sachant qu’ils réapparaîtraient ensuite. Mabel aurait pu les ignorer, se contenter d’emprunter un véhicule aux Ymbrynes. Mais elles, ne savaient pas oublier, et il y’eut certains aspects d’elles-mêmes qui furent bons à ignorer. Le fait, malgré elle, qu’elle eut de la chance de réchapper à sa conduite immorale depuis toutes ces années.
« Elle est belle, n’est-ce pas ? »
     Sa fierté pour une voiture qu’elle n’eut ni achetée, ni construite, fût d’autant plus démesurée qu’elle ne disposait que de trois portes, dont un coffre bien trop étroit pour y entreposer un bagage. Loin de s’attarder sur ce détail, elle se saisit de la valise pour la faire passer à l’arrière de la porte passager. Elle crut sentir ses joues brûler sous l’effort, entendit très vite le bruit sourd d’une valise tombant maladroitement sur le sol. Le sol en question était un fauteuil rembourré de mousses, et le choc fût pourtant aussi bruyant que s’il avait s’agit d’une dalle de béton. Exagérément vrai.
« En route ! »
     Contourner la voiture pour accéder à la place du conducteur était un effort bien plus éprouvant que celui de s’y glisser en enjambant le siège passager. Elle put compter sur la souplesse d’un grand écart n’excédant pas 100°, et sur un jean assez souple pour ne pas se découdre sur son entre-jambe.
     Le moteur enclenché, Mabel crut bon de reprendre ce qu’elle avait laissé derrière elle. Les brides d’une conversation inachevée. Inachevée, car elle n’eut obtenu l’avènement de sa culpabilité.
« Je m’en veux de ne pas venir en 41 avec toi. J’ai l’impression de te pousser dans le vide sans parachute. »




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Dernière édition par Mabel P. Herrera le Dim 5 Fév - 13:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Lun 30 Jan - 18:24

And so... The Adventure Begins

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Cool ! pensa Lycia en voyant le trousseau de clé et reconnaissant la clé d’une voiture. Elle ne disait pas non à de l’exercice, mais franchement pas en traîneau une valise avec soi. La voiture était une super idée, elles allaient s’économiser tout en profitant du début de journée. Elle pourrait regarder une dernière fois le paysage de leur île défiler sous ses yeux avant de voler vers Londres.

Arrivée face à l’Austin Mini, Lycia ne retint pas une petite exclamation de surprise au lieu de répondre à Mabel que la voiture n’était pas moche. Le vieillard lui avait laissé sa voiture ? Vraiment ?! Un rapide coup d’œil vers Mabel lui indiqua que c’était très peu probable. Si elles se faisaient prendre, elles allaient se faire taper sur les doigts par les Ymbrynes. Y penser fit rire Lycia même si elle faillit lâcher une nouvelle exclamation de surprise, craignant que la voiture ne supporte pas le poids de sa valise. Le poids de deux personnes en plus ça irait ? Il allait falloir, pas le choix ! Inspirant un grand coup, Lycia s’installa sur le siège passager s’en pouvoir s’empêcher de lâcher un petit : « T’aurais pas pu en piquer une plus grande ? Tu vas être toute écrabouillée là-dedans, même pour moi c’est just, ahahah ! ».

Une fois bien installées, Mabel démarra la voiture et celle-ci avança sans difficulté. Hourra! La voiture supportait tout leur poids et maintenant il fallait qu'elle tienne jusqu'à son retour ici.

« Je m’en veux de ne pas venir en 41 avec toi. J’ai l’impression de te pousser dans le vide sans parachute. »

« T’en fais pas, je t’ai dis ! Et puis de l’entrée jusqu’au refuge ça devrait le faire. Je ne vais pas me perdre. »

On sait jamais avec Sucrette, mais quand même pas. Tout en suivant Mabel vers la voiture, Lycia pensa qu’une chose était certaine : elle aurait s’en doute flipper toute seule. Pas sur qu’elle aurait trouvé le chemin jusqu’à l’entrée de la boucle de 1941 ou peut-être que si, mais pas sans incidents, en retard et avec une constante inquiétude, car elle était très bien capable de se perdre à tout instant et n’importe où. Surtout que les téléphones portables ne fonctionnaient pas toujours à cause des boucles. Non, vraiment, c’était beaucoup mieux et plus sûr d’y aller accompagner pour un premier voyage. Puis c’était plus rassurant et amusant, surtout avec une personne qu’on apprécie.

« Je suis déjà super contente que tu puisses m’accompagner jusque là. Je ne sais pas si j’aurai réussi à trouver le chemin toute seule. C’est la première fois que je quitte l’île après tout… »

Comme si elle ressentait un brin de nostalgie, Lycia regarda par la vitre, s’imprégnant de chaque fragment de paysage qu’elle pouvait emporter, alors qu’elle n’allait pas du tout oublier et qu’elle ne disparaissait pas non plus. Elle reviendrait. C’était juste une question de quelques semaines.

« C’est à la fois étrange, excitant et… un peu flippant. » Ses yeux de posèrent de nouveau sur Mabel. « Tu te souviens de ton tout premier voyage ? C’était comment ? Tu ressentais la même chose aussi ? Est-ce que tu l’as regretté ? » A croire que Lycia était incapable de poser qu’une question mais toujours plusieurs à la fois.
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Mabel P. Herrera

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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Dim 5 Fév - 15:18


And so... The Adventure Begins

« Je ne l’ai pas "piquée". Comment atteindre la vie privée des autres s'ils n’existent pas ? »
     Elle n’était pas intelligente au sens mélioratif. Manquait de discernement et de recul. Elle n’avait jamais été douée en sciences ni en philosophie, avait arrêté ses études par manque de courage. Alors, à torts peut être, il lui fallait croire que rien ici n’était réel.

     Conduire était un pouvoir. Dangereux. Commun. Elle pensait le maîtriser mais ses mains oubliaient parfois que ce ne fût pas des rênes qu’elles tinrent. Le cuir du volant était lisse, ne glissait pas entre ses doigts comme prêt à les lui arracher. Elle s’engageait sur la route et écrasait déjà la terre sous ses roues. Le moteur ne ronronnait pas, il grognait. Bête infâme bridée par une femme qui n’eut aucun respect pour le code de la route. La campagne les protégeait toutes deux, seules quelques rares voitures roulant à contre-courant. A les voir fuir l’horizon, Mabel eut l’impression d’être celle qui bravait le vent. Que le chemin qu’elles empruntaient, n’eut rien d’autre à offrir qu’une terre vide devant laquelle battre en retraite. L’Austin n’était pas aussi rapide que Mabel l’avait imaginé. Le sifflement persistant dans l’habitacle, agaçant. Le soleil éblouissait son œil droit, et elle put à peine remarquer les aquarelles teintant le ciel. Il lui fallait regarder la route, glisser ses lunettes contre l’arrête de son nez comme une californienne assumée. Les mots de Lycia la rassuraient. Elle espérait qu’elle ait compris. Que la question n’était pas celle de revenir en 1941. Car elle aurait pu braver la grisaille d’un temps lui rappelant la toile peinte de ses dépressions, écouter une nouvelle fois les bombes comme un souvenir que l’on revit dans une photographie. S'il ne lui avait pas fallu ensuite choisir entre sortir de la boucle et récupérer quelques rides, ou traverser une nouvelle fois l’Angleterre gangrenée par la guerre.
     La voiture tournait le dos au soleil lorsqu’elle chercha Lycia du regard, souriant comme seule réponse à ses mots. Rictus vain alors qu’elle s’était laissée happer par l'extérieur.
« Tu aurais trouvé ton chemin. Tu as plus de ressources que tu ne le crois. »
     Elle ne comprenait pas les enjeux de ces voyages. La peur de ne savoir retrouver son chemin. Elle fût de ceux que l’on ne put semer, Poucet sans pain impossible à abandonner. Juliet aurait certainement souhaité la perdre en forêt. Elle lui fit à défaut comprendre qu’elle n’eut plus sa place avec elle. Elle n’était plus l’enfant qu’elle désirait, mais une adulte incapable de se défaire de ce qu’elle avait. Elle aurait aimé ne pas être un chiot devenu trop grand. De ceux que l’on laisse sur le bord de la route avant de partir en vacances. Mais lorsqu’elle entendait les gémissements étouffés de Juliet traverser le couloir, passait ses samedis soirs à regarder seule la Fureur de Vivre, il lui fallait s’avouer vaincue. Se rendre à l'évidence que l'homme fréquenté par Juliet, bientôt prendrait sa place. James Dean cherchait à échapper à l’autorité parentale, et elle fût pathétiquement celle s’y accrochant. Ce film, elle le détestait.

     La voiture cherchait à avaler son ombre. Mabel quitta ses lunettes et glissa l’une des branches dans son décolleté. Elle s’attendrissait de Lycia, de cette capacité qu’elle avait à cacher ce qu’elle put ressentir. Elle croyait aux sourires et au bonheur, plus qu’elle ne crut en ses détresses, et Mabel l’enviait pour ça.
« Tu as posé toutes tes questions ? »
     Son nez se fronça malicieusement lorsqu’elle croisa son regard.
« Je n'ai jamais vraiment voyagé. Excepté pour rejoindre la boucle de 1941. Je traînais un peu des pieds mais ma tante m'avait convaincue de rejoindre mon Grand-Oncle dans les boucles. J'étais si heureuse à l'idée de le retrouver. Ne te moque pas, mais j’étais amoureuse de lui petit fille. »
     L’idée la fit rire. Plus encore alors qu’elle se remémorait l’homme impotent qu’elle eut trouvé à la place de son beau Texan. Il était sévère de dépeindre un tel portrait de lui. Il n’était pas aussi laid qu’elle le laissait croire. Simplement trop baigné dans l’Angleterre. Moins séduisant qu’il aurait dû l’être.
« Mais j’avoue être aussi tombée amoureuse de John Wayne à 15 ans, donc... »
     Songeuse, elle sentit revenir le fantasme d’une jeune femme bien trop grande pour rêver à un homme vu sur grand écran. Mais il fût important de préciser. Préciser qu’elle eut cœur à travailler l’image de celui qu’elle n’eut jamais rencontré qu’à travers sa télé.
« La version en noir et blanc ! La couleur ne lui allait pas si bien que ça. Il était tellement séduisant dans le Bagarreur du Kentucky. »
     Ses mains lâchèrent le volant pour se rejoindre. Elle regrettait d’avoir eu trop peur de la Guerre, monstre terrifiant qu’elle ne connut pas assez, pour pouvoir retrouver la trace de cet homme qu’elle admirait. Il n’existait pas vraiment, se répétait-elle. Il n’existait pas vraiment.
« VRAIMENT séduisant. »
     Sa mâchoire aurait pu en tomber. Sa raison lui interdire de reprendre le volant à deux mains. Mais elle comprit avoir loupé un coche en retrouvant le regard de Lycia.
« Ok. Ce n’est pas le sujet. »
     Reprendre le fil de la conversation devint difficile. Elle fit la moue, fronçant les sourcils en tentant de se rappeler ce qui lui restait encore à dire.
« Wallace n'était pas à la hauteur de mes attentes. Le climat bien trop humide et triste. La guerre effrayante... Mais je ne regrette pas. Se tournant alors vers elle. Tu ne regretteras pas. »
     Elle l'espérait, en plus d'y croire.
« Que cette destination te plaise ou non, tu apprendras à te sentir bien loin de chez toi. Même s'il existait certainement des destinations bien plus paradisiaques. »




Cercle Polaire.
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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Mer 15 Fév - 19:26

And so... The Adventure Begins

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Plus de ressources qu’elle ne croyait? Lycia était contente de l’entendre et inspira un coup comme pour avoir un peu plus confiance en elle, en ses capacités. Elle était loin d’avoir une particularité aussi utile que celle de Mabel, mais si son amie avait confiance en ce qu’elle pouvait faire, elle aussi. Tout se passerait bien. Puis au pire, si elle se paumait et qu’on avait plus de nouvelles d’elle, on la chercherait forcément et Mab la trouverait avec son GPS ambulant ! Oui, à coup sûr ! Elle était infaillible pour ça.

Après avoir posé toutes ces questions d’une traite, Lycia écouta Mabel avec attention. Dès qu’il s’agissait des personnes qu’elle appréciait, Lycia devenait beaucoup plus attentive et appréciait en apprendre d’avantage sur eux. Elle ne se moqua dons pas de l’amourette de jeunesse de son amie, mais elle ne put tout de même pas cacher un sourire au coin. Elle ne trouvait pas ça ridicule, du tout. Sincèrement ! Elle trouvait cela plutôt attendrissant et amusant, tant que ça restait qu’une amourette de jeunesse bien sûr. Puis quand on était jeune n’était-ce pas normal de tomber amoureux de la sorte et facilement ? Elle aussi y était passée avec des humains et c’était bien ennuyeux maintenant qu’elle s’en souvenait… Probablement parce qu’elle était différente, qu’elle ne pouvait pas être entière avec cette personne et sûrement aussi parce qu’elle n’était pas amoureuse. Pas de cet amour avec un grand A. Celui-ci, Lycia ne le connaissait pas encore.

Du coup, quand Mabel aborda son amour de 15 ans. Lycia tiqua. Elle regarda Mabel, un sourcil surélevé. Amoureuse ? Vraiment, vraiment ? De… John Wayne ? C’était qui ça déjà ? Lycia se tut, car si elle disait quoique se soit, au vu du visage de Mabel, elle su qu’elle aurait eu droit à un cours de rattrapage ou à toute la biographie du mec. Ou les deux pendant tout le voyage. Sans façon ! Lycia se contentera donc de son vague souvenir d’un acteur et de ce que lui racontait Mab même si ça ne lui disait rien du tout. Faut dire que la culture cinématographique de Lycia n’était pas très remplie et sa culture générale n’était pas si générale que ça. Elle n’était pas stupide pourtant, mais ce n’était juste pas son truc même s’il était difficile de le savoir alors qu’elle n’avait vu aucun film avec cet acteur.

Tait-toi Lyk sinon elle va te balancer toute sa filmo à ton retour.

« Oui oui, je n’en doute pas » Laissa-t-elle échapper entre deux phrases. Pas très convaincue ni très convainquant, mais on ferra avec. Puis Mabel finit par reprendre le fil de leur première conversation. Il y aurait un sale temps là-bas ? Pourquoi n’avait-elle pas demandé avant ? Elle n’avait emmené ni parapluie ni des bottes à la pêche aux moules. Crotte. A quoi s’était-elle attendue ? C’était Londres et dans une des pires périodes de l’histoire. Il n’allait pas faire beau temps non plus ! M’enfin, elle n’y allait pas pour tout cela. Se souvenant de son but, le sourire de Lycia s’allongea. Son impatience, la curiosité et son envie de découvertes l’emportaient. Puis si son père avait autant vécu dans cette boucle, ce n’était sûrement pas pour rien. Elle l’apprécierait également, d’autant plus si les mêmes personnes si trouvent.

« C’est sûr ! Une boucle sur une île paradisiaque ça aurait été l’idéale. » Et un petit jet d’humour avant de reprendre un peu plus sérieusement. « En faite, je n’ai ni la sensation ni le sentiment d’aller loin de chez moi. Papa m’a beaucoup parlé de cette boucle, du coup j’ai comme l’impression que je vais un peu dans la maison de vacances des grands-parents. Enfin, c’est bizarre, mais je suis impatiente d’enfin pouvoir voir tout ce qu’il a vu et pourquoi pas avoir un petit goût de ce qu’il a vécu là-bas. »

Lycia aurait bien ajouté qu’elle écrirait à Mabel comment tout se passerait, mais elle ne risquerait jamais de recevoir cette lettre. Elles devront malheureusement attendre son retour dans leur boucle. Ce ne serait pas long pour une éternité, juste une quinzaine de jours, ça devrait le faire ! Mine de rien en deux semaines il pouvait s’en passer des choses. M’enfin, elle n’y était pas encore. Tant qu’il en était encore temps, Lycia profiterait de ces moments passés avec Mabel.

« Alors qu’elles ont été les autres grands élus de ton cœur ? » taquina-t-elle en ouvrant grand la fenêtre. Elle aurait bien voulu avoir les cheveux dans le vent avec le temps ouvrant, mais elle se contenta d’un « L’Oreal, parce que je le vaux bien », une sorte d’imitation de Mabel séduisant un de ses élus, pour faire marrer Mabel. Il en faut peu pour être heureux.
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Mabel P. Herrera

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MessageSujet: Re: And so... The Adventure Begins ¤ Mabel & Lycia    Ven 24 Fév - 12:13


And so... The Adventure Begins

     Peu importait qu’elle n’aime pas ses histoires. Elle était de ces gens égoïstes aimant parler d’eux. Les mêmes qui eurent parfois du mal à écouter. Ceux qui eurent besoin de s’approprier les peines plutôt que de les consoler ; qui purent rire sans que personne ne les accompagne. Il n’existait plus triste race que celle-là, et elle ne fût qu’un genre humain reconnu dans sa majorité. Mabel laissa passer la réflexion de Lycia sans oublier toutefois de lui accorder un regard lourd de sens. Car Lycia fût bien trop sûre d’elle en croyant pouvoir la berner sans se donner la peine d’ajouter une once de conviction à ses mots. Elle la rendait si vieille parfois, dans ses mots, ses gestes. Mabel, à qui l’on reprochait de ne jamais avoir grandi, se retrouvait à l’orée de deux mondes qu’elle ne sut choisir. Celui de l’enfance, palpable dans la maturité qu’elle n’avait pas. Le monde adulte, qu’elle n’avait jamais eu la force de rejoindre. Trop de rigueur et de responsabilités. Trop d’indépendance et de courage à avoir. Un monde bien trop grand pour quelqu’un qui n’eut jamais grandi.
« Ne fait pas semblant. »
     Paradoxalement, l’idée la peinait. Les fantasmes étaient des secrets bien gardés, et les partager signifiait se mettre à nu. Avoir à se dévoiler sans jamais recevoir que cette incompréhension la mit mal à l’aise. Ces hommes qu’elle prenait comme modèles de perfection, n’appartenaient pas même à son monde. Ils étaient des personnages créés par les souvenirs de Juliet ; des acteurs qu’elle eut appréciés avant même que Mabel ne voit le jour. Sa nièce avait été modelée à son image, parce qu’elle eut toujours été de ces personnes que l’on admirait. Trop parfaite, trop aimante. Pas assez mère pour être détestée, déjà bien plus pour être aimée. Elle eut légué ses goûts en matière d’hommes, et plus largement sa culture du célibat. L’influence néfaste d’un monde exclusivement composé de femmes. Une image modernisée de Wonder Woman, sans la culotte courte et les anneaux aux bras.
     Lycia mentionna cette île qu’elles ne verraient jamais.
« Mais tellement ! »
     A sa remarque, tout ce qui fût jusque-là normal devint suspicieux. Vivre éternellement la guerre alors qu’ils purent changer d’époque, comme cela eut été fait pour la boucle de 1892. A croire qu’il était préférable de côtoyer la mort, les vices et la pluie plutôt que de prendre la peine de créer une autre unité de temps. Elle ne comprit le sens de ce choix, moins encore ceux aimant cette boucle. Lycia en parlait comme une ‘maison de vacances’, et Mabel se demandait si elle réalisait à quoi ressemblerait le havre après lequel elle courait. Se taire, voilà tout ce qu’elle faisait. Se forcer à ne rien lui dévoiler qui put l’effrayer, alors que l’envie lui prenait chaque fois que Lycia se complaisait dans l’insouciance. Si ses parents lui avaient autorisés, certainement eurent-ils leurs raisons. A moins qu’elle n’ait jamais fait que mentir, et qu’elle eut simplement fuit sans leur dire.
« C’est dommage que ton père ne soit pas venu avec toi. Il aurait pu te guider les premiers temps. »
     Elle seule aimait l’autorité parentale, sentir une main se poser sur son dos pour lui dire quand avancer. Elle croyait qu’ils furent tous ainsi, enfants.

« Qui ? »
     Elle crut mal entendre sa question, prise au dépourvue de cette imitation qui l’étrangla néanmoins d’un rire. Le vent fût un frisson nouveau sur son bras gauche, désagréable, agréable.
« Wah ! Et ils t’ont refusé au casting ? »
     Elle fit une pause, le temps de cesser de sourire béatement devant l’imitation de Lycia.
« Ce que je te racontais, ce n’était que des fantasmes. » Elle grimaça, s’excusant à l’avance de la déception qu’elle engendrait. « Pas de grands élus non. »
     Elle avait toujours aimé les hommes, mais ne s’était jamais habituée à eux. Eux, ne s’étaient jamais habitués à elle. L’adolescence était l’hymne des relations éphémères, et le reste de sa vie ne fût que les variations de ses humeurs ; tendant à la rendre bien trop difficile à cerner pour espérer se plaire à ses côtés. Que sa libido joue aux yoyos fût une chose, aussi désagréable puisse être ces temps d’abstinence. Devoir la surveiller en craignant chaque fois le pire, fût une charge à prendre bien trop difficile. Elle soupçonnait pourtant sa tante d’avoir voulu trouver celui qui la prendrait en charge à sa place.
« Tu me trouves marrante parce que tu as le choix de venir me voir ou non. Mais, t’engager avec moi serait différent. De toute façon j’aimerais apprendre à être indépendante plutôt que de constamment me reposer sur les autres. M’imposer... »
     L’idée aurait pu la peiner. Au lieu de ça elle souriait. A croire qu’elle répétait une leçon sans réellement s’engager à la suivre.
« Ce serait pas à moi de te poser la question ? Parce que, qui me dis que tu n’es pas en train de fuir pour retrouver ton prétendant ? »
     Regard choqué. Une accusation jetée en l’air comme une vérité qui put tout justifier.
« Peut-être que tu me chantes du pipeau depuis le début ; Que notre amitié ne vaut pas mieux qu’un bad boy tout droit sorti du Kansas. »
     Un sourire. Elles n'eurent besoin que de ça.




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