AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 Break my stride (FT.Lloyd)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 519
❧ Yeux de verre : 56
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Break my stride (FT.Lloyd)   Mer 4 Jan - 20:33

Et le monde finira aveugle

- LLOYD DREEMURR & MARIE BALMAIN -

Il fait si froid, le matin. Un brise glaciale vient transpercer ma peau jusqu’à enrober mes os. Je remontais mon manteau jusqu’en haut du coup et mis mes mains dans mes poches. Que me veut Lloyd à sept heure du matin?

Je marchais lentement, profitant du calme que procure l’aube. La journée, il est bien rare de croiser du monde par ici. Le matin, même un rat ne s’aventure pas à découvert. Mais le temps m’a bien fait comprendre que se promener dans les rues à cette heure-ci n’est pas dangereux. Affrontant le froid, je m’accroupis entre les gravats à côté d’un mur; sûrement la ruine d’une ancienne petite boutique de vêtements. J’enlevais mes gants noir et tentais alors d’allumer une cigarette, la façade me protégeant du vent froid. Comme il est agréable, de se lever tôt le matin, avant tout le monde. J’aime commencer la journée pendant que Londres dort encore; non pas que je déteste être en compagnie des autres, mais j’aime ces moments de calme et de solitude avant que le stress et l’éternel recommencement de la boucle du vingt-deux mars ne débute, encore.

Je sortais mon miroir de poche afin d’inspecter mon visage. Même avec les dizaines d’années qui ont passés, j’ai toujours pris soin d’être bien apprêtée. Certainement un vestige de l’éducation de ma mère. Je garde aujourd’hui ces souvenirs comme une période simple, mais frustrante. A cette époque, je n’avais pas le droit de choisir mon destin. Et j’avais si peur de vieillir, de me savoir privée de mes rêves les plus fous. Il m’était inutile de me fixer des objectifs de vie, car ma position de femme ne me permettait pas d’être autonome. Jusqu’au mariage, mes parents décidaient pour moi, et plus tard, cela aurait été le rôle du marie mon père et ma mère m’auraient choisis.

« Ne sois pas stupide, Marie, pourquoi te remémores-tu cette période? Est-ce utile de voir le verre à demi vide? »Pensais-je afin de chasser ces pensées négatives. Quelle imbécile je fais, de réfléchir à mon propre passé d’un regard si critique. Par contre, je l’avoue, que cela aurait pu être amusant, de voir Papa et Maman me surprendre en train de fumer! Pour eux, c’était signe que nous étions mal élevé et très espiègle. Le genre de femme que l’on ne marie pas. C’était pourtant si répandu, je n’ai jamais vraiment comprit leur aversion contre le tabagisme.

Je jetais mon mégot par terre, et le regardais s’envoler dans le vent. Puis, je me relevais prudemment. Mes jambes étaient anesthésiées par le froid, alors je rencontrais de la difficulté à tenir debout. Afin de faire circuler le sang, je frottais énergiquement mes jambes à l’aide de ma jupe midi. Puis j’avançais au milieu de la rue, il fallait bien que Lloyd me voit, si je ne l’apercevais pas avant.

« Oh bien sûr ma petite Marie, tu aurais pu avoir une particularité incroyablement pratique, comme contrôler ta température corporelle ou être insensible au froid. Non, ça aurait été trop bien pour toi. A la place, tu ne peux toucher personne. Comme ça, quand tu as froid, tu n’as que tes yeux pour pleurer! » Me grondais-je à voix haute.

Je souris ensuite, tout en enfilant mes gants en tissu doublé. C’est bien cocasse, de se faire rire soi-même.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Ambrose Ackerman

avatar
- La Flèche Hyperactive -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Célérité ;
❧ Occupations : chaque matin il sillonne les rues d'une ville en ruine, s'assurant de ne perdre aucun des leurs
❧ Missives : 261
❧ Yeux de verre : 20
❧ Crédits : wicked games (ava)


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Dim 15 Jan - 21:33

Plongeon dans l'inconnu
Il est ridicule, il se sent ridicule, au fond il le sait, il ne franchira pas ce pas aujourd'hui. Il est trop tôt, c'est ce qu'il se dit. Mais il sait, il sait bien qu'à tout moment il peut être trop tard, la vie, la mort frappe toujours lorsque l'ont baisse sa garde, même si on se sent immortel, même si notre chair est suspendue dans le temps. Il sait que demain peut être leur dernière journée, ou leur dernier soupir. Pourtant, cette pensée ne suffit pas comme moteur, la peur est toujours présente, celle du rejet, celle de la colère. Alors pourquoi lui avoir donner rendez vous ici ? Pourquoi aussi tôt ? Alors que l'aube s'éveille après une nuit de cauchemar. Les décombres de Londres sont étrangement paisible, un calme qui l'apaise, celui de la mort. Sans doute étais-ce cette atmosphère qu'il associait le plus à la romance, peut être étais-ce la seule harmonie qu'il connaissait. Les murmures de la grande faucheuse avait au moins cet étrange bienfait, elle apaisait les âmes en peine, comme une mère qui sécherait les larmes de son enfant, comme un couple qui se retrouve après une longue séparation.

Il soupire longuement, une cigarette entre les lèvres, la musique absente de ses oreilles. Le stress grandissant, même s'il connaît déjà l'issu de cette rencontre matinale, même s'il sait qu'il n'a pas l'audace de certains, même si cela ne fera qu'amplifier ce poids qui pèse sur ses épaules. A cet instant, une impression de déjà vu vient le bousculer, cette sensation d'être ridicule, ce souvenir de gosse. Ce n'est pas le premier rendez-vous qu'il a donné à une fille, ce n'est pas a première qui a fait battre son cœur. La seule différence aujourd'hui, c'est qu'il n'est plus ce gosse issu d'une bonne famille, il n'est plus ce gamin tout à fait commun. Il n'avait plus rien à offrir aujourd'hui, aucune perceptive d'avenir, aucun rêve, juste une journée qui se répète encore et encore, juste cette immortalité factice.

Un nouveau soupir, suivi d'un raclement de gorge bien trop asséché en ce bon matin. Il se relève, lu qui quelques instants auparavant était allonger sur un énorme débris d'une vieille bâtisse. Ce même débris qui aurait put l'écraser lors de sa première nuit dans cette boucle temporel, ce lieu meurtrier qui te pourri profondément l'âme. Son regard s'égare vers les rues encore silencieuses, là où seulement quelques murmures. Au loin se dessine cette délicate silhouette qu'il connaît que trop bien, ce doux visage qui lui est si familier. Un léger sourire se dessine alors sur ses lèvres avant de s'effacer aussi brièvement qu'il est apparu, la réalité. Celle-ci le rattrape trop facilement, ne cesse de lui rappeler ce pas qu'il est incapable de franchir, cette folie qu'il ne peut accomplir. Par réflexe, il saisit une nouvelle cigarette de son paquet, nerveusement, comme à chaque fois qu'il l'a voit, comme à chaque fois qu'il rêve. La flamme de son allumette lui effleure le bout des doigts, son regarde ne la lâche pas et ses pensées s'égarent à nouveau tandis que le cœur bat à la chamade.

Finalement, il prend son courage à deux mains, l'espace d'un instant, ce qui lui était largement suffisant pour s'approcher d'elle. Du moins, « apparaître » à quelques mètres d'elle, comme un illusionniste qui soignerait son entrée en scène. Sauf qu'en ce qui peut le concerne, la suite était bien plus pitoyable que le plus petit et ridicule spectacle de magie d'un quelconque forain.

« Eum... Merci d'être venue. Euh, j'avoue, il ne fait pas chaud. Tu veux ma veste ? » Plus un réflexe qu'un acte de galanterie parfaitement calculé, il lui offre sa veste. « Finalement... Je t'ai peut être demander de venir pour rien. J'aurais voulu... Euh, non, j'espérais que quelque chose de différent se passe ce matin » Il détourne la conversation, comme à son habitude, il préfère vagabonder sur un autre sujet, souffrir, en silence, comme à son habitude. « Mais c'est stupide, comme si quelque chose de surprenant pouvait arriver, après tant d'années. Toujours cette même journée... Enfin bref, c'est stupide, je sais. »


Remember who I am
Call us heartless, hollo vessels of what we use to be. Don't you forget about me, now commit this to you memories
Revenir en haut Aller en bas
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 519
❧ Yeux de verre : 56
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Lun 16 Jan - 17:22

Brise le cercle des notions consciencieuses

- LLOYD DREEMURR & MARIE BALMAIN -

Et enfin, comme venant de nul part, Lloyd surgit à mes côtés. Toujours avec cet air agité, préoccupé, qui lui va si bien. J’étais contente de le voir, peut-être que le froid y était pour quelque chose, mais qu’importe. Alors je lui souris et commençais la conversation d’une phrase polie.

« Bonjour, Lloyd. »

Le vent se calma soudain, cessant de geler mes pommettes. Au travers des nuages, je sentais que le soleil commençait à s’affirmer dans le ciel, meme si je savais que nous n’en profiterions pas. Chaque jour, nous voyons à nouveau cet atmosphère déprimée, dénudée de bonheur. Les Ymbrynes auraient puent choisir plus agréable, comme boucle dans laquelle nous faire vivre pendant … Des décennies et des décennies.

Mais ce temps que rappelait aussi le ciel de Paris. Ces nuages gris et opaques, qui venaient parfois caresser la tour Eiffel. Cette ci jolie tour, que je pouvais voir des fenêtres du salon de mes parents. Là où j’ai si agréablement grandis. Je me souviens que chaque jour, quand j’étais encore petite, mon père me racontait cette histoire rocambolesque de la construction, et quelle fierté elle représente. Il était si instruit, mon père, il s’intéressait à tout. Alors, en un sens, les nuages me rappellent ceux de ma belle époque.

Lloyd me proposa sa veste et je l’acceptais poliment. On m’a toujours apprit à ne rien refuser d’un homme, ce n’est pas dans les convenances.

« Oui, je veux bien, merci. »

J’enfilais son manteau par dessus le mien. Je dois l’admettre, il est bien plus chaud que ma petite veste ridicule.

« Il fait très froid ce matin, enfin, comme tout les autres. » Continuais-je, comme pour me justifier.

Puis il enchaîna sur une tirade sans aucun sens, les mots branlants, incertains. Et pendant qu’il m’expliquait avoir pensé que quelque chose aurait changé aujourd’hui, qu’il se sentait stupide, je me m’y à rire. Peut-être voulais-je ironiser la situation, afin de le mettre moins mal à l’aise. Je n’en sais rien, ce fut un réflexe.

« Oh non, ce n’est pas stupide. Il faut garder un peu d’espoir si on ne veut pas devenir dingue rapidement. »

Je me raclais la gorge, et en même temps je cherchais quoi dire. C’est si compliqué de parler avec Lloyd, il divague, met un terme en plein milieu de ses phrases, il change de sujet d’une seconde à l’autre, …

« Je suis certaine que le jour où quelque chose changera vraiment, tu seras le premier à le savoir. » Je lui souris et continuais. « Marchons un peu, tu veux bien? »

Et sans attendre une réponse de sa part, je tournais les talons et avançais lentement. Je voulais profiter de cette matinée, qui me changeait de l’ordinaire.

« Alors, comment vas-tu? »

Lançais stupidement. C’était bien la question la plus bateau et ridicule que je connaissais, le moyen le plus endormi pour commencer une conversation.

« Ça me fait du bien de sortir un peu. C’est agréable, tu ne trouves pas? Au fond, même si le 22 mars 1941 sera le même encore un jour de plus, et bien grâce à toi je me sens vraiment de bonne humeur pour la commencer, cette journée. »

Exprimais-je dans un sourire. Puis je plongeais ma main dans ma poche, pour en sortir une cigarette et un briquet. Il faut réellement que j’arrête de fumer, au bout de 69 ans, ce serait bien d’essayer… Ça pimenterait mes journées, de me relever des défis sans utilité. Mais mes gants épais m’empêchaient de bien manipuler le feu, et je ne parvins pas à faire jaillir ne serait-ce qu’une étincelle.

« Quelle poisse… » Marmonnais-je, soulée. « Tu peux m’aider, s’il te plait? »

Je lui tendais la fameuse cigarette et le briquet. Je n’enlève jamais mes gants en présence de quelqu’un d’autre, car de cette façon le limite les risques de contact. Je n’ai pas envie de tuer quelqu’un de plus, la première fois m’avait déjà tant boulversé. Nous marchions encore, et j’appréciais que seul nos pas et nos voix viennent briser le silence.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Ambrose Ackerman

avatar
- La Flèche Hyperactive -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Célérité ;
❧ Occupations : chaque matin il sillonne les rues d'une ville en ruine, s'assurant de ne perdre aucun des leurs
❧ Missives : 261
❧ Yeux de verre : 20
❧ Crédits : wicked games (ava)


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Mar 31 Jan - 23:24

Plongeon dans l'inconnu
Il sourit, c'est ridicule, cette situation est absurde. Pourtant, cette délicate frontière, cette ambiguïté délicate qui l'effleure l'emporte, l'allège du poids qu'il porte sur ses épaules. Mais cette sensation, n'étais-ce pas juste son imagination ? Souvent trop fertile, tout comme sa concentration, particulièrement fugace, surtout en la présence de cette petite rouquine. Surtout lorsqu'il rêve de l'effleurer, lorsque le fantasme prend le dessus sur a réalité. Comme il se sent idiot lorsque cette chose qu'on appelle désir l'envahit, c'est instant où il se souvient qu'il est humain au fond de lui, malgré les nombreux noms que les Syndrigastis ont portés au fil du temps, ils étaient humain, ils avaient un cœur, le même que n'importe qui, des sentiments, des sensations. Ils n'étaient pas sans âme, ils n'étaient pas comme le passé aimait l'entendre, ils étaient plus humain que monstrueux, même si cette frontière était souvent bien trop flou, trop trouble. Et tandis qu'ils marchaient ensemble, il était face à cet étrange conflit, celui qui opposait le corps et l'esprit, le désir et la peur, cette terrible guerre dont personne ne revient intact, celle de l'amour. Après tout, on a de cesse de s'avancer sur un territoire inconnu dans cette guerre, sans jamais avoir la certitude de pouvoir lui voler son cœur, et parfois même, malgré les échecs, on s'acharne jusqu'à en crever. On se brise, on en sort toujours briser de cette guerre et parfois, on l'a perd même avant de l'avoir commencer.

Une plainte muette, un désir refoulé, une main légèrement tremblante. Un froid qui lui transperce la chair et une question, sans doute la plus idiote qui soit, mais celle qui débute toute conversation, celle qu'on sort sans cesse, celle à laquelle on répond par réflexe. « Je vais bien, j'espère que toi aussi. » Un léger rictus absurde parcours ses lèvres avant de se volatiliser, il ouvre à nouveau la bouche. « Je ne pense pas que je verrais quoique ce soit, je ne prends plus le temps d'observer. Je ne prends plus le temps pour quoique ce soit. » Il aurait envie d'ajouter qu'il va trop vite, qu'il veut toujours aller plus vite, pour percer, brûler ce temps suspendu. Certains soirs, la tristesse avait cette étrange tendance à l'envahir, la mélancolie des journées qui s'enchaînent, de l'éphémère.

A nouveau il sourit, cette fois avec sincérité. Ses paroles lui réchauffe le cœur, lui qui a tendance à l'oublier, lui qui ne montre plus aucune bravoure. Ces mots semblent nourrir quelque chose qui s'était éteint depuis longtemps. Oserait-il ? A cet instant, il n'a jamais été aussi proche de lui avouer, de faire un pas dans l'inconnu, de se lancer dans cette terrible guerre. Mais la demande de la rousse le bloque dans son élan. Toujours souriant, il saisi la cigarette entre ses doigts, ainsi que le briquet. D'un habile mouvement de doigt, il fait brièvement tourner le fin bâtonnet entre ses doigts tout en se mettant à la même hauteur que Marie, il lui enfourne l'objet entre les lèvres avant de l'allumer. C'était comme un jeu, un bref jeu qui le fit ricaner. Tout s'était passé vite, très vite, trop vite pour des yeux humains. « Avec plaisir, ravissante demoiselle. » Il conserva le briquet entre ses doigts pour s'allumer sa propre cigarette.

Il prit alors une profonde inspiration, rassembla tout son courage avant de déclarer. « Marie, je dois t'avouer quelque chose... Heum, je t'apprécie beaucoup... Enfin, je veux dire plus que... » évidemment, les mots restent bloqué, plus rien ne sort, comme s'il était trop tôt. La colère, la frustration déferlèrent dans ses veines, intérieurement, il bouillonnait contre lui-même, sans pourtant rien montrer, juste ce sourire qu'il avait quelques instants auparavant se figea, comme si une lame venait de le transpercer, comme si la mort le frappa, Lloyd se brisa intérieurement. Il était définitivement incapable de lui avouer, même s'il avait insinuer ses sentiments, ils n'étaient pas claire, il n'était pas encore assez fort. Au fond, il s'en voulait, la colère était maîtresse de son cœur et la honte celle de son âme.


Remember who I am
Call us heartless, hollo vessels of what we use to be. Don't you forget about me, now commit this to you memories
Revenir en haut Aller en bas
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 519
❧ Yeux de verre : 56
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Mer 1 Fév - 22:51

Égoïstes pensées

- LLOYD DREEMURR & MARIE BALMAIN -

« A quand remonte la dernière fois que tu as pris le temps d’apprécier la longueur d’une heure, de voir passer les minutes, d’écouter le son de l’aiguille des secondes? »  Demandais-je, lassée. Je ne comprend pas son désir si ardent de la vitesse, alors qu’il peut l’utiliser quand bon lui semble. Il a cette constance ingrate de tout vouloir vaincre le temps. Mais il est inutile d’agir ainsi, quel but peut-on y obtenir alors que nous sommes enfermé dans cette boucle, qui n’avance plus? « Tu as oublié le plaisir que procure la sensation de marcher nonchalamment, tu brûles les étapes. » M’indignais-je. « Lloyd, cela ne changera rien, nous sommes bloqués, alors si tu ne prend pas le temps d’apprécier ce qu’il y a autour de nous… » Je ne pris pas la peine de terminer ma phrase, c’était de salive gâchée. « De toute façon, mes paroles sont comme du vent, je sais que tu n’écoutes que tes pulsions. Et c’est tant mieux, au fond. » Soupirais-je. Je fis un geste de la main, comme pour chasser cette conversation de notre esprit. J’inspirais afin de faire un nettoyage dans mon cerveau. Inutile de penser à toute ces conversations sans fond. Nous n’avons pas les mêmes convictions, et il faut bien les respecter.

« J’aimerais que nous passions du temps ensemble, en vivant à une vitesse commune. » Lançais-je, sans attendre de réponse. Peut-être avais-je envie de le faire réagir, même si ça n’avait sans doute aucun sens. Et puis, pourquoi je me sens tant concernée, pourquoi cela me touche tant? J’haussais les sourcils, et me trouvais stupide de réfléchir tant. Je ne voulais pas penser à ça. Je ne dois pas prendre ses désirs personnellement, il est libre de faire ce que bon lui semble, n’est-ce pas?

Alors, mon ami me fourra la cigarette dans le bec et l’alluma d’un geste. Bon, ça à l’air pratique sans ces foutus gants. Mais encore, il ne prit pas gare à notre contact. « Fais attention tout de même, on ne sait jamais, tu sais… » L’avertissais-je. Je n’aime pas parler de ma particularité, elle me gâche tellement la vie, m’empêche de connaître bien des expériences… « Enfin, merci beaucoup. » Finissais-je.

Je lui souriais. Il alluma aussi une cigarette. Quelle paire de ridicules fumeurs nous faisons. J’avais commencé il y a tant d’année, car Marcus m’y avait initié. Marcus. Enoncer son nom me procure toujours cette sensation d’être en sécurité. J’aurais aimé ne jamais être séparée de lui, et je ne comprend pas pourquoi il m’a abandonné dans cette boucles. Nous étions heureux, l’un et l’autre. Ensemble. De toute façon cela fait longtemps, je suis passée à autre chose depuis. Mais je garde un gout amer de cette séparation. Comment avait-il pu partir sans me rendre des comptes, sans jamais tenter de reprendre contact avec moi?

Lloyd me parla ensuite. J’entendis au loin le début de sa phrase, car j’étais un peu trop plongée dans mes réflexions. Je rattrapais rapidement le fil de ses mots, toujours mal structuré, comme à chaque qu’il veut me dire quelque chose qui lui semble important. Mais cette fois, ses mots firent bondir mon coeur, comme une montée d’adrénaline, qui brûlait le sang dans mes veines, au point d’avoir la sensation qu’elles allaient exploser. Je devais avoir bien rougis, mais étant donné le froid extérieur, cela ne se verrait pas. Enfin, c’est ce que j’espère.

Il a pour habitude d’être assez maladroit, quand il s’adresse à moi. Enfin, pourquoi à MOI? Sûrement les autres aussi. Je n’en sais rien. Et comme d’habitude, j’interprète mal. Bien sûr qu’il m’apprécie, amicalement. Je ne comprend même pas comment des idées aussi absurdes qu’un sentiment autre puisse faire partit de lui, et encore moins à mon égard. Enfin, je ne risque pas d’être son type. Une femme bien trop marginale, venant d’une époque bien différente de la sienne, bourrée de convenances auxquels elle se s’est jamais détachée, et plongée dans les mots inscrits sur de ridicules bouts de papiers. Une femme avec qui tout contact est interdit. Moi, la peureuse. Oh et puis, pourquoi ces pensées si alertes? Je me fais de mauvaises idées, rien de plus. « Il faut apprendre à se calmer, petite Marie, sinon on va pas s’en sortir. »  M’ordonnais-je.

« Moi aussi, je t’apprécie beaucoup, Lloyd. » Répondis-je dans un sourire faux et gênée. J’avais tourné la tête vers lui, afin de lui prouver que j’étais à son entière écoute. « Plus que… quoi? » Continuais-je. Je n’avais pas fais exprès de poser cette question, elle était sortie toute seule… Comme à peu près tout ce que je dis en fin de compte. Enfin, je crois que j’ai besoin de mots concrets, directs, afin de définitivement abolir ces idées que je me fais. D’ailleurs, est-ce qu’au fond cela me plairait? Je ne sais pas, j’ai peur de me répondre. « Tais toi Marie, tu ne peux pas te concentrer sur Lloyd au lieu de toujours tout ramener à ta petite personne? » Me grondais-je.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Ambrose Ackerman

avatar
- La Flèche Hyperactive -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Célérité ;
❧ Occupations : chaque matin il sillonne les rues d'une ville en ruine, s'assurant de ne perdre aucun des leurs
❧ Missives : 261
❧ Yeux de verre : 20
❧ Crédits : wicked games (ava)


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Jeu 2 Fév - 19:34

Plongeon dans l'inconnu
« Ce n'est pas facile... » à dire... Un premier pas sur le champ de bataille, un seul suffit, désormais, impossible de faire machine arrière. Il devait simplement avancer, mais comment ? Il ne savait pas, il n'avait pas les mots, il se retrouvait bloqué là comme un imbécile, incapable de bouger, enraciner par cette peur qui lui remue les tripes, tétanisé comme un enfant qui fait face à ses plus sombre cauchemars. Lui qui pensait avoir affronter la plus obscur menace de l'humanité, lui qui ne pensait pas qu'il y avait pire que les russes, lui, l'inculte, le petit soldat, le marin d'eau douce, l'homme fragile. Lui qui est incapable d'ôter une vie, lui qui se ment en se disant soldat. Il ne connaissait pas la cruauté de l'amour, il ne percevait pas l'étendu de ce champ de bataille, il ignorait qu'il serait si dur d'avancer sur ce terrain miner. Alors il reste immobile, tandis qu'entre ses lèvres, les flammes se consument peu à peu, laissant derrière elle qu'une fragile bâtonnet de cendre. Il reste muet, immobile et ce silence commence à peser sur l'atmosphère, ce calme glacial devient insupportable. Un moment de terrible douleur où le désespoir semble envahir la rue. Au loin, on perçoit les pleurs d'un enfant désemparés et la tristesse d'une mère déchiré. Plus près, quelques murmures s'élèvent, incompréhensible, brouillon.

Son regard se détourne d'elle, l'espace d'un instant, tout en lâchant sa cigarette. Deux questions se pose dans son esprit. Que dire ? Que faire ? Aucune réponse ne lui vient à l'esprit, aucune solution miracle, aucune esquive. La fuite n'était plus une option, cela briserait sans doute le lien. Alors il prend une profonde inspiration, il hésite quelques instants, il cherche ses mots, il se racle la gorge, dans l'espoir de s'accorder quelques secondes supplémentaire. Finalement, il tente d'articuler quelques mots. « Je... Je t'apprécie... Plus que normalement... Heum, je ne sais pas comment tourner cette phrase mais... Écoute, je n'ai pas l'habitude de cette situation, mais. Tu m'es précieuse... Plus précieuse qu'une... Amie... » Ce dernier mot est à peine audible, comme s'il aurait voulu tout effacer, d'un claquement de doigt, tout oublier, taire à jamais ce secret.

Pourtant, il vient de franchir le pas, terrible pas. Le premier pas sur un sentier brumeux. Mais il décide de prendre les devants, il passe devant la belle rousse avant d'ajouter ces quelques mots. « Excuse moi... » Oh oui, il était vraiment désolé. Au fond de lui, il craignait l'avoir blessé, il avait peur d'avoir brisé le lien, d'avoir rompu la confiance, qu'elle le fuit. Chose qu'il ne supporterait pas... Il préférait encore subir mille morts que de ne plus la voir, ne plus voir son sourire, ne plus répondre à ce sourire, jour après jour. « Je n'aurais pas dut... Si tu veux bien, il vaut peut être mieux marcher... Du moins, si tu veux rester... Avec moi. » Les yeux rivé vers le sol, il n'osait plus la regarder en face, même si au fond de lui, il souhaitait qu'elle accepte, qu'elle ne parte pas en courant, qu'elle accepte cet amour et qu'elle lui rende. Mais cela faisait parti de ces incertitudes qui vous hante et vous ronge de l'intérieur.

Comme un brasier qui consume tout ce qui se dresse sur son chemin, les doutes détruisaient tout, au plus profond de son être, le surveillant se brisait petit à petit. Bien trop faible, bien trop fragile pour faire face. Il n'était qu'un pantin de porcelaine entre les mains cruelles de l'amour, se demandant si celui-ci danserait avec le drame ce soir, ou peut être offrirait il quelques instants de bonheur à cette pauvre marionnette, une chance d'accomplir ses rêves, une chance d'aimer et d'être aimer en retour.


Remember who I am
Call us heartless, hollo vessels of what we use to be. Don't you forget about me, now commit this to you memories
Revenir en haut Aller en bas
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 519
❧ Yeux de verre : 56
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Jeu 2 Fév - 23:26

Feu ardent

- LLOYD DREEMURR & MARIE BALMAIN -

Et moi, qu’est-ce que je ressens, envers Lloyd? Que représente t-il à mes yeux? Je ne sais pas, je ne sais pas… Et je restais là, plantée, ne sachant ni quoi dire ni quoi faire. Je voulais fuir, crier, rire, sauter de joie? Non, je voulais pleurer, et je ne sais même pas pourquoi. Seul lui tentait de lutter contre ce silence de plomb qui tentait de s’installer. Il s’excusa, mais peut-être que ce n’était pas ce que je voulais. Je ne le regardais pas, voulant fuir à tout prix son regard. Je brûlais de l’intérieur, le mot amour résonnant dans chaque partie de mon corps, tranchant comme des lames de rasoir. Je me noyais dans mes émotions, je me noyais car je ne savais pas les identifier. Je sentais chaque battement de mon coeur retentir dans mes veines. Ma tête était embrumée, comme prise de vertiges. Il fallait que je dise quelque chose, et pourtant les mots restaient bloqués dans mon thorax. Impossible de sortir le moindre son de ma bouche. Répond Marie, répond…

Je ne pu me contenter que de le regarder, de plonger mon regard dans le sien. Ces yeux, ce visage, ces expressions, je ne saurais déterminer quel sentiment cela éveille en moi. Et il me proposa ensuite de marcher. Je ne voulais pas, j’étais incapable de marcher, figée dans cette position, la clope consumée entre les doigts. Enfin, si je ne l’avais pas fais tomber entre temps. Je n’en sais rien. Je mis un pas devant l’autre, malgré moi. Oui, je voulais rester avec lui, mais je ne voulais pas lui parler. Je voulais comprendre, réfléchir. Pourquoi, après toutes ces années, m’annoncer tout ça, comme une claque à la figure. « Aller tiens Marie, prend ça, fais-en ce que tu veux. » Oh, oui, cela me met en colère. Quel imbécile, pourquoi maintenant ! Je regardais le sol, afin de faire le tri dans mes pensées. Un peu de nettoyage, tout prendre un à un, analyser, et ranger ensuite.

J’avais gardé le mégot, et le jetais puis repris aussitôt une cigarette. Je sortis quelques allumettes de ma poche, et tentais d’en allumer une. Elle se brisa, et la balançais sans m’en préoccuper réellement. J’aime son caractère, j’aime ce qu’il est, j’aime lui parler. Mais j’ai peur de son imprudence, de son besoin constant de vitesse. C’est dire, je l’ai rarement vu rester en place pendant une si longue période.

Je suis touchée par ce masque qu’il porte devant tout le monde, chaque jour. Ce masque qu’il n’enlèvera sûrement jamais. J’ai compris qu’il il est, cet homme blessé, meurtri, touché. Une sensibilité enfouit et réprimée, que j’ai si longtemps tentée d’atteindre. Sans y prêter grande attention, je tentais d’allumer une deuxième allumette. Elle se brisa aussi, à cause de mes gants qui rendaient mes gestes si maladroits.

Je marchais, lentement. J’avais du mal à coordonner mes pensées avec mon corps physique. J’étais ailleurs, plongée dans un univers rien qu’à moi. Je n’étais plus présente consciemment. Si Lloyd me parlait, je ne l’entendrais même pas. J’ai déjà été amoureuse, je sais ce que c’est, ce désir ardent, ce feu ardent qui nous consume, qui nous fait mal autant qu’il nous soulage. Je n’ai jamais ressenti cela pour Lloyd. Ou peut-être l’ai-je réprimé. Mais pourquoi l’aurais-je fais? J’ai si rapidement cicatrisé de la blessure que Marcus avait ouverte à son départ. D’ailleurs, il est vrai que j’ai vraiment rapidement oublié. Et si…

J’eu un haut le coeur. Et si Lloyd avait pansé mes blessures pendant tout ce temps. Si c’était lui, qui m’avait guérit. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas. Non c’est trop dur, pas maintenant. Revenant à moi doucement, faisant à nouveau face à toutes mes émotions. De nouveau, cette adrénaline qui me donnait la sensation désagréable que mon sang courait à la vitesse de l’éclair dans tout mon corps. Cette sensation dont je voulais me débarrasser à tout prix, qui m’empêchait de parler, de respirer correctement. Je tentais une énième fois d’allumer une de ces foutus allumettes, tout en regardant autour de moi, afin de reprendre mes marques dans l’espace et dans le temps. Je ne sais même pas si nous avons beaucoup marché, mais vu la vitesse à laquelle avance mes pieds, nous avons du parcourir l’incroyable distance de cent mètres. Je me sentais mal, mes lèvres me brûlaient, mes mains tremblaient. L’allumette se brisa, encore une fois. Grommelant, soulée, j’enlevais mes gants, les rangeais maladroitement dans ma poche, et pu enfin allumer cette cigarette. Et là, je la vis, ma peau. Le contact interdit, impossible. Mes mains nues qui ne pouvaient toucher aucun autre être que moi-même. J’avais tant souffert des ces inaccessibles contacts, toujours empêchés. Nous avions tenté bien des moyens afin d’être le plus proche possible, mais la frustration restait là, celle de ne jamais nous connaître réellement.

Je me raclais la gorge et tentais d’avaler ma salive, mais j’avais la bouche sèche, et un goût amer venait s’installer sur ma langue. J’avais la nausée, ce remuement provoqué par le stress. Oh, comme je me comprend mieux maintenant. Et peut-être qu’au fond, je m’invente des sentiments à la hâte, pour ne pas le décevoir. L’esprit lourd, j’enfilais mes gants et lançais un regard furtif à l’encontre de Lloyd. « Arrête de te mentir, Marie. Tu sais la vérité ».

« Je… » Et je ne pu en dire plus. Ma voix était cassée, comme enrouée. Je me raclais à nouveau la gorge, essayant de dégager mes cordes vocales. S’il te plait, Marie, ne pleure pas, tu serais si ridicule. « Tu sais que c’est impossible. » Essayais-je d’expliquer, mettant en évidence mes mains, soigneusement emballés dans ce tissu épais, ayant pour devoir de me couper de tout contact extérieur. Quelle malédiction. Mon coeur brulait, mes jambes avaient du mal à me tenir, et je m’arrêtais, car ma tête commençait à tourner. Je voulais tant en dire, mais je savais que je n’avais pas le droit. C’est un tel supplice de vivre sans pouvoir aller plus loin. J’ai peur du risque, j’ai bien trop peur de ce que je représente. Je suis un poison, et plus on s’attache à moi, plus je tue. Je pensais trop, tellement d’informations faisaient le tour de ma tête. J’étais perdue, ne sachant plus qui avait raison, entre mon coeur, mon cerveau, et tout le reste. Je voulais me taper la tête contre un mur, pour stopper tout ça. Toute cette précipitation à sonné l’alarme à l’intérieur de moi, à réveillé mes sens. Cela faisait si longtemps que mes sentiments étaient inertes, morts. Ils venaient de faire leur retour, d’emblée, sans me laisser réfléchir.

« J’aurais apprécié. » Lançais-je sans m’en rendre compte. Je ne sais plus ce que je dois m’autoriser ou non à dire, et à ressentir. Je me sens tomber dans un puit sans fond, sans repère.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Ambrose Ackerman

avatar
- La Flèche Hyperactive -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Célérité ;
❧ Occupations : chaque matin il sillonne les rues d'une ville en ruine, s'assurant de ne perdre aucun des leurs
❧ Missives : 261
❧ Yeux de verre : 20
❧ Crédits : wicked games (ava)


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Mar 14 Fév - 20:48

La loi de l'impossible
Tout se brise. Il ne fallu pas plus que quelques mots. Non, un seul suffit pour que tout ses espoirs s’anéantisse, ce seul mot qui définit la fin de toute chose, cette terrible sentence qui mettrait à genoux les plus grands héros de l'histoire. Ce mot qui fit chuter bien des empires. Impossible, résonnant comme le chant des oiseaux au petit matin, sonnant l'aube du dernier jour de l'humanité. L'impossibilité, fléau de l'innocence, destructeur des tout vos rêves et espoir, il marche, fier de ce qu'il est, fort de cette lugubre splendeur. Monstre sans pitié, cauchemar déchaînés, incarnation même de l'enfer, il porte à merveille tout ces rôles. L'adversaire, c'est à lui qu'il faisait face et au fond, toujours il l'avait su, il avait perdu d'avance, cette guerre n'était que folie. La même qui animait le cœur allemand en cette sinistre période. Et c'était encore plus fou d'avoir fait le premier pas, de s'être lancer dans cette campagne impossible. Après tout, il n'était pas aussi fort, aussi robuste qu'aurait put être un héro de tragédie grec, il n'était pas issu des proses de Shakespeare et encore moins une de ces âmes rayonnant d'un millier d'éclat. Il n'était qu'un monstre parmi tant d'autre, une anomalie à la vivacité d'Hermès, une erreur de la nature. Prisonnier de l'éternité, usé par le temps, au point de rupture, il ne fut jamais aussi fragile. Alors, rien de plus normal que de s'effondrer, non ?

Pourtant, il reste là, il reste immobile, muet. Incapable de dire ou d'exprimer quoique ce soit. Tout ralentit autour de lui, son crâne envahit d'un millier de pensée absurde et d'un millier d'autre réflexion sans aucun sens qu'il balaye une à une. Son sang bouillonne comme jamais, une drôle de sensation l'envahit. Plus doux que de la colère mais aussi plus lacérant que la tristesse. Comme un étrange désespoir mêlé a cette soudaine illumination. Il n'est rien... Il n'est qu'un monstre. Une erreur. Une anomalie. En lui semble s'éveiller cette nature qu'il a toujours rejeté, ce murmure qu'il se contentait d'ignorer, un grondement grandissant. Un vérité s'installe dès lors dans son esprit en morceau. Celle-ci est lucide, la plus lucide de ses pensées depuis un long moment déjà. L'impossible est une fatalité. Alors à quoi bon se battre ? A quoi bon continuer à défier la mort ici. La douceur de ce doux printemps à fini par l'ennuyer. Ces habitants, ces erreurs, habitant cette boucle ont fini par le lasser. La douleur laisse peu à peu place au vide. Ce vide qui s'installe lorsque notre cœur est brisé, ce vide qui est notre bouclier face à la cruauté de cette malédiction qu'est l'humanité. Le vide semble être la réponse adéquate.

« Ça ne sert à rien de dire ça pour... ''m'épargner''. » Froid, creuse, vide, c'est ainsi que sonne sa voix à cet instant tandis qu'il tourne les talons. Vitesse éclair, il saisi une cigarette dans son paquet, à quoi bon cacher sa particularité aux quelques regards curieux, ils oublieront dès tout bien assez tôt, comme chaque jour. Car ici, c'est sans cesse la même journée, la même nuit de cauchemar qui ne cesse de se répéter, le même calvaire jour après jour, cette même douleur qui ne cessera jamais. Il l'allume dans un long soupir, s'éloignant d'elle de quelque pas. Pourquoi restez ici ? Pourquoi devrait il revivre encore et toujours cette même journée ? Il aurait bien envie d'abandonner ce décor de désolation pour une fois. Vivre ailleurs. Oui, cela semble une bonne idée. « Je pense que je vais partir. J'en ai assez de revivre cette journée encore et encore. J'ai envie de... Non, j'ai besoin de changer d'air. » Plus un caprice d'un quelconque besoin, plus la nécessité qu'un réel caprice, comme un instinct de survie. Après tout, il était doué pour fuir. Cette particularité, cette vitesse... A croire que la lâcheté, c'est dans ses gênes jusqu'à la moindre petite anomalie de son être. A croire qu'il était fait pour courir, pour essayer d'échapper au temps, à la souffrance ou à une balle. Un des trois seraient la plus douce des fins, bien plus alléchant que cette éternité, mais tout aussi effrayante que cette douleur qui le lacère à l'instant.

Avait-il autre chose à ajouter ? Ses rêves ont volé en éclat, tout comme son cœur. Les mots lui échappe, son visage est vide, dénué de tout sens. Il est las, à la fois épuiser et pourtant avec cette envie de courir, courir jusqu'à ne plus sentir ses jambes, courir jusqu'à oublier, jusqu'à tout oublier, jusqu'à ce que la faucheuse le stop en pleine course. Pourtant, cette ridicule peur de la mort persiste, le coinçant ici même avec des boulets aux pieds. Tout semble perdre son sens, il ne sait plus pour qu'il existe, après tout, seraient-ils encore de ce monde ? Ceux qui t'ont vu grandir, ceux qui t'ont offert un dernier baiser en te disant adieu, en étant bien conscient que plus jamais vous serez réuni. Ces idiots qui t'ont laissé courir, des imbéciles qui ne t'ont pas préparé à la cruauté de l'amour, des parents aimant qui n'auraient pas pu prévoir que leur fils finirait par ce perdre au cœur d'une cité à l'agonie, la même qu'ils ont parcouru main dans la main bien des décennies auparavant.


Remember who I am
Call us heartless, hollo vessels of what we use to be. Don't you forget about me, now commit this to you memories
Revenir en haut Aller en bas
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 519
❧ Yeux de verre : 56
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Mar 14 Fév - 23:06

Et tu transcenderas mon corps et mon esprit

- LLOYD DREEMURR & MARIE BALMAIN -

Je restais silencieuse. Je ne savais pas quoi lui répondre. Je savais que je l’avais déçus, mais peut-être était-ce pour le mieux. Il tourna ensuite les talons et cela me fit réagir soudainement. Il voulait s’en aller? Il me détestait d’avoir répondu ainsi? Je pensais qu’il comprendrait, que ce serait clair comme l’eau de roche. Et je culpabilisais. J’avais sûrement tord, car au fond j’avais déjà réussis à passer outre une fois avec Marcus. Une deuxième fois était tout autant possible. Mon coeur battait la chamade. Je ne voulais pas qu’il me laisse. Il alluma une autre cigarette, habitude que nous avions eu tout les deux. J’avais pris cette habitude avec Marcus, qui m’y avait initié dans la boucle de 1922, là où ce vice était en plein essor.

Il m’annonça alors son désir de partir. Et là, je me sentis mal. Comme si mon coeur venait de se déchirer, comme si j’allais imploser. Là était ma plus grande peur, il était dans cette boucle la personne dont je m’étais le plus attachée. S’il partait, je me retrouverais seule, sans aucune ancre pour me maintenir dans la réalité. Ma tête se brouilla encore plus, comme une feuille blanche gribouillée par les mains d’un enfant. « Tu n’es qu’une imbécile, voilà ce que tu as gagné », me dis-je, presque moqueuse de moi-même. Mais je ne voulais pas rire, je ne voulais pas le laisser s’en aller. Peut-être que Lloyd avait lancé ses brèves paroles à la légère, peut-être le pensait-il l’espace de quelques minutes et allait-il y renoncer. Lloyd. Même ce prénom faisait trembler mes membres. C’était si difficile d’accepter tout cela, ces sentiments refoulés. Il fit quelques pas et je me mis en alerte, je ressentais l’effet d’une alarme dans ma tête.

« Attend, s’il te plait » Lançais-je, perdue. Je ne savais plus quoi penser, ni comment agir. Il est si compliqué à comprendre. Bien plus compliqué que moi ou que le peu de personne que j’ai été amené à rencontrer. Et ce matin je découvrais une autre partie de lui-même, une partie qui me faisait fondre de plaisir et de chagrin. Il me touchait, pile là où je n'avais plus voulus être atteinte. Il me touchait au coeur, et c’était douloureux. Je pensais qu’il avait un coeur de cristal, indomptable, et impossible à transpercer. Cette sensation m’aurait donné envie de sauter dans tous les sens, dans d’autres circonstances.

« J’aimerais te dire ce que tu veux entendre, mais je ne sais même pas quoi te dire! » Le son de ma voix était accompagnée des quelques bruits stressants provoqués par les bombes, non bien loin de là. A force, je ne les entendais plus, j’avais l’habitude. « Tu arrives là, ce matin, et tu m’annonces ça sans réfléchir à ce que moi je pense. » Mes mots montaient d’un octave au fur et à mesure que ma phrase coulait. J’avais sûrement besoin aussi d’exprimer ce que je ressentais, la situation dans laquelle je me trouvais. Bien sûr, cela n’était sûrement pas le mieux à faire. « T’imagines-tu une seule seconde ce que je peux ressentir? » Et je me suppliais de me taire, d’en finir maintenant. « Car moi tu sais, j’ai peur, car je suis dangereuse. Un effleurement et tu peux en mourir, t’en rends-tu compte? » Une larme coula le long de ma joue. Elle était si froide qu’elle en était plus désagréable encore. Je me sentais si triste de dire tout cela à voix haute. Il y a un grand pas entre ce que l’on se confie à soi-même, et se que l’on confie aux autres. Un soupir, froid et envieux. J’aurais aimé être plus facile à vivre. Mais ce n’était pas le cas, condamnée depuis des années à rester à l’écart. Je n’étais pas habituée à l’intérêt des autres, presque invisible. Je me ressaisis.

« Je te trouve égoïste. » Soupirais-je à nouveau. Je ne voulais pas aller plus loin. Alors je le rejoignis, car au fond, il n’était qu'à quelques ridicules pas de moi. Mes jambes avaient tant de mal à me tenir, mais je leur ordonnais de réagir tout de même. Elles faisaient ce qu’elles pouvaient. Mon coeur battait si fort, je l’entendais résonner dans mes tympans. En réalité, je m’en délectais, je voulais le savourer. Cela me faisait du bien de m’ouvrir, de casser la coquille que je m’étais formée pour protéger les autres. Pourquoi était-ce si compliqué avec lui? Nos âmes meurtries ne nous aidaient pas, c’était certain. Lui et moi avions souffert. Lloyd ne le montre pas, moi je me fiche de l’image que je peux renvoyer. Je me contente d’avoir de bonnes manières, c’est ce que font les dames.

« Je … » Ravalant ces mots qui ne devaient pas sortir tout de suite. Il était bien trop tôt. Je ne devais pas me laisser submerger par la situation. En seulement quelques minutes j’avais changé d’avis sur mes idées. Je voulais le retenir, lui donner envie de rester avec moi. Je voulais dire les bons mots, mais je ne voulais pas lui faire peur. Ou peut-être était-ce moi que je voulais préserver. J’ai peur de mes sentiments, de ce qu’ils provoquent. Et si je lui faisais du mal, je ne pourrais me le pardonner. Je tentais d’attraper sa main, même si ma peau était bien enfouie dans le cuir et la couche de polaire intérieure. C’était ce qui me faisait envie. « Nous nous connaissons depuis des années, une vie entière pour certains » J’eus des frissons à cette réflexion. Comment avais-je pu nier tout ça si longtemps? Comment avais-je même pu rester là, comme une imbécile, à me faire peur à moi-même sans jamais apprendre à gérer ma particularité. Cela aurait-il duré longtemps, si je n’avais pas eu ce boum au coeur. J’étais prête à avancer, je ne voulais pas le voir s’en aller.

« Nous pouvons peut-être… Gérer tout ça? » Fis-je en montrant de ma main mon corps. J’avais cette envie, difficile à retenir, de me rapprocher encore plus de lui. Il était presque impossible de retenir cette pulsion, qui faisait des ravages et provoquait de la frustration dans l’ensemble de mes organes, perçant ma chair jusqu’aux extrémités. « Reste, s’il te plait » Le suppliais-je presque. Je tremblais mais je savais ce que je disais. Oui, je le ressentais réellement, même si c’était mauvais. Je bravais l’impossible, ce mot qui avait tant d’impact néfaste, je le savais. Il était de mon devoir de changer cet impossible en possible. Faisant face à moi-même, essayant de franchir la barrière intacte, jamais brisée. Ce dévouement, cet attachement, malgré tout l’amour que j’avais donné à Marcus, ne s’était jamais tant installé dans mon âme auparavant. Il régnait une alchimie que l’on ne pouvait pas réfuter, n’importe quel fou l’aurait lui-même remarqué. C’était différent avec Lloyd, plus intense, plus douloureux. Et cette douleur était à la fois douce. Comme du papier de verre sur du coton. J'étais transcendée.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Ambrose Ackerman

avatar
- La Flèche Hyperactive -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Célérité ;
❧ Occupations : chaque matin il sillonne les rues d'une ville en ruine, s'assurant de ne perdre aucun des leurs
❧ Missives : 261
❧ Yeux de verre : 20
❧ Crédits : wicked games (ava)


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Ven 24 Fév - 16:13

La loi de l'impossible
Ses paroles résonnaient dans son crâne, délicate agonie qui n'a de cesse de se prolonger jusqu'à s'étendre au delà de l'éternité. Discours brouillon pour un esprit embrumé par la défaite. Où voulait elle en venir ? Quelque chose semblait lui échapper. Pourtant, il était certain d'avoir bien entendu sa réponse quelques instants plus tôt. Toujours cette même réponse, toujours ce même échec. Il l'avait toujours sut au fin fond de lui, il n'en a jamais douter, il n'a jamais eu la moindre chance. Trop de choses les séparent, il préféra largement émettre cette conclusion au lieu d'admettre qu'une simple particularité soit la source de ce fameux blocage. Il refusa de succomber à la colère, car au fond, il savait qu'avec de la détermination, avec un véritable objectif, elle pourrait contrôler cette « malédiction ». Elle n'était pas seule porteuse d'une particularité aussi handicapante. Elle n'était pas seule, mais elle s'était elle-même enfermé dans cette solitude. Cette pensée est bien trop dur à ses yeux, il refuse de la voir ainsi, encore une fois, il rejette ce feu qui brûle en lui, cette colère qui le dévore de l'intérieur. Il laisse place au vide et au silence. Deux douces compagnes, à côtés de ce flot incessant grouillant en lui. Mais chacun de ses mots sont un coup de poignard qui brise peu à peu cette coquille, chaque question est une nouvelle lame en plein cœur.

Il n'a jamais cesser de craindre ce jour, il a longuement réfléchit à cet instant et il a comprit. Dans tout les cas, c'était une route directe vers l'enfer pour lui. Sans doute étais-ce de la cruauté que de l'emmener dans son enfer personnel, peut être aurait il mieux fait d'éviter cela ? Cette déclaration était un peu comme les bombes qui s'abattent chaque nuit sur Londres. Un moment de folie, poussé par un désir bien plus grand que la raison, alimenter par cet égoïsme terriblement humain. Oui, il était égoïste, mais l'amour ne rend t'il pas égoïste ? N'accentue t'il pas les pires facette d'une être vivant ? Ne nous transforme t'il en monstre ? Derrière chaque ange se cache un démon. Nul n'échappe à la folie du désir, nous sommes tous les proies de Cupidon et de son terrible arc. Finalement, juste quelques mots de plus. « J'ai besoin de temps. Et je ne veux pas t'imposer ma présence. Surtout après ça. Je partirais quelques temps. » Préférant ignorer sa dernière plainte, préférant cacher cette larme qui roule sur son visage, il ne se retourne pas, il avance, sans accorder le moindre regard, lui épargnant de voir ce masque qui se brise. Ni par fierté, ni par orgueil, mais par amour. Il se refuse de céder maintenant, de montrer la moindre faiblesse. Après tout, il fut soldat, dans cet optique, il se doit d'être fort, il se doit de toujours avancé. Pour ceux qui sont tombés avant lui, pour ceux qui tomberont après lui, pour que cette guerre soit la dernière, pour que leurs cœur n'aient plus à souffrir.

« Mais je reviendrais. Après tout, j'ai une promesse à tenir. Tu te souviens, dans tes premiers jours parmi nous ? Je t'ai promis que je veillerais sur toi. Donc, en attendant que je revienne... Pas de bêtise. » A cet instant, le silence s'installe, le champ des oiseaux s'allonge peu à peu. Son sang bouillonne, tout son être vibre, l'espace d'un instant, une brève sensation de liberté le traverse, comme à chaque fois que le temps se distorde tandis que son organisme accélère. Ces instants où rien ne peut l'arrêter, ce dernier instant de faiblesse, le dernier moment où on peut l'attraper avant qu'il disparaisse comme le vent. Cette montée d'adrénaline qui n'a de cesse de le projeter dans son univers, bien plus lointain que n'importe quel pays, bien plus vivant que n'importe quel forêt, la vitesse. Un dernier regard, un brève coup d’œil à la vitesse de l'éclair, ce dernier regard qui le brise, cette curiosité malsaine qui pourrait le clouer sur place. Cette étrange sensation d'incompréhension, comme s'il venait de louper quelque chose, cette sensation qui ne le lâche pas, presque agaçante. Cette agonie qui s'éternise.


Remember who I am
Call us heartless, hollo vessels of what we use to be. Don't you forget about me, now commit this to you memories
Revenir en haut Aller en bas
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 519
❧ Yeux de verre : 56
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   Sam 25 Fév - 17:44

A travers le temps

- LLOYD DREEMURR & MARIE BALMAIN -

« Tu devrais…. » Je me tue, ravalant les mots non réfléchis. Je fis un pas en arrière, mouvement de recul plein de honte. Ce sentiment qui provoque bien des erreurs au quotidien, qui nous pousse à agir si bêtement. La honte est la tristesse de l’ego, de la fierté, de l’amour propre. J’étais emplie de cette émotion, je voulais fuir, partir si loin et vivre en ermitage jusqu’à ce que la mort me rattrape. J’étais en colère contre moi-même, me prenant dans la figure les mauvais choix qui m’avaient amené à vivre ce douloureux instant. La séparation. Ce fléaux que chacun a vécu un jour ou l’autre, et qui infligera éternellement ce coup de poignard au coeur, qui fait disparaitre ces émotions heureuses, nous obligeant à nous morfondre dans la tristesse, la solitude, la peur, les larmes. J’étais à fleur de peau, ne sachant si je voulais m’écraser la tête contre un mur pour faire disparaitre à jamais la confusion, ce trou noir qui s’emparait de moi; ou si je voulais laisser écouler les larmes coincées dans ma poitrine, me mettre à genoux et implorer Lloyd de rester à mes côtés.

Je devais le comprendre, je devais faire face et rester de marbre. Faire le vide, oublier, empêcher mon âme de l’accueillir aujourd’hui, de marquer son nom au fer rouge dans mon esprit. « Bien sûr. » Ma voix manquait visiblement d’entrain, je cherchais et ne trouvais rien à ajouter de glorieux. « Je comprends. » Je lui tendais son manteau, il ferait peut-être froid là où il allait. Cette idée me donnait l’effet d’un couteau sous la gorge, menaçant de frapper et me rendant esclave de son jugement. J’allais me retrouver seule, fatalité d’autant plus difficile à accepter en dépit de la situation. « Comme tu le souhaites. » J’avais si honte et j’évitais son regard. Je ne voulais pas qu’il me prenne pour une femme faible, même si je l’ai toujours été.

Il me rappelait sa promesse. Cette jolie promesse qu’aujourd’hui il ne s’engagerait pas à ne pas tenir. Lloyd me laissait là, peut-être pour longtemps. Le temps n’a aucune valeur dans une boucle, nous ne comptons pas les secondes, les minutes, les heures. Les jours passent à l’allure d’une respiration, à tel point que certains en oublie leur âge. Mais je me souvenais maintenant de ces inlassables attentes, de ce désir de voir l’horloge ralentir ou accélérer sont provoquant tic toc. Je voyais à nouveau les aiguilles comme d’innocentes ennemies, dont la course ne pouvait être changée à mon bon vouloir. « Oui, je me souviens. » Un soupire, lassé, éperdu. La violence de ce bouleversement, de ces derniers instants avant un long voyage dont on ne connait pas la fin. Le voyage au delà du corps. Le voyage qui nous met à l’épreuve, celui qui nous regarde et nous évalue, inspecte la pureté de notre âme, notre dévotion à l’autre.

Un second pas en arrière. Je coiffais mes cheveux d’un coup de main, replaçais mon manteau. Une longue inspiration, m’essayant à oublier la négativité qui s’était emparée de moi. Toute cette hâte, cette peur m’avait mis dans une situation si déchirante, m’entrainant dans un sentier que je n’avais pas emprunté depuis tant d’années, celui de la peine. L’amour prenait le rôle du tortionnaire, incombant à me faire vivre assez de disgrâce afin de me rappeler que je ne mérite sûrement pas son étreinte. L’amour a raison, personne ne peut se complaire à une vie avec le boulet que représente ma petite personne. J’expirais, essayant de cesser de confondre mes pensées, dissipant le bourdonnement qui me donnait si mal à la tête.

Un sourire, entièrement faux. Je tentais de terminer cette complainte sur une note douce, rassurante. Peut-être était-ce le meilleur moyen pour le faire revenir plus tôt. Je m’obligeais à faire face à son regard, faisant de mon mieux pour dégager le plus de sincérité possible. « Reviens moi. » Mes mots s’étaient étranglés dans ma gorge, ne souhaitant que le traiter d’imbécile. Un dernier silence, contemplation délicieuse qui marquait la fin d’un tumultueux chapitre. Ranimant mon corps, je fis un tour sur moi-même et me lançais dans une marche lente et amer. Je n’avais pas assez profité de sa présence, des belles ondes qu’il me transmettait. Je regrettais déjà ce dernier regard si bref, oblique à la caresse d’un instant inerte. J’avais peur d’oublier. Je pensais à la frustration que je ressentirais sûrement à mesure que les jours passeraient.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Break my stride (FT.Lloyd)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Break my stride (FT.Lloyd)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Connaissez-vous Prison Break ?
» .-. I break , I borrow , I live , I lose .-.
» Break It Down [Swann Neige]
» how to break a heart (avery)
» Come, Break Me Down

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Les Archives-