AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 « Hurricane » ❧ Ft. Llew

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Ven 6 Jan - 17:34

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

Longue bouffée, aspirant sur la pipe tandis que je fulmine, replongeant ensuite dans les journaux, tous identiques à un seul et unique détail près. Nom qui me ferait grincer des dents. J'ignore comment Clarence s'y est pris, comment il a fait pour tomber sur ces informations, comment elles sont parvenues jusqu'à ses yeux ou même comment il s'est débrouillé pour s'approprier un morceau du journal local où la seule rubrique changeante ne peut appartenir qu'à un Syndrigasti. La plaisanterie est douteuse, voir un brin cruelle et je devais savoir, curiosité insatiable, tel un appétit sans fin, me poussant à renverser ce stratagème une fois que j'aurai compris. Il ne s'y prenait pas seul, c'était certain, menant mon enquête et l'ayant suivit la veille pour décortiquer sa journée, passant de visage en visage au point de m'en donner le tournis. Un complice, il ne pouvait en être autrement. Un individu rémunéré qui devait passer son temps à me faire tourner en bourrique. Comment osait-il se servir de ce nom ? L'homme aux quatre yeux ne paierait rien pour attendre, réfléchissant déjà à comment retourner toute la pile de dossiers qu'abritaient ses appartements sans qu'il ne me prenne en flagrant délit, prêt à trouver sa plus grande faiblesse.

J'avais dégoté l'adresse de l'auteur, de l'être qui travaillait dans l'ombre, n'attendant plus que sa présence pour le mettre à table et le faire parler. Je n'avais pas réellement pris la peine de réfléchir à un quelconque plan, si ce n'est que de l'attendre sagement derrière ma chaise de bureau. Les avantages d'avoir un studio de cinéma miniature en guise d'appartements, décors aussi malléable que possible, n'ayant que pour limite le matériel à disposition dans notre quartier des portes et mon imagination. Un rideau avait été tiré dans mon dos, histoire de dissimuler au mieux le côté débarras de la pièce, éclairage millimétré telle une pièce de théâtre, tout comme les divers journaux reposés soigneusement par ordre de parution.

Le seul élément perturbateur, alien et étranger avait été ce gosse, justement chargé de m'apporter le journal du jour, effleurant mes doigts dans sa lancée ce qui avait inévitablement mené à une déformation de ma propre peau, recopiant ses cellules à la perfection. Au final ce n'était pas plus mal, dissimulant probablement ma véritable identité, quand bien même cet individu pour le moins étrange n'avait pas enquêté sur ma particularité. Fort heureusement, le jeune garçon était mature et vif d'esprit, de quoi ne pas sombrer dans un comportement pour le moins enfantin et peu sérieux, le genre de gosse aux cheveux plaqués, des lunettes aussi grosse que sa tête sur le nez et toujours plongé dans un livre. D'ailleurs le mélange devait donner un tableau étrange, mise en scène devenue presque ridicule alors que le bureau était légèrement trop haut, sans parler des vêtements beaucoup trop grands, n'ayant pas pris la peine de me changer pour des raisons pratique. Passer d'une apparence plus chétive à une plus imposante était toujours compliqué en terme d'habits.

Il n'y avait plus qu'à attendre, bruits de pas s'approchant, me redressant autant que je le peux, la pipe encore entre les doigts alors que j'indique à l'individu d'entrer. Je ne savais pas grand chose de lui, si ce n'est qu'il était arrivé dans la boucle sous peu. Il n'y avait plus qu'à déterminer pourquoi et comment, voir combien ce cher Clarence le payait pour continuer cette farce, bien que l'argent n'était pas le genre de chose dont nous avions besoin dans un jour qui se répétait sans fin. « Bonjour, vous vous demandez certainement pourquoi je vous ai convoqué ici. » Brève pause, aspirant une nouvelle bouffée, ne prêtant aucunement attention à ma voix devenue enfantine. Je ne devais pas ciller, paraître aussi crédible que possible malgré la forme. « C'est au sujet du journal. Vous êtes bien l'auteur de cette rubrique qui change tous les jours à ce que j'ai compris. Venons-en au fait, travaillez-vous pour un certain Bannerman dans le but de me rendre chèvre ? Comment vous paie-t-il ? »



Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Lun 9 Jan - 16:47

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

Il avait longtemps hésiter avant de venir. Ce n'était pas souvent qu'il recevait de courrier de la part des lecteurs. Pour le commun des mortels, c'était la première fois qu'ils lisaient sa rubrique. Il n'y avait que les syndrigastis pour comprendre le changement et savoir que c'était l'un d'eux qui tenait la rubrique. Il n'y avait donc qu'eux à pouvoir lui écrire. Et par conséquent c'était obligatoirement l'un d'entre eux qui lui avait envoyé cette invitation.

Invitation... quel bel euphémisme. Cela ressemblait davantage à un ordre, une convocation. Le ton était dur, l'ordre simple et clair. Il devait se rendre le jour même à tel adresse. Pas d'autre information, pas de nom, pas d'explication sur les raisons de cette convocation. Il avait déchiré le morceau de papier et l'avait jeté dans sa corbeille se remettant au travail. Il ne savait pas qui lui faisait cette blague mais ça ne l'amusait pas. Il n'était pas un chien que l'on pouvait convoquer comme ça pour un rien, sans donner ni raison ni explication.

Mais il l'avait sentie s'agiter en lui. Elle était curieuse. Elle voulait savoir. Ce n'était pas anodin qu'ils reçoivent un tel courrier. Il y avait une raison et elle voulait la découvrir. Il avait lutté pour la faire taire, pour éviter qu'elle ne prenne le dessus alors qu'il était au travail. Il n'osait pas imaginer les conséquences si jamais elle se manifestait ici. Il perdrait sa place. Il perdrait sa chance de pouvoir écrire, de vivre leur rêve à tous les deux.

Alors il était parti s'enfermer dans les toilettes, s'aspergeant le visage pour tenter de retrouver son calme. Ca avait marché, mais il avait cédé. Il allait se rendre à ce maudit rendez vous.

Et le voilà maintenant, dans le froid, se tenant la porte de cet appartement, hésitant à entrer. Qui savait ce qu'il allait trouver derrière cette porte. Une fan hystérique se jetant sur lui? Si elle était mignonne ça ne lui déplaisait pas vraiment comme idée. Mais ça pouvait aussi être un malade qui s'était mis en tête de le dépecer pour quelque obscur raison. Là d'un coup, ça serait beaucoup moins drôle.

Il soupira finalement et frappa à la porte, attendant qu'on lui dise d'entrer pour le faire. Et là il se figea, se retenant avec grande difficulté de rire. Non mais sérieusement, c'était ça qui l'avait convoqué? En face de lui se trouvait un gamin avec une paire de lunettes monstrueusement disproportionné lui donnant l'air d'une mouche. Et s'il n'y avait que ça de disproportionné... il nageait littéralement dans ses vêtements et comble du ridicule, on le voyait à peine derrière son immense bureau. Pour achever le tableau, et le ridicule de la situation, le gamin fumait tranquillement une pipe. Il était entrain de rêver ou d'halluciner. Quelqu'un avait du le droguer à son insu. Ou alors l'auteur de la lettre lui faisait une blague. Il ne savait pas à quoi il jouait mais utiliser son gamin comme ça pour le piéger c'était stupide.

« Bonjour, vous vous demandez certainement pourquoi je vous ai convoqué ici. »

Et voilà que le gosse se mettait à jouer les caïds. Comme si c'était ce petit gamin mal fagoté qui avait pu le convoquer. Mais peut être l'avait-il fait? Peut être était-il seul et perdu? En le "convoquant" il avait peut être trouver un moyen de tromper sa solitude ou de trouver un adulte à qui il pourrait demander de l'aide.

« C'est au sujet du journal. Vous êtes bien l'auteur de cette rubrique qui change tous les jours à ce que j'ai compris. Venons-en au fait, travaillez-vous pour un certain Bannerman dans le but de me rendre chèvre ? Comment vous paie-t-il ? »

Il le regarda, davantage surpris encore. Mais qu'est ce que c'était que cette histoire de dingue? Qui était ce Bannerman dont il lui parlait mais surtout qui était ce gamin étrange qui s'imaginait que sa rubrique était destiné à le tourner en bourrique. Il l'écrivait pour lui, pour son propre plaisir. Il avait d'ailleurs rendu un hommage à son frère disparu en la nommant. Elle portait le pseudo qu'ils utilisaient pour leurs courriers anonymes quand ils étaient jeunes. Un hommage que seul lui pourrait comprendre mais qu'il ne verrait jamais.

Il s'approcha doucement de l'enfant, essayant de ne pas l'effrayer. Il avait déjà suffisamment perturbé comme ça.

- Ecoute petit... je ne sais pas qui est ce Bannerman. Personne ne me paye pour écrire mes articles, à part le journal. Et je te promets que je ne fais rien pour te rendre chèvre.

Il avait déjà l'air assez taré comme ça sans qu'il veuille en rajouter une couche.

- Mais je peux t'aider si tu veux. Tu as perdu tes parents? Tu veux que je t'aide à les retrouver? C'est pour ça que tu m'as écris? Pour que je t'aide?

Il la sentait qui voulait sortir, attendrie par le sort de ce dégénéré de gamin. Il avala difficilement sa salive, essayant de la tenir à l'écart. Maudite femme! Ils n'avaient pas besoin de le faire paniquer davantage en changeant d'apparence tout d'un coup devant lui. Ce serait certainement la goutte d'eau qui le ferait craquer à ce pauvre gosse.
Revenir en haut Aller en bas
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Mer 11 Jan - 18:50

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

Peut-être que j'aurai du faire preuve d'un peu plus de subtilité, mettre l'individu à l'aise avant d'aborder les faits et lancer les choses en l'air. Comme s'il allait se vendre directement, surtout à ce qui ressemblait à un gosse d'à peine dix ans. Certes, il y avait le phénomène de boucle, ce côté jeunesse éternelle et contraignante pour certains. Après tout il n'était pas agréable d'avoir passé le siècle et de conserver une apparence aussi jeune, voir beaucoup trop vieille dans d'autres cas. Oh je n'ose pas imaginer garder un tel corps indéfiniment, une telle peau juvénile éternellement, me jugeant chanceux sur cet aspect, bien qu'on ne pouvait pas réellement considérer que mon corps avait sa structure propre et mère, beaucoup trop versatile, incapable de se stabiliser lors d'un moindre contact avec un élément organique. La question de l'âge et de l'apparence était subjective.

Long soupir, la réponse fut forcément autre que celle attendue. Il lui en faudrait probablement plus pour parler. La condescendance de l'individu ne fit que me contrarier un peu plus. Se fichait-il de moi ? Etait-il sérieux ? Dur à dire, mais je tâchais de rester de marbre, ne cillant pas le moins du monde sous ses mots. Chercher mes parents. Comme si j'étais du genre à vouloir démonter tout un stratagème pour chercher de l'aide, j'étais prêt à défendre ma fierté, mes capacités à épier, écouter, enregistrer, endosser le rôle du voyeur avec ses pellicules dans les mains. Peut-être aurais-je du tenter d'effleurer une jeune femme aux arguments nettement plus... convainquant pour me débarrasser de ce mioche. J'avais quelques ficelles en terme de jeux d'acteurs après tout, capable de me servir de mes talents à mon avantage lorsque le besoin se présentait. L'homme serait peut-être tombé dans le panneau d'un sourire aguicheur et d'un décolleté plongeant, bien que l'idée même de jouer sur ce plan me répugnait profondément.

« Ne faites pas attention à ce corps, je suis bien plus âgé que j'en ai l'air actuellement. Je n'ai pas vraiment eu le temps de me vêtir correctement. Mais je suppose que ça ne devrait plus tarder. » Autant jouer carte sur table, tenter d'y aller avec un brin de franchise, bien que la chose pouvait paraître ambiguë dans le cas où l'individu disait bel et bien la vérité et n'avait rien d'un conspirationniste travaillant dans l'ombre. Je lui fait signe de prendre place, de se mettre à l'aise. Profonde inspiration alors que mes pieds touchent à nouveau le sol, retenant mon pantalon comme je le peux alors que je rapporte une bouteille de whisky et deux verres. Probablement un exploit avec une telle taille, surtout dans mes chaussures qui me donnaient l'impression d'avoir enfiler deux péniches. Probablement ridicule jusqu'au bout et je n'espère pas pour longtemps encore. Les accidents ne mettaient jamais bien longtemps, ma volonté impactant tout de même sur la durée de ma particularité bancale. Je reprend place sur mon siège, tout aussi sérieusement, mise en scène toujours aussi chronométrée.

« Vous êtes nouveau dans cette boucle, je me trompe ? Je ne me souviens pas avoir vu votre visage et pourtant c'est bien le genre de chose que je retiens. » Le ton est toujours aussi assuré alors que l'alcool se déverse, faisant glisser l'un des deux verres en direction de mon hôte dont je ne savais toujours pas grand chose. Je fais mine de trinquer, avalant une longue gorgée qui me brûle la bouche, jeune corps ne supportant visiblement pas ça. Agaçant.

« Donc vous travaillez pour votre propre compte. Intéressant. Juste, pourquoi ce nom ? "Gaby" ? Un Acronyme je présume. A moins que l'histoire soit beaucoup plus passionnante, j'ai hâte de l'entendre. » Haussement de sourcil, bien curieux de savoir ce qu'il allait sortir et comment il allait justifier la chose. Mes doigts se croisent sur le bois du bureau encore trop haut, ne le lâchant pas du regard. « Ah et j'oubliais, je crois que nous n'avons pas été présenté. Galahad. » Au moins s'il était bel et bien employé par Clarence ou quoi que ce soit d'autre pour me rendre chèvre, il savait désormais à qui exactement il avait à faire, faisant envoler tout doute qui pouvait persister. « Ne m'en voulez pas si je ne vous serre pas la main, les contacts cutanés sont catastrophiques avec ma particularité et j'ignore où j'ai pu mettre mes gants. » Je n'avais clairement pas envie d'avoir à faire au regard habituel et ébahit, yeux scrutant leur double parfait dans les moindre détails tout en perdant le fil de la conversation initiale. Au fil du temps, c'était devenu d'un ennui mortel.



Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Ven 13 Jan - 18:40

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -


« Ne faites pas attention à ce corps, je suis bien plus âgé que j'en ai l'air actuellement. Je n'ai pas vraiment eu le temps de me vêtir correctement. Mais je suppose que ça ne devrait plus tarder. »


Il resta un instant à le regarder surpris, et surtout sceptique, avant de finalement comprendre. C'était un change forme. Ce qu'il voyait, ce n'était pas sa vraie apparence. Ce n'était pas un gamin dans un accoutrement bizarre et au comportement plus qu'étrange qu'il avait en face de lui mais un adulte ayant changer d'apparence pour prendre celle d'un enfant. Pourquoi il avait pris l'apparence d'un enfant ça il ne le comprenait pas. Il pouvait comprendre qu'il ait eu envie de se cacher. S'il voulait l'interroger, pour il ne savait quelle raison, il pouvait avoir envie de se cacher, et quoi de mieux que de prendre l'apparence de quelqu'un d'autre pour l'interroger en gardant son anonymat. Mais pourquoi un gamin dans ce cas il n'arrivait toujours pas à comprendre.

Il s'installa sur une chaise quand il lui fit signe. Il restait, alors qu'il avait envie de fuir. Mais la curiosité était plus forte. Il voulait savoir ce qu'il lui voulait, pourquoi il pensait que sa rubrique était destiné selon lui à le rendre fou.

Il cacha son sourire derrière sa main quand l'inconnu enfant se leva pour aller leur chercher des verres. Son pantalon pendait lamentablement et les efforts qu'il faisait pour le relever et réussir à marcher.

« Vous êtes nouveau dans cette boucle, je me trompe ? Je ne me souviens pas avoir vu votre visage et pourtant c'est bien le genre de chose que je retiens. »

Ca, ce n'était pas difficile à deviner. Sa rubrique était apparu il y avait peu de temps. De là à comprendre que celui qui la tenait était arrivait il y a peu de temps, il n'y avait qu'un pas, facile à franchir.

Il prit le verre qu'il lui tendait, esquissant un petit sourire et trinquant avec lui.

- On ne peut rien vous cacher...

Mais ça ne répondait toujours pas à la grande question qu'il se posait, à savoir qu'est ce qu'il foutait ici?

« Donc vous travaillez pour votre propre compte. Intéressant. Juste, pourquoi ce nom ? "Gaby" ? Un Acronyme je présume. A moins que l'histoire soit beaucoup plus passionnante, j'ai hâte de l'entendre. »

Il continua de siroter son verre, ignorant son haussement de sourcil. Il pouvait toujours courir pour qu'il lui raconte son histoire. Ca ne le regardait pas. Ca leur appartenait, à lui et à Galahad. Il était hors de question qu'il aille raconter ça à n'importe qui. C'était sa façon de rendre hommage à son frère. Il n'avait jamais pu le revoir. Il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé après qu'ils l'aient emmené dans cet horrible endroit. Alors non il ne lui raconterait pas tout ça. Il ne lui raconterait pas les moments qu'ils avaient passé ensemble cachés dans un coin à espionner une conversation pour après s'amuser à envoyer leurs petites lettres, les lettres de Gaby. Ca ne le regardait pas.

« Ah et j'oubliais, je crois que nous n'avons pas été présenté. Galahad. »

Il se figea, son verre à mi chemin de ses lèvres. Il savait... Il avait beau jouer au jeu de celui qui voulait connaitre son histoire, il savait. Il n'y avait pas d'autre option. Le prénom qu'il lui avait donné en était la preuve. De tous les faux prénoms possibles qu'il aurait pu lui donner il fallait qu'il lui donne celui là. Il l'avait fait exprès. Il ne savait pas comment mais il avait découvert que Galahad était son frère. C'était impossible pourtant. Il avait fait attention. Elle n'était jamais venue au journal. Personne à son travail ne savait qu'elle existait. Personne n'aurait pu faire le rapprochement entre lui, elle et son frère. Et pourtant il savait...

« Ne m'en voulez pas si je ne vous serre pas la main, les contacts cutanés sont catastrophiques avec ma particularité et j'ignore où j'ai pu mettre mes gants. »

Il ne l'écoutait pas. Il était encore sous le choc. Il avait reposé en tremblant son verre et il s'était levé. Il se moquait de lui. Ce mec qui prenait l'apparence d'un gamin, qui n'assumait pas de lui montrer son vrai visage, qui jouait de lui avec ce faux nom précisément... il avait une furieuse envie de le frapper. Mais cette apparence le bloquait. Alors il se recula, sentant malgré tout la colère commencer à l'envahir.

- A quoi vous jouez? Vous m'envoyez une lettre anonyme pour me convoquer ici. Vous mettez en place cette pseudo mise en scène ridicule en prenant l'apparence d'un gamin. Vous lancez de fausses accusations selon lesquelles je voudrais vous rendre fou alors que je n'ai aucune idée de qui vous êtes. Et enfin, de tous les faux noms possibles, vous sortez précisément celui là!! Je crois plutôt que c'est vous qui essayez de me rendre fou. Mais c'est hors de question que je tombe dans votre piège. Je me casse!! Je vous laisse à vos petites mises en scène sordides.

Il se retourna, partant rapidement vers la porte. Il était hors de question qu'il reste une minute de plus avec ce psychopathe.
Revenir en haut Aller en bas
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Mar 17 Jan - 12:50

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

L'interlocuteur se fige dans sa lancée, imaginant qu'il venait de comprendre dans quoi il venait de mettre les pieds, persuadé que cette petite comédie allait soudainement prendre fin, me mordant l'intérieur de la joue pour tenter de retenir un sourire satisfait et de prise en flagrant délit. Alors comme ça je le tiens, je l'ai coincé, sentant le malaise monter de plus en plus chez cet homme qui avait le culot de salir ce nom tout droit sortit d'outre-tombe, bien trop lointain pour être utilisé par pur et simple hasard. Je jubilais, prêt à augmenter son malaise.

Pourtant la réaction fut loin du teint livide et de la parfaite décomposition, fronçant les sourcils dans l'incompréhension totale alors que l'auteur de ce canular se lève. Entamerait-il un replis stratégique ? Je ne comprend plus rien à son charabia, situation se retournant dans tous les sans sans en comprendre la moindre bride. A se demander qui de nous deux était le dindon de la farce au vu de ses dires. Et s'il ne s'agissait que d'un hasard ? Peut-être qu'il était jeune, sortant à peine du monde linéaire, que le temps a tellement filé que quelqu'un avait créé son propre Gaby. En ce cas pourquoi tant de simagrées lors des présentations, quelque chose m'échappait, probablement juste sous mon nez. « Attendez ! » Je veux savoir, ne pas le laisser filer, comprendre, décortiquer pour apaiser la curiosité et les dernières brides de paranoïa qui persistent malgré tout.

Je me lève à mon tour, pas rapides et maladroits dans ce corps, perdant mes chaussures au passage, qu'importe, elles me ralentissaient. Mes doigts se saisissent de son poignet, pure et simple réflexe que je regrette aussi tôt sous le contact cutané. Un juron s'échappe, comme si c'était le moment, alors que les cellules s'adaptent, imitent à la perfection, reproduisent, soudainement plus à l'aise dans mes vêtements devenus moins amples. Pourtant quelque chose ne va pas, je peux le sentir d'emblée, regard se baissant sur mes doigts qui maintenaient toujours l'individu. Je reste dans l'incompréhension totale, tâchant d'analyser cette copie parfaitement ratée, mes yeux alternant entre ce qui était désormais mes corps temporaire et l'individu censé être l'original. C'était bien la première fois que la chose était bancale à ce point. Non pas que je n'avais pas l'habitude des imitations féminines, mais lorsque c'était un homme qui était visé, c'était tout de même particulièrement déroutant. Dans le doute, les doigts courent le long de mon visage, sait-on jamais que la tête soit reproduite fidèlement dans un mélange étrange et hétérogène. Aucun signe de pilosité ou de pomme d'Adam. Je tente d'effleurer l'homme à nouveau, posant mon index sur sa joue tout en commençant à comprendre. Probablement un autre change-forme, une apparence factice qui en dissimulait une autre, me rappelant cette fois où j'avais effleuré Siarl, incapable d’imiter son corps emprunté qui n'était autre que le mien. Tout cela devenait ambigu.

« Un change-fo... » Je me coupe dans ma lancée, fronçant les sourcils, perplexe quand au son qui vient de sortir de mes lèvres, cordes vocales empruntées sonnant comme une mélodie connue et bien trop lointaine. Les doutes commencent à s'installer, schémas tentant de se dessiner dans mon esprit, remise en doute alors que je tente de pousser quelques sons pour confirmer les choses. Je m'empresse de ramener l'individu si déroutant et de plus en plus passionnant à l'intérieur fermant la porte derrière lui. Je cherche, essayant de trouver le premier miroir venu, il faut que je sache. Regard hagard, me figeant face à cette image renvoyée comme une mauvaise plaisanterie qui tourne de plus en plus comme un film d'horreur où les fantômes reviennent à la vie. Les doigts effleurent cette peau revêtue, traits que je pouvais me vanter de connaître encore par cœur malgré le temps. Je deviens livide, me décompose, frôle le malaise, l'air semble manquer l'espace d'un instant.

« Betty. » Le nom s'échappe, s'envole, cherchant le brun du regard tout en lui fonçant droit dessus tout en établissant les parallèles qui s'emboitaient parfaitement. L'homme est enlacé, peut-être un brin trop fort, évitant tout de même d'entrer en contact avec le moindre morceau de peau, me contentant de ses vêtements. Je fond littéralement en larmes sur son épaule, probablement en partie à cause de l'émotivité empruntée, mélange devenu homogène entre ce mioche encore trop frais, Elisabeth et moi-même. « Tu es en vie ! » Je renifle alors que la phrase sort difficilement, ne prêtant même plus attention à l'étrangeté de la situation, de ces apparences qui n'ont rien de ces originaux.  



Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Ven 20 Jan - 13:33

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -


Il était hors de question qu'il reste ici. Ce type était un malade, un harceleur. Il ne tomberait pas dans son piège, ne rentrerait pas dans son petit jeu. Il finirait bien par savoir qui il était, quel plan malsain il avait mis au point et pour quelle raison. Ce n'était qu'une question de temps. Il doutait fortement qu'il lui dise la vérité de lui même, ou alors après avoir exigé de lui ce qu'il voulait. Mais il ne lui ferait pas ce plaisir. Il préférait le laisser et découvrir la vérité à sa façon.

Il l'ignora quand il poussa un cri pour le retenir. Il aurait été franc avec lui peut être ne serait-il pas parti. S'il avait pris sa vraie apparence pour lui parler plutôt que celle de ce gamin, s'il lui avait donné son vrai nom, alors peut être aurait-il écouté ce qu'il avait à lui dire. Mais maintenant, dans ces conditions, c'était hors de question.

Il venait à peine d'atteindre la porte et de l'ouvrir qu'il sentit des doigts le retenir par le poignet. Comment diable ce gamin empêtré dans ses vêtements avait-il pu le rattraper aussi vite? Il se retourna, prêt à mettre les choses au clair une bonne fois pour toute. Il ne voulait pas rester ici, il ne voulait rien entendre de sa part et encore moins ses élucubrations paranoïaques. Mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge quand il vit en face de qui il était.

Ce n'était pas possible, c'était un cauchemar. Elle ne pouvait pas être là. C'était impossible, pas alors que lui était là. Ils ne pouvaient pas se retrouver les deux ensemble. Alors que se passait-il...? Puis il comprit. C'était un change forme, il le lui avait dit. Il avait du changer de forme à son contact. Ce qu'il ne comprenait pas c'était pourquoi elle? Il l'avait touché à lui, pourquoi n'avait-il pas une réplique identique de lui même face à lui? C'était une catastrophe... Il allait découvrir la vérité. Il allait savoir qu'il y avait cette femme en lui qui luttait pour sortir à tout moment. Il n'allait pas comprendre que lui ce n'était pas elle, qu'il pouvait légitimement travailler au journal. Il allait leur dire ce qu'il croyait être vrai, qu'il était une femme déguisé en homme, qu'ils avaient embauchés une femme pour tenir leur rubrique. Il lui faudrait le leur dire chaque jour mais s'il était décidé à lui pourrir l'existence il ne doutait pas qu'il allait le faire.

Il restait figé, tandis que l'autre partait s'examiner dans le miroir. Il détourna le visage, fermant résolument les yeux. Il ne voulait pas la voir. Il ne supportait pas cette vision d'elle qu'il tentait de chasser à chaque instant de sa vie. Il la sentait déjà remuer, réagir à sa présence. Comme si de penser à elle la faisait venir plus facilement.

Puis son coeur manqua un battement quand il l'entendit prononcer son nom. Non.. pas juste son nom... pas Elizabeth... Betty... Il n'y avait eu que lui pour l'appeler ainsi, le seul qu'elle avait autorisé à lui donner ce surnom. D'autres avaient essayés ensuite mais elle les avait toujours repoussés. C'était Gal' qui l'appelait ainsi, point à la ligne.

Mais alors qui était cet homme? Comment pouvait-il en connaitre autant sur lui? Connaitre le nom de son frère, le surnom qu'il lui avait donné, reconnaitre son visage à elle. Elle commençait à se poser sérieusement des questions sur lui. Elle ne pouvait pas le laisser s'enfuir avant d'avoir eu ses réponses. Elle... Non... IL. Il ne la laisserait pas venir. La situation était déjà bien assez compliquée comme ça sans qu'elle ne vienne mettre son grain de sel.

Il a à peine le temps de fuir qu'il sent deux bras l'enserrait fortement. A quoi joue-t-il au juste? Et pourquoi, pourquoi diable ce type est-il entrain de pleurnicher sur son épaule, racontant des inepties comme quoi il la croyait morte. Et il la sent s'agiter en lui, voulant répondre à cette étreinte. Et puis quoi encore? Étreindre un inconnu? Un psychopathe qui se joue d'eux et de leurs sentiments, hors de question.

Il retrouve enfin un peu la maitrise de lui même. Il prend le change forme par les épaules et le repousse durement. Il ne devait pas la regarder, ne surtout pas s'attarder sur ces traits qu'il connaissait par coeur mais qu'il voyait pour la première fois en face lui. Il ne devait pas y penser, sinon elle prendrait le dessus sur lui.

- Je m'appelle Llew, pas Betty. Je n'ai rien à voir avec cette femme. J'ignore à quel jeu vous jouez et comment vous vous y êtes pris pour prendre son apparence mais je vous prie de cesser. Ca ne m'amuse pas de voir un inconnu se comporter de façon irrationnelle avec moi.

Que les choses soient claires une bonne fois pour toutes, il voulait des réponses et plus ce comportement aberrant.
Revenir en haut Aller en bas
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Dim 22 Jan - 15:50

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

Tenter de reprendre le dessus alors que le mélange opère, brides de comportement parfaitement étrangers qui se mêlent de façon homogène, rendant ma structure mère totalement bancale, reniflant une nouvelle fois alors que je m'essuie les yeux avec la manche de ma chemise, toujours trop grande, bien que nettement moins que sous les traits du mioche. Puis je commence à douter alors que les mains m'éloignent sèchement, perdant le fil conducteur, le semblant de logique que j'avais tenté de comprendre, m'imaginant quelques secondes que nous avions hérité d'une particularité commune. Je reste bouche-bée une seconde, évitant de justesse une décomposition sur place, perdu.

Pourtant ma particularité ne me trompait pas, certes elle était parfaitement bancale, hasardeuse, mais jamais elle ne m'avait donné d'autres traits aléatoires au moindre contact et encore moins ceux-là, lié à un souvenir ou quoi que ce soit d'autre. L'apparence d'Elisabeth devaient provenir de quelque part, forcément. Les choses s'embrumaient, devenaient étranges, fronçant les sourcils alors que les mots venaient de tomber, les ingurgitant pour les décortiquer. Llew. Déjà rien que le nom ne fonctionnait pas. Il sonnait faux, sifflait à mes oreilles, coïncidence un brin trop grosse pour qu'il ne s'agisse que de hasard. Tenter de retrouver mon sérieux, faire disparaître les derniers élans émotifs humides. L'apparence ne doit pas aider, traits trompeurs depuis le début qui ne font qu'instaurer méfiance et prudence.

« C'est moi ! Gal ! » Je m'efforce, tente de lui faire comprendre, rester rassurant. Peu importe si c'est une ruse de la part de mon interlocuteur qui tente de se dissimuler au mieux, de se protéger, il fallait que je perce le problème. « Je t'en prie Betty, réfléchis, enfin si tu es là quelque part sous ces traits. Ne viens pas me dire que ce nom, Llew, est pris au hasard.. A moins que vous ne dévoriez les individus et faites je ne sais quoi de magique, ce qui expliquerait la copie. En ce cas toute mes excuses, mais ma particularité n'est pas du genre à se tromper.Je suis un copieur d'apparence, j'emprunte au toucher. Je crois que ça a commencé en revenant du front. » Je cherche son regard, tente de le capturer alors qu'il (ou elle ?) semble le fuir au possible, retrouvant le type réaction face à l'imitation, sentant le malaise émaner.

Fallait-il vraiment que je fouille après les vieilleries d'un autre temps ? Trouver un vieux matricule ou encore un passe-port ? Quelque chose que nous seul savions devrait suffire. « Tu as une cicatrice sur le genoux droit, en forme d'étoile, un mauvais souvenir de nos péripéties à vélo. » Trop facile, trop simple alors que j'abordais son apparence. Il me fallait autre chose, déterrant les quelques souvenirs qui s'étaient estompés légèrement avec le temps, comme une vieille photo qui aurait jaunie au soleil. Moi qui avait la fâcheuse tendance de penser à ce temps avant la boucle, avant que les choses ne dérapent, il a maintenant bien trop longtemps, j'étais servit, le tout remontant d'une traite comme une gifle au beau milieu du visage.

« J'ai aussi tué ton poisson rouge, un accident, j'ai versé de la javel dans l'eau du bocal en pensant qu'elle allait se nettoyer seule. » La simple évocation de ce souvenir me fait rire, naïveté enfantine désormais ridicule. La voix s'était aggravée au fur et à mesure des syllabes, une bonne chose, finissant par retrouver mon timbre dans un léger frisson indiquant que je retrouvais ma propre peau, enfin. Ce n'était pas trop tôt, réajustant mes vêtements de nouveau à ma taille, nettement plus agréable, glissant quelques doigts dans mes mèches sombres pour les réajuster aveuglément. « Tu me vois maintenant ? » Un sourire en coin s'esquisse, iris noisette cherchant les siennes dans ces traits masculins qui me déstabilisent.



Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Mar 24 Jan - 12:16

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

« C'est moi ! Gal ! »

C'était une blague de très mauvais goût que cette personne lui jouait. Il l'attirait ici pour un prétexte bidon, lui jouait une comédie ridicule, l'accusant de faits imaginaires pour finalement arriver à ça, le torturer en choisissant ce nom là, en lui donnant ce surnom là précisément, en s'acharnant à vouloir lui faire croire qu'il était son frère. C'était impossible. Son frère était perdu depuis bien trop longtemps. Elle l'avait perdu. Elle les avait laissé l'enfermer dans cet asile immonde. Elle n'avait rien fait pour l'aider. Et ça la rongeait depuis tellement de temps... Comment ce connard avait-il pu savoir ça? Pourquoi s'acharnait-il à les faire souffrir ainsi? Et qui était-il putain? Qu'est-ce qu'il avait bien pu lui faire pour qu'il s'acharne ainsi à le rendre fou?

« Je t'en prie Betty, réfléchis, enfin si tu es là quelque part sous ces traits. Ne viens pas me dire que ce nom, Llew, est pris au hasard.. A moins que vous ne dévoriez les individus et faites je ne sais quoi de magique, ce qui expliquerait la copie. En ce cas toute mes excuses, mais ma particularité n'est pas du genre à se tromper.Je suis un copieur d'apparence, j'emprunte au toucher. Je crois que ça a commencé en revenant du front. »

Et encore ce nom qui le transperçait en plein coeur comme une lame chauffée à blanc. Bien sur que non, son prénom n'avait pas été choisi au hasard. La question était, comment savait-il que c'était son second prénom à lui? Qu'il l'avait pris pour lui rendre hommage, se rapprocher un peu de ce frère qu'il avait perdu par sa faute. Il ne le croyait pas. Il n'était pas un copieur d'apparence, pas son Gal'. Il l'aurait vu quand il serait revenu de la guerre. Elle avait été là tous les jours, essayant de prendre soin de lui du mieux qu'elle pouvait avant que ça ne devienne trop dur, avant qu'elle ne craque et ne s'enfuit de douleur. Il mentait...

« Tu as une cicatrice sur le genoux droit, en forme d'étoile, un mauvais souvenir de nos péripéties à vélo. »

Facile à savoir... S'il a réussi à savoir tout le reste alors cette petite anecdote n'était pas difficile à connaitre elle aussi. Ce n'était pas une preuve. Il ne le croyait pas. Il ne pouvait pas gober le mensonge qu'il tentait de lui faire avaler.

« J'ai aussi tué ton poisson rouge, un accident, j'ai versé de la javel dans l'eau du bocal en pensant qu'elle allait se nettoyer seule. »

Il fronça les sourcils tandis que l'autre se mettait à rire. Elle lui en avait voulu pendant des jours à cause de cette histoire. Mobydick son bien aimé poisson rouge... ses parents n'avaient pas voulu qu'elle ait un chien, pas tant qu'ils n'étaient pas sur qu'elle soit capable de s'occuper d'un autre être vivant. Elle avait commencé par aider au jardin, passant des heures à soigner les plantes bien qu'elle déteste ça. Puis elle avait eu droit à un poisson. Elle s'était prise d'affection pour la petite bête qui avait tant besoin d'elle. Ses efforts avaient commencé à payer, ses parents étaient sur le point de craquer, jusqu'à ce jour. Elle avait proposé à Gal' de l'aider tandis qu'elle nettoyait l'eau du poisson. Elle était partie chercher son épuisette pour le mettre à l'abri pendant qu'ils changeaient son eau. Puis elle l'avait retrouvé, son poisson flottant mort dans l'eau blanchâtre, son frère tenant la petite bouteille de javel le regardant avec les yeux écarquillés. Elle l'avait couvert. Elle n'avait pas dit aux parents que c'était lui qui l'avait tué, elle ne voulait pas qu'ils le punissent, mais pour ça, elle avait du dire adieu à ses rêves d'avoir un enfant. Il retint les larmes qui menaçaient de couler sur ses joues. Il n'avait pas le droit de jouer comme ça avec ses nerfs.

Il releva les yeux pour tomber sur ceux de son frère. Ahuri il le détailla un moment. De le voir en face de lui c'était encore plus frappant. Ils se ressemblaient vraiment. Elle pouvait douter, se dire que Llew n'était qu'une apparence au hasard que le destin lui avait imposé, mais la vérité était bien là pourtant. Il était la part masculine d'elle même, le frère parfait de Galahad. Ils se ressemblaient beaucoup trop pour qu'on les prenne pour autre chose que des frères.

« Tu me vois maintenant ? »

Son sang ne fit qu'un tour tandis que l'autre se permettait de sourire. Il serra les dents, sifflant entre ses lèvres tandis qu'il le foudroyait du regard.

- Espèce d'enfoiré...

Il se précipita sur lui, le serrant par le col de sa chemise et le plaqua violemment contre le mur. Il était hors de question qu'il le touche et qu'il s'amuse à copier à nouveau l'apparence d'Elizabeth. Il chassa de son esprit l'idée qu'ils faisaient pratiquement la même taille, tout deux étant plus grand de plusieurs centimètres qu'Elizabeth. Il serait les dents, sa colère transparaissant dans son regard.

- Cessez de vous foutre de ma gueule!! Vous n'êtes pas Gal'. Gal' n'est pas un copieur d'apparence. Il est revenu fou de la guerre. On.. on a essayé de le garder avec nous à la maison... mais... mais c'était trop dur...

Sa voix commençait à se briser tandis qu'il se rappelait de ces mauvais souvenirs.

- Je l'ai laissé... je suis partie... c'était trop dur de le voir ainsi... je suis rentrée retrouver mon mari... et j'ai fini par apprendre ce qu'ils lui avaient fait... là où ils l'avaient envoyé... alors que je n'ai pas été là pour lui...

Il détourna le regard tandis que les larmes coulaient sur ses joues. Il les sentit, les traits de son visage commençant à se brouiller alors qu'elle tentait de prendre le dessus. Il serra les dents, se concentrant pour repousser la jeune femme. Il ne s'en sortirait pas si c'était elle. Elle n'arriverait pas à lui faire dire la vérité. Il se retourna ensuite vers lui, redevenu enfin lui même, les larmes ravalées.

- Dites moi la vérité. Qui êtes vous? Comment connaissez vous toutes ces choses? Comment avez vous fait pour prendre l'apparence de mon frère?
Revenir en haut Aller en bas
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Dim 29 Jan - 13:20

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

La réaction n'est pas véritablement celle attendue, fronçant les sourcils tout en restant dans l'incompréhension totale, perdant instantanément ce début de sourire. Je cherche un instant, remontant comme je le peux dans les derniers souvenirs que j'avais du monde linéaire et extérieur, de ces derniers jours, voir s'il n'y avait pas un fait qui pourrait justifier l'insulte en dehors du petit détail de ma disparition. Dans un cas comme dans l'autre, pas certain  que je n'aurait pas été porté disparu entre les quatre murs d'un asile au vu des quelques méthodes de l'époque qui m'avait bercée. Replonger là dedans m'en donne presque la migraine, images embrumées par le temps et occultées comme je le peux, préférant de loin oublier ce passage, me concentrer sur le bon temps et souvenirs, ne pas penser à ce que tous les fantômes étaient devenus dans un temps qui continue de couler normalement. Imaginer qu'il s'agisse bel et bien d'Elisabeth était étrange, irréel, à l'image d'un songe qui n'a rien de logique. Peut-être qu'elle n'était pas la seule, peut-être que nos autres sœurs étaient elles aussi en sûreté dans des boucles, apportant des mots concrets sur des choses qui m'effrayaient, crainte d'imaginer leurs tombes perdues quelque part au dehors des boucles.  

Le regard s'écarquille alors que je me retrouve plaqué au mur, ouvrant un instant les lèvres, sans savoir quoi dire, crier, hurler, emmagasinant les mots qui sont vociférés à mes oreilles, confirmant par ailleurs la véritable identité se dissimulant sous ces traits. Fou. Le mot percute et résonne, tel une sentence, condamné à l'entendre encore et toujours, alors que je baisse le regard. Il ne m'a jamais plu, retenant une grimace alors que la gorge se noue face à ces pensées intimes exposées, ce ressentit qu'elle avait vis à vis de moi, me rendant compte qu'elle aussi ne m'avait vu que comme un être en perdition et dont l'esprit faisait des siennes. Les syllabes me blessent, me percutent, me donnent envie de me rouler sur le sol en attendant que ça passe. Les années de perdition me revinrent en pleine figure, tel un coup de poing sec au beau milieu du visage, loin du confort procuré par la boucle, loin des regards humains qui détournent l'incompréhension par la crainte et les réactions parfois affreuses. Une pointe de rancune commence à monter elle aussi, me poussant presque à lui hurler la question qui fâche, le pourquoi elle m'a laissé là, a perdu foi en moi, m'a laissé partir sans même daigner m'affronter du regard.

Je reste muet, me décomposant encore et toujours au fil des secondes, me sentant soudainement comme un mioche trop difficile à gérer, passé l'excitation de revoir cette sœur autrefois si complice, était-ce finalement une si bonne idée ? Après tant de jours passés ? Alors que cette particularité bien trop présente n'avait fait que me changer un peu plus à chaque copie, me perdant, me transformant. Au final que restait-il de son Galahad, celui qu'elle ne retrouvait pas même dans mes propres traits ? Peut-être qu'elle avait raison, j'étais probablement devenu un inconnu, une copie factice et parfaite imitation de moi-même. Je me laisse glisser le long du mur pour m'asseoir au sol, mes jambes donnant l'impression de me lâcher, alors que les doigts lâchent enfin ma chemise, regard à des années lumière, ne prêtant pour ainsi dire pas vraiment attention aux larmes qui roulent le long des joue d'Elisabeth sous cette autre forme, pourtant persuadé de l'avoir entraperçue un instant. « Je ne sais plus. » La réponse à la première question est à peine audible, murmurée en lui lançant un regard presque suppliant.

« J'ai été Galahad. Ton Galahad. Il y a longtemps, mais je ne suis pas sûr de l'être à présent. Ça doit être pour ça que tu ne me reconnais plus. » Long soupir, suivit d'une profonde inspiration alors que je désigne la penderie derrière le lourd rideau qui contribuait à la mise en scène devenue ridicule. J'y dissimulais quelques traces passées, à l'abri des regards, quelques photos, lettres et objets emportés précieusement avec moi le dernier jour. Ou le premier. Tout est une question de point de vue.

« Souviens-toi comment les choses ont commencées Betty, des imitations, des emprunts, d'abord des mots, des gestes, des phrases, puis des voix. Ça a continué encore et toujours, de pire en pire, jusqu'à ce jour où les vraies copies ont commencées. Vous m'avez laissé à mon propre sort alors que j'avais besoin de votre aide, je n'étais qu'un Syndrigasti qui ne maîtrisait rien et vous m'avez tourné le dos. Etais-je donc un si lourd fardeau ? Ais-je changé à ce point à mon retour du front, de manière à n'être qu'un inconnu à vos yeux et dont on se débarrasse comme un chien errant ? Un animal dont on ne sait plus quoi faire ? Si tu es l'une des nôtre pourquoi est-ce que tu n'as rien fait ? Je n'ai jamais mis les pieds dans cet endroit maudit où vous vouliez me laisser dépérir en signant mon arrêt de mort, je n'en ai pas eu le temps puisqu'on m'a ramené ici, en sécurité dans la boucle. » Le ton s'assure à nouveau, pointe d'amertume palpable, toujours blessé par les termes employés. Mes yeux semblent faire écho à ceux de mon interlocuteur, retenant un nouvel amas de larmes qui tentent de se glisser pour rouler le long des joues.



Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Dim 29 Jan - 18:39

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -


« Je ne sais plus. »

Il fixa sans comprendre l'homme. Il le regarda tandis qu'il s'asseyait au sol, le regard perdu dans le vague. Il s'était attendu à beaucoup de réactions, à le voir lui crier dessus, le frapper, même à l'insulter, mais le voir s'effondrer comme ça avec cet air là, il ne l'avait pas vu venir. Il semblait mal, au bord des larmes. Alors il se mit à douter. Se pouvait-il que ce soit vrai? Que ce soit vraiment Galahad, son Galahad devant lui?  

« J'ai été Galahad. Ton Galahad. Il y a longtemps, mais je ne suis pas sûr de l'être à présent. Ça doit être pour ça que tu ne me reconnais plus. »

Il fronça les sourcils, de plus en plus perplexe. Son Galahad mais... que lui était-il arrivé? Non... il n'arrivait pas à y croire et pourtant.. son regard dériva vers l'armoire qu'il lui désignait. Il y alla doucement et prit les objets qu'elle contenait. Ses mains tremblèrent, son regard accrochant les visages sur les photos. Lui et... non Elizabeth, posant dans une belle robe blanche à son mariage serrant le bras de son mari mais embrassant sur la joue son petit frère, son Galahad. Et puis une autre, un autre mariage, celui d'une de ses soeurs, un portait de famille où ils étaient tous réunis, les soeurs et leur frère. Et d'autres encore, d'autres moments de leur vie. Tout leur passé étalé là sous leurs yeux tandis que derrière lui Galahad continuait de parler.

« Souviens-toi comment les choses ont commencées Betty, des imitations, des emprunts, d'abord des mots, des gestes, des phrases, puis des voix. Ça a continué encore et toujours, de pire en pire, jusqu'à ce jour où les vraies copies ont commencées. Vous m'avez laissé à mon propre sort alors que j'avais besoin de votre aide, je n'étais qu'un Syndrigasti qui ne maîtrisait rien et vous m'avez tourné le dos. Etais-je donc un si lourd fardeau ? Ais-je changé à ce point à mon retour du front, de manière à n'être qu'un inconnu à vos yeux et dont on se débarrasse comme un chien errant ? Un animal dont on ne sait plus quoi faire ? Si tu es l'une des nôtre pourquoi est-ce que tu n'as rien fait ? Je n'ai jamais mis les pieds dans cet endroit maudit où vous vouliez me laisser dépérir en signant mon arrêt de mort, je n'en ai pas eu le temps puisqu'on m'a ramené ici, en sécurité dans la boucle. »

Il laissa retomber la photo qu'il tenait et alla s'asseoir devant lui, devant son frère. Son coeur se brisait un peu plus à chacune de ses paroles. Il avait tellement redouté ce jour, celui où il devrait affronter ses reproches. Il n'avait rien à dire pour sa défense, il le savait bien. C'était entièrement sa faute. Il l'avait abandonné. Il n'avait pas été là pour lui quand il en avait eu besoin. Il avait fui et l'avait laissé. Et il le regrettait. Chaque jour qui passait il ne cessait d'y penser et de s'en vouloir. Il avait eu tellement envie de le revoir mais tellement peur en même temps. Et maintenant le voilà devant le fait accompli, essayant de trouver les mots justes, de lui faire comprendre pourquoi il avait agi ainsi même s'il savait que rien ne pourrait le pardonner.

Il leva une main, voulant effleurer sa joue, mais il la reposa avant qu'elle n'ait atteint sa peau. Il se rappelait ce qu'il s'était passé un peu plus tôt. Il ne tenait pas à la voir arriver encore une fois devant lui. Il baissa les yeux en soupirant.

- Ne m'appelle pas comme ça s'il te plait... Je ne suis pas Betty.. Je te l'ai dit...

Et il allait devoir lui expliquer. Il n'avait jamais parlé de ça à personne. Il s'était toujours caché, faisant en sorte que personne ne comprenne qu'Elizabeth et Llew étaient une seule et même personne. Il n'y avait que l'Ymbryne qui l'avait fait changer de boucle pour connaitre la vérité. C'était beaucoup plus simple ainsi. C'était déjà assez dur de gérer les deux sans en plus rajouter le regard des autres. Mais maintenant il allait devoir lui faire comprendre. Il n'était pas un simple change forme comme lui. Il était... ils étaient deux, se battant sans cesse pour prendre le dessus même s'il l'avait plus souvent qu'elle.

Il laissa ça de côté pour le moment. Il aurait le temps de lui expliquer plus tard. Il avait autre chose à faire pour le moment.

- Je suis désolé... Je sais qu'il est trop tard et que ce n'est pas assez mais je suis désolé... Je ne savais pas à l'époque et j'ai même encore du mal à y croire. Je n'ai appris que j'étais un syndrigasti que le jour où notre soeur m'a appelé pour me dire ce qu'elle avait fait... là où elle t'a envoyé là bas...

Il baissa les yeux, se mordant la lèvre tandis que des larmes venaient couler sur ses joues.

- C'était trop dur de te voir comme ça... je ne savais plus quoi faire... Je n'arrivais pas à t'aider ni à te comprendre... Je ne savais pas ce qui t'arrivait et je me sentais si impuissante... Je m'en suis voulue d'être partie... je n'ai cessé de penser à toi... mais je n'y arrivais pas... je ne reconnaissais plus mon petit frère...

Il s'essuya les joues, chassant les larmes qui y avaient coulé.

- Et je suis désolé d'avoir douté de toi... je ne savais pas... je n'ai jamais su ce que tu étais devenu... j'ai cru qu'ils t'avaient envoyé là bas, que tu y étais resté... j'ai voulu te retrouver mais cette Ymbryne m'a envoyé dans une boucle pour me protéger et puis... j'étais persuadé que tu ne me reconnaitrais pas, pas ainsi...

Il avait mis des mois avant de retrouver la forme d'Elizabeth et même une fois que c'était fait il avait toujours privilégié cette forme, ne s'attardant que peu de temps dans la peau de la jeune femme avant de retrouver celle ci. Comment imaginer que son frère puisse le comprendre.

Revenir en haut Aller en bas
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Lun 30 Jan - 18:19

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

La pièce semblait tomber, enfin. Pourtant le mal était fait, ramenant mes jambes autour de moi, me contentant de ma propre étreinte à défaut de pouvoir me blottir contre elle, ou lui, peu importe. C'était dur, ne pas pouvoir l'effleurer, voir ses doigts se rétracter, s'éloigner, ne pas la sentir se glisser dans mes cheveux, être uniquement spectateur. Je ne saisit pas les mots, fronçant les sourcils et ne pouvant lancer autre chose qu'un regard accusateur alors qu'ils défilent, partagé entre déception, frustration, tristesse et joie. Un mélange et une émotivité empruntée qui ne firent que provoquer une crise de larmes qui rejoignit celles du brun. Je me perds et cette fois avec le fil de mes propres émotions qui se mêlent et ne savent plus comment sortir.

C'est probablement plus fort que moi, prenant le risque, l'attrapant par ses vêtements pour l'enlacer, évitant tout contact cutané comme je le pu, posant mon front sur son épaule dans un long soupir. Peut-être que je pardonnais trop facilement, qu'en plus de soixante ans de renouvellement incessant, de l'eau avait coulé sous les ponts. Au final les catastrophes avaient étés évitées en partie quand on y songeait, omis ternir une image de moi-même qui n'existait plus, les emprunts en tout genre faisant désormais partie intégrante de mon être qui n'avait plus de structure mère. J'avais parfois rêvé que je n'étais pas le seul, d'avoir à la fois ce don et fardeau, rêvé de revoir leurs visages, d'entendre leurs rires, bien que je m'interdisais d'y songer. Je me contentais donc de la savoir en vie et dans notre boucle. Pourtant la chose me revenait au visage, les souvenirs se bousculent et s'entrechoquent tout comme la peur au ventre. « Sommes-nous les seuls ? » La question me brûlait beaucoup trop les lèvres, bien qu'elle restait dangereuse, probablement signe de déception alors qu'elle est étouffée par le tissus. Peut-être qu'il faudrait que je lui parle de Siarl, la cause inéluctable de tout ces attributs génétiques différents, un être étrange et dont cette façon de changer via contact buccal était pour le moins... répugnante. Le temps viendrait plus tard. Ce n'était pas le moment de se laisser distraire.

Je relâche mon emprise, dos se collant à nouveau au mur alors que je l'observe un instant. Je n'avais jusqu’alors pas vraiment prêté attention à cette étrange familiarité dans les traits, ce qui en devenait presque déroutant. D'où venait ce corps, cette apparence ? S'il appartenait à un individu dans les alentours et dans cette boucle, je m'en serai souvenu. Je parviendrait presque à y retrouver quelques familiarités avec Elisabeth. Les quelques phrases lâchées au vol et incomprise me reviennent, commençant à me demander si elle n'était pas resté enfermée dans un corps d'emprunt, qu'elle ne parvenait pas à changer malgré les contacts. Ce corps avait l'air sérieux, au point de lui donner un nom qui lui était cher émotionnellement tout en rejetant ce surnom dont moi seul avait le privilège.

Je me relève, dégottant la première cigarette d'urgence venue et qui me démangeait les doigts dans un besoin de faire passer la nervosité. Je lui lance mon zippo, ne doutant pas que cette envie soit contagieuse alors que la tempête semble être passée, reprenant toute ma contenance comme je le peux, comme si je tentais de rassembler les miettes pour les attacher solidement ensemble, restant un individu versatile au possible. Les journaux gisent toujours sur le bureau, retenant un rire alors que la situation initiale, ridicule, n'avait définitivement plus rien à voir avec celle-ci. « Je devrais te demander de l'argent pour exploiter ce nom tu le sais ? » Je me contente de lever les yeux au ciel, à quoi pourrait donc bien servir l'argent dans un jours sans fin de toute manière ? Il était devenu inutile, simple reflet du capitalisme humain et de son désir de fortune. Longue bouffée alors que je m'appuie contre le bois du bureau tout en croisant les jambes. « Pourquoi Llew ? Je ne parle pas du nom bien entendu, bien que ce soit un brin déstabilisant pour mes oreilles, même si plutôt flatteur. Qu'est-il arrivé ? » Il me manquait des morceaux, soudainement curieux d'apprendre les faits d'après mon départ, mon entrée dans cette sorte de monde en répétition, figé dans un jour qui appartenait également à notre propre passé.



Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Mar 31 Jan - 15:07

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -


Il n'espérait pas qu'il lui pardonne. Pourquoi? Il méritait sa colère. Il l'avait abandonné. Il n'avait aucune excuse pour ça et ce n'était pas ses pitoyables tentatives qui allaient y changer quelque chose. Il ne pensait vraiment pas qu'il puisse cesser de lui en vouloir, et pourtant à sa plus grande surprise il sentit Galahad venir se blottir contre lui, faisant attention à ne pas le toucher. Il hésita un instant et passa à son tour ses bras autour de lui, le serrant doucement dans ses bras. Il lui avait tellement manqué. Les larmes coulaient sur ses joues sans qu'il puisse les retenir. Il avait pensé ne plus jamais le revoir mais il était là, blottit dans ses bras.

« Sommes-nous les seuls ? »

Il l'entendit à peine, sa voix étouffée par les plis de sa chemise. Il avait du mal à lui dire la vérité. Il n'en savait rien. Il n'avait plus vu personne depuis ce jour là. Il ignorait tout de ce qui leur était arrivé. Leurs soeurs, leur parents, à jamais hors d'atteinte sans moyen de savoir ce qui s'était passé. Il n'espérait même pas un jour le revoir. C'était déjà tellement qu'il serait égoïste d'espérer plus. Il avait cru être condamné à la solitude, isolé pour toujours de sa famille et pourtant il venait de le retrouver.

Il le laissa finalement se reculer, lui laissant la distance dont il avait besoin. Plus rien ne serait jamais comme avant, il le savait. Il l'avait fait trop souffrir en l'abandonnant. Ils avaient trop changés tous les deux au cours des années. Il n'était pas Betty et même elle, elle n'était plus la même. Tout ça lui en avait trop fait baver.

Il le laissa allumer sa cigarette et attrapa le briquet (!! ) avant de s'allumer sa propre cigarette avec.

« Je devrais te demander de l'argent pour exploiter ce nom tu le sais ? »

Il sourit tristement à sa remarque et secoua la tête. Son regard tomba sur les nombreux journaux étalés sur le bureau. Ca doit faire un moment qu'il a remarqué sa rubrique et qu'il la suit en se posant des questions. Il comprenait mieux maintenant la raison de sa convocation. Lui aussi à sa place il se serait posé des questions en voyant ce surnom ressurgir de leur passé.

« Pourquoi Llew ? Je ne parle pas du nom bien entendu, bien que ce soit un brin déstabilisant pour mes oreilles, même si plutôt flatteur. Qu'est-il arrivé ? »

Il soupira tandis que la question qu'il redoutait arrivait. Que s'était-il passé pour qu'il se retrouver ainsi, en homme, plus à l'aise comme ça qu'avec le corps dans lequel il était né. Il détourna le regard mal à l'aise, n'osant pas parler. Il n'était pas sur qu'il le comprenne. Il s'imaginait peut être qu'ils vivaient la même chose, qu'en tant que frère ils partageaient aussi la même particularité. Mais même s'il y avait des similitudes entre eux leur situation était loin d'être la même.

Il tira une bouffée de sa cigarette, cherchant un peu de réconfort dans ce geste et surtout le courage de se lancer.

- Je ne sais pas vraiment... c'est difficile à comprendre et encore plus à expliquer.

Une bouffée de plus, un nouveau soupir tandis que son regard s'attardait sur l'armoire remplie de souvenirs.

- Elle n'a pas choisi Llew... je suis juste arrivé comme ça un jour, celui où j'ai appris que notre soeur t'avais envoyé là bas... ce jour là elle a annoncé à son mari qu'elle... qu'on... qu'elle était enceinte. Ils se sont engueulés, l'enfant ne pouvait pas être de lui alors... Il est parti et elle s'est évanoui, à notre réveil j'étais là... On a pas compris pourquoi il nous a mis dehors. On a marché longtemps avant de s'effondrer en pleine rue et d'être conduit à l'hôpital. C'est là qu'on a compris que.. j'étais là... On a mis des mois avant de pouvoir revenir à son corps puis longtemps encore à réussir à maitriser à peu près le processus. Mais le plus souvent je reste là, c'est plus facile pour elle je crois de ne plus être elle même, moins douloureux...

Il s'arrêta, laissant là son récit décousu. Il n'était même pas certain qu'il comprendrait quelque chose à ce qu'il racontait. C'était trop confus même pour lui.

Il chassa ses souvenirs de son esprit, tentant de changer de sujet.

- Pourquoi tu as fait ça? Je veux dire pourquoi tu m'as écris au journal? Ca aurait pu n'être qu'une coïncidence ce nom.

Revenir en haut Aller en bas
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Jeu 2 Fév - 19:31

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

La carte du sérieux semble avoir repris le dessus sur l'émotionnel, longue bouffée expirée en une douce fumée blanche. C'était comme ça désormais, Galahad l'imprévisible, l'homme dont on ne sait jamais quel visage il porte et qui peut en changer à chaque seconde, quel sera son attitude, ses envies du jour, s'il aimera ou non, conscience que je pouvais me révéler être un syndrigasti dangereux de par cette faiblesse, passer de l'agneau impassible et aimant au loup en quête de mauvais coups et de violence si je me perds de trop, si je m'oublie. Elisabeth n'en avait vu que les fondements, les bases passées, les brides d'un début maladroit. Peut-être que la revoir n'était pas une bonne chose, que cela ne ferait que l'effrayer d'avantage que la première fois. L'appréhension était totale, ne lui en voulant pas si elle réagissait comme la plupart des Syndrigastis qui préféraient me contourner en général, incapable de deviner quel visage je pouvais revêtir à chaque seconde et pas uniquement physiquement.

La question semblait avoir instauré le malaise, palpable sur les traits masculins qu'elle abordait. Visiblement la chose était délicate même avant que les mots ne sortent. Les sourcils se froncent, cigarette se glissant à mes lèvres en faisant écho à son geste, appréhendant tout de même la chose. Notre synchronisation me ferait presque sourire, mais je préfère me retenir, cela ne semble pas vraiment adapté. Je commence à regretter de ne pas avoir envoyé de lettre, rassurer, expliquer que j'étais en sécurité et entre de bonnes mains, entretenir une correspondance plutôt que de rester couper du monde, disparaître pour leur bien.

Les mots tombent et sont effectivement ambigus, difficiles à suivre, il, elle, on, que de pronoms qui s'emmêlent. Comme s'il s'agissait d'un autre mélange parfaitement hétérogène et qui ne fonctionnait pas ensemble, qui cohabitaient dans un seul et même être. Probablement peu étonnant au vu des dégénérescences familiales, il aurait été étonnant qu'elle n'y échappe pas elle aussi, que la chose, bien qu’apparemment différente, n'aie pas le même fond sonore. C'était probablement difficile de la voir avec une telle ambiguïté, comprenant aisément ce qu'elle avait pu ressentir à l'époque. Les sourcils restent froncés dans l'incompréhension, essayant de décortiquer sans parvenir à véritablement trouver la réponse. Les choses sembles être compliquées, ont étés compliquées après mon départ. « Vous êtes... deux ? » J'ignore si les mots ont du sens, si cette interrogation n'est pas trop tirée par les cheveux, mais elle semble être le plus représentatif de l'idée que je commence à me faire.  

J'ignore si la question vise à changer de sujet, à éluder la chose comme elle, ou il, le peut après un tel récit décousu et interrogation. Je n'aime pas rester sur ma faim, ne pas comprendre, ne pas pouvoir décortiquer. Je soupire longuement, contrarié, reprenant une gorgée d'alcool, le verre ayant été abandonné là. Ma bouche devrait désormais l'apprécier de nouveau. « Une trop grosse coïncidence. Tu te serais probablement posée des questions aussi si j'avais fait de même. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie douteuse, j'ai voulu la décortiquer et la mettre à jour. Disons que je n'ai pas véritablement cessé d'avoir le goût de l'information, d'autant plus qu'il m'est désormais terriblement aisé de me fondre dans la masse pour arriver à mes fins. Le seul avantage, probablement, être en quelque sorte invisible et confondu, instaurer la confiance par un simple sourire sur un visage connu. » Sourire en coin, nouvelle taffe après avoir redéposé le verre soigneusement. « Regarde-moi. Dis-moi qui est Llew. Je crois en avoir assez vu dans cette boucle et sur nos antécédents familiaux que pour comprendre. » Le ton est assuré, déterminé à connaître les ficelles, lui faisant comprendre que je ne lâcherait certainement pas le morceau aussi facilement, déterminé lorsque la moindre idée se glissait dans mon esprit.



Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Dim 5 Fév - 10:04

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -


Ca sonnait bizarrement, même à ses propres oreilles. Récit trop décousu pour avoir réellement le moindre sens. Il s’emmêlait dans ses explications, ses mots reflétant le capharnaüm qui régnait sous son crâne. Et sa question ne faisait que le rendre encore plus perplexe. Il exhala doucement la fumée de sa cigarette, réfléchissant sur cette interrogation. Ils étaient deux... Oui et non... Plus rien n'était tout blanc ou tout noir. Il n'était pas vraiment que Il ou que Elle. Ils n'étaient pas vraiment deux personnes différentes ni même une seule et même personne. La frontière était trop flou entre eux, mal définie, bougeant sans cesse s'amincissant à un instant pour devenir plus franche à un autre moment.

« Une trop grosse coïncidence. Tu te serais probablement posée des questions aussi si j'avais fait de même. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie douteuse, j'ai voulu la décortiquer et la mettre à jour. Disons que je n'ai pas véritablement cessé d'avoir le goût de l'information, d'autant plus qu'il m'est désormais terriblement aisé de me fondre dans la masse pour arriver à mes fins. Le seul avantage, probablement, être en quelque sorte invisible et confondu, instaurer la confiance par un simple sourire sur un visage connu. »

Il revint brutalement à la réalité, sortant de sa bulle de réflexion pour reprendre le cours de leur conversation. Il l'écouta, parler d'abord de cette coïncidence qui était vraiment trop grosse pour en être une. Pourtant il n'avait pas pensé un seul instant qu'il pouvait s'agir de lui. A la façon dont il l'avait abordé, et de ce qu'il en disait, il pensait se retrouver devant l'auteur du canular plutôt que devant son.. sa soeur. De qui avait-il parlé déjà? Un homme qu'il rendait responsable de la supercherie... un certain Bannerman. Il allait devoir faire son enquête lui aussi, chercher à savoir qui était cet homme qui semblait en connaitre autant sur son petit frère et leur passé.

Il sourit en l'entendant parler de leur vieille habitude. Aucun d'eux n'avait pu s'en défaire avec le temps. Il avait profité d'être un homme désormais pour faire le métier dont il avait toujours rêvé en y mêlant leur vieux jeu d'enfant. Lui, il n'avait pas arrêté non plus, se servant de son don pour plus de facilité. Ils n'avaient pas changé tant que ça dans le fond. Ce n'était peut être pas grand chose, mais il retrouvait un peu plus son frère dans cette simple manie que dans tout ce qu'ils avaient pu dire plus tôt.

« Regarde-moi. Dis-moi qui est Llew. Je crois en avoir assez vu dans cette boucle et sur nos antécédents familiaux que pour comprendre. »

Il fronça à nouveau les sourcils, sentant monter un soupçon de colère en lui. Qui était Llew? N'avait-il donc rien écouté à ce qu'il venait de lui dire? Il admettait aisément qu'il n'avait pas été clair dans ses explications. Lui même ne comprenait rien à tout ce qui se passait. Mais il avait cru un peu plus tôt qu'il aurait compris, que Llew, qu'il était une personne à part entière. Il n'était pas une apparence d'emprunt ou un clone d'elle même dans un corps d'homme. Il était lui même. Il avait sa propre personnalité, ses envies, ses goûts et ses choix bien à lui. Il était peut être parfois elle mais il était avant tout lui même.

Il prit le cendrier qui se trouvait un peu plus loin et écrasa sa cigarette à l'intérieur d'un geste rageur. Il ne le regardait pas, fixant son attention et passant son énervement sur ce petit bâtonnet de tabac qu'il écrasait sans retenue.

- Qui est Llew?

Il laissa échapper un petit rire désabusé tant cette phrase lui écorchait la bouche.

- Il est en face de toi et tu me demandes qui il est? Parlant de moi à la troisième personne, comme si je n'étais pas là...

Il releva finalement les yeux et les planta dans ceux de son frère, l'énervement se lissant de plus en plus clairement sur ses traits.

- Mais je suis là!! Il va bien falloir que vous vous y faisiez toi et Elizabeth. Je suis là et je ne compte pas partir. Elle a fini par s'y faire. Elle a accepté le fait que j'existais et que je ne pouvais partir. Elle a même accepté que je prenne le dessus. C'est plus simple pour nous et elle le sait très bien. Alors accepte toi aussi que je suis ton frère, au même titre qu'elle!

Il se leva, lançant négligemment son zippo pour le lui rendre. Il arrangea sa tenue, remettant sa veste correctement en place. A la colère commençait à se succéder la peine. Il la maudit elle et son émotivité alors que des larmes commençaient à couler sur ses joues.

- Je n'aurais rien du te dire je le savais... Je pensais qu'avec ce que tu avais vécu tu comprendrais mais...

Il se tut, les mots se bloquant dans la gorge, trop dur à sortir, l'étouffant en même temps que la tempête d'émotions qu'ils ressentaient. Puis se fut finalement elle, Betty, qui parla à sa place.

- Au revoir mon Galahad... tu n'imagines pas le plaisir que cela me fait de te voir en bonne santé...
Revenir en haut Aller en bas
Galahad L. Ednyfed

avatar
- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 664
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   Ven 10 Fév - 11:22

Hurricane

- Show them all you're not the ordinary type -

Au lieu de réponses claires, détaillées, cousues dans un ensemble linéaire de manière à relier les points, éclaircir le tout, je ne fis face qu'à l'irritabilité de l'être en face, saute d'humeur que je pouvais percevoir à l'expression ainsi qu'à cette façon d'éteindre la cigarette. Il/Elle empestait le mécontentement, l'irritabilité. Peut-être que vouloir gratter la couche de vernis pour comprendre n'était pas la chose la plus subtile du monde, surtout après sa tentative pour changer de sujet. Peut-être que ce fut ma question qui avait été maladroite, mal tournée, mal interprétée et comprise dans une sensation de reniement de Llew plutôt que de chercher à en connaître son origine.

Une fois de plus ce ne furent que des brides d'informations, haussant à peine un sourcil alors que l'amas de mots au ton venimeux se déverse. Deux. C'était visiblement bien ça. Un être qui s'était incrusté, qui semblait avoir été aspiré ou quoi que ce soit d'autres, qui semblait avoir effacé Elisabeth, la retenir en otage au loin, pas juste une vulgaire apparence dérobée et échangée de temps à autre comme une parfaite coquille. Étrange. Même si la notion d'étrange était tout à fait relative au sein d'une boucle, à voir courir tous les jours des individus aux capacités et anomalies qui relevaient du bizarre, devenu notre norme à tous. L'habitude de faire face à l'étrange avait pris la place de l'appréhension, la crainte, la fascination, l'admiration, bien que toujours mêlé à cet appétit de comprendre, décortiquer, savoir comment de telles particularités pouvaient tenir dans un corps, le modifier pour fonctionner. Je m'égare.

J'ai cette soudaine impression de faire face à un drame, une pièce de théâtre dont les actes sont aussi ambigus les uns que les autres. Les larmes me font froncer les sourcils plutôt que de le suivre dans cette émotivité. Je ne sais pas quelle copie prend le dessus, il y en avait eu trop sur la journée. Une nouvelle bouffée est aspirée, bienfaitrice, alors que le zippo d'argent se glisse à nouveau dans ma poche. « Tu es susceptible. » C'était un fait certain, l'individu en face était visiblement du genre à monter au quart de tour, impulsif, me remémorant les premières minutes de notre entrevue rocambolesque.

« Je cherche uniquement à comprendre et relier les points. Je ne suis pas dans ta tête et ne parvient pas à comprendre comment cela fonctionne, comment vous vous emboitez, qui est qui. Ais-je donc à faire à un étranger ? Quelqu'un d'aspiré ? De divisé ? Nos capacités ne fonctionnent pas de la même manière, c'est indéniable, il est donc évident que la chose me déroute et reste encore floue. Certes, ça sonne un brin comme une bombe, apprendre que tu es des nôtres, en vie, mais je n'en reste pas moins avide de comprendre et heureux de te (enfin vous ?) voir. Je ne sais rien de toi après tout Llew. » Sourire encourageant qui s'esquisse à peine, malgré qu'il parvienne presque à me donner une pointe d'irritabilité avec toute cette histoire, surtout que ne pas comprendre m'agace. Au fond, je ne sais rien de cet individu, qui se tient là, parfait inconnu, dissimulant pourtant tant de choses en commun.

Je ne sais pas si le fait d'entendre Betty me blesse ou me réconforte, savoir qu'elle est bien là derrière ce Llew. L'Au revoir sonne presque comme un adieu, une déchirure. Je n'ai pas envie qu'ils partent, disparaissent, pas sans réponses, pas sans savoir, pas déjà alors que nous étions dans la même pièce après tant d'années de silence et de séparation. Pas encore prendre la fuite en me laissant seul comme elle la fait par le passé. « Restez. » Je préfère employer le pluriel dans le doute, suppliant du regard, posant mes doigts sur le tissus de sa veste, tentant de le retenir également par le geste.



Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: « Hurricane » ❧ Ft. Llew   

Revenir en haut Aller en bas
 
« Hurricane » ❧ Ft. Llew
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» castiel ▬ HURRICANE.
» Hurricane Nerdy (20/03/12 à 15h12)
» Bulgaria Allocates Relief Aid to Cuba, Haiti for Hurricane Damages
» WWE Cruiserweight Championship : Hurricane Helms vs Kofi Kingston
» MAYHEM #9 - CODY RHODES VS. THE HURRICANE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Les Archives-