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 « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia

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MessageSujet: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Sam 7 Jan - 14:03

I'm the ghost in the back of your head

- It's future rust and then it's future dust -

Montée d'adrénaline, regard qui s'écarquille alors que le sang se glace en une fraction de seconde. L'élément perturbateur est analysé dans les détails, avec appréhension. Je n'aime pas ça et cette impression de problèmes qui planait au dessus de la boucle, cette sensation désagréable de déjà vu alors que les tentes se sont dressées au loin, arrivées comme ça en une nuit, mettant soudainement fin à notre tranquillité. La boucle avait été découverte par quelque chose d'autre que des Syndrigastis demandant asile, quelque chose que je qualifiais déjà d'effrayant et qui permettait de s'imposer à la vue de tous. Les doigts de posent d'instinct sur la poignée de la fenêtre, l'entre-ouvrant à peine alors que la chemise de nuit tombe sur le sol, faisant écho au bruissement d'ailes qui se faufilent déjà dans le froid matinal.

Liv dormais encore, enfin je suppose, l'abandonnant dans sa chambre pour faire une ronde, m'approcher, observer, apprendre. Elle n'avait pas besoin de ça aujourd'hui, pas alors qu'elle avait encore besoin de repos et d'un sommeil réparateur, pas après avoir volé plus qu'elle ne le pouvait durant plusieurs jours. Si l'initiative de rejoindre notre boucle par la voie des airs m'avait d'abord surpris, inquiété, tout s'était relativement bien passé, Ara bleu choyé depuis déjà plusieurs jours, fier de ce changement radical, impression rassurante qu'elle allait mieux, était parvenue à se retrouver. Je ne l'avais pour ainsi dire pas lâché d'une semelle, aussi discret que possible alors que je me glissait dans ses appartements, probablement déjà repéré par quelques yeux baladeurs. A vrai dire, c'était la première fois depuis quelques jours que je la laissait seule, quittant le manoir en ne préférant pas de suite la mêler à cette étrange arrivée, rejoignant le lieu en quelques battements d'ailes, le survolant d'abord du dessus pour tenter de comprendre, décortiquer, chercher le danger.

Une étrange fête foraine voilà tout, immenses chapiteaux me donnant la nausée, dégoût toujours aussi amer malgré le temps qui s'est écoulé encore et toujours, faisant instantanément remonter le souvenir de mes pires cauchemars, de mon Enfer. Mes plumes s’irisent d'elles-mêmes, la méfiance montant un peu plus à chaque seconde. Dans mes souvenirs, ce n'étaient pas les humains les plus à craindre, mais ces Syndrigastis du mauvais côté de la pente, capables des pires horreurs pour montrer qu'ils étaient en tout point supérieurs. Je tente une approche, essaie d'en savoir plus, de capturer quelques sons alors qu'un de nos Syndrigasti tente aussi de comprendre. Étrange discourt, cherchant un instant à en décortiquer les fils. Comment se pourrait-il que ? Si un métamorphe et un Ymbryne mâle pouvait maîtriser le temps, je serai au courant, à moins que ce ne soit du genre conspiration millénaire, mais j'en doutais fortement. Puis pourquoi ne pas être venu en personne si Miss Corvus la recommandait tant ? Méfiance. Impression qu'il ne s'agit là que d'un miroir provenant du passé, y reflétant les séquelles laissées par la création de notre boucle.

Je perds le fil des mots, distrait par une ombre qui passe à proximité, esquisse familière qui se déhanche dans la tente voisine. La tension monte, mon sang ne fait qu'un tour, se pourrait-il que ? Non, j'ai probablement du halluciner, souvenirs de mon horreur se mêlant à la réalité dans une illusion fantomatique, j'ai du confondre dans la panique. Enfin jusqu'à-ce que le léger rire s'élève. C'en est trop, battements d'ailes furtifs me portant aussi vite que je le peux jusqu'à la fenêtre abandonnée quelques minutes plus tôt, manquant de rater mon atterrissage, finissant par percuter Lavinia, qui s'était probablement levée en attendant, de plein fouet. Des trissements inquiets s'échappent de mon bec alors que mon minuscule cœur cogne comme un tambour affolé. C'était idiot. Idiot de m'être fait avoir, impression que cette étrange fête foraine me rendait fou.

J'attends une bonne minute, le temps de faire retomber l'élan d'adrénaline pour pouvoir retrouver forme humaine. « Il faut que j'y retourne ! » Le ton est affolé, presque saccadé, enfilant à la hâte les premiers vêtements que je trouve. Comportement idiot que de vouloir vérifier, s'assurer que je ne perds pas pieds, m'en voulant d'avoir fuit de la sorte alors que je me faisais des idées. « Surtout, tu restes ici. » Pas le temps de la laisser répondre quoi que ce soit, filant par la porte d'une démarche assurée, bien qu'encore légèrement boiteuse.

La porte du manoir se claque presque dans la foulée enchainant les pas tout en me rapprochant du lieu soudainement redouté, paraissant nettement plus impressionnant maintenant que je le voyais d'en bas, cloué au sol. Il faut que je retrouve cette tente. Je soupire longuement alors que je finis par entendre d'autres crissements dans la neige et qui ne m'appartenaient pas. Autant parler à un mur, devinant aisément qu'il s'agissait de l'Ymbryne avant même de me retourner. Long soupir alors que je m'arrête. Incorrigible. D'un autre côté, je n'avais pas réellement fournit d'explications.
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Lun 16 Jan - 19:31

I'm the gost in the back of your head

- If you do not make peace with your past, it will keep showing up in your present-

Enfin de retour dans son nid douillet. Tout allait bien dans le meilleur des mondes alors ? Eh bien, pas exactement. Pas depuis que la fête foraine avait débarqué en pleine nuit, du jour au lendemain sans que personne ne sache comment. Des inconnus avaient pénétrés dans leur havre de paix et lorsqu’on leur posait des questions pour en savoir d’avantage et essayer de comprendre,  leur unique réponse n’était qu’un charabia de mensonges. Lavinia n’y croyait pas une seconde et elle ne s’était pas privée pour éloigner au plus vite les plus jeunes de cette étrangeté avant même que l’inconnu termine son discours. Il était clair qu’ils étaient une menace pour eux. Elle aurait bien voulu que tout ne soit qu’une illusion, mais ce n’était pas le cas et il fallait se poser la question suivant : étaient-ils dangereux ? Elle l’ignorait, mais Liv refusait quand même que quiconque entre là-bas, sachant et craignant que trop bien que l’intérieur ressemble trait pour trait au Freakshow qui avait par la suite engendré l’actuelle boucle. Puis ils ne connaissaient rien de ses inconnus soit disant recommandés par Miss Corvus. Ce n’était pas sa façon de faire et d’ailleurs personne n’avait de ses nouvelles et voilà que la première qu’ils avaient été délivré par un étranger ? Non. C’était louche. Liv ne pouvait avoir confiance et le fait que cette apparition est aussi facilement pénétrée et troublée la boucle l’inquiétait et perturba son sommeil. Souvenir d’un autre temps réveillait par cette intrusion. Heureusement quand elle se réveilla en sursaut, Liv fut soulagée de constater qu’Aloysius n’était pas à ses côtés. Elle ne lui avait toujours rien révélé à ce sujet et elle n’aurait pas eu envie de le faire. Cependant, elle fut également étonnée. Depuis leur retour en 73, il ne l’avait quasiment pas lâchée et même choyée, ce qu’elle avait adoré. C’était une chose à laquelle, elle prendrait toujours goût, elle ne se plaindrait jamais. Puis, il faut dire que l’ara bleu avait faillit ne jamais atteindre le manoir tant le voyage de retour lui paru long et éprouvant malgré les arrêts qu’ils avaient fait. Mais ils étaient rentrés sains et saufs à la maison et retrouver le refuge ainsi que ses syndrigastis fut un pur bonheur et une dose de sérénité pour elle.

Tout en se demandant où était passé son hirondelle, Lavinia en profita pour sortir du lit et se préparer comme chaque matin. Alors qu’elle terminait de se coiffer face à son miroir, des trissements qu’elle ne connait que trop bien l’alertent. Quelque chose ne va pas et l’arrivée en trombe d’Aloysius par la fenêtre de sa chambre ne la rassura pas. Elle tenta de le calmer, en vain. Sa forme humaine ne l’aida pas non plus à comprendre ce qui se passait. Il devait y retourner ? Où ? De quoi parlait-il ? Liv essaye de le retenir pour en savoir d’avantage, mais elle ne récolte qu’un ordre ou un prudent conseil de rester ici avant de quitter ses appartements. Sérieusement ? Il croyait vraiment qu’elle allait rester sagement dans sa chambre à l’attendre sans rien faire ? Bien sûr que non ! Surtout que le claquement de la grande porte du refuge qu’elle entendit quelques secondes plus tard de part sa fenêtre ouverte lui révéla un indice suffisant pour qu’elle s’inquiète définitivement. Un rapide coup d’œil pour vérifier qu’il s’agissait bien d’Aloysius et qu’il fonçait droit vers la fête foraine. Bon sang !

En deux trois mouvements, Lavinia dévala les escaliers pour courir le rejoindre et l’empêcher de faire une folie, car s’en était forcément une. Il allait entrer là-dedans. Lui ! Il devait être le dernier des syndrigastis à vouloir rentrer dedans et qu’est-ce qu’il faisait ? Il allait tout droit se jeter dans la gueule du loup après tout ce qu’il avait vécu ! Hors de question qu’elle le laisse faire après tout le mal qu’ils s’étaient donné… Et si tout arrivait de nouveau ? Ce  n’était possible. Liv lui avait promis. Rien que pour la promesse passée qu’elle avait faite, elle ne pouvait tout simplement pas le laisser y aller. C’est donc faisant fit du froid hivernal, de sa coiffure absolument pas terminée et de l’avis d’Aloysius que Lavinia le rattrapa et même s’il venait de s’arrêter, elle le dépassa pour lui bloquer le chemin et le poussa légèrement en arrière.

« Qu’est-ce que tu fais ?! » lâcha-t-elle sans même reprendre son souffle, le foudroyant au passage d’un regard à la fois inquiet et en colère. « Tu ne rentres pas là-dedans. Tu sais mieux que personne ce qu’il doit y avoir à l’intérieur et tu veux y rentrer ?! » Lavinia savait qu’il n’avait rien oublié et elle n’allait pas le lui remémorer. Sauf peut-être s’il insistait à vouloir y entrer…  « Il en est hors de question ! Et on n’en discute pas. »

Lavinia ne parlait plus en tant que Liv mais en tant qu’Ymbryne. Elle n’aimait vraiment pas faire ça avec lui, mais lorsqu’il s’agissait de protection, elle n’hésitait jamais, car pour elle, même si elle ignorait l’intérieur de cette fête foraine, sa simple présence était déjà suffisamment dangereuse. Pas besoin de savoir. Puis il y avait trop d’inconnus. Non. Trop risqué. Il était préférable de s’en tenir éloigner.

« Je suis sérieuse. On rentre. Tout de suite. Personne ne s’approche et ne rentre là-dedans. »
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Mar 17 Jan - 22:30

I'm the ghost in the back of your head

- It's future rust and then it's future dust -

Long soupir, soudainement confronté à l'Ymbryne qui me barre la route avec ce regard qui en dit tout aussi long que les mots. Je n'aime pas le ton employé, qu'elle me voie soudainement comme un enfant, qu'elle se serve de son statut, de ce titre qu'elle possédait en plus grâce à cette seconde particularité, maigre brin de jalousie à peine perceptible, restant de marbre alors que l'égo en prend un coup, à deux doigts de filer par la voie des airs pour la contredire et ne pas avoir à lui fournir d'explications, refusant qu'elle se mêle à toute cette mascarade. Hors de question de rebrousser chemin, pas tant que je n'aurais pas vu le tout en profondeur, de mes propre yeux, retourner le moindre centimètre carré de cette tente, que je ne me soit assuré que tout était le fruit de mon imagination.

« Tu n'es pas ma mère Liv. » Je la contourne sèchement, reprenant la route alors que l'irritabilité se fait sentir. Mes pieds s'emmêlent sur une plaque de verre-glas après seulement quelques pas, me retrouvant au sol en une seconde à peine dans une grimace digne de ce nom. Je me redresse tout en la foudroyant du regard, finissant par prendre une profonde inspiration pour calmer cet élan de nervosité, me résignant à lui répondre. « Écoute, c'est justement parce que je sais parfaitement ce qui peut s'y produire que je préfère m'assurer qu'il n'y a rien de si terrible que ça. Qui nous dit que c'est réellement une menace après tout ? Quand bien même danger il y a, nous sommes nettement plus nombreux. Puis j'ai eu 145 ans pour y méditer et retourner la question dans tous les sens. » Les mots sont nettement plus calmes, m'arrachent presque les lèvres et m'écorchent la gorge. Cent-quarante-trois ans pour passer à autre chose et faire passer la pommade, pour occulter, oublier, enfermer à double tour, créer ce miroir qui renvoyait tout dès que la chose était ne serait-ce qu'insinuée, une cicatrisation sans faille laissée par le temps et voilà qu'il fallait que j'écorche le tout à cause de ces visiteurs.

« Je crois que j'ai vu quelque chose Liv, quelque chose qui m'effraie encore plus que ces immenses tentes. Je dois en avoir le cœur net. » Murmure à peine audible, la suppliant du regard avant de reprendre la route d'une démarche déterminée, peu importe les arguments qu'elle sortirait, je ne plierai pas, parfaitement buté lorsque l'objectif se mettait au travers de mon esprit. De toute manière il me suffirait de m'envoler, nettement plus furtif pour arriver à mes fins en cas d'une nouvelle tentative pour me barrer la route. Je ne daigne même pas poser un regard sur les divers syndrigastis qui arpentent les lieux, m'enfonçant un peu plus dans ces installations qui ne font qu'augmenter mes palpitations, souvenir amer et désagréable remontant tout en me donnant la nausée.

Le lieu redouté est trouvé au bout de quelques minutes à peine, instinct d'orientation parvenant à guider parfaitement mes pas. Les sourcils se froncent, la cage thoracique se rempli d'oxygène, la mâchoire se crispe. Il le faut. Savoir si ce n'était qu'illusion. Je n'ai même pas le temps de méditer, de me concentrer pour faire ce premier pas, augmenter mon malaise, que le rire si léger qui me fait vaciller s'élève de nouveau. « Dis-moi que toi aussi tu l'entends. » Mots adressés à Lavinia que je sais derrière. Je ne sais quoi penser, peut-être un piège, de quoi m'enfermer après avoir user un moyen nettement trop cruel. J'avais l'expérience, attrapé une fois par inattention, épuisement, orgueil. J'approche de quelques pas, entrant, prudent, prêt à m'envoler au moindre signe de vie. Je ne vois que ces blocs de glace gelés, un désert translucide qui raisonne. J'observe le plafond, étudiant les issues de secours avant d'oser quelques pas supplémentaires tandis que la bile me monte à la gorge.

Bruissement d'ailes qui me frôle, me passant sous le nez tout en profitant du courant d'air, hirondelle qui m'est en tout point semblable en dehors des quelques dimorphismes sexuels, gémellité beaucoup plus marqué sous cette forme. Mon sang ne fait qu'un tour, jambes tenant encore debout uniquement par miracle alors que je me demande encore si je n'ai pas rêvé. Mes pieds me poussent à la suivre, occultant les quelques résidus de blessure alors que je cours, cherchant ce qui paraissait impensable, insensé, pas alors qu'elle était censé être recouverte d'une couche de neige qui se renouvelle sans fin, pas alors que le sommeil l'avait emporté dans ses griffes à jamais. Je fonce tête baissée alors qu'elle semble me narguer tel un esprit frappeur, trissements mélodieux se faisant à nouveau rire cristallin, m’appelant, mon nom raisonnant entre les murs givrés. Lydie. Ma douce Lydie. Depuis combien de temps n'ai-je pas vu ton visage ? Ton sourire qui s'esquisse sur le coin des lèvres ? La gorge se serre, poids de la culpabilité soudainement infernal, me rattrapant de plein fouet.
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Sam 28 Jan - 12:30

I'm the gost in the back of your head

- If you do not make peace with your past, it will keep showing up in your present-

Lavinia inspira profondément. Ils n’appréciaient guère tout les deux ce ton de voix et cette attitude entre eux, mais c’était pour son bien. Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ? Pourquoi était-il si têtu et obnubilé par l’envie de rentrer à l’intérieur de cette foire ? Elle ne comprenait pas et se retourne pour une nouvelle tentative pour le retenir mais une plaque de verglas fit le travail à sa place. Liv s’approcha d’Aloysius alors qu’il se redressait, évitant tout sourire qui ne serait pas le bienvenu pour l’instant et l’écouta. Certes, ils ignoraient le niveau de dangerosité à l’intérieur, mais pourquoi se devait être lui d’aller vérifier ? Et pourquoi seul ? Lavinia ne lui posa pas ses questions, restant muette par la suite de ses dires. Alors qu’elle ne quitte pas le dos d’Aloysius qui s’éloigne peu à peu, ses dernières paroles ne quittent pas son esprit. Qu’avait-il voulu dire ? Qu’avait-il vu qui pouvait autant le troubler ? Une chose ou une personne liée à ses années de détention et de torture au Freakshow ? Lavinia ne pourrait pas savoir en restant là. Quelques mots et gestes vers les syndrigastis furent suffisant pour qu’ils s’éloignent et qu’ils chassent que si d’ici deux heure précise, ils n’avaient aucune nouvelle de l’un ou de l’autre, ils préviendraient les Ymbrynes.

Ceci fait, Lavinia s’empressa de suivre les pas d’Aloysius sur la neige et de le rejoindre. Etre de nouveau si proche d’une fête foraine, lui remémora le souvenir de cette fameuse et douloureuse nuit, lui donnant la chair de poule ou peut-être était-ce le froid hivernal, puisqu’elle était sortie sans gilet ou manteau. Croisant ses bras contre sa poitrine, Lavinia s’apprêta à demander à Aloysius, une première et dernière fois, s’il était sûr de vouloir faire ça lorsque qu’un son pas si lointain que cela s’éleva avant qu’elle n’ouvre la bouche. Ce rire…

« Non… »

Bien sûr qu’elle venait de l’entendre. Ce n’était pas un non par rapport au fait d’avoir entendu, mais plutôt ce qu’ils avaient entendu. Ce n’était pas possible ! Pourtant ce son était exactement le même et son doute ne pouvait qu’encourager d’avantage Aloysius à filer. C’était ce son qui l’avait perturbé ? Probablement… Il avait de quoi troubler oui, mais il avait dit vu… Lavinia le voit s’avancer et entrer à l’intérieur alors que sa raison lui hurle de l’attraper et de rebrousser chemin ensemble.

« Aloys… Ce… Ce n’est pas possible… »

A son tour, Lavinia entra à l’intérieur et découvrit que celui-ci ne semble ampli que de miroirs et de glace, pourtant ça ne la rassure qu’à moitié. Elle ne pouvait pas l’expliquer, mais elle ne se sentait juste pas bien en ces lieux. Tous ses sens étaient en alerte, alors que l’angoisse que tout recommence l’envahis de plus en plus. C’est à ce moment que ses yeux bleus lui jouent un très vilain tour. Quelque chose venait de passer face à Aloysius. Quoi ou Qui ? Non non non non! C’était juste impossible ! Scientifiquement et temporellement parlant. Il le savait. Elle le savait. Un nouveau rire ébranle cette certitude… Comment était-ce possible que se soit exactement le même son ?! Un léger détournement de tête et ce n’est plus une ombre qui passe à toute vitesse mais bel et bien une hirondelle. Son regard se tourne vers Aloysius. Il était toujours là, il ne s’était pas transformé. En l’espace de quelques secondes Lavinia perdit de vue la réalité actuelle comme si son inconscient la propulsait dans le passé. Elle n’avait pas rêvé cette nuit là ! Ce n’avait malheureusement était ni un rêve ni une illusion mais l’horrible réalité. Cet oiseau ne pouvait pas être l’autre hirondelle. Ce ne pouvait pas être Lydie, la sœur jumelle d’Aloysius et sa meilleure amie… La seule Ymbryne qui la comprenait, qui pensait pareil… Qui n’était plus de ce monde. C’était impossible !

Secouant négativement la tête comme pour se réveiller, refusant de croire ce que ses sens avaient crus voir et entendre. Ce devait être une ruse quelconque pour attirer les syndrigastis à l’intérieur et ils étaient tombés en plein dedans. Elle ne voyait pas d’autre explication possible et logique. Néanmoins, son hirondelle fila à la poursuite de l’oiseau. Lavinia tenta bien de le retenir.

« Ce n’est pas elle ! C'est impossible! »

Rien à faire. Lavinia finit par le suivre. Elle ne pouvait tout simplement pas rester là et le laisser partir tout seul. Hors de question de mourir une fois de plus d’inquiétude et de le laisser revivre tout ça. Elle acceptait de prendre sur elle, d’endosser des souffrances seule qu’elle ne devrait pas, mais pas lui. Il avait déjà supporté beaucoup trop. Alors qu’elle courrait à quelques mètres derrière lui pour le rattraper, après un croisement Liv poussa un cri de surprise. Un bloc venait de sortir de sous terre, tel un geyser de glace, lui bloquant le passage. Elle ne pouvait plus rejoindre Aloysius et cette copie, car elle ne voulait –ou plutôt ne pouvait- pas croire qu’il puisse s’agir de Lydie. Elle ignore s'il pouvait l'entendre, mais elle tenta tout de même le coup avant que la distance entre eux soit trop grande.

« Aloys, n'oublie pas! Et sois prudent... S'il te plaît. »

Il ne fallait pas oublier cette nuit, cette affreuse nuit dont tous les survivants voulaient oublier et s'attelaient à le faire quotidiennement, en secret souvent. Douloureux, insupportables souvenirs parfois, mais réels. Lavinia allait devoir s'y accrocher même si pour le moment, la volonté n'y était pas trop comme on pouvait s'en douter à ses derniers mots qui s'évanouirent en un murmure alors qu'elle tourna le dos au bloc pour s'y appuyer. C'était dur. Ils étaient séparés et perdus dans ce qui semblait être un palais de glace hivernal maintenant qu’elle observait les alentours. N’était-ce qu’une attraction ou les avait-on intentionnellement séparés ? Lavinia n’en savait rien, mais elle était bien capable d’être paranoïaque à force de s’imaginer et de voir le mal partout. N’empêche, de telles actions n’aidaient pas à penser qu’il s’agissait juste d’un hasard d’une attraction. Que faire à présent ? A part jouer le jeu et chercher un autre chemin, Lavinia ne voyait pas d’autres solutions ou issues, que ça lui plaise ou non…
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Mer 1 Fév - 19:00

I'm the ghost in the back of your head

- It's future rust and then it's future dust -

Les mots sont occultés, oreilles comme devenues sourdes de tout raisonnement. Je garde tout de même un œil en l'air, repérant une déchirure dans le sommet de la toile, assez grande que pour m'y faufiler en cas de problème. Aucune possibilité n'es laissée au hasard, plans de replis calculées avec soin. Ces syndrigastis n'oseraient pas déclencher une guerre, pas ici, pas alors que nous étions en force, pas alors que nous avions l'expérience de ce genre de pièges, c'était trop flagrant, ridicule et trop gros pour que ce soit le cas. La paranoïa s'envole, continuant de laisser mes pas me guider, cherchant entre les murs, peu importe qu'il s'agisse d'une illusion ou non, je devais la voir, affronter son regard. C'était impératif, viscéral, obsessionnel.

Je prend soudainement conscience que Lavinia me suivait depuis le début, désormais derrière un mur palpable qui nous séparait. « Sors d'ici, rentres au refuge, tu seras plus en sécurité. Je te rejoindrai. » Le ton est à nouveau sec, emprunt d'une inquiétude palpable, lui en voulant d'avoir mis les pieds ici, de m'avoir suivi jusqu'au bout, de risquer les ennuis alors que la glace commence à se mouvoir. Elle ne volait pas assez vite, n'avait pas encore retrouvé toute son agilité. Cependant, je ne prends pas la peine d'attendre une quelconque réponse, reprenant la course et déambulant de pièces en pièces, prenant soin de rester attentif sur les orientations choisies, restant une véritable boussole vivante à l'instinct d'orientation quasi infaillible.

Cette voix me rend fou, me nargue, semble à la fois s'approcher et s'éloigner, me sentant comme un pantin qui n'était plus en paix avec lui même, tiré par les fils étranges en jouant avec ses souvenirs. Mon sang ne finit par faire qu'un tour, tambourinant à mes oreilles alors que les regards se croisent, se confrontent, que son sourire s'esquisse et me fait défaillir. Je me décompose face à l'impossible vision qui se dresse à quelques mètres. Miroir parfait de ma moitié qui me fait tanguer, genoux heurtant le sol alors de la plaie se fait béante, incapable de tenir debout une seconde de plus. L'air me manque alors que je ne rêve que de hurler, crier à plein poumon, la ramener à moi et l'étreindre en suppliant son pardon. Lydie. Ma Lydie. Ma moitié. Je n'avais pas su la protéger. Je n'avais pas su la sauver. Pas su la retenir ce soir là. Pas su l'en empêcher. Tout ça à cause de mon imprudence, mon impulsivité, vouloir jouer avec le feu un peu trop tôt. Ma Lydie. Elle serait là aujourd'hui si je n'avais pas fait l'idiot. Je l'ai poussé dans la tombe et c'était probablement pire que toutes les tortures endossées durant cette captivité. M'obligeant à l'oublier, ne pas la pleurer, à rester un pilier de marbre inébranlable durant près d'un siècle et demi, à se dissimuler derrière mon optimisme. C'en était trop.  

Je m'enserre dans cette impression de me briser en morceaux, de tomber en poussière sur le sol, me replie douloureusement alors que la vision se brouille, s'humidifie, perles salées roulant le long de mes joues. J'en viens à la supplier d'être là, de ne pas être une illusion factice qui danse, ne pas être uniquement une image tirée de ma mémoire. La mâchoire se crispe, retenant une plaine tant bien que mal, laissant tout de même un gémissement s’échapper. Je reste incapable de l'affronter, demander son salut, la supplier du regard, la détailler pour me remémorer le moindre de ses traits. Je me retiens alors que l'hirondelle tente de prendre le pas, me hurle de me fondre dans mon second instinct et nature plus rassurante, rejetant violemment mon manteau de plumes et ma seconde nature comme un enfant le ferait avec son jouet favori lors d'une crise. Je ne veux pas. Pas maintenant, ne le supporte pas alors que c'est entièrement la faute de cette maudite particularité depuis le début. Rien de tout cela ne serait arrivé si je n'en avais pas autant abusé, si je ne me vantais pas de mes ailes, si j'avais hérité de la particularité plus discrète de notre père. L'hirondelle l'avait conduit à sa perte.  
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Sam 4 Fév - 10:23

I'm the gost in the back of your head

- If you do not make peace with your past, it will keep showing up in your present-

Lavinia n’avait pas entendu la nouvelle recommandation d’Aloysius. L’ara bleu s’était déjà envolé. Enfin, façon de parler. Lavinia préférait toujours sa forme humaine, surtout dans de telles situations, elle s’y sentait plus à l’aise, plus à même de tous ces moyens. Elle était encore trop fébrile sous sa seconde forme. C’est donc en tant qu’humaine Ymbryne que Liv chercha un autre chemin qui pourrait la mener vers Aloysius, car elle était butée. Elle ne le laisserait pas seul sous cette tente dont ils ne savaient rien et cette apparition d’hirondelle l’inquiétait toujours. Malgré ses sentiments ébranlés, Lavinia se força à se concentrer que sur les alentours, en quête d’un passage. Les bras tendus face à elle pour éviter de ce prendre un miroir en pleine figure, c’est qu’ils se camouflaient très bien à la glace et au bout d’interminables minutes et de virages à gauche puis à droite, puis rebroussement de chemins car cul de sac, Liv comprit qu’elle était totalement perdue dans ce labyrinthe.

Alors qu’elle pensait avoir enfin trouvé le bon chemin, Liv se retrouva au beau milieu d’une salle remplie de miroirs. Contre toute attente ce n’était pas son reflet qui se reflétait dessus, mais celui d’une toute autre silhouette qui malgré les années écoulées lui étaient très familière. Elle était seule dans la pièce… Impossible. Ce mot se répéta sans cesse dans son esprit alors que la myriade de miroirs autour d’elle lui renvoyait l’image de Lydie. Impossible. Ce ne pouvait être qu’un mirage, une illusion. Ce n’était tout bonnement pas possible et pourtant il n’y avait aucun doute possible. C’était parfaitement son reflet. Ses gestes, ses vêtements, l’attitude, ses expressions et ce sourire… La vue de Lavinia se brouilla. C’était bel et bien elle et ce souvenir était bien trop douloureux. La revoir ainsi comme si de rien était, comme si elle était toujours de ce monde parmi eux. La culpabilité et l’impression de ne pas en avoir assez fait commencèrent à l’envahir peu à peu et à la faire sombrer comme ces cauchemars qui l’empêchent de dormir depuis ce jour fatidique ou comme avec Katsyarina qui rend réalité ses cauchemars. Traumatisant, intrusif, si réel mais ce n’était toujours qu’une illusion. C’était similaire !

Et c’est probablement grâce à ces entraînements, certes intenses et mentalement épuisants, qui empêchèrent Lavinia de sombrer et de reprendre le dessus. Alors que ce rire, ressemblant trait pour trait à celle de Lydie, résonnait  dans la salle, Lavinia se força à faire comme avec Katsyarina, à ce détaché de cette fausse réalité dans le sens but de trouver quelque chose –ou un moyen- pour stopper le processus. Avec Katsyarina, c’était différent. Cette dernière finissait par tout stopper puisque le but était de l’entraîner à contrôler sa particularité et non à tourmenter intentionnellement Lavinia ou les syndrigastis. Donc, pendant ce laps de temps où Liv faisait de son mieux pour faire abstraction, elle chercha du regard quelque chose qui pourrait l’aider, car elle ne tiendrait pas longtemps. Ses yeux finirent par se poser sur un objet glacé, comme tout ce qui était sous cette tente. Ce dernier pourrait faire l’affaire. Sans y réfléchir d’avantage, alors que le rire entêtant se change peu à peu en cette vois suave qui fit ruisseler les larmes de Lavinia, elle récupéra l’objet et osa fixer ces miroirs gelés face à elle. Regarder une dernière fois Lydie…

« Tu n’es pas elle… Ce qui est fait est fait, c’est irréversible… Aucun retour en arrière est possible… Tu n’es pas réel. Lydie ne torturerait pas ses êtres chers pour qui elle a donné la vie ! »

Accompagnant ces derniers mots, Lavinia brisa le premier miroir, faisant fit des éclats. Sept ans de malheur et plus ce n’est rien quand on vit l’éternité à l’infini. Lavinia ignorait si son action allait affecter tout le palais des glaces, Aloysius ou que cette pièce, mais aussi déterminée que brisée de l’intérieur, elle continua de casser chaque miroir de la pièce pour se libérer de cette illusion trop dur à supporter. Puis elle ne pouvait rester coincée ici. Au moins le reflet de Lydie rendit sa détermination encore plus forte. Liv se doit et veut respecter sa promesse. Ces dernières paroles qu’elle a eu avec sa meilleure amie. Protéger leurs êtres chers. Pour les syndrigastis, pour Aloysius. Pour elle et en mémoire de Lydie.

Lorsque Lavinia brisa le dernier miroir de glace, elle ne prit même pas la peine de se poser quelques minutes en remarquant qu'il y avait un passage. A la différence des autres qui menaient à un mur, derrière ce miroir se trouvait un passage. Ne se posant pas plus de questions que cela et sachant qu'il était préférable d'avancer plutôt que de rebrousser chemin et de tourner encore en rond, Liv lâcha l'objet et s'engouffra dans le passage en faisant attention à ne pas se couper. Elle n'avait aucune envie de se transformer en oiseau, ce n'était pas du tout le moment! Au bout de quelques mètres, Lavinia se retrouva dans une toute autre pièce, mais celle-ci n'était pas vide. C'était la pièce où se trouvait Aloysius.
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Dim 12 Fév - 22:30

I'm the ghost in the back of your head

- It's future rust and then it's future dust -

Le réveil ne vint pas. Doux cauchemar aux ficelles menaçantes, cordes m'entravant, me retenant dans un paysage onirique qui n'a rien d'irréel. Malaise. L'air circule difficilement, le souffle s'entre-coupe, ne semble plus vouloir entrer dans mes poumons. Angoisse. Je ne retrouvais pas la douceur d'un oreiller, la chaleur d'une couverture au coin du feu. Désorientation. Sentiment de perdition dans ce chaos, incapable de me situer, de percevoir autre chose que cette illusion malsaine qui continue de hanter les lieux, fantôme vengeur venu me narguer. La glace n'est plus que du détail superflu, tout comme la tente, cette fête foraine monstrueuse aux allures de foire aux monstres qui ne faisait qu'amplifier le vertige depuis le début. Si ennemi il y avait, il venait de me mettre à terre, de tirer la flèche parfaite qui, cette fois, n'avait pas manqué le centre. Vulnérable.

Les doigts se crispent, tentent une ultime fois de rattraper les miettes, me faire reprendre pied, rassembler les éclats, faire fuir les rémiges, les éloigner, les rejeter, entrant en véritable conflit face à l'oiseau qui ne demande qu'à filer, disparaître le plus loin possible, dévorer l'homme et sa complexité, laisser l'instinct primaire diriger, enchainer les kilomètres sans penser, mettre le maximum de distance entre les souvenirs et moi. Il est soudainement devenu ennemi, fourbe, diable tentateur alors qu'il est le responsable, nous scindant en deux, ne contribuant qu'à me mettre au tapis, hurlant de plus en plus de me laisser aller.

Le temps s'effondre, donne cette impression désagréable de s'être écoulé durant des heures, des jours, des semaines, mais aussi, seulement de quelques fractions de secondes. Notion du temps, une chose bien trop paradoxale dans un éternel renouveau sans fin. Combien d'années cela allait-il encore durer ? La fuite, le déni, la façade, le refoulement. C'était ridicule. Ridicule de se laisser ainsi aller après tant de jours écoulés, tant d'années qui ont embaumées les plaies au point de ne plus rien reconnaître du monde d'aujourd'hui. Le goût est amer, tant de jour vécus, boucle devenant une véritable prison, une bulle à verre sans jamais vraiment pouvoir vivre. Une cage dont les barreaux devenaient les aiguilles. A la fois si jeune et si vieux. La silhouette fantomatique remet tout en doute, miroir d'une vie qui devrait être toute autre, d'une réalité qui serait idéale. Trop de temps à l'avoir oublié, à avoir perdu son sourire si doux de ma mémoire, amnésique menteur qui occulte ce qui l'arrange. Si je n'avais pas laissé l'oiseau prendre le dessus, là était toute la condition fondamentale, toute l'origine du problème.

Son de pas, nouvelle silhouette en approche. Enfin je suppose, plus occupé à tenter de ne pas tomber en poussière, à ce que chaque particule de mon corps ne s'envole tels des grains de sables, emporté dans une brise glaciale. Je ne parviens même plus à sentir le froid du sol sous mes genoux, extrémités et peau à l'air libre me donnant cette impression d'engourdissement, malaise douloureux qui donne cette impression que j'étais en train de mourir. Les doigts finissent par se cramponner aux tissus de la robe, capturant les jupons en approche et désormais à portée, je la tire à moi, à terre, m'effondrant sur l'Ymbryne à qui le me cramponne tant bien que mal, retenue en otage, restée malgré mes tentative de la repousser, de l'éloigner, de la protéger. Ma Liv, beaucoup plus forte en cet instant. Je me noie contre elle, peinant à reprendre mon souffle, sécher les quelques larmes qui perlent et roulent, cherchant à en faire mon pilier, mon repère, ma bouée. Ma Liv, toujours dans mon ombre depuis ce jour là, je n'ai fait que lui mentir en feignant que les choses allaient pour le mieux, qu'elles ont toujours bien été, que je n'étais qu'un éternel optimiste.
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Mar 21 Fév - 5:45

I'm the gost in the back of your head

- If you do not make peace with your past, it will keep showing up in your present-

Tout juste arrivée dans cette nouvelle pièce, Lavinia eut à peine le temps de regarder et de comprendre qu'elle avait enfin atteint son but premier, qu'une force l'attira précipitamment et désespéramment à terre. Aloysius. Il l'avait retrouvé ou elle l'avait fait. Un peu des deux à vrai dire. Chamboulée par ses émotions et étouffée métaphoriquement par la vue d’Aloysius dans cet état. Perdu, angoissé, triste, meurtri… Pour la première fois, Lavinia resta sans voix. Ne trouvant pas les mots, ceux-ci ne vinrent même pas dans son esprit. Uniquement des gestes. Les mots étaient-ils réellement nécessaire en cet instant précis ? Souvent ceux-ci étaient désuets et plus vides de sens comparés à certains gestes. Ils en disaient long. Apaisants, doux et fermes à la fois, l’enlaçant pour le calmer et le réconforter au mieux, faisant comprendre qu’elle ne le lâcherait pas et qu’elle ne disparaîtrait pas. Elle resterait avec lui et sera toujours là. Du moins tant que le souffle de vie l’habitait, mais ce n’était pas le moment pour être précis.

Ils étaient tous les deux éprouvés, mais Al d’avantage. Il s’agissait de sa jumelle, pour elle, une meilleure amie. Certains trouveraient bien indécent que son chagrin soit intense voir comparable et Liv le considérait malheureusement ainsi. D’où ses sales pensées de croire qu’elle méritait de souffrir et de subir d’avantage plutôt que lui, qui avait déjà tant souffert et supportés plus de douleurs en quelques années qu’elle en avait eu dans toute son éternelle vie. De vouloir l'épargner. Lui qui l’avait protégé plusieurs fois alors que de part son rôle, de part sa promesse et de ses sentiments, c’était elle qui aurait du le protéger. Elle aurait du insister, ne pas le laisser entrer et lui éviter ça. Raviver autant de souvenirs, d’émotions et très peu de bons... Peinée, le cœur serré et lourd, après de longues minutes d’étreinte, avec la plus grande des douceurs, Lavinia déposa un baiser sur la joue d’Aloysius, à l’endroit même où quelques larmes avaient dû s’échapper. Son front effleura le sien alors que ses mains couvraient ses oreilles dans l’intention et la précaution qu’il n’entende plus ni ce rire ni ces piaillements si joyeux et synonyme de bonheur d’autant, et qui aujourd’hui résonnait comme une lancinante et nostalgique torture.

« Schh… Respire. Doucement. Ça va aller. » susurra-t-elle d’une des plus suaves et bienveillantes, malgré le tremblement de celle-ci. Lavinia faisait de son mieux, mais elle n’en restait pas moins humaine, touchée et affaiblie par cette glaciale illusion si réelle.

« On va trouver une sortie, d’accord ? Il n’y a plus rien pour nous ici... »

Lavinia aurait pu être plus précise. Nommer cette hirondelle, prononcer son prénom, se remémorer le passé et discuter du présent, mais ce n’était pas la priorité. Pour leur sécurité, tant physique, émotionnelle et psychologique – surtout ces deux dernières – Liv considérait et préférait qu’ils sortent de cette tente. Seule solution et échappatoire possible d’après elle en cet instant où réfléchir, se concentrer et faire abstraction de ce qui les entourait, était devenu une épreuve bien moins aisée qu’a l’accoutumé. Hors de ces sournois miroirs gelés, ils pourraient discuter ou tout simplement se remettre de tout ça et y mettre un terme une bonne fois pour toute ou du moins mettre un pied devant l’autre. Avancé serait déjà un bon début.
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MessageSujet: Re: « I'm the ghost in the back of your head » DEFI II ❧ Ft. Lavinia   Ven 24 Fév - 12:36

I'm the ghost in the back of your head

- It's future rust and then it's future dust -

Prison de chaire qui se complète pour mieux tenir debout, remettre en place les éléments qui venait de s'écrouler. Gestes  miroir qui ne font que consolider dans l'étreinte un tant soi peu réconfortante, doux pilier de réalité qui reprend le pas, reviens peu à peu, semble apaiser un brin l'incendie provoqué et dévastateur. Il n'y a pas besoin de mots, jamais eu besoin de mots, sa souffrance aussi silencieuse que palpable restait perceptible et qu'importe ce que ses lèvres prononçaient. Elle en venait presque à me faire culpabiliser, d'avoir eu cet instant de faiblesse que j'avais tenté de reculer encore et toujours, qui n'était jamais venu, que j'avais toujours refusé de voir venir. Elle qui avait pourtant connu dans tout mes états, je refusais simplement qu'elle voie celui-ci, trouvant ça égoïste de le lui infliger, pas alors que la plaie était similaire. Elles avaient été sœurs, c'était indéniable, un fait avéré, bien que dans le sens métaphorique de la chose. Je n'avais été que l'élément perturbateur, l'hirondelle en cavale qui ne faisait que déposer des Syndrigasti devant leur porte avant de filer à nouveau dans le vent, celui qui avait mis les premières pièces d'un engrenages vicieux et sans même le vouloir dans un mécanisme qui provoquerait une fin tragique.

Tenter de reprendre son souffle, respirer. Qui l'eut cru qu'une chose aussi simple et automatique, inculquée et dans nos gènes depuis la naissance, pouvait-être paradoxalement si difficile. Se reprendre, faire passer le mal pour une douce illusion. Les doigts cherchent sa nuque, la caresse d'un pouce. Esquisse à peine perceptible d'un sourire forcé à ses murmures. Le reste est ravalé, cherchant l'égo qui venait de tomber plus bas que terre. Rassurer Liv. Le reste attendrait et importait peu. Effleurer sa joue, embrasser son front pour y laisser une marque invisible et indélébile.

Le tout était désormais de faire fonctionner les jambes, tenir debout alors que la gravité me donnait cette impression d'avoir augmentée. J'irai bien. Je le devais. Une nouvelle obsession qui me passait en tête, cherchant à retrouver le mur inébranlable et indestructible, celui qui fuit les problèmes et les souvenirs comme ça l'arrange, un parfait menteur. Le premier pas est le plus dur, enlaçant les doigts chaleureux de Lavinia après avoir déposé ma veste chaude sur ses épaules, ne lui laissant pas l'occasion de protester, prenant soudainement conscience qu'elle risquait d'attraper froid pour être sortie dans cette tenue, de m'avoir emboité le pas sans même prendre la peine de se couvrir correctement alors qu'elle savait très bien qu'elle ne supportait guère l'hiver, qu'il nous était ennemi naturel et qu'elle n'avais pas appris à le dompter comme je l'avais fait.

« Je vais bien. » Mensonge, déformation de la réalité une nouvelle fois comme elle m'arrangeant, regard s'affirmant pour paraître crédible malgré l'épuisement émotionnel de la journée. Encore fallait-il le croire, alors que j'affichais ce corps, cette face, dans une situation qui m'aurait incontestablement pousser à m'envoler, à me protéger de par mes plumes et ma petite taille. Aujourd'hui je resterai homme, dans cette sensation désagréable de ne pas être en accord, ne pas pouvoir arriver à changer.

Mes pieds nous guide, d'instinct, malgré que tout s'embrouille. L'orientation reste mon terrain de jeu de prédilection malgré tout, accélérant le pas malgré le sol glissant, manquant de tomber à deux reprise avant d'enfin entre-apercevoir la sortie libératrice. Je préfère me concentrer sur mes pas, arrêter de penser, passer en marche automatique comme le vol avait tendance à faire dès que le sommeil prenait le pas, éviter de croiser une fois de plus les silhouettes ou les tentes, éviter d'affronter les regard de Liv que j'entraine loin de toute cette mise en scène. J'ignore si j'avais envie de véritablement rentrer, que les pas cessent et interrompent le vide créé pour occulter. Demi-sourire en direction de l'Ymbryne, la rassurer, continuer de caresser le dos de sa main en ignorant lequel de nous deux avait le plus besoin de ce geste en cet instant.
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