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 This spicy afternoon (FT.CAMILLE)

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Marie Balmain

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- Arrache coeur -
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❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
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MessageSujet: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Mar 17 Jan - 12:49

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- Camille Barthélémy & Marie Balmain -

« Bon alors, c’est quoi ton idée? »


Chuchotais-je à Camille, tandis que je versais un peu de vinaigre dans le thé de l’après-midi. Qu’est-ce qu’on en fait, des crétineries, lorsque nous sommes ensemble! Si père et mère me voyaient, je me ferais taper sur les doigts.

Nous nous étions faufilés dans la maison, tout en vaillant à échapper au regard des Ymbrynes. Évidemment, elles savent que les associés Marie et Camille ne font jamais bon ménage. Nous avons toujours une idée farfelue dans la tête.

J’ai été éduquée afin de devenir une femme droite, confiante, et plein de bonnes convenances. Et c’est comme cela que je me comporte en présence des autres, sauf de ce petit garnement. Peut-être est-ce car Camille et moi, nous nous comprenons. Même si nous n’en parlons que très peu, et jamais sérieusement, nous savons l’un comme l’autre la frustration que procure le manque de contact avec les autres : Ne jamais enlacer quelqu’un sans avoir peur qu’un morceau de peau entre en contact avec celle de l’autre, ne jamais embrasser, ne jamais avoir de relation plus poussée. Nous faisons peur aux personnes, ils ont un peu de dédain à nous approcher, à risquer de nous toucher. Et comme je les comprend.

Je chassais ces idées déprimantes de ma tête, qui mettaient un voile de mélancolie autour de mon cerveau. Plus je pense à tout ça, plus je me sens maudite, seule, et à fleur de peau.

Afin de ne pas nous faire voir par quelqu’un, nous nous déplaçons à petits pas dans la maison. Comme disait si bien mon père, lorsque je faisais des bêtises plus jeune, « nous n’avons rien à craindre de ceux qui crient, ce sont les silencieux qu’il faut surveiller ».  Dans tout circonstance, je n’avais jamais plus entendu juste phrase que celle-ci.

Je tenais ma paire bottines dans la main gauche, afin d’éviter de faire trop de bruit.

« Ce matin, impossible de me lever. J’ai lu jusque si tard que je n’ai pas pu me réveiller tôt. »

Lui racontais-je, afin de faire la conversation. Je suis d’ordinaire à parler peu, mais qu’il est fluide et reposant de parler avec Camille.

J’entendis les première gouttes de la pluie de 14h27. Toujours à l’heure, comme tout le reste.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
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Camille Barthélemy

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- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Lun 20 Fév - 18:29

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Marie & Camille
You ever love someone so much you thought your little heart was gonna break in two? I didn't think so. You ever tried with all your heart and soul to get you lover back to you? I wanna hope so.


"Vraiment ?"

Je me contente d'hausser un sourcil en entendant Marie m'expliquer pour je ne sais quelle raison que sa nuit fut courte en raison d'un livre plus passionnant et plus attrayant que les bras de Morphée. Faussement intéressé et attentif à ce qu'elle peut me raconter, j'avoue rapidement naviguer dans mes pensées, préférant avoir un soupir tandis qu'au loin, j'observe la pluie lentement commencer à rouler le long des carreaux de la demeure. "14h27." dis-je simplement, les bras toujours croisés sur ma poitrine. "En retard pour le thé." Un soupir glisse d'entre mes lèvres et une fois les poumons vidés de cet air qui me semblait presque trop lourd à respirer, je pose à nouveau mes prunelles sur la silhouette de ma partenaire, arquant à nouveau un sourcil avant de glisser deux doigts sous la bouteille de vinaigre qu'elle vide pour l'instant dans le thé que les Ymbrynes devraient venir boire d'ici quelques minutes à peine, en conversant sur le temps qui éternellement, se fait plus que désagréable en cette heure de la journée. Un moment qu'elles passent à se plaindre comme les vieilles pintades qu'elles sont qui va être gâché par le vinaigre que je lui fais allègrement vider dans la théière tout en arborant fièrement ce sourire de sale gosse qui m'a plus souvent apporté des gifles que de douces caresses.

"La lumière venait donc de chez toi."

J'esquisse une moue amusée tandis que mes doigts glissent bien loin de la bouteille à moitié vide qu'elle tient encore. Mon regard se pose sur l'assiette de biscuits au beurre qui sont sagement empilés non loin du plateau de thé et si j'hésite un instant à en prendre un, je me retrouve à croquer dans l'un d'entre eux l'instant suivant, mâchant simplement en regardant par la fenêtre. Du bout des doigts j'essuie les quelques miettes qui se trouvent sur ma lippe et une fois écoeuré par le goût des sablés, je le repose négligemment sur la pile, reprenant d'un ton plus rêveur que je ne le voudrais.

"Je me demandais qui pouvait bien veiller si tard...." Je prends une légère inspiration puis soupire, ne voulant pas qu'un silence puisse s'installer entre nous et décider de rester. "J'ai bien faillis venir toquer à ta porte." J'esquisse un sourire et croise son regard. "Bon bien sûr, si ça aurait pu être agréable pour moi de te voir éventuellement en chemise de nuit, je pense que tu aurais moins apprécié de m'entendre pester en te disant que tu étais la raison qui faisait que le sommeil me fuyait."

Qu'il est facile de feindre pour dissimuler la vérité. Au fil des années, mentir est devenu une autre façon de respirer et si j'étais sincère en lui disant que j'ai un instant hésité à venir déranger sa lecture, ce n'était pas par envie de passer mes nerfs sur sa personne mais plutôt de trouver quelqu'un avec qui je pourrais tromper l'ennui et la solitude qui me hantaient en cette énième nuit que je devais passer sans Gustave à mes côtés. D'un battement de cils, je chasse le souvenir de ce jumeau qui dans ses bras me prenait le soir et déposait sur mes tempes quelques baisers quand ses doigts ne se promenaient pas sur mes côtes pour m'arracher quelques sourires, préférant me concentrer sur celle avec qui je devrais commettre milles et un méfaits dans l'espoir d'être enfin remarqués et appréciés à la juste valeur qui est la nôtre. Durant quelques secondes, je l'observe, prunelles ancrées aux siennes, me disant avec regret qu'elle n'a pourtant rien de Gus et que malgré les similitudes que nous partageons elle et moi, je ne cesse de la comparer avec ce frère que l'on m'a arraché il y a des années. Et depuis, je feins des amitiés avec le peu de personnes que je tolère à mes côtés, acceptant l'aide de certains quand il s'agit de semer le chaos dans la maison, jusqu'à Marie, que j'ai su étrangement plus apprécier et supporter que les autres, sûrement à cause de sa particularité qui la met dans une situation  malheureusement similaire à la mienne. Je glisse une main dans mes cheveux, disciplinant vaguement ma crinière avant d'esquisser un vague sourire.

"Enfin, je ne vais pas te blâmer de tout, sinon tu finirais comme tout les autres par commencer à te plaindre et j'avoue ne pas avoir la force pour ça aujourd'hui..." Je pince les lèvres, esquisse une vague moue amusée avant de lui susurrer à moitié. "Je crois que tu en as terminé avec le thé, tu ne voudrais pas que ça déborde non plus."

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He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Mar 21 Fév - 19:01

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- Camille Barthélémy & Marie Balmain -

C’était une habitude de le voir pester, piquer, provoquer ses compagnons. Souvent signe d’une souffrance enfouie, d’une douleur que l’on ne souhaite pas voir s’étaler au grand jour. Je le comprend, car j’emmagasine bien des pensées en moi, que je me contente de fuir en me réfugiant dans la solitude et dans la lecture. Le simple fait de se perdre dans le temps, de savoir que le monde continue de vivre autour de nous engendre chez nous, les particuliers enfermés dans la boucle, une frustration et une sensation de vide. Notre vie est bien trop longue. Il y a malgré tout cela les vestiges du passé que nous avons laissé derrière nous; notre famille, nos souvenirs, notre mort. Il est presque impossible de croiser un Syndrigasti heureux, surtout en 1941, où les mines des humains et les sons des bombes casse le moral de tout être vivant.

« Tu es toujours bien effronté. » Un petit rictus se dessinait sur mes lèvres, petite marque affection dont il était un des rares bénéficiants. Nous portons tous des masques pour nous protéger des autres, pour nous empêcher de faire face à notre propre réalité, pour nous faire pénétrer dans une illusion dont nous sommes des gens bons ou mauvais, un masque qui ne laisse paraître que ce que nous devons ressentir pour interpréter au mieux notre incarnation fictive. Tout le monde rêve de croire que ne sommes le héros ou le méchant d’un fabuleux et interminable roman. Pour ma part, je n’aime pas l’idée de vivre dans une vision utopique, je ne suis pas assez courageuse pour me former un déguisement. Je préfère m’isoler, écrire ma peine sur un morceau de papier et être le personnage mélancolique que je serais jusqu’à la fin de ma vie. Personne ne s’en est jamais plaint, car je ne dérange aucun être en agissant de la sorte.

« Cesse de me cracher ton venin, tu sais bien que je ne pleure jamais sur tes si jolies paroles. » Je lui lançais un clin d’oeil amusé. J’avais appris à comprendre qu’il a tant besoin de se complaire dans une marginalité, se sentir seul et apprécié de personne. Je l’acceptais sans rechigner, après tout c’est ce qui faisait tout le charme du personnage. Je comprenais que son caractère ne puisse plaire qu’à une petite poignée d’individus, ce n’est pas facile d’apprécier quelqu’un qui vous souhaite bien des disgrâces si vous terminez les céréales du matin.

« Oui, oui, je m’emporte. » Fis-je en relevant la bouteille, que je m’empressais de reboucher et de ranger à sa place initiale. Le crime était commis, il ne restait plus qu’à attendre les participants du thé de l’après-midi. Les Ymbrynes feraient une tête à en mourir de rire lorsque qu’elles boiront leur première gorgée de la boisson.  Je pris appuie contre la table, croisant des bras tout en faisant face à Camille. Je jouais des épaules pour montrer la fierté que j’éprouvais face à la situation. C’était ridicule, digne d’une jeune adolescente. Tout ce que je représente en présence de ce vieux roublard de Camille.

« Tu ne me verras jamais en chemise de nuit. Tout peux tout de suite bannir ce fantasme de ta petite tête. » J’haussais un sourcil et abordais un regard provocateur. Le taquiner m’amuse toujours, car il ne cesse d’y répondre. Bien sûr, il n’y avait rien à prendre au sérieux dans nos propos, nous n’étions pas les plus grandes références en matière de relation. « Par contre, si c’est pour pester à propos de Right, je serais toujours présente. » Il n’est pas si méchant que ça, le jeune homme, et j’ai tendance à penser que leur deux caractères pourraient bien s’assembler, bien que Left soit toujours présent pour calmer le jeu.

« Passe en moi un. » Demandais-je en indiquant les biscuits d’un signe de la tête. Nous ne sommes pas habitués à nous parler poliment, c’est un attrait qui à déteint du mauvais langage de Camille. D’ordinaire très respectueuse, n’importe qui semblerait dérangé par mon subite manque de politesse. Cela ne l’a jamais dérangé, puis un « s’il te plait » et un « merci » à l’air de toujours lui trancher les cordes vocale, alors j’agis de même. Je ne sais pas si j’en suis incommodée ou si je m’en moque totalement, je préfère ne pas me poser la question.

« Tu ne penses pas que changer d’air te ferait un peu de bien? Tu me sembles de plus en plus lassé. » Peut-être parlais-je plus pour moi. Voyager pour un temps, partir se ressourcer dans une autre boucle n’est pas une décision facile à prendre. Nous ne sommes pas de grands aventuriers pour la plus part, de nature plutôt sédentaires. Mais cette boucle, aux rues jonchées de gravats, ces visages de centaines de Londoniens apeurés qui arpentent chaque jour le sol du métro, cette atmosphère stressante et déprimantes que le ciel nuageux n’arrange sûrement pas. Rien de tout cela ne rend heureux un particulier, nous qui voyons chaque jour cet interminable 22 mars 1941.



evanescence

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Camille Barthélemy

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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Mar 28 Fév - 15:49

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Marie & Camille
You ever love someone so much you thought your little heart was gonna break in two? I didn't think so. You ever tried with all your heart and soul to get you lover back to you? I wanna hope so.

"Effronté." Je souris et commence presque à me pavaner, relevant légèrement le menton en carrant les épaules avec sur les lèvres le genre d'expression qu'on les princes qui se savent séduisants. Effronté. J'ai envie de rire, de lui dire qu'elle est ridicule mais je me contente de faire le paon, esquissant un ou deux pas dans la cuisine tandis qu'elle me taquine, pensant attirer mon attention là où contraire, celle-ci se disperse au loin avec mes pensées vagabondes. Par la fenêtre, j'observe la pluie rouler le long des carreaux et battre le pavé tandis que pour mon jumeau j'ai une pensée, m'interrogant sur le temps qu'il peut avoir. Je me souviens que lui détestait la pluie, ou tout du moins, ne comprenait pas le plaisir que j'avais à ainsi m'offrir aux averses qui souvent maltraitaient plus mon corps qu'elles ne le caressaient. Lui ne voyait pas le pouvoir salvateur de l'eau glacée que le ciel pleurait ou hurlait lors d'orages qui pourtant m'effrayaient quand ils n'étaient pas des excuses pour me glisser dans les bras de ma moitié. Lui ne sentait pas que l'eau, presque amoureusement me lavait de ce poison qui perlait sur ma peau, lui ne comprenait pas que sous les déluges du ciel, je redevenais un enfant que l'on pouvait toucher, effleurer et désirer sécher. D'un battement de cils, je chasse une perle d'eau que je pense sentir couler le long de ma paupière, revenant à moi au moment-même où elle s'arrête enfin, avouant ce que j'estime être un des défauts de sa personne. Un rictus délicat s'esquisse sur mes lèvres alors que je me tourne vers Marie, lui faisant de nouveau face.

"Comme d'habitude."

Nos regards se croisent et avant que je n'ai le temps de cracher un peu plus de venin sur celle qui doit être la seule à me supporter pour ce que je suis, voilà que j'hausse un sourcil face à sa bravade qui si au mieux m'amuse, m'agace étrangement en cet instant. Sur ma poitrine je croise mes bras et après quelques secondes de silence, je me fends d'un léger rire quand je comprends le but de ce jeu ridicule.

"Pourquoi donc ? Tu aurais peur que je te trouve à mon goût ?" D'un sourire plus mauvais que le précédent, je dévoile l'émail blanche de ma charmante dentition. Qui aimerait après tout être dans les bonnes grâces de la vipère de la boucle, de celui qu'il ne faut pas approcher sous peine de se brûler les doigts et d'avoir sur les lèvres des regrets ? Personne. Il n'y a que les idiots qui tombent amoureux des brasiers et étrangement, ici tout le monde semble avoir un peu de raison. Ils savent qu'il faut fuir ce que je suis et si à un moment j'ai été affecté par cette réalité, j'ai finis par m'en amuser, effleurant ainsi du bout des doigts ceux que je voulais voir être tourmentés par la crainte d'être mourants. "Je t'en prie, ne me lance pas sur ce sujet-là. Ils sont dérangeants." Un frisson dévale mon échine et alors que je ravale un semblant de jalousie qui se fait bien amère sur le bout de ma langue, j'ai un léger rire alors que j'attrape un biscuit au beurre que je lui lance.

"Fais attention avec ça, tu sais ce qu'on dit. Une seconde sur les lèvres, à jamais sur les hanches."

J'accompagne son encas d'un léger clin d'oeil, n'attendant pas le merci qui ne vient jamais, préférant une fois de plus vérifier la montre à gousset qui à la poche de mon veston est accroché. Je fronce les sourcils, soupire et abandonne alors. Qu'elles ne viennent pas, ce n'est plus mon problème et à vrai dire, peut-être que cela annoncerait un changement qui pourrait enfin briser cet éternel ennui dans lequel j'ai l'impression d'être enfermé depuis des années. De nouveau perdu dans le lointain, je ne réalise mon moment d'absence qu'à l'instant où il glisse d'entre ses lèvres une question qui en plus de me piquer au vif, me fait doucement grincer des dents. Agacé, je sens ma mâchoire se verrouiller et les bras de nouveau croisés sur mon coeur, je me referme à elle, laissant naitre alors dans mes prunelles la colère froide de l'enfant au tempérament de feu que je suis encore malgré les années.

"Lassé ? Penses-tu." dis-je d'un ton railleur. "Le serais-tu, toi, après avoir passé cent-deux longues années, à croupir dans la même boucle misérable, privé de celui que tu aimes, de cette moitié qui est tienne, cet autre morceau de toi, à vivre sans cesse la même guerre ridicule que les humains se mènent sans fin, pendant que toi, tu dois faire avec une particularité qui te prive de bien des choses et une solitude qui finit par te rendre dingue, le serais-tu ?!"

Je crache à moitié les dernière syllabes tandis que le souffle court et les veines gonflées d'une colère brûlante, je sens battre à mes tempes mon coeur tel un tambour de guerre. Il me faut quelques secondes pour être capable de me calmer, et une fois un peu plus maître de moi-même, je me contente de détourner le regard lâchant un bien aride "Je ne peux partir. J'attends quelqu'un." avant de me plonger dans un profond silence, plus franchement impatient de piéger les Ymbrynes avec ce thé au vinaigre.
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Mer 1 Mar - 21:25

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- Camille Barthélémy & Marie Balmain -

Niaisement, je rougis. Les sujets ambigus ne font pas bon ménage dans ma tête. Ayant passé quatre-vingt-dix-sept longues années dans la peau et l’âme d’une extrême virginité, je me sentais facilement offensée et ridiculisée lorsque l’on me montrait un certain intérêt charnel. Bien que cela était à prendre à la légère venant de Camille, je le savais, une once de pudeur voulait s’emparer de moi. « Oh, loin de là. Je suis certaine qu’il te serait si compliqué de me résister dans mon pyjama en flanelle. » Je tentais de jouer de la situation afin de me défaire de mes a priori, chassant les mots impurs de mes pensées. Je me demandais si lui aussi se sentait quelques fois mal à l’aise de certaines avances d’autres personnes. C’est un bel homme, plusieurs femmes ont déjà dû tenter de lui faire la cour. Mais à la réflexion, il devait y prendre un malin plaisir. En effet, cela pouvait lui permettre d’user de bien des vacheries afin d’humilier encore son public.

Il me lança le biscuit le plus haut de la pile, que j’attrapais maladroitement. « Au moins, personne ne viendra me faire des avances. Tranquillité assurée. » Je le regardais inspecter l’heure sur sa montre, l’air impatient et lassé. J’imaginais que le temps devait lui sembler bien long à mes côtés. Pourtant, je ne le voyais pas réellement en d’autre compagnies que la mienne, excepté bien sûr en cas d’obligation ou de force majeure. J’avalais le biscuit en deux bouchées. « Mais il y a vraiment trop de beurre. » Contre mon gré, une mine dégoûtée se forma sur mon visage, et j’allais me servir un verre d’eau pour me rincer la bouche. Je le posais ensuite sur la table et tirais une chaise pour m’affaler dessus.

Camille s'emporta lorsque j'abordais le sujet du voyage. Je le comprends, c'est délicat et si personnelle, ces raisons qui nous poussent à fuir ou à rester dans cet endroit. Personne ne semble réellement y être heureux, et pour cause! Quelle terrible baffe que nous nous prenons, de revivre chaque jour cette terrible journée, si éloignée de l'atmosphère paisible que nous connaissons des boucles voisines. Tout voyageur tend à revenir en ces lieux, bien que peur et mélancolie soit de rigueur sur chaque visage humain. « Nous avons presque le même âge, tu sais… » Je me tue, consciente que je pouvais réveiller une rage chez Camille que je ne souhaitais pas voir apparaître. Je laissais le silence s'emparer de la pièce, nous plonger dans une ambiance glacée, gênée. Je me raclais la gorge, essayant de briser notre mutisme. « Qui attends-tu? » Je me rendais soudainement compte que la question n'était sûrement pas polie. Un soupir, voulant me taper la tête contre un mur, tant j'avais honte de la situation dans laquelle je nous avais entrainé. « Oublie, c'est indiscret. » Évitant son regard, je trouvais brusquement un certain intérêt pour le verre que j'avais posé devant moi. Camille se sent piqué aussi facilement qu'il peut être insolent à l'égard d'autrui. Apaiser cette tension était le plus astucieux en ces circonstances. J'essayais de lui destiner un sourire.

J'entendais quelques pas dans le couloir. Cela devait être enfin les Ymbrynes qui venaient, comme à l'heure habituelle - quoique en retard aujourd'hui -, prendre leur collation dans la cuisine. Alerte, je me relevais et commençais à marcher à toute hâte pour aller atteindre le versant du mur le plus proche. Je lançais un regard rapide à Camille, qui lui aussi les avait sûrement entendu. Il était passé maître dans l'art de l'entourloupe, je le soupçonnais même de reconnaître chaque particulier au travers de ses pas. Peut-être savait-il déjà qui s'approchait du lieu où le crime avait été commis. « Viens. » Je m'accroupis derrière le mur, guettant les premiers sons de leur discussion. « Ce sont-elles? » Même si après ces nombreuses années je pouvais facilement reconnaître leurs voix, l'excitation quant à leur probable réaction au moment d'avaler leur première rasade de thé me faisait monter l'adrénaline, au point de ne plus arriver à me concentrer. Je croisais les doigts pour que tout ce passe comme je l'avais imaginé, voir leur regard dégouté et surpris; qu'elles réfléchissent des heures à qui pouvait bien avoir été l'auteur de cette terrible fumisterie.

Tout sourire, je tournais légèrement ma tête vers Camille. « A ton avis, si je te touche, c'est toi ou moi qui partirait le premier? » Chuchotais-je. Là était la plus grande question que j'avais pu me poser à ce jour. Lui pourrait me tuer d'un simple contact, moi de même. La différence, c'est que je ne sais pas gérer ma particularité, et qu'il y a une chance infime qu'elle ne se manifeste même pas. Auquel cas, j'aurais l'air bien ridicule. Heureusement, autant pour lui que pour moi, nous tenions suffisamment à nos vies pour ne pas lancer de pari risqué et attenter à nos jours. Ce questionnement restera certainement sans réponse pour toujours.



evanescence

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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Jeu 2 Mar - 21:24

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You ever love someone so much you thought your little heart was gonna break in two? I didn't think so. You ever tried with all your heart and soul to get you lover back to you? I wanna hope so.

"Qui attends-tu ?" Personne ai-je envie de répondre. Plus personne. Mais ce serait mentir, ce serait proférer l'infamie de trop qui pourrait être celle qui blesserait enfin mon coeur que l'on dit être fait de verre et de pierre. Ce serait le coup de trop qui pourrait faire voler en éclats ce joyau de perfidie et de saloperie qui bat dans ma poitrine et pompe le sang qui dans mes veines s'écoule, la phrase qui ferait enfin vaciller l'être que je suis, le mensonge qui révélerait le jeune homme sous le masque que je porte pour ceux qui ne sont pas Gustave. J'ai attendu et je crois attendre encore, mais plus les jours passent et se ressemblent, plus je me fais une raison et fais le deuil de cet être aimé qui jamais ne reviendra. Les gouttes roulent sur les carreaux et peiné, me voilà à espérer que le solitude revienne m'envelopper dans son long manteau et remplace Marie que je ne suis plus certain de vouloir à mes côtés. Lentement, je ferme les yeux et prends une courte inspiration, rêvant d'un instant où seul, j'aurais le droit de me recroqueviller sous des draps frais pour longuement songer à ce vide qui ronge sans cesse mon coeur, à la manière d'un vieux molosse qui refuse de lâcher un os. Il se pose entre nous un silence que je ne désire pas rompre et encore moins combler de paroles que je trouverais vide de sens et inintéressantes. Les secondes filent et j'en oublie le thé, les Ymbrynes, Marie et la pluie, n'écoutant plus que le chant du silence, qui comme une vieille amie revient vers moi et me couvre de ses attentions familières, me rappelant d'une caresse que nous, Syngrigastis, nous sommes voués à errer seuls dans l'éternité d'une boucle que nous n'oserons jamais quitter à moins d'y être forcé. Dans les bras de celle-ci je sombre, n'y étant arraché que par les pas familiers des gardiennes de cette boucle, qui enfin, après de longues minutes de retard se décident à venir boire le thé qui depuis doit être tout juste chaud. D'un regard à Marie, je lui fais comprendre que nous devrions nous cacher, la suivant jusqu'à ce mur derrière lequel nous nous dissimulons.

"Hmm" est tout ce que je fredonne pour elle alors qu'au sol je me laisse glisser, me retrouvant ainsi assis à ses côté, à écouter les Ymbrynes sagement s'installer sur le thé et pester sur un gâteau à moitié mangé par un enfant. J'ai un demi-sourire, soupirant ensuite alors qu'en silence, j'écoute les bribes de conversation qui nous parviennent, non sans cesser de ressasser les questions et réponses que j'aurais pu avoir, celles qui auraient pris la forme du prénom de mon frère. Sans un mot de plus, je laisse les choses se faire et le thé être versé dans les tasses alors que Marie se sent obligée de déranger une fois de plus le silence avec une question qui étrangement m'arrache un léger rire.

"Tu te poses la mauvaise question, ou du moins, tu ne pousses pas le raisonnement assez loin." Je m'installe plus confortablement et expire un peu d'air de mes poumons avant de reprendre, non avoir rapidement passé ma langue sur mes lèvres. "Par contact, je ne peux rien te faire de mortel donc ce cas-là, à condition que ton don fonctionne, bien sûr, je serais le premier à partir. Par contre… Si on cherche à comparer celui qui est le plus mortel de nous deux… Je gagne." J'ai un léger sourire. "J'ai eu le temps d'y réfléchir, je dois avouer que j'ai eu peur un instant de perdre mon titre d'être le plus dangereux de la boucle mais bon… Le jour où tu pourras tuer quelqu'un en lui crachant dans la bouche, je te donnerais ma couronne sans un regret."

J'appuie ma tête contre le mur et souris en entendant les femmes non loin de nous découvrir avec horreur notre thé au vinaigre. Je manque d'éclater de rire en les entendant pester et jurer de retrouver le galopin qui a osé se permettre de jouer un tour comme celui-ci. Prudemment, je lui fais signe de me suivre et l'entraîne alors loin de notre cachette, rejoignant ainsi une porte entrouverte qui nous mène dans les jardins du domaine. Malgré la pluie, je fais quelques pas dans l'herbe humide, n'ayant qu'un frisson pour les gouttes d'eau qui déjà viennent humidifier, puis imbiber ma chemise. Je souris et ferme les yeux, faisant quelques pas sans elle.

"J'attends mon frère."

Tout n'est qu'un murmure, une délicate sonorité qui se perd dans le chant de la pluie. Je ne suis pas sûr qu'elle m'entende, mais tant pis. C'est à elle de faire attention et non à moi d'hausser le ton. L'eau glisse désormais sur ma peau et je redeviens l'enfant qui aimait courir sous la pluie et ainsi rentrer trempé, mais heureux d'avoir été libre.

"Il m'a promis qu'il reviendrait un jour… Et que nous partirions tout les deux…"
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Dim 5 Mar - 19:21

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- Camille Barthélémy & Marie Balmain -

C’est alors que j’écoutais Camille plonger dans son explication complète, digne d’un rapport d’étude de Marie Curie. Cette femme avait révolutionné le monde de la physique et de la chimie en son temps, et ma Mère l’admirait. Je soupçonnais même cette grande dame d’avoir été un de ces Syndrigastis qui ont pu échapper au triste dessein telle que notre l’existence récurrente et insignifiante. Etait-elle toujours en vie? J’aurais aimé y échapper, à cette anomalie, à ce phénomène contre nature que représente notre vie.

Je me contentais d’analyser et d’assimiler chacune des paroles de mon complice, que je trouvais très pertinentes. « Moui, je vois …. C’est tout à fait cohérent. » J’arborais un air sur joué, beaucoup trop contrefait pour sembler un brin naturel. « Alors je devrais peut-être tenter. » Je m’imaginais postillonner sur chaque personne au moment d’un bâillement, ou d’éternuer dans leur soupe du soir. Je fronçais les sourcils, plissais le nez, dégoutée à l’idée de voir se réaliser les images écoeurantes qui défilaient dans ma tête. Je chuchotais un « erk » et chassais du revers de ma main ces idées, comiques certes, mais largement vomiques.

J’entendais les Ymbrynes s’installer, croquer dans un biscuit et grogner contre le petit fripon qui avait osé croquer dans un des gâteaux et l’avait reposé sur la pile. Je vis Camille esquisser un sourire satisfait, alors que de mon côté, j’espérais que les demoiselles n’y toucheraient pas. Je restais attentive, écoutant chaque geste, jusqu’au moment où parvient le son de la porcelaine. Je manquais d’éclater de rire lorsque leurs piailleries indignées firent écho dans toute la maison. Je m’emportais dans un éclat muet, qui montait crescendo. Quelques secondes plus tard, lorsque Camille estima que nous nous étions assez délectés de ce moment et qu’il était temps de fuir, il me fit un signe silencieux et je le suivis dehors à pas de fourmis. Nous avions déboulés sur la porche, et regardais quelques secondes la pluie qui déferlait sur Londres et qui s’étendait à perte de vue. J’embrayais sur quelques pas, regrettant de ne pas avoir embarqué avec moi un kaway qui m’aurait été bien utile. J’écrasais sous mes quelques pas l’herbe verte du printemps, fraiche comme à chaque jour, et très glissante aussi. Je restais prudente et me stoppais quelques instants pour déplisser ma robe. Camille fit quelques pas de plus, marqua à son tour une pause. Un murmure perdu dans l’averse; Il m’avait fallut tendre l’oreille pour entendre Camille m’informer de l’existence de son frère. Sa voix était à peine audible, comme un secret qu’il ne souhaitait divulguer qu’aux petites bourrasques.

Sans m’en rendre compte, je tirais une mine étonnée, et même intriguée. J’haussais un sourcil, pensive. « Il a un frère, lui? ». L’idée que tout cela n’était qu’un tissu de mensonge me traversa l’esprit. Ce serait bien son genre, de raconter pareille crétineries. Un soupire en guise de mépris pour moi-même; en dépit de sa réaction passée, je ne pouvais pas me permettre de douter. Ou bien était-ce une farce de très mauvais goût, auquel cas je me contenterais d’aller bouder plus loin. Mille questions me passaient par l’esprit, dans un charabias de mots entremêlés qui n’avaient plus aucun sens tant l’excitation de cette nouvelle me retournait le cerveau. En un sens, j’espérais qu’ils n’étaient pas des copies conformes, deux Camille au même endroit, je ne voulais même pas m’imaginer la catastrophe que cela pourrait engendrer.

Je m’avançais pour arriver à sa hauteur, tentant de déceler sur son visage un semblant de faiblesse, de mélancolie. Un sentiment tout court, en réalité. « Partir tous les deux, c’est à dire que tu comptes partir d’ici à un moment donné? » Mes cheveux continuaient à se gorger d’eau, et se plaquaient d’une façon désagréable sur ma peau. Ma robe était mouillée - je me remerciais d’avoir revêtis un vêtement assez épais pour rester opaque au contact de toute cette eau -  et mes pieds s’étaient complètement noyés dans mes chaussures. C’est dans ce type de situation que nous sommes heureux de vivre dans un endroit où nous ne seront plus jamais malades. « Il est comme toi? Je veux dire, il ne peut… » Pas le temps de terminer ma phrase que mon pied flanche, me faisant chuter violemment. En une fraction de seconde, je m’étais retrouvé les fesses dans l’eau, dans l’incompréhension totale et la honte la plus monumentale qu’il soit. Je me sentis rougir aussitôt, regardant d’un oeil furtif ma robe fièrement tâchée. Je ravalais ma tristesse en pensant au mal que nous pouvons rencontrer pour nous procurer des vêtements dans cette misérable boucle. Avec un peu de chance et à force de persévérance, j’arriverais peut-être à faire partir les souillures verdâtres et brunes qui maculaient ma toilette. Je me relevais difficilement, mais en prenant garde. Inutile de me ridiculiser une seconde fois. J’essayais d’enlever discrètement les quelques brins d’herbe qui s’étaient coincés dans mes chaussures, et vis au dernier moment que mes jambes étaient aussi salies. Je replaçais mes cheveux qui s’étaient collés sur mon visage dans l’élan de ma chute. Je me forçais à rire, tentant au mieux de rendre la situation la moins gênante possible, pour oublier cet instant maladroit et très embarrassant pour ma personne.

Je me remis à marcher, tout en m’essayant à enlever furtivement la boue à l’aide de la pluie. Je relevais la manche de mon léger veston, remarquant que les dernières minutes avant la fin de la pluie s’écoulaient à une vitesse monstrueuse. Je remplaçais mon gant, et pensais au froid que nous allions ressentir lorsque la pluie s’arrêterait. « … Alors, vous êtes séparés depuis longtemps? » Je me serais donné une gifle, devant l’ambiguïté que j’avais provoqué dans la formulation de ma question. Cette journée était prompte aux balourdises en tout genre.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
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Camille Barthélemy

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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Jeu 9 Mar - 21:22

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Marie & Camille
You ever love someone so much you thought your little heart was gonna break in two? I didn't think so. You ever tried with all your heart and soul to get you lover back to you? I wanna hope so.

La pluie vient s'écraser avec douceur sur mes épaules et mon visage, m'arrachant de légers frissons de par ses caresses tendres qui me rappellent la douceur de ce frère dont elle se questionne et qui me manque un peu plus à chaque jours que je dois passer sans lui. Les lèvres délicatement entrouvertes et le visage levé vers le ciel, j'inspire profondément puis expire toute émotion qui pourrait déformer mes traits et ainsi prouver à Marie que je suis capable d'exprimer autre chose que du mépris ou de la colère. Mais n'étant pas prêt à être faible devant un autre que mon jumeau, je décide de feindre une indifférence et de laisser la pluie rouler sur mes joues tandis que celle qui me suit reste dans le silence que je lui offre. Ai-je envie de partir avec lui ? Plus que tout. Les années en cette boucle m'ont fait détester cette époque et cette guerre qui ne veut prendre fin, à tel point que certains soirs, alors que je ferme les yeux pour tenter de trouver le sommeil, j'en viens à prier pour que les Ymbrynes ne soient pas capables de renouveler la boucle et qu'obligés de fuir, nous irions tous ailleurs et si possible là où Gus se trouve. D'un battement de cils, je chasse quelques perles d'eau de mon visage, passant ensuite dans mes cheveux trempés mes doigts.

"Il est… Différent."

C'est tout ce que je suis capable de murmurer, comprenant sans peine que derrière cette question, il y avait surtout le besoin de savoir si un autre être aussi vénéneux que moi puisse exister. Mais non, Gustave est tout ce que je ne suis pas et tout ce que j'aspire parfois à être. Il est parfait comme seul lui sait l'être. D'autres diraient qu'il a ses défauts mais moi je ne vois rien que je ne voudrais voir disparaitre en sa personne. De nous deux il est celui qui soigne, qui protège, qui rassure et qui inspire la confiance. Il est cette autre moitié de moi, cette once de bonté que je n'ai pas et qui me fait sans cesse penser que nous sommes une âme dans deux corps. Deux entités qui n'aurait jamais dû être séparés et qui désormais luttent sans cesse pour se retrouver. Il est ce que j'aurais dû être et je suis ce qu'il aurait dû combattre. J'aurais dû être cette pointe de noirceur dans ce coeur si pur. Cette chose au fond de soi que l'on tente d'étouffer. J'aurais dû être ça, cette mauvaise voix dans son esprit et non un être à part entière qui ne sait vivre sans l'autre. Je n'aurais pas dû exister. Nous aurions dû être un. Je passe une main sur mon visage, essuyant les gouttes d'eau qui osent se faire passer pour des larmes sur mes joues. Tu aurais préféré le connaître lui, suis-je prêt à murmurer à Marie, n'étant interrompu que par la chute spectaculairement ridicule de celle-ci. Dans un premier temps, je suis tenté de lui demander comment, en ne faisant qu'un pas elle a pu aussi magistralement se vautrer, avant de me dire qu'il serait plus juste de lui signaler qu'elle vient de se ridiculiser devant moi de la plus belle des manières, pour finalement opter pour la réaction la plus naturelle du monde. Celle de rire. Tout commence avec un gloussement discret, puis mes dents qui se plantent dans mes lèvres et enfin l'instant où je cesse de conserver mon sérieux, m'autorisant un simple éclat de rire, le genre que j'avais en compagnie de Gustave. Hilare, je la laisse se débrouiller pour se relever, ignorant les convenances tandis qu'elle, sûrement morte de honte, tente de sauver les apparences et de cacher les traces d'herbe et de boue qui souilleront très certainement sa robe à jamais, la rendant donc tout juste bonne à servir de serpillère. Il me faut quelques minutes pour calmer mon hilarité, et quand enfin je retrouve mon souffle, je suis trempé et pourtant reconnaissant qu'elle ait su me tirer de mon mutisme. C'est pourquoi, je lui offre un léger sourire, puis un regard qui dévale le long de sa silhouette.

"Jolie cabriole… Tu t'entraînes pour postuler au prochain cirque itinérant qui pourrait passer non loin de la boucle ou c'est juste une façon d'attirer mon attention ?"

J'aurais pu me retenir d'une telle réflexion mais tant pis, je sais que comme certains, elle aura la décence de faire comme si de rien n'était et ne se concentrer que sur ce qui est réellement important dans cette discussion.

"Je ne sais plus, j'avoue avoir arrêté de compter après dix ans d'absence. Je sais qu'il n'est pas là, alors pourquoi continuer à marquer d'une croix les jours où je n'ai pas le droit de croiser son regard ?"

Pourquoi continuer à regretter celui qui ne reviendra pas ? Les choses sont ainsi et il a été décidé il y a bien longtemps que lui et moi ne devions plus passer de journées ensembles, soit-disant parce que j'étais nocif pour celui de nous deux qui avait un avenir. Mon coeur se serre à cette pensée amère et après un soupir plus bruyant que je ne l'aurais voulu, je reprends, plus faiblement.

"Ne parlons plus de lui. Ce n'est pas une chose intéressante et amusante dont on peut discuter. Et puis, ressasser des regrets est une idée sotte. Il n'est plus là ? Eh bien tant pis, je n'ai pas besoin de lui."

Étonnamment, je retrousse légèrement les lèvres à la fin de me phrase, dévoilant une timide canine tandis que d'un geste désinvolte de la main, je clos cette conversation, décidant que l'instant de faiblesse devait prendre fin et qu'a nos crimes nous devions retourner. Même si le mensonge que j'ai osé proféré laisse dans ma bouche un goût amer qui refuse de s'en aller.

"Mais oui… Je compte voyager, découvrir d'autres époques et fuir celle-ci… Pourquoi ? Tu comptes rester ici et subir ça pour l'éternité ? Il faudrait être idiot pour s'enfermer ici à jamais… Tu ne rêve pas parfois que la boucle s'effondre ? N'aimerais-tu pas fuir ?" J'ai un léger sourire. Je me doute que non, mais voudra-t-elle me le dire ou se contenter d'un silence gêné ? J'hésite.
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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Lun 13 Mar - 0:47

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- Camille Barthélémy & Marie Balmain -

Lorsque Camille lâche un rire sincère, mais aussi des plus moqueurs, je ne sais plus où me mettre. Je le regardais m’inspecter de haut en bas, posant son attention sur ma robe souillée. Je me sentis rougir de plus belle, voulant aussitôt me cacher sous terre, à des lieus de cet endroit. A sa réflexion, je tente un rire des plus faux, et finissais par tirer la langue. J’ai tous les airs d’une enfant, tant dans mes gestes maladroits que dans mes réactions infantiles. Son sourire satisfait laissait en moi une sensation beaucoup moins acide qu’à l’origine. Moins honteuse, je relevais la tête, arborant toute la fierté que je possédais.

Ses paroles étaient moins agressives lorsque qu’il reprit notre conversation, et je pris le risque de ne pas répondre tout de suite? J’analysais chacun de ses mots, syllabe par syllabe, sans doute dûment réfléchies. Et c’est là que je comprend sa peine, cachée au yeux de quiconque porterait son attention sur lui. Camille semblait avoir perdu comme une moitié de son âme. Je la comprend, cette tristesse, comme je comprend aussi son refus de la montrer. En ces lieux, nos secrets sont notre seul force. A jamais soigneusement scellés dans notre esprit, personne ne peut nous atteindre, se jouer de nos plus précieuses faiblesses. A l’aide de mon bras, j’essuyais les gouttes d’eau qui perlaient sur mes cils, sur mon nez. J’en profitais pour rejeter quelques mèches de ma chevelure en arrière, agacée. Toujours au milieu, cette tignasse. Je me recentrais à nouveau sur Camille, cet être vaniteux doté de d’un opinion bien orgueilleux de lui-même, qui le rend terriblement secret. Je ne m’amusais pas à la critique, ayant moi-même un amour-propre hors du commun. Camille ne sait au final rien de moi, que ce soit à propos de mon passé, ou mes envies, voire même à quoi j’aspire. Je ne me souviens même pas avoir un jour confié mes petites pensées à quelqu’un, hormis à ma plume, qui de sa pointe raconte à mon carnet mes plus fidèles secrets.

J’ouvrais mes lèvres, dessinant la première lettre des centaines de questions que je voulais savoir à propos de son frère. Je la referme aussitôt, lorsqu’il me fait comprendre qu’il souhaiterait partir sur un autre sujet que celui qui semble meurtrir son âme. J’avais bien raté mon coup, à réfléchir à des choses aussi futiles. Je suis bien capable d’être soudainement intéressée par le joli papillon qui batifole dans mon champs de vision alors qu’un individu lambda me raconte ses pires misères. « Bien à toi. Tu sembles bien plus meurtri que ce que tu voudrais laisser paraitre. Heureusement que tu ne viens pas trouver le réconfort chez moi. » J’hasardais un regard compréhensif, acceptant son geste sommant la fin de cette conversation. Dessinant un léger rictus sur mes lèvres, je m’essayais à balayer les restes de pensées qui nous maintenaient dans un silence gêné. Définitivement, être dans la confidence n’est pas chose aisée pour nous.

Je me raclais la gorge, et Camille se décida enfin à se rouvrir à la conversation, brisant le sifflement des milliers de gouttes de pluie qui venaient s’écraser sur le sol. J’avais oublié, ce questionnement à propos du voyage, lui demandant - et me demandant inconsciemment - s’il comptais un jour partir ailleurs. J’inspirais profondément, dans un autre moment de silence, tentant d’analyser toutes ces rhétoriques qu’il venait de me balancer à la figure. « Il parait que la neige de 1873 est magnifique. » Je ne voulais pas vraiment parler de mon ressentis sur la question, de nature bien trop renfermée pour me laisser aller à ce genre de discussion. Pourtant, une force imbécile de respect s’emparait de moi, un petit « chacun son tour » qui venait résonner dans ma tête, faisant écho dans mon corps. Me sentant injuste dans ma réponse, je me forçais à exprimer un peu plus de mes réflexions. Dans un soupire, j’abdiquais avec moi-même. « Je ne sais pas, je ne suis pas une voyageuse dans l’âme. La stabilité est ce qu’il me convient le mieux, mon esprit divague déjà bien assez. » J’analysais le côté blanc de ce que me procurerait ce type d’aventure, à la vitesse d’un battement de coeur. « Cet endroit me vide de mon énergie. Je suis lassée de ces visages apeurés. J’aimerais crier à ces imbéciles d’humains qu’ils ne risquent rien, qu’ils peuvent afficher une mine un peu plus joyeuse. Mais le simple résultat serait que je passerais pour la plus phénoménale des illuminées. Et lendemain, tout aura été effacé. Quelle aubaine… » Je me laissais aller à un soupire. « J’étais autrefois dans une boucle, en France. En 1922, les gens riaient, dansaient, buvaient, et tout cela à outrance. Ils n’avaient peur de rien. Quelle belle époque. »

La pluie s’arrêta lentement, et pendant que les dernières gouttes venaient s’écraser sur le sol, je remarquais qu’elle avait parfaitement nettoyé mes chaussures, et des gouttelettes les faisaient ressortir la belle couleur carmin. L’averse laissait place au ciel nuageux, nous plongeant dans une atmosphère morne, rendant tout ce que je voyais d’une fadeur sans égal. Cela me rappelait Paris, que je voyais autrefois d’une autre façon. Ces beaux souvenirs qui effleurent mon âme, dans une caresse à la fois douce et râpeuse.



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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Jeu 16 Mar - 11:45

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Marie & Camille
You ever love someone so much you thought your little heart was gonna break in two? I didn't think so. You ever tried with all your heart and soul to get you lover back to you? I wanna hope so.

Il reste encore vingt minutes avant que la pluie ne cesse et que l'eau enfin arrête de rouler sur ma peau et de m'arracher de discrets frissons qui par instants font trembler mes épaules. Vingt minutes et ensuite, il n'y aura dans l'herbe que des flaques et de la boue. Vingt minutes qui s'écoulent déjà et qui déjà ne sont plus qu'un concept que je me répète dans le but de combler le dérangeant silence qui entre nous s'est installé, après qu'elle ait osé me dire que les problèmes dont je ne veux pas lui parler ne l'intéressent pas de toute façon, et si le court temps d'un battement de coeur, j'ai l'envie de me faire cassant en sa présence, je me retiens, comprenant qu'elle sous-entendait simplement que le jour où j'aurais besoin de lui parler plus amplement de Gustave, elle sera là, à faire semblant de n'en avoir rien à faire. De mon silence je la remercie et attends simplement de voir si la conversation prendra le tournant désiré, ou si butée, elle viendra provoquer en moi l'agacement nécessaire pour en cet endroit l'abandonner. J'ai le temps de compter les battements de mon coeur avant que d'une simple phrase, elle n'arrive à m'arracher un sourire qui n'apparait qu'au coin de mes lèvres.

"Je ne me souviens pas avoir un jour couru dans la neige."

J'avoue cela sans honte, en un murmure que les gouttes enveloppent de leur chant, tandis qu'un battement de cils, je tente de fouiller dans ma mémoire et de dénicher en celle-ci le souvenir d'un après-midi de neige que j'aurais pu connaître… Mais rien. Rien ne revient, ni traces dans la neige, ni doigts engourdis par le froid… Rien. Il n'y a que la pluie qui bat le pavé, Gustave et mes propres regrets. D'une main je discipline à nouveau mes cheveux trempés alors qu'elle reprend, usant du ton de ceux qui abandonnent et qui cessent de lutter. J'hausse un sourcil, me tourne vers elle et écoute, haussant tout d'abord un sourcil quand elle m'avoue ne pas être cette aventurière que je voyais parfois en elle, avant de lentement m'assombrir pour le reste de son discours. Lassée, et fatiguée, elle décrit ce que je ressens chaque jours en cette boucle, détaillant avec une précision effrayante les idées qui ont déjà traversées mon esprit lors de certaines nuits d'insomnie. Il dévale sur mon échine un frisson avant que je ne chasse de mes mains l'eau sur mon visage, me figeant légèrement quand elle évoque l'existence de cette boucle parisienne. J'entrouvre les lèvres, m'apprête à lui demander si elle existe encore, avant de me raviser, préférant étrangement lever le nez vers le ciel et ainsi constater que l'averse cesse enfin. Un sourire pourrait se dessiner sur mes lèvres, mais à la place, je n'ai qu'un murmure indifférent, une constatation purement factuelle qui m'échappe.

"14h46."

Les Ymbrynes ont déjà dû nettoyer la cuisine puis se refaire chauffer un peu d'eau. Elles doivent boire un autre thé désormais, un qui n'est pas à moitié coupé avec la bouteille de vinaigre presque vide qu'elles ont dû trouver non loin de l'évier. Le temps passe vite et j'avoue être surpris que l'après-midi avance aussi rapidement, et surtout sans moi. Je baisse à nouveau les yeux, observe une seconde la terre humide à mes pieds, sans trouver la moindre comparaison à la terre devenue carmin qui souille mes chaussures.

"On dirait presque du sang." dis-je en plissant le nez de dégoût. "On dirait que tout en cette boucle tente de nous rappeler l'époque sanglante dans laquelle nous sommes prisonniers…" Je pousse un soupir et contemple ensuite Marie, esquissant un sourire au fil des secondes qui passent. Un léger rire finit par m'échapper et avant qu'elle ne le prenne mal, je lui fais part de ce qui m'amuse tant. "Tu ressembles à un paillasson, ma pauvre… Entre la boue, la pluie et ta chute…" Je fais taire mon rire et porte une main à mes lèvres pour me faire taire le temps de retrouver mon sérieux et d'une fois de plus, reprendre le fil de notre conversation sans la prévenir, sautant d'une idée à l'autre sans penser que je pourrais la perdre dans mon raisonnement. "Je te pensais plus sauvage que ça, tu me déçois à être si sage…" Je penche la tête sur le côté, feignant une pointe de tristesse là où en réalité, je ne ressens rien de bien particulier, n'ayant sur le coeur qu'une faible impression de vide. En mon être tout n'est qu'une bouillie fade d'émotions qui ne sont en réalité que les déclinaisons de mon indifférence. Je ne suis pas réellement déçu, car d'elle je n'attendais rien de particulier. Je n'avais pas foi en elle, et encore moins l'espoir fou qu'elle puisse me surprendre ou me plaire. Elle est juste là, et en cet instant, je comprends qu'elle est moins que ce que je pensais. Elle n'est pas si sauvage, pas si rebelle, pas si semblable. Elle est passable, et comme les autres, une prisonnière consentante qui accepte souffrance et douleur sans broncher, qui pleure le temps ancien et l'époque où tout était plus simple. Au final, elle est comme les autres. Elle ne cherche pas à partir ou à fuir. Elle se contente de subir.

"Pourquoi ne pas retourner à Paris alors ? Ou voir si la neige est si magnifique qu'on le dit en dix-huit cent soixante-treize ? Qu'est-ce que tu fais là, si tout est trop dur à supporter ?" Je fais un pas vers elle, plantant mes prunelles dans les siennes. "Tu vaux mieux que ça, non ? Mieux que les geignements et les "C'était la belle époque…" Je pensais que l'on pouvait faire quelque chose de toi mais… Non. Tu ne te bats pas. Et je ne vais pas perdre mon temps à te demander pourquoi… Je vais juste m'agacer de ça chez toi." J'attends qu'une perle d'eau termine de rouler le long de ma tempe pour simplement tourner les talons et me diriger vers la maison. "Thé. Nous en avons besoin." est tout ce que j'ajoute, d'un ton qui ne souffre d'aucun refus.
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MessageSujet: Re: This spicy afternoon (FT.CAMILLE)   Dim 2 Avr - 16:58

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- Camille Barthélémy & Marie Balmain -

Je restais raide face à cette moquerie. Je me sentais mal à l’aise, agressée, jugée, même si je savais qu’il avait de bonnes raisons de se rire de mon allure. Sa comparaison à un paillasson me laissait tout de même un goût amer sur la langue, et je tentais tant bien que mal de passer au dessus de sa remarque blessante. Je savais que ma robe était impossible à remettre en état, alors j’essayais de remplacer mes cheveux mouillés et passais ma main sur le visage pour faire disparaitre les dernières gouttes de pluie qui perlaient sur ma peau. Pendant qu’il cherchait à faire taire son rire, j’agitais les mains pour me débarrasser de l’eau qui frigorifiait mes mains, attendant de trouver une manière de lui répondre intelligemment, tout en me montrant le moins vexée possible. Camille se serait sentit bien trop flatté de constater que j’aurais pu être atteinte par ses mots, et je ne voulais pas lui accorder ce plaisir. D’un geste inconscient, je porte mes mains sur mes hanches, prenant une pause assurée « Pas si mal, ton paillasson. Je trouve que ces couleurs apportent de l’éclat à mon teint. » Peu glorieuse comme façon de me mettre en avant, alors je reprenais ma position initiale. « Puis, la chute était faite exprès. » Je baissais le regard face à ce mensonge, tentant d’échapper à un rougissement qui me rendrait encore plus ridicule. Il fallait pourtant bien faire son possible pour sauver les meubles.

Je cherchais une cigarette dans mon sac abimé, l’allumant d’un coup de briquet. Ses questions rhétoriques, ses mots manquants sérieusement de délicatesse me mettaient en colère. J’y décelais un manque de maturité, quelques méchancetés balancées sans recul, sans réflexion au préalable. Je serrais les dents tout en essayant de renvoyer une image détendue et de marbre à l’intention de Camille. « Je fais ce qu’il m’entend et je n’attend pas ton approbation. Puis j’ai encore à faire ici. » Je soupirais, dégoutée de remarquer qu’il n’était pas très brillant. Ce n’était pas une nouveauté, mais avoir la langue bien pendue implique un minimum de discernement. Je rassemblais toute ma bonne foi pour passer à autre chose. « Cesse d’être désagréable, veux-tu? » Le plus énervant était que vu sous un angle différent, il avait raison, et ce constat me mettait en colère. Je ne savais pas à qui j’en voulais: à lui d’être si franc, ou à moi de tant manquer de courage. Sûrement les deux. Malgré la tentation de lui renvoyer la balle afin de lui clouer le bec, je restais silencieuse, le regardant s’énerver, ressentir de la déception, puis balayer tout cela en même temps en faisant un pas vers moi, retenant mon regard et m’achevant dans des paroles pleines d’un semblant de dégout. Je prenais une inspiration profonde, en profitant pour décoller mes lèvres, laissant s’y former une lettre, début d’un mot acerbe et mérité. N’appréciant guère son langage déplacé qui me donnait envie de le remettre à sa place une bonne fois pour toute, je pris pourtant la décision de ne plus en rajouter. Je n’avais pas la force et la patience de m’occuper de son cas. Accompagnant cette pensée d’un soupire lassé, je le regardais tourner les talons, réclamant un thé. Je restais plantée au même endroit quelques instants, pensant aux quelques paroles échangées à propos de son frère. Agissait-il de la même manière avec lui qu’avec les autres? Auquel cas, je pouvais m’imaginer plus facilement les raisons du départ de celui-ci. Être accompagné au quotidien d’un frère qui nous empoisonne l’esprit doit être épuisant. Mais s’il est si acide, c’est certainement dû au manque de son frère, car évoquer sa personne semblait difficile pour Camille. J’éprouvais de la peine pour lui, cherchant en un sens à comprendre ce qu’il pouvait éprouver quant à cette solitude. Dépourvu d’un frère ou d’une soeur, je ne pouvais pas réellement savoir quelle souffrance il pouvait ressentir. Certes, la perte de ma mère et de mon père avait autrefois laissé une effroyable douleur dans ma poitrine, marquée au fer rouge par cette impression de vide démesuré, qui m’avait laissé penser que je ne pourrais plus jamais être comprise,  que je ne pourrais plus partager de moment d’affection digne de ce que j’avais pu connaître. Mais ce mal s’était atténué au fil du temps, finissant par disparaître au même lieu que leurs visages. Seuls quelques traits diffus restaient gravés dans ma mémoire.

Laissant ma rancune derrière moi, je fis quelque pas en avant, me mettant en tête de rejoindre Camille. Je me mis à sa hauteur et sans un mot, je fis tourner la poignée de porte. Passait simplement la tête à l’intérieur, j’écoutais voir si les Ymbrynes avaient cesser d’être scandalisées. Je passais le reste de mon corps et un frisson parcouru mon corps, du point culminant de ma tête jusqu’à l’extrémité de mes orteils. Le choc de température décupla cette sensation désagréable de fraîcheur sur ma peau. J’inspirais profondément pour me donner la force de me mettre en mouvement, et rejoignis la cuisine d’un pas décidé. Il n’y avait plus personne, et la théière était nettoyée et mise à sécher sur le rebord de l’évier. J’entrais et attrapais un chiffon avec lequel j’entrepris de me sécher et de me réchauffer. Sans un regard, je brisais le silence qui devenait effroyablement gênant. « Cela ne te dérange pas, que peu de personne accepte de te côtoyer? » Une pensée aussi franche que les siennes. Camille me rappelle ma propre personne, cette partie de moi qui à tendance à vouloir réfuter tout lien social. De plus, rien ne tourne en ma faveur, souvent jugée bien trop honnête pour les autres. Je chasse ces pensées de mon esprit, posant mon regard sur la place où étaient placés les biscuits, Ils n’étaient plus présents, et je jetais un coup d’oeil dans la poubelle, où il y avait apparemment tous trouvé un triste dessein. Les Ymbrynes avaient du se méfier, à la suite de leur mauvaise surprise de tout à l’heure, et elles avaient eu raison. J’attrapais la théière en fonte, que je remplis d’eau avant de la poser sur le gaz. Je me tournais ensuite vers Camille. « La boucle où nous nous installons ne changera rien; nous sommes prisonniers. Voyager, s’installer autre part n’est plaisant que quelques temps. Au final, le résultat en est le même. Tu t’en rendras compte un jour. »



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

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