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 (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS

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Marie Balmain

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- Arrache coeur -
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❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Copie de mémoire
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
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❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Dim 22 Jan - 11:56

Ça n'arrive qu'à moi

- ALOYSIUS ET MARIE -

Je cherchais un endroit où m’assoir, seule et dans le calme. La pluie de l’après-midi était déjà passée, et tout endroit exposé était mouillé. Mon journal et ma plume dans les mains, j’arpentais les alentours à la recherche d’un coin qui sortait de l’ordinaire, une place où je ne vais pas souvent. C’est comme ça que je m’occupe, en essayant de passer des journées différentes, malgré l’insatiable 22 mars 1941.

Je suis mauvaise langue, au fond. Je me plains constamment d’être coincée dans cette boucle, et pourtant je sais que je n’aurais jamais accepté de vieillir. Cette peur des premières rides, cette peur de la frustration d’une vie mal réalisée à mes derniers souffles. Peut-être qu’aujourd’hui, dans d’autres circonstances, j’aurais changé d’avis. Personne ne le saura jamais.

Comme à son usure, la pluie avait laissé derrière elle un voile de froid, qui semblait transpercer ma chaire jusqu’à pénétrer dans mes os. J’y étais habituée, alors j’avais pris mon manteau le plus chaud, et je m’étais même vêtue d’un pantalon. J’ai du mal avec cette évolution, j’ai été tellement habitué à ce que la femme porte des robes et des jupes, et les hommes les pantalons. C’est une révolution stylistique à laquelle j’ai eu du mal à m’adapter. Au moins, je dois l’avouer, on a moins froid qu’avec une jupe midi.

Même si j’étais plongée dans mes pensées, à me parler à moi-même, je fus interpellée par une silhouette dans le coin de mon champs de vision, cadencée par des bruits de pas.

Je ne me sentais pas rassurée, alors j’hésitais entre m’en aller rapidement et aller à la rencontre de la personne qui s’était caché derrière l’énorme poteau. Mon instinct de survie me poussa à continuer ma route, puis prise d’une monstrueuse curiosité, je fis demi-tour et me dirigeais vers l’ombre qui voulait peut-être m’éviter plus que me suivre.

A pas de souris, afin de ne pas faire fuir l’individu, j’avançais. Mes pas étaient si petits qu’il m’a semblé avoir pris des heures avant d’atteindre le poteau. « Aller Marie, prend ton courage à deux mains, lance toi. ».

« Il y a quelqu’un? » Lançais-je, à quelques mètres de la cachette du fuyard.

Pas de réponse, alors je fis le tour afin de faire face à la personne. Un… Deux… Tr… Et un cri strident, mélange de stupéfaction et d’antipathie, sortit de ma bouche aussitôt. Un homme se tenait devant moi, visiblement aussi mal à l’aise que moi. Mais où étaient passés ses vêtements?

« Mais vous êtes…. vous êtes…. » Bégayais-je, tout en mettant ma main devant mes yeux et en me retournant. « Vous êtes NU ! » Réussis-je enfin à terminer.

Et dire que j’étais censée passer une après-midi à écrire, accompagnée de mon moi-même. Je voulais une journée différente? J’étais servie. Je me rendis enfin compte de la remarque stupide que j’avais faite, comme s’il n’était pas au courant de sa nudité.

« Vous voulez ma veste? » Et sans même le laisser répondre, je l’enlevais et la tendis vers l’arrière tout en l’agitant, comme pour le pousser à l’enfiler plus vite. « Tenez, prenez là, prenez là, elle sera sûrement trop petite mais vous pourrez cacher…. »

J’eus un moment d’hésitation, les nerfs étaient à vif et j’essayais de garder mon calme.

« Vos… parties intiAHAHAHAHAH »

Impossible de terminer ma phrase sans que je ne croule sous mes rires gênés. La situation était si… improbable! Et ça, c’est typiquement le genre de chose qui ne m’arrive qu’à moi.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Lun 23 Jan - 15:37

Instant gênant

- Comme un malaise qui s’installe -

Éviter les goutes d'eau, les perles de pluie qui se glissent dans les plumes, les alourdissent, jouer avec l'humidité, le temps maussade qui n'avait rien de la neige éternelle, glaciale et dangereuse, donc les doigts crochus pouvaient venir à bout de ma fragilité d'oiseau migrateur perdu dans l'hiver. La pluie m'avait manquée, fatalement, la défiant sous les nuages d'un gris qui en devenait presque gai. L'instinct prend le pas, hirondelle joueuse tournoyant au dessus des décombres et des restes éventrés de Londres, entrant tel un voyeur dans les habitations en partie démembrées, abandonnées et vides, jouant de cette taille qui me permettait de me glisser dans le moindre endroit exigu.

Puis je l'avais vu, recroquevillé dans un coin, évitant l'eau au possible tout en fronçant le museau. Un chat. Prédateur devenant soudainement proie, ne pouvant m'empêcher de le narguer, l’appeler à l'aide de trissements moqueurs, l'effleurer, me jouer de son malaise. Les fils du temps se perdent dans mon esprit, oubliant que la pluie allait prendre fin dans quelques secondes et que, contrairement au félin, j'étais imprégné de cette eau qui me ralentissait. Il ne fallut qu'une seconde pour que le matou ne bondisse, que mon vol agile et moqueur prenne fin, me retrouvant au sol, les ailes étendues dans cette poussière boueuse qui ne me disait rien qui vaille, sans parler des griffes perceptibles à travers mon duvet de plumes, effleurant d'un peu trop près ma chaire fragile du haut de mes quelques grammes.

Le réflexe fut donc instantané, les rémiges se rétractent, ne laissant qu'une peau dénudée et un regard accusateur envers l'animal qui avait osé penser faire de moi son repas. Il ne lui en fallut d'ailleurs pas plus pour décamper, s'enfonçant dieu sait-où dans les ruelles, apeuré. Je me redresse comme je le peux, pieds maladroits se posant sur le sol alors que je constate l'étendue des dégâts, bon pour prendre un bain et surtout rentrer à pieds. Pas moyen de voler avec cette boue qui ne feraient que sécher dans mes plumes. Fichu félin. Le repli est donc stratégique, allant d'obstacle en obstacle pour me dissimuler comme je le peux. Fort heureusement qu'il n'y a pas grand monde dehors à cette heure. Le sol est glacial, n'osant pas penser aux nombreuses choses avec lesquelles mes plantes de pieds peuvent entrer en contact, serrant les dents, bien qu'habitué à me passer de chaussures. Il fallait que je trouve des vêtements, avant de me faire repérer par qui que ce soit.

Trop tard, quelques sons s'élèvent et raisonnent dans la rue, me recroquevillant comme je le peux dans mon coin tout en serrant les dents, mains s'occupant de dissimuler les endroits stratégiques tout en espérant que l'individu ne s'approche pas et passe son chemin. Les mots ne font qu'augmenter mon malaise, ne préférant pas répondre et ne surtout pas me faire remarquer par qui que ce soit, Syndrigasti ou non. C'était trop beau pour que la jeune femme s'éloigne, me retrouvant nez à nez avec une tignasse de feu, me crispant soudainement alors que je n'ose même pas imaginer ce qui peut se passer en cet instant même dans son esprit. Je n'ose même pas imaginer la tête que je peux bien avoir, à moitié trempé, recouvert de boue et de poussière, les cheveux probablement en bataille. Un fou, un individu pire que douteux et à des années lumière de mon éducation d'origine chez les Ymbrynes.

Je saisis tout de même la veste tendue, essayant tout de même de couvrir un maximum de choses avec, du moins l'essentiel. Je murmure un remerciement, me disant qu'il allait bien falloir que je trouve autre chose pour me couvrir qu'une veste féminine. Le rire de la jeune femme ne fait qu'augmenter le côté décalé de la situation qui reste terriblement gênante. « Dites, je ne vous permets pas, il n'y a rien de drôle et c'est terriblement gênant. » Je reste vexé l'espace d'un instant, tâchant d'arranger mes cheveux comme je le peux. Son visage m'est vaguement familier, probablement déjà croisée quelques fois lors de mes allées et venues dans cette boucles sans pour autant avoir fait les présentations et j'avoue préférer lorsqu'elles se font dans d'autres circonstances.

« C'est une longue histoire peu passionnante et digne d'une fable de La Fontaine. » Tentais-je de me justifier tout en grommelant, tout aussi mal à l'aise qu'elle, bien que ce genre de situation n'était certainement pas une première, loin de là, pris de nombreuses fois en flagrant délits alors que je n'avais pas encore dégoter des vêtements.« Je suis navré pour... tout ça. Aloysius. Aloysius Mathghamain. Ne m'en voulez pas si je ne vous serre pas la main, enlacer le sol boueux n'était pas vraiment dans mes intentions de départ, surtout dans cet accoutrement. Il me semble vous avoir déjà croisé au refuge, vous ne connaitriez pas un raccourcit pour le rejoindre discrètement par hasard ? J'avoue que je préfèrerai rester discret, sauf si vous êtes du genre à matérialiser des vêtements. »
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Jeu 26 Jan - 22:30

Dis moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es

- ALOYSIUS ET MARIE -

L’étrange inconnu semblait bien gêné de la situation. Et bien sûr je le comprend. La question étant: le plus gros malaise est pour lui, le nu, ou moi, la demoiselle qui l’ai vu? J’avais entre temps réussis à contrôler mes nerfs, et avais cessé de rire. Heureusement, car plus je pouffais, plus j’avais envie de me creuser une tombe. « C'est une longue histoire peu passionnante et digne d'une fable de La Fontaine. » Grommela t-il. Mais maintenant qu’il avait enfilé ma petite veste, la situation devenait plus… accueillante, et j’avais pu me retourner pour faire face à cet homme. J’avais à faire à un homme plus grand que moi, brun, et le visage jeune mais fatigué de vivre. Mentalement, il avait bien vécu, et même trop. Le temps passé dans les boucles m’ont permis de déceler un Syndrigasti. D’apparence nous avons l’âge que l’on nous donne. Mais à l’intérieur, nous sommes lassés, amer, comme vidés. Même si certains n’ont pas de dédain quant à notre système de vie, ce type d’attrait ne manque jamais à l’appel. Et puis, quel genre d’homme se baladerait nu en plein Londres, en plus d’être légèrement sale?

Il se présenta ensuite et s’excusa de ne pas me serrer la main. Je souris et lui fis signe d’un bonjour distant. Moindre des politesses.

« Alors, je suis enchantée, Aloysius. Je m’appelle Marie. Je me promenais pas là quand je vous ai… vu. »

Je me raclais la gorge tandis que celui-ci me confiait son impression de m’avoir déjà croisé il y a quelques temps, et embraya tout de suite à me demander comment se rendre au refuge. Je l’inspectais un peu plus intensément, en fouillant dans ma mémoire afin d’y déceler une sensation de déjà vu. Mais rien ne vint. Etant un peu trop asociale sur les bords, j’ai du mal à m’intéresser aux autres, et surtout à m’intéresser à la silhouette et aux traits de personnes à qui je n’ai jamais parlé auparavant. D’ailleurs, d’où vient-il, si je ne l’ai jamais remarqué plus tôt?

« Hum… oui. » Commençais-je pour rassembler mes esprits. « C’est possible que nous nous soyons déjà croisé, sinon vous ne sauriez pas que je suis une Syndrigasti. C’est … assez évident. Je suis désolée, j’ai beau réfléchir, votre visage ne semble pas s’être ancré dans ma mémoire. Maintenant, je ne manquerais pas de vous reconnaître, Aloysius! Le refuge et par là, je peux vous y conduire, ce n’est pas bien loin. Puis de toute façon, je n’avais rien de mieux à faire. »

Je lui désignais la direction de la tête, fis volte-face et commençais à marcher lentement. Je voulais apprendre à le connaître, cet étonnant individu.

« Alors, comment vous êtes-vous retrouvé dans cette… situation? » Souriais-je. « De quelle boucles venez-vous? Vous avez des connaissances par ici, où êtes vous simplement en voyage? » Continuais-je.

Peut-être que ce ne sont pas des choses réellement agréables, de cribler un inconnu de milliers de questions. Mais nous n’avions pas beaucoup de trajet et je voulais absolument en savoir plus sur ce fameux Aloysius. Il devrait même s’en sentir honoré, moi qui ai tant de mal à m’intéresser aux autres… Mais ça bien sûr, il ne le sait pas.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Mer 1 Fév - 0:24

Instant gênant

- Comme un malaise qui s’installe -

C'était toujours le même schéma qui se reproduisait à l'identique, à croire qu'il y avait une règle quantique ou quoi que ce soit d'autre qui voulait qu'un individu croise ma route dans ce genre d'instant, alors incapable de justifier la chose sans paraître complètement fou et malsain. De mémoire, aucun vêtement n'était à proximité, prenant d'habitude soin d'en laisser quelques uns dans des cachettes de fortunes pour les cas d'urgence. Difficile dans une boucles où les vêtements n'étaient pas vraiment monnaie courante, d'autant plus que je n'emportais rien de 1873, ne supportant pas entamer un quelconque voyage sur mes pieds ou dans un transport lent, ennuyeux, redondant, pas alors que je pouvais profiter des étendues et brises qui me portaient. L'avantage de ne pas dépendre des objets et de pouvoir filer là où bon me semble sur un coup de tête.

Au moins nous étions désormais deux, la rouquine n'ayant pas vraiment fuit pour autant face à la situation, une bonne chose, nous repèrerions plus facilement les regards un brin trop curieux. Quoi que visiblement distraites à ne pas avoir remarqué mes nombreuses errances dans les couloirs souvent agrémenté d'un bruit sourd qui indiquait que quelques chose venait de me heurter ou de se briser sur le sol. Je la remercie brièvement, serrant un peu plus l'emprise sur le manteau alors que je lui emboite le pas, prenant soin de ne pas heurter un quelconque débris tranchant de mes pieds nus, ce n'était pas le moment de me blesser après tout.

Je médite un instant sur les questions, bien trop appliqué à ne pas glisser au sol tout en cherchant une façon d'éluder la première. Si mentionner ma particularité était plutôt aisé dans une boucle dont je connaissait le moindre syndrigasti et avait parfaitement ma place, ce n'était certainement pas le cas lors de voyages, peu importe le temps passé, il y avait cette pointe de méfiance, ce petit quelque chose qui faisait qu'elle ne devait pas être exposée, marquant sa faiblesse de par la fragilité de la forme malgré sa rapidité et son endurance. « Un fauve enragé. » Ce n'était pas totalement faux en un sens, bien que fauve était nettement plus crédible et moins ridicule que chat, riant légèrement de cette justification avant d'enchainer rapidement. « Je viens de la boucle de 1873 en effet, vous avez l’œil, mais je passe beaucoup de temps ailleurs. J'aime beaucoup cette boucle étrangement bien que les choses soient pour le moins apocalyptiques, peut-être parce qu'elle est loin de l'hiver. Puis à force j'ai fini par m'attacher à certains visages que j'ai parfois trop tendance à vouloir couver. » Le ton c'était nettement adoucit, plus détendus par rapport aux premiers mots maladroits et gênés de par la situation. Je ris de mes propres mots, de ma tendance à trop vouloir protéger bien que je n'avais en rien ma place dans cette boucle, il y en avaient d'autres pour prendre ce rôle.

Geste aussi furtif que je le peux pour me dissimuler un instant alors que quelqu'un passe, ne préférant pas vraiment attirer l'attention et provoquer tout un tas de bruits inutiles et éveiller quelques rumeurs peu agréables. J'attends un instant que la voie soit libre pour me remettre à bouger de nouveau, rejoignant la "jeune" femme. « Vous devez être sacrément courageuse pour ne pas fuir face à un homme nu et en bien piteux état. La plupart seraient probablement partis en hurlant au scandale et à l'indignation. » Nouveau rire qui s'élève légèrement, en un sens il y avait parfois bien pire niveau vision d'horreur avec certaines particularités, sans parler du nombre de métamorphes qui finissaient bien trop souvent dans le même état. « Je suppose que vous profitiez aussi de la pluie ? Elle m'avait manquée. A moins qu'elle ne vous blase à force de la voir tomber encore et toujours à chaque renouvellement. Vous venez d'ici je présume ? »

Pas le temps de lui en demander d'avantage que mon pied se heurte à un morceau de je ne sais quoi un brin trop tranchant, grimaçant tout en cherchant appui sur un quelconque objet. Rien de grave heureusement, sinon mes plumes auraient déjà pris le dessus. « Dites-moi, je peux vous demander un service ? Pourriez-vous m'aider à subtiliser des chaussures ? D'habitude je m'en sors plutôt bien pied nus. Sur un sol plat et sans trop d'obstacles. » Je ne préfère pas vraiment lui indiquer de pointures, ce n'était pas le moment de faire la fine bouche, déjà qu'il faudrait certainement en dérober à un quelconque humain qui oublierait le lendemain.
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Jeu 2 Fév - 11:15

Bande de joyeux voleurs

- ALOYSIUS ET MARIE -

J’haussais un sourcil lorsque Aloysius m’annonça que sa particularité était de se transformer en fauve. « Ah oui, vraiment, un fauve? Lequel? » Demandais-je, intéressée. « Pour ma part, il faut éviter d’être en contact avec moi, ma particularité est dangereuse. Enfin, rien de grave tant que vous ne me touchez pas! » L’avertissais-je plus que pour parler de moi. Même si je portais toujours mes gants et qu’il est presque impossible qu’il se retrouve en contact avec une autre partie de mon corps (auquel cas, ce serait étrange…) telle que mon visage, je préférais nous éviter - enfin, plus lui que moi- de prendre un risque inutile. Je déteste parler de ma capacité, car elle me gêne bien assez dans mon quotidien. Certes, je ne suis pas un model niveau sociabilité. Certes, j’avoue, si elle ne faisait pas partit de moi cela ne changerait pas réellement mes habitudes, mais je pourrais avoir connu quelques expériences supplémentaires, avec Marcus par exemple… De toute façon, il a été la seule personne que j’ai réellement connu en 97 ans d’existence. Enfin, passons.

« J’ai à faire à un voyageur alors. C’est intéressant. » Souriais-je. « Oui, ce n’est pas la boucle la plus paisible que j’ai pu rencontrer! Nous finissons par nous y plaire. J’ai entendu beaucoup de belles choses de la boucle de 1873. Il y a de la neige, si je ne me trompe pas? Cela fait bien des années que je n’en ai pas vue… » Je terminais ainsi ma phrase. Ce temps, toujours si déprimant: le ciel recouvert d’une couette de nuages, la pluie de 14h27, …

Aloysius marchait avec un peu moins d’assurance, continuant de se cacher d’éventuels passants. En même temps, qu’il est facile de le comprendre. Pour rien au monde je n’aurais aimé être à sa place. Quelle plaie, de se retrouver nu en plein extérieur, sans vêtements. « Et bien, disons que rencontrer un homme nu, comme ça, dans la rue, n’est pas vraiment quelque chose d’anodin. C’était bien trop absurde pour être l’acte d’un quelconque psychopathe. C’est bien trop gênant et ridicule pour que l’on se retrouve ainsi vêtu dehors volontairement! Pardonnez moi langage peut-être indélicat. » Rigolais-je. « Il faut dire qu’en 97 ans d’existence, je n’ai jamais vécu une situation pareille. J’ai préféré vous aider! ». Ajoutais-je. En effet, peut-être était-ce mon côté sociopathe, mais il m’est arrivé si rarement de rencontrer des particuliers aux dons si étranges.

Il me parla alors de la pluie. Oh, cette foutu pluie. Comment-peut-on l’apprécier? Il faut sûrement être de passage pour en être heureux. Il est vrai qu’au, fond, si j’étais dans la boucle de 1873, je finirais sûrement par me lasser du sol blanc, de l’atmosphère silencieuse que rien ni personne n’ose rompre. Et puis, il doit faire si froid. « Oh non, elle ne me blase pas du tout. Elle est bien, cette rapide petite pluie. » Répondis-je. Je ne sais pas pourquoi j’ai mentis de la sorte, peut-être car je ne connaissais par cet individu, et que dans ces cas là, nous tachons de faire bonne figure. Cela peut paraitre logique. Mais je ne la hais pas, cette pluie, elle me rappelle cette de Paris, celle que j’admirais de la fenêtre de ma chambre, chez mes parents. Il est de même pour ce ciel gris, ces nuages sont les mêmes que ceux qui venaient engloutir la pointe de la tour Eiffel, de temps à autre. « Oh non je ne viens pas d’… » Je ne terminais pas ma phrase car j’entendis mon rescapé se heurter à quelque chose au sol. Il avait du se faire bien mal, vu la grimace qu’il affichait. « Vous allez bien? » Demandais-je, inquiète.

Et c’est alors qu’il me proposa de partir à l’aventure. Oui enfin, d’aller gentiment voler une paire de chaussure. Je n’avais jamais été confronté à une telle question, si bien que je ne savais pas quoi répondre. Subtiliser est un mal, à l’encontre de mes convictions - sauf en la présence de Camille, bien sûr, mais là n’est pas la question. Mais je ne pouvais pas le laisser tout seul se débrouiller, c’était bien trop égoïste. Et puis, il a ma veste tout de même… « Non, ne va pas l’aider » Conclus-je intérieurement. « Oui, bien sûr, avec plaisir » Dis-je pour autant. « Le mieux est d’en arracher une paire à un humain. De toute façon, il ne s’en souviendra pas demain. » Je me mis à penser, j’ai du mal à visualiser les endroits de grande affluence, hormis le métro londonien. En effet, je suis plus du genre à les éviter, les humains. Les Syndrigastis aussi, d’ailleurs. « Vous avez une idée par où aller? » Demandais-je. Sait-on jamais, il ne se souvient pas d’où est situé notre refuge, mais peut-être sait-il par où aller pour rencontrer d’autres humains. « Je ne vois que le métro, pour ma part, et ce n’est peut-être pas une bonne idée. » Dis-je tout en le dévisageant de la tête aux pieds. En effet, ce n’était pas vraiment une bonne idée de laisser Aloysius s’afficher en public avec de tels accoutrements. Je pris alors une direction un peu différente de celle du refuge. « Nous trouverons peut-être quelqu’un par ici. Ils ne se cachent pas non plus comme des taupes. ». Et j’avais raison, car qu’elle ne fut pas ma surprise lorsque l’on se retrouva face à un couple de tourtereaux, en train de se bécoter sur un petit banc en bois. Je restais un peu bloquée, trouvant la situation ridicule. Nous allons donc prendre les chaussures de ce gars là. Sympathique, comme expérience! « Alors on … fait comment? » Demandais-je, incertaine. En effet, je suppose que lui demander ne nous rendrais pas une réponse favorable.



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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Sam 4 Fév - 12:39

Instant gênant

- Comme un malaise qui s’installe -

Je ne peux m'empêcher de rire face à la confusion. Je ne sais pas si j'aurai aimé être un animal imposant aux crocs avide de chair et capable de broyer un os comme s'il s'agissait d'une simple brindille, à l'image d'Ulric et son énorme Grizzly. Certes je serais probablement plus agile sur mes pieds, nettement moins danger publique dès que je me mettais debout. « Oh non je ne parlais guère de moi, je n'ai rien d'enragé et encore moins d'un fauve, bien que mon état doit forcément prêter à confusion. Vous ne devriez pas avoir à m'envoyer au tapis. Aussi étrange que cela puisse paraître, je parlais d'un fauve, ici, en plein Londres, qui m'a pour ainsi dire attaqué. Gardez l’œil, je doute qu'il revienne vers moi, mais sait-on jamais. Ce sont des créatures aussi fourbes que manipulatrices. » Dixit l'oiseau qui avait commencé la bataille, capable de rendre fou le moindre prédateur à force de lui foncer dessus. Évidemment un détail que je préférais omettre.  

« Une belle poudreuse blanche en effet, vous devriez venir la voir d'ailleurs, nombreux sont les Syndrigastis qui retombent en enfance à peine l'entrée de la boucle franchie, un spectacle dont je ne me lasserai probablement jamais. Re-découvrir certaines choses fait parfois le plus grand bien savez-vous. C'est d'une certaine façon un excellent moyen de vaincre l'ennui et ce jour qui n'en finit jamais. » Rester au même endroit plus de quelques mois, l'horreur sans nom, le cauchemar. Cela me rendait fou, à tourner tel un lion en cage, dépérissant devant une fenêtre qui affichait encore et toujours le même tableau. Ma seconde nature ne m'aidait sûrement pas à rester sédentaire, en perpétuel conflit face à la neige et au froid mordant, me poussant à survoler des contrées bien plus chaleureuses. Vaincre le fléau de l'ennui et d'une certaine forme d'éternité par le voyage restait ma propre solution, chaque parcelle de terre n'ayant échappé dans les boucles au cours des presque cent-quatre-vingt ans écoulés. Je redoutais le jour où chaque paysage me deviendrait eux aussi indifférents.

Peut-être que j'aurai du me servir de mes griffes et de ma peau nettement plus solide écailleuse sur la plante des pieds, ce qui serait nettement plus judicieux que de tenter une quelconque péripétie. Le mélange en serait certainement déstabilisant en plus d'être peu discret, mais d'un autre côté, un brin d'animation ne ferait certainement pas de mal. « Je vais bien, ce n'est qu'une égratignure.» Et fort heureusement, il aurait été déstabilisant de faire face à une hirondelle aux plumes piégées dans la boue d'un seul coup. J'approuve l'idée émise, bien qu'il serait probablement temps que je me concentre pour déterminer notre position, véritable boussole vivante, probablement le plus grand des atouts de ma forme d'oiseau migrateur, maintenant la gêne due à l'étrangeté de la situation passée. « Il est hors de question que je mette un pied dans le métro, ne m'en voulez pas, mais les endroits clos et sombres, d'autant plus s'ils sont sous terre, ne me réussissent guère. » Autant imposer la condition tout de suite, éviter les crises de tétanies et autres joyeusetés dictées par ma claustrophobie.

La cible est tout de même repérée rapidement, ne manquait plus qu'un plan infaillible pour subtiliser leurs semelles. Utiliser l'effet de surprise de ma tenue risquerait plus de faire courir les tourtereaux que de les figer dans l'incompréhension après tout. « Je présume que votre particularité n'est pas de plonger un individu dans un sommeil profond ou encore de les figer pendant que nous dépouillons ce pauvre garçon. Dommage, ce serait pratique en cet instant. Il faudrait les assommer, voir les faire tourner de l’œil. » Je ne préférai pas jouer avec les meurtres et autres joyeusetés, bien qu'ils reprendraient vie, nouveau départ à zéro, le lendemain. Très peu pour moi. Je fronce les sourcils, songeur avant de relever la tête. « Je crois que j'ai le moyen d'attirer leur attention durant quelques minutes, vous vous sentez capable de leur asséner un assez grand coup à la tête ? Il doit probablement y avoir quelque chose pour vous y aider dans les débris. » L'idée en tête ne me plait guère, il était trop tôt pour exposer mes faiblesses de la sorte face à une parfaite inconnue, mais c'était probablement pour la bonne cause et la survie de ma voûte plantaire.

Je lui fait un bref signe de chercher alors que je commence à me préparer pour une prestation d'oiseau blessé digne de Shakespeare, cherchant un coin à l'abri de tout regard pour revêtir mon manteau de plumes, abandonnant ma peau dénudée en une seconde à peine. La terre a bel et bien emprisonné mes rémiges, tant mieux, cela ajouterait probablement un côté nettement plus dramatique. Ne restait plus qu'à bondir faiblement jusqu'aux pieds des deux humains, une aile caressant le sol comme si elle venait de se briser et le regard humide. Quelques trissements plaintifs s’échappent pour tenter d'attirer aux mieux leur attention, bien trop occupés à faire des embrassades publiques qui me mettaient terriblement mal à l'aise, bien loin des conventions enseignées. Cela suffit à me faire gonfler les plumes, agacé, avant de reprendre mon jeu dramatique, augmentant le volume des cris et me laissant tomber sur le dos, les ailes étendues qui ne parviennent pas à battre correctement. Ce qui semble enfin attirer l'attention de la jeune femme qui commence à agir de façon tout à fait pré-méditée, délaissant son amant pour glisser ses doigts dans mes plumes, alarmée. Ah ces humains, toujours plus compatissant face à un animal en détresse qu'un autre homme.  
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Marie Balmain

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- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Copie de mémoire
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 550
❧ Yeux de verre : 60
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Lun 6 Fév - 12:16

Bande de joyeux voleurs

- ALOYSIUS ET MARIE -

Mon compagnon de l’après-midi me demanda si ma particularité était de plonger les autres dans le sommeil. Je ris intérieurement. Si, si, un très très profond le sommeil. Et si ma particularité est de bonne humeur, cet homme pourrait même terminer ses jours dans la peau d’un arbre ou d’un pigeon. Ce n’est clairement pas ce que je souhaite à ce pauvre innocent, qui ne demande juste qu’à passer une après-midi avec sa douce, tentant au mieux d’être au calme malgré le son menaçant des bombes. Il m’envoya partir à la recherche d’un objet pouvant assumer l’individu, tandis qu’il ferait une parade censé attirer leur attention. Je restais bête quelques secondes. Assommer un humain, comme ça, tout de suite. Au fond, je préférais ça plutôt que de les tuer. Même si je sais que demain tout reviendrait à la normale pour ces deux amants, je n’ai tué qu’une fois et j’espère ne jamais recommencer. J’hochais la tête en signe d’approbation.

« Ok, allons-y. » Et nous nous séparions alors. Je trouvais rapidement une pierre assez légère dans les gravats. Trop lourde, elle lui aurait bien enlevé la vie, surtout que je ne connais pas ma force. Cela devrait suffire. Je fis un tour rapide afin de me retrouver derrière les amoureux, soigneusement cachée. Je jetais un coup d’oeil rapide à mes mains, afin de m’assurer que mes gants étaient bien enfilés. Ce serait trop bête que le plan se réalise à merveille et que je vienne tout foirer. Je restais à l’affut, alerte de tout évènement signalant le moment pour moi de passer à l’action. « Mais qu’est-ce que je fais là, sérieusement. C’est la plus grande aventure qu’il me soit arrivée en 97 ans d’existence, si ce n’est pas une belle première! » Me dis-je, en souriant.

Un joli oiseau vint s’écraser au sol. Le pauvre devait avoir manqué son coup. Je restais focalisée malgré la peine que je ressentais pour cette petite bête. Soudain, la femme se leva, courir à la rescousse de la petite paire d’ailes, qui s’était échouée au sol. C’est alors que je compris que cette petite paire d’ailes appartenaient à Aloysius. Une hirondelle, alors? Le monstrueux fauve devait être un chat. Effrayant, en effet, quelle mauvaise foi!

Je rassemblais mes esprits. Ce n’était pas le moment de tergiverser. Je m’avançais à pas silencieux et rapide derrière le jeune homme aux cheveux bruns. Camille me l’avait apprit, quand nous montions nos mauvais coups pour embêter les autres particuliers. J’étais devenue experte dans l’art de la discrétion.

Arrivée à deux pas du jeune homme, je commençais à me questionner à l’endroit où frapper. Il fallait l’assommer du premier coup. Puis finalement, au moment fatidique, je tapais là où ma petite main avait décidé de tomber. Le garçon eu un petit cris de douleur, puis s’effondra sur lui-même. Je l’attrapais pour l’allonger doucement. S’il était tombé, il aurait fait un bruit qui aurait gâché tout le plan. d’un grand pas, je rejoignis le bas de son corps, m’accroupis, et enlevais les lacets. « Vite ». J’enlevais la première chaussure. « Vite ». Je me tournais rapidement, voir si la demoiselle ne revenait pas vers son homme. « Vite ». Et la deuxième chaussure dans la main, je me levais et partis en courant, laissant le garçon déchaussé derrière moi.

Je me cachais derrière un mur, encore fièrement debout. Je repris mon souffle. L’adrénaline m’avait fait oublier que je n’étais pas une grande sportive. Mais là, je pris conscience et respirait à grande bouffées. J’avais même un point de côté. Je m’assis par terre et regardais mes mains, chacune tenant une chaussure. Puis je me mis à rire. Je n’arrivais pas à croire que MOI, j’avais fait ça. C’était juste tellement improbable. Quelle après-midi, j’aurais de quoi écrire dans mon journal, pour une fois! Le sourire toujours aux lèvres, je me relevais et passa la tête de l’autre côté du mur. Je n’avais plus qu’à l’attendre, cette fameuse hirondelle. Il avait laissé mon manteau pas loin, comme ça je n’aurais pas à le voir une deuxième fois nu. Une fois, c’était amplement suffisant!


HRP:
 



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Sam 11 Fév - 12:59

Instant gênant

- Comme un malaise qui s’installe -

Je n'aimais certainement pas être saisit de la sorte par des mains inconnues, dont j'ignorais le moindre détails, parfaitement humaines. Le manque de confiance est là, ravalant cette sensation désagréable comme je le peux et de façon amère. Elle pourrait me broyer, en une fraction de secondes, m'écraser les os, m'étouffer, me briser, m’ôter la vie de façon enfantine. La fragilité de cette forme, si chétive, restait ma plus grande faiblesse, petit oiseau posé dans des mains humaines, même humains qui ont commis bien des tourments, bien des catastrophes et qui semblaient parfois s'entre tuer. Certes, il fallait faire la part des choses, les hommes bons, les hommes mauvais et il en était de même pour les syndrigastis, tout aussi capables de détruire et vouloir s'imposer avec leurs capacités dites "supérieures".

Je ne pourrais voler correctement dans cet état, sale, aux plumes recouvertes de crasses et de terre sèche qui les fragilisaient, ce qui rendait les choses encore plus compliquées pour un replis. Quelle idée j'avais eu, en espérant que Marie fasse vite, n'ayant certainement pas besoin de jouer la comédie alors que mon minuscule cœur tambourine de façon alarmée sous mon duvet. Je parviens à observer la rousse un instant, reprenant les trissements dans une nouvelle prestation qui visait à couvrir les sons de l'impact et des déplacements. J'avais l'impression d'être grotesque, à jouer les oiseaux mourant aux cris plaintifs et apeurés. Le tout d'une façon exagéré pour couvrir le reste. Fort heureusement, la jeune femme s'y laissa prendre naïvement.

Vint ensuite le mouvement de tête, le cri alors qu'elle se rend compte que son amant se retrouve au sol, étendu et sans chaussures. Je sens ses doigts se resserrer dangereusement sous la crainte, elle n'allait pas me lâcher c'était certain, pas si je ne lui donnait pas un peu d'aide. Je profite donc de l'effet de panique, de sa déstabilisation, enfonçant mes griffes dans ses doigts avant de lui donner un bon coup de bec. Rien de bien terrible et de douloureux, mais de quoi lui faire ouvrir ses doigts pour me relâcher dans un juron, filant comme je le peux alors qu'elle s'occupe de son compagnon. Planer m'est difficile, mais je finis par retrouver la veste abandonnée pour me glisser dessous, faire disparaître les plumes alors que le corps s'étire, retrouve des traits et une taille humanoïde.

Ne restait plus qu'à retrouver Marie, prenant soin d'éviter les débris sur le sol et les quelques regards. A peine je l'aperçoit avec son trophée, me glissant dans sa planque, que le rire s'élève, incontrôlable. Du grand n'importe quoi, à la fois ridicule et grandiose. J'en pleurerai presque tellement la scène devait être à mourir de rire. Je suis forcé de m'asseoir tellement j'en ai mal au ventre. « Une sacrée équipe. » Je tente de retrouver mon calme, ne pas m'étouffer à force de m’esclaffer, enfilant les chaussures, que nous venions de subtiliser, non sans une certaine fierté. Elles sont un brin trop petites, mais qu'importe, c'était toujours mieux que d'affronter les rues sans. « Nous aurions peut-être du tenter de voler aussi ses vêtements. » Nouveaux éclats rien qu'à imaginer la scène, voir même de retenter le coup, viser plus haut, tenter de faire ça dans une banque ou un quelconque lieu qui pourrait nous apporter un butin beaucoup plus intéressant, bien qu'inutile dans une boucle.  
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Mer 15 Fév - 15:35

Mystérieux camarade

- ALOYSIUS ET MARIE -

Aloysius apparut ensuite au coin de la ruelle plein de débris, résidus des jours malheureux de la boucle de 1941. Et soudain, comme commandé par nos deux cerveau, nous nous miment à rire, à lâcher nos nerfs et à laisser notre corps se calmer, plein poumon. C’était si incontrôlable, et si agréable comme moment. Cela faisait tant d’années que je n’avais pas ris ainsi, que je n’avais pas eu l’impression d’exister de façon si entière. Cet homme, cet inconnu même, avait fait renaître en moi une partir d’humanité qui s’était évanouie depuis des années. Il a rendu à nouveau possible cette envie d’aventure, le gout du risque, le sentiment d’être vulnérable et de devoir agir avant la mort ne me rattrape. Toutes ces idées pouvaient paraître saugrenues et bien trop fortes, mais qu’on le croit ou non, un Syndrigasti finit par se perdre dans la boucle interminable de ses jours, cercle immuable de sa vie. Alors, il en faut peu pour éveiller à nouveau ces désirs de se sentir vivant, de réaliser que nous sommes comme tout le monde, des êtres ayant tant de choses à vivre. La mienne était illimitée pour le moment, je devrais en profiter davantage, au lieu de passer mes journées à me morfondre, dans la plus grande des mélancolies. Lui, il avait l’air si heureux.

J’essayais de calmer mes éclats, tandis qu’Aloysius enfilait sa paire de chaussure. Apparement, un peu trop petites. Difficile de s’empêcher de pouffer à nouveau. Puis il constata qu’il aurait été intéressant de lui voler ses vêtements. De nouveaux éclats retentir alors, francs et appréciés. Je me délectais de cet instant, profitant du moment présent. Je nous imaginais clairement dans ma tête, comme deux acolytes à braquer mille et un endroits interdits, même s’il n’y avait aucun intérêt. Je le voyais comme un bon compagnon d’aventure, et j’espérais le connaître mieux avant son départ dans sa boucle d’origine, en 1873. En fait, je ne voulais plus qu’il parte, Aloysius était un personnage qui avait l’air empli de ressources et de bonnes histoires à compter. Il devait inspirer bien des Syndrigastis. Je me demandais même si je ne ressentais pas une certaine admiration pour lui. Semblait-il si vivant avec tout le monde?

« La prochaine fois, nous nous associerons pour subtiliser quelques vêtements un peu plus convenables » Riais-je. Oui, j’aspirais tant à une prochaine fois, à du temps à passer avec lui. « Admirable, votre prestation! Une hirondelle, c’est bien cela? » Demandais-je, une fois calmée. Je n’avais pas oublié sa plainte lorsque selon lui il avait du affronter un terrible fauve enragé. Quel sacré personnage!

Le ciel commençait déjà à s’assombrir, et en remarquant cela je regardais ma vieille montre, cachée sous mes gants en cuir. Cela faisait des années que j’avais ces mêmes accessoires, et ils n’avait jamais montré de signes de fatigue. J’en étais fière. Je soupirais à la vue de l’heure qui s’annonçait, comme si cela marquait la fin d’une ère nouvelle, pleine de vie, qui s’offrait à moi. « Il est temps de prendre le chemin de retour. Mieux vaut ne pas trainer trop tard le soir. » Annonçais-je alors. Je me levais d’un bon, encore pleine d’adrénaline. Mon corps avait fait le plein de sérotonine pour les mois à venir, je me sentais bien. Souriante, je le lassais se lever seul. Malgré le fait qu’il n’y avait aucun contact charnel, j’avais perdu l’habitude de faire certains gestes polis, même quelques simples réflexes. C’était devenue une routine, de ne jamais toucher personne. Il était plus prudent de ne rien risquer.

Je marchais lentement, comme pour empêcher le temps de filer. « Vous resterez des notre encore quelques temps? » Demandais-je, curieuse. J’espérais qu’il ne partirait pas de si tôt, même si je savais pertinemment qu’il ne resterait pas une éternité. De toute façon, la boucle de 1941 est si triste, une des moins agréable de toute la Grande Bretagne. Je ne comprend même pas comment elle peut attirer tant de voyageurs. Peut-être aussi était-ce ce stress, ce son lointain des bombes que nous n’entendons plus en résident si longtemps ici, peut-être que le calme insatiable finit par gagner en antipathie. Allez savoir, je ne suis jamais restée assez longtemps dans une boucle où la sérénité règne avant tout.

« Vous venez souvent dans cette boucle? Et dans d’autres? Vous voyagez beaucoup? » Demandais-je, afin d’empêcher le silence de s’installer. Je m’intéressais énormément à cet homme mystérieux, et … peu vêtu. Il devait avoir si froid. Quoique venant d’une boucle où la neige est maître, cela devait être une habitude.

Apparut enfin le refuge, bien à l’abri de la menace des bombe, j’indiquais de la tête à Aloysius la grande bâtisse. « Voici la maison. Nous sommes arrivés, et en un seul morceau! »



evanescence

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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) Rencontre imprévue - FT. ALOYSIUS   Lun 20 Fév - 18:52

Instant gênant

- Comme un malaise qui s’installe -

« Ne m'en voulez pas, mais je préfèrerai surtout être mieux vêtu la prochaine fois. » Toujours les mêmes éclats, incapable de reprendre mon souffle, de retrouver notre sérieux. Voleurs bien peu discrets, à deux doigts de se faire remarquer sous leur bonne humeur, voilà ce que nous étions. Une bonne chose, probablement, de voir un sourire s'esquisser sur ma nouvelle compagne d'aventure, la faire rire aux éclats durant quelques longues minutes. Beaucoup ne riaient plus assez avec le temps. J’acquiesce à la question, ne préférant pas pour autant m'aventurer dans de longues explications pour le moment, tâchant de lui faire comprendre de garder l'oiseau pour elle, sorte de secret déjà instauré entre nous.

Il ne valait mieux pas trainer en effet, ne rêvant plus que d'un bain chaleureux et à l'étreinte de l'eau brûlante, d'autant plus que le temps commençait à se rafraîchir, laissant son emprunte dans un frisson et la chaire de poule. Sans parler que la pluie infernale de flamme allait déchirer le ciel, comme chaque soir dans ce lieu. Je me redresse tout en essayant de dissimuler au mieux ce qu'il y avait à cacher, la situation restait terriblement gênante après tout, malgré la bonne humeur qui avait apporté une ambiance et un ton nettement plus décontracté. Pauvre Marie, elle en avait vécu des aventures aujourd'hui, emportée malgré elle dans les maladresses et les déboires d'une hirondelle.

« Des jours, des semaines, des mois, tout dépend de ma capacité à rester en place. » Les épaules se haussent machinalement, ne sachant jamais lorsqu'il était temps de partir à l'avance, c'est l'oiseau qui décidait, qui me hurlait de laisser le vent me porter, de partir un beau matin sur un coup de tête. « Vous avez vu ma seconde nature, je crois qu'elle répond plutôt bien à ce type d'interrogations. » Sourire amusé qui s'esquisse, dévoilant l'incapacité à rester en place, à supporter le même endroit plus d'un certain temps, à apprécier la même routine qui s'installe encore et toujours, la monotonie et la répétition des boucles, à ne pas voler durant des semaines sur de longues distances, à se sentir prisonnier et dépendant d'un lieu.

Les bâtisses connues se dessinent, indiquant que nous étions désormais en sécurité. Enfin, il ne restait plus qu'à monter les nombreuses marches et me perdre dans ce labyrinthe pour regagner discrètement cette chambre emprunté à chaque visite. « Et bien Marie, j'ignore ce que j'aurai fait sans vous, je vous dois un service. Peut-être devrions-nous prendre le thé ensemble et dans de meilleurs... conditions un de ces jours. Quoi qu'il en soit vous êtes le bienvenue dans mes appartements. » Nouveau rire léger qui s'élève, plus rien ne semblait pouvoir gâcher cette soudaine bonne humeur. Dernier regard, inclinant la tête dans un ultime remerciement avant de filer entre les murs pour une douche et une pause méritée.
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