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 Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]

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Maxine Thackeray

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- Inventeuse Bavarde -
❧ Boucle Temporelle : Edimbourgh, 1873
❧ Particularité : Clairsentance
❧ Occupations : Inventeure et infirmière par intérim
❧ Miroir :
❧ Missives : 84
❧ Yeux de verre : 32
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Mer 25 Jan - 22:37

Je t'avais bien dit que je viendrais
Maintenant que j’avais pu rassurer Miss Cyanopsitta, me rassurer aussi de leur état de santé à elle et Alo au passage, et eu une longue conversation avec l’Ymbryne, j’avais quartier libre pour vraiment explorer cette boucle. Je commençais par faire un tour de la maison de maître, ne touchant à rien pour le moment, me contentant d’observer. Je me souviens vaguement de ce que j’ai pu voir lors de ma première visite, mais à ce moment-là mon esprit était encore trop nourri par l’adrénaline coulant dans mes veines que je n’ai pas retenu grand-chose, ni même fait vraiment attention à ce qu’il se passait autour de moi. J’étais encore effrayée par mon expérience dans un temps hors d’une boucle, j’avais perdu une jupe que j’appréciais, et en plus de cela, j’étais tout sauf présentable. Les cheveux lâchés de manière tout à fait déplacée, avec des vêtements qui n’étaient point ceux pour une femme et surtout beaucoup trop grands pour moi…Bref. Je n’étais pas au mieux de mon attention à ce moment-là.

Mais aujourd’hui était bien différent. J’étais certes venue en qualité de messagère, mais je comptais bien tenir une promesse que j’avais faite à Clarence : celle de venir le voir dans sa boucle rapidement. Bon, j’avais pris peut-être plus de temps qu’il ne l’aurait aimé, je n’en sais rien à dire vrai. Je n’étais pas dans sa tête, je ne pouvais pas savoir combien de temps il avait espéré me voir arriver avant de se résigner à devoir réellement attendre. Ou peut-être qu’il s’en fichait, en fait ? Allez savoir. J’avais beau avoir compris certains fonctionnements de cet homme, j’étais encore loin de pouvoir dire que je le comprenais vraiment. Il était même fortement possible que ça n’arrive jamais et ce ne serait pas plus mal. Si on pouvait tout comprendre des autres, la vie serait bien moins amusante, n’est-ce pas ?

En tout cas, je fis un tour de la maison de maître, avant de demander à un des syndrigastis vivant dans cette boucle où je pouvais trouver Clarence. Visiblement, pas grand monde ne devait rechercher sa compagnie, à en juger par la réaction étonnée de la personne à qui j’ai demandé. Mais on m’a indiqué le chemin malgré tout, et j’ai repris ma route, direction les appartements de Clarence. Enfin, si j’arrivais à vraiment les trouver, cet endroit était un véritable labyrinthe…Finalement, j’arrivais à l’appartement concerné et toquai. Sans réponse. Je tentai la poignée et…la porte s’ouvrit sans résistance. Un bon signe, non ? Si la porte n’était pas verrouillé, possiblement qu’il était bel et bien dans son appartement ? J’entrais, doucement, observant autour de moi sans rien toucher. Je fis mon chemin à travers l’endroit, mes pas étouffé par les tapis au sol.

Finalement, je le trouvais, assis à son bureau, me faisant dos. Une idée me vint et je me retins de rire en y pensant. Je n’avais pas prévu cela comme ça, mais maintenant que l’idée était là…c’était trop tentant pour ne pas le faire. Avançant à pas feutrés, j’attendis d’être juste derrière lui, puis plaça doucement mes mains gantées sur ses yeux, annonçant d’une voix joyeuse :

"Qui est-ce?"

Et attendis sa réaction par la suite.
avengedinchains




Dernière édition par Maxine Thackeray le Mar 7 Fév - 11:26, édité 2 fois
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Clarence F. Bannerman

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- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
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❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Jeu 26 Jan - 22:40


Je t'avais bien dit que je viendrais
MAXINE & CLARENCE

     Journée creuse, encore une fois. Une pluie battant contre les vitres, étouffant le bruit d’un stylo grattant le papier. Sur les pages se dessinaient des mots sans poésie, des phrases sans histoires. La fiction aurait pourtant eu attrait à le faire échapper au travail ingrat qu’il s’infligeait. Sa chasse aux trésors n’avait de sens que si elle lui faisait entrevoir quelques cadavres dissimulés au fonds d’un placard. Alors qu’Agatha Christie peignait à l’encre les traits de visages inexistants, Clarence Bannerman, dont le nom n’ornerait aucun ouvrage, œuvrait à sa propre fiction. Celle que constituait sa quête d’informations. L’album qu’il eut subtilisé avec Galahad s’exhibait sans pudeur sur la surface de son bureau. Si le jour se couchait assez tôt, ses pages semblaient parfois s’immobiliser des jours entiers. Deux 22 mars s’étaient écoulés alors qu’il étudiait la treizième page. Ses yeux s’épuisaient. Son esprit aussi. Les visages sur les photographies se déformaient jusqu’à devenir des ombres. Lorsqu’elles commençaient à menacer sa raison, il s’échappait dans un livre ou fuyait drastiquement son appartement. Sa porte avait été ouverte ce matin-là, invitant un visage qu’il n’eut pas envie de voir. Archibald, dont les sollicitations devenaient encombrantes et les réponses évasives. Il s’en était débarrassé en feignant d’être occupé, notant après coup son nom dans un coin de page. Il eut perdu son calme et forcé inconsciemment une porte en s’étant fait embarqué dans une nouvelle histoire signée Galahad Ednyfed. Honteux de sa perte de moyens alors qu’elle ne fût connue que d’une personne, il crut bon néanmoins de se faire oublier. Sur estimant son importance, car il n’y eut que les curieux pour le déranger.

     Comme le présent ne suffisait pas à ébranler sa concentration mal placée, son passé revint, et avec lui son lot de confusions. Achluophobique temporaire, il se fit surprendre par l’obscurité voilant soudainement ses yeux. Les seuls qu’il eut besoin d’avoir. Ses mains dénudées par manque de temps vinrent s’agripper aux poignets l’ayant piégé. Il n’eut pas le réflexe de reconnaître Maxine, d’entendre sa voix comme un indice. Il eut seulement celui de dégager ses bras de son visage comme la menace qu’ils semblèrent être. Ses mains se firent brutales. Brûlantes, alors qu’elles se resserraient autour de leur cible. Si les os de ses avants bras ne s’étaient pas douloureusement pressés contre ses yeux dormants alors qu'il les saisissait, certainement aurait-il empêché à son sang de circuler.
     Il se redressa, lâchant sa prise alors même qu’il reconnut Maxine.
« Max ? Que fais-tu ici ? »
     Sa question eut l’air d’un reproche. Maladroitement choisie, elle semblait manquer d’enthousiasme. Il ne s’attendait pas à la voir, mais la surprise de la savoir venue jusqu’ici avait déjà été éclipsée deux mois plus tôt. Il fût surpris de la voir revenue, même si presque mauvais perdant d’apprendre qu’elle n’eut pas besoin de son aide pour quitter sa boucle. Déçu également, qu’elle n’ait pas jugé bon d’aller le voir la première fois. Il fit la moue, se débarrassant de son air grave. Oubliant que si ces retrouvailles commencèrent mal, ce fût parce qu’Archibald l’eut involontairement poussé à oublier de verrouiller la porte derrière lui.
« Tu m’as surpris. »
     Évidence voulant excuser son emportement.
« Suis moi. On sera mieux dans la pièce d'à côté. »
     Il l’invita à sortir. Son bureau, même si mieux rangé que son atelier, fût sa table d’opérations à lui. N’ayant aucune envie de la voir déranger son travail, et plus encore de remarquer ce qu’il n’eut pas le droit d’avoir, il préféra la ramener dans le salon. Bien moins confortable que le sien à Edimbourg, il suffirait à la maintenir quelque part. Il referma la porte du bureau derrière lui, récupérant les gants qui trainaient près de la porte d’entrée pour couvrir ses mains. Il voulut s’habituer à son handicap et au regard qu’il eut dessus, non pas au regard que les autres eurent devant.
« Comment vas-tu ? »
     Question générale ou portée à l’attention des poignets qu’il eut saisis douloureusement, il semblait sincèrement se préoccuper de son état. Ses lèvres se pincèrent, craignant elles aussi d’avoir commis une faute. Devant cette inquiétude, persistait un sourire difficile à réprimer. Loin de toutes dualités, il était heureux de la savoir ici. Dans sa boucle, hors de la sienne. Avec lui, ailleurs que sous la neige. Elle eut encore l’air irréelle tandis qu’elle se tenait devant lui. Comme un objet que l’on eut entreposé des années au grenier avant de le retrouver au fond d’un carton. Il devenait la source de souvenirs oubliés et s’acquittait désormais d’un nouvel intérêt.
« Je suis heureux de te savoir venue jusqu'ici. »




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Dernière édition par Clarence F. Bannerman le Ven 17 Mar - 11:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Mar 7 Fév - 12:50

Je t'avais bien dit que je viendrais
D’accord, ce n’était pas vraiment la réaction à laquelle je m’attendais…J’ouvris de grands yeux ; surprise et, je ne vais pas mentir, un poil apeurée, face à Clarence qui me relâcha sitôt ses yeux posés sur moi. Mais la surprise était claire dans ses yeux bleus et ma propre surprise m’empêchait de vraiment enregistrer ce qu’il venait de se passer. Pourtant, mes poignets s’en souviendraient un petit moment, là se trouvait la certitude. Son ton me fit reculer d’un demi pas, me clouant le bec sans le vouloir (une grande première pour moi) et pendant un moment, j’hésitai à simplement m’excuser puis tourner les talons et filer dans la grande maison, au chevet d’Alo ou avec Miss Cya. Pourtant, le fait que son visage se fasse plus calme, et sa phrase, une excuse en elle-même que j’acceptai sans réserve, me tira un fin sourire.

"C’était un peu le but je t’avoue, mais je m’abstiendrais la prochaine fois !" finis-je un rire dans la voix.

Je le suivis dans son appartement, observant au passage autour de moi, cherchant, dans sa décoration, à comprendre un peu mieux cet homme, mais les temps de la boucles ne devaient pas vraiment aider à trouver de quoi personnaliser son espace de vie, à moins que Clarence ne soit simplement pas un fan de décoration, ce n’était pas impossible non plus. Arrivés dans le salon, je le dépassais tranquillement pour aller observer le reste de la pièce, les livres, les objets…Je me tournais finalement vers lui quand il me posa sa question et je souris un peu plus.

"Ca va bien. Mieux maintenant que je sais que Miss Cyanopsitta et Aloysius vont bien. Enfin, presque, mais ils sont en vie, ils ne sont pas loin, et surtout, Miss est au courant des autres de la boucle, ce qui l’inquiétait beaucoup." Je fis un pas dans sa direction "Et puis je peux te revoir, donc pourquoi j’irais mal ?" finis-je mon sourire définitivement impossible à effacer pour le moment. J’eu un petit son d’excitation en entendant sa dernière phrase, je n’ai pas pu m’en empêcher "Moi aussi ! Bon sang si tu savais la torture qu’étais mon chemin entre l’entrée de la boucle et ici ! Je ne pouvais pas vraiment prendre le temps de me perdre dans cette ville immense et y observer toutes les nouveautés que je croisais mais…" si je n’étais pas mieux élevée, j’aurais sautée sur place de joie "J’avais déjà vu des automobiles, même on ne m’a jamais laissé y toucher du temps où je vivais encore hors de la boucle, mais celles que j’ai pu croiser ici n’ont rien à voir ! Et puis j’ai cru voir passer quelque chose dans le ciel, qu’est-ce que c’est ? Est-ce ces avions dont tu me parlais des fois ? Oh ! Tout ceci est si excitant !" je pris une grande inspiration pour essayer de me calmer un peu, et j’y réussi…Presque, ma voix gardait cette qualité enthousiaste que j’exultais depuis mon arrivée ici "Avec tes explications en plus…Je sens que je vais me plaire ici."
avengedinchains




Dernière édition par Maxine Thackeray le Lun 6 Mar - 12:24, édité 1 fois
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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Sam 11 Fév - 15:55


Je t'avais bien dit que je viendrais
MAXINE & CLARENCE

     Les pas de Maxine couvraient le silence. Sa présence le vide. Lequel ? Il y’en eut plusieurs à combler. Les trous d’un mur à colmater.
     Miss Cyanopsitta une nouvelle fois au cœur d’une conversation. Une qu’il ne comprenait pas, s’il put en comprendre une la concernant. Car il ne comprit à l’origine pas le dévouement que Maxine portait aux Ymbrines. Elle lui parlait et il l’écoutait. Elle lui parlait comme s’il eut partagé cette histoire, été là avec elle. La vérité fût qu’il ne connut pas cette histoire, et que les mots qu’elle prononçait n’eurent aucun sens pour lui. Il avait entendu parler de la présence de Cyanopsitta et Aloysius, prenait seulement conscience que Maxine s’était déplacée pour eux. Une question gardée pour plus tard, car il voulut apprécier de la savoir simplement là. Il était de toutes manières pris au piège du sourire qu’elle avait fait naître, incapable de la couper dans son élan maintenant qu’elle était lancée. Il aurait pu envier son émerveillement – Il n’avait plus rien à découvrir depuis longtemps (Ou rien, plus exactement, qu’il n’ait envie de découvrir) – mais avait choisi de s’en nourrir. Son enthousiasme fût bien trop grand pour se suffire d’elle seule, et il s’imagina qu’elle put en partager un peu avec lui. Animal grassement gavé de ce qui ne lui appartenait pas. Il imaginait son regard porté sur toutes les choses qui furent son quotidien ; se faire écraser par cette ville comme le monstre qu’elle pouvait être parfois. Lui pouvait l’apprécier en l’ayant connue plus belle, mais savait avec quelle tristesse elle put désormais effrayer. Un aspect qui n’eut pas semblé ébranler Maxine. Elle qui n’eut jamais vu que les ‘automobiles’.
« Avec mes explications, répéta-t-il, sourire aux lèvres. Comptes-tu accaparer mon temps ? »
     Il fit semblant d’en être contraint, sourire soudainement déformé et yeux légèrement plissés. Que sa folie n’entame une partie de son temps, si telle fût son attention, elle était de celles dont il s’éprenait facilement. Car féminine certainement. Sexisme.
« Nous pourrions te trouver une voiture, si l’idée te plait. »
     Humour vite balayé. Blague pas assez exploitée. Il n’avait aucune idée du ‘comment’, trouverait certainement. Il eut besoin de matérialiser ses rêves, même s’il redoutait de la jeter trop tôt dans ‘l’extérieur’, dans ‘la guerre’. Stupide était l’idée de croire qu’il eut ce rôle à tenir vis-à-vis d’elle.
« L’avion sera plus difficile. Tu devras te contenter de les regarder dans le ciel. »
     Clarence avait arrêté de les regarder. Des années plus tôt, il scrutait le ciel et ses projectiles sombres fendant les nuages. A des milliers de kilomètres, les pieds ancrés sur le sol car il ne put échapper à la gravité, il apprenait à différencier les avions Anglais et les avions étrangers. Il voulut savoir s’il fût en danger, mais le savoir ne changerait pas le court de son histoire. Son sort fût scellé, si l’on crut au destin, où à l’idée qu’une bombe lancée put difficilement être évitée.
     Il se saisit des avant-bras de Maxine, glissant à peine les mains sur ses poignets. Il en fit un geste anodin, lui promettant par-delà cette proximité, les prémices d’une discussion importante, sans jamais vouloir que s’assurer qu’elle n’eut pas été brisée. Mais ces gants, épais et barrières à tout contact, l’agacèrent. Oubliant ce qu’il cherchait, il laissa retomber ses bras et continua.
« Je devrais te proposer à boire, mais j’aimerais te montrer quelque chose avant. »
     Les rôles s’inversaient. Lui en maître de maison, sans n’avoir jamais su tenir ce rôle. Elle en hôte, et il sentit bien que son appartement ne fût pas aussi accueillant que sa maison perdue sous la neige.
« Il est un objet que je n’aurais pu te ramener. »
     Alors il profita qu’elle soit là pour lui montrer. Il se saisit de la clé laissée sur l’un des meubles en bois. Le même qu’elle dut déverrouiller. Effets secondaires d’une paranoïa sommaire l’obligeant à verrouiller tout ce qui put être cadenassé. Un toc, comme l’on balayerait les points des ‘i’ d’un revers de main, ou clignait des yeux devant le vide d’un cercle. Ce meuble, il ne l’eut pas ouvert depuis près de deux années. A l’intérieur dormait une radio sculptée dans le bois. Vieille comme elle ne le paraissait pas, elle-même figée dans le temps, à l’image des voix l’habitant. Il se souvenait de celle que son père eut ramenée la première fois, du silence qui suivit les premiers mots prononcés. Il était jeune mais il lui fallut se taire et tendre l'oreille. Instaurer un silence qui leur fit à tous oublier qu’ils purent encore être seuls chez eux. La radio enveloppait le silence comme un invité lancé dans un monologue n’en finissant pas, et l’excitation de cette initiation fût telle qu’ils restèrent tous là à l’écouter, oubliant qu’ils purent en réchapper. Mais personne n’eut réellement voulut faire taire ce message reçu du ciel.
     Celle qu’il sortit du meuble fût bien moins grosse que celle de son enfance. Quatre boutons couleur vin s’agrippaient au bois. Symétriques et ronds, comme quatre escargots accrochés à une branche. L’aiguille glissait sur la bande papier à mesure qu’il les tournait. Le nom Philco inscrit en lettres dorées, comme si elle eut un nom. Il se souvenait des chaînes, mais plus encore des mots. N’associant plus les chiffres aux stations mais aux annonces. Douce était l’Angleterre croyant en sa force, éclipsant les défaites pour rassurer la population avec ses victoires. Les armées avançaient, elles ne reculaient pas. Les armées gagnaient, elles ne mourraient pas. Et ce qui fût à l’origine des deuils nationaux, ne fût certainement pas les nouvelles qui fusèrent à la radio.
La voix d’un homme prit place entre eux. Parasitée par le grésillement du vent. Il fût soudain une intrusion dans leurs retrouvailles. Clarence écoutait à peine ses mots. Trop solennels, alors que lui-même l’était. Il tourna le dos à cet homme au visage de bois et regarda Maxine.
« Peu importe l’homme qui parle. Imagine la voix du roi s’adresser au peuple. Envahissant la pièce comme s’il était présent avec toi. »
     Il fût l’enfant fier de partager un souvenir avec elle, espérant que cette histoire lui plairait.




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Dernière édition par Clarence F. Bannerman le Ven 17 Mar - 11:56, édité 1 fois
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Maxine Thackeray

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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Lun 6 Mar - 12:23

Je t'avais bien dit que je viendrais
Dès sa première réflexion, je pris un air outré, bien que mon sourire trahissait mes réels sentiments sur nos retrouvailles et le plaçais mes poings sur mes hanches. Hors de question de me laisser faire si facilement par cet homme. Cet homme que j’avais fini par suivre ici, un besoin de voir de mes propres yeux ce que lui-même m’avait déjà raconté en partie et aussi une envie aussi simple que de le revoir lui, dans un besoin de socialisation jamais rassasié. Une envie qui était présente depuis quelques temps déjà, avant même qu’il ne quitte ma boucle pour rejoindre celle-ci. Cet homme avec son humour pince sans rire qu’il faut décortiquer pour s’assurer qu’il plaisante vraiment, mais cela fait aussi partie de son charme et de ce qui le rend moins ennuyant que les autres, malgré certaines réflexions que je pourrais, en d’autres circonstances, mal prendre. Le gratifiant d’une petite tape sans force sur le bras, je finis par reprendre la parole.

"Evidemment ! Tu ne croyais tout de même pas me voir arriver et rester bien tranquille, tout de même ? Allons Clarence, tu me connais mieux que cela."

Et c’était vrai. Par rapport à d’autres, nous ne nous connaissions peut-être pas depuis longtemps, mais nous avions discutés, beaucoup, ou plutôt j’ai parlé, beaucoup, et il a répondu, généralement. Telle était notre relation, un échange constant, dont les jetons dépendaient de nos envies du moment. Ma contrariété, faible et feinte, s’efface totalement de mon visage à sa proposition.

"C’est vrai ?! Evidemment que l’idée me plaît. Comprendre comment ces engins fonctionnent pourrait me permettre de faire de grandes avancées ! Comment dire non ?!"

Je dois passer pour une folle à ses yeux, mais il sait comment je peux devenir quand je suis emportée par mon enthousiasme, et s’il n’a pas déjà arrêté de me suivre pour ma laisser derrière lui par ennui ou lassitude, c’est que ma folie particulière ne doit pas tant le déranger que cela. La preuve en est son insistance pour que je vienne ici, en 41, avec lui. Certes, cela datait de plusieurs mois auparavant, peut-être que ces mois sans moi l’ont guéri, lui ont fait voir à quel point je pouvais devenir envahissante, à quel point mon bavardage peut devenir agaçant ? Peut-être, mais je fais confiance à Clarence pour me le dire le cas échéant, il est quelqu’un de suffisamment franc pour ne pas tourner cent cinquante ans autour du pot.

Il me parle d’un avion, mais je le rassure d’un vague geste de main, enfin, entre autre par un vague geste de main.

"Ne t’en fais pas. Je pense que j’aurais déjà fort à faire avec une automobile, et puis il doit bien exister des ouvrage sur les avions, non ?" soudain, une idée me passe par la tête et j’agrippe une seconde à peine le bras de Clarence, comme pour attirer son attention "Oh ! J’y pense, qu’en est-il de Tesla ? Est-ce que tu penses que je pourrais en lire plus sur ses nouveaux travaux depuis 1873 ?"

Ah, Nikola Tesla, mon maître en termes d’inventions, celui qui serait mon dieu si je n’étais pas déjà croyante. J’espérais qu’il avait encore pu faire beaucoup de choses depuis 1873. Est-il toujours en vie ? Ou bien a-t-il passé l’arme à gauche ? Une question qui, pour le moment, restera sans réponse.

Mon attention se reporte toute entière sur Clarence quand il initie cette proximité dont nous n’avons pas vraiment l’habitude tous les deux, supposant quelque chose d’important. Je me tais, tente de calmer mon enthousiasme et pose mes yeux sombres sur son visage, attendant silencieusement (presque religieusement) ce qu’il va me dire. Un peu confuse quant à ses agissements sur l’instant, il finit par parler et là, ma curiosité est titillée au plus haut point. Je le suis au travers de cet endroit qui est ses quartiers dans cette boucle, puis l’observe, sagement, alors qu’il dévoile cet objet si mystérieux et faisant déjà briller mes yeux d’intérêt et de curiosité. Impatient, je ne pus m’empêcher de m’approcher et de tenter d’en voir le plus possible alors que Clarence n’a même pas fini d’ouvrir l’objet en question, ou de le régler (qu’est-ce qu’il peut bien régler, allez savoir). Je me redresse et me recule pourtant d’un pas, tentant de paraître la plus innocente possible, alors qu’il se retourne et qu’une voix que je ne connais pas envahi la pièce. Je l’écoute, incapable pourtant de ne pas avoir les yeux dérivant vers l’objet lui-même, un comportement que les Miss me reprocheraient à n’en pas douter, mais qu’y pouvais-je ? Je ferme un instant les yeux pour essayer de m’immerger, d’imaginer ce qu’il me dit, pourtant un fait me pousse à les rouvrir avec intrigue.

"Le roi ? Oh, alors ce n’est pas une autre reine qui est montée sur le trône après la Reine Victoria…"

Fait qui me rend un peu triste, mais pas si illogique que cela. Je hausse les épaules puis referme les yeux, écoutant la voix qui se propage dans la pièce.

"C’est fascinant, comment la voix peut-elle sortir de ce si petit objet ?"

Je l’observe, cet objet, mais tant que je ne peux pas mettre mes mains dessus, j’aurais du mal à comprendre son fonctionnement, aussi inventeuse puis-je l’être.
avengedinchains


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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Ven 17 Mar - 11:54


Je t'avais bien dit que je viendrais
MAXINE & CLARENCE

     Maxine lui rappelait tristement le temps qu’ils n’eurent pas. Ils n’eurent pour eux que la futilité d’instants perdus entre les départs et les absences. Quelques minutes et quelques heures qui viendraient irrémédiablement par les séparer. Clarence eut parfois le sentiment d’avoir sa place près d’elle, et tout le temps nécessaire pour espérer s’y plaire. Mais il fut chaque fois l’heure pour lui de partir. De sa volonté ou par celle qui lui fût dictée. Il était facile de la quitter, de l’oublier si se complaire dans son époque et ne pas pleurer la sienne put être un oubli. A présent qu’elle était ici avec lui, il comprit au-delà du mal qu’il s’était donné pour la ramener un jour en 1941, qu’elle pût avoir sa place dans cette boucle si elle apprenait à y vivre. Et il ne put le lui demander simplement, par refus de la contraindre, parce qu’il ne pouvait consciemment lui faire miroiter une vie qu’il ne put promettre.
« Il doit bien exister quelques ouvrages capables de répondre à tes questions. Ils seront certainement de meilleurs professeurs que je ne le suis. »
     Il y’eut tellement de choses qui l’intéressèrent, et tant d’autres qu’il peina à reconnaître. Il eut accès dans ce qu’il nommait tristement "sa vie" (celle dans laquelle il pût encore vieillir), aux meilleures innovations de son époque. Un privilège allant de pair avec du bon scotch et un siège de bureau confortablement éloigné des tranchées et des bombes. Il eut appris à les utiliser comme un devoir lui incombant, sans jamais s’intéresser plus amplement à ce qui put les faire fonctionner. Il ne fût pas assez stupide pour ne pas avoir appris à s’en servir, les réparer dans la mesure du possible. Et il fût tout à la fois bien insuffisamment intelligent pour se parer de comprendre la science à l’origine de leur existence. Ainsi il ne fût jamais qu’un imposteur lorsqu’il accepta d’aider Maxine dans ses recherches. Feignant son savoir dans l’habitude qu’il avait prise à utiliser ces objets futuristes la fascinant. Profitant de cette place qu’elle lui demanda d’occuper pour acheter sa compagnie. Le jeu l’amusait, alors qu’il en vint à comprendre qu’elle ne fût pas aussi crédule que ce que son enthousiasme laissait paraître. Alors qu’elle fût celle qui l’initia aux notions qui lui manquaient. Il la trouva intelligente… et se mit en silence à croire que rien de ce qu’elle pût apprendre ou faire ne déferait l’histoire. Il ne put concevoir qu’enrichir ses connaissances dans ce domaine put simplement lui plaire, accusant le temps qu’elle pût perdre à étudier et inventer. Et tout ne fût finalement qu’une perte de temps qu’elle fût la seule à exploiter, alors qu’il mit son âme entière à lui donner tort dans l’intimité de ses pensées. Pour se savoir plus lucide qu’elle, comme il aimait avoir raison au fond de lui-même.

« Qu’as-tu contre les hommes ? »
     Clarence eut oublié qu’elle eut à admirer d’autres rois et reines. La royauté de son propre temps fût de ces choses élémentaires que l’on ne put changer. Et sa remarque le surpris pourtant.
« Il y’eut bien d’autres hommes avant Victoria. Fais-tu partie de ces femmes souhaitant s’émanciper de l’emprise néfaste des hommes ? »
     Il haussa les sourcils, s’éloigna de la radio pour s’asseoir un instant contre l’accoudoir du sofa ; lui sourit finalement, car tout ne fût qu’exagération.
« Le roi George n’est pas un mauvais roi. Ce devait être son frère sur le trône, mais il a renoncé à ses fonctions. Par amour dira-t-on. »
     Et il eut si peu de choses à en penser, sinon qu’il ne crut jamais pouvoir faire confiance en un roi qui aurait hésité entre sa nation et une femme qui ne fût pas reconnue pour les bonnes raisons.
« La radio n’a pas fait grand bien au roi George, mais elle a permis de démystifier la royauté. Je ne te l’explique pas, mais toutes ces figures de l’autorité sont devenues au travers de ce simple appareil, plus impressionnantes et moins grandioses qu’ils l’eurent été dans le silence. »
     Il désigna d’une main la radio, invitant Maxine à s’en approcher pour l’étudier. Même s’il n’exista rien de plus amusant que de la voir se retenir d’y toucher. Selon une bienséance qu’elle avait toujours su adapter.
« Elle fonctionne comme un récepteur, et reçoit les ondes émises par les chaînes radio. Le plus intéressant serait d’étudier leurs émetteurs, car le message ne peut être envoyé que dans un sens. Mais fais-toi plaisir, je ne l’utilise plus depuis longtemps. »
     Il se releva, prêt à finalement lui proposer à boire avant que sa curiosité ne l’arrête dans sa lancée.
« J’aimerais savoir ce que tu vois en la touchant. »




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Maxine Thackeray

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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Dim 26 Mar - 17:52

Je t'avais bien dit que je viendrais
Je relevai vivement la tête en entendant sa question, qui, sur l’instant, me semblait complètement absurde. Mon avis sur les hommes n’avait pas grand-chose à voir avec mon commentaire précédent. Je posai mes yeux sur Clarence, essayant de lire son comportement, même si, il fallait le reconnaître, ce n’était pas mon point fort ; j’étais beaucoup plus douée pour cela avec les machines et objets en tous genres qu’avec les humains. Même sans ma particularité. Se sentait-il menacé par ma remarque ? Une peur que je finisse par l’ignorer voire pire, à l’abandonner tout ça parce qu’il est un homme ? J’aurais pu m’étouffer de rire face à l’absurdité de cette notion, mais il me coupa dans mes pensées par d’autres questions et je haussai les épaules, continuant de faire le tour de la radio dont qu’il m’avait dévoilée.

"Je suis de ces femmes qui pensent que nous n’avons pas besoin des hommes pour se faire une place dans la société. Mais je n’ai rien contre les hommes à proprement parler. Je ne serais pas amie avec autant d’hommes si j’avais une dent contre eux, après tout. Non je ne sais pas…La Reine Victoria est une telle force de la nature, elle semble capable de vivre des siècles. Alors je ne sais pas…Ca m’a fait drôle, c’est tout. J’aimais l’idée d’une femme au pouvoir."


Je lui offris un sourire rassurant, du moins je l’espérais rassurant, puis l’écoute. Je commence à envisager ce que cet objet a pu réaliser pour l’image de la monarchie.

"Ils n’étaient plus ces êtres inatteignables dans leur tour d’argent…"

Dis-je dans un murmure, réalisant à peine avoir parlé tout haut. Lorsque je m’en rendis compte en revanche, je plaquai une main gantée sur ma bouche, embarrassée devant cette impolitesse qui fut mienne le temps d’une phrase. Je ne suis pourtant pas du genre à interrompre les gens. Ne pas leur laisser beaucoup de place pour parler, ça c’est certain, mais les interrompre ? Grand Dieu non !

"Pardonnes-moi." Soufflais-je, le rose me montant aux joues.

Il continua ses explications et cela me rappela vaguement des travaux dont j’avais lu les tenants et les aboutissants, de retour en 1873. Mais très vaguement. Disons que je comprenais comment le procédé que je connaissais aurait pu fonctionner dans ce genre d’usage, mais pas encore comment ils avaient pu retransmettre des sons de cette façon. Car hormis la prise, je ne voyais pas de ligne pour la ligne de téléphone…De nouveau, Clarence me prit de court avec sa dernière demande. Oh. C’est vrai que s’il est au courant de ma particularité autant que moi de la sienne, je n’en n’avais pas tant fait usage que cela lors de nos discussions et autres rendez-vous.

"J’espère que tu es bien installé, car selon l’ancienneté de l’objet cela peut prendre un peu de temps…"

Sur ce quelques mots, je retirais un gant, et, après une inspiration, posai ma main sur la radio qui crachotait encore les paroles d’un autre. Il y avait toujours un peu d’appréhension quand j’utilisais ma clairsentance, car je ne savais jamais ce que j’allais découvrir. Si je ne voyais que les images, encore…Mais comme je pouvais aussi sentir l’émotion prédominante, je ne ressortais jamais la même d’une lecture. Les images commencèrent à défiler devant mes yeux, ces derniers devenant incapables de se fixer, restant dans le vague, tandis que je ne voyais plus rien de ce qu’il se passait autour de moi ; toute mon attention se trouvait happée par ma vision et ce qui en découlait.

La radio n’étant pas si vieille que cela, l’expérience en elle-même ne dura pas bien longtemps, mais me laissa ébranlée. Je reculais d’un pas, puis un autre, pour finalement me laisser tomber dans la chaise se trouvant là.

"Je pense que je vais avoir besoin de ce verre, si cela ne te dérange pas, Clarence…"

Je remis rapidement mon gant, serrant fermement mon poing, tentant de reprendre le contrôle de ma respiration. Les images, en elles-mêmes, n’avaient rien de particulièrement douloureux ou traumatisant, mais les émotions…mon dieu, les émotions…Je me sentais presque mal à l’aise de vouloir démonter une telle machine…
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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Lun 27 Mar - 11:57


Je t'avais bien dit que je viendrais
MAXINE & CLARENCE

     Il la perdit sous le poids de quelques mots, trouvant à la place l’image d’une femme qu’il n’avait pas revue depuis bien longtemps. Les cheveux plus sombres peut-être, et les yeux baignés de brun et d’or. Dans son souvenir ils restaient encore, accompagnés de quelques détails gravés sur sa peau; et l’importance d’un grain de beauté dessiné dans son dos sans qu’elle ne le sache, ne se traduisait que par le souvenir d’une femme qu’il voulut à jamais se rappeler. Les mots de Maxine auraient pu lui appartenir, son ton aussi. De cette habitude prise à ignorer la légèreté des mots de Clarence, pour lui faire comprendre qu’il y’eut des sujets avec lesquels l’humour n’allait pas. Et lorsqu’il était question d’hommes et de femmes, rien ne valait les arguments tranchés d’une femme face à un homme qui ne les comprenait pas. L’idée le faisait sourire, et il gardait pour lui son besoin de pouvoir la contredire. Cela l’importait peu. Ces valeurs lui coûtaient à peine plus de quelques heures accordées à sa femme pour qu’elle puisse s’en aller seule et se rêver indépendante. Peu importait finalement qu’elle fût cette utopiste avant-gardiste. Sans lui appartenir entièrement, elle était avec lui, et cela semblait suffir.
     Il s’en voulut de croire qu’il pût la comparer à Maxine, ou à l’inverse réentendre ses discours dans le peu de mots prononcés par cette amie. Elle qui, au-delà de ce qui les tenait debout là, pouvait se réjouir d’avoir su imposer sa propre personnalité, et non plus la faible copie de ce qu’il avait un temps cherché. C’est le cœur encore noué et le souffle muet qu’il laissa entendre le semblant d’un rire à sa phrase échappée, balayant d’une main le pardon qu’elle voulut demander.

« Le temps est bien la seule chose dont nous ne manquons pas. »
     Philosophe à ses heures perdues, ou aussi pessimiste qu’on l’avait cru. Il voulut croire que sa requête était l’objet de son intérêt pour elle ; et il ne fût que l’égoïsme d’un homme curieux.
     Il se souvenait du silence qui suivit. De ceux noyés par l’attente, accompagnant le long mouvement d’une aiguille sur un cadran. Il se tint à l’écart, immobile, écoutant ce qu’elle fût seule à entendre, alors que dans son esprit se gravait l’image des gestes de Maxine. Il ne s’avança pas jusqu’à elle lorsqu’elle récupéra l’assise d’une chaise ; se contenta de partager son anxiété sous le mouvement de sourcils à nouveau froncés.
« Je reviens avec. »
     Il disparut dans la cuisine, détaché trop facilement d’elle, et ses pas pourtant se firent pressés. Il se saisit d’un verre, ôtant le gant couvrant sa main droite pour venir laisser ses doigts se baigner sous l’eau froide du robinet. Il les sentit s’engourdir, peinant à désarticuler ses phalanges sous l’effet du froid. Ses doigts étaient devenus bien trop fragiles. A l’image des corps qui n’eurent jamais étés peints de cicatrices, ils s’horrifiaient devant le spectacle d’une eau un peu trop froide. Clarence en rempli le verre, observant l’eau se déverser en se demandant si telle fût la solution à ses maux.

     Le verre d’eau tenu en équilibre sous une main libre, et un verre teinté d’un fond de scotch tenu dans celle restée gantée, il s’avança jusqu’à elle et se mit à sourire. Des lèvres étirées pour panser ce qui pût l’avoir bouleversée.
« Je ne connais pas tes préférences en auto médication. »
     Il passa quelques secondes debout à la regarder, s’accroupissant finalement devant elle pour récupérer son regard.
« Maxine, si l’exercice était susceptible de te torturer l’esprit, tu étais en droit de le refuser. Je ne souhaitais pas faire de ma demande une obligation. »
     Le dessous de ses lèvres se creusa en un point, une moue. Aussi inconsciente la trouva-t-il de s’être mise dans cette situation pour répondre à une simple demande, il se sentit soudain la charge de son mal. Il lui tendit l’un des verres, attrapant à bout de bras une chaise pour la ramener près de la sienne et s’y asseoir. De sa main nue il vint glisser ses doigts contre la nuque de Maxine, un pouce pincé sur la paupière menaçant de s’éveiller. Il laissa sa peau se réchauffer au contact de la sienne, et voulut en ce geste panser son mal sous la douceur du froid s’accrochant à ses doigts. Il osa à peine les appuyer contre elle, semblant craindre de pouvoir la briser. L’idée même le fît sourire, car il venait à le remarquer.
« Tu sens-tu bien ? »
     Il récupéra sa main, appuyant le verre restant entre ses mains sur l’orée de son genou. Son regard s’était adoucit, conscient que ce qui pût la ronger n’était qu’éphémère. Un soupire lui échappa, ou une expiration trop bruyante peut-être.
« A-t-elle un passé si torturé ? »




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Dernière édition par Clarence F. Bannerman le Mer 12 Avr - 11:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Lun 10 Avr - 11:46

Je t'avais bien dit que je viendrais
Je regarde Clarence sortir de la pièce et ferme les yeux un instant, le temps de reprendre le contrôle de mon propre esprit et de classifier les images qui ont défilées, tentant de faire le point entre ce qui m’appartient et ce qui vient de la machine. Pour ce qui est des images, ce n’est pas bien compliqué, en revanche, pour ce qui est des sentiments, c’est toujours plus compliqué. Damnée soit cette hypersensibilité quand on en vient à ma particularité. J’ai toujours subi ce contrecoup de cette capacité que partagent mes frères, si pas exactement de la même façon. Une sensibilité qui me provoque souvent un étourdissement, plus ou moins flagrant selon l’intensité. J’ai connu quelqu’un d’empathe, et je me suis toujours demandée comment il faisait pour ne pas devenir fou à ressentir tout ce que les gens autour de lui ressentaient. Je ne sais pas ce qu’il est devenu depuis qu’il a quitté notre boucle…peut-être le croiserais-je ici, qui sait ?

Mon ami revient avec deux verres et j’attrape le verre de whisky qu’il me tend. Il me fallait quelque chose de fort mon me requinquer. Je ne buvais pas souvent, mais parfois, ça fait du bien un petit verre d’alcool fort, c’est bien pour cela que je gardais toujours une bouteille de spiritueux dans ma maison, que ce soit whiksy, cherry ou autre, pour les grandes occasions et pour les moments nécessaires. Comme maintenant. J’en prie une petite gorgée, laissant l’alcool brûler son passage dans ma gorge, doucement. Je baisse le regard pour trouver celui de Clarence, agenouillé devant moi et un sourire orne mon visage à son inquiétude.

"Tout va bien Clarence. Un simple contrecoup d’une émotion un peu trop intense dans cet objet, voilà tout. Un peu de calme et tout redeviendra normal." Pure vérité que cela. "Et puis ne pense pas que tes demandes puissent devenir des obligations. Personne ne m’a jamais dictée ma conduite depuis que j’ai quitté la maison familiale, ce n’est pas maintenant que ça va commencer. Crois-moi."

Ses doigts me surprennent, mais je le laisse faire, la fraîcheur bienvenue en cet instant. Le silence s’installe un peu entre nous, mais il est nécessaire, le temps que chacun de nous se replace dans cette histoire et qu’elle reprenne son cours classique. Sa question me réveille un peu et je me rends compte en les rouvrant que je les avais momentanément fermés. Je secoue un peu la tête, me réveillant complètement et affichant un grand sourire.

"Oh oui ! Très bien, merci. En fait, j’ai toujours possédée une sensibilité accrue à cause de ma particularité. Alors il arrive que parfois, l’émotion contenue dans un objet soit un peu trop forte, et je me retrouve un peu secouée, mais ça ne dure jamais longtemps. Ca va déjà largement mieux." Je vide le verre de whisky, tranquillement, avant de lui répondre "Non, elle a une histoire…Assez classique pour ce que j’ai pu en voir. Non, c’est l’émotion, binaire, qui s’accompagne de son histoire. A la fois un espoir sans faille et le désespoir douloureux…C’est rare, mais parfois il arrive que deux émotions ne s’attachent à un même objet. C’était le cas ici. Mais son histoire…Non son histoire n’a rien de vraiment spécifique." Puis elle se tourne plus pleinement vers Clarence "Que se passe-t-il dans ton époque pour que de telles émotions contraires soient aussi fortement attaché à un si petit objet ?"

Bien sûr, j’avais vu les stigmates, la ville qui avait connu des jours meilleurs. Mais j’étais loin de me douter de l’ampleur de la chose.
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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Ven 14 Avr - 0:38


Je t'avais bien dit que je viendrais
MAXINE & CLARENCE

     Le visage de Maxine changeait, emporté par une seconde puis rattrapé par la suivante. Il lui parlait et entendait à peine l’écho de ses questions, épris des silences s’installant paisiblement entre eux, et des paroles les corrompant lorsqu’elle se mettait à lui répondre. Sa curiosité était récompensée par des explications qu’il se mettait à écouter avec avidité. Sa patience par une histoire racontée en deux temps. Les années l'avaient rendu immobile, alors même qu’il était seul. Et dans cet instant où elle s’était emparée de son verre pour le terminer, il crut sentir la pièce s’élargir et l’éloigner. Le rendre étranger à cette scène qu’elle fût seule à dicter d’un geste. Parce que les émotions s’étaient mélangées en elle, et qu’il n’eut que la fadeur d’une inquiétude à proposer.

     Il souhaitait qu’elle se plaise dans cette époque. Elle fût à peine arrivée qu’il crut en la place qu’elle put tenir à ses côtés. Depuis longtemps il était devenu son invité, une compagnie bien plus qu’elle n’en était, car ils furent chaque fois chez elle. Elle restait la même dans cette époque nouvelle, cheveux longs noués et robes longues arrivant à ses pieds ; et il lui sembla qu’elle avait été arrachée à un tableau. Ceux dans lesquels les visages paraissaient n’avoir jamais vieillis, et dont l’on sentait qu’ils appartenaient au passé. Il savait depuis toujours lui dépeindre son époque, la rendre agréable dans ses mots, aussi mélancoliques étaient-ils parfois. L’exercice était facile, car il savait aimer la vie qu’il y menait, peu importe qu’elle ait été brutalisée par la guerre. Car il lui était facile de parler des technologies et d’oublier ce qui put peut être la faire fuir. Il pensait l’avoir mentionné, lui dont la guerre n’avait jamais quitté les mots. Il pensait qu’elle put le savoir, alors que beaucoup de voyageurs avaient dû rapporter ces histoires. Il n’eut jamais souhaité en parler avec elle, car dans le secret les liant, restait celui de cette guerre. Alors il hésita à lui répondre, sachant qu’il ne pourrait de toutes manières y échapper.
« La guerre seulement. »
     Dans leur vocabulaire comme un sentiment, car elle fût du début à sa fin la seule explication à leurs actions. Qu’elles furent de tuer ou de sauver, de pleurer ou de rire pour oublier.
« Elle doit être une raison à tout. »
     Ses réponses lui écorchaient la bouche. Non parce qu’il eut voulu l’oublier, fût trop pudique pour en parler. Elles devinrent douloureuses car elles furent une conversation qu’il ne souhaitait pas avoir avec elle. Et alors que des confessions se devaient parfois l’alliage d’une confiance, sa retenue dût cette fois en être une. Clarence n’eut jamais cessé de se plaindre de cette guerre ayant pris et détruis. Il savait dans ses contages en devenir une victime à part entière, sachant au fond qu’elle aurait certainement put davantage lui prendre. Il aimait s’en plaindre au nom d’un pays bien plus qu’en son nom, alors que ces années passées à la mener l’avaient confiné à ce genre de conversations, et que s’y retrouver piégé plus de soixante-dix ans ne lui donna guère plus de sujets lors de ses discussions. Il s’en écartait parfois, car il ne pût connaître le seul vocabulaire d’une bataille ou d’une guerre. Mais l’ennui en ramenait une partie, lorsqu’avec lui venait la nostalgie, la lassitude d’un temps qu’il eut trop connu et qu’il peinait à quitter. Maxine le lui faisait oublier dans le flot de ses mots, la spontanéité de ses gestes. Il n’eut jamais le temps de s’ennuyer une fois avec elle, ou l’oubliait-il en sachant écouter chacune des syllabes formant la marée de ses paroles. Et venait cet instant où il lui fallait penser qu’elle fût désormais dans cette guerre qu’il quittait auprès d’elle.
« J'imaginais que tu le savais. »
     Il ne lui accorda pas plus de mots, et sut pourtant les avoir travaillés au cours de toutes ses années. Il chercha au contraire à y échapper, paradoxalement conscient que le sujet était engagé. Rapidement il se leva de sa chaise pour aller éteindre la radio. Sa main toujours accrochée au verre d’eau qu’elle lui avait laissé, et il se sentit presque stupide à le tenir solennellement sans avoir su boire dedans. Il n’aurait de toute façon pu suivre sa descente, qui plus est avec de l’eau.
« Maxine… »
     Son regard rattrapa le sien alors que son corps se refusait soudain à retourner près d’elle.
« N’es-tu pas déjà venue une première fois ? »
     Des reproches innocents en réponse aux questions qu’elles se posaient et qui auraient dû être posées lors de son premier voyage. Celui qu’il semblait avoir oublié en profitant de la joie de la revoir. Il lui était pourtant resté en mémoire, insuffisamment coupable pour être reproché, avant que l’envie ne lui prenne finalement d’en connaître les raisons. Il fût bien plus déçu qu’en colère ou blessé, et sa question eut malgré ça été posée.




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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Lun 17 Avr - 17:19

Je t'avais bien dit que je viendrais
"Oh, certes"

La réponse, simple et pourtant semblant si inappropriée à mes oreilles. Mais que pouvais-je dire à cela ? Je n’ai jamais connue de guerre proche de moi, pas sur les terres que j’ai côtoyée du temps où je vivais hors des boucles. Bien sûr, il y en a eu, la guerre de Crimée par exemple, mais je n’étais qu’une jeune enfant quand elle a eu lieu, et du haut de mes dix ans, je trouvai toujours quelque chose de plus intéressant à faire que d’écouter ce qu’il se disait sur cette guerre. De toute façon, ce n’était pas un sujet dont on discutait devant une petite fille. La Guerre de Sécession, plus tard, qui me laissait un goût amer alors que je n’y ai jamais participée, ni de près, ni de loin. Je sais que de tout temps, les populations se sont faites la guerre pour un sujet ou pour un autre, mais jamais aucune n’a semblée m’atteindre, pas comme celle qui fait rage dans cette boucle, détruisant notre belle ville de Londres et terrorisant les habitants. Alors oui, il me l’avait peut-être dit, mais comme toute guerre dont j’ai pu avoir l’écho, elle me sembla loin, si loin, que je n’ai pas fait le rapprochement avec ce que j’avais pu ressentir avec cette radio. Je n’ai jamais eu aucun de mes frères parti à la guerre. Alors qu’Arthur aurait pu, à plusieurs reprises mais allez savoir pourquoi, il y a toujours échappé. Non, je n’ai pas compris, tout géni que je puisse être.

"Oui, tu me l’avais déjà dit. Je n’ai pas…Ca a dû m’échapper un moment."

Je me sens ridicule à ne pas avoir retenu quelque chose d’aussi flagrant. Quelque chose qui a baigné Clarence, c’est certain. Plusieurs fois durant nos conversations, même si le sujet fut les inventions et technologies de son époque, j’ai senti une certaine…je ne sais pas si mélancolie est le terme appropriée, mais du moins une certaine émotion face à cette époque peu tendre avec lui et ces semblables d’époque. Je l’avais senti, entendu dans ses mots, vu dans certains de ses gestes, de ses tics, mais trop obnubilée par mon avidité pour les savoirs qu’il apportaient, certaines informations m’ont échappées et je m’en veux aujourd’hui, face à cet homme, cet ami…Il éteint vivement la radio et je baisse le regard, trop honteuse pour pouvoir vraiment le regarder encore dans ses yeux trop bleus.

Pourtant, je relève vivement le regard de là où il s’était posé sur mes mains, ces dernières se nouant de gêne, pour croiser le sien et ce que je commence à lire dans ses yeux m’intrigue autant que l’inquiète. Il finit par me poser une question et je suis perdue l’espace d’une seconde, le temps de comprendre de quoi il parle et soudain, tout me revient en mémoire. Lorsque nous nous étions retrouvé dehors, avec Aloysius…Oui, effectivement, j’étais déjà passée, mais je n’ai pas pris le temps de venir lui dire ne serait-ce que bonjour. Et je comprends alors le fond de reproche que je peux sentir dans sa voix. Je m’éclaircis la gorge, comme si ce simple geste pouvait me donner du courage et je regrette d’un coup de ne pas avoir gardé un peu du verre de whisky qu’il m’a servi plus tôt.

"En effet. Mais ce fut par…Ce fut particulier comme visite. Je n’avais pas prévu de venir à dire vrai, mais je me suis retrouvé avec un autre Syndrigastri de ma boucle en dehors de cette dernière. En plein Londres et l’entrée de la boucle la plus proche se trouvait être la tienne. Nous avions eu une mésaventure des plus éprouvantes, et…Je sais que ça n’excuse pas mon manque de courtoisie, mais à ce moment-là, nous voulions surtout rentrer dans notre boucle et rassurer tout le monde. On ne sait toujours pas ce qui a bien pu se passer, car ni lui ni moi ne nous souvenons avoir quitté la boucle." Je me confonds en excuse qui ne changeront probablement rien au problème, alors je tente une touche d’humour "De toute façon, j’aurais été d’une exécrable compagnie ce jour-là, énervée, stressée, tout sauf présentable…J’en avais même perdu une de mes jupes favorites. Non vraiment, je pense qu’il fut mieux pour toi que je ne sois pas venue te voir lors de ma première visite."

Finis-je avec un petit sourire amusé aux lèvres. Pourtant je sens bien que je ne m’en sortirais pas ainsi ; pas alors qu’il avait tant insisté pour que je le suive, que je le rejoigne et le fait d’apprendre que je suis venue sans même lui dire bonjour…Je comprends qu’il puisse trouver cela plus que déplacé.
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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Dim 23 Avr - 19:33


Je t'avais bien dit que je viendrais
MAXINE & CLARENCE

     L’histoire qu’elle raconta devint un écho à son propre passé. Il pensait parfois avoir rêvé, alors que Calypso avait disparu une fois rentrés. Il s’en était rappelé des jours après, oubliant un temps qui put l’avoir accompagné. Il n’avait jamais demandé sa compagnie. Son absence était le réconfort que tout put n’être qu’illusion. Leurs vies risquées, et tout fût si vite passé qu’il se sentit le seul besoin d’avancer en balayant ce souvenir. Le monde devenait étrange se disait-il, depuis plusieurs mois maintenant, et tout ce qui dû secouer son corps se mit à le vieillir un peu plus.
     Il sourit à Maxine en entendant ses derniers mots, imaginant son visage peint de colère, sa peau et ses vêtements nacrés de poussière. Il y’eut chaque fois cette légèreté dans sa voix, peu importait les conversations qu’ils purent avoir. Appréciable lorsqu’elle empêchait Clarence d’être l’homme las et vieux que les boucles l’avaient poussé à devenir. Frustrante, alors qu’il aurait aimé obtenir un peu plus de considération. Et s’il s’amusa de l'image qu’elle lui offrait en échange d’un sourire, ce dernier finit par s'éteindre derrière une inspiration reprise silencieusement.
« Ce n’est pas important. »
     Il détestait cette phrase, preuve qu’il avait abandonné depuis longtemps. Non seulement cette conversation mais toutes les autres. Las, encore, de l’éternelle redondance de certains mots.
« Je suis seulement étonné qu’après toutes mes tentatives pour te convaincre de venir, ce ne soit pas l’une d’entre elles qui t’ait amenée jusqu’ici. » Une seconde de silence, avant qu’elle n’en paraisse mille. « Il va falloir que je remette en question ma capacité de persuasion. »
     Amusé cette fois, car il n’eut pas le courage de se froisser d’un oubli jugé après coup insignifiant ; de refus dont les arguments devenaient à présent qu’elle fût là, d'une hypocrisie sans nom. Il ne voulut jamais avoir à courir après elle, son amitié ; le faisait sans le vouloir et finissait par s’exaspérer. A cet instant se sentait-il détester la rancœur qu’il voulut faire passer comme une déception inoffensive. Assez pour changer de sujet, et espérer retrouver la futilité de cette amitié qu’il entretenait.
« Ton histoire, il m’est arrivé la même chose. Réveillé en plein Blitz des jours après celui-ci. Sans explication et tout semble avoir repris son cours comme si cet événement n’avait jamais eu lieu. »
     Dans sa main l’eau se mit à trembler, fatiguée de tenir l’équilibre contre le vide. Il déposa le verre sur le meuble, y laissa avec le gant solitaire couvrant sa dernière main. Il ne pensa jamais qu’elle puisse être elle aussi en danger, aucun danger ne valant celui de cette boucle. Edimbourg fût si douce, calme sous la neige comme l’un de ces objets capturé sous verre. Rien n’aurait jamais pu arriver là-bas, ou peut-être ne connaissait-il pas assez cette boucle dans laquelle il lui était arrivé de se réfugier. Il l’avait tant détestée, la détestait encore parfois lorsqu’il lui fallait reprendre de vieilles habitudes acquises avec les années. L’aimait autrement, dans les souvenirs qu’il y laissait au fil du temps.
« Tu n’as pas à t’excuser pour ne pas être passée me voir, il n’était certainement pas question d’un reproche – bien qu’au-delà de sa curiosité venait l’amertume de ce qu’il n’eut obtenu. »
     Les retrouvailles durent toujours être l’occasion d’un bonheur, plus encore entre deux amis. Mais ses maladresses chaque fois gâchaient ce qui dû ponctuer leurs instants ensemble. De leurs retrouvailles aux adieux qu’ils se firent finalement. En sa présence il oubliait la contrainte de leur amitié, se satisfaisait de leurs moments passés comme ceux qu’il attendait seulement de récupérer auprès d’elle. Mais leurs séparations les éloignaient, sinon dans leur envie de vouloir se tenir compagnie, dans cette ignorance qu’ils gagnaient à vivre des mois et des années en empruntant des chemins différents. Rien ne dû jamais changer lorsqu’ils furent éloignés. Il en fût toujours ainsi, même lorsqu’il eut s’agit de sa femme ou de sa famille. Mais les histoires changeaient, les hommes aussi. Il regrettait de n’avoir pu écouter l'histoire de Maxine avant, et aucune de celles qu’elle raconterait ne lui avait un jour appartenu. Il se sentait chaque fois manquer de quelque chose lorsqu'il la retrouvait, comme s'il n'eut jamais su comment aborder leur amitié.
« La courtoisie ne va pas avec l’amitié. Je préfère que tu me rendes visite car tu en as envie, et non par politesse. »
     Il s’appuya contre le meuble installé derrière lui, debout alors qu’il aurait dû être assis. On le crut prêt à fuir lorsqu’il se refusait à rejoindre une chaise ; mais il aurait dû rejoindre celle tenue près d’elle, et il ne sut s’il voulut prendre le risque de le faire avant que ses contrariétés ne soient noyées au cœur d’autres pensées.
« Je commence à me lasser de ces débats sur nos voyages. Je redoute qu’ils soient aussi égoïstes que tu le prétendais. Je pense à toi comme à une amie habitant un peu loin, et vient l’évidence que ce n’est pas la distance qui nous sépare mais 80 années. Pour preuve tu as manqué de disparaître et je ne l’aurais jamais su avant d’être retourné à Edimbourg. »
     Cette crainte lui rappelait une histoire, plusieurs dans un passé qu’il avait quitté ; Mais celle-ci laissait encore derrière elle l’espoir d’une fin heureuse, alors qu’une amie depuis longtemps avait disparue.
« Mais cela, ni toi ni moi ne pouvons le changer. »




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Maxine Thackeray

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❧ Boucle Temporelle : Edimbourgh, 1873
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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Mer 24 Mai - 11:09

Je t'avais bien dit que je viendrais
Je lève un peu les yeux au ciel à ses mots. Revoir ses capacités de persuasion ? Qu’il se rassure, il fonctionne très bien. Il est vrai que mon excuse principale pour ma venue ici n’est pas celle de venir rendre visite à mon ami, mais il n’empêche qu’il est l’un des piliers fondateur de mon envie de voyage dans cette boucle. Après tout, c’est lui qui a semé la graine de la curiosité dans mon esprit, face à toute cette technologie nouvelle et pleine de promesses dont il m’abreuvait durant nos rencontres dans ma boucle d’origine. Alors qu’il se rassure, son pouvoir de persuasion fonctionne encore très bien. S’il y a quelque chose à blâmer, ça serait mon manque de courage et les codes de protocole et de bienséance rigides de mon époque. Oui, je suis une avant-gardiste dans mon époque, mais il n’empêche que j’ai été élevée avec ces codes et qu’il m’est difficile de totalement m’en séparer. Alors prévoir un voyage pareil pour la simple et bonne raison de vouloir aller voir un homme, sans que ce dernier ne soit autre chose que son mari, non, ce n’est pas convenable d’où je viens. Quand bien même nous soyons de grands amis.

J’allais d’ailleurs le rassurer verbalement sur le point qu’il soulevait, mais il reprend, et ce qu’il dit me fait ouvrir de grands yeux. Alors, lui aussi a vécu un évènement similaire ? Les rouages de son esprits se mirent en marche dans son esprit, cherchant à comprendre ce phénomène, car ce ne peut être un disfonctionnement de leur boucle, pas s’ils sont plusieurs, de boucles différentes, à s’être retrouvé dans la situation en question. Mais le sujet est vite abandonné au profit de revenir sur cette visite manquée d’il y a quelques temps.

"Ce qui est très gentil de ta part, mais j’aurais tout de même pu passer te dire un petit bonjour rapide, ou au moins laisser un mot à ton attention. Mais ce qui est fait est fait."

Phrase qui renvoyait loin cette histoire qui, de toute façon, n’avait plus de raison d’être puisque j’étais là à présent. Certes, cette façon de penser était peut-être un peu puérile, mais cela me peinait que l’on puisse en venir à se chamailler, même sans grande force, pour cela, alors que nous nous retrouvions enfin, après ces mois sans nous voir. Et Clarence en était visiblement arrivé à la même conclusion, si ses paroles étaient d’une quelconque information. Sauf sur la fin, là elle ne voyait pas en quoi cela changeait grand-chose qu’ils soient séparés par des années ou des kilomètres. Le fait restait le même, il existait une distance entre eux, quelle que soit l’unité de mesure utilisée pour la mesurer.

"Qu’est-ce que ça change ? S’il m’était arrivé quelque chose, que tu vives à la même époque que moi ou non, vu qu’il existe aussi un peu plus de 400 kilomètres entre nous, à moins que quelqu’un ne te prévienne, tu ne l’aurais pas plus su sans venir me rejoindre à Edimbourg. Comme tu le dis, on ne peut pas le changer, ce qui ne veut pas dire qu’on doit se laisser abattre par cela. Et puis il est un peu temps de vivre dans l’instant présent. Déjà que nous sommes coincé à une journée bien précise chacun dans notre boucle, si en plus on doit d’inquiéter du futur ou rester coincé dans notre passé, on n’est pas sorti du sable !" dis-je un sourire sur le visage et l’espoir confiant dans mon regard.

Pourquoi serions-nous obligés de revivre la même journée sans pour autant avancer de manière personnelle ? Clarence avait raison quand il disait que j’avais peur de bouger. Jusqu’à aujourd’hui, du moins. Effectivement, je m’étais un peu trop ancrée dans mes tâches dans ma boucle, dans cette routine répétitive, moi qui a une époque ne rêvait que d’aventure et de voyage pur découvrir toujours plus et lui me proposait justement cela et j’avais fait l’hésitante, celle qui ne sait plus ce qu’elle veut. Il était grand temps que je sorte de cette catatonie du voyage et que je parte explorer ces boucles, y découvrir ce que je pouvais, apprendre…Redevenir cette âme aventureuse que je fus du temps avant la boucle.

"Et si tu me faisais visiter un peu ta boucle ? Je ne suis pas venue ici que pour rester assise sur mon séant. De plus, nous pouvons très bien discuter en nous promenant, qu’en dis-tu ?"

Il me faisait revivre, aussi étrange que cela puisse paraître, il me redonnait cette petite flamme que j’avais oubliée et presque éteinte dans toutes ces années passées dans la boucle et dans mon petit confort de mon atelier.
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Clarence F. Bannerman

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❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
❧ Miroir :
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❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   Dim 28 Mai - 22:05


Je t'avais bien dit que je viendrais
MAXINE & CLARENCE

     Il avait peur du temps, de ce qu’il effaçait ou éloignait. Physiquement, puis dans ses souvenirs. Car les années qu’il vint à perdre à l’intérieur des boucles finirent par bousculer les plus anciennes de sa mémoire. Elles ne purent le faire totalement ; certains visages étaient bien trop chéris pour les faire disparaître entièrement, et il luttait encore ardemment contre cette lobotomie imposée, incapable de se détacher de sa vie passée – Détruite, car elle eut déjà consommé son temps. La vérité l’horrifiait, immobilisait parfois son regard contre le vieux papier peint tapissant sa chambre. Il exprimait cette peur maladroitement, d’abord conscient de la vérité des mots de Maxine, puis accusant ces derniers de n’avoir rien compris. Il craignait seulement de la perdre comme il avait déjà perdu une amie. Pour différentes raisons, il lui fallait le reconnaître. Il parvenait à se faire à ses absences, ne lui avait offert aucun secret, mais depuis peu il tenait mal la cadence de ces courts instants passés ensemble. Il se souvenait chaque fois des départs et moins du temps passé avec elle, faisait taire quelques consciences pour ne pas reconnaître la vérité.
« Non, cela ne change rien. Tu as raison », finit-il par lui répondre. Convaincu, mais à peine.
     D’un sourire il effaça l’homme monocorde qu’il eut laissé fuir. Il jugeait ses propos tortueux déplacés, et avait depuis peu du mal à leur empêcher d’exister. Le silence dans lequel ils durent être enfermés prenait à mesure une place bien trop grande, difficile à confiner en lui comme l’une de ces vérités que la culpabilité finit par vomir. Et ces remarques furent des plus nombreuses, d’abord déguisées en sarcasmes, pour finalement se laisser aller à un rythme bien plus las. Il ne put lui en vouloir de ne pas les partager avec lui, alors qu’il fût d’abord auprès d’elle pour cette opposition faite à lui-même. Elle enchaînait les mots bien plus vite que lui, trop légère parfois pour accepter le poids des siens. Tel fût certainement ce qui la sauva de l’ennui, et qui le sauva lui de son aigreur. Elle balayait celle-ci d’un revers de main, comme elle fît encore cette fois-là. Elle acceptait ses mots, ne les comprenait pas toujours pensait-il, et il fût chaque soulagé qu’elle prenne l’initiative de les lui ôter.
« J’en dis que c’est une excellente idée. »
     Un nouveau soupire, laissé derrière lui tel un soulagement. Qu’ils quittent cette cage, par deux fois bien trop étroite et sombre pour feindre l’apprécier. Il n’y eut rien d’accueillant entre ces meubles et papiers posés comme des intrus dans la pièce. Clarence n’avait mis un pied dehors depuis plusieurs jours, et l’air depuis si longtemps venait à manquer. Différent derrière la porte, et il n’eut pas même le souvenir de s’en rappeler.
« Il n’est pas réellement bon de flâner insouciamment dans Londres à cette période, mais le Quartier des Portes est à lui seul une ville toute entière. »
     Il alla se saisir du gant laissé dans la cuisine, porté par pair comme un habit de sortie, et tendit devant elle une main l'invitant à le suivre[.]




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MessageSujet: Re: Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]   

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Je t'avais bien dit que je viendrais [ft Clarence Bannerman]
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