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 LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed

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Moïra-Mari Calum

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- Ymbryne défectueuse -
❧ Boucle Temporelle : sous la terreur des bombardements (1941)
❧ Particularité : troublionne des temps anciens, unique danseuse sur un tableau figé
❧ Occupations : valseuse, elle éclaire la journée des âmes innocente. Objet de fascination, émerveille les yeux innocent
❧ Miroir :
❧ Missives : 39
❧ Yeux de verre : 18
❧ Crédits : avatar by ghost.writer & signature by alas


MessageSujet: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Sam 11 Fév - 22:08

last to fall

- Eternity for you and me -

La caméra tourne, son bruit si particulier, ce petit crépitement, ce ridicule bourdonnement l'emporte au loin. Loin du vacarme assourdissant du blitz allemand, loin de cette nuit qui se répète encore et encore, loin de cet horizon dévasté par la folie humaine. Ce murmure l'emporte vers des horizons plus vert, des rêves bien plus doux, cet endroit où la brise qui te fouette le visage est un délicat sirocco du sud. Le rêve fini par prendre le dessus dans sa danse, comme chaque fois que son âme s'emporte, comme chacune de ces valses, se transformant peu à peu en tango solitaire. Source de plaisir immense, écho de cette frustration dut à son imperfection, murmure lugubre de sa mémoire. Alors qu'elle rêve, les ombres envahissent peu à peu le doux monde onirique, alors que ses mouvements sont d'une fluidité hors du commun, peu à peu certains gestes se cassent. Offrant une profondeur plus grande à cette danse, apportant un certain mal être dans les yeux des spectateurs, mettant en avant les quelques blessures qui hantent sans cesse son esprit. Pourtant, elle ne s'arrête pas, la gamine danse, parfois maladroitement, d'autre fois avec la plus grande sensualité. Mais toujours en mentant, ne cessant jamais de se mettre en valeur face à la caméra, drôle de hobby pour elle qui n'a jamais apprécier le cinéma, du moins lorsque celui crache sur la poésie, ne se contentant que du petit écran et de ces quelques distractions. Elle aurait entendu que dans l'avenir, ce genre d'appareil contenaient des milliers de chaînes, chose difficile à croire lorsqu'on vient d'ailleurs. La compréhension de cet appareil est déjà absente, seules les rumeurs de sa création persiste dans son esprit aussi dur que la pierre.

Malgré tout, cela ne l'empêche guère de vivre. Cette gamine aux allures de poupée, cette vieille femme qui se cache sous le visage d'une enfant. Rien de l'empêche de vivre, ou du moins d'exister l'espace d'un jour sur le chemin du temps, de n'être qu'une observatrice, jour après jour, des mêmes événements. Prisonnière du temps, elle qui peut en jouer, triste destin. Mais elle ne croit plus au destin, ni réellement en l'espoir. Elle ne croit pas en cette idée d'une vie meilleure pour eux, elle n'a jamais cru à la rédemption, ni au coup du sort. Elle ne croit plus réellement en rien, si ce n'est au hasard, un très mauvais compagnon de route, bien trop instable pour être solide. Alors elle se contente de le traîner derrière elle, elle se suffit à l'ignorer la plupart du temps et elle ment.

Elle ment comme ces soit-disant sauveur, ces êtres incapable d'assumer la vérité, toujours prêt à la cacher derrière quelques mensonges. Derrière quelques ''tout ira bien'' sans réellement y croire, mais si eux mentent pour épargner des vies, elle, elle ne ment que par pur égoïsme. « C'est bon ? Je suis un peu fatiguée de tourner ainsi en rond Gal... Attention au peti... » Et l'incident survint, incapable faire quoique ce soit tandis qu'ils s'écrasent sur le sol avec la caméra. « Pauvre gamin... Mais, lequel d'entre vous est le vieil homme ? Vous avez soudainement un énorme air de ressemblance. » Son rire cristallin éclaire la pièce, elle s'amuse de cette situation, de cette étrange faculté que possède son ami. Tant que celui-ci ne prend pas son visage, elle peut se permettre de rire, n'est-ce-pas ? Après tout, personne n'aime réellement d'être confronter à son reflet, personne n'apprécie sincèrement de se faire face et encore bien plus sombre, tout le monde sait que dans son reflet se cache nos démons. N'attendant qu'une chose, pouvoir ressurgir. Car n'importe qui qui foule cette terre, aussi étrange soit elle, naît avec ses facettes plus sombre, sa part de ténèbres et ses démons intérieurs. Chaque être vivant partage cette tourmente commune, du moins, depuis que Lucifer aurait foulé notre terre, mais c'est ce que prétend la bible. En ce qui lui concerne, Moïra ne prend pas vraiment ce genre d'écrit au sérieux. Préférant vivre à l'instant présent.


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The solitude creeping around in strands until I’m weighted down, remembering in innocence my laughter in the distance. I can’t get free; no, can’t get free; no, can’t get free, no can’t get free; no, can’t get free, no, can’t get free; it’s unravelling the world
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Galahad L. Ednyfed

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- Imitateur excentrique -
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❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Dim 12 Fév - 0:27

It's a hollow play

- My body is a cage that keeps me from dancing with the one I love -

Le parquet craque, léger, à peine perceptible alors que les pieds l'impactent en douceur, glissent à la perfection dans des gestes parfaitement millimétrés, se mêlant aux bruissements du tissus, semblables aux battement d'ailes d'un oiseau. Puis ensuite, plus proche, les cliquetis à peine perceptibles de la bobine qui défile, de la pellicule qui se grave en passant devant le diaphragme, s’imprégnant de ce que l'objectif peut voir, tel un œil qui capture et avale de nouveaux souvenirs. Mon regard fait de même, dérobant, enregistrant, gravant chaque mouvement, tâchant de les décomposer au mieux, tel des tableaux tous aussi ordonnés les uns que les autres. Chaque geste est envoûtant, accaparant mes yeux qui se servent de l'excuse du réalisateur, du metteur en scène, du maître de cérémonie. Une excuse qui dissimule la faim, paupières se changeant soudainement en crocs qui ne cessent de la dévorer. Des années et c'est toujours le même refrain qui se répète, ne comptant plus les kilomètres de bobines. Muse aux mille visages, milles vies, voilà ce qu'elle était, poupée parfaite qui se mouvait tel un fantôme intouchable, hors d'atteinte, à la gestuelle irréelle. Je ne peux m'empêcher de décomposer chaque muscle mis en mouvement, le nommant dans mon esprit, me trompant probablement une ou deux fois sous l’inattention et la fatigue de la journée.

La pluie de feu allait commencer. Elle était sur le point de déchirer le ciel, de le faire gronder dans une apocalypse quotidienne. Je ne m'en lassait pas. Elle avait probablement raison, il était temps d'arrêter, esquissant un sourire satisfait de nos prises du jour. Je n'ose d'abord dire mot, peut-être par crainte de briser sa bulle de verre, poupée que j'enfermais par la pensée dans une boule à neige, intouchable, à tenir à distance, ne pas l'effleurer, jamais. J'allais remettre mes gants, cuir maudit encore et toujours, alors que le gamin arrivait en trombe, plus occupé à vouloir protéger ma précieuse caméra qu'autre chose. Hors de question de la briser, l'objet étant bien trop précieux. Peut-être étais-je parfois un brin trop matérialiste avec certaines choses.

Je ne l'avais pas sentis, du moins pas de suite, me maudissant de ne pas avoir gardé mes gants le temps de filmer, me maudissant de ne pas avoir su m'écarter du chemin à temps, ne pas avoir su dévier ce môme qui me regardait désormais avec des yeux presque exorbités, partagé entre la surprise et la crainte. Le frisson s'était opéré durant la chute, vêtements désormais beaucoup trop grands, tout comme ma caméra qui me semblait nettement plus lourde pour mes mains chétives. Cela m'irrite, m'agace, moi qui me faisait une joie de n'avoir effleuré personne aujourd'hui, avoir su rester relativement moi-même, tout venait de s'écrouler en moins d'une fraction de secondes. L'original se voit affublé d'un regard accusateur, tentant de me relever sans trébucher dans mon pantalon semblable à une tente. Le rire cristallin de la danseuse ne fait que rendre la chose plus désagréable, soudainement devenu autre, et par autre, les complications ne devraient certainement pas tarder, le temps que les effets secondaires affluent. « Tu ne devrais pas être au lit à cette heure ? » Reproche clairement palpable en direction du jeune garçon, le laissant déguerpir dans la menace de le signaler aux Ymbrynes s'il n'opérait pas. Le genre d'argument qui fonctionnait toujours.

La caméra est posée avec soin sur le rebord de la cheminée, devenue difficilement accessible. « Moi qui était optimiste à l'idée de n'avoir effleuré personne aujourd'hui... » Une cigarette est sortie d'une poche, l'allumant pour en tirer une longue bouffée, ce qui devait donner un mélange visuel tout à fait déroutant. Pas pour longtemps heureusement, la forme n'était pas entretenue et devrait disparaître dans les minutes à venir. Les projecteurs sont éteints un à un, maladroitement avec ces chaussures trop grandes que je finis par délaisser au bout de quelques pas, mettant à jours deux chaussettes qui n'avaient rien en commun.

« Tu m'as l'air bien songeuse ce soir. » La question est lancée, mots se mêlant à la fumée qui s'échappe. Les grondements quotidiens ont commencés dehors, leur lueur éclairant la pièce à chaque impact, ça avait quelque chose de triste, comme de grandiose. Le temps avait fini par effacer la terreur de ces sons, oublier la crainte quotidienne alors que je me renfrognais le soir dans les tranchées humides, prêt à déguerpir au moindre son suspect. J'étais quelque part, dehors, en même temps, une chose tout à fait surréaliste quand on y pense, se retrouver en même temps à deux endroits.

Le tabac commence à m'irriter la gorge, provoquant une quinte de toux, forcé d'écraser ma cigarette avec mécontentement. Les engrenages se mettaient en marche, s'emboitaient tout en restant hétérogène. L'ennui arrive, la crainte du noir enfantine aussi. Je n'aurai pas du tout éteindre, les larmes commencent à monter d'elles même, les dissimulant comme je peux, enfant effrayé par les sons comme il le serait par une nuit d'orage. J'ai l'envie terrible de me réfugier sous une couverture, de me rouler en boule, d'attraper la main de Moira comme s'il s'agissait d'une figure maternelle.



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Moïra-Mari Calum

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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Mar 14 Fév - 18:34

last to fall

- Eternity for you and me -

L'amusement éclaire son visage, se mêlant à cette lointaine mélancolie qui ne la lâche pas. Jour après jour, incapable de pleinement oublier ce maudit passé, incapable de tirer un trait sur le temps qui a passer, incapable de réparer ses erreurs. Murmure incessant, soupir lugubre qui demeure dans le fond de son esprit, démon sinistre aux allures d'un cabot enragé qui attend patiemment son heure. Venin qui coule dans ses veines, l'empêchement d'effleurer la sérénité. Et pourtant, malgré tout ça, il est là, lui, cet étrange personnage aux formes instable, ce passionné qui ne cesse de changer de visage. Cet homme qui occupe ses journées morne, ce drôle de numéro qui la diverti avec quelques manies, quelques maladresse qui lui appartiennent pleinement. Ce personnage plein de franchise, du moins, c'est ainsi qu'elle le perçoit, elle qui ment sur ce qui l'habite. Elle qui ne cesse de se faire passer pour une autre. Cette poupée fendue qui essaye de cacher ses blessures.

L'esprit s'évade lorsque la question est posé, entre deux bouffée de cigarette. Avait-elle l'air aussi songeuse ? Bien plus que d'habitude ? Elle l'ignorait, à sa connaissance, elle avait toujours eu cette légère tendance à être ailleurs, plonger dans ses songes, s'abandonnant à un univers fantasmagorique. Elle avait toujours préféré les rêves à la réalité, ils étaient moins cruelle que ce monde, plus doux, ils se modelaient à nos envies et lorsqu'on est capricieuse, c'est tout ce que l'ont cherche. Un monde où tout nos désirs prennent vies, où nos regrets s'efface, où nous ne sommes plus obligé de mentir, un monde... meilleur. Sans la folie humaine, sans démon, sans ténèbres. Un monde où elle sera maîtresse absolue, doux tyran d'un peuple onirique. Un monde où le temps se plie pleinement à ses envies.

Elle s'égare dans ses fantasmes les plus secrets, frémissant légèrement tandis que dehors, la mort s'abat. Hors de le forteresse de brique, le feu brûle Londres, la folie fait son œuvre. Des esprits malades, c'est ce que sont ces faucheurs céleste, dans leur oiseau de métal. Elle soupire longuement en revenant à la réalité, un soupir las tandis qu'elle voit les pulsions enfantine envahir le nouveau corps de Gal. Une triste malédiction aussi, pauvre enfant, pauvre âme égarée. Elle sait qu'elle serait bien incapable de comprendre sa douleur, ce calvaire qu'il doit vivre, mais elle aimerait tant comprendre cet homme qui s'efface au fil des visages qu'il porte. Cet étrange personnage qui semble se perdre à travers les fils du temps, encore une victime de cette fichue éternité, encore une brebis égaré, tout comme elle.

Elle se met à sa hauteur, se voulant rassurante et délicate. Elle aimerait la prendre dans ses bras, mais se l'interdit, de peur de faire face à elle-même, de se confronter. Elle évite déjà bien assez les miroirs ainsi. « ça vas aller petit Gal... Ce sont les bombes qui te font peur ? Dis moi, tu as une cachette pour te cacher d'elles ?  Car oui, elles sont méchantes les vilaines bombes. Moi j'ai une cachette, tu veux que je te la montre ? J'ai même des petits figurines et des sucreries dans un coffre de ma forteresse. » Elle sourit. Ce faux sourire qui tromperait n'importe quel enfant, ce sourire que les mères forcent avec tant d'aisance, même lorsque leur cœur pleure. Ce sourire qui signifie qu'elle s'occupera bien de lui, ce sourire qui se veut rassurant alors que dehors le monde s'embrase.


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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Jeu 16 Fév - 16:36

It's a hollow play

- My body is a cage that keeps me from dancing with the one I love -

J'ignore si ce sont les fantômes qui remontent où juste la peur de ce mioche. Ma réaction est presque digne de mes premiers jours dans la boucle, devoir faire face aux cauchemars de cette guerre sans fin, aux fantômes que j'avais du affronter comme je le pouvais pour ma propre survie, aux réflexes idiots d'après-guerre qui étaient remontés malgré-moi, se mêlant aux premiers flots de particularité plus que bancale. Pauvre soldat forcé qui n'avait rien à faire dans un champ de bataille, homme perdu au beau milieu d'un champ boueux et dont on avait encombré les bras d'une arme dont il refusait trop de se servir. Le mioche rendait la plaie oubliée depuis longtemps visible, craignant à nouveau les obus qui sifflaient dans l'obscurité avant de s'écraser. Nous étions à l'abri. Nous étions toujours en sécurité entre ses murs aux allures de labyrinthe. Ma réaction était idiote, infondée, immature, empruntée et dérobée sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit.

Mes doigts chétifs se referment autour du tissus de mon pantalon et de ma ceinture, le maintenant comme je le peux tout en me servant de lui comme d'une accroche. J'ai pris cette habitude de me contenter de moi-même, de ne pas enlacer sur un coup de tête lorsque les choses n'étaient pas si catastrophiques. D'un autre côté peut-être que ce temps de guerre me manquait, situé à une époque où j'avais encore le droit d'effleurer une autre peau étrangère sans risquer de déclencher une réaction en chaine catastrophique, une époque où les choses étaient relativement normales en dehors de l'apocalypse, où tout était stable et homogène. La réflexion me blesse, d'autant plus lorsque ce visage était dans mon champ de vision, la rendant dangereuse, interdite, aussi glissante qu'une patinoire, jeune femme terrifiée à l'idée de se faire face, de se confronter, de croiser son propre regard, de me perdre sous ses traits alors que je ne rêve que de l'effleurer, de sentir le grain de sa peau de poupée, savoir si elle était faite d'autre chose que de porcelaine, de valser les mains nues dans un tango endiablé sans que tout ne soit trop millimétré.

Une larme roule alors qu'un grondement de plus s'élève, plus proche, faisant trembler les vitres qui menacent de se briser comme chaque nuit. Le regard hagard, je suis les mouvements de Moira, tâchant de m’apaiser au fil des mots. J'ignore comment prendre la chose, le ton condescendant, clairement adressé à la copie et l'apparence prise, pas à l'homme derrière, l'adulte, celui qui s'efface, partagé entre les deux, à moitié indigné, à moitié appâté par sa proposition, éveillant la curiosité qui a toujours été là, bien que désormais plus immature. Elle prend le pas, inclinant la tête pour acquiescer alors que quelques parcelles de l'emprunt s'effacent déjà, regard bleuté virant au marron, mèches châtains se fonçant doucement pour virer au brun sombre. L'appât de la forteresse et des friandises était terriblement tentant, imaginant un fort impénétrable et digne de nos aventures factices derrière la pellicule, hors du temps.

Je laisse tomber le pantalon, beaucoup trop encombrant pour partir à l'aventure avec, oubliant les conséquences et au moment où mon corps reviendrait lui-même totalement, de toute manière, en cet instant, ma chemise est devenue tellement grande qu'elle m'arrive aux genoux, devenue robe de chambre improvisée. J'attrape un drap dans lequel je m'enroule, sorte de cocon qui ne laisse apparaître que la face, à l'abri de presque tout contact et donc tout incident. Les yeux toujours humides, je me traine à nouveau maladroitement vers la brune, me collant contre elle dans un besoin d'affection, d'une entité rassurante, d'un pilier, désormais chenille enrobée, momie embaumée, qui ne fait que se blottir, dissimulant son visage dans le tissus de sa robe, reniflant pour ravaler le flot de craintes et de larmes enfantines tout en cherchant à capter la chaleur malgré le mur de couches.



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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Ven 17 Fév - 2:54

last to fall

- Eternity for you and me -

Bien qu'étrange, cette situation à un certain charme, une certaine innocence, loin du fléau qui frappe l'humanité à cet instant. Et même si tout ceci était devenu un monotone quotidien, même si les cris et les flammes berçaient leur nuit, autre chose se dégageait de cet endroit dans ces moments. Comme un parfum, presque enivrant, qui adoucit toute ses peines. Un regard qui se distingue des autres, un éclat qui comble ses nuits avec d'honteux fantasmes. Cette lubie, cette crainte et ce sourire de gosse. Elle ne parvint pas a expliquer ce qu'elle ressent dans ce genre de moment, même si jamais il ne porte le même visage, même s'il s'efface dans ses métamorphoses. Quelque chose se dégageait de lui, quelque chose chez lui n'avait de cesse de lui rappeler son passé, pourtant d'autres fois celui-ci s'effaçait lorsqu'elle plongeait son regard dans ses yeux, qu'ils soient ceux d'un enfant, d'un vieillard ou encore d'une femme. Quelque chose lui murmurait que qu'importe son apparence, qu'importe le corps qui serait le sien, toujours elle le reconnaîtrait. Mais étais-ce l'éternelle romantique qui murmurait ou l'affreuse vérité ? Lointaine énigme, mystère qui n'était pas encore d'actualité.

Et bien trop attendrit par la scène qui se déroule sous ses yeux, par la maladresse de l'enfant, cet drôle de façon qu'il a de s'enrouler dans ses draps, elle l'attrape dans ses bras bien trop fragile. Même si l'enfant est trop lourd pour elle, même si ses mains tremblent quelques peu, n'étant pas la femme force qu'elle rêverait être. Une autre force semble l'accompagner dans son trajet jusqu'à une pièce reculée de la maison, un grenier, comme elle les aimes. Un endroit qu'elle entretient, qu'elle décors mais aussi assez reculer dans la maison de maître pour que le bruit des explosions ressemble plus au ronflement de son compagnon de chambre qu'au hurlement de la mort. Un endroit où les flammes reflètent dans le ciels comme une douce peinture, une danse à la fois mortelle que passionnel. Un endroit où elle cache son chocolat, entre une maison de poupée et quelques figurines de bois qui ont dut appartenir aux anciens locataire de l'endroit. « Voilà mon endroit secret, et ça, c'est mon chocolat secret, les gentils garçons ont droit à croquer un grand morceau. C'est si dur d'en trouver à notre époque que je le cache bien précieusement ici. C'est mon petit plaisir nocturne rien qu'à moi. Et là, il y a tout une caisse de jouet, ils prennent un peu la poussière mais ils sont encore très beau. »

Puis elle s'éloigne quelque peu, son regard toujours attiré par cette fenêtre à mi chemin entre le cauchemar et l'obscurité, à la frontière entre les flammes et la nuit. Caché dans sa robe, elle saisi ce paquet de cigarette particulièrement féminin, son petit secret depuis quelques années déjà, peut être une décennie, quelque soir par mois lorsque l'inspiration lui manque. Lorsque la fatigue l'ignore comme le ferait le plus orgueilleux des félins errants de la capitale Anglaise. Elle soupire longuement en s'allumant ce long poison, porteur de mort vicieux. Son attention se tourne vers son compagnon, son ami dans ce lieu épargner du temps, elle sourit. « N'empêche, cela doit être utile. Une telle particularité pour te faufiler, écouter innocemment aux portes et découvrir quelques secrets. Sous cette apparence, j'oublierais presque que c'est Galahad qui se cache. » Une remarque qu'elle se fait plus à elle-même qu'autre chose. Elle n'espère pas vraiment une réponse de l'homme, elle ne sait pas si la personnalité du gamin à déjà effacer celle de son ami. Elle n'arrive pas toujours pleinement à cerner le fonctionnement d'une telle particularité, les mécaniques lui échappe... Comme pour chacune de leur capacité. Elle n'a aucune idée de comment fonctionne réellement un Syndrigastis. Bien qui présente dans cet univers depuis un siècle, elle est encore cette ignorante, cette gamine perdue, cette enfant qui se pose un millier de question.


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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Sam 18 Fév - 16:19

It's a hollow play

- My body is a cage that keeps me from dancing with the one I love -

Étreinte délicate, chaleureuse malgré la prison de tissus, contraint de m'enfermer dans une carapace, une bulle protectrice. C'est d'autant plus frustrant lorsque la chose n'est pas venimeuse, pas mortelle, pas dangereuse, ne fais que m'affecter et provoquer le malaise, provoquer la terreur de faire face à un miroir parfait et indépendant dans la grande majorité des cas. Mes pieds se détachent du sol, restant tout de même un brin crispé, crainte que le moindre mouvement provoque un contacte. Je renifle, tâche de reprendre le contrôle, le dessus, effacer tant bien que mal cette peur infondée, posée ma joue sur l'épaule de Moira, inspirer profondément alors que j'enregistre les déplacements, les quelques secousses dues à ses pas. Je pourrais m'endormir, malgré les soubresauts lumineux qui s'élèvent entre les grondements dignes d'un horrible monstre, tel un enfant protégé par les bras d'un adulte, épuisé par une journée à courir dans les couloirs. Pas le temps de sombrer, nous sommes déjà arrivé.

Mes chaussettes retrouvent le sol, glissant légèrement sur le parquet qui grince. Son antre est digne d'une caverne aux trésors, des forts de couvertures battis avec mes sœurs, regard de gosse tentant de capturer le moindre objet qui s'y trouve, attiré par la moindre curiosité environnante sans parler du désir presque viscéral de vouloir toucher, apposer une paume bien plate sur tout et n'importe quoi pour le décortiquer, habitude et curiosité maladive exacerbée, amplifiée.

Quelque chose me met tout de même un brin mal à l'aise, probablement le fait de m'ouvrir les portes de son royaumes de la sorte, plus inquiété par le mioche en quête de réconfort que celui qui se dissimule derrière ces traits. Les sourcils se froncent, partagé entre l'envie de jouer le jeu, me perdre dans la copie, laisser l'enfant dominer et le contenir, le rejeter, l'enfermer comme je le peux.  « Tu ne me vois pas. » La phrase est lourde de sens, sérieuse, bien que prononcée avec cette voix si enfantine. Je n'avais gère envie de jouer, de me laisser aller dans ce rôle qui me viendrait trop naturellement, acteur peut-être un peu trop bon au point de vivre réellement les choses. J'aurai probablement fait un tabac à Hollywood, sur les planches plutôt que derrière la caméra.

Les maigres doigts sortent de ma bulle, saisissant la friandise tendue avec précaution. Je suis une nouvelle fois les gestes de la danseuse du regard, la fluidité des mouvements, la note si particulière qu'avait le geste de ses doigts maintenant la cigarette. Le frisson, peut-être redouté, en profite pour remonter le long de mon échine, le corps s'étire, grandit, traverse soudainement les âges, les cellules sans structure cherchent le repère initial, prendre plus de place sous ce drap. Homme-enfant avec une couverture sur les épaules, aux jambes dénudées et au regard tout aussi perdu, élément alien dans le décors, qui n'a plus rien à faire là. Le carré de chocolat, probablement la récompense rassurante, en profite pour se glisser entre la langue et le palais, dévoilant son arôme si douce et rare dans cette boucle.

« Utile. » Le mot est murmuré, à peine perceptible, le répétant machinalement alors que sa tirade se termine. Il est juste, sonne bien, mais uniquement par moment, lorsque la chose devenait alliée et non ennemie, me poussant à emprunter pour épier, dérober, espionner, collectionner, parfait voyeur invisible dans la masse. Moira en avait déjà été la cible, malgré elle, ne remarquant pas les regards divers qui changeaient au fil des secondes, impossibles à détecter. « Parfois utile. » Le ton est le même que le gosse, me renfrognant alors que je m'avance vers la fenêtre, le regard s'agite, s'arrondit, affronte la terreur et la crainte, préfère avoir la chose en vue. Ne pas voir le danger a quelque chose d'encore plus effrayant, ne pas savoir s'il est proche, à nos trousse, malgré le fait que je connaissais la musique des détonations par cœur. Je les ais souvent comptées à mon arrivée, il y a trop longtemps. « Souvent un fardeau. » Murmure alors que j'observe ses doigts, quittant la vision apocalyptique. Il y a quelque chose de triste dans le ton, souffrance perceptible, effets secondaires trop souvent mis sur le compte de la folie. « Je préfèrerai savoir jouer avec le temps. » Maigre sourire alors que je me laisse glisser sur le sol, en tailleurs, appuyant ma tête sur mes mains, coudes sur les genoux. La parfaite position de l'enfant boudeur.

J'essaie d'oublier les sons, les grognements incessant de la bête allemande, cherche à distraite mon esprit, occulter également Moira qui ne laisse qu'un goût d'amertume douloureuse. « As-tu vu la neige dehors ? Elle ne t'avais pas manquée ? » Le souvenir me revient, la fête foraine, les tentes, tout cela m'importait peu, restait suspect, ne me plaisait guère. La neige en revanche, c'était une autre histoire. Bien des décennies que je n'avais pas vu autre chose que le gris du ciel et la pluie qui s'abat toujours à cette même heure, sans aucune surprise. L'hiver, la neige, l'été, son soleil, l'automne et ses couleurs chatoyantes n'étaient que des souvenirs lointains. Je ne suis même pas sûr de me souvenir du monde sans ce conflit que nous vivons encore et toujours.



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Moïra-Mari Calum

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- Ymbryne défectueuse -
❧ Boucle Temporelle : sous la terreur des bombardements (1941)
❧ Particularité : troublionne des temps anciens, unique danseuse sur un tableau figé
❧ Occupations : valseuse, elle éclaire la journée des âmes innocente. Objet de fascination, émerveille les yeux innocent
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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Sam 25 Fév - 2:41

last to fall

- Eternity for you and me -

Sourire cassant, nébuleuse conversation. Peu de paroles qui déchire la nuit, peu de discussion, mais toujours suffisant, juste, sincère. Discours emplit de sens, condensé en quelques mots sous cette voix enfantine. Difficile de croire que se cache un homme sous cette forme, cette innocence qui vibre au travers de ses cordes vocales déforme chaque mot. Malgré tout, elle comprend, au delà des apparences, elle sait qu'il est toujours là. Que ce soir, il se bat contre une partie de son être, qu'il lutte pour ne pas disparaître, comme certains soirs, comme chacun livre sa propre bataille dans ce bas monde. Comme elle qui ne supporte pas son affreuse malédiction, qui perçoit le monde différent depuis que le temps ce suspend, qui regarde sans cesse le même jour se répéter. Qu'elle admire ces bombes qui ont dévasté la métropole quelques heures plus tôt ressurgir de la terre et des flammes au petit matin pour disparaître dans l'immensité céleste. Elle qui rêve d'un jour bloquer le temps à jamais, elle qui aimerait bien pouvoir voyager aux travers de celui-ci, rattraper ses erreurs, ses échecs passés. Elle qui aimerait bien oublier l'immortalité, sans doute comme chacun ici, comme chaque prisonnier de ces étranges oiseaux.

Maigre sourire, son regard qui lentement se retourne vers la silhouette de cet homme qui berce certaine de ses nuits, de cet homme qui n'était encore qu'un enfant quelques secondes auparavant, son compagnon d'éternité ici bas. Un murmure s'élève, quelques mots brisant un bref silence. « C'est plutôt le temps qui joue avec moi... » Elle se veut bienveillante, sa voix est douce, tendre, comme celle d'une mère qui offre un précieux conseil à sa progéniture qui n'est plus, au murmure étrange d'un monde devenu fou. Comme celle de cette femme qui nous guide vers la lumière dans un délicat soupir. Un mensonge idéal, une utopie rêvée, une étrange pulsion qui vibre dans le cœur de cette vieille femme qui conserve une éternelle jeunesse. Car après tout, même coincé dans le temps, même pourvu de l'immortalité, les syndrigastis n'ont de cesse de vieillir, et si l'âge ne marque pas leur visage, il marque leur cœur. Ces cœurs si fragiles, ces esprits blessés par une différence étrange, par cette peur qui a depuis toujours animé l'humanité, cette peur qui les pousse à la violence, à la conquête et à la destruction complète de peuples.

Finalement, cette question brise le cycle des pensées noire. Il est vrai que la nouveauté avait frappé cette boucle, qu'un étrange personnage c'était installé non loin de chez eux, un homme aussi hors du temps, un homme comme eux tous qui avait amené cette mystérieuse neige. Une neige qu'elle avait connu pendant de nombreuses années, une neige qui avait longtemps hanté ses jours comme ses nuits après de nombreuses années dans une autre boucle temporel. « La neige... J'ai beau réfléchir, pesé le pour et le contre, non, la neige ne m'a pas du tout manquer. » Délicat éclat de rire cristallin qui illumine la pièce. « Si tu savais comme j'ai maudit l'hiver en 1873... Et même quand j'étais enfant, haute comme trois pommes, je n'ai jamais vraiment aimer l'hiver. Je n'aime pas trop le froid, je préfère la chaleur. Ou encore la pluie, c'est beau la pluie. L'odeur de celle-ci lorsqu'elle s'abat sur la pierre, je ne pourrais pas vraiment l'expliquer mais ça me soulage. C'est étrange, tu ne trouves pas ? » Après tout, peu de gens aimaient la pluie, encore moins appréciaient d'être tremper de la tête au pied. Mais encore cela ne l'a dérangeait pas plus que ça, elle aimait ce contact avec l'eau, elle aimait prendre de long bain après tout, cette douce sensation des gouttes qui roule le long de ses courbes était agréable. Après tout, ce n'était pas une femme comme les autres Moïra, elle était un peu décalé, complètement hors de son temps, marginal. Et elle aimait ça, elle aimait de ne pas ressembler à une autre, elle aimait la différence. C'est sans doute ce qui l'avait toujours attiré vers Galahad, cette différence qu'il a avec le monde entier.


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The solitude creeping around in strands until I’m weighted down, remembering in innocence my laughter in the distance. I can’t get free; no, can’t get free; no, can’t get free, no can’t get free; no, can’t get free, no, can’t get free; it’s unravelling the world
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Galahad L. Ednyfed

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❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Dim 26 Fév - 0:56

It's a hollow play

- My body is a cage that keeps me from dancing with the one I love -

Le temps qui se joue de nous. Il n'y avait pas d'autre terme qui pourrait correspondre à ce point, exprimant l'éternel renouveau qui se moque encore et toujours via le son des aiguilles qui courent presque à reculons. Je n'ai jamais demandé à être dans une boucle, jamais demandé à rester coincé dans ce chaos éternellement, jamais demandé à quitter brusquement les miens, jamais demandé à être pris pour ce que je n'étais pas, jamais demandé à devoir rester si seul et pourtant si entouré. L'excitation des débuts avait tendance à s'envoler, lorsque les doutes prenaient le dessus, que les emprunts n'étaient pas assez nombreux, que les apeurés et âmes perdues me contrôlaient. Le premier jour dans cette boucle avait marqué le début du calvaire après tout, particularité me domptant comme une simple marionnette sans jamais vouloir se laisser contrôler correctement, s'éteindre.  

Un brin de jalousie se pointe, silencieuse, se mêlant à l'admiration, la douce fascination. Elle pouvait enlacer, toucher, caresser, effleurer, voyager, arpenter les boucles, s'éloigner, ne risquait pas d'avoir des humains aux trousses, comme sortis de leurs engrenages habituels face à l'inconnu, à cette étrange magie, à leur doublure parfaite. Elle ignorait sa chance. Les larmes me montent aux yeux, mioche prenant à nouveau le pas, laissant l'émotivité gagner et se mêler au tout. « Les saisons me manquent et ce décor m'insupporte. » Les larmes roulent, perles salées sillonnant avant de finir leurs course sur le tissus. Personne ne les ôteraient d'un pouce sans déclencher une catastrophe, habitué à gérer ce genre de chose par moi-même depuis trop longtemps. Oh bien entendu, je ne lui ai jamais parlé que je me trouvais aussi là dehors, que j'avais connu les frissons de cette bataille infinie et dans la boue, fantôme piégé dans les rouages du temps en même temps que nous, comme à deux endroits à la fois. Parfois, j'avais envie d'aller me mettre en garde, me prévenir, mais à quoi bon, j'oublierai à chaque renouvellement.

Le corps se renfrogne un peu plus dans la couverture, essuyant les traces humides et honteuses. « Partiras-tu lorsque tu ne pourras plus supporter la pluie ? » Pointe d'inquiétude qui s'installe, nouvelle humidité dans le regard alors que les lèvres se pincent. Les doigts saisissent sa main, peaux séparées par le tissus avec soin, la suppliant presque du regard comme un enfant s'inquiéterait de l'abandon d'un proche. C'était idiot, mon corps ne m'appartenant plus, lui demander de rester alors que la laisser filer vers d'autres horizon serait probablement moins douloureux, ne plus avoir à la croiser dans mon sillage, ne plus avoir à être envouté par la sorcellerie de ses gestes, ne plus vouloir supporter qu'elle puisse enlacer d'autre peaux tout en craignant la mienne comme on craindrait un malade contagieux.

La fin des grondements apocalyptique approche, laissant la fatigue prendre le dessus, mon corps dérobant les règles de l'emprunt précédent, de ces heures de sommeil qui feraient le plus grand bien. Long soupir alors que la couverture est remontée et le dos prenant appui contre le mur. Profonde inspiration, fermer les yeux une seconde, juste une fraction, profiter de cette sensation si agréable des paupières qui se reposent, qui se relâchent. Je me fais aspirer, sans crier gare, arraché à la réalité, entrainé à des années lumières du plancher des appartements de Moira, projeté à des kilomètre de cette boucle perpétuelle, me coupant du monde. Morphée me capture, m'emprisonne de ses bras chauds et bienfaisants.



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Moïra-Mari Calum

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MessageSujet: Re: LAST TO FALL ft. Galahad L. Ednyfed   Dim 26 Fév - 19:34

last to fall

- Eternity for you and me -

Cœur d'enfant, cœur innocent. Un sourire qui ne peut s'attendrir fac à cet esprit brisé, cet être déchiré. La beauté dans la souffrance, la pureté qui se cache derrière ces nombreuses blessure, ce mensonge éclatant, ces yeux humides brillant comme mille étoiles. Cette sensibilité si enfantine, cette délicatesse que seule la flore ardente du printemps conserve en elle, ces couleurs qu'elle a oublié depuis déjà bien des années. Des décors qui lui manque certains soirs, lorsque la mort s'abat encore et encore, des souvenirs qui s'évapore au fil des rêveries, un vérité qui n'est plus sienne, des murmures lointains. C'est alors que ses pensées s'égarent, non loin de cette folie, sous les flammes, sous le sang elle danse encore et toujours. Valse morbide, la grâce dans le chaos, l'harmonie au point de rupture. Là où l'esprit cède, elle trouve son inspiration, là où la colère s'embrase, elle trouve son paradis terrestre. Grande réaliste qui se cache sous le voile de la douceur, idéaliste qui camoufle cette âme blessée.

Et tandis que Morphée rafle son compagnon d'éternité encore bercer par l'enfance, tandis que ses yeux se ferment doucement. Elle sourit une nouvelle fois, attendrit par cette image hors du commun, une vieille femme particulièrement toucher par les derniers mots de l'innocence, par cette complainte douloureuse. Silencieusement, elle se lève dans une seule et unique réponse qui résonne comme un lointain écho, une réponse brumeuse à la souffrance de deux amants secrets. « Est-ce que tu t'offrirais pleinement à moi ? On connaît tout les deux la réponse... » Nébuleuse, pleine de sens, une question pour une question. Mais il savait bien que jamais elle ne s'éloignerait de lui, jamais elle ne l'abandonnerait, même si la romance tant désiré est impossible, même si le fantasme restera éternellement suspendu, comme le temps. Comme eux, petites marionnettes dansante, instruments d'un univers tout aussi fou que leur existence.

Et le silence s'allonge, encore et encore. Le temps se suspend, l'espace d'un instant elle prend le dessus sur les maîtresses de maison, elle prolonge son éternité dans sa propre boucle. Le temps devient son outil tandis qu'elle s'approche de son ami de toujours, de son interdit. Une couette et un oreiller entre les mains, elle assure un contact, se contact qu'elle s'interdit en temps normal. Mais les règles sont différente, ici ce sont les siennes, ce contact ne sera pas réel à ses yeux à lui, uniquement à ceux de la poupée de porcelaine. Quelques secondes suffisante pour assouvir ce désir depuis si longtemps refoulés. Un baiser, un doux et tendre baiser, quelques secondes de volés au temps suffisent, unique contact qu'elle peut se permettre après l'avoir confortablement installé sur le plancher grinçant. Ce baiser suffit, une larme roule sur ses joues si douce, perle de joie, tandis qu'elle reprend ses distances, qu'elle laisse son ami rêver d'un monde moins fou, d'une humanité plus douce tandis qu'elle se torture au plus profond d'elle-même, tourmente éternelle, sa malédiction à elle, cet amour qu'elle n'a pas put choisir, ce désir éternellement inassouvi, ce corps qui l'a consume de l'intérieur.


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