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 Musique Maestro! ft. Marie Balmain

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Enric Heartgrave

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MessageSujet: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Ven 17 Fév - 11:48

Musique, Maestro!
Malgré la répétition des matins, je ne me connaissais pas de routines matinales. Hormis celle de me prendre quelque chose à manger et un bon café avant de commencer vraiment la journée. Plus une cigarette avec le café en général, mais ça, loin des plus jeunes. Ne voulant pas passer pour un hypocrite en leur contant les méfaits du tabac alors que je fumais moi-même, je préférais éviter qu’ils ne me voient fumer autant que faire se peut. Ne pas leur donner des idées était un moyen de prévention comme un autre, n’est-ce pas ? Je suppose que plusieurs personnes pourraient discuter de la viabilité de cet argument des heures durant, mais personnellement je n’en n’avais ni l’envie, ni la volonté de le faire. Et comme personne n’allait m’empêcher de fumer si je le souhaitais, je trouverais un moyen de le faire si j’en avais envie, mais je respectais le souhait de ne pas envahir les plus jeunes avec cette mauvaise habitude.

Ce qui ne m’empêcha pas, vêtu d’un pantalon, un t-shirt et ma robe de chambre (toujours mieux pour avoir des ombres à portée de main), à l’arrière de la maison de maître, ce qui avait dû être un jardin fut un temps et qui aujourd’hui ne ressemblait plus à grand-chose. Mais ça me permettait de prendre un peu l’air, tout en enfumant personne avec ma cigarette du matin. J’avais complètement laissé tomber l’idée de manger quelque chose ce matin, je n’en ressentais ni le besoin, ni l’envie. En revanche je n’oubliais pas le café. Le café était mon carburant quand je n’avais rien d’autre ; alors commencer une journée sans un café ? Impensable voyons. D’autant plus que j’avais tendance à être grognon quand je n’avais pas pris de café le matin et croyez-moi, quand je suis grognon on a vite envie de m’encastrer dans un mur ou de m’enfermer dans ma chambre jusqu’à ce que je me calme. Si, si, je vous assure.

Ayant fini ma cigarette, je rentre dans le salon, décidé à trouver quelque chose à faire pour occuper mon temps avant d’aller me changer et d’aider à la préparation du repas de ce midi. Mes yeux trouvèrent le piano et un sourire étira mes lèvres. C’est vrai que ça commençait à faire un petit bout de temps que je n’en n’avais pas joué. Posant ma tasse presque vide sur un petit meuble non loin, je m’installai sur le siège et ouvris le piano, dévoilant ses touches noires et blanches avec joie. Cherchant un instant ce que je pouvais jouer, je me décidai sur un air de jazz, assez calme par rapport à d’autres de ma connaissance. C’était le matin, on allait commencer doucement.
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Dim 19 Fév - 14:31

Concerto

- Enric Heartgrave & Marie Balmain -

J’étais assise en tailleurs sur le canapé. Il était un peu abîmé, à force des jeux de certains enfants. Recroquevillée sur moi-même, dans l’espoir que l’ont ne remarque pas ma présence, j’ouvrais la merveilleuse pièce de Molière dont je ne me lassais jamais. L’Avare, une merveilleuse comédie comptant l’histoire d’un homme riche et avare dont le désire est de marier sa fille, afin de s’enrichir encore. Je me plongeais alors dans cet univers, faisant une énième fois connaissance avec ces personnages. Il était tôt et personne ne faisait encore d’allés et venus dans la maison, il était alors plus facile pour moi de me focaliser sur la pièce.

A la fin du premier acte, je vis quelques particuliers se lever et traverser en silence la pièce, encore endormis. Je me décidais à abandonner ma pièce quelques minutes, le temps de rédiger un peu de mes derniers jours dans la boucle. Il n’y a jamais rien d’intéressant à raconter, car les journées se ressemblent presque toutes au fond, et j’en suis consciente.

« Cher journal. Les journées s’imitent, elles s’effleurent comme un parfum entêtant, que l’on souhaiterait cesser de sentir. Je devrais voyager, je le sens, mais je n’ai pas ce goût de l’aventure. Même si j’ai mes tendances solitaire, je me demande si j’ai envie de me séparer des quelques relations que je me suis créée dans cette boucle, car il m’a fallut un temps interminable pour me lier à de nouveaux particuliers. Evidemment, Lloyd m’y a toujours poussé. Il est bien consciencieux du bonheur des autres Syndrigastis. »

Plus personne ne passait, je relevais la tête pour inspecter les alentours. Personne ne semblait venir, j’étais à nouveau seule. De toute façon, personne ne me voit jamais, j’ai tendance à me fondre dans les objets, à me rendre invisible aux yeux des autres. Cela m’arrange, les hochements de tête polis en signe de bonjour m’ont lassé, malgré les bonnes convenances que l’on m’a inculqué. Parler ne me plait guère au quotidien, je préfère de loin m’enfermer dans mes lignes d’encres imprimées sur le papier plutôt que devoir tenir une conversation. De toute façon, aucune discussion n’est assez intéressante à mes yeux pour que j’y reste concentrée plus de quelques minutes. J’ai sûrement offensé certaines personnes à cause de cette facette de moi-même, que j’aime et accepte dans son entièreté.

Au fond, je le sais, la boucle de 1922 me manque, j’y ai vécu de belles années dans la folie du mouvement Charleston, entourée de personne extraverties, relâchées, goûtants chaque jour un peu plus aux vices. J’étais bien accompagnée, il faut l’admettre, car même en cette période je gardais ce côté bohème qui me coupe toujours d’autrui. J’ai su apprécier les bons moments grâce à Marcus, et c’est ce que je dois retenir. Plongée dans mes pensées, j’écrivais sur les feuilles reliées des mots mélancoliques, brisés, des souvenirs arrachés.

Une note vint perturber mes réflexions désenchantées. Je fis mine de ne pas l’entendre, mais ma concentration fut rapidement perturbée par une deuxième, puis une troisième - toutes justes - et une mélodie s’engagea. Le doux son du piano est d’ordinaire plaisant à mon oreille mais ce matin, je ne demandais rien de plus que le silence, afin d’esquisser mes préoccupations pessimistes. J’essayais de ne pas me faire remarquer, espérant que la personne finirait bien par s’en aller, si elle se rendait compte que ses belles préludes n’attiraient personne. Mais on tapait toujours sur les touches du piano, les doigts de plus en plus assurés. Alors, je me décidais à me lever, pensant avoir à faire à un particulier peut respectueux du matin de chacun.

Je vis Enric, assit sur le petit banc, noyé dans sa musique aux notes apaisantes. J’hésitais à l’interpeler afin de lui dire qu’il me gênait, de nature franche cela ne m’aurait pas dérangé de lui parler de la sorte. Mais il ne semblait pas encore m’avoir vu, trop occupé à embrasser chaque son sortant du piano. Je crois même que c’est lui, il y a quelques années, qui l’avait à nouveau réparé et accordé, des enfants ayant joué maladroitement trop proche de l’instrument. Peut-être n’était-ce que du respect, mais je me décidais à lâcher ma paperasse afin de me concentrer sur notre pianiste du matin. Après tout, nous n’avons pas tous l’occasion d’avoir un concerto privé. Il ne semblait pas avoir prit la peine de s’habiller, ce que je trouvais peu décent, mais à cette heure, peu de gens sont déjà actifs comme moi. Je me contentais de le comprendre et d’éviter de critiquer son vêtement. Après tout, ma présence ainsi vêtu le gênerait sûrement bien assez. Je souris, le sentant s’emporter doucement au fil des notes. Je me raclais la gorge doucement. J’affichais un sourire poli sur mes lèvres. « Bonjour. » Lançais-je, dans un français confiant.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Dim 5 Mar - 0:28

Musique, Maestro!
Je ne sais pas exactement combien de temps je suis resté à jouer du piano comme ça, oubliant un peu le monde autour de moi pendant ce temps. Oh, pas trop longtemps non plus ; il y avait toujours quelque chose qui me rappelait bien assez vite à la réalité de ma vie actuelle. Mais parfois prendre (ou perdre selon les points de vues) quelques minutes où l’on quitte cette réalité pour se laisser porter par un livre, des photos ou un air de musique était purement et simplement nécessaire, dans un environnement aussi clos que le nôtre. Oui, nous pouvions sortir, aller nous promener dans le Londres du Blitz, vu que nous savions quand tomberait les bombes allemandes, mais au final, étant toujours le même jour, on en a vite fait le tour. Alors il nous fallait des moyens de s’évader, de rendre notre quotidien un peu plus…Palpitant. C’est bien pour ça que je fais toujours en sorte de ne pas installer une routine autre que les repas ici. Sinon je pense que je serais devenu dingue depuis belle lurette !

En tout cas, je joue toujours du piano quand une légère toux me sort de mes rêveries et je relève la tête vers la provenance du bruit, sans arrêter de jouer pour autant. Ce morceau, je le connais sur le bout des doigts et j’ai suffisamment caressé les touches d’ivoire et d’ébène du piano pour savoir où chacune d’elle se trouvent à présent. Ma surprise doit se lire sur mon visage lorsque je vois la bouille adorable de Marie dépasser du canapé, suivit d’un « Bonjour » en français qui me tire un sourire amusé. Je m’arrête de jouer pour me tourner plus pleinement vers elle.

"Holà."

Alors oui, ça peut paraître bizarre que je lui réponde en espagnol alors qu’elle s’est adressée à moi en français, mais en fait, non. Je m’explique : Marie me permet de ne pas perdre le peu que je connais de Français et m’aide même à approfondir ma connaissance de la langue. En échange de quoi, je lui apprends l’Espagnol. Un petit échange de bons procédés, donc. Voyant qu’elle est bien plus habillée que moi, je referme tranquillement la robe de chambre. Je ne peux pas faire grand-chose de plus, et puis, nous sommes le matin, il n’est pas si étrange que cela de me voir passer en robe de chambre, n’est-ce pas ? Bon, je reconnais que le vieux rose délavé avec une ceinture à paillettes, ce n’est pas exactement ma couleur, mais parfois, on n’a pas trop le choix en termes vestimentaire, il faut bien le dire. Je me lève du piano après avoir refermé le clapet sur les touches bicolores et l’approche tranquillement de la rouquine présente.

"Tu es là depuis longtemps ? Je ne pensais pas qu’il y avait quelqu’un d’autre…J’espère ne pas t’avoir trop dérangé ?"

Je pense que si, honnêtement. Cependant, quand on ne voit personne, on ne pense pas à vérifier qu’il n’y a personne sur les canapés ou dans les fauteuils. De plus, vu le nombre de personnes qui parfois s’installaient dans les fauteuils/canapés sans pour autant avoir d’activités sur le moment ne manquent pas, alors si ça se trouve mon petit concerto improvisé n’a gêné que les grains de poussières qui espéraient s’installer sur le dit piano.

"Tu sais en jouer ?" demandais-je en désignant le piano derrière moi d’un pouce en sa direction "Je pourrais t’apprendre si tu le souhaite."
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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Dim 12 Mar - 14:34

Concerto

- Enric Heartgrave & Marie Balmain -

Après avoir appris le russe, il est facile de s’essayer à l’espagnole. Nombreuses sont les consonances françaises, malgré ces quelques prononciations qui me semblent bien trop compliquées. Même ce petit « holà » me semble assez compliqué, devant articuler chaque syllabe en leur donnant une connotation musicale. Enric m’aide dans cet enseignement, pour ma part je me contente de raviver son français un peu rouillé. Une pratique bien plus facile dans mon sens que dans le sien, je conçois sa lassitude au travers de mon accent tout à fait ridicule dans cette langue. En même temps, comment font-ils pour rouler les « r » de cette façon.

Maintenant qu’il est totalement face à moi, je peux admirer son magnifique peignoir pour femme. « Joli déshabillé. » Bien digne des vêtements que l’on peut trouver dans cette boucle; cette difficulté et frustration que l’on rencontre à devoir se vêtir d’une façon qui ne nous correspond pas, qui ne nous convient pas. Je veux dire, mention spéciale sur la ceinture à paillettes, mon cher Enric. Cette misère que nous supportons depuis bien trop d’années, à devoir lutter pour rester convenable, en dépit du manque de rationnement de fripes, de nourriture, et de produits inutiles en tout genre. Le goût du pain chaud français manque à mes papilles. Je regrette les vêtements de prêt à porter que ma mère m’obligeait à porter afin de faire bonne figure. Le rouge à lèvre prune que j’étais autorisée à tartiner sur mes lèvres. Je ravalais le soupir qui tenait tant à sortir, esquissant un petit rictus. Je passais ma main dans mes cheveux roux, cette tignasse difficilement domptable qui me donne du fil à retorde chaque matin, lorsque je m’arme de patience et de courage pour me coiffer.

Alors qu’Enric me demandait si j’étais là depuis un moment, j’hochais la tête la tête en signe d’approbation, me penchant pour ramasser la pièce de Molière, et cacher mon journal. J’éprouvais un certaine honte à l’idée que mon pseudo professeur d’espagnole puisse découvrir mon petit carnet secret, seul véritable confident parmi les Syndrigastis. J’avais bien plus confiance en ces feuilles reliées qu’en n’importe qui d’autre. Je me tournais vers lui pour lui montrer fièrement ma lecture du matin. « J’ai pour habitude de me lever à l’aube. J’aime profiter du calme avant que la maison ne se réveille totalement. » Je m’abstins de lui avouer qu’il m’avait gêné, c’était impoli mais surtout, sa présence ne me dérangeais pas, au contraire. « Lorsque les plus jeunes sont debout, on ne peux plus aspirer à une seconde de calme jusqu’au soir. Je profite de la fraicheur de la matinée. » Je balançais le vieux livre dans ma vieille besace, profitant pour y glisser mon journal. Ni vu, ni connu. « J’aime lire le matin, je me sens plus apte à comprendre les messages qui doivent passer. Je sais aussi me faire discrète, histoire d’éviter que l’on ne m’aborde. Je préfère être en solitaire. » Ce qui n’est un secret pour personne. J’aime le calme, la beauté du petit matin, la brise fraiche qui s’accompagne, les perles d’humidité sur la verdure.

Il s’élance sur le thème du piano, et posant un coup d’oeil rapide sur l’instrument, je réalise que je n’ai jamais vraiment su jouer. Je me souviens des nombreuses tentatives de ma Mère qui me faisait prendre des cours de piano lorsque j’étais en âge de devenir une femme. Selon elle, c’était une forme d’intelligence non négligeable que de savoir faire de cet instrument. « Ton futur mari appréciera sûrement que tu sache jouer d’un instrument », « plus une femme est instruite, plus son intelligence sera reconnue », et j’en passe. Mais aujourd’hui, c’était une aubaine pour moi de ne rien y connaître, je pourrais occuper mes journées à comprendre ce jeu de notes. Et lorsque j’en serais lassée, pourquoi pas … la flûte? « J’apprendrais à nouveau avec plaisir, je n’ai pas pratiqué depuis…. » Je marquais une courte pause, tentant de calculer à quelle année remonte mes derniers cours. « Depuis de nombreuses années. Je ne pense même pas savoir m’en rappeler ». J’approchais du bel objet, inspectant les dizaines de touches blanches et noires qui s’offraient à moi. Non, définitivement, je n’ai aucun souvenir de cette période là. Je lançais un regard sceptique à l’intention d’Enric. « Tokar… elle…pianau? » Ce n’est pas comme ça qu’on dit, Marie. Dans la forme, c’était bien de ma part d’avoir tenté; dans le fond, il y avait du boulot. « Désolée, je voulais dire jouer du piano. Je crois que j’ai encore un long chemin à faire. »

Je m’asseyais sur le petit banc rafistolé, accordant toute l’attention que je pouvais à Enric. « Vous vous levez toujours à ces heures? » Simple question de formalité. Je ne lui avais pas retourné la question tout à l’heure, et ce n’était pas très agréable de ma part. Je le vouvoyais toujours malgré les années. Quelque chose me pousse au respect, lorsque je m'adresse à Enric.



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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Dim 19 Mar - 20:31

Musique, Maestro!
Un coup d’œil pour me rappeler la robe de chambre rose que je portais et j’offris un sourire amusé à la jeune femme, ainsi qu’une parodie de salut de scène.

"Merci" dis-je dans un français où l’accent anglais était encore bien trop prononcé pour être vraiment agréable "Il paraît que c’est la dernière mode à Paris."

Enfin, je dis ça surtout pour plaisanter, car nous n’avions aucun moyen, que ce soit elle ou moi, pour connaître la dernière mode à Paris, puisque nous restions dans la boucle. Nous connaissions la mode du tout début des années 40, puisque nous y vivions et il nous suffirait de prendre un bateau pour aller voir les derniers défilés à Paris. Mais celle qui habille les personnes en 2016 ? A moins d’aller dans la boucle de la même année, difficile à dire, honnêtement. Maintenant, je vais vous faire une confession : je m’en fiche bien. Je porte de toute façon des vêtements dans lesquels je me sens bien et généralement plus ample que ce que je devrais porter, pour une raison très simple : mes ombres. Longs manteaux, chapeaux, quelques centimètres en trop sur ma chemise ou ma veste…Autant d’endroit créant des ombres naturellement et me permettant de ne jamais me retrouver sans « carburant » si je puis dire.

En apprenant qu’elle était probablement déjà là quand je suis arrivée et surtout qu’elle tentait de lire en paix, je me sens un peu mal. Je ne voulais embêter personne, originellement, mais parfois le destin nous réserve des surprises. Je tente de lire le titre du livre mais elle se trouve encore un peu loin pour que je puisse déchiffrer le titre sur la couverture. J’essaie, malgré tout, mais en vain, alors je prends le pli de l’écouter plutôt. Ce qu’elle dit fait sens, même si personnellement, j’aime bien l’activité qui vient des jeunes dans la boucle, ça me distrait des pensées sombres qui m’assaillent un peu à n’importe quel moment, dissipe les mauvais rêves de la nuit précédente. Les plus jeunes ont encore cette innocence qui a quitté la plupart des habitants des boucles, généralement par les évènements qui ont mené à l’entrée dans la dite boucle.

"C’est vrai que c’est vite vivant une fois les plus jeunes debout. Mais c’est peut-être mieux ainsi, vu le contexte de notre boucle, non ?"

Elle était peut-être une solitaire, tout autant que moi bien qu’on le suppose moins, mais sûrement qu’avoir une boucle qui semble vivante est plus agréable qu’une où tout le monde est aussi calme qu’une image dans un album photo, n’est-ce pas ? Ce n’est que mon avis, en tout cas.

Je l’écoute à nouveau, me décalant pour lui faire une place sur le tabouret nous servant de siège à défaut d’avoir un vrai siège pour le piano, et relève la tête, une légère surprise dans mes yeux quand elle utilise la langue de ma mère. Je lui souris, ravi et attendri, en haussant les épaules.

"Tu as la phrase qui est correcte, ce qui est déjà très bien. Il faut un peu travailler l’accent, mais ça, je suis contraint à la même punition, n’est-ce pas ?" finis-je en français. Sa nouvelle question tombe alors que je cherche dans les partitions présentes une pas trop compliquée pour commencer le déchiffrage des notes "Ca dépend, mais je me lève tôt en effet, je n’ai jamais su faire la grasse matinée, voilà ma malédiction." J’en trouve finalement une et la pose sur le porte-partition "Est-ce que tu te souviens de comment lire une partition ou pas du tout ?"
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Dernière édition par Enric Heartgrave le Lun 17 Avr - 15:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Mar 4 Avr - 17:11

Concerto

- Enric Heartgrave & Marie Balmain -

Je réfléchis quelques instants à ces paroles pleines d’intelligence. Les jeunes sont en ces lieux la seule pointe de bonne humeur et d’insouciance parmi les nombreux visages affadit par le temps. Les enfants à l’extérieur sont aussi affecté par ce mal, la peur qui assombrit chacune de leur pensées. Le jeu à laissé place à des regards inquiets de part et d’autre de leur personne, se méfiant de chaque être qu’ils croisent, baissants le regard lorsque qu’ils rencontrent celui d’un autre. J’ai su comprendre qu’ils étaient effrayés à l’idée d’entrecroiser des yeux aussi apeurés que les siens, faire miroiter leurs émotions, les rendant palpables, réelles. La peur de la peur elle-même. Faire le point sur cela, me rendre compte de mon propre avis sur le sujet provoquait en moi un sentiment désagréable. Celui de la compassion, de ne pouvoir agir pour leur faire retrouver leurs sourires d’antan, d’être incapable de leur donner espoir sur du long terme. Bien sûr, tous mes efforts seraient vains, vingt-quatre heures les aiguilles de la boucles auraient fait retour arrière, réinitialisant chaque souvenir humain. Je ravale un soupire et esquissais un sourire à l’intention d’Enric, qui m’avait permis de me faire voir l’agitation de la journée sous un angle différent, positif. Ces pensées seront éphémères, bien trop habituée aux pensées négatives et à la solitude pour apprécier une atmosphère pleine d’animation devenir ordinaire. Dans l’instant, j’avais envie d’apprécier le bruit, de sourire à chaque personne que je pourrais croiser, d’être bercé par la musique d’Enric du petit matin à très tard le soir. « Il y a beaucoup de vrai. Il faut savoir profiter de leur bonheur qui ne semble jamais vouloir s’éteindre. C’est un aubaine, les enfants nous permettent certainement d’apporter une touche de couleur dans notre humeur. La vie serait maussade sans eux. »

Je prenais soin de garder mes distances avec Enric lorsque je m’assis, préférant tomber plutôt que de risquer un contact charnel. Il était rare que j’accepte de me rapprocher de quelqu’un, m’étant accoutumée à me créer une bulle invisible. Gardant les yeux rivés sur le clavier, dont les touches me paraissaient être une énigme à résoudre. Je laisse échapper un petit rire franc, qui en rajoutait à ma bonne humeur. Nous n’étions pas encore des expert en prononciation, et le juste accent était encore loin de notre portée. Je viens racler ma gorge, lui adresser un regard pétillant. « Nous y parviendrons. Il suffit d’un peu de bonne foi. » Et j’en étais convaincue. Je souris à nouveau au piano, enregistrant chaque mot qui pouvait sortir de la bouche d’Enric, veillant à ne pas me laisser aller à d’autres pensées. Il est si difficile de tenir une conversation. Je laissais aller mes yeux du piano au carnet de partitions que tenait Enric, feuilletant chaque page avec facilité, attrapant chaque feuille dans un geste délicat entre le pouce et l’index. Il s’arrête enfin, jetant un regard satisfait à la partition qu’il venait de trouver, et le posait à sa place, bien à notre vue. La page était comblée d’encre noir, contrastant avec blanc quoiqu’un peu jaunit. Je me rendais compte que mon professeur de musique ponctuel avait terminé. « Sí. » Improvisais-je en espagnol, cherchant dans ma mémoire immédiate ce que j’avais pu retenir de ses paroles. « Pour moi aussi, c’est difficile de rester au lit jusque tard. Est-ce si mauvais d’être matinal? La fraicheur et le calme du matin sont encore les seules choses qui me réjouissent ici. Sans cela, je pense que je serais devenue folle… » Je chasse cette idée de ma pensée d’un revers de la main.

En réponse à sa question, je plisse les yeux, essayant d’interpréter les notes dessinées sur le papier. Cherchant dans chaque recoin de ma mémoire pour y trouver un restant de savoir faire, ouvrant chaque tiroir, tentant de forcer les serrures de celles-ci, afin de ne pas sembler être complètement stupide aux yeux de l’homme qui m’accompagnait en même temps que le levé du soleil. « Je… » Je me laisse quelques secondes de plus pour me donner une chance d’avoir une révélation, mais seule la délicatesse des symboles, me séduisants dans leur courbes parfaitement tracées. « Je ne sais plus. Excusez-moi. » Je baisse le regard, tentant de changer brièvement de sujet dans une plate question. « Comment le dit-on en espagnol? »



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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Lun 17 Avr - 16:47

Musique, Maestro!
La voir aussi souriante est toujours un plaisir. Comme elle le dit, il y a trop de visage maussade dans cette boucle, que ce soit parmi les Syndrigastris ou les humains bloqués dans cette boucle sans en avoir conscience. Il faut bien avouer qu’une boucle en plein temps de guerre n’est pas forcément le meilleur pour garder les gens avec un moral correct. Evidemment, il y a des gens qui, même dans un cadre idyllique ne pourraient pas avoir l’air heureux quand bien même ils aimeraient, car ils ont vécus des choses qui les a à jamais marqués, profondément, qui puise dans les quelques réserves qu’il leur reste, les asséchant de leur bonne humeur visible. Pendant longtemps, je n’avais pas été loin de ce cas et il est fort possible que si je me laissais aller, je finirais aussi maussade que ceux dont nous parlions plus tôt, hanté par des souvenirs que je préférais oublier à jamais mais je n’ai pas cette chance. Alors je me donne une routine, aussi basique soit-elle, afin de me forcer à ne pas rester sans rien faire, et le piano en fait partie (même si aujourd’hui ce n’était pas prévu en fait). Je tente de me donner un semblant de normalité dans l’anormalité qu’est ma vie. Alors pouvoir donner un peu de sourire à quelqu’un d’autre, surtout quelqu’un d’aussi solitaire que Marie, c’est toujours une petite victoire.

"Comme dit le dicton : quand on veut, on peut !"

Combien de fois mon père me l’avait-il répéter ce dicton ? Pour me faire comprendre qu’il ne suffit pas de tenter et d’espérer que ça fonctionne tout seul, il faut essayer, encore et encore, persévérer et au final, on y arrivera, du moment qu’on le veut vraiment. Je la laisse observer la partition, tenter de la déchiffrer tandis que je l’écoute, finissant par hausser les épaules.

"Je suppose que non."

Mais il y a toujours cette peur de ne pas être normal, de sortir de la norme, nous qui sommes déjà hors normes, bien plus présente chez la plupart d’entre nous. Alors avoir une habitude ou une manie qui nous fait encore plus sortir du lot demande une justification, ou presque. C’est pourtant stupide, à moins d’avoir des tâches précises dans la boucle qui nécessite des horaires, chacun peut dormir plus ou moins comme ils veulent.

Finalement, elle reprend la lecture de la partition, avant de m’annoncer qu’elle ne sait plus. Ce n’est pas bien grave, c’est l’une des choses que l’on oublie le plus vite lorsque l’on n’a pas pratiqué depuis un certain temps et vu que nous étions, pour certains, là depuis des dizaines et des dizaines d’années, ce n’est pas si étonnant qu’elle ne s’en souvienne plus.

"No sé más, lo siento." Je reprends la partition et un crayon de papier se trouvant non loin, et posa le tout sur les touches et pris le crayon du côté inverse de la mine afin de ne pas écrire par accident sur la partition qui ne lui appartenait pas "Alors, reprenons depuis le début…"

Et il se lança dans une explication avec exemples sur la lecture des notes sur une partition, lui montrant en même temps à quelles touches les notes correspondaient. Peut-être que s’il n’y avait pas eu la guerre, il serait devenu professeur, allez savoir ? De quoi, il ne saurait le dire. Espagnol, peut-être ? Si tant est qu’il y ait des élèves pour apprendre cette langue. Finalement, il arriva à la fin d’une ligne de note complète et tendit le tout vers Marie.

"Ca va ? Tu veux essayer de déchiffrer le reste ou on tente déjà de jouer la première ligne ?"

Ca lui était égal, il ne faisait pas cela pour lui, mais bel et bien pour elle.
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Ven 21 Avr - 11:46

Concerto

- Enric Heartgrave & Marie Balmain -

Cet adage est le plus gros mensonge que j’ai pu entendre, si loin que ma mémoire puisse le permettre. Maintes fois, mes parents me la répétaient, lorsque je n’arrivais pas à terminer un dessin, que je ne parvenais à pas réussir un point de couture, et même quand je ne savais pas m’imposer face à ses gamines de l’école qui me jouaient des tours. A cette époque, ils avaient raison en un sens, car ils avaient un certain recul et reçu une certaine éducation qui leur permettaient de voir chaque situation sous un angle différent, comme des défis personnels que chacun doit savoir relever. Aujourd’hui les choses étaient impossibles, ma particularité était bel et bien un frein à ma vie, et je ne pouvais rien y faire. Bien que je veuille avoir la chance de pouvoir bénéficier d’un quelconque contact, je ne pouvais pas me permettre de risquer la vie d’un autre simplement pour satisfaire ma petite personne. Alors je ne lui répond pas, me contentant d’un acquiescement et d’un sourire timide.

Je répète dans un murmure la phrase en espagnol qu’Enric me répond, le remerciant à la suite. Il est gentil, cet homme là, mais je suis si naïve de temps à autre que s’il m’avait donné une insulte comme réponse, je l’aurais cru sans réfléchir plus. Et nous reprenons la partition qu’il m’explique avec patience et petit à petit, phrase par phrase. Je rassemble toute ma bonne volonté pour ne pas me laisser distraire, le regard fixé sur ses lèvres et faisant des allés rapide sur le piano, afin de bien enregistrer tout ce qu’il m’apprenait à nouveau. Au fur et à mesure, il me revenait certaines bribes du passé, quelques vieux souvenirs de mes premiers cours que j’avais suivi à l’époque. Les games, les différentes notes de Do en passant par Fa, prenant le temps d’énumérer chaque touche. Je me constituais un schéma dans ma tête, une liste de tout ce que je devais retenir en les reliant à ce dont je me rappelais d’autrefois. Lorsqu’il termine enfin sa tirade explicative, je prend une longue inspiration, et soufflais toutes les informations sans intérêt pour ne garder que le plus important. Il me demande alors si je voulais essayer tout de suite, et je prenais quelques secondes pour réfléchir. Je voulais m’y mettre à l’instant, mais d’un autre côté j’avais peur de me ridiculiser, de me retrouver bête devant les touches et de ne plus savoir quoi faire. Après tout, il fallait avoir le gout du risque. C’était ainsi qu’il fallait apprendre, en faisant des erreurs. « Commençons! » Fut la seule chose que je répondis, et dans un élan curieux et joyeux, je me place droit devant le piano, et lisant une dernière fois la première partie qu’Enric m’avait expliqué, je me lance sans crier gare.

Mes doigts se perdent sur les touches, dans des mouvements léger et distinct. Je laisse mes doigts effleurer la matière, appuyer lorsque besoin est, et je me berce dans les notes au son si gracieux. Je sais que ce n’est pas exact, que j’avais encore du chemin à faire pour me perfectionner encore plus, mas j’étais satisfaite de savoir que la douce mélodie qui résonnait dans la maison venait de ma personne, que c’était comme cela que les enfants allaient peut-être s’éveiller. Je marque une pause après la dernière note, esquissant un rictus franc et plein d’entrain. « J’étais comment? » Peut-être allait-il améliorer la vérité, afin de me faire plaisir, et je ne lui en voudrais pas d’agir de la sorte. C’était une façon plus ou moins honnête de m’encourager, de profiter de cette matinée dans le calme et sans être contrarié.

J’entend derrière moi quelques pas lent, qui frottaient le sol. Je ne me retourne pas mais imagine que c’était un des jeunes qui venait de sauter du lit, courant à la vitesse d’un escargot pour rejoindre la cuisine où il pourrait prendre son petit déjeuner. Malheureusement pour lui, ce ne serait pas dans le calme, ce matin. J’observe Enric, les yeux pétillants. « Tu devrais enseigner à plus de personnes, ça pourrait rendre nos jours un peu plus beaux. » Et je me demande ensuite s’il avait toujours vécu ici, car aussi loin que je me souvienne, il était présent dans la boucle avant mon arrivée. Ou peut-être pas, les gens se confondent ici, nous ne savons plus qui vient et quand, les âges dont nous parlons avec pudeur, le passé étant presque un secret que nous apprécions de garder. Je tente malgré tout une approche. « Tu as toujours vécu à Londres? » Je demandais en français, tentant de faire passer ce questionnement pour une simple façon d’améliorer son accent et son vocabulaire. Phrase qui serait, je m'en doutais, bien assez compréhensible pour lui.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Mer 24 Mai - 9:49

Musique, Maestro!
Son enthousiaste et son goût pour l’apprentissage par l’essai me tirent un sourire, et je me décale un peu plus sur le petit siège de piano pour lui laisser la place d’évoluer sur les touches sans risquer de me toucher. Car elle fait partie de ces Syndrigastis qui ne peuvent pas vraiment faire taire leur particularité, quand bien même ils le souhaiteraient ardemment. Or la sienne, elle est dangereuse et je dois admettre que si je pouvais rester dans le corps que j’utilise actuellement, ça ne serait pas du luxe. Je doute que grand monde ne veuille échanger sa place avec moi de toute façon, pour être honnête. Plus exactement, je n’ai pas envie que quelqu’un se retrouve dans mon corps et n’en découvre ses secrets que personne ici ne sait, moi qui m’isole tant lorsque vient la nuit. Pour ne pas croiser les quelques personnes qui ne dorment pas, comme moi, et pour ne pas réveiller ceux qui espèrent trouver un peu de réconfort dans les bras de Morphée.

Mais trêve de bavardage ; elle vient de terminer les premières phrases de la musique et c’est avec un sourire qu’il accueille sa question. Pour quelqu’un qui est sensé ne pas avoir touché un piano depuis un bout de temps, elle se débrouillait mieux qu’il ne l’aurait imaginé.

"Eh bien il faudrait que tu fasses un peu plus attention au tempo et quelques fausses-notes se sont glissées ici et là, mais dans l’ensemble, tu t’en sors bien pour quelqu’un qui n’a pas touché un piano depuis Dieu sait quand."

Des bruits résonnent dans mon dos et je ne peux m’empêcher de me retourner pour voir ce que c’est. Pourtant, il n’y a pas trente-six solutions dans cette boucles : c’est soit un Syndrigasti, soit une des Ymbrynes. Il n’y a pas à se poser la question bien longtemps, honnêtement, mais la partie paranoïde de mon cerveau ne peut faire la part des choses quand il y a un son qui arrive dans mon dos. C’est bien l’un des rares soucis de ce piano, il faut faire dos à la porte et donc aux menaces potentielles qui arrivent et heureusement que la musique me calme et me prend beaucoup de mon attention, sinon je serais plus tendu qu’une corde de violon. Rassuré intérieurement de voir que ce n’est qu’un autre Syndrigasti se réveillant doucement, je retourne mon attention à Marie et pile au bon moment qui plus est, car elle me pose une question en français. Je la comprends, mais lui répondre sera plus compliqué. SI je tente une réponse en français du moins. Mais autant essayer. Elle a prouvé vouloir faire des efforts au piano et en espagnol, il n’est que juste que je lui rende la pareille.

"Non. J’ai vis en 1892, avant qu’elle bouge. Puis je viens ici. Melancolie."

Ouais, bon, on repassera. C’est décousu, il doit y avoir des fautes plus grosses que moi, mais je pense avoir fait passer les informations principales, non ? Je ne parle pas de ce que je vivais avant les boucles, ça, je n’en parle jamais, ou alors de mon enfance, du temps où tout était encore innocent ou presque. Du temps où tout ce qui fait l’homme que je suis aujourd’hui n’est pas arrivé.

"Il va falloir que je revois définitivement mon français."

Dis-je avec un grand sourire amusé.
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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Dim 23 Juil - 22:59

Concerto

- Enric Heartgrave & Marie Balmain -

J’éprouve une certaine satisfaction quant à l’analyse salutaire que me fait Enric. Sourire en coin, je replace mes cheveux d’un geste fier et pose les paumes de mes mains sur mes cuisses. J’écoute soigneusement mon pseudo professeur m’expliquer en un français assez jeune d’où il venait, au travers de quelles boucles il avait pu vivre auparavant.
« Je ne suis jamais allée en 1892. Comment était-ce? »
La passé reste pour la plupart d’entre-nous un tabou, nous n’en parlons presque pas. Pourtant - je le sais car j’ai moi-même ce désir -, j’ai la conviction que nous voulons en savoir plus sur le passé des autres, percer leurs secrets, comprendre les raisons qui les poussent à être comme ils sont aujourd’hui, pourquoi sont-ils entrés dans le cercle insatiable des boucles temporelles.  
Je relève mes mains, pour claquer mes cuisses en signe de motivation à une nouvelle activité.
Je n’aime pas me confier sur mon passé, tant avant mon arrivée dans les boucles qu’après. Ce sont mes secrets, et personne ne peut s’en servir contre ma personne. Oui, nous sommes protégés par notre silence.
« Le français est une langue bien compliquée à apprendre. L’accent est difficile à adopter, les mots changent et il y a beaucoup trop d’exceptions. »
D’un mouvement de hanche, je fais tourner l’ensemble de mon corps à quatre-vingt dix degrés pour pouvoir dégager mes jambes du piano et je me lève. La faim me gagne à nouveau, et tout en m’étirant de tout mon possible jusqu’à faire craquer quelques os, je m’adresse à Enric:
« Tu n’as pas faim? A moins que tu souhaites un café? »

Je me souviens encore du goût des bons croissants et du pain de la boulangerie d’en face de mon ancienne maison, à Paris. Chaque matin, mon père nous ramenait une baguette fraiche et un croissant chacun, que nous dégustions ensemble, attablés dans la cuisine. Le dimanche était le meilleur jour, car nous faisions la grâce matinée et ne nous réveillions qu’au son des cloches de l’Eglise du coin de la rue.
Un regard à l’intention d’Enric, attendant sa réponse avec patience tout en le voulant voir prendre une décision rapidement. La culture du brunch est entrée dans mes habitudes depuis de longues années déjà, mais comme j’éprouve un certain dédain à entrer dans les cases de la sociétés, je le prends à tout heure. Oui, même au levé du jour.

Je cours chercher quelques victuailles afin de me remplir l’estomac, ainsi qu’un petit quelque chose pour Enric. Dans la cuisine, j’attrape un oeuf que je casse dans une poêle, et en attendant que la cuisson soit bonne j’attrape un morceau de pain anglais que je tartine de sauce tomate, ne prêtant pas attention aux jeunes qui déjeunaient sur la table. Le matin personne ne se parle réellement, tous la tête encore dans le brouillard, nous avons tendance à adresser nous premiers échanges de paroles dans le salon. Posant mon oeuf sur la tartine, attrapant deux cafés, je repars à grandes enjambées là où j’avais laissé mon compagnon d’aube.
M’installant sur le canapé, j’avale goulument mon second petit déjeuner, faisant prendre place à Enric à mes côtés, tout en gardant une bonne distance. Après un silence qui ne m’étais pas désagréable, je décide de le rompre afin d’éviter qu’une gêne s’installe.
« Penses-tu qu’il me faudrait du temps pour arriver à nouveau à jouer du piano convenablement? »
Je lance un regard envieux à l’instrument de musique. Aujourd’hui plus que jamais, je voulais apprendre à jouer, et changer mon quotidien. Lire, écrire, et quoi d’autre finalement !
« Des regrets? »
Cette question est comme posée au hasard dans un espagnol plus que maladroit, et pourtant j’y avais mûrement réfléchi. Si j’avais su que ma vie prendrait un tel tournant, j’aurais profité autrement de mes vingt-quatre premières années de tranquillité et de platitude. Peut-être aurais-je même osé m’imposer quant aux choix du chemin de vie que mes parents voulaient que je prenne. Peut-être aurais-je osé partir, voyager, sortir à des fêtes en tout genre entre amies.
Peut importe, hier ne reviendra jamais. Je sourie au vide, rapprochant mon sac près de moi, touchant la reliure de mon journal.
« Je tiens un journal depuis mes quinze ans environ. Enfin, il y en a eu plusieurs depuis le temps bien sûr. Comme ça, quoique ma mémoire me permette de garder en souvenir, j’ai toujours mes écrits pour m’en rappeler. »
Je marque une courte pause, analysant mes propres paroles.
« Je crois que j’ai peur de l’oubli. Et toi? »



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MessageSujet: Re: Musique Maestro! ft. Marie Balmain   Ven 4 Aoû - 12:21

Musique, Maestro!
Je me tourne un peu vers Marie à sa question. Comment décrire la boucle de 1892 ? Lui expliquer les raisons précises qui m’ont fait entrer dans cette dernière n’est pas envisageable, je ne fais pas part de mes blessures ainsi, et certainement pas à une jeune femme qui semble aussi jeune que Marie. Je sais, pourtant, qu’elle est plus âgée qu’elle n’en n’a l’air, tout comme moi, mais je ne peux m’empêcher de me dire que si elle n’a pas connu la guerre autrement que dans la boucle, il vaut mieux ne pas lui en dire trop, préserver le peu d’innocence qu’il reste dans ces êtres qui n’ont pas vu le pire des vices humains. Alors je prends le temps de réfléchir, feuilletant le cahier de partitions devant moi pour me donner du temps.

"C’était…plus guindé qu’ici, c’est certain. Et j’avais des pattes, à l’époque. Pas de moustache ni ne barbe, mais des pattes en bonnes et dues formes. Ah, on avait tous de l’allure à cette époque. Maintenant, ils ont tous immigré en 2016, peu de temps après que je sois arrivé dans cette boucle-ci. C’était plus calme aussi…"

Ah ça, pas de guerre là-bas, pas d’avions qui passent chaque jour aux mêmes heures, pas de bombes menaçant d’emporter un malheureux Syndrigastis qui auraient oublié qu’elle devait tomber là, à cet endroit et instant précis. Ah oui, c’était plus calme. Mais j’arrête là ma comparaison, car je n’ai pas grand-chose de plus à lui raconter. La vie dans une boucle est répétitive, ce qui est logique quand on y pense, alors que lui raconter de plus ? Pas grand-chose.

"Juste un café, s’il te plaît. J’ai déjà mangé."

Mensonge éhonté, car je ne déjeune quasiment jamais le matin. Il fut un temps où je le faisais, avant d’entrer dans les boucles, mais depuis des années maintenant, l’envie m’est passée. Je me contente uniquement de café à l’époque. Je la regarde partir puis profite de son absence pour me lever et sortir par la porte-fenêtre, pour fumer une cigarette. J’évite de le faire devant les Syndrigastis plus jeunes, d’une part car certes, ils sont probablement plus vieux qu’ils n’en n’ont l’air, mais il y a tout de même le fait qu’il y a pénurie. Même moi qui fus un fumeur enthousiaste à l’époque, je ne suis beaucoup ceinturé pour ne pas gaspiller les précieux tubes de nicotines.

Bien vite je l’entends revenir et j’éteins la cigarette entamée, la rangeant dans le paquet, à terminer plus tard, et je rentre. La remerciant pour le café, je m’installe à ses côtés dans le canapé, le piano oublié pour le moment. Je n’ai même pas pris le temps de refermer le capo sur les touches d’ivoire et d’ébène, c’est pour dire.

"Oh, je pense qu’avec un peu d’entrainement, tu retrouveras vite ce que tu savais faire. Et plus avec force de persévérance. Ce dont tu ne sembles pas manquer. Mais je ne saurais pas te dire en combien de temps exactement."

Mon sourire est sincère. Elle a de quoi retrouver de très bonnes capacités en piano relativement vite, si elle travaille un peu. En revanche, je me fige, tasse au bord des lèvres, à sa nouvelle question. Deux mots, simples, sortis de nulle part, mais qui pouvaient amener tant de réponses. Je finis de prendre une gorgée de café avant de lui répondre.

"Quelques-uns, comme tout le monde je suppose."

Puis elle me parle de ses journaux, de pourquoi elle les a tenu, sans me parler de leur contenu, évidemment. Quelque part, ça me met mal à l’aise. De voir quelqu’un qui tient tant à son passé, à ce qu’elle a vécu, quand moi-même je tente de mettre autant de distance que possible entre moi et mon passé. J’ai un petit rire désabusé à sa dernière question. Question qui me fait dire qu’il ne faudrait pas que je passe trop de temps avec elle ; elle est trop intelligente, trop intuitive pour ne pas commencer à percer ces ombres qui m’entourent quant à mon passé.

"Aux vues de notre situation actuelle, oublier m’est égal. Les jours se ressembles, qu’ils commencent à se mélanger dans ma mémoire, ça change quoi, concrètement ? Ce dont je veux me souvenir est déjà gravé dans ma mémoire. Ils ne s’en iront pas de sitôt. Donc non, je n’ai pas peur de l’oubli."

Parfois, il est même mon meilleur allié, bien que mon cerveau décide régulièrement de me rappeler à l’ordre pour ne pas que j’oublie les périodes que je souhaiterais pourtant oublier plus que tout au monde. Pendant un instant le silence s’installe entre nous, jusqu’à ce qu’un Syndrigastri débarque en trombe dans le salon.

"Enric ! On va avoir besoin de toi dans la cuisine…on a un souci avec l’évier."

Je relève la tête, clignant des yeux, comme pour rebrancher mon cerveau à ce qu’il se passait hors de cette conversation, et me relève finalement.

"Dis aux autres de rien toucher, j’arrive dans quelques minutes, le temps d’aller chercher mes outils." Le gamin repart et je me tourne vers Marie "Bien, je pense que l’on doit laisser cette conversation ici. Mais si tu veux t’entrainer au piano, n’hésites pas à venir me voir."

Puis je la laisse là, dans le salon. Mon départ, pourtant excusé, me semble trop proche d’un fuite, mais qu’y puis-je ?
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