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 Portées disparues ◊ Camille [Flashback]

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Mabel P. Herrera

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- carte du Maraudeur -
❧ Boucle Temporelle : 20 juin 2016 désormais. Elle vécut un temps en 1941, mais les moteurs des avions ronronnaient trop fort à son oreille.
❧ Particularité : Géolocalisation
❧ Occupations : Géotraceuse aux projets bien trop nombreux.
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❧ Crédits : © Paon


MessageSujet: Portées disparues ◊ Camille [Flashback]   Mar 28 Fév - 11:39


Portées disparues

     Le silence n’existait pas. Il y’eut dans l’absence, le calme d’être à nouveau seule ; les mots tuent des conversations qu’elle ne put avoir. Elle put avancer dans les couloirs, garder l’impression d’avoir été laissée là, il persistait ces bruits parasites. Des enjambées claquant au-dessus d’elle à l’étage, des voix lointaines qui ne furent jamais que des rires étouffés. Il était une vie qu’elle voyait battre dans les échos de ces sons, et alors qu’elle la sentait palpable pour la première fois sous ses doigts, elle eut l’impression d’en avoir été écartée. Wallace était parti, oubliant derrière lui la nièce dont il dut avoir la charge. Mabel ne l’eut pas aimé autant qu’elle se l’était imaginé en le rejoignant dans cette époque délavée. Elle ne l’eut pas même respecté, lui offrant la violence de ses mots sans jamais les panser. Il crut toujours savoir lui faire face, et elle sut voir chacune de ses failles. Ses mains tremblaient parfois, osant à peine se resserrer autour de ses bras. Elle sentait ses phalanges devenir l’étau de l’emprise qu’il voulut avoir sur elle, une bienveillance formelle lacérant ses poignets sans que jamais il ne puisse la retenir. Elle l’imaginait vieux à présent, crachant ses poumons, étouffé par le vent chaud qu’il s’en allait retrouver avant elle. Elle aurait dû quitter la boucle avec lui, le retenir ; si jamais elle eut compris que son absence la ferait souffrir. Elle n’eut pas le modèle familiale idéal, et se sentit pourtant étrangement seule maintenant qu’aucun de ses membres n’eut été là pour lui rappeler d’où elle venait. Ce qu’elle était destinée à faire. Elle craignait qu’ils se fassent à son absence, alors qu’elle ne put se faire à la leur. Ils eurent, sournoisement, eut les mêmes mots à lui dire. « Il faut que tu apprennes à vivre sans moi. » - sans nous.
     La tâche n’avait rien d’insurmontable, se répétait-elle. Il n’était qu’un étranger avec lequel elle n’eut pas même partagé son nom. Un atome familial que l’on eut égaré des années plus tôt. Les premiers jours n’eurent pas changés. Ils eurent étés les supports de ses colères, les murs sur lesquels faire rebondir ses rires. Ses pas eurent finalement ralentis, ses doigts se laissant traîner contre le papier peint à mesure qu’elle avançait dans les couloirs. La matière brûlait leur surface, l’obligeant après coup à loger son doigt dans sa bouche avant qu’il ne se teigne de rouge. Elle avait toujours aimé ce qui était vaste, et trouvait maintenant le monde bien trop étroit. Sa chambre ne s’imprégnait jamais de son parfum. Elle sentait la poussière et l’oubli, la lessive et l’humidité. Les gens disparaissaient des couloirs comme s’ils eurent cherché à l’éviter. Ils étaient des morts en sursis, et elle eut la sensation désagréable, parfois, d’être accompagnée de revenants. Ce lieu était vieux et macabre. A l’image des motifs floraux dessinés sur les murs. Elle accéléra et ces fleurs devinrent un champ. Ses enjambées furent ridicules alors qu’elle se refusait la force de courir. Sa tête, soudainement éprise de migraine après qu’elle ait observé trop longtemps les fleurs se mouvoir symétriquement au rythme de ses pas. Le manège la fit sourire, tel un jeu auquel elle n’eut jusqu’alors jamais joué. Elle sentit un jaune flamboyant fendre l’obscurité à sa droite, distinguant à peine le voile de tissus suspendu à la lampe derrière elle. Un pas en arrière et elle reconnut sa culotte. Si jaune qu’on crut l’avoir arrachée au soleil. Elle s’en saisit d’un geste rapide, la roulant en boule au creux de sa main.
     Elle savait les ombres se déplacer dans les quartiers, sans qu’aucune d’elle ne suive sa trace. Cette culotte, là sans avoir à y être. Et les explications à cette découverte, ajoutées si finement aux mystères de ce monde, quelle s’étonna à grincer des dents. Ses pas devenaient hésitants tandis qu’elle tenait précieusement sa lingerie dans sa main, imaginant certainement pouvoir la remettre à sa place sans incidence. Elle crut être observée mais personne n’eut été assez proche pour ne serait-ce l’entendre marcher. Elle arrivait à sa chambre et un autre élément de sa lingerie trônait fièrement sur sa poignée. Une invitation à un jeu qui ne put que la ridiculiser, et le simple fait de se savoir perdre la mit hors d’elle.
« Motherfucker. »
     Elle arracha la deuxième culotte. Un peu trop brutalement peut-être. Ses yeux plantés sur le sol, elle fit l’inventaire de tout ce qu’elle eut pour couvrir ses fesses, découvrant en même temps qu’elle listait ses sous-vêtements dans sa tête, qu’ils furent disséminés dans le quartier des portes selon un ordre pensé à l’avance. Elle ne prit pas la peine de laisser derrière elle celles qu’elle eut déjà retrouvées, fonçant tête la première dans ce jeu qu’elle aurait certainement pu éviter. Ses réactions, aussi aléatoires que les tirages du loto, furent bien plus prévisibles qu’elles en eurent l’air. Certainement car elle ne put décemment pas se passer de sous-vêtements, ou laisser ces derniers à la vue de tout le monde.
     Elle n’eut aucun mal à les localiser ; plus à les rattraper. Un enfant en eu récupéré une, l’obligeant à lui courir après. Elle dût monter sur une chaise ; s’armer d’un balais ; dénicher sa seule culotte un tant soit peu raffinée dans une grille d’aération poussiéreuse et sale. Il lui fallut près d’une heure pour récupérer près de l’ensemble de sa lingerie égarée. Ayant trouvé secondaire de prendre un sac ou une panière avec elle, elle avait passé son bras dans ses culottes. Un moyen astucieux de toutes les emmener avec elle, même si cela nécessitait de ne croiser personne, et il n'en restait plus qu'une à récupérer.

     Camille l’attendait assis dans son fauteuil. Paisible, comme la fierté pouvait l’être. Elle ne fût pas arrivée jusqu’ici pour lui, ignorant jusqu’à lors qu’il fût celui à blâmer pour ce crime porté à son intimité. Elle était venue pour ce qui trônait au-dessus de lui tel un trophée, une couronne suspendue qu’il crut certainement avoir su mettre en scène.
« Jolie couronne. »
     Il avait l’air bête, et si elle sut garder son calme après une heure à s’épuiser sur sa tâche, sa salive restait encore difficile à avaler.
« Je peux te poser une question ? T’aurais fait quoi si je n’étais jamais venue ? Tu serais resté ta culotte au-dessus de la tête toute la journée ? »
     Et quel ornement il eut choisi… Sa culotte aux imprimés ananas, soignée et choyée avec tant d’amour, qu’elle eut passé cinq années dans son placard. Elle exprimait son mauvais goût tout autant que les autres, et il eut choisi, entre les vestiges de sa vie et les culottes hautes qu’elle avait adoptées avec la mode des années 20, l’objet le plus doux et innocent de ses placards. Aussi laid puisse-t-il être. Elle s’avança pour récupérer ce qui lui appartenait, ignorant volontairement celui s’étant auto-proclamé roi des cons. Il l’avait clouée. Tout simplement. Crucifié la compagne de ses cinq dernières années d’existence. Elle se mordit la lèvre, les larmes aux yeux du deuil de cette amie. Impossible de la récupérer en état sans retirer le clou. Et même là, Mabel devrait s’accommoder d’un trou.
« Espèce de… HM. »
     Aucun mot à cette heure pour décrire sa colère. Elle utilisa une de ses culottes comme gant et s’empara du livre qu’il tenait.
« Tu la décloues ou je jette ton livre au feu. »
     Elle se recula d’un pas, prête à exécuter sa menace. Dieu put pardonner les tâches, et non le crime de sa culotte ananas.





Cercle Polaire.
I'm the girl who is lost in space, the girl who is disappearing always, forever fading away and receding farther and farther into the background. E.W
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Camille Barthélemy

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- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
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❧ Missives : 53
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❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: Portées disparues ◊ Camille [Flashback]   Jeu 2 Mar - 16:06

Portées Disparues
Mabel & Camille
The more you care, the more you dare. The more you go inside my head, see the waves that rise and fall, in the ocean I won't let you fall.

Le dernier clou est planté dans le mur, marquant ainsi la fin de cette vengeance qui si va être amer à avaler pour la belle Mabel, va moi m'emplir d'une joie que je ne ressens malheureusement que face à la détresse qu'il m'est parfois possible d'observer dans les prunelles de ceux qui ont eu le malheur de croiser ma route et de s'attirer mes foudres. D'un sourire narquois, je contemple ma prise de guerre, un clou entre les lèvres encore et le marteau dans l'autre main, trouvant tout de même que les fruits exotiques qui décorent le dessous sont d'un grotesque je finis par trouver amusant à la longue. Sur la petite table, à côté du plateau de thé que j'ai soigneusement préparé, je dépose l'arme de mon crime, ainsi que le clou que je n'aimerais point avaler pour m'accorder un dernier moment de contemplation durant lequel, je laisse mon imagination faire son travail et pour une fois se rendre utile en traçant dans les limbes de mon esprit la silhouette fine de Mabel, qui de cette culotte serait vêtue. Et si étrangement, je pensais trouver en cette vision un certain intérêt, ou du moins une once de plaisir ou d'amusement, je ne trouve dans celle-ci qu'un néant de sensations diffuses et confuses, un non-rire ou désir qui au lieu d'augmenter les pulsations dans ma cage thoracique fait plutôt glisser dans mes veines une indifférence qui en glacerait plus d'un. Après avoir, d'un geste délicat, dérangé ma crinière brune de mes doigts, je décide d'attraper une tasse de thé que je porte à mes lèvres, goûtant ainsi au breuvage parfaitement infusé. Un sourire serein se glisse sur mes lèvres et alors que les restes d'arômes de bergamote terminent de danser sur mon palais, je m'installe confortablement dans mon fauteuil, attrapant ensuite mon livre dont je reprends la lecture. La tranche émet un léger craquement tandis que je l'ouvre le plus délicatement possible et après un dernier regard que je glisse à la culotte, je me plonge à nouveau dans les aventures étranges de ce détective privé, qui dans un New-York qui me semble être une ville impossible à imaginer autrement que décrite dans ce roman, cherche à trouver la vérité entre les lèvres empoisonnées de femmes qui ne demandent qu'un regard tendre et aimant, et d'hommes qui ont une fierté placée là où devrait se trouver leur humanité. Une odeur défraîchie vient chatouiller mon nez là où patiemment, j'accorde une heure à Mabel pour me trouver avant de me lasser, me plongeant en attendant dans la lecture de cette histoire que je ne peux lire que parce qu'un Syndrigastis venu d'une autre boucle à un jour abandonné cet ouvrage sur un coin de meuble au salon. Une dernière fois je porte à mes lèvres la tasse de thé, commençant à lire tandis que de ma langue, je récupère les perles chaudes qui pourraient humidifier mes lèvres fines.

"Sous le brouillard qui s'effilochait, le ressac ondulait et moussait, presque sans bruit, comme une pensée qui tente de se former au bord de la conscience.
- Venez plus près, dit-elle d'une voix presque pâteuse."
Voilà où je m'arrête, interrompu par les pas tout sauf élégants de Mabel, qui depuis a dû avoir le plaisir de trouver les petites miettes de pains que j'ai laissé pour elle dans tout le domaine. D'une main que je viens poser sur mes lèvres, je masque le sourire satisfait qui nait sur celles-ci, feignant d'être simplement trop pris par mon livre pour remarquer que face à moi elle se trouve désormais, n'ayant alors pour elle qu'un haussement de sourcil faussement surpris quand sur ma couronne, pourtant ravissante je trouve, elle se permet une remarque. Je reste silencieux, me contentant simplement tourner ma page, lui faisant l'affront de l'ignorer quelques secondes de plus.

"Non, je me serais lassé, j'aurais certes été déçu de ne pas voir ta tête en découvrant ta culotte ainsi exposée dans le salon mais, mon univers ne tourne pas autour de ta personne et je dois admettre avoir d'autres plans pour le reste de la journée."


Vers elle je lève enfin les yeux, me délectant enfin de la myriade d'émotions qui en cet instant se mélangent et se mêlent autant sur ses traits que dans ses prunelles. Bien malgré moi j'esquisse un sourire heureux et même triomphant face à celle qui rêve de m'insulter et sûrement de me gifler, mais qui s'en garde, craignant sûrement que je ne l'empoisonne au passage. Satisfait de mon effet, j'en viens à croiser les jambes élégamment, plongeant ainsi mes prunelles dans les siennes là où elle vient se saisir de mon livre. Agacé je fais claquer ma langue contre mes dents et trouvant qu'elle ne sait décidément plus s'amuser, je pousse un long soupir, détournant le regard pour observer un point au loin.

"Tu me déçois, vraiment. Où se trouve la Mabel qui aurait juré se venger et balayer mon sourire arrogant d'une humiliation encore plus cuisante que celle-ci ?
" Mes doigts tapotent les bras de mon fauteuil. "C'est à croire que je t'ai blessé… Tu tenais donc tant à ce sous-vêtement… ?" Un léger rire m'échappe. "Sotte que tu es."

Pour elle je me lève, n'ayant qu'un fugace coup d'oeil pour le livre qu'elle tient presque avec précaution, comme si craignait que je puisse l'empoisonner au travers des pages d'un roman que j'aurais pu tenir entre mes doigts… Je manque de soupirer, lassé par la peur de ses gens qui ne comprennent qu'ils ne craignent rien à me toucher, à part peut-être une vive douleur et quelques plaques irritantes. Pour elle je me lève, et maintenant que nous sommes face à face j'ai un autre sourire, plus discret, plus sincère aussi, alors que vers elle je tends la main, refermant délicatement mes doigts fins autour de son frêle poignet, ronronnant ensuite quelques paroles pour elle.

"Allons, vraiment ? Je pensais que nous n'en étions plus là ma belle… Je croyais que tu aimais jouer avec le feu et que tu ne craignais pas de te brûler… Je te pensais audacieuse et pas ainsi, à craindre un venin qui n'est pour l'instant que sur le bout de mes lèvres…" J'accompagne le geste à la parole, faisant apparaitre le long de ma lippe, le bout de ma langue, me penchant un peu plus vers elle.
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He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
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Mabel P. Herrera

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MessageSujet: Re: Portées disparues ◊ Camille [Flashback]   Sam 18 Mar - 20:14


Portées disparues

     La colère était enivrante, facile. Elle la sentait grandir en elle et réchauffer son cœur. Violemment, intensément. Sa tête lui tournait par peur de perdre le contrôle de ses gestes, et il fût une chose en elle qui l’empêcha de sombrer dans son ardeur. Un soulagement qu’elle se mit à respirer à pleins poumons. Il était la porte de sortie à ses maux, la réfection de ses consciences. Il murmurait à son oreille d’une voix douce et rassurante : « Ce n’est que Camille. »
     Lui dont elle aimait l’intonation des mots, leur amertume et l’incidence qu’ils purent avoir sur elle. Il savait les manier, et pour sa défense elle n’eut jamais su apprécier les belles phrases. Elle aimait s’en agacer, se froisser de ses sourires et espérer les lui faire ravaler ; et tout autant savoir ce jeu entre eux interminable. Une impasse contre laquelle elle prit plaisir à se heurter, sachant s’en détourner lorsqu’il lui fallut s’en lasser. Ils n’eurent rien d’autre à partager que ce désaccord constant basé sur la désobligeance et l’impulsivité, et cela avait suffi à les amener jusque-là. Elle l’imagina réfléchir son plan, arpenter les quartiers ses sous-vêtements en main. Elle fût déçue au fond de n’avoir que son imagination pour elle ; regretta que personne ne fût présent pour le voir à sa place. Les Ymbrynes auraient adoré ça. Elles eurent sur lui l’emprise que Mabel n’eut pas. Il niait l’importance qu’elle pût avoir, et elle crut prétentieusement qu’il put un jour s’ennuyer sans la voir. Comme il pourrait lui manquer d’être l’excuse de ses colères exagérées. Elle dû s’accommodait de bien trop de monde pour laisser fuir la seule personne demandant ses jurons et états. Un sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée, lui laissant presque regretter d’avoir à le quitter pour l’étreinte du soleil. Elle crut à l’approche de cette échéance, pouvoir sentir la chaleur brunir sa peau devenue pâle, et le souvenir de cette caresse la fit frissonner.

     Il s’approchait et son cœur se mit à battre. L’appréhension de ses gestes, l’excitation de se savoir entamer une partie.
     Elle détesta sentir ses doigts enserrer son poignet, craignant la signification de ce geste bien plus que les mains qui se tinrent sur elle. Il s’érigeait devant elle avec la volonté d’asseoir sa dominance, réussissant à la menacer par la simple étreinte de ses doigts. Il dût sentir les battements de son cœur cogner contre eux, car elle les sentit battre sous la pression de ses phalanges.
« Arrête ça. »
     Elle enfonça ses ongles enveloppés de coton contre la couverture du livre qu'elle tenait encore. Un pas en arrière ne suffisant pas à l’arrêter, elle vint appuyer le livre contre la bouche de Camille, noyant le bas de son visage sous les mots imprimés et les plages de papier.
« Deux choses l’une ; Ris-en autant que tu veux mais j’aimais cette culotte. Tu sais combien il est difficile de trouver des culottes ananas ? Non, parce que tu n’as pas fait le tour du comté pour en trouver une au fin fond de Dallas. Et tu ne sauras pas non plus ce que ça fait de se retrouver cul nu parce que tu n'as plus de sous-vêtements propres à te mettre. Deuxièmement je suis navrée pour toi, mais j’ai moi aussi d’autres choses à faire que m’occuper de ton cas. Complaît toi autant que tu veux dans ton arrogance et ta suffisance, mais apprend à le faire seul, merci. »
     Elle inspira une grande bouffée d’air. La poitrine gonflée d’oxygène, elle eut l’impression de revivre à nouveau. Elle avait manqué d’air à plusieurs reprises, sans jamais renoncé à se taire avant que chaque syllabe qui lui fût donné de prononcer n’ait été articulée et tamponnée à l’oreille de Camille. Elle avait élevé la voix bien plus qu’elle ne l’aurait dû, la gorge raclée et désormais irritée. La sentir encore brûlante sous les échos de sa tirade l’exulta. Son corps se détendit, étreignant un instant le soulagement qui voulut l’envahir à nouveau.
« Mais ne t’inquiète pas, si c’est un arrêt de mort que tu cherchais tu viens de le signer. »
     Des représailles offertes chaleureusement. Inévitables et pourtant prononcées avec l’étrange envie de lui faire plaisir. Elle voulut dans cette promesse effacer la fadeur de ses réponses, excuser ce qu’il ne pût voir à la place qui fût sienne. Et il eut touché sa fierté bien avant qu’elle ne s’arrête sur ses remarques. Elle contracta le poignet qu’il gardait prisonnier, lâcha de l’autre main le livre qu’elle tenait. L'objet tomba sourdement au sol, drapé du sous-vêtement comme d’un linceul. Elle se laissait déjà glisser contre le fauteuil derrière elle, dos courbé et jambes relevées. Elle retint son poignet vers elle, appuya ses pieds contre l’abdomen de Camille pour le faire lâcher prise. Et sous l’effort qu’elle mit à se libérer, laissa sa vulnérabilité lui échapper.
« Déjà tu vas me lâcher. Il n’y a rien de plus lâche qu’un homme qui croit pouvoir avoir raison d’une femme en utilisant sa force. »
     Ses culottes toujours en guirlandes, elle tira plus fort, coinça son bras entre ses genoux pour lui faire lâcher prise. Sa jupe redescendait mollement entre ses cuisses et elle n’eut d’autre intention pour protéger sa dignité, que de retrouver son poignet.




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Camille Barthélemy

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MessageSujet: Re: Portées disparues ◊ Camille [Flashback]   Ven 24 Mar - 14:19

Portées Disparues
Mabel & Camille
The more you care, the more you dare. The more you go inside my head, see the waves that rise and fall, in the ocean I won't let you fall.

Elle panique ou s'agace, j'hésite. Les doigts élégamment refermés autour de son gracile poignet, j'avoue ne pas être complètement capable de déterminer l'émotion qui en elle fait rage pour ainsi affoler son coeur qui semble en cet instant non pas battre dans sa cage thoracique mais contre ma paume qui se réchauffe au contact de sa peau. Pour elle j'esquisse un sourire tandis que perdu dans la contemplation de ses prunelles, je tente de trouver en ses iris la cause du léger silence qu'elle s'autorise et de ce rythme cardiaque qui pour l'instant ne satisfait qu'une seule de mes certitudes : j'ai sa pleine attention et un certain ascendant sur elle, qui si ne l'effraie pas, réveille en elle une colère qui m'amuse follement. Non pas à cause d'un masochisme que je refoulerais mais plus par plaisir de constater que d'un geste et d'une menace si légère, j'ai autant de pouvoir sur elle. D'une simple pression de mes doigts, je provoque chez elle un enchaînement d'émotions et de sensations qu'il est grisant d'observer et encore plus plaisant de savoir en être la cause.

Ainsi, quand elle commence à s'agacer de cette situation, m'ordonnant même de la lâcher, espérant sûrement que je lui obéisse, ce qui en plus de me faire plus rire que sourire, me pousse à très légèrement raffermir ma prise sur son poignet, plus dans l'envie de découvrir si enfin elle va se décider de répondre à ma provocation ou si comme tout les autres, elle va se contenter de paniquer et de commencer à réclamer en hurlant à moitié que je romps tout contact avec elle, je n'en fais rien. Et si l'envie de venir la piquer un peu plus au vif d'une dernière remarque humiliante ou méprisante, j'avoue être coupé dans mon élan par le livre qu'elle vient plaquer contre mes lèvres, en un geste défensif qui si d'abord m'arrache une évidente surprise, me fait ensuite hausser un sourcil. L'envie de lui marmonner quelques paroles désagréables me traverse l'esprit et manque de faire de même avec mes lèvres, mais en voyant qu'elle a visiblement quelques envies de s'exprimer, je préfère l'écouter, mes doigts toujours refermés autour de son articulation. Et quelle surprise de l'entendre se plaindre, vraiment. Je lèverais bien les yeux au ciel, mais préfère continuer de croiser son regard, peut-être dans l'espoir de lui faire comprendre que la tirade qu'elle déclame avec autant de passion et de force me laisse parfaitement froid. Qu'en ai-je à faire après tout de cette culotte ridicule et aux motifs plutôt hideux, et de l'affection qu'elle portait, ou plutôt porte encore, à ce sous-vêtement qui ne devait pas forcément mettre en valeur ses hanches pourtant gracieuses ? Que pense-t-elle que je vais dire ou faire en l'entendant me faire ainsi la morale ? Me repentir et dire que je n'aurais pas dû l'inclure dans cette façon pour moi de tromper l'ennui ? Jamais. Qu'elle se plaigne, qu'elle geigne et tape du pied si ça l'amuse. Le fait est que nous savons tout les deux que j'ai gagné la petite guerre que nous nous menions. J'ai été celui qui est allé plus loin que l'autre, et même si elle me l'affront de me dire qu'elle se vengera et que bien amèrement je finirais par regretter ce jour, je ne bronche pas et ne tente pas d'exprimer la moindre émotion, préférant lui offrir mon indifférence, brute et honnête, celle qui masque la joie qui bouillonne en mon coeur et l'air triomphant que je rêve pourtant d'afficher en un sourire éclatant qui dévoilera ma dentition jusqu'à la pointe de me canines.

C'est pour ça que lorsqu'elle jette au sol mon livre, je ne m'autorise qu'une mimique d'agacement, un retroussement des lèvres qui dévoile quelques incisives qui s'accompagne d'un claquement de langue qui vaut tout les remarques acerbes que je pourrais lui cracher au visage. Vient ensuite l'instant où elle se débat et où en quelques pirouettes et gesticulations, tente de s'échapper de mon emprise, allant même jusqu'à me jouer le petit numéro de la demoiselle en détresse. Il glisse d'entre mes lèvres un soupir avant que la colère ne vienne me faire serrer les dents quand sur mon abdomen, elle vient poser ses pieds.

"Oh je t'en prie… Je serre à peine."

Je lâche tout et recule, échappant à ses pieds et à son regard qui me dérange. Je me détourne d'elle et fuit la vision de sa jupe dévoilant ses cuisses, affichant enfin une expression qui trahie chez moi une palette d'émotions aussi fugaces qu'inattendues. Colère, agacement et gêne. Tant de choses que je ne ressens d'habitude qu'en présence d'une seule personne. En un geste défensif, je croise un instant mes bras sur ma poitrine, marmonnant faiblement pour celle qui sur le fauteuil, ose prétendre que j'aurais le cran de la violenter.

"N'ose pas jouer la faible femme en ma présence. De nous deux tu sais bien que je suis celui qui n'a pas la force de te blesser."

Du bout du pied, je repousse le sous-vêtement qui lui permettait de tenir entre ses doigts mon livre, récupérant ainsi l'ouvrage que je referme, non sans tout de même glisser mon index entre les pages pour ne pas perdre le fil de l'histoire.

"Sans compter que j'ai mieux que ça pour te faire trembler et me craindre. Je n'ai pas besoin de lever la main sur toi pour faire naître dans tes prunelles la crainte. Juste d'entrouvrir les lèvres quand tu t'approches trop près et te faire croire que je vais te cracher au visage mon doux venin."

J'esquisse un léger sourire alors que je retrouve le confort de mon fauteuil, croisant élégamment les jambes avant de n'avoir pour elle qu'un dernier regard méprisant et une remarque aussi douce que sait l'être le sel sur une plaie.

"Et par pitié. Cesse de tenter de m'amadouer en perdant le peu de dignité qu'il te reste. J'ai déjà vu tes sous-vêtements et j'avoue que je n'ai pas envie de découvrir ce qui se cache dessous."
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MessageSujet: Re: Portées disparues ◊ Camille [Flashback]   Sam 25 Mar - 18:37


Portées disparues

     Ses pieds se relâchèrent contre le vide, un instant pris de vertiges alors qu’ils n’eurent d’autres choix que de claquer contre le parquet. Le choc remonta en une secousse le long de ses jambes, cognant contre ses genoux avec la puissance d’un marteau. Elle était libre et fière, mais ne fît qu’échanger sa colère contre la déception de cet abandon. Son corps relâché trop rapidement, encore frénétique de la pression qu’elle pût libérer sur lui, elle tendait les jambes, une main griffée depuis plusieurs secondes contre le cuir du fauteuil. Hébétée, car l’on venait de l’y laisser siéger seule. Elle regardait Camille lui échapper et entrouvrit à peine la bouche pour le retenir, apprêtant ses injures comme des tentations, les ravalant alors même que l’air se fit une place entre ses lèvres. Elle détestait son calme et ses gestes sciemment réfléchis ; craignait le poison imprégnant son corps, sans parvenir à le craindre lui. Sa violence manquait, et le jeu de ses mots était parfois l’image d’une condescendance abrutissante. Elle s’agitait en les écoutants, pantin désarticulé branlant sous un faible vent, et si cela l’amusait lui, l’inégalité de ses gestes la frustrait elle. Elle voulait l’entendre crier, jurer sur elle en lui donnant l’excuse valable de ses propres injures. Peut-être le détesterait-elle dans les couleurs de cette violence retenue, et elle ne désira rien de plus pour se soulager de sa propre agressivité que de le voir enfin à la lumière de sa colère. Elle se demanda, lorsqu’il mentionna la force qu’il n’avait pas, s’il ne fût pas celui pouvant avoir peur de la sienne.
     Il s’était éloigné avant d’avoir exécuté ses menaces, la laissant dans l’embarras de ce geste laissé en suspens. Son poignet s’était rougi de quelques marques, la peau trop blanche pour échapper à quelques tâches. Elle sentait encore l’emprise de ses doigts autour d’elle comme si ce ne fût pas son poignet qui fût comprimé dans leur étreinte, mais son corps entier, avalant ses derniers souffles pour respirer. Et l’homme, soudain loin, laissa le souvenir du poison qui put l’imprégner. Mabel en cherchait la trace sur ses mains, ses poignets, scrutant les lignes de ses veines, les grains de relief cheminant sa peau. Immobile, comme s’il pût, sous l’effet d’un mouvement brusque, se déverser le long de son corps et la contaminer entièrement. La paranoïa de son ignorance, de sa stupidité puisqu’elle en fût affublée. Elle respirait sa propre crainte et se sentait le besoin de se laver les mains. Ses yeux se relevèrent, quittant l’horizon d’une cicatrice à peine visible sur le dos de sa main.
« Quelle force d’esprit… »
     Ses mots restèrent secs et las, portés par le vent d’un soupire qu’elle s’autorisait devant la longueur de ses phrases. La retombée de ses mots l’ennuyait à mesure de cet échange, entretenant le feu de son agacement et la repaissant de sa colère. Ses ongles se détachèrent du cuir où ils eurent laissés leur marque, accompagnant le mouvement de ses bras alors qu’elle se redressait au bord du fauteuil pour retrouver la décence d’une intimité. Pieds et cuisses liés. Elle ne pût empêcher son poignet de caresser le pli de sa jupe, effaçant en un geste les derniers résidus de l’étreinte toxique brûlant sa peau dans une illusion.
« Le jour n’est pas venu où j’écarterais les jambes pour toi. Puis pourquoi je t’amadouerais ? Menace-moi tant que tu veux, à part parler et clouer des culottes au mur tu ne fais pas grand-chose. »
     Ses menaces devenaient des rituels, des mots employés aussi banalement que des formules de politesse. Elle voulut que cela suffise à la rassurer, savoir que s’il cherchait à la tuer, il s’y serait déjà employé. Mais son corps résistait à ses certitudes. Tremblant et battant, il voulut chaque fois se méfier du poison et oublier l’homme le portant. Mabel abandonna ses culottes et son fauteuil derrière elle, récupérant l’attention de Camille en s’avançant jusqu’à lui. Elle vint pousser sa jambe du pied, réveillant l’homme perdu dans son livre.
« Qu’est-ce que tu fuis ? Mes coups ou mon entrejambe ? Sais-tu au moins ce qui se cache sous une culotte ? T’as pas dû en voir beaucoup autrement qu’en les volants dans les placards. »
     Ses yeux s’échappèrent dans la pièce, écrasés par le remord d’une remarque l’obligeant après coup à rire. Le visage défiguré par un sourire fronçant son nez, elle se forçait à taire ses gloussements dans l’écho d’un bruit étranglé, obligeant une larme à couler le long de sa joue. Elle pût joindre ses mains sur son ventre, appuyer assez fort pour faire cesser les spasmes voulant la faire se cambrer, elle n’eut bientôt plus la force de s’en empêcher.
« Bloody Hell ! Tu t’es donné tellement de mal à toutes les cacher. »
     Plus calme, elle essuya sa larme d’une main. Ses côtes encore douloureuses ; l’aigreur dans sa gorge à nouveau présente. Elle jurait et posait sa main sur sa poitrine ; espérant récupérer le pardon de Dieu d’un seul mouvement.
« Mais ne t’avises pas de revenir te servir dans mes affaires. J’ai un système de surveillance infaillible juste là. »
     Elle tapotait son doigt contre sa tempe, l’index levé comme prêt à enclencher une gâchette.




Cercle Polaire.
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Portées disparues ◊ Camille [Flashback]
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