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 « Douces péripéties incontrôlables » DEFI III ❧ Ft.Thaddeus

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MessageSujet: « Douces péripéties incontrôlables » DEFI III ❧ Ft.Thaddeus   Mar 28 Fév - 20:15

Douces péripéties incontrôlables

- Hey, brother, what you thinking? It's time to get up and let go. -

« Tout se passera parfaitement bien. » Une phrase confiante, affirmative, visant à apaiser, faire taire les craintes, les inquiétudes, prédire un bon moment, une douce virée banale et tranquille pour découvrir le New York de cette époque. Le genre de phrase qu'on a parfois tendance à regretter amèrement, après coup, mais pas pour l'instant. Le sourire qui l'accompagne la soutient, la renforce, l'élève, appuyant le tout par une main qui se pose sur une épaule, manière d'insinuer que Thaddeus était entre de bonnes mains.

Je le relâche tout en l'invitant à me suivre, sautant par dessus la portière pour m'installer sur le siège conducteur de la bête. L'adrénaline monte, fait un bien fou, rendant la chose excitante. Agir dans le feu de l'action, sur un coup de tête à cause d'une brève discussion sur ces engins, sortir de cette routine qui commençait un peu trop à revenir, oublier les conflits internes, oublier la neige alors que le soleil d'été est bénéfique, me donnant presque envie de laisser l'oiseau revenir, prendre le pas, profiter de la chaleur dans les plumes. Pas aujourd'hui. Encore trop tôt pour le laisser revenir, se glisser, continuant de le rejeter comme un enfant boudeur en plein caprice depuis de trop nombreux jours.

Il fallait faire vite, ne pas laisser le temps au propriétaire de la voiture de revenir en trombe pour défendre son bien. Tout irait bien. Dans les faits, c'était une toute autre histoire maintenant que nous nous retrouvions devant le fait accomplit. Ma conduite était pour ainsi dire approximative, bien que maitrisée. Du moins lorsque l'engin datait d'un autre temps que celui-ci, provenait des années quarante, à une bonne décennie dans l'avenir. « Boucle ta ceinture Simone ! » Ne pas montrer d'hésitation, cherchant les commandes, ce qui ne devait pas être si compliqué que ça, elle ne devait pas être impossible à démarrer après tout. L'engin vrombit enfin, attirant inévitablement le regard de son propriétaire qui se met soudainement à hurler dans notre dos, à nous courir après comme un véritable fou enragé alors que j'accélère pour le semer aussi vite que le vent, me servant de mon sens de l'orientation pour nous enfoncer dans les plus beaux lieux de la ville. Espérons qu'il ne s'agisse pas là d'un Syndrigasti vengeur prêt à nous mettre des bâtons dans les roues.

A nous le New York de mille-neuf-cent-vingt-huit et ses avenues, une ville appréciée et déjà connue par cœur, bien que l'époque me donnait cette terrible envie d'y plonger pour mieux la vivre alors que la grosse pomme se fait d'or dans ces années luxuriantes. Petit coup d’œil à Thaddeus, voir s'il tenait le coup, ne pouvant m'empêcher de retenir un rire amusé. « Je devrais peut-être te laisser le volant. » Regard qui se lève au ciel, ne lésinant pas sur l'accélérateur alors que la boutade est lancée.

Les sourcils finissent par se froncer au bout de longues minutes alors que je lève le pied, mon corps tout entier semble entrer en ébullition, refuser de garder cette structure, refuser de me laisser maintenir le volant plus longtemps. Un bref regard sur mes avants bras dénudés pour comprendre que tout commence à déraper. « Ow... » Les plumes d'un bleu métallique commencent à sortir de ma peau de manière incontrôlable, colorant la chaire pâle sans que je ne puisse rien faire. Réflexe idiot de maintenir ma respiration, comme si ça pouvait freiner la métamorphose forcée dans un soudain manque de maitrise que je peine à comprendre. Peut-être avais-je un peu trop forcer sur l'homme au point que mon manteau de plumes revient au galop. Rien à faire, je me retrouve rapidement empêtré dans ma chemise, me débarrassant du tissus aussi rapidement que possible pour planter mes griffes dans la manche de mon passager, enchainant les cris tout en tirant son bras en direction du volant. Ce n'était pas le moment de chercher le pourquoi du comment, de poser les questions, pris dans le feu de l'action. Thaddeus allait devoir réellement conduire, besoin de son aide précieuse pour ne pas le tuer lui ou qui que ce soit dans un accident, plaisanterie prenant d'un coup un sens beaucoup plus réaliste avec une note un brin tragique en fond. Je file sous le siège d'un battement d'aile, cherchant à actionner la pédale de frein, bien évidement ce n'était pas un maigre oiseau de vingt grammes qui allait faire la différence et stopper le véhicule.
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Thaddeus Gentilis

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❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
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MessageSujet: Re: « Douces péripéties incontrôlables » DEFI III ❧ Ft.Thaddeus   Jeu 9 Mar - 11:40

Douces Péripéties Incontrôlables
Aloysius & Thaddeus
I want to drive you through the night, down the hills. I'm gonna tell you something you don't want to hear. I'm gonna show you where it's dark, but have no fear

"Je n'en sais trop rien…" Les mains dans les poches de mon pantalon et le premier bouton de mon veston défait, c'est presque avec crainte que je m'approche de l'automobile, n'étant toujours pas sûr qu'il soit une si bonne idée que ça que lui et moi nous offrions une virée en ville. Car si lui est familier de cette technologie et qu'il m'assure même avoir les connaissances requises pour conduire cet engin, j'avoue rester plus réservé à l'idée de grimper à ses côtés et de fuir ce lieu dans une voiture que nous aurions emprunté à un inconnu qui dans les minutes à venir va sûrement regretter d'avoir ainsi abandonné son bolide à la vue des deux oiseaux de malheur que nous pouvons être tout les deux quand l'envie de transgresser les règles nous font redevenir les sales gosses que nous ne devrions plus être. J'observe mon comparse sauter par-dessus la portière et s'installer derrière le volant, là où moi, plus patient et surtout moins enjoué à l'idée d'ainsi filer, je prends le temps de faire le tour de l'automobile et d'ouvrir la portière passager pour enfin m'installer à ses côtés. Un sourire m'échappe quand j'entends le cuir de la banquette craquer doucement sous mon poids et si j'ai un rire en l'entendant, je dois avouer rester plus perplexe quant à son surnom. Je ne dis rien pourtant et m'occupe simplement de m'attacher, cherchant quelques instants celle-ci, là où lui semble se battre avec la voiture pour la mettre en marche. Presque fasciné, je contemple ses doigts fins qui autour du volant se referment enfin et écoute le moteur rugir pour nous, chose qui m'arrache un sourire, puis un rire quand enfin nous roulons et abandonnons derrière-nous une partie de la boucle pour l'inconnue de cette ville et de cette époque qui me fascinent autant qu'elles m'effraient. Les yeux clos, je profite du vent qui caresse mon visage et du soleil qui doucement réchauffe ma peau, ayant au passage une pensée amusée pour ma chère Peggy, à qui je pourrais raconter cette promenade en voiture et qui très certainement arriverait à ne pas me croire. "Thad…" dirait-elle en souriant. "C'est qu'on devient un mauvais garçon ?" Peut-être. Je ne saurais dire, j'hésite presque. Du coin de l'oeil j'observe Aloysius, puis le tableau de bord de la voiture, esquissant enfin un premier sourire sincère et étrangement serein. Je pensais que ce serait moins agréable que ça, mais en réalité, si je prends le temps de fermer les yeux et de me laisser porter par la sensation de vitesse qui lentement enveloppe mon être, j'en viens à me dire que tout ceci est presque aussi plaisant et reposant que voler. Je retiens un rire, ne voulant pas donner une mauvaise impression à celui qui à mes côtés semble lui aussi se réjouir de cet instant d'allégresse, conservant un silence que j'apprécie pour ce qu'il est, sans ressentir ne serait-ce qu'un instant le besoin de le combler de mots qui n'auraient point d'importance. La tête légèrement penchée sur le côté et le coude sur le bord de la portière, je me laisse prendre à ce jeu fort amusant, me disant même qu'un jour, à l'occasion, il serait peut-être intéressant de demander à Aloysius de m'apprendre à conduire. Je me tourne légèrement vers lui quand il capte mon attention d'une légère remarque, m'arrachant de ce fait un rire que je mêle à quelques mots.

"Peut-être… En plus à te voir faire, je commence à me dire que ce n'est pas si difficile que ça, pas plus que voler à vrai dire."

Je dévoile ma dentition d'un autre sourire avant de retourner à la contemplation de cette époque que j'aimerais découvrir avant de me perdre dans ses charmes, le coeur désormais gonflé non pas de regrets mais d'une sensation étrange que je ne pourrais décrire que comme un mélange de soulagement et de réconfort à l'idée de passer un moment agréable en compagnie d'un ami qui sait aussi me tirer de la discipline dans laquelle je m'enferme, plus par habitude que par réelle envie. Un soupir m'échappe et si je pensais qu'il était impossible de teinter ce moment d'une pointe de regret, je découvre malheureusement qu'il est possible que ce soit le cas, quand sous mes yeux, j'observe Aloysius se changer pour une raison qui m'échappe. J'observe ses plumes recouvrir ses avant-bras et avant que je n'ai réellement le temps d'assimiler ce qui se passe, voilà que l'hirondelle est là, sous mes yeux effarés, à se tortiller dans sa chemise en piaillant, laissant de ce fait le volant sans la moindre supervision. Et alors que j'entrouvre les lèvres, prêt à lui hurler dessus pour lui demander si il cherche à nous faire tuer, voilà que l'oiseau minuscule vient planter ses petites griffes dans la manche de ma chemise, essayant ensuite de me tirer vers le volant en piaillant.

"Mais tu es devenu fou ?! Je… Je ne peux pas conduire cette chose !"

Je hurle malgré moi mais me retrouve tout de même à glisser sur la banquette de cuir, prenant la place qu'il occupait il y a quelques secondes derrière le volant, posant mes mains sur celui-ci alors que l'angoisse vient me saisir à la gorge et me hurler que je ne sais pas du tout comment contrôler cette machine. "Un cheval tu saurais faire ! Tu es bon cavalier et tu as dû l'être !" me hurle une voix, qui sonne fortement comme la mienne, au fond de mon esprit. "Tu sais gérer tout ça ! Tu peux le faire !" Non. Je ne peux. Et surtout pas quand il me revient des flashs d'une autre situation de crise. Pas quand sous mes prunelles se joue un autre film, une autre réalité distordue qui me fait revenir à une époque que je n'ai connu. Les doigts crispés autour du volant et la mâchoire serrée, je me laisse envahir par le flot incontrôlable des souvenirs qui ne s'impriment pas sur ma rétine et qui me laissent simplement avec cette angoisse au ventre, celle qu'ont les hommes qui se savent condamnés. Ainsi perdu dans mon propre esprit, je ne fais que verrouiller mes bras et maintenir notre trajectoire sans savoir où nous allons et encore moins comment nous allons ralentir. Car si Aloysius tente lui d'écraser l'une des pédales, je reste pour ma part complètement figé et bien incapable d'apporter la moindre aide, bien trop perturbé par ce qui me revient. Je tente de prendre une grande inspiration, en vain. Je suffoque dans ma chemise tandis que défile sous mes yeux la vie de cet autre. L'odeur de la boue me revient, ainsi que de la pluie et le goût de la mauvaise gnôle. Je sens le froid mordre mes os et c'est quand j'entends son prénom être hurlé que je reviens à moi. "Sigmund !"

La réalité me colle presque une gifle et encore sonné, je reprends lentement conscience de ce qui m'entoure. Les rugissements du moteur, les piaillements de l'hirondelle, le vent à mes oreilles. Je panique, me demande ce qu'il faut faire et finis alors par laisser mon corps décider pour moi. Je tente d'écraser à mon tour la pédale sur laquelle s'acharne Aloysius, n'ayant malheureusement que le temps de l'effleurer avant qu'à mon tour mon corps ne me trahisse. Surpris de sentir sur mon échine quelques plumes, je n'ai le temps que d'étouffer un juron avant de moi-même retrouver mon apparence d'autour. Un piaillement m'échappe alors que je referme mes serres sur le volant, les plumes gonflées par l'angoisse. Je tente d'attirer l'attention de l'hirondelle alors que la voiture semble perdre toute tenue de route et que de plus en plus effrayé par la tournure de cette situation, j'envisage un instant d'abandonner là, la voiture et de simplement voler au loin avec lui. J'hésite un instant, puis fonds pour le rejoindre, tirant alors sur le bout des plumes de sa queue pour lui faire comprendre qu'il est sûrement temps pour nous de disparaitre.
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MessageSujet: Re: « Douces péripéties incontrôlables » DEFI III ❧ Ft.Thaddeus   Jeu 16 Mar - 11:22

Douces péripéties incontrôlables

- Hey, brother, what you thinking? It's time to get up and let go. -

Les mots ne viennent pas, aucune justification qu'il pourrait décortiquer et comprendre, juste des trissements à l'opposé total d'un langage un tant soi peu humain. Un dérèglement impossible qui m'échappe, file entre mes doigts devenus rémiges, ne laisse qu'une sensation désagréable de perdre le contrôle à ce point, allant même jusqu'à contrarier mon égo de métamorphe si fier de sa maitrise et sa pseudo-harmonie. Du vent en cet instant, gonflant mes plumes malgré moi. Hélas je n'avais pas réellement le temps de méditer, comprenant aisément que je n'arriverait pas à reprendre une forme humanoïde aussi facilement, enfermé dans mes plumes pour quelques instants indéfinis et qui promettaient de nous mener droit à la catastrophe.

Thaddeus est esquivé agilement, le laissant s'installer à la place précédemment occupée. Je ne prête guère attention à lui, bien qu'il semblait être passé dans une fonction et un mode parfaitement automatique, figé sur le volant. Le pauvre Autour ne risquait certainement pas de vouloir retenter l'expérience de si tôt. Mon attention se porte sur cette maudite pédale, cherchant à tirer l'une de mes chaussures abandonnées jusqu'à elle, un maigre poids, certes, mais qui aiderait probablement. Je me glisse à l'intérieur, maigre cocon obscur que je tente de déplacer comme je le peux.

Son étrange qui s'échappe de l'extérieur, reconnaissant avec horreur le cri strident du rapace. Qu'avait-il en tête exactement ? Comme si c'était le moment parfait de se métamorphoser à son tour, rendant la voiture parfaitement incontrôlable. Pas le temps de réagir ou d'échapper le moindre trissement de mécontentement qu'il me fait comprendre de filer et d'abandonner l'engin devenu fou, prenant donc l'option de la fuite. S'il a osé abimer ne serait-ce qu'une de mes rectrices, je lui ferait passer un sale quart d'heure, c'était certain.

Je suis donc sa suggestion à la lettre, filant à toute allure sans oser regarder les dégâts, manquant un battement d'ailes alors qu'un abominable bruit raisonne en arrière dans un accident probablement catastrophique. Nous voilà dans de beaux draps, espérant juste de ne pas nous faire éjecter de cette boucle par des syndrigastis un brin trop mécontents de la zizanie que nous venions de semer, bien qu'elle disparaitrait demain. Bref regard à l'Autour, m'assurant qu'il allait bien et était parvenu à s'extirper tout aussi rapidement avant l'impact.

La brise légère et la chaleur de juillet me font presque oublier ces aventures catastrophiques, les ailes tendues, me laissant porter jusqu'à la verdure de Central Park, hirondelle joueuse prenant le pas, narguant les quelques pigeons balourds qui sont croisés dans quelques pirouettes agiles. Nous étions loin de notre hiver éternel, des courant d'air gelés et néfastes pour mon plumage, loin de la neige lourde qui tombait sur mes ailes fragiles. Il fallait l'admettre, se perdre en cet instant n'avait rien de déplaisant, profitant des rayons chaleureux, fermant les yeux tout en me laissant porter. Je l'avais presque oublié, ce soleil, l'été, ne comptant plus les mois qui me séparent désormais du dernier voyage sous celui-ci, la dernière fois où je me suis mêlé aux hirondelles passant par nuées sous un ciel bleu sans le moindre nuage. Délicieux.

Puis vint la contrariété, ce petit quelque chose de dérangeant, ce nouveau sentiment d'ébullition alors que je redescend, tente un atterrissage forcé dans un trissement désapprobateur. Les rémiges se rétractent, rentrent douloureusement. Pas maintenant, pas alors que je me réconciliait avec l'oiseau. Élan de panique alors que mes doigts se rattrapent à la première branche d'arbre venue, fort heureusement dans un coin plutôt discret et désert. Le bois se crispe, laisse échapper un craquement sous mon poids d'homme, il ne tiendra pas longtemps, cherchant l'autour du regard ou le moindre individu apte à apporter de l'aide. Je ne comprends pas le caprice soudain de ma particularité, sentant encore quelques plumes perler le long de mon dos et mes bras, comme coincé dans une métamorphose ratée tel un débutant. Je tente de trouver appui sur le bois, me dissimulant comme je le peux dans les feuilles, ce n'était certainement pas le moment de se faire remarquer, pas alors que j'ai cette sensation d'être totalement instable, véritable bombe incapable de retrouver une peau lisse sans la moindre trace d'hirondelle. Je rejoins une branche plus stable, collant mon dos au tronc tout en cherchant à reprendre mon souffle alors que l'air me manque. « Je crois... que j'ai un problème. » Fis-je en direction du rapace, ne comprenant plus mon propre corps soudainement devenu ennemi.
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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: « Douces péripéties incontrôlables » DEFI III ❧ Ft.Thaddeus   Mar 21 Mar - 13:16

Douces Péripéties Incontrôlables
Aloysius & Thaddeus
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Nous allons mourir, c'est la fin. Voilà la seule chose que je suis capable de penser en cet instant, où tout de même poussé par mon instinct de survie, j'ai le bec refermé sur l'une des plumes d'Aloysius, cherchant à le convaincre qu'il vaut mieux abandonner à son tragique destin l'automobile, qui dans quelques minutes sûrement, terminera sa course folle en un impact qui nous serait mortel. Le coeur prêt à s'échapper de ma cage thoracique, j'insiste jusqu'à ce qu'heureusement il décide que nous pouvons plus rien faire pour cet amas de métal et qu'il vaut mieux que nous fuyons, tels les lâches avec un tant soit peu de raison que nous sommes. Sans un regard pour mes vêtements ou les siens, j'ouvre les ailes, et d'un battement puissant de celles-ci, je m'envole, me laissant alors porter par les courants d'airs tantôt chaud, tantôt frais, qui sans se faire prier, nous aident à nous élever dans les cieux de cette boucle qui n'est pas la nôtre. Sans trop de mal j'arrive à suivre la frêle hirondelle, filant avec elle loin du chaos que nous venons de laisser et que je n'ose observer, de peur de constater que nous pourrions avoir laissé sur nos pas des blessés en plus des Syndrigastis mécontents qui verront sûrement en nous un problème qu'ils voudront éradiquer.

Ainsi, plus soucieux de cette situation que mon ami qui profite de ce moment de répit, allant jusqu'à se permettre une ou deux pirouettes pour narguer d'autres oiseaux sur lesquels je me contente de poser mon regard de rapace, j'avoue me laisser envahir par bien des interrogations qui m'empêchent de profiter de ce moment de calme. Et si à une époque, j'aurais peut-être apprécié de les voir ainsi prudemment nous éviter, de peur d'avoir à subir le courroux de mes serres, j'admets qu'en ce jour troublé, je suis bien trop occupé à tenter de comprendre ce qui vient de se passer pour m'amuser des pigeons qui pullulent en cette ville. Non, plus inquiet de cette métamorphose non désirée, je ne cesse de chercher ce qui a pu la déclencher et surtout la forcer. Est-ce à cause des souvenirs, de l'angoisse ou tout vient de cette boucle étrange ? Je ne sais pas et de moins en moins à l'aise à l'idée de rester ici, je referme lentement mes griffes dans le vide, tentant de trouver des réponses à des questions qui n'ont peut-être pas de sens. Voulait-il lui aussi changer ? Ou y a-t-il en ce lieu un Syndrigastis capable de forcer nos dons à s'exprimer ? Je ne sais pas et étrangement, je n'ai pas envie d'envisager cette possibilité, préférant mettre sur le compte de ma propre panique mon changement impromptu. Les souvenirs ont dû faire remonter de vieilles blessures, et mon corps, soucieux de vouloir se protéger à simplement fait ce qu'il sait faire de mieux : fuir. Les plumes deviennent ainsi une armure et l'instinct omniprésent du rapace, une forme d'amnésie. Un frisson glisse sur mon échine à cette simple pensée et alors que je nous pense tirés d'affaire, voilà que l'hirondelle décide de me surprendre, entamant une descente maladroite vers le couvert de quelques arbres au sein d'un parc. Inquiet, je le suis entre les branches des arbres, comprenant au fil des secondes qui nous rapprochent du sol qu'il redevient humain. L'envie de pousser un cri pour lui demander si il est devenu fou me traverse l'esprit, mais plus soucieux de lui apporter mon aide, je tente de me rapprocher et de le saisir entre mes serres, en vain. Car au moment où j'espère refermer celles-ci autour de son corps encore frêle, voilà que je me heurte à la peau fragile de l'humain. J'ai un mouvement de recul, un battement d'ailes incertain et alors que lui trouve un équilibre dangereux au milieu de la végétation, je vais pour ma part me poser sur une branche, posant sur sa silhouette un regard inquiet.

Dans ce silence presque parfait, qui n'est dérangé en réalité que par les mouvements maladroits d'Aloysius, je bouge à peine, comme sur mes gardes ou prêt à frapper, les serres enfoncées dans le bois encore vert. Je ne relève la tête pour lui qu'au son de sa voix, intrigué de voir encore quelques plumes courir le long de ses vertèbres, comme si tout ceci n'était que le fruit d'une métamorphose incontrôlée. En guise de réponse, je me contente de pencher la tête sur le côté, comme pour lui signifier que je suis de son avis, avant de sentir à mon tour que les choses ne sont pas si maîtrisées que ça. Lentement, je sens que les plumes se fanent et laissent place à ma peau frissonnante, tandis que sous mon poids, j'entends la fine branche sur laquelle j'étais perché, craquer. Je me laisse glisser, ou plutôt tomber, jusqu'au sol, terminant autant ma chute moyennement gracieuse que ma transformation dans un buisson fort peu accueillant. Face au choc et aux quelques épines que je sens griffer ma peau encore sensible, j'ai un léger grognement de douleur alors que je me relève, encore secoué par ce changement trop rapide.

"Tu as raison.." dis-je d'une voix rauque en portant à mon visage une main. "Quelqu…" Je m'interromps en sentant sous mes doigts un fin duvet de plumes qui encercle encore le pourtour de mes yeux. J'ai envie de dire que c'est impossible et qu'après toutes ses années où j'ai réussis à réconcilier mon esprit et mes corps, je ne devrais pas avoir cette apparence de jeune Syndrigastis débutant, mais les faits sont là. Et si je tente un instant de provoquer une autre métamorphose, histoire de corriger cette bavure anomale, je finis par cesser en comprenant qu'il n'y a rien que ne puisse faire, à part m'avouer vaincu.

"Je… Je crois que nous sommes deux…" Je lève le nez vers lui, une pointe d'angoisse dans la prunelle et les lèvres entrouvertes. "Je ne suis plus maître de ma particularité… Je n'ai pas décidé de changer… Je me doute que tu es dans le même cas…" Nous voilà damnés. Nos particularités sont redevenues sauvages et alors que l'angoisse revient me serrer la gorge, je sens sur mes joues quelques plumes revenir, s'étendant de manière aussi incontrôlable qu'aléatoire. Il fleurit sur mes pommettes quelques plumes avant que je ne ferme les yeux. " Il faut qu'on rentre… Qu'on retourne à l'entrée de la boucle… C'est dangereux pour nous de rester ici… Tu…" Un craquement se fait entendre non loin de nous, puis les murmures lointain d'une conversation. Quelqu'un nous cherche peut-être à cause de l'incident. Je jette un regard à Aloysius, lui faisant signe que nous ferions mieux de rester silencieux, tandis que prudemment, je retourne me dissimuler sous le couvert des buissons, retenant presque mon souffle là où entre les feuilles et branches, je vois deux silhouettes s'approcher de nous.
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