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 L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger - August

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Aisling I. Fitzgerald

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❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : pygmalion de la feuille et du crayon
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MessageSujet: L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger - August    Sam 4 Mar - 21:38

L'Oiseau couleur-du-temps
planait dans l'air léger
August et Aisling

L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger
Qui caresse la feuille au sommet des bocages
Très nombreux, tout petits, et rêvant d'ombrager
Semaille, fenaison, et les autres ouvrages.
Paul Verlaine, La Belle au bois dormait

Au son du doux roucoulement des oiseaux, tu t'éveilles. Tes paupières encore lourde d'un profond sommeil se battent avec les quelques rayons de lumière qui percent à travers la fenêtre et viennent épouser les formes grossières de ton corps sous la couverture. La nuit a été agitée, tu le sens. Au plus profond de toi, tu sens encore la pointe du crayon sur la feuille de papier. Une fois de plus, tu t'es levée pendant la nuit pour dessiner. Etrangement, tu ne retrouves pas les preuves de cet éveil spontané et inconscient. Les feuilles sont éparpillées au sol, et quelques fleurs étrangement carnivores dansent près d'elles. Elles ondulent, claquent leurs épaisses mâchoires et semblent attendre quelque chose. Tu te contentes de te saisir des feuillets et de les poser sur un tas déjà présent sur la coiffeuse proche de ton lit. A défaut d'être emplie de maquillage, celle-ci est envahie par des monticules de dessins. Certaines feuilles sont blanches, les monstres dont elles étaient emplies s'étant très certainement échappés pour mourir loin de leur lieu de naissance. Tu ne contrôles que peu la vie des créatures que tu génères. Tu t'approches des plantes imaginaires et tu caresses les feuilles de la première qui se dresse devant toi. Elle se redresse et claque de ses dents de papier. Tu ne peux t'empêcher de laisser échapper un sourire. Tes rêves sont étrangement fertiles ces temps-ci.

Une fois ta toilette réalisée, tu enfiles une robe étroite et revêt un lourd manteau en fourrure. L'hiver rude de la boucle demande de tels sacrifices. Tu as ce manteau depuis si longtemps. Et tu es si fière de voir que malgré les années, il est étrangement toujours aussi propre et doux. Le temps semble n'avoir aucun impact sur cette étrange chose. Un jour tu as dessiné l'animal qui devait avoir fourni cette seconde peau. Il était sublime et tu t'étais reprochée de le garder.

Tu te diriges en direction du manoir. A vrai dire, tu passes tes journées dans la chaleur de ce lieu, entourée des plus jeunes Syndrigatis. Leur présence te calme, te rassure. Tu n'es plus obligée d'être seule dans ta grande tour d'ivoire. Tu apprécies leurs jeux enfantins. Tu aimes même parfois y participer, lorsque ton humble présence à leur côté est requise. Tu apprécies d'autant plus la cuisine qu'on y sert, près d'une immense cheminée qui ne cesse de crépiter, la chaleur mordant la froideur des bûches de bois.

Tu t'appropries rapidement de l'un des rares fauteuils situé devant la cheminée dans la pièce principale. Tu es bien matinale, les enfants ne s'ébattent pas encore dans le grand salon. La grande demeure est encore bien silencieuse et il n'y a que le vent qui s'engouffre à travers les vieilles fenêtres pour te converser avec toi. Mais ce silence te convient. Tu ne demandes pas plus. Tu t'installes, les jambes recroquevillées contre toi, une couverture sur les cuisses. Tes cheveux roux en cascade retombent sur tes épaules et caressent ta nuque dénudée à chaque mouvement de tête. Ton feuillet en pages blanches entre les mains, tu commences à approcher la mine de ton crayon. Que pourrais-tu bien inventer ? Tu commences spontanément à noircir le papier, sans aucun but précis, si ce n'est dessiner. La solitude dans laquelle tu es plongée te permet cette imprudence. Tu n'aimes que très peu dessiner intentionnellement, ou tout du moins, dessiner pour toi. Peut-être est-ce parce que tu as peur du plaisir que tu tires de ces séances de dessin personnelles. Elles sont devenues quelque peu indispensables, d'autant plus que tu ne voyages plus beaucoup. Peut-être est-ce aussi à cause du temps qui passe, de l'âge qui mord un peu plus ton âme de jeune femme.

Une hirondelle. Elle prend son envol dans la pièce et le haut plafond de celle-ci lui permet de grandes envolées. Elle est bientôt tout en haut. Ses ailes de papier bruissent dans un tintamarre apaisant. Le vent qui s'engouffre dans ses ailes déstabilise l'animal, qui a parfois du mal à virevolter. Symbole d'un printemps éphémère, cet oiseau danse sous les coups de crayons que tu lui infliges. Bientôt il y a bien une dizaine d'oiseaux qui s'ébattent en hauteur et tu regardes ce spectacle émerveillée, fascinée. Ce ballet aérien s'avère divertissant, et entièrement malléable. Si quelqu'un venait à arriver, il te suffirait d'ouvrir une des brandes vitres pour que ces petites choses s'échappent sous la neige et disparaissent.

Et quelqu'un vient à surgir. Tu le perçois dans l'impatience des battements d'ailes. Tu cherches donc du regard cet invité inattendu.

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August Hastings

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Le gros Gus
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941
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MessageSujet: Re: L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger - August    Ven 14 Avr - 12:18

L'oiseau couleur du temps

Aisling & August

Il y a une fissure au plafond. On entend circuler les fantômes du gaz dans la tuyauterie d'étain. La nuit enveloppe les boiseries et nappe les couvertures de plumes, mais on voit déjà le Soleil la narguer, minuscule point blanc dans l'horizon marine. Au travers des persiennes, des rayons d'un orange éclatant illuminent la poussière qui se promène paresseusement dans l'air de la chambre. Ces faisceaux achèvent leur course sur ton visage, dont l'une des vives bandes de lumière te barre les yeux, étincelle sous tes paupières closes et t'aveugle. Il est temps de se lever.

On vous a offert l'hospitalité, la veille, à toi et à Eustache. Vous ne devriez pas vous trouver en un lieu pareil, mais vous veniez de débarquer et on n'a pas fait d'histoires plus qu'il n'en fallait – c'est que vous vous êtes pointés tard, et on n'a plus eu le choix que de vous accueillir.

Le voyage t'as fatigué. Oh, certaines mauvaises langues diront que ça n'est qu'un seuil a franchir et que fatigue n'a pas lieu d'être, mais tu envisages les choses différemment : qui ne serait pas exténué, que diable, après avoir remonté de soixante-huit ans la Grande Horlogerie du monde ? Oh, non, un tel voyage dans le temps ne se réduit pas à quelques enjambées incertaines dans un vieux chapiteau, certainement pas : voilà qu'il faut se faire à tout car on n'a l'habitude de rien, c'est un nouvel univers auquel on est étranger, et par conséquent, sans cesse interpellé. Il faut ouvrir l’œil, se tenir sur ses gardes, et telle aventure pour un homme à l’accoutumée capable de prévoir l'heure exacte de la pluie est une échauffourée constante pour le cerveau. Même l'air est singulier – plus pur, sans doute, que celui que tu inhales en 1941 – et tes poumons eux aussi sont astreints à l'effort. On ne saurait changer d'air sans la moindre difficulté.

Prêt à affronter ce nouveau (ancien ?) monde, tu te glisses de dessous les couvertures. La chambre s'est refroidie pendant la nuit au point que quelques volutes de fumée s'échappent de ta bouche dans un bâillement. Tu t'habilles à la hâte, te passes le visage à l'eau froide laissée dans une bassine à ta disposition et te peignes un instant devant le miroir antique du coin de la chambre. De ce point de vue-ci, tu n'es pas dépaysé ; l'eau courante est un luxe dont ne dispose pas forcément ta propre époque... Tu parachèves ton costume d'un joli foulard que tu noues autour de ton cou comme tu as pu en voir peints sur quelques portraits du siècle dernier. Tu ne saurais dire si tu es tout à fait à la mode de l'époque, mais tu fais avec ce que tu as, et de toute façon, ici dans les boucles ne se passe jamais un jour sans croiser certaines bizarreries stylistiques de visiteurs d'un autre temps...

Eustache est dans la chambre mitoyenne à la tienne. Il se repose peut-être, lui aussi. Tu ne le déranges pas, vous aurez tous deux grand besoin de force. Mais comme tu ne te sens pas d'attendre un signe de sa part, tu décides de faire un tour dans l'habitat.
La porte grince, cela t'irrite, et c'est sans compter le parquet qui trahit chacun de tes pas. Le silence te borde de ses bras ensommeillés – tu pourrais presque, en tendant bien l'oreille, percevoir les respirations régulières des enfants endormis. Dans le long couloir tapissé d'émeraude, la lueur du matin traverse l'embrasure de quelques portes laissées ouvertes, plongeant certaines parties du corridor dans la pénombre. Il fait frais, tu te sens en sécurité, tu te sens à nouveau enfant, à ton tour, un enfant d'un autre temps, d'un autre ailleurs, mais tu aurais tout aussi bien pu être enfant dans chacun de ces mondes.

Tu descends le grand escalier du hall principal. Quelle n'est pas ta joie d'exécuter ces quelques foulées ! Dans la lumière de l'aube, tu es fébrile de curiosité. Oh, tu ne voudrais pas avoir l'air d'un intrus et d'un fouineur, tu es l'un mais pas les deux : tu supporterais mal qu'à la suite d'une confusion certaine, on en vienne à te flanquer à la porte car ton nez n'étais pas toléré ici ou là. C'est que tu n'es pas avide de grand chose. Tu cherches une présence humaine ; tu as besoin de te confronter à la faune locale.
Et la solution semble se trouver non loin du vestibule. Tu discernes par la lourde porte entrouverte cet éclairage si caractéristique, cette lumière chaude qui danse sur les murs à intervalles irréguliers : du feu ! Et comme, jusqu'à preuve du contraire, du feu nécessite un entretien perpétuel, donc suppose la présence d'un être intelligent, et comme, en plus, tu n'as pas très chaud, tu évites de considérer plus avant la question et t'engouffres doucement dans la pièce.

La chaleur te fait grand bien. Elle inonde ton cœur de son flot apaisant, mais à peine as-tu le temps de te réjouir d'un tel réconfort que ton regard est happé par une nuée d'oiseaux... A l'intérieur de la pièce. Tu les observes quelques secondes les yeux grand ouverts, fasciné. Ils semblent fictifs... Des origamis colorés qui auraient pris leur envol.
Dans un fauteuil près du feu, une jeune femme à la chevelure rappelant aisément le brasier face à elle. Tu sursautes presque à sa vue, car subjugué par le spectacle des hirondelles, tu n'as pas prêté attention au reste de la pièce :
« Bonjour, lances-tu précipitamment, mais c'est que les oiseaux prisonniers de la salle te captivent tant ! Ils ne sont pas réels, non, c'est impossible, et tu t'approches d'eux à pas feutrés, soucieux de ne pas les effrayer. Puis ton regard alterne de la demoiselle aux hirondelles, des hirondelles à la demoiselle.
- Excusez-moi mais... Est-ce qu'ils sont... (tu désignes les oiseaux) ...réels ? » Tu avises la rouquine, avec tous ses papiers tout autour. Ton cœur bat plus vite qu'à l'accoutumée, et tu pries pour que ces êtres de papier ne soient qu'une illusion, quelque chose d'éphémère ou d'intangible : as-tu jamais rencontré des Syndrigastis aux particularités semblables aux tiennes ? Serait-ce l'occasion ?



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MessageSujet: Re: L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger - August    Mer 17 Mai - 12:36

L'Oiseau couleur-du-temps
planait dans l'air léger
August et Aisling

L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger
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Ce ballet était étrangement divertissant. L'écho du bruissement des ailes de papier de tes amis faisait office d'orchestre. Symphonie agréable, apaisante. Le silence était en représentation avec ces oiseaux imaginaires. Le calme de la maisonnée était fondamentalement agréable, et il était plaisant de se retrouver là, seule, sans qu'il n'y ait la moindre distraction. Tu étais plongée dans ton monde, sans chercher à t'en protéger et à en protéger ceux autour de toi. Il convient d'ajouter que de tels instants sont si rares que tu ne peux t'empêcher d'en savourer chaque seconde. Celles-ci deviennent si lentes à s'ajouter entre elles, les minutes traînent et les heures s'effacent. Il ne s'agit que d'instants suspendus. Sont-ils réels dans le sens littéral du terme ? Tu n'en as aucune idée. Ton corps frêle se love un peu plus dans le fauteuil et tu tires à toi la couverture, glissant tes bras sous celle-ci, préférant, pour l'instant, laisser ce tableau intact.

C'est si rare, aujourd'hui, que tu parviennes encore à passer du temps de la sorte. La modernité de la boucle de 2016 t'as projeté dans une temporalité bien différente. Tout doit être rapide. La consommation instantanée de tout sentiment devient un automatisme. Il n'y a plus de place pour la lenteur et la jouissance progressive d'une émotion. Elles sont consumées aussi vite que s'échappe la flamme d'une allumette. A croire que dans la modernité, ressentir est synonyme de douleur. On souhaiterait y échapper aussi aisément qu'on enlève un pansement. Tirer d'un coup sec, limiter la douleur dans le temps. Ce ne sont que quelques secondes où le corps entier se contracte pour échapper à cette pointe désagréable. Il fait barrage. Mais comment faire barrage à ce qui est à l'intérieur de nous, ce qui nous constitue ? Ressentir n'est-ce pas, dans un monde en mouvement, pouvoir méditer, respirer ?

Tu fermes les yeux un instant, prend une grande inspiration. Le temps s'est arrêté et il n'y a que le rythme des ailes qui indique la moindre temporalité. Il se fait parfois plus doux. Tu imagines le souffle du vent dans ces ailes. Tu aimerais les voir réellement voler. Tu aimerais les voir passer devant la fenêtre. Peut-être ces oiseaux se sentent-ils prisonniers ? Faudrait-il les libérer ? Serait-ce seulement envisageable ? Ils n'ont aucune chance de survie, là, dehors, dans le froid. Peut-être gêleraient-ils sur place et se laisseraient retomber sur l'épaisse couche de neige. Ils seraient peu à peu ensevelis et disparaîtraient aussi vite qu'ils sont apparu. Personne n'en viendrait à les regretter, ils n'existaient pas. Ils ne sont qu'issus de ton imaginaire, le fruit de ta solitude. Depuis que tu es enfant, le dessin suffit à lui seul à combler ton désespoir et ta mélancolie. Voilà comment tu es parvenue à grandir, en étant accompagnée par un monde féerique. Jamais tu n'aurais eu le courage d'affronter le monde des grands, seule. A-t-on toujours tout à affronter seul ? Peut-être que ta particularité s'est accordée à ton caractère, ou peut-être est-ce l'inverse. L'un dans l'autre, vous êtes en harmonie. La nature est parfois bien faite.

« Bonjour, excusez-moi mais… Est-ce qu'ils sont… Réels ? »

Ton coeur, surprit, loupe un battement. Voilà que le cours du temps reprend. Tout à coup les secondes s’enchaînent, les minutes défilent et les heures, les heures réapparaissent. Voilà bien une heure que tu regardes béatement tes créatures, sans songer que d'autres habitants pourraient s'éveiller. Tu te redresses, serres un peu plus ta couverture. Tu te sens si dénudée. Les oiseaux s'agitent. Ils ont senti ton trouble. Tu esquisses un léger sourire gêné. Les oiseaux s'apaisent. Tu te tournes en direction du jeune homme dans l’embouchure de la porte. Son visage est éclairé par une certaine fascination. Son grand âge est probablement faussé par sa mine enfantine. Il ressemble aux autres enfants tu refuges, lorsqu'ils admirent tes créations. Tu te sens en sécurité.

« Pourriez-vous définir réel ? »

Une petite voix s'échappe de tes lèvres. Tu n'oses hausser la voix. Il faut conserver la séreinité ambiante, ne pas réveiller plus d'habitants, tu ne saurais gérer tant de spectateurs. Tu te lèves de ton fauteuil confortable, enroulant autour de tes épaules, la couverture auparavant sur tes genoux. Tu t'approches doucement de lui, tel un animal effrayé. Tu respires doucement l'air en t'approchant de ton invité inattendu.

« Voulez-vous que je les fasse sortir… ? Vous ont-ils réveillé ? Je suis vraiment désolée... »

Tu fronces les sourcils en t'éloignant peu, détournant le regard en direction de la fenêtre la plus proche. Les faire s'échapper serait peut-être la seule issue. Tu n'oses pas dire plus. Tu te sens affreusement coupable. Tu rougis, prise sur le fait. Telle une enfant, tu attends la sentence punitive.

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MessageSujet: Re: L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger - August    Dim 11 Juin - 21:46

L'oiseau couleur du temps

Aisling & August

Si la jeune femme était douée pour donner vie à des oiseaux de papier, elle était nettement moins talentueuse quand il s'agissait de choisir ses interlocuteurs. Elle devait être en effet dépourvue de toute ambition pour attendre d'August qu'il définisse le réel ; il en ignorait tout, alors qu'on lui répétait depuis son enfance que ce qu'il percevait comme tout à fait tangible et matériel n'était pas réel du tout. De quoi instaurer une certaine confusion chez le petit August, qui n'était jamais vraiment parvenu à réajuster sa définition de la réalité au fil des ans. Il avait alors un jour décrété que n'était réel que ce qu'il définissait lui-même comme tel.

La réalité était venue à bout de lui, et l'avait tellement ennuyé qu'il ne lui avait plus prêté la moindre attention. Hastings avait développé quelques astuces pour différencier les deux réalités, la sienne, et celle morne et décevante du commun des mortels ; en règle générale, tout ce était beau venait de lui. Difficile, en effet, de déceler la beauté dans les cendres et la douceur dans les bombes.
Et cette nouvelle époque lui apportait tout le charme dont Londres était démuni – où qu'il tourne le regard, il voyait de biens belles choses, parce qu'il ne trouvait rien de tout cela chez lui. Presque rien tout court, d'ailleurs, comme tous les enfants de la guerre.

Quant au réel, August n'en savait rien.
Une joyeuse mine éclaira ses traits alors qu'il constatait avec joie n'avoir aucune définition valable à proposer, parce qu'il était complètement incapable de les comprendre ; et s'il le faisait, il n'en saisissait pas l'importance et l'occultait avec délice, parce que ce sujet ne le concernait pas. Radieux d'ignorance, car au dessus de telles considérations, August étala sa méconnaissance :
« Hélas, je crains que non. Probablement une vision admise par la majorité, mais pour être honnête, je n'en crois pas un mot. » Hastings se garda bien d'en rajouter davantage. Il n'avait aucune envie de faire étalage de ses talents quand une particularité si similaire à la sienne évoluait en face de lui.
- Pourriez-vous ?, ajouta-t-il, alors qu'il suivait doucement l'inconnue dans la pièce. Inconnue qui, à en juger de l'accent, considérait probablement que l'inconnu de la pièce résidait en la personne d'August.

Et le garçon ouvrit de grands yeux effarés à l'idée que son interlocutrice puisse laisser échapper de si honorables créatures, et s'empressa de la rassurer :
« Oh, je vous en prie, laissez-les dans la pièce ! Ils ne dérangent personne, je vous assure.
August s'approcha de plus près du ballet aérien et contempla le spectacle de ces oiseaux prisonniers, légers comme l'air et si étranges, si délicats... Et c'est sans même décrocher son regard des animaux de filigrane qu'il entreprit de comprendre avec qui donc il entamait cette courtoise discussion, et quelle était en particulier l'étendue de ses talents :
- Comment faites-vous cela ? C'est votre particularité ? Comment fonctionne-t-elle ?
Il se retourna vivement vers la rouquine, la détaillant du regard, envisageant la moindre possibilité. Les oiseaux étaient réels. Sinon, pourquoi demander à les faire sortir ? August n'avait qu'à songer à autre chose pour se débarrasser d'une illusion.

August se remémora finalement qu'il ne s'était pas présenté, en dépit de toute bienséance, et tenta par la suite, maladroitement, de se rattraper.
- August Hastings. Enchanté de faire votre connaissance. Je pense que nous aurons beaucoup à partager. »



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