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 (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave

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Camille Barthélemy

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- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
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❧ Crédits : CK


MessageSujet: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Dim 5 Mar - 21:52

Stolen Dance
Gustave & Camille
I want you by my side so that I never feel alone again. They've always been so kind but now they've brought you away from me. I hope they didn't get your mind, your heart is too strong, anyway. We need to fetch back the time. They have stolen from us

"Je ne veux pas que tu me quittes. Tu ne peux pas me faire ça."

Assis sur son lit, les cheveux encore dérangés par les nombreuses fois où j'y ai glissé mes doigts et le yeux rouges d'avoir trop pleuré, je l'observe, aussi dépité que le coeur brisé.

"Tu m'avais promis, les autres ne devaient pas compter… Toi et moi c'est pour l'éternité…"


Ma voix tremblote encore un peu tandis que mes doigts se referment autant de ses draps que j'ai défais par colère et surtout par envie de le retenir. J'ai envie d'hurler à nouveau, mais m'abstiens, parfaitement conscient qu'il serait idiot d'user une fois de plus mes cordes vocales pour retenir celui qui en cet instant prépare déjà ses valises. Lui qui en plus de me tourner le dos, n'essaye plus de se justifier et de m'expliquer qu'il n'a pas le choix de quitter la boucle, préférant simplement plier avec minutie ses chemises que je n'aurais plus le plaisir de tacher ou de froisser sous mes doigts impatients. Un soupir glisse d'entre mes lèvres et si je baisse les yeux, trouvant soudainement un certain intérêt au tapis qui est à mes pieds, je ne murmure rien de plus, comprenant pour l'instant que sa décision est prise et que dès demain, je devrais vivre avec son absence, mes regrets et les souvenirs que j'aurais de lui. Mon coeur rate un nouveau battement à cette simple idée, et tandis qu'au loin, j'entends le doux chant des vêtements que l'on manipule avec précaution, je me laisse envahir par l'étrange sensation qui lentement me fait douter de l'amour même de mon frère, qui en ce moment déchirant n'ose même pas croiser mon regard. Lui qui devrait me dire qu'il s'en veut, qu'il est désolé et qu'il ne veut pas s'en aller, est pourtant là, à préparer son départ comme si ce n'était qu'un au revoir et non adieu. Les secondes filent sans nous et alors que je fais le deuil de ce frère que je pensais loyal, lui interrompt enfin ses préparations pour se tourner vers moi. Vers lui je lève les yeux et avant qu'il n'ait le temps d'entrouvrir les lèvres, je viens le rejoindre, franchissant le peu de distance qui nous sépare pour faire mourir sur le bout de celles-ci le moindre mot qu'il pourrait avoir envie de prononcer d'un revers de la main presque agacé.

"Je sais."

Du bout des doigts, je viens tracer la courbe de sa joue, puis de sa mâchoire tandis que mon regard se perd dans la contemplation de son col de chemise si parfaitement repassé et amidonné. J'aimerais avoir un sourire mais fatigué, ou sûrement déçu de savoir qu'il va me quitter, je n'ai qu'une légère inspiration, puis une hésitation. J'aimerais lui dire que je l'aime, que je veux qu'à mes côtés il reste, mais tout ça semble vain. Mes doigts se glissent jusqu'à son cou, puis son col de chemise que je viens défaire avec lenteur, dévoilant de ce fait la naissance de ses clavicules, où sur l'une d'entre elle, il y a encore la marque bleutée de mes dents. Pour ça, j'ai un sourire, puis un doux regard pour mon frère.

"Tu penses que si…"
Je m'interromps, cherchant mes mots." Tu penses que si mère ne nous avait pas attrapé tu n'aurais pas à partir ?" Sûrement. Tout est de ma faute avait-elle dit en hurlant à moitié, cherchant à me convaincre que j'étais celui qui empêchait Gustave de devenir quelqu'un de bien, et qu'au lieu d'être son jumeau, quelqu'un sur qui il pourrait compter, j'ai finis par être au fil des années un boulet dont il devait se séparer désormais. "N'y pensons pas…" Ma main passe de son col à son torse, me permettant ainsi de sentir contre ma paume fébrile, son coeur. "Je n'ai pas envie que tu partes… Nous ne devrions pas être séparés. Je n'aime pas te savoir loin de moi." Je te veux à jamais à mes côtés, ai-je envie d'ajouter, mais presque pudiquement, je me contente de venir entrelacer nos doigts, comme nous le faisions si souvent avant que ça ne devienne un geste indécent, une manière étrange de démontrer l'importance de l'autre. Un frisson dévale sur mon échine, et parfaitement conscient d'être sûrement ridicule en cet instant, je me force à rire et à reculer d'un pas, faisant mine de le fuir.

"Pas mal n'est-ce pas ?"
Mes doigts glissent bien loin des siens. "Un peu plus et je suis sûr que tu aurais succombé à mon numéro ? Non ? Oui. T'es du genre sentimental. Terriblement même." Je le fuis pour de bon, reculant un peu plus pour me rapprocher de sa fenêtre, écartant quelque peu les rideaux pour observer la pluie qui doucement rouler sur les carreaux. "Je crois que de nous deux… Tu es celui qui a du coeur." J'ai un léger haussement d'épaule. "Non pas que je sois jaloux… Loin de là. Mais bon… Je crois que pour ça tu vas me manquer."
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He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
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Gustave Barthélemy

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- antipoison débauché -
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❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Lun 6 Mar - 0:37


Stolen Dance
Camille 1 Gus



Je ne pensais pas avoir un jour aussi mal. Je ne pensais pas sentir ça un jour, cette sensation d'être encore entier à l'extérieur, alors qu'à l'intérieur tout s'écroule et s'effondre comme les colonnes d'un empire qui vient de tomber. Comme... être frappé encore et encore dans ses tripes sans qu'aucun bleu n'apparaisse sur la peau. Je ne pensais pas que quelques mots à peine prononcés par notre mère, les lèvres pincées et les poings serrés ne me donnent l'impression que ma vie s'arrête.

Ce n'est pas convenable pour des jeunes gens de votre âge et votre rang de continuer vos enfantillages et d'arrêter de vous comporter comme ça. On dirait des bêtes, des sauvages. Que vont dire les gens!

Moi je n'ai que faire des gens et ce qu'ils pensent. Camille est mon frère! Il est mon jumeau qui plus est! La moitié d'une seule âme, ou une âme dans deux corps comme on dit. Il est tout. Il est le seul. Il a été mon meilleur ami avant même que je sache parler, et encore moins de savoir même ce qu'ami voulait dire. Son regard était le seul que je cherchais dans la foule, et ce sont ses bras dont j'ai toujours eu besoin pour m'endormir, depuis aussi longtemps que je me souvienne. Avant huit ans, nous avions un précepteur, et nous voyions rarement d'autres enfants, alors il n'y avait que nous pour nous amuser et nous distraire, pour remplir l'immense maison de rires et de jeux... Et maintenant elle veut que tout s'arrête. Elle veut qu'on arrête de se voir, qu'on arrête de rire, qu'on arrête de faire les idiots juste pour respecter ses satanées convenances. Et pour quoi? Parce qu'on était en train de se battre sur le tapis? Parce que cet idiot de Camille essayait de me mordre pendant que je lui chatouillais les côtes? Juste pour ça? Alors qu'elle sait très bien que je suis la seule personne qu'il puisse simplement toucher? Non elle ne le sait pas et ne s'imagine même pas ce que c'est pour lui, surtout depuis que sa particularité s'est déclarée et qu'il reste seul ici pendant que je vais au pensionnat la semaine...

Et surtout ses derniers mots résonnent encore à mes oreilles, ceux qu'elle m'a dits une fois qu'elle a renvoyé Camille dans sa chambre, le pire est arrivé.

Tu vas partir dans une autre boucle, et je t'interdis de revenir tu m'entends Gustave? Je t'interdis de revenir dans notre époque sans mon autorisation. Tu ne lui écriras pas, tu n'appeleras pas. Vous devez couper les ponts. Et si tu ne m'obéis pas, c'est ton frère qui va en payer le prix. Tu sais que vu sa particularité un de ces spectacles de monstres serait ravi de le recruter. Ou on l'enverra à la faculté royale de médecine où son venin pourra faire des merveilles. C'est ce que tu veux faire pour lui? Hein? C'est ça que tu lui réserves comme destin? Penses-y Gustave. Maintenant monte faire tes baages, tu pars demain.

La mort dans l'âme et le coeur en miettes je suis remonté, et j'ai été trop faible pour croiser son regard. Parce que je si je le regardais, j'allais craquer et je pouvais pas... Alors comme un automate je suis allé demander ma malle à Martha et j'ai commencé à tout sortir, et à déposer mes vêtements soigneusement sur le lit. Comme chaque semaine avant de repartir en pension sauf que là... là je n'allais pas avoir besoin d'affaires pour une semaine... mais c'étaient toutes les miennes que j'allais emmener. Toutes. Ca ne serait bientôt plus ma maison, ni mon époque...

Je veux pas partir non plus Cam... mais j'ai pas le choix... maman nous a ordonné...

Mécaniquement mes affaires s'entasse dans la malle qu'on a amenée entre temps. Mon coeur bat tellement fort qu'il tambourine à mes oreilles... et ça fait mal, ça aussi. Ca en plus de tout le reste. Je me tourne ensuite et croise son regard. Toutes mes résolutions s'effondrent car c'est seulement là que je réalise que je peux le perdre. Pire. Que je vais le perdre. Et c'est trop dur à juste imaginer... Comme pour lui on dirait car quelques secondes à peine il est face à moi et me fais taire d'un geste. J'aimerais le prendre dans mes bras, le serrer à l'étouffer pour tenter d'emmagaziner son odeur, la sensation de l'avoir contre moi, tout ça pour m'en souvenir quand je serai loin, mais je reste juste planté là, le laissant ouvrir mon col de chemise, et entendre sa remarque en me pinçant les lèvres.

Elle aurait trouvé quelque chose d'autre...

Sa main se pose sur mon torse et je croise enfin son regard. Un miroir sans glace. Mon double et ma moitié...

Je veux pas partir...et je veux pas être loin de toi... Je veux pas... Je sais...même pas comment je vais faire...

Ses doigts attrapent les miens et je les serre par réflexe, sans y penser, comme je l'ai déjà fait mille, dix mille fois... un réflexe, aussi naturel que respirer... Et je soupire quand je l'entends me faire son numéro de mauvais garçon, d'insensible, de celui que rien n'atteint. C'est moi le gentil d'après tout le monde...pas comme Camille que personne n'aime à part moi...

Cam... pas besoin de jouer à ce jeu-là avec moi... Tu vas me manquer horriblement et je sais pas encore comment je vais faire... J'ai pas honte de dire que je vais être horriblement triste, que j'ai peur et que... je...

Je me mords les lèvres, le souffle court, et j'essaie au maximum de ne rien montrer, d'être fort... sauf que je finis vite par abandonner. C'est lui qui me connait mieux que personne et s'il y a bien une personne face à qui je n'ai jamais eu honte, c'est bien lui. Je sens une larme rouler sur ma joue, puis une autre, et je viens simplement le prendre dans mes bras et le serrer avec toute la force que j'ai, commençant à sangloter comme un gamin.
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Camille Barthélemy

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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Lun 6 Mar - 11:19

Stolen Dance
Gustave & Camille
I want you by my side so that I never feel alone again. They've always been so kind but now they've brought you away from me. I hope they didn't get your mind, your heart is too strong, anyway. We need to fetch back the time. They have stolen from us

Lui faisant toujours dos, feignant d'être trop occupé à observer la danse des gouttes qui sur les carreaux roulent, je n'ai pour mon reflet qu'un froncement de sourcils désolé et un pincement de lèvres, qui devient au fil de ses mots qui se bousculent et deviennent incertains, le témoin de ma propre détresse. Vers lui j'aimerais me tourner et avec lui j'adorais pleurer, mais faible contre lui je n'ai pas envie d'être une fois de plus. Savoir qu'il va partir me rend déjà fou, et étrangement, je n'ai pas envie que le dernier souvenir qu'il ait de moi soit celui où je serais en train de sangloter face à lui. Je ne souhaite pas qu'il emporte l'image de mon désespoir mais celles plutôt où à ses côtés j'étais tantôt charmant, tantôt arrogant. Et ainsi, égoïste comme seul moi sait le faire, je continue de l'ignorer et de prétendre ne plus être si détruit par ses adieux à venir, osant même lui offrir un silence que certains pourraient trouver d'une indifférence glaçante. Sur ma poitrine je croise les bras, cherchant à refouler les larmes qui déjà menacent de rouler à nouveau sur mes joue et cette envie qui me hurle de me jeter dans ses bras et de le garder avec moi, tout contre moi, pour la nuit à venir et jusqu'à l'aube que je n'ai point envie de voir. Un soupir discret glisse d'entre mes lèvres, et alors que dans le reflet de la vitre, je crois voir une larme rouler sur sa joue entre les gouttes d'eau et si il me faut fermer les yeux pour ne pas succomber, je ne peux plus prétendre n'en avoir que faire, quand presque tendrement, il vient m'enlacer, me faisant comprendre d'une étreinte transpirant la douleur qu'il ne veut pas avoir à me laisser derrière-lui. Un frisson dévale mon échine, et presque comme si il me brûlait, c'est le dos que je cambre pour lui et c'est un peu d'air que j'expire.

"Je t'en prie… Ne me fait pas ça…."

En vérité, j'aimerais m'enfuir et remettre entre nous un peu de distance, mais bien rapidement terrassé par les sanglots déchirant de celui qui aimerait ne pas avoir à me quitter, je baisse les bras et me laisse à mon tour envahir par la douleur, me tournant lentement vers lui pour être plus à même d'enlacer mon frère. Je tente d'esquisser un sourire, en vain, alors que dans sa nuque je pose une main, remontant lentement jusqu'à la racine de ses cheveux dans lesquels je glisse mes doigts.

"Je sais… Je sais…. Mais ça va aller, hein ? Tu vas revenir et… Et on pourra partir tout les deux… Tu le promets ?"


J'en suis sûr, je le connais, il reviendra vers moi car à ma manière, il ne peut se passer de celui avec qui il aurait dû faire un. Nous sommes une âme dans deux corps, deux moitiés qui n'auraient jamais dû être séparés et qui pourtant, en cet instant, sont heureux d'être dans les bras de l'autre. Je me recule légèrement, suffisamment pour poser mon front contre le sien mais pas assez pour briser notre étreinte. Les yeux clos, j'accepte de verser pour lui une première larme alors que je souris faiblement pour Gustave, tentant de le consoler comme je le peux.

"Ce… Ce sera le temps que mère se calme…"
Je renifle doucement et encadre désormais son visage de mes deux mains, tandis qu'avec tendresse, je murmure pour lui, laissant mon souffle caresser sa peau. "Tu verras, elle t'aime trop pour te savoir loin de la maison… J'aurais à peine le temps de te manquer…" Je me force à avoir un semblant de rire tandis que je le vois sangloter si fort. Avec un pincement au coeur, je viens essuyer ses larmes de mes phalanges, déposant ensuite sur ses pommettes humides un baiser. "Je n'aime pas te voir ainsi Gustave… Je t'aime quand tu souris, que tu es heureux… Pas quand tu pleures pour moi…" Je tente de le consoler d'une autre caresse et voyant qu'il n'en fait rien, c'est par le poignet que je l'attrape et le traîne jusqu'à son lit, lui intimant d'un geste silencieux de s'assoir pour que je vienne à ses côtés m'installer. À nouveau, et une fois que nous sommes tout les deux assis au bord du lit, j'entrelace nos doigts, laissant ma tête, elle, reposer sur son épaule.

"Et puis si jamais, je pourrais partir peu après toi et te rejoindre… Tu imagines ?"
J'ai un sourire un peu triste. "Juste toi et moi, dans une autre boucle, à vivre une autre vie… Loin de tout ça, loin des autres…" Mon ton se fait plus rêveur et le temps d'un instant d'égarement, j'imagine ce que cela pourrait de n'être qu'avec lui et de ne pas avoir à me soucier de ceux qui trouvent notre relation trop ambiguë. Nous pourrions être heureux, libres et peut-être même dans une époque où les apparences ne seraient pas tout. Mais sentant que mon jumeau n'est pas encore sensible à ce genre d'arguments, je reviens caresser sa joue avec douceur et poser mes lèvres sur celle-ci, quand je ne chasse pas du bout des doigts ses larmes. "Je suis encore là… Regarde-moi… Je suis là. Pleure demain, je t'en prie, mais pour ce soir… Tu es encore à moi." J'ai un léger sourire alors qu'à l'aide de mes deux doigts sous son menton, je le force à croiser mon regard. "Et j'ai décidé que tes valises pouvaient attendre demain…" Après un clin d'oeil que je lui glisse, je me lève et m'approche de ses vêtements si bien pliés, attrapant une chemise que je tire hors de sa malle et qu'au loin je jette, entamant alors de défaire et froisser ce qu'il a mis tant de temps à trier, un sourire aux lèvres.
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Gustave Barthélemy

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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Mar 7 Mar - 19:26


Stolen Dance
Camille 1 Gus



Allez mon frère. Joue pas à ce jeu là avec moi. Joue pas à celui qui s'en fout. Joue pas à ça. Surtout pas. Parce qu'une partie de moi a peur que ce soit vrai et pas juste un masque qu'il met pour jouer les durs et les insensibles. Surtout me dis pas que ça te fait rien que je parte loin de toi, dans un autre lieu et une autre époque, loin de tout ce qu'on a toujours connu toi et moi. Me dis pas qu'une fois parti tu vas arriver à faire ta vie comme avant, voire mieux. Me dis pas que c'est rien et que tu trouveras quelqu'un pour me remplacer dans mon rôle de meilleur ami, de double et de moitié. Ne me fais pas comprendre que quand la porte se sera fermée tu iras tranquillement fumer près de la cheminée avec un énième bouquin et tu attendras sagement l'heure du dîner en écoutant crépiter le feu ou le phonographe crachoter un vieux disque. Ne me fais pas comprendre que je ne verrai pas ton visage triste à la fenêtre et ta paume contre le verre glacé...

Et je suis là à craquer alors qu'il ne dit rien, qu'il ne fait rien. J'ai peur. Peur qu'il soit content, au final, que je parte, exilé, que je lui foute la paix, que je sois plus son ombre, celui que mère préfère parce qu'il est ''normal'' et qu'il puisse essayer d'exister pour lui tout seul. J'ai peur qu'il voie ça comme une bouffée d'oxygène et pas comme une déchirure. J'ai compris... tu veux plus de moi. Tu veux plus de moi hein? C'est ça? C'est ça que je dois comprendre par ton silence? Sûrement... Sûrement... alors si c'est ça...autant partir et te laisser tranquille. Autant partir et que tu m'oublies... mais non. Non. Ce con me serre contre lui, glisse sa main dans mes cheveux dans un mouvement qui a toujours été plus tendre que celui de notre mère. Je soupire et souris, le museau encore mouillé alors que je lève les yeux vers lui en entendant ses paroles. En deux phrases et un geste tu m'as ramené à la vie espèce d'idiot...

Oui...oui... je vais revenir et oui...on pourra partir ensemble... ça serait bien... Tu sais bien que je peux pas rester loin de toi trop longtemps... comme ce vers de Hugo tu te rappelles... ''Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps...'' miss Beaulieu nous avait fait apprendre le poème...je m'en rappelle encore...

Je murmure, yeux fermés, mon front contre le sien et je les rouvre en le sentant renifler très légèrement. Lui aussi a mal. Lui aussi ne veut pas me perdre... Ses mains se posent sur mes joues alors que je hoche la tête et un léger sourire vient se glisser sur mes lèvres.

Ouais...le temps qu'elle se calme... j'espère juste qu'elle va se calmer vite et bien... pour qu'on revienne. C'est une plaie, mais c'est ici ma maison...Avec toi...

J'ai un léger rire, encore humide de larmes quand il me dit qu'il aura à peine le temps de me manquer. Bien sûr que c'est faux. Bien sûr que dès mon arrivée là bas j'aurais encore les vieux réflexes de me tourner vers lui et le chercher du regard pour lui dire tout ce que je découvre, ou pour commenter cette nouvelle boucle avec lui. Sauf qu'il sera pas là. Je serai tout seul... Autant au pensionnat je savais que je le reverrais au bout de quelques jours mais là...C'est l'inconnu qui m'effraie, surtout l'inconnu de la durée sans revenir. Ses doigts fins, ses doigts de pianiste - si seulement il se donnait la peine de faire ses gammes et s'entraîner, comme dirait mère- glissent sur mes joues et sèchent les larmes.

Moi non plus j'aime pas quand tu pleures Cam... mais là c'est un peu dur d'être joyeux vu ce qui m'attend. Ce qui nous attend même...

Je me laisse faire comme un gamin quand il m'entraîne jusqu'à mon lit et me fais m'asseoir près de lui. Mes doigts serrent les siens et j'appuie mon crâne contre le sien. Ca aussi va me manquer. Lui qui était toujours là. Tout le temps. Pour tout partager avec moi. Là ça va être...vide. Tellement vide. Et je m'inquiète aussi pour lui. J'ai toujours été le plus sociable des deux. Le plus débrouillard, le plus souriant et le plus ouvert. J'étais le mont entre Camille et les autres. Sans moi... qu'est-ce qui va se passer? Est-ce qu'il verra encore du monde? Ou est-ce qu'il sera encore plus un ermite, prisonnier de notre propre maison? Est-ce que je pourrais quand même avoir de ses nouvelles, d'une façon ou d'une autre? Aucune idée...aucune idée... Je lève les yeux vers lui quand il parle de me rejoindre, et je hoche doucement la tête.

Ca serait chouette ouais...faire ce qu'on veut quand on veut. Plus de costumes et de règles tellement ennuyeuses... Plus mère surtout... le paradis...

Je ris enfin à nouveau, léger rire mais rire quand même. Ouais ça serait bien de vivre ailleurs et connaître autre chose. Etre libres de faire ce qu'on veut, parler à qui on veut sans devoir rendre des comptes ou avoir notre mère qui vérifie si c'est convenable et approprié. Si ça ne va pas faire jaser la bonne société. J'en peux plus de tout ça et dans un sens oui... j'ai envie d'aller ailleurs, loin, et de tout décider moi-même... ou nous-mêmes, une fois qu'il sera avec moi... Sa caresse me fait un peu sursauter alors que je croise son regard. J'ai été le seul envers qui Camille ait jamais été doux et tendre. Le seul de qui il s'inquiétait vraiment, dont il s'inquiétait sincèrement. Mon frère. Sale gosse.

Ouais t'as raison... t'as raison...

Je sens ses doigts sous mon menton avant de le regarder se lever et s'approcher de mes valises avec un sourire de sale gosse. Oh toi je sais ce que tu veux. Oh toi je sais ce que tu as en tête... Et à la seconde où il plonge sa main dans la malle je sais ce qu'il va faire. Des oiseaux s'échappent du monstre de cuir, qui se mettent à voler dans ma chambre, suspendus en l'air quelques secondes avant de retomber, rejoints par d'autres et encore d'autres. Je me mets à rire plus franchement et à commencer à le chatouiller, faisant courir mes doigts sur ses côtes, par-dessus sa chemise déjà froissée et son veston ouvert. Ouais...ce soir encore il est à moi alors...plutôt remplir la nuit de rires que de larmes après tout.

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Camille Barthélemy

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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Ven 10 Mar - 14:47

Stolen Dance
Gustave & Camille
I want you by my side so that I never feel alone again. They've always been so kind but now they've brought you away from me. I hope they didn't get your mind, your heart is too strong, anyway. We need to fetch back the time. They have stolen from us

Ses chemises commencent à voler et alors que je souris, j'avoue être à deux doigts de pleurer. Le coeur blessé mais le visage figé dans cette fausse expression d'une joie que j'ose simuler pour ce frère que je veux rassurer, je continue ce jeu ridicule où j'épuise mon âme à feindre un jeu d'enfant avec lui. Les yeux humides, je continue ainsi, faisant défiler sous mes doigts ses chemises, dessous, pantalons et pulls comme si ce n'était rien de le perdre. Tout vole autour de moi, s'empile à mes pieds et ne me laisse qu'avec des regrets que je ne peux exprimer à voix haute, sûrement par envie de protéger Gustave de ma propre détresse et de la douleur que son départ provoque en moi. Par respect peut-être, je me force à sourire et à être celui des deux qui est le moins affecté par cette séparation, sans savoir si je lui joue ce numéro par envie de le blesser et ainsi de lui épargner le deuil de notre complicité, ou simplement par envie de lui épargner comme dernière image de ma personne, celle de mes joues parées de larmes. Entre les froissements du tissu, je dissimule un début de sanglot et quand vers moi il approche, dans l'espoir de m'arracher un rire via des jeux d'enfant, je me débats tout d'abord, repoussant ses mains en murmurant son prénom, me retrouvant bien rapidement obligé de baisser les bras et de simplement accepter que ses doigts se promènent allègrement sur ma chemise et ne la froissent plus qu'elle ne l'est déjà. Un rire m'échappe d'abord, puis une expiration bruyante alors que sur ses poignets je referme mes doigts.

"Arrête !"

Un éclat de rire discret glisse d'entre mes lèvres, un soupir le suit et pour lui je cambre le dos, basculant légèrement la tête en arrière tandis que je tente de m'extraire de son étreinte.

"Gustave !"

Je tente de le repousser mais me débats avec si peu de conviction, que sans problème, il finit par prendre le dessus et mener le reste de cet instant, décidant qu'heureux je devais être dans ses bras et que cette nuit ne serait pas celle où nous aurions à regretter quoi que ce soit. Mais voilà, si pendant un instant, je suis capable de feindre l'amusement, il vient l'instant où la vérité me rappelle d'une gifle plutôt violente que tout ceci sont les derniers instants que nous partageons tout les deux. Les derniers moments d'allégresses où nous pourrons être un et non plus deux entitées qui de loin doivent s'observer. Mon souffle se bloque dans ma poitrine avant de venir lentement mourir sur le bout de mes lèvres, transformant ainsi mon rire en une plainte qui devient ensuite un sanglot que je ne sais plus retenir.

"Gustave… Je t'en prie… Arrête… Arrête…"

À mon visage je porte mes mains et dans mes paumes je me cache, tandis que la tête basse, j'accepte enfin ma défaite. Dans ses bras je m'écroule et le souffle court, je tente de ravaler des larmes qui sur mes joues roulent. Me voilà pathétique devant toi, mon frère. Brisé et à bout de souffle, comme si entre tes mains, et de tes lèvres, tu avais réussis à briser ce qui n'aurait jamais dû fêler. Nous étions voués à être un. Unique. Unis. Tremblant, et bien incapable de tenir sur mes deux jambes, je chancèle jusqu'à ce que mes genoux trouvent le sol et que mes doigts se perdent dans ses chemises froissées. À mes côtés, je sens qu'il sombre, sûrement perdu de me voir si vite passer d'un extrême à l'autre et d'hésiter sur le rôle qui doit être le mien en cette soirée…. Mais vois-tu, il est trop compliqué pour moi de prétendre être aussi bon que toi, d'être celui qui peut soigner les blessures des autres et leur prodiguer les soins dont ils ont besoin. Non, je suis celui qui doit blesser, qui doit tuer et dont la moindre caresse est comme la morsure d'un serpent. Vois-tu, mon frère, de nous deux je suis le monstre, je suis la chose dont il faut se débarrasser et dont tu dois te séparer ? Je suis cette pointe de noirceur qui aurait dû exister dans ton coeur et qui aurait fait de toi une être humain. J'aurais été l'ensemble de tes défauts. J'aurais été cette voix pernicieuse dans ton esprit et cet inconscient aux pulsions inavouables. J'aurais pu être ça et ne jamais avoir à te quitter… Mais voilà, je suis ici, vivant et fait de chair et de sang. J'existe pour être dans tes bras mais le monde ne cesse de vouloir nous séparer et j'en ai le coeur brisé. Je voudrais faire quelque chose, dire quelque chose… Mais je suis faible, et en cet instant, dans l'intimité de notre chambre, la seule chose que je puisse offrir à mon frère qui s'inquiète sûrement, c'est un regard humide et mes lèvres tremblantes qui peinent à esquisser un mot.

"Tu es à moi et je ne supporte pas l'idée même que tu puisses me quitter. Tu es à moi, Gus…"

Je tends une main pour le saisir par le col, l'attirant à moi afin d'être capable de poser mon front contre le sien.

"Je suis malade à l'idée même que d'autres puissent avoir le droit de te côtoyer et de te parler là où moi je devrais passer mes journées seul. Je…" Mon souffle vient caresser son visage et du bout des doigts, je viens effleurer le bleu sur sa clavicule. "J'aimerais parfois que tu sois un peu plus comme moi et un peu moins capable de te faire aimer d'autres que moi. Il y a des jours… J'aimerais empoisonner autant tes lèvres que ton âme, afin que vers moi tu reviennes à jamais, comme incapable de me quitter."

Car si tu étais comme moi, mon frère, tu n'aurais pas à partir, pas vrai ?
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Gustave Barthélemy

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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Mer 15 Mar - 21:43


Stolen Dance
Camille 1 Gus



Camille a ce don, ce dont qu'il ne réserve qu'à moi, cette douceur et cette gentillesse que je suis le seul à voir, et que les autres doivent se contenter d'apprendre par ma bouche ou en nous espionnant par un trou de serrure, à la dérobée. Parce qu'à la seconde où on est en public, il remet son masque de sale gosse, de rebelle, du garçon en colère contre le monde entier, à part moi. Il est celui qui arrivait le mieux à me réconforter quand j'étais triste, et à me faire rire pour chasser mes larmes, mieux que mère, et mieux que notre nourrice. Il était celui qui me comprenait d'un regard, sans que j'aie à ouvrir la bouche. Et j'aimais ça. J'aimais être le seul avec qui il était gentil, le seul dont il se préoccupait surtout, qui comptait pour lui... Envers tous les autres... j'avais l'impression qu'il s'en fichait... mais moi...moi j'étais spécial, comme lui pour moi... Un monde à nous deux, où tout le monde restait à l'extérieur...

Et voilà, encore une fois il trouve le moyen de me faire rire avec ses bêtises, avoir la bonne idée pour me faire chasser ma douleur. Faire revenir le soleil entre les nuages. Et en parlant de nuages et de soleil, voilà que mes chemises, mes pantalons, tout le contenu de ma malle pleut sur le parquet, pendant qu'on s'amuse comme deux idiots. Et une fois qu'il n'y a plus rien à faire pleuvoir, on se retrouve sur mon lit à nous chatouiller, nos rires remplissant toute la pièce. Et plus il me demande de m'arrêter, plus je continue, appréciant juste d'entendre son rire qu'il ne laisse échapper que pour moi. Il ne rit jamais à part seul avec moi, ou alors c'est d'un rire cassant qui sonne comme des ongles sur un tableau noir.

La bataille s'achève et on se retrouve l'un contre l'autre sur les couvertures en bataille, le souffle court et le sourire aux lèvres. Merci mon frère. Merci d'avoir pu faire ça pour moi. D'avoir permis que j'oublie, même pendant une poignée de secondes ce qui m'attend, ce qui NOUS attend. Mon privilège, avoir sa douceur et son intérêt... Pourtant... on dirait que si j'ai craqué le premier avant notre bataille, je sens que c'est à son tour de se laisser aller et ça me rassure. J'aurais pas supporté d'être le seul à pleurer. J'aurais pas supporté d'être le seul à avoir mal... et là...le sentir craquer, et sangloter entre mes bras, me fait me nouer la gorge et tout remonte, comme la marée qui a reculé au large, et qui revient avec force qu'on ne peut pas arrêter. On a été stupides de croire qu'on pourrait se voiler la face, et faire comme si de rien n'était pendant longtemps. Non...les dés sont jetés et demain notre mère va jouer les Faucheuses et nous séparer aussi bien que la mort pourrait le faire.

J'ai peur. J'ai peur de devoir apprendre à vivre sans lui. J'ai peur de pas survivre, de pas m'en remettre, de pas arriver à combler le vide qu'il va laisser en moi, cette partie de moi que je laisserai ici. Ma moitié. Comme si on m'avait coupé en deux. Comme si après avoir respiré toute ma vie pour survivre je devais trouver un autre moyen... Je le serre contre moi, et hoche la tête à ses paroles, sentant ma chemise se mouiller de ses larmes.

Je peux pas me dire qu'on se verra plus. Qu'on se parlera plus... Avant, une semaine c'était supportable mais là...sans savoir quand on se reverra... Je sais que je suis à toi Cam...et sans toi...rien sera plus pareil...

Il m'attire un peu plus contre lui, son front contre le mien alors que je sens son souffle sur ma joue. C'est comme ça que ça devrait continuer, pouvoir le toucher, le prendre dans mes bras, autant que je veux, lui dire ce que je veux autant que j'en ai envie sans réfléchir... Ca devrait pas faire si mal. Enfin si, mais je devrais pas éprouver ça parce que c'est pas normal qu'on nous sépare. C'est pas normal qu'elle veuille nous séparer. C'est pas normal. C'est trop dur. J'ai besoin de lui comme il a besoin de moi...

Cam... montre leur ce que tu me montres à moi... Tu peux être génial, tu peux être drôle et gentil...

Je renifle, sentant déjà de nouvelles larmes rouler sur mes joues, et ma voix meurt dans ma gorge.

Montre leur le Camille que je connais...celui que j'aime, mon meilleur ami, mon frère... T'as tout ce qu'il faut pour que plein de gens t'aiment... Laisse les juste voir...ton bon côté...

Je glisse ma main dans sa nuque alors qu'il appuie son visage au creux de mon épaule, et je caresse doucement ses cheveux, les yeux fermés. Je veux pas partir...je veux pas... et bêtement, en le sentant contre moi j'ai envie de tout me souvenir, l'odeur de savon à la lavande qu'il utilise, l'implantation de ses cheveux et son épi dans la nuque, que lui même connait peut-être même pas, le dessin de son profil et ses longs cils sur ses joues pâles... Tout...je veux me souvenir de tout, comme une photographie que je pourrais regarder les fois où il me manquera trop, les fois où ça sera trop dur sans lui.

Sauf que... ses derniers mots me font me figer, et froncer les sourcils en le regardant.

Pardon?

Je le repousse doucement et me rassieds contre la tête de lit, partagé entre le dégoût et la colère.

Tu plaisantes Cam. Hein? Tu plaisantes. Dis moi que c'était pour rire cette histoire de poison... parce que j'aime pas ça...vraiment pas...

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Camille Barthélemy

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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Dim 19 Mar - 14:38

Stolen Dance
Gustave & Camille
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Une autre larme, un autre regret de sa part. J'ai autant envie de soupirer que du bout des doigts essuyer cette perle salée qui le long de sa joue, roule avec une paresse qui m'agace. J'aimerais chasser tout ça d'un revers de la main, mais craignant d'être trop sec dans mon geste, je m'abstiens, préférant simplement rechercher la chaleur de ses bras et l'amour inconditionnel qu'il m'offre une fois de plus en cet instant. La tête sur son épaule, et les yeux clos, j'accepte la caresse délicate de ses doigts dans ma crinière brune et inspire légèrement, me faisant doux et docile pour celui qui de moi pourrait tout demander. Mais voilà, incapable de simplement boire mes paroles et d'accepter tout l'amour que sur ses lèvres j'aimerais déposer, il est là, à me fuir et à me blesser par sa colère et son indignation que je ne comprends pas. À mon tour j'ai un léger mouvement de recul, puis un claquement de langue agacé alors qu'il pose une question qui me fait à moitié lever les yeux au ciel.

"Gustave je t'en prie… Ne gâche pas tout…"

J'ai envie d'être furieux contre lui, mais la vérité est que je suis blessé par cette pointe de dégoût que je crois percevoir dans ses pupilles et qu'incapable de me battre avec lui ce soir, je préfère pincer les lèvres et siffler comme le ferait une vipère prêt à mordre, l'avertissant alors des mots qui suivent, qu'il ferait mieux de ne pas entamer une discussion qu'il n'a pas envie d'avoir avec moi. Après avoir passé une main dans mes cheveux, et poussé un long soupir, je viens croiser les bras sur ma poitrine pour mieux détourner le regard et fixer l'une de ses chemises froissées à nos pieds.

"Ce n'est pas une plaisanterie et tu le sais. Arrête de faire semblant d'être surpris d'entendre ça, tu sais que ça m'agace que tu prétendes être bête, Gustave."

En plus de me renfrogner, je prends mes distances avec lui, dévoilant malheureusement au travers de mon attitude froide, la colère sourde qui commence à gronder au sein de mon être et à faire bouillir le poison dans mes veines. Gustave devrait comprendre et ne pas me regarder ainsi, mais voilà, pour une raison qui m'échappe, il décide de faire le prude et de me blesser, en rejetant mes mots et pensées comme si c'était du fie, alors qu'il devrait les chérir comme jamais. Ce sont des mots d'amour et lui... Il les balaye au loin comme si de rien n'était. Je prends une grande inspiration et tente de me calmer, en vain.

"Tu sais que… Tu sais que j'aimerais que tu sois un peu plus comme moi et qu'ainsi tu comprennes mieux ce qu'il en est d'être ce que je suis, alors n'ose pas faire les innocents et prétendre découvrir que je souhaiterais que toi aussi, tu sois le cobra dont on se méfie. Tu sais que ça me rends fou d'être ainsi… Mais vas-tu me dire que j'ai été idiot de penser que mon frère jumeau pourrait avoir un peu de peine pour moi ?"

Sûrement. Il va vouloir m'expliquer que ce n'est pas la même chose, et que je m'entête à proférer des idées qu'il estime être dangereuses, avant d'enfoncer le clou en m'assurant que des années dans cette boucle m'ont aigris et ont fait de moi un être cynique qui n'a plus la moindre conscience des choses qu'il dit. Oh, comme je connais cette rengaine que tu vas vouloir me chanter, mon frère. Tes mots, tes doutes, tes colères, je ne les connais que trop bien et je sais qu'en plus de me laisser avec des cendres sur la langue, ils me donnent l'envie de te faire taire d'un bon revers de la main humiliant à souhait. Tu ne sais combien de fois j'ai eu envie d'imprimer mes phalanges au coin de tes lèvres pour t'empêcher de parler… Tu ne sais combien j'ai rêvé parfois d'être capable de te faire taire… Mais tu sais ô combien je t'aime et c'est pour ça que tu peux te permettre d'être violent, parfois blessant avec moi. Tu sais que toi je t'écoute. Tu sais que je t'aime et qu'en ta présence, je suis faible. Alors devant toi, je peux bien siffler, hurler que je vais te mordre… Toi tu peux me rire au nez car tu te sais protégé de mes morsures et autres baisers mortels. Tu sais que je ne peux rien contre toi et c'est pour ça que tu en profites pour ainsi m'achever. Car en cet instant, tu n'essayes plus d'être tendre. Tu n'essayes plus d'être un frère, mais un adversaire. En un mouvement aussi gracieux qu'énervé, je quitte le lit, portant à mes lèvres mes phalanges que je mordille légèrement avant de reprendre.

"Si ça pouvait te faire rester à mes côtés, oui j'aimerais être capable de te rendre aussi venimeux que je le suis. Est-ce ça que tu ne veux pas entendre ? Que je n'ai que toi et que je n'aime pas voir que tu puisses t'offrir ce dont je suis privé ? Mais cesses d'être un enfant et vois ce que je dois subir ! Ce n'est pas juste et maintenant que tu pars, que vais-je être ?! Hein ? Celui que l'on craint ? Celui qui blesse ? Eh bien soit, j'adore ce rôle… Mais j'aimerais que de temps en temps, tu le partages avec moi, au lieu d'être l'enfant prodige que tout le monde apprécie… Tu…" Je pousse un soupir de frustration alors que du bout du pied, je repousse au loin l'un de ses vêtements. "Il y a des jours, j'aurais aimé que tu sois celui qui porte en lui le poison. Ainsi tu aurais été celui qui est dépendant de l'autre…" Un frisson dévale mon échine et de mes bras je m'enveloppe tandis que dos à lui, j'avoue enfin ce qui me rend amer. "Et j'aurais pu savoir ce qu'il en est de ne pas être celui qui aime plus qu'il n'est aimé."

Mais peux-tu entendre une telle chose, mon frère ? Je crains que non.
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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Sam 25 Mar - 10:54


Stolen Dance
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Pourquoi tu fais ça hein? Pourquoi tu sais être la personne qui peut me rendre le plus heureux et le plus triste? Pourquoi tu es celui qui me fait pleurer et aussi celui qui arrive à sécher mes larmes? Pourquoi tu es celui qui fait battre mon coeur plus vite et celui qui sait me le briser. Toi seul en a le pouvoir et je te déteste aussi pour en abuser quand tu veux, quand tu en as envie, sans penser à moi, sans penser aux conséquences. Pourquoi tu fais ça Camille hein? Pourquoi tu gâches les dernières minutes que je passe avec toi? Pourquoi tu ne m'a pas laissé le souvenir de mes larmes, que tu as réussi à transformer en rire? A cette bataille de chemise, cette pluie de linges, ces éclats de rire que j'aurais pu garder précieusement avec moi, les ranger soigneusement dans un coin de ma mémoire, et les regarder en souriant, les yeux humides, quand je serais loin et que la maison me manquera trop. Pourquoi tu brises tout ça? Pourquoi tu brises toujours tout? En cet instant tu n'es pas mon frère, parce que mon Camille ne me dirait pas des choses comme ça. Parce que mon Camille ne chercherait jamais à me faire du mal... Camille m'aime. Oui mon frère, tu m'aimes, mon double et ma moitié, alors pourquoi me raconter ça? Surtout avec un sourire en coin qui a un goût de confidence partagée? Pire que tout, pourquoi tu as l'air de trouver ça drôle et normal? Tout ça se bouscule alors que je recule loin de lui, surpris par la violence de ses paroles, et surtout la menace qui s'y trouve...

J'essaie...j'essaie de trouver une raison, une explication. J'essaie de me dire que c'était une mauvaise blague comme il en fait trop souvent pour enrager notre mère, de me convaincre que c'était son humour particulier qu'il utilise maintenant pour cacher sa peine, comme il le fait trop souvent aussi...mais non. Et mon coeur se serre en l'entendant me dire d'une voix sifflante et détournant le regard que ce n'était que la vérité. Il l'a pensé. Il a cru à ce qu'il dit et ça me glace le sang... Il a parfois fait des sous-entendus du même genre mais jamais...aussi appuyées. Je l'observe, presque comme si je découvrais une facette de lui qu'il m'avait toujours cachée, ou que je m'étais refusé à voir... Mes lèvres se pincent quand il reprend la parole, remplissant l'air d'explications qui ne me rassurent pas, bien au contraire, et qui me laissent peut-être encore plus perdu qu'avant.

Mais... qu'est-ce que tu racontes? Comment tu oses dire que j'ai pas de peine pour toi? Qui est remonté la mine défaite de sa discussion avec maman et qui a pleuré contre ta chemise à chaudes larmes? Moi. Qui t'écrivait chaque jour au pensionnat et à l'université pour que tu ne te sentes pas seul et parce que je m'inquiétais pour toi? Qui passait des heures de train sur une banquette inconfortable juste pour passer quelques heures avec toi chaque week end? Moi. Alors tu ne peux pas me dire que je n'ai pas de peine pour toi Cam!

J'ai tout partagé avec toi alors comment tu oses dire que je n'ai pas de peine? J'ai tout partagé avec toi et tu oses dire que je m'en fiche? Oui je sais mon frère, notre naissance a été marquée d'un lancer de dé à double tranchant, pile ou face à la fois, et j'ai tiré le bon côté... Oui je sais que c'est injuste et oui je sais que toi comme moi, on n'a rien demandé. Mais je sais aussi que toutes les nuits c'est moi qui te calmais quand tu étais en colère contre le monde entier. C'est moi qui séchait tes larmes sans trop me brûler parce que les autres s'étaient moqué de toi, que mère t'avait encore puni, ou tellement d'autres choses. J'ai été là à chaque fois, tout le temps. Alors ne me dis pas que je n'ai pas essayé de te comprendre et que je ne t'ai pas aidé.

Ma colère retombe en le voyant, et je me mordille les lèvres, retenant un soupir. Tu fais ça parce que tu as mal. Tu fais ça parce que tu es triste, et comme d'habitude, tu n'aimes pas qu'on te voie comme ça et tu dois vite tout cacher, ne rien montrer. Même pas à moi. Même pas à moi... C'est comme ça qu'il cache sa douleur, comme les animaux blessés qui sont plus agressifs quand ils souffrent. C'est ça. Ca doit être ça. C'est la colère, la rage et l'injustice qui lui ont fait cracher ça comme le venin qui coule dans tout son être. Je hausse un sourcil en l'écoutant encore, et en me disant que je ne veux pas que les choses se terminent comme ça. Je ne veux pas que notre au-revoir se fasse avec des mots qui nous laisseront un goût amer dans la bouche. Non. Je ne veux pas garder cette image dans ma mémoire, pas garder ses paroles dans mes oreilles... Pas partir avec une blessure trop fraîche à mon âme qui saigne déjà à l'idée de ne plus te voir...

Cam, encore une fois je n'y peux rien. Aucun de nous deux n'a demandé à naître comme ça, mais maintenant le mal est fait. Je sais que c'est injuste, je sais que c'est terrible pour toi et je sais que ce que mère nous impose est injuste aussi. Mais je n'y peux rien! J'ai toujours été là pour toi Cam! Toujours! Chaque seconde de chaque minute depuis notre naissance on est là l'un pour l'autre! Alors tu peux pas me reprocher ça! D'avoir été celui qui a eu plus de chance! Je...

Je soupire moi aussi. A l'entendre ça serait aussi de ma faute si sa malédiction l'a rendu aigri et mauvais même, envers certaines personnes. Je reprends d'une voix plus douce, même si je sais très bien que c'est lui tout seul qui a décidé de se rebeller contre le monde entier, de faire vivre une vie impossible à nos parents et au gérants du pensionnat. C'est lui qui a décidé de repousser toutes les personnes qui s'approchaient en montrant les dents. C'est lui qui s'est attiré l'antipathie de nos parents à force de faire des bêtises dès qu'ils avaient le dos tourné. Lui et personne.

Camille... Montre leur... montre leur cette facette que tu leur caches et que tu ne montres qu'à moi. Montre leur que tu sais être gentil, drôle et attentionné. Montre leur que tu peux être charmant et de bonne compagnie. Montre leur parce que tu peux... montre leur qu'ils ont bien fait de te garder toi et de m'envoyer moi au loin. Montre leur juste un peu ce que tu ne montrais qu'à moi et tu verras que tout va changer. Personne ne veut la guerre alors ne la déclare pas mon frère... Tu n'es pas obligé de livrer bataille au contraire... Si tu leur montres qui tu es vraiment, ils vont vite m'oublier et redécouvrir leur fils préféré...

J'ai un léger sourire alors que je viens caresser sa joue tendrement.

Ne dis jamais que tu m'aimes plus que moi je t'aime. Tu es mon frère... Mon frère jumeau en plus. C'est toi et moi contre le monde tu sais bien... Depuis toujours et pour toujours... Alors ne dis pas des choses comme ça... T'es meilleur que moi au fond, il faut juste le leur montrer...

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MessageSujet: Re: (Flashback) Stolen Dance ▽ Camille & Gustave   Lun 3 Avr - 11:17

Stolen Dance
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Je m'attendais à ce qu'il ne comprenne pas, et c'est pour ça que quand il m'explique qu'aucun de nous deux n'a choisi d'être ainsi, et qu'il est de notre devoir de faire avec, je ne retiens pas le soupir qui m'échappe et le froncement de sourcil agacé qui, à lui seul, en dit long sur ce que je pense de l'amour qu'il prétend me porter. Le regard toujours porté vers le lointain, je me ferme à lui, et me refuse à boire ses paroles dont je ne me suis déjà que trop enivré au fil des années, où blottit dans ses bras, je me pensais à ma place et heureux. Ainsi, pour ne pas être plus déçu de celui que j'idéalise peut-être depuis trop d'années, je ferme les yeux et tente de m'échapper pour ne pas avoir à écouter la triste réalité qui s'échappe d'entre ses lèvres et surtout pour ne pas faiblir pour les caresses qui me prodigue et qui, comme à chaque fois, me font douter de tout et surtout de ma volonté à lui tenir tête et à lui faire comprendre que ce qu'il prend pour des remarques acerbes venant d'un être aigris par sa condition, ne sont pour moi que des façon de lui faire entendre que je souffre de ma particularité à chaque secondes de notre existence éternelle… Et que là, où lui, peut se permettre de vivre normalement et de goûter aux divers plaisirs de l'existence, je ne peux que me permettre de vivre par procuration, au travers des gestes et des mots qu'il a pour moi. Une caresse sur la joue et c'est une attention de plus qu'il me fait vivre, une sensation qu'il sera sûrement le seul à m'offrir… Une étreinte devient une manière détournée de me faire vivre un baiser et ses prunelles qui croisent les miennes se font mille et une déclarations d'amour que jamais je n'entendrais. Mais peut-il entendre ça, et le comprendre ? Non. Lui ne voit que le poison dans mes mots, comme les autres. Il n'entend pas la douleur, la crainte, la peur… Il pense que je joue à un jeu, que je m'amuse de voir dans l'iris des autres le mépris et la colère… Il pense, à même titre que mère, que semer le chaos sur mon passage est un passe-temps et non un acte de vengeance. Pire… Il ose me dire qu'il entrevoit en ma personne une once de bonté qui n'aurait pas été dévoré par ce poison corrosif qui remplace dans mes veines mon sang. Je prends une légère inspiration, et du bout des doigts, je repousse sa main qui sur ma joue s'égarait, me permettant ainsi, en plus de reculer, de lui signifier d'un hochement négatif de la tête que je n'ai rien de l'être généreux qu'il dit voir en moi.

"Et pourtant… Tu ne comprends pas que les autres ne valent rien à mes yeux… Tu penses que j'en ai quelque chose à faire de leur amour ? Je ne veux pas d'eux Gustave… Juste toi."

À nouveau je mets entre nous une certaine distance, fuyant ce frère que je pensais être assez fort pour m'aimer et me garder avec lui, marchant au passage sans la moindre gêne sur ses vêtements qui au sol, semblent d'un coup bien triste à observer. À une époque j'aurais trouvé ça amusant d'avec lui m'allonger dans son linge et de parler pendant des heures de ce que serait notre vie quand nous pourrions quitter cette boucle pour être libre à deux, mais en cet instant, en ce moment de douleur qui précède les déchirants adieux que nous allons devoir affronter à l'aube de ce jour qui ne demande qu'à naître, je ressens une pointe d'amertume à me dire que les plans que nous faisions en regardant le ciel étoilé ne seront jamais plus que les fantasmes idiots de deux jeunes enfants qui n'avaient jamais pensés que même l'amour fraternel subissait les assauts du temps et finissait, comme toutes choses, par être ternis et détruit. Le temps ronge et corrompt tout, et maintenant que j'ai la preuve sous les yeux qu'il m'a même pris Gustave, j'avoue dans un murmure la peine qui fend mon coeur en cet instant.

"Nous deux… Ça devait être pour l'éternité… Les autres ne sont qu'une passade, une distraction d'une vie qui ne méritent pas notre attention. Qu'ont-ils de si fantastiques pour que tu les aimes autant Gustave ? Ils sont faibles, car incapable de ne pas me craindre et de succomber au poison dans mes veines. Ils sont faibles et fragiles… Contrairement à toi."

Nos regards se croisent à nouveau et pour tenter d'adoucir mes propos, je lui offre un sourire délicat, un de ceux qu'il est bien trop facile de faire faner et qui pourtant sont les seuls à réellement monter jusqu'à mon regard si dur pourtant à soutenir.

"Tu es le seul à pouvoir me comprendre, me toucher et m'aimer… Et quand je vois qu'à la veille de ton départ, tu me dis juste de devenir quelqu'un d'autre pour être heureux… Oui, je me dis effectivement que je t'aime plus que tu ne m'aimes… Et pour une raison simple… J'ai besoin de toi, alors que toi, non."

Sans moi il peut vivre, rire, s'épanouir. Avec moi il doit subir et souffrir. Je suis cette vipère autour de son cou, ce reptile jaloux qui ne supporte pas qu'un autre l'approche et qui ainsi, mord quiconque ose s'aventurer prêt de ce frère dont j'ai besoin pour exister… Je suis un gardien dont il ne veut pas, un défaut dont il n'a pas besoin et une contrainte qui ne lui apporte rien de bien. La vérité est là, mon frère… Je te suis inutile et c'est sûrement pour ça que tu n'es au final, pas très inquiet de me voir quitter ta vie… Parce que tu sais que sans moi, tout ira bien. Tout ira mieux, même.

"Les autres ne combleront jamais le vide que tu vas laisser derrière-toi Gustave… Parce qu'ils ne sont rien… Ils ne sont pas toi… Comprends-tu ça ? Comprends-tu que je t'aime et que l'idée de savoir que jusqu'à peut-être la fin de mon existence, je vais devoir vivre seul pendant que toi tu referas ta vie sans jamais plus te soucier de moi ? Vois-tu à quel point il est égoïste de ta part de me dire que je n'ai qu'à me révéler à eux pour être heureux sans toi ? Vois-tu pourquoi je suis persuadé désormais de trop t'aimer ?" Je pince les lèvres, puis pousse un soupir d'agacement. "Je devrais cesser de poser la question… Bien sûr que tu ne comprends pas… L'enfant béni ne peut, il pense que c'est simple, que c'est facile de se faire aimer des autres… Mais il ne veut entendre que certains ne veulent pas l'amour de son prochain mais juste celui d'une personne."
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