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 (Peggy) ▽ Alone with you

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Oliver Page

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- Arc-en-ciel aveugle -
❧ Boucle Temporelle : Entre deux boucles
❧ Particularité : Change la couleur des objets qu'il touche. Ce qui était autrefois d'une couleur qui vous plaisait risque fortement de terminer rose ou fushia en fonction de son humeur du moment.
❧ Occupations : Tente de prouver qu'il n'est pas aveugle.
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MessageSujet: (Peggy) ▽ Alone with you   Jeu 9 Mar - 1:15

Alone with You
Peggy & Oliver
Si tu sens glisser, y'aura des mains pour te rattraper. Tu seras pas seul. Jamais. Parce que nous on est de ceux qui croient, de ceux qui ne pensent pas que si les tables bougent, c'est parce que quelqu'un les pousse du pied.

Le climat de la boucle m'a fait oublié ce qu'était l'hiver, et en cet instant, alors que Cassie ressert une dernière fois mon écharpe autour de ma gorge, effleurant de ce fait par instant ma peau frissonnante de ses gants en cuir, j'apprends à nouveau à subir l'hiver et surtout à ne pas être perdu au milieu de l'entendue glacée que ma soeur m'avoue être de la neige. D'un haussement de sourcils, je me laisse faire et quand enfin ses doigts quittent ma personne, et que je ne me retrouve qu'avec moi-même, j'expire doucement, pas franchement sûr d'avoir envie de briser le silence inquiétant qui entre nous se pose. Alors à la place, je passe ma langue sur mes lèvres en un geste que je regrette au moment même où le froid vient attaquer la chair de mes lippes et ainsi me rappeler que cette saison n'est point tendre envers ceux qui ne sont pas préparés pour l'affronter, écoutant ensuite le chant de l'hiver. Je prends une inspiration, laisse quelque chose flotter entre nous et tente de comprendre ce qui se passe. Je sens le froid doucement mordre ma peau, la neige craquer à ses pieds alors qu'elle trépigne sur place par froid ou par crainte, j'avoue ne pas savoir. Je crois percevoir au loin le vent dans les branches d'arbres qui ne sont sûrement pas à portés, tandis que l'air froid et sec est presque difficile à respirer. J'expire et tente de me tourner un peu plus vers celle que je n'entends plus et dont le silence entrecoupé de vagues reniflements n'aide pas vraiment à me rassurer. J'ai dans l'idée de tendre la main vers elle, mais au moment-même où je bouge, je l'entends faire un pas, et incapable de savoir si elle me fuit ou si au contraire elle s'approche, je me fige, pendu à ses lèvres.

"Cassie ?"

Ma voix légèrement éraillé m'étonne presque et la cherchant, je lève un peu plus le nez, entendant alors quelques pas timides dans la neige épaisse.

"Oliver, faut que tu sois sage ici, ok ?" commence-t-elle avant de poser sur mon épaule une main qui me fait presque sursauter. "Je reviendrais vite, mais en attendant, tu ne fais pas de vagues, promis ? Et tu oublieras pas de donner ça à…" Elle fait une pause, me laissant avec cette étrange sensation d'agacement alors que j'entends un morceau de papier être froissé puis glissé entre mes doigts gantés. "Là. Tu donneras ça à celui ou celle qui t'ouvrira, ok ?" Je sens sa main quitter mon épaule puis se poser sur ma joue, m'arrachant de ce fait un sourire que je peine à esquisser.

"Je… Oui… Mais…"

D'un baiser sur la joue, elle me fait taire et quand ses lèvres quittent ma peau, je goûte sur ma langue une note d'amertume qui va étrangement bien avec le silence dans lequel elle me laisse. Paniqué, ou tout du moins angoissé j'écoute ses pas s'éloigner et se faire plus discrets au fur et à mesure des battements incertains de mon coeur.

"Cassandra…"

Je tente de faire un pas vers elle, et de rattraper celle qui comme il y'a presque vingt-quatre ans déjà, m'a un jour abandonné au pied d'un arbre tout un après-midi durant, ne revenant que le soir, quand je m'étais endormi dans l'herbe. Malheureusement, je trébuche sur quelque chose, et bien incapable de me rattraper à quoi que ce soit, ou même à tout simplement conserver mon équilibre, je chute lourdement, rencontrant ainsi plus brutalement la neige que je ne l'espérais. Un grognement m'échappe, au même titre qu'un juron alors qu'à moitié allongé par terre, je tente de me relever, sentant malheureusement au fil des secondes que mes vêtements s'humidifient au contact de la neige. Un frisson court sur ma peau, et moyennement heureux d'expérimenter à nouveau la sensation désagréable de sentir le froid s'infiltrer sous ma peau jusqu'à mes os, je serre les dents. Maladroitement, je tente de me relever, cherchant à tâtons quelque chose pour m'appuyer, ne trouvant ma valise qu'au bout de longues minutes à patauger dans la neige qui redevient progressivement eau au fur et à mesure de mes gesticulations, et de mon souffle qui se fait court.

"Cassandra ?"

Mais rien, à part le silence et ma propre respiration. Je galère à me relever, retombant à moitié plus d'une fois et quand debout je suis enfin, je m'imagine être dans un état pas glorieux, le genre qui ferait dire à un voyant que je ressemble à une serpillère… Et même si je n'ai fais qu'en toucher une un jour, la simple texture de celle-ci m'a fait comprendre en quoi il était peu agréable d'être comparé à une serpillère. Je pousse un soupir et serre un peu plus entre mes doigts le morceau de papier que Cassie m'a confié, sursautant alors à l'instant où je crois entendre une porte s'ouvrir, puis grincer légèrement. Une odeur étrange me parvient et bien qu'un peu confus, je tente de me tourner vers l'origine de ce bruit, levant le nez du mieux que je le peux pour ne pas donner l'impression à qui pourrait bien être là que je préfère "regarder" mes pieds plutôt que lui ou elle. Mais n'ayant qu'un silence, en plus du bouquet d'odeurs inconnues qui au mieux me rappellent celles d'un vieux grenier ou musée, je ne sais où prétendre poser mon regard et bien rapidement, car quelque peu mal à l'aise de ne pas comprendre ce qui se passe et où je me trouve, j'entrouvre les lèvres pour laisser échapper une brève question proche d'un murmure anxieux.

"Y'a quelqu'un… ?"

J'espère. J'aimerais. J'ai besoin en réalité qu'il y ait quelqu'un… Car je ne veux pas redevenir cet enfant qui sous un arbre s'est endormi, le coeur réchauffé par l'espoir que sa soeur reviendrait vite le chercher.
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Margaret Nebulosa

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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Ven 10 Mar - 17:12


Ollie & PeggyAlone With YouC’est drôle de vivre comme ça dans un monde de neige. C’est drôle d’avoir en permanence cette même routine qui se reproduit comme les horloges qui sont toujours si soigneusement réglées ici. Savoir que la neige va s’arrêter à une minute bien précise, et commencer à une autre. Que le manteau blanc aura toujours la même épaisseur au réveil et qu’elle aura très exactement grandi d’un nombre précis de centimètres qui ne changera jamais, tant qu’on remontera cette boucle encore et encore. Dans mon ancienne boucle je ne le remarquais même pas vu que c’était une belle journée de printemps, et que personne n’attend la pluie. Ne plus voir le soleil me manque aussi… n’avoir que du gris feutré, parfois plus clair, et la clarté de la neige, mais le soleil… Deux semaines ici à vivre dans un cocon blanc et silencieux, alors que là-bas, on passait nos journées dehors, à jouer et lire sous les arbres ou dans le jardin, à pêcher des grenouilles ou attraper des sauterelles, à nous occuper des fleurs et des légumes pour le repas du soir, à faire des petites promenades dans l’enceinte de la boucle. J’avais le sentiment d’être libre même si mon monde, notre monde se résumait à un hectare tout au plus, parce qu’au moins je n’avais rien qui arrêtait mon regard. Ici la forêt nous a dans ses bras, tellement dense qu’on dirait une clôture, et la neige ne nous permet que de trop courtes récréations. Marcher dans l’herbe pieds nus me manque. Sentir la chaleur du soleil sur ma peau nue me manque. Courir sans être gênée par toutes ces épaisseurs de tissu me manque. Eux me manquent…

Je soupire, tentant une nouvelle fois de réussir un exercice donné par une ymbryne pour m’apprendre à contrôler le temps. Une pomme que j’ai croquée et qui est posée devant moi sur la table basse du salon. J’essaie de la visualiser entière, intacte avant que je la croque, tenant une lourde montre à gousset en argent en main. D’un geste du pouce je remonte les rouages sans quitter la pomme des yeux. L’espace d’une seconde je crois la voir se reconstituer, au moins un peu, sauf que d’un coup ça s’emballe, et en quelques secondes je me retrouve avec un vieux trognon pourri sur une assiette de porcelaine. Je retiens un juron et me lève pour aller jeter mon échec et me faire une tasse de thé quand j’entends toquer à la porte. Une partie des petits sont partis à Edimbourg cette après-midi avec deux ymbrynes, l’autre est occupée, et Thad est sûrement encore dans ses bouquins… Je me lève et m’approche, faisant rapidement un crochet à la cuisine pour déposer l’assiette et son trognon pourri, histoire de pas donner une mauvaise image de nous et je vais ouvrir.

A travers le tourbillon des flocons je vois deux silhouettes, une qui s’éloigne et une qui est plantée là, regardant autour de lui. Par réflexe, et pensant que la fille, enfin je crois que ça en est une, tourne les talons parce que personne ne lui a ouvert je remonte un peu mes jupes et descends les quelques marches.

Mais non, elle disparaît au détour d’un sapin et je me tourne ensuite vers le jeune homme à quelques pas de mois. Je n’avais pas vu la valise à ses pieds et il regarde autour de lui comme s’il ne me voyait pas. C’est…étrange. Je m’approche de lui en souriant, venant prendre sa main.


Bonjour… je m’appelle Margaret. Venez… il fait un froid de loup et il ne faut pas rester dehors trop longtemps. Ca va bien se passer je suis là…

Je l’entraîne doucement vers les marches, jetant un dernier regard à la silhouette qui a disparu maintenant, avant d’attraper sa valise. Il… il est aveugle on dirait, son regard est vide et ne se pose sur rien de précis. Il erre, c’est tout. Et on dirait… je sais pas, la lettre, la valise, son regard perdu, le fait qu’il n’ait pas l’air de savoir ce qui se passe… on dirait… on dirait presque un abandon, comme un chien qu’on attache à un arbre avec une gamelle d’eau et une couverture. Sauf qu’ici c’est un type de la trentaine qu’on laisse ici, et en plus d’une époque qui est pas la mienne… Il vient du futur…un bien long voyage pour se débarrasser de quelqu’un…

Un pas puis un autre, je sens mes jupes trop longues frotter la neige et s’alourdir de poudre blanche avant d’atteindre enfin les marches en bois menant au perron. Je le guide doucement, souriant pour lui-même s’il me voit pas. Après tout on dit bien qu’un sourire ça s’entend aussi.


Voilà, attention, il reste plus que trois marches. Très bien, plus que deux. Une seule…Et ça y est on est arrivés. On est devant la porte d’entrée et on va se mettre au chaud.

Je pousse la porte et je sens immédiatement la chaleur des cheminées et des poêles à bois qui m’inonde, surtout que je suis sortie sans cape ni manteau, et je ressens déjà des picotements dans le bout de mes doigts. Je laisse sa valise dans l’entrée et l’emmène lentement jusqu’au salon tout proche, sa main toujours dans la mienne.

On est bientôt arrivés et vous serez au chaud et au sec, c’est promis… Plus que quelques mètres … voilà…

La maison est tellement calme… il n’y a que le bruit des horloges, du ronflement du feu dans la cheminée et un phonogramme qui crachote au loin, sûrement Thad ou Adrian… Je le guide jusqu’au sofa et le fais s’asseoir avant de m’installer à côté de lui.

On y est ! Alors Oliver, qu’est-ce qui vous amène dans notre boucle ? Surtout quelqu’un qui vient d’une époque aussi lointaine…
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On a beau chercher, on ne trouve jamais que soi même.
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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Jeu 16 Mar - 10:04

Alone with You
Peggy & Oliver
Si tu sens glisser, y'aura des mains pour te rattraper. Tu seras pas seul. Jamais. Parce que nous on est de ceux qui croient, de ceux qui ne pensent pas que si les tables bougent, c'est parce que quelqu'un les pousse du pied.

"Personne." voilà ce que le silence me murmure alors que le nez levé vers le néant, j'attends des réponses de la part du monde qui continue de vivre et de faire son chemin sans l'aveugle perdu que je suis en cet instant. Car si sur ma peau je sens encore la fraîcheur de la neige qui à mes pieds craque faiblement, je ne sais rien de ce bruit qui était ma seule réalité il y a quelques instants, et désormais séparé de celle qui a été pendant des années mes yeux, je me retrouve à espérer qu'il se trouve quelque part dans l'étendue glacée qui fait doucement courir sur mon échine un frisson ou deux, quelqu'un qui viendra attraper ma main et me ramènera parmi les vivants. Les lèvres entrouvertes et agressées par le froid, j'attends, le coeur raisonnablement inquiet tandis que les yeux légèrement plissés, je tente, en vain, de discerner quelque chose que je ne percevrais jamais, esquissant plus une mimique qui reflète ma concentration que ma réelle envie de voir quoique ce soit. Pendant de longues secondes je reste ainsi, et si je finis par me persuadé que seul je suis, j'avoue presque sursauter quand au loin, peut-être à quelques pas de moi, j'entends une douce voix qui en plus de me confirmer que je ne suis pas seul, ravive l'espoir au sein de mon coeur, m'arrachant au passage un sourire qui se veut être délicieux. J'entends quelques pas dans la neige, quelques froissements de jupe et voilà que ma douce inconnue referme ses doigts fins autour des miens.

"Margaret, hein ?" Joli prénom. Il fait un peu ancien mais bon, il sonne bien à mon oreille. Je n'ajoute rien alors qu'elle m'entraîne à l'intérieur, me guidant avec la maladresse habituelle qu'ont les gens qui ne savent pas s'occuper correctement d'un aveugle… Car au lieu de me guider, elle m'impose son rythme, ne pensant pas un instant que je ne puisse craindre ce qui se trouve devant moi, ou que je puisse hésiter sur notre direction. Non, c'est sans un mot qu'elle attrape ma valise et qu'à nouveau me force à la suivre. Heureusement, elle me prévient quand avec elle je dois grimper quelques marches et quand enfin nous arrivons, j'avoue me détendre, étant plus à l'aise face à la chaleur qui se dégage de cette maison dans laquelle nous entrons. Je déduis que c'est là que nous arrivons, vu les odeurs subtiles et multiples qui en cet instant m'agressent presque et me font poser bien des questions sur l'endroit où je me trouve désormais. Je penche un peu la tête sur le côté et crois entendre le bruit du feu au loin, un doux crépitement qui se mêle agréablement aux aiguilles des horloges et d'un vieux phonogramme qui dans une pièce éloignée crachote une mélodie d'un temps qui semble lointain. De plus en plus perplexe quant à cet endroit, je referme un peu plus mes doigts sur les siens, acceptant toujours de la suivre au sein de ce qui semble être au fil de mes pas un salon. L'odeur du feu de bois se fait plus présente tandis que mes pas sont étouffés par un épais tapis qui dégage une odeur de poussière et d'ancien qui en plus de me faire doucement plisser le nez, ravive en moi le souvenir d'une maison à l'odeur familière, d'un endroit qui habité par mes grands-parents possédait cette même fragrance de bois ancien et de braise. Et si pendant quelques minutes, je ne me demande si ce n'est pas en cet endroit que Cassie m'a conduit, c'est quand je m'assieds sur le sofa que je comprends qu'ici, je ne suis qu'un étranger de plus que l'on vient d'abandonner sur le perron. J'inspire légèrement et laisse ma compagne s'installer à mes côtés, n'écoutant que d'une oreille celle qui tente de me faire la conversation en cet instant. Je froisse un peu plus la lettre entre mes doigts avant de lu la tendre maladroitement, la posant finalement sur ses cuisses.

"Pour vous. Cassie m'a dit de donner ça à quiconque viendrait m'ouvrir… Mais à bien y réfléchir…" Je retire ma main, laissant un sourire se dessiner au coin de mes lèvres. "Quelle importance ? Je viens d'arriver au paradis, pas vrai ? Parce qu'il me semble que depuis toute à l'heure, j'entends un ange me chanter de douces paroles et m'assurer que tout va bien se passer." Subtile, délicat, pas trop appuyé… J'suis sûr qu'elle va m'adorer et qu'au prochain claquement de doigts, elle va vouloir se pendre à mon cou. Ouais, autant espérer. Nos doigts j'entrelace, et toujours aussi sûr de moi, je reprends. "Oliver, mais je pense que ce qui m'a trahi, c'est le nom sur ma valise, pas vrai ?" Je ne lui laisse pas le temps de répondre. "Tu peux m'appeler Olie, et aussi me tutoyer… Les vous c'est bon pour mon père." Est-ce que je devrais m'en vouloir d'ainsi fuir angoisses et questions en reprenant mon rôle de beau garçon qui loin de perdre le Nord fait du charme à ce qui peut bien avoir le malheur de poser sur sa personne ses prunelles ? Peut-être. "Mais merci de m'avoir aidé… Tout seul dans la neige… J'ose imaginer ce qui me serait arrivé…" J'aurais été perdu, j'aurais paniqué, comme l'enfant que j'ai été le fut de nombreuses fois, où seul, il a réalisé qu'il était à la merci du monde qui l'entourait. J'aurais sûrement crée le bruit dont j'ai besoin, et pour moi, elle serait sûrement aussi venue. Je renifle faiblement alors que je frissonne encore malgré le feu qui ronronne non de loin de nous. "Mais… Tout est dans la lettre, je crois. Cassie ne voulait pas me dire pourquoi nous venions ici…" J'ai un léger rire en y repensant. "Enfin si, elle m'a dit que je devais rester sage et pas rendre fou les habitants de la maison…" Et pour le reste… Je ne saurais le répondre. Alors soucieux de ne pas lui donner envie de me fuir, je conserve sa main dans la mienne, apprenant au travers de mes gants en cuir la finesse de ses doigts de pianiste et la façon donc ceux-ci semble si bien trouver leur place au creux de ma paume.
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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Sam 18 Mar - 0:36


Ollie & PeggyAlone With You C’est fou à quel point une porte peut représenter un million de choses importantes. C’est fou comme un rectangle de bois, ouvert ou fermé, peut changer une vie ou amener son lot de surprises. Ouvrir la porte sur un témoin de Jeovah qui va faire qu’on va se convertir. Ouvrir la porte sur un militaire au plastron recouvert de médailles et dont les journées sont faites d’annonces mortuaires à des familles déchirées. Ouvrir la porte sur moi, il y a un instant et une éternité, alors que je me retrouvais à perpetuer une lignée dont je ne connaissais rien et remplie d’une mission que je devinais à peine. Ouvrir la porte à tous ceux qui étaient perdus et qui, comme je l’avais été, ont besoin d’un lieu, d’un endroit pour s’abriter, pour répondre à leurs questions, apaiser leurs craintes, ou tout simplement ceux qui avaient besoin d’une tasse de thé chaud entre les mains. C’est drôle quand j’y pense, de voir les rôles inversés, comme ça. Que de la gamine apeurée qui a rencontré sa première ymbryne, que de la jeune femme en blouse d’été et en jean pattes d’eph transie de froid après avoir tout perdu, je sois celle qui ouvre la porte à d’autres. Ce soit moi qui accueille et tende la main.

Et voilà que pour la première fois c’est moi « en charge » vu que les ymbrynes ne sont pas là, moi qui suis responsable de ce qui se tient derrière la fameuse porte en bois. En l’occurrence, un jeune homme, même si c’est pas lui qui a toqué. On l’a fait pour lui avant de le laisser là, avec une valise moderne et une écharpe autour du cou. D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi lui reste mais pas l’autre, pourquoi on a jugé bon de l’emmener jusqu’ici sans au moins attendre que la porte s’ouvre, sans échanger quelques mots. Mais là tout de suite j’ai pas le temps de trop chercher le pourquoi du comment, j’ai quelqu’un à guider, et il faut que je fasse ça bien. Et vite surtout, avant que je ne finisse par geler sur place, parce que si lui est bien équipé pour le froid qui règne, moi je suis sortie en simple robe, sans veste, cache nez ou gants.

Heureusement, une fois près de lui, et avoir compris qu’il a perdu la vue, il me suit sans rechigner et j’apprends son prénom. Oliver. Oliver… ça me rappelle Oliver et comme lui, il a l’air d’être orphelin, tout du moins pour l’instant… Alors après des présentations rapides je me contente de le ramener au chaud et au sec, à l’abri, une main tenant la sienne alors que l’autre soulevant sa valise. Le vent siffle à mes oreilles et ébouriffe mes cheveux et gifle mes joues. Des flocons s’accrochent à mes cils et je lutte pour me frayer un chemin dans la neige fraîche et épaisse qui emprisonne amoureusement mes chevilles et tire sur mes jupes comme un enfant qui supplie sa nourrice de rester encore un peu et de jouer avec lui.

Heureusement après une lutte acharnée je monte lourdement les marches en bois du perron et pousse la porte menant à l’intérieur, l’entraînant à ma suite. La chaleur brûle mes mains glacées et mes joues froides alors que je mets le vent et les flocons à la porte pour ne m’occuper que du fameux Oliver. Lentement, avec précaution, je le guide jusqu’à notre salon et l’installe sur le sofa près du feu. C’est seulement là que je chasse les flocons trop collants du tissu avant qu’ils ne fondent et trempent ma robe, tout en lui demandant s’il sait pourquoi il est là. Et j’avoue qu’à la place d’une réponse, je ne sens qu’une main sur ma cuisse. Pendant une seconde je suis sur le point de lui retourner une bonne gifle avant de me rappeler que…une sa main tient une lettre et deux…il est aveugle. Haussant un sourcil j’attrape le bout de papier qui a connu des jours meilleurs et l’ouvre devant le feu qui crépite. Sauf que je n’ai pas encore déplié la petite feuille de papier fin que je hausse un sourcil, me retenant d’éclater de rire. J’ai bien entendu là ? Il est sérieux ? Mon dieu mais j’ai rarement entendu des phrases de drague aussi bateau…

Alors pas besoin de me passer de la pommade pour être sur que je vais m’occuper de vous… donc on peut oublier la flatterie…

Je souris et j’espère qu’il l’a entendu. On dirait bien que oui vu qu’il propose déjà qu’on se tutoie et je hoche la tête, avant de me rappeler qu’il ne peut pas le voir… alors je tapote doucement le dos de sa main. Et je me dis aussi que ça fait trois semaines que je suis ici et que Thad ne m’a toujours pas proposé qu’on se tutoie, alors que lui ça fait trois secondes qu’il est assis et il me fait déjà du gringue. Les hommes…

Oui bien sûr Olie ! Et c’est normal que je t’aie aidé… J’allais pas te laisser tout seul dehors… surtout que la neige ne fond jamais, alors on aurait eu aucune chance de retrouver ton cadavre un jour… D’ailleurs…qui t’a amené ici ?

J’ai encore le papier dans les mains mais je n’ose pas l’ouvrir. Est-ce que c’est vraiment à moi de faire ça ? Est-ce que je ne devrais pas attendre le retour de tout le monde, chercher Thad ou Aloysius ?  J’hésite, faisant tourner la lettre entre mes doigts, avant de finalement trancher. Et avec des gestes lents et précautionneux je la déplie, puis la parcours.

« A la personne qui trouvera cette lettre – et mon frère par la même occasion,
Je suis désolée de vous laisser mon frère Ollie, mais je ne peux plus m’en occuper pour l’instant. Ca fait des années que je veille seule sur lui, depuis que nos parents sont morts et je n’en peux plus. Ce n’est pas contre lui, c’est quelqu’un de bien, mais il est hyper maladroit et est loin d’être autonome, avec un sérieux penchant pour mettre sa vie en danger. Il s’est passé un trop grand nombre de trucs dans nos vies pour que je continue à m’occuper de lui. J’ai besoin de temps et besoin d’être seule. Je vous promets que si j’avais pu faire autrement, je l’aurais fait, mais là c’est trop dur.
Encore merci de veiller sur lui…
Cassandra Page »

Au fur et à mesure des mots je sens la détresse de cette fille, et aussi le message caché derrière. Elle l’a abandonné comme un chien sur une aire d’autoroute parce qu’elle ne voulait, ou ne pouvait plus s’occuper de lui… L’œil humide je replie le papier et le contemple plusieurs secondes, ce joli garçon au regard perdu qui est sagement assis à côté de moi, serrant ses longs doigts plus fort dans les miens.

Oui c’est un mot de ta sœur. Elle… a dit qu’elle avait pas mal de problèmes à régler en ce moment, et que ça allait trop l’occuper pour qu’elle veille sur toi correctement. Alors elle t’a envoyé ici pour veiller sur toi le temps qu’elle revienne, être sûrs qu’il ne t’arrive rien et que tout va bien. Elle dit que…qu’elle est désolée et qu’elle reviendra dès que possible, quand les choses s’arrangeront…

C’est presque un mensonge, mais je n’ai pas envie de lui briser le cœur à lui dire qu’on s’est débarrassés de lui… J’inspire un grand coup et me force à sourire.

Bon Ollie, maintenant que tu es là, qu’est-ce que tu dirais d’un bon thé et qu’ensuite je te fasse visiter avant de t’installer ? Ca t’irait ?
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Dernière édition par Margaret Nebulosa le Ven 7 Avr - 21:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Jeu 23 Mar - 15:09

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Si tu sens glisser, y'aura des mains pour te rattraper. Tu seras pas seul. Jamais. Parce que nous on est de ceux qui croient, de ceux qui ne pensent pas que si les tables bougent, c'est parce que quelqu'un les pousse du pied.

Douce et aux accents chantants. Inquiète et faussement rassurée. Anxieuse sans l'avouer. Intriguée aussi. Elle est tout ça, la douce Peggy, qui sa main dans la mienne, repousse plus ou moins gentiment mes avances, avant d'oser un trait d'humour qui fait mouche avec moi et m'arrache ainsi un sourire sincère et suffisamment honnête pour dévoiler ma dentition de gentil garçon. Et bien qu'encore un peu tremblant à cause du froid que je ne pensais pas avoir à subir aussi brutalement, j'arrive tout de même à lui répondre, lui avouant sans la moindre honte que celle qui m'a ainsi laissée sur le pallier n'est autre que ma chère soeur.

"Oh, Cassandra. Mais tout est dans la lettre je crois…"

Je referme un peu plus mes doigts sur les siens, le nez levé vers le néant, lui faisant comprendre par le silence que j'adopte ensuite qu'il m'est impossible d'en dire plus. Tout ce que je sais, c'est qu'elle voulait que nous partions vite. C'est elle qui a fait mes valises et qui a passé autour de mes épaules un lourd manteau, elle qui a noué autour de mon cou une écharpe de laine et qui a pris soin de ganter mes mains, de peur que je ne change la couleur de tout ce qui aurait le malheur de rencontrer mes doigts. J'ai senti la précipitation dans ses gestes, l'impatience dans sa voix et la fébrilité qui faisait trembler ses doigts autour de mon bras… Mais pour ce qui se passait dans ses prunelles et sa tête… Je ne pouvais qu'avaler les couleuvres qui d'entre ses lèvres devaient glisser et accepter la vérité sûrement fabriquée ou du moins à demi-mots avouée qu'elle m'offrait. D'entre ses doigts, je crois percevoir le bruit du papier qui est malmené, et presque par espoir que les mots vont subitement chanter pour moi, je penche la tête vers l'origine de ce son presque délicat, cherchant dans le silence de sa lecture, les réponses à des questions que je n'oserais jamais me poser, par crainte de ne pas en aimer le ton et sonorité. Ainsi, alors qu'elle est plongée en pleine lecture, je me perds pour ma part dans l'écoute des bruits de cette demeure et l'étude de cette main gracieuse qui accepte encore pour l'instant la présence de la mienne. Les lèvres très légèrement entrouvertes, j'occulte le bruit des battements de mon coeur et du sang qui à mes tempes gronde presque furieusement, pour me concentrer sur les ronrons du feu, du bois qui craque puis devient braises, du vent que l'on entend s'infiltrer par les fentes des fenêtres mal isolées. J'écoute ensuite les aiguilles des horloges qui égrènent les secondes avec une précision effrayante, puis des pas, venant du pièce lointaine, sûrement de la même dont s'échappe depuis mon arrivée une mélodie d'un temps ancien qui réveille en moi un sentiment de nostalgie qui m'est d'ordinaire inconnu. Je me concentre ensuite sur la respiration plus courte de ma compagne, m'étonnant de trouver entre deux inspirations de sa part, les reniflements inconscients et discrets qu'ont les gens qui s'apprêtent à pleurer. Soudain inquiet de ce qu'elle aurait pu trouver au sein des mots couchés sur le papier, je tente de donner forme à mes craintes mais avant qu'une syllabe n'ait le temps de quitter mes lèvres, c'est elle qui reprend, d'une voix plus faible et moins assurée qu'elle ne l'était avant d'ouvrir la missive que je devais lui remettre. En silence, je l'écoute à moitié m'avouer un demi-mensonge qui en plus de faire douloureusement se serrer mon coeur, me fait douter de la sincérité de cette lettre qu'entre ses doigts elle tient encore. Mais ai-je un sourire triste ? Non. Je me contente de relever la tête et de lui offrir ce que j'estime être ma plus belle imitation du bonheur, lui jouant même le numéro de celui qui ne s'en fait pas.

"Oh… C'est donc que ça ?" J'esquisse un léger rire bien proche du soupir. "J'suis sûr qu'en vérité, elle voulait juste l'appartement pour elle quelques temps… Ou alors c'est parce qu'elle fait des travaux… Elle me disait sans cesse qu'elle en pouvait plus de voir du rouge plein la salle de bain…" Et le voilà le sourire que je lui offre, celui qui reflète sûrement une pointe de tristesse à l'idée de se dire que ma propre soeur, celle qui depuis notre plus tendre enfance s'occupe de moi, vient de me déposer sur le palier d'inconnus, simplement parce qu'elle a des problèmes à régler. Je prends une légère inspiration, préférant écouter Peggy tenter de me distraire plutôt que de me préoccuper des raisons qui ont poussées à faire ceci. Après tout… Elle a peut-être effectivement des choses à régler sans moi, j'aurais juste aimé qu'elle m'en parle. Enfin, n'ayant pas le coeur de lui en vouloir, sûrement à cause de l'amour sincère que je lui porte, je me contente de chasser au loin mes pensées, me rassurant simplement en me disant qu'elle reviendra pour moi, comme elle le fait toujours.

"Du thé, hein ? Je vois pas comment je pourrais refuser…" Je marque moi-même la pause, essayant d'appuyer, peut-être un peu trop lourdement sur ce jeu de mot qui n'amuse plus grand monde une fois répété plus d'une fois. "Plus sérieusement… Ce serait avec plaisir… Tu m'accompagnes jusqu'à la cuisine, histoire que je t'aide ? Ou attends, mieux, tu vas me guider… Ce serait amusant." Et sans attendre de réponse, voilà que je me lève, l'entrainant avec elle dans mon ascension un peu maladroite qui menace bien rapidement d'être avorté par un chancèlement de ma part suivie d'une chute mémorable dans le sofa. Heureusement, grâce à elle j'arrive à rester debout et à même esquisser un pas ou deux dans le salon, cherchant d'une main tendue un meuble dans lequel je pourrais rentrer par inadvertance. Je tente ma chance sur ma gauche, ou du moins ce que j'estime être ma gauche, un vague sourire aux lèvres. "Je suis sur la bonne voie ? Faut me dire…" Un léger rire m'échappe quand ma paume trouve un peu abruptement la surface sombre et laquée de ce que je pense être une table, vu la taille imposante de la chose et de son bord qui s'appuie sans trop d'effort contre ma hanche. "C'est pas la cuisine ça…" De mes doigts je caresse la surface lisse, cherchant en celle-ci une aspérité qui pourrait m'indiquer ce que c'est, mais incapable de trouver quoi que ce soit, je me contente de demander de l'aide à celle qui tient toujours ma main entre la sienne. "Qu'est-ce que je caresse amoureusement là ? Un meuble... ?"
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Margaret Nebulosa

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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Jeu 23 Mar - 23:43


Ollie & PeggyAlone With You Quelques secondes passent, secondes pendant lesquelles il n’y a rien d’autre dans l’air que le crépitement du feu, le vent qui hurle dans les branches et les tic-tac des horloges, tous synchronisés, qui donnent l’impression de se trouver dans l’estomac d’une bête immense qui nous aurait avalés tout rond, nous permettant de continuer à vivre en attendant d’être digérés, un peu comme le chaperon rouge dans le ventre du loup ou Jonas dans la baleine avec un battement de cœur immense qui se répand d’un bout à l’autre de sa gigantesque carcasse. Je me réfugie derrière ces quelques secondes qui se font entendre, régulières et implacables, tentant de trouver quelque chose de plausible à lui dire, quelque chose qui ne lui fasse pas trop mal, qui puisse gommer la triste réalité de sa situation. Adoucir la dureté des mots désespérés que disent la lettre : l’abandon. Des mots qui me brûlent presque les doigts comme s’ils étaient chauffés à blanc…

Et puis je me lance, sans trop d'espoir ni de conviction. Il va se douter que quelque chose ne va pas si je continue à tourner autour du pot, ou si je ne lui raconte pas quelque chose tout de suite… Il est aveugle mais pas stupide et plus je laisse s’envoler les précieuses secondes, plus il va se douter qu’il y a un souci… Les mots timides s’échappent de ma gorge et de mes lèvres, dans un élan de fausse assurance qui cache le fait que je viens de tout inventer. Puis je termine, repliant le papier et le lui tendant à nouveau, avant de me rappeler que je suis stupide et le lui glisser entre les doigts.

Sa réaction me surprend, je ne m’attendais pas à le voir rire, et en gros comparer ça, le fait de se retrouver emmené ici sans en savoir rien j’en suis sûre, avoir du faire pas mal de route, pour atterrir dans une autre époque et se faire abandonner par la personne qui était en charge de lui à un simple caprice de sa sœur me serre la gorge. Il prend ça trop à la légère, joue à ‘’c’est pas grave’’ et c’est d’autant plus triste qu’il cache que ça l’affecte. Personne ne peut réagir aussi bien, sans colère face à ce qui s’est passé, et rien chez lui ne me donne l’impression qu’il soit le dernier des crétins et qui, aveugle ou pas, n’aurait rien compris de tout ce qui se tramait autour de lui. Une fêlure, une porte entrouverte rien qu’une seconde sur ce qu’il éprouve vraiment avant de rejouer à celui pour qui tout va bien. C’est vraiment moche ce qu’elle lui a fait…et à sa place j’aurais été…triste, en colère, j’en sais rien, j’aurais…réagi. Lui…à part une seconde de faiblesse, ce sont juste des nuages dans un ciel d’été radieux… Alors pour changer de conversation et lui faire penser à autre chose, je lui propose la première chose qui me vient à l’esprit, le réflexe de toute bonne anglaise qui a un invité, surtout un jour d’hiver : le thé.

Et quand il répond, j’hésite une seconde entre rire et soupirer face à sa vanne un peu trop appuyée. Il est le clown triste de la blague, celui que les gens vont voir quand ils ne vont pas bien, alors qu’il est bien plus triste qu’eux et ne le montre pas. Alors pour l’instant, plutôt que de le torturer à rechercher le pourquoi du comment, je préfère le faire se sentir bien ici, vu que d’après le mot le voilà officiellement devenu un de nos pensionnaires, et qu’il trouve ses marques. Que son exil ne soit pas trop dur… et surtout qu’il ne voie pas cette maison comme une prison. Enfin voie…je me comprends.

"Parfait, ça va te faire du bien après ta marche dans la neige !"

Je me lève, et je suis surprise de l’entendre vouloir m’accompagner, tournant même ça en jeu, ou challenge je sais pas. On a Thaddeus l’explorateur immobile, et maintenant Pierrot le clown triste… qui veut détourner l’attention de tout le monde sur le fait qu’il est malheureux en mettant un masque de blagues… Allez Peggy. A toi de lui faire retrouver le sourire et lui faire comprendre qu’ici il est accepté et protégé. Qu’ici il est avec les siens, accueilli et aimé. D’ailleurs pour l’instant il ne m’a pas parlé de sa particularité tiens… Il faut que je pense à lui demander. Mais pas encore. Maintenant c’est le thé, pour qu’il se réchauffe… Il se lève presque avant moi et quand je me remets sur pieds à mon tour, on commence à chanceler, aussi gracieux que des veaux qui viennent de naître avant que finalement on retombe tous les deux sur le sofa, dans une valse côte à côte plutôt ratée. Je laisse échapper un rire léger avant de me redresser, cette fois pour de bon, et l’aidant à se mettre à peu près à mon niveau.

"Voilà ! C’est bon on y est. Alors attention à la table basse. Et à trois pas à droite… non pas cette droite non je…attention. Att…non à gauche."

Et voilà mon anguille exploratrice commencer à arpenter la pièce, main tenue et petits pas, glissant entre mes mains et  tentant d’utiliser ma voix comme un sonar pour se repérer. Sauf que je suis pas un dauphin, et qu’il a l’air d’avoir un sérieux problème entre la gauche et la droite.

"La cuisine est de l’autre côté ! Tu es même pas encore sorti de la pièce !"

Je le suis du regard, ayant toutes les deux secondes le réflexe de tendre la main vers lui pour attraper ses doigts et prendre les choses en main mais se faire son opinion de la pièce par lui-même, sans mes yeux, a l’air important alors je reste là. Je le vois ensuite tourner encore une fois et avancer d’un pas presque décidé vers le piano. C’est une blague ? Non ? Non. J’ai à peine le temps de comprendre que vu la position de sa main il ne le sentira pas qu’il le heurte lourdement, faisant frémir les cordes. Je m’approche, inquiète même si lui conserve le sourire.

"Tu es sûr que ça va ? Tu ne t’es pas fait mal ?"

Puis, un peu plus rassurée, je me rapproche et effleure les touches en ivoire, en faisant sonner quelques unes.

"Devine Einstein ! Ca sera pas trop dur. Mais par contre arrête de faire du gringue à ce meuble, parce qu’il sort avec le vaisselier juste en face et il commence à être jaloux…"

Je reviens prendre son bras et l’éloigne.

"Allez…et le thé c’est par là…"

On ressort, prenant un autre couloir, passant devant une des grosses horloges et un bouquet de roses qui ne fane jamais avant d’arriver à la cuisine. Je lui fais poser le pied sur le sol en faïence et plus en parquet.

"Là…attention à la marche… avance encore un peu… la table est juste là…"

Je le guide encore jusqu’à la table où je l’installe, commençant à ouvrir les placards pour sortir tasses, théières et sucrier.
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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Mar 4 Avr - 12:02

Alone with You
Peggy & Oliver
Si tu sens glisser, y'aura des mains pour te rattraper. Tu seras pas seul. Jamais. Parce que nous on est de ceux qui croient, de ceux qui ne pensent pas que si les tables bougent, c'est parce que quelqu'un les pousse du pied.

De mes paumes, je découvre le bois de cet étrange meuble qui me semble creux et sur lequel pourtant, je ne trouve ni aspérités, ni objets qui pourraient m'aider à déterminer à quoi il sert dans cette pièce et surtout ce qu'il peut bien faire sur mon chemin. Les prunelles laiteuses perdues dans le vide et les sourcils légèrement froncés, je tente de comprendre la nature même du mobilier que je n'aurais pas dû rencontrer, si je n'avais pas comme à mon habitude mal interprété les indications de Peggy… Et si je savais enfin faire la différence entre ma gauche et ma droite… Mais passons. Au fil des secondes, je remarque tout de même que le meuble en question semble presque résonner, créant ainsi de légères vibrations qui si ne font pas tressaillir le bois que je pense être laqué vu sa douceur au toucher, arrive tout de même à légèrement faire frémir la peau de mes doigts au travers de mes gants fins, me faisant de ce fait esquisser un très léger sourire quand je pense avoir compris dans quoi je venais de rentrer. Seulement, avant que je n'ai le temps de lui faire part de mes découvertes, voilà que je la soupçonne d'être à l'origine des quelques notes aiguës qui dans l'atmosphère s'élèvent et me font sursauter, car inattendues. Le coeur vacillant, je lève un peu plus la tête vers le néant et m'autorise un léger rire, proche d'un gloussement embarrassé alors que je sens à nouveau ses doigts fins sur mon bras.

"Ah… Un piano… Je comprends mieux." Je conserve mon sourire alors qu'en sa compagnie, je me laisse entraîner vers la cuisine. "Tu sais pour le vaisselier, t'as qu'à me mettre devant, je me ferais pardonner… J'suis sûr que ça fait une éternité que personne n'est allé caresser amoureusement sa porcelaine…"

Sur sa main je pose la mienne, et alors que nous quittons le salon, j'abandonne avec un certain regret les quelques notes de ce piano sur lequel j'aurais aimé poser mes doigts pour mieux en découvrir la douceur des touches en ivoire. Le regard dans le vide, pourtant, je ne délaisse pas le doux son que font ses bottines sur le plancher de ce couloir, ni celui de l'horloge immense devant laquelle nous venons de passer et dont la course des aiguilles me semble un peu plus rapide que celle qui se trouvait dans le salon, et encore moins le parfum discret du bouquet de fleurs que nous passons. Un instant, je tente de lui faire signe de ralentir, juste pour me permettre de mieux apprécier certaines choses, et aussi, je l'avoue, de satisfaire mon envie de découvrir tout ça du bout de mes doigts curieux et encore gantés. Grâce à elle, je fais attention à la fameuse marche et sans tenter de la dévier de son objectif, à savoir boire un thé en sa compagnie, je la laisse m'entraîner jusqu'à la table à laquelle elle m'installe et m'abandonne le temps d'ouvrir, je le crois, quelques placards. Attentif, je suppose aux bruits qu'elle fait, que Peggy tire de ceux-ci tasses et théières mais aussi mélanges et sucre. Une odeur de bergamote semble flotter dans l'air mais est bien vite remplacée par celle de mon hôte, qui sans moi s'active à faire bonne figure, comme si il semblait important de sauver les apparences face à un aveugle. L'idée m'arrache un semblant de sourire alors que délicatement, je retire les gants de mes doigts désormais réchauffés, que j'abandonne à mes côté sur la table. Le temps d'une seconde, j'hésite avant de poser mes paumes sur le bois de la table, craignant que ma "particularité" ne se déclenche et ne colore ainsi la table en une teinte qui pourrait agresser la rétine de tout les habitants de cette boucle. Un léger soupir glisse d'entre mes lèvres et pourtant, enfin, je me décide à poser mes mains sur la table, n'ayant qu'un léger frisson à l'idée qu'elle puisse réagir plus mal que Cassandra. Mais n'entendant rien, je me doute que soit la table a encore sa couleur d'origine, soit elle me fait dos, le temps de remplir d'eau la bouilloire qu'elle pose désormais sur le feu.

"Je peux aider ? J'aime pas trop rester sans rien faire… Ça me donne l'impression d'être un gamin qu'est puni…" Ce que je dois être, entre nous, encore être à la moue boudeuse que j'exprime avant de me lever, en poussant plus bruyamment que je ne le pensais la chaise sur laquelle j'étais assis. "Je peux m'occuper des tasses…" Je commence à faire le tour de la table que j'effleure du bout des doigts pour ne pas en prendre un coin dans la hanche, cherchant de mon autre main, quelque chose auquel m'agripper, voir me rattraper. Je suis au loin le bruit du feu qui crépite sous la bouilloire et après quelques tâtonnements malheureux, qui manquent bien de me faire me brûler sévèrement, c'est sur elle je finis par tomber. Un léger sourire dévoile ma dentition alors qu'une de mes mains sur son épaule, j'ai un ronronnement suave pour celle dont le chemiser va sûrement changer de couleur au contact de mes doigts curieux.

"Trouvé."

Je ris très légèrement et laisse ma main glisser le long de son bras, jusqu'à ce que je sois capable d'entrelacer nos doigts. "Tu m'emmènes vers les tasses ? Ou vers les sablés ? Je dois avouer que j'ai faim… Cassie m'a même pas laissée le droit de terminer mes toasts ce matin… Elle était si pressée…" J'expire un peu d'air de mes poumons, tandis que je sens mon sourire se faire plus discret. "Comme si c'était urgent de me faire venir jusqu'ici…." Je bats des cils pour tenter de chasser au loin cette idée qu'elle voulait se débarrasser de moi, reprenant ainsi d'une voix plus atone. "Du coup… Je crois que j'ai faim…" Mes doigts quittent les siens alors que dans la bouilloire, je crois entendre l'eau se faire frémissante, mêlant aux parfums déjà entêtant de cette cuisine d'un autre temps, une certaine chaleur qui se marie étrangement bien aux mélanges d'herbes et des fleurs séchées qui embaument délicatement la pièce et se font les promesses d'un moment agréable à venir.
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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Ven 7 Avr - 23:41


Ollie & PeggyAlone With You C'est un étrange specimen qui s'est présenté à notre porte, enfin... qui y a été déposé, bien malgré lui à ce que j'ai compris. Un aveugle qui a l'air d'être tellement à l'aise avec sa situation, cet abandon dont il a l'air d'avoir été la victime,  le fait qu'il ne voie rien... rien n'a l'air d'être grave, et en quelques secondes à peine il a l'air de trouver ça normal d'atterrir ici, de n'en apprendre la raison que par une lettre écrite par sa soeur qu'il ne pourra même pas lire lui même, devant s'en remettre totalement à la personne qui le récupèrera. Et sur le coup je me dis qu'il est mal tombé parce que dès les dix premières minutes je lui ai menti. J'ai pris la vérité, je l'ai déformée et lui ai passé un beau noeud rose autour du cou pour qu'elle soit moins dure à prendre en main. J'ai enrobé cette pilule bien amère de miel avant de la pousser au fond de sa gorge, et étrangement, ce sale goût, je le sens aussi...

C'est pour ça que je lui propose du thé, pour qu'il change d'idée, de pièce et de sujet de conversation. Je me relève, et rajuste mes jupes avant de lever les yeux vers lui. C'est drôle à quel point ce geste est devenu plus qu'une habitude, un véritable réflexe. Sans même réfléchir mes mains viennent sagement relever le bas de ma robe pour ne pas que je marche dessus à chaque fois que je quitte une chaise ou un fauteuil... et dire qu'il y a quelques semaines encore ce geste m'était étranger, inconnu, et maintenant c'est devenu un réflexe. D'un coup je me demande si je vais le garder, le ramener avec moi quand je partirai d'ici, un souvenir au même titre qu'une vieille photo ou quelques fleurs séchées... Et ces quelques secondes de distraction suffisent à ce qu'il me file entre les doigts, littéralement, et avant que j'aie le temps d'attraper sa main, il a déjà trouvé le moyen de faire quelques pas et se heurter au piano. Inquiète je fronce les sourcils avant de comprendre à sa phrase que tout va bien, et qu'il joue les clowns tristes, préférant rire de tout plutôt que de relâcher une seconde le masque et de craquer, ou tout du moins révéler ses failles. Pourquoi il y tient autant? Je n'en sais rien mais peut-être que je l'apprendrai, un jour, si lui comme moi restons assez longtemps ici et si on devient assez proches pour qu'il m'en parle. Quelque chose que seul le destin nous dira, s'il est bien luné et bavard... Par contre, s'il y en a bien un qui est bavard c'est le fameux Ollie qui répond à ma pique, m'arrachant un éclat de rire alors que j'attrape sa main.

Allez le fétichiste de l'assiette à fleurs, tu pourras aller draguer les tasses de la cuisine, une armée de vieilles filles célibataires!

Je le fais me suivre à travers les dédales de couloirs, passant sur des lattes de parquet ciré qui grincent ou des tapis épais, dépassant des horloges et des tableaux qui créent le musée dans lequel je vis à présent, et dont je fais partie en tant qu'apprentie ymbryne. Un tout dont je suis une partie, ou un grand mécanisme dont je suis devenu un des rouages, sans vraiment le vouloir ou le chercher mais simplement parce que le destin s'est montré capricieux un certain jour, et a fait basculer toute ma vie comme un train dont on change l'aiguillage... Bref assez parlé d'horloges, j'ai un aveugle à conduire. Pas après pas, petit à petit on s'approche de la cuisine avant de finir par y entrer. Je le guide, l'informe sur ce qu'il va pouvoir trouver autour de lui avant de le faire s'asseoir sur une chaise, et je souris en me rappelant que Thad était assis exactement au même endroit la première fois qu'on s'est croisés... C'était quelques jours après mon arrivée et j'étais tombée sur lui un matin à l'aube... Il avait été choqué de me voir en chemise de nuit digne d'une bonne soeur et là je réaliser que tous ses beaux discours sur la bienséance n'ont pas marché vu que je ne porte toujours pas de corset...

Installe-toi là Ollie, je m'occupe de tout. Tu aimes plutôt quoi comme genre de thé?

Une fois rassurée sur le fait que mon rescapé ne risque rien, qu'il ne va pas mettre les mains directement sur la lourde cuisinière en fonte ou dans le tiroir à couteaux je commence à ouvrir les placards et à sortir tout ce qu'il faut pour un thé dans les règles de l'art. La théière d'abord, ronde et couverte de roses retrouve la table dans un léger tintement, avant que plusieurs bocaux en verre et des boites en fer blanc ne viennent la rejoindre, rapide sélection faite en fonction de ses goûts.

Je te laisse choisir celui que tu préfères, pendant ce temps je m'occupe de l'eau.

J'attrape la lourde bouilloire en fonte et la pose sur le feu après l'avoir remplie, en profitant pour raviver le feu en rajoutant une bûche qui vient crépiter dans les entrailles de la cuisinière. Je referme la porte de métal qui grince et pars ensuite à la chasse aux tasses. Le nez dans les placards de vaisselle à l'intérieur tapissé de papier peint je me concentre sur ma quête, et manque de tomber à la renverse quand je sens une main se pose sur mon épaule, laissant échapper un hoquet de surprise. Notre clown aveugle sait aussi se montrer sacrément discret, au point que je ne l'ai entendu ni se lever, ni s'approcher.

Ollie tu m...

Je me fige en sentant cette même main glisser le long de mon bras alors qu'il est tout près de moi, dans mon dos, au point de sentir son souffle tiède dans ma nuque, et sa voix un peu rauque me colle des frissons. Jamais un homme ne s'est tenu aussi près de moi, enfin pas comme ça, et je commence à avoir très chaud, surtout quand ses doigts fins glissent le long de ma manche jusqu'à mon poignet, puis ma main qu'il attrape. C'est seulement là que je réalise ce qui vient de se passer, et ce qu'il a voulu faire. Il me cherchait simplement, de la seule façon qui était possible pour lui : du bout des doigts. Punaise Peggy... faut que tu arrêtes de te faire des films... Ce brave garçon n'est pas un satyre qui va vouloir te trousser sauvagement sur la table entre deux bocaux d'infusion, ni un garçon qui sera tombé sous ton charme au bout de seulement cinq minutes et qui tente maladroitement de faire ta conquête. Je pourrais me gifler parfois... Soupirant doucement je le ramène jusqu'au placard où sont entassées les fameuses tasses et lève la main qu'on partage avant de l'abandonner sur une des étagères.

Là... juste là. Prends-en deux... et pour ce qui est de déjeuner, je vais voir ce qui reste.

Eh oui ici pas de frigo, tout est acheté frais du jour... une autre habitude qu'il a fallu que j'abandonne... et tout en l'observant chercher les deux morceaux de porcelaine, je l'écoute et ma gorge se serre quand il reparle de sa soeur, celle qui l'a fait partir tellement vite le matin même qu'il n'a rien avalé ou presque, en plus de le laisser ici tout seul avec une simple lettre en guise de seule explication. Qui peut faire ça? Comment on peut en arriver à ce point? Je secoue la tête et attrape ce qui reste du cake au citron et dépose l'assiette sur la table avant de le rejoindre quand il a les deux tasses en main.

Attends, reviens par là on va s'installer.

Je viens reprendre sa main et l'attire lentement vers moi, posant l'autre main dans son dos pour le diriger vers la chaise qu'il a abandonnée un peu plus tôt.

Voilà. Maintenant tu restes assis et tu ne me fais plus de frayeur tu veux? L'eau bout, alors attends juste trente secondes et tout sera prêt!

J'attrape un torchon pour sortir la bouilloire du feu, je remplis la théière, plonge la boule à thé remplie du mélange qu'il a choisi et je lui sers une grosse part de gateau avant de déposer l'assiette devant lui. Je viens mettre une fourchette dans sa main, et de l'autre je lui fais toucher le morceau de nourriture. Et c'est là que quelque chose cloche.

Là, c'est du cake, il est excellent. J'espère que ça te plaira! Et je... mais attends... elle était pas verte ma robe?

Je reste figée sur le coup, contemplant le morceau de tissu sans trouver d'explication logique à ce phénomène.
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MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Dim 23 Avr - 17:39

Alone with You
Peggy & Oliver
Si tu sens glisser, y'aura des mains pour te rattraper. Tu seras pas seul. Jamais. Parce que nous on est de ceux qui croient, de ceux qui ne pensent pas que si les tables bougent, c'est parce que quelqu'un les pousse du pied.

Mon estomac grogne un peu mais c'est à peine si je l'écoute, ignorant ainsi la faim qui me tiraille pour plutôt me concentrer sur l'essentiel, où du moins ce qui semble occuper mes pensées et qui essaye ainsi de me faire oublier le reste. La promesse de quelques biscuits à grignoter s'évapore tandis qu'à mes oreilles, reviennent les souvenirs pas si lointain de cette matinée qui ne doit même pas être terminée. J'entends à nouveau sa voix trembloter et se faire pressante alors qu'elle attrape mon poignet pour me tirer jusqu'à ma chambre pour m'habiller... Je m'entends plaisanter, je me sens sourire et ignorer la pointe d'angoisse en mon être, comme je le fais en cet instant, où Peggy, avec une douceur qui fait tendrement frissonner ma peau, m'entraîne jusqu'au placard où se trouve les tasses. A la manière d'un pantin que l'on guide, je la laisse me manipuler, lui faisant ainsi confiance quand elle abandonne sur le rebord du meuble, ma main désormais seule de part l'absence de la sienne. Ramené à moi par la fraîcheur de la porcelaine qui prend la poussière, je rouvre un peu plus les yeux, en une mimique instinctive que mon corps exécute pour faire naître sur mon visage un semblant d'émotion qu'un voyant pourrait remarquer et apprécier. Pour les tasses que je sens et effleure désormais du bout de mes doigts, je reviens à moi et redeviens cet enfant coincé dans le corps d'un aveugle, qui au lieu de prendre les deux premières tasses qu'il rencontre, préfère partir à l'aventure et en chercher deux qui raconteront à ses paumes de bien belles histoires. Ainsi, de mes mains, je découvre et apprends la nature des différentes tasses qui s'offrent à moi, ne m'intéressant pas à celles dont la surface est lisse mais plus à la première que je trouve et dont la légère fêlure sur le bord m'arrache un sourire de gamin heureux. Mes doigts se referment sur la porcelaine fragile alors que j'en cherche une autre, arrêtant finalement mon choix sur une tasse à la peinture légèrement en relief.

Plus curieux, je me permets de l'étudier un instant du bout de mes doigts, découvrant ainsi que le service qui s'offre à moi est en réalité décoré de délicates fleurs et arabesques, qui doivent être pour les voyants ce que les caresses de quelqu'un d'aimant doivent être. M'amusant de cette réflexion, je garde sur mon cœur mes trouvailles, décidant en silence que c'est dans ses deux tasses que nous prendrions le thé. Et avant qu'une catastrophe ne se produise, avant que je n'ai en réalité la chance de faire un pas sans elle, je n'ai le temps que d'entendre une assiette heurter le bois de la table avant de sentir sur mon bras les mains de Peggy, qui sûrement peu désireuse de me voir à nouveau déambuler librement, préfère me ramener de force à la table à laquelle elle m'installe. J'avoue esquisser une moue boudeuse quand en plus elle me déleste de mes tasses tout en me disant gentiment de rester tranquille.

"C'est dingue, pourquoi toutes les femmes que je finis par croiser me disent toutes ça ? Vous avez peur de me perdre ou simplement que j'ai les mains baladeuses ?"

Je tente d'ajouter un sourire à ma remarque mais peine un peu, car trop occupé à écouter ce qui se passe autour de moi. Sans attendre une réponse de sa part, trouvant de toute façon la question quelque peu rhétorique, je trouve celle-ci dans la bouilloire qui siffle et l'eau chaude qui commence à remplir la théière, créant ainsi des volutes parfumées qui viennent me susurrer les arômes puissants d'un thé noir que j'aurais le droit de déguster dans quelques minutes quand le breuvage cessera d'être brûlant. Dans un relatif silence je la laisse désormais évoluer, l'écoutant s'occuper avec attention de découper un morceau de gâteau si j'en crois le tintement léger que j'entends sur le plat, puis l'odeur qui me parvient. Entre mes doigts, j'accepte sa fourchette et quand elle m'annonce que c'est du cake, je souris, agréablement surpris.

"J'en doute pas... Je te fais confiance"


Je plante ma fourchette dans la douceur spongieuse, qui sans trop de résistance finit par être coupé en un morceau que je porte à mes lèvres et dévore avec envie. Un soupir de plaisir m'échappe et alors que je mâche mon morceau de cake, j'hausse un sourcil quand elle me questionne sur la couleur de sa robe.

"Vert ? C'est quoi vert déjà ?"


Sans honte je lui réponds la bouche pleine et les lèvres surement pleines de miettes. Je me dote que c'est une couleur et qu'elle va avoir d'ailleurs, cette réponse stupide qui va tenter de me faire passer pour un parfait abruti, alors histoire d'empêcher cette perte de temps, je reprends, la fourchette à nouveau plantée dans la part de cake.

"Hmm, me doute que c'est pas la couleur de base de ta robe, mais comme j'ai jamais vu de ma vie... J'sais pas à quoi ça correspond."

J'enfourne une autre bouchée de cake avant de reprendre.

"Parce qu'elle est comment ta robe maintenant ?"

Sûrement d'une autre couleur. Les mots de Cassandra me reviennent. "Tu devrais garder tes gants Oliver, tu contrôles pas ton don, et même si ce n'est pas dangereux... Les autres pourraient se lasser de devoir sans cesse le subir." Je déglutis et joue un peu avec la fourchette, parfaitement conscient que ce don que je continue de nier vient sûrement de faire de nouveau des siennes. Je pense aux tasses, à la table, et même à la fourchette que je tiens entre mes doigts. Je fronce légèrement les sourcils et décide de balayer tout ça au loin, me murant dans un certain silence avant de simplement recommencer à manger comme si de rien n'était.
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A Kiss with a Fist
You hit me once, I hit you back, You gave a kick I gave a slap, You smashed a plate over my head then I set fire to our bed©alas.
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Margaret Nebulosa

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❧ Crédits : Bazzart


MessageSujet: Re: (Peggy) ▽ Alone with you   Dim 28 Mai - 23:16

Je ne m’imagine pas une seconde vivre sans pouvoir voir. C’est tellement naturel, tellement simple et évident que je ne peux pas envisager une journée sans distinguer les émotions d’un visage, sans admirer le feu et l’or d’un coucher de soleil ou l’explosion de couleurs d’un bouquet de fleurs, sans pouvoir me repérer tout simplement, sans avoir peur de me blesser ou tomber. Vivre dans une nuit permanente… Tout ça me terroriserait et je ne pense pas que j’arriverais à m’en sortir aussi bien que lui. Je l’admire dans un sens, la facilité avec laquelle il se débrouille sans un de ses sens, et cette sorte d’optimisme qui a l’air d’être vissée à son squelette avec des vis en acier. Sa sœur l’abandonne, il se retrouve tout seul dans une boucle étrangère, sans personne qu’il connaît et pourtant il donne l’impression d’être fait de bulles de champagne et d’éclats de rire… même si je sens la tristesse sous son masque de clown triste…

Enfin, j’applique une méthode qui a déjà fait ses preuves : le thé. On passe dans la cuisine, et il m’assiste d’une certaine manière alors que je navigue entre les placards et le vaisselier, entre l’évier et la cuisinière, tout en gardant un œil sur lui pour ne pas qu’il se blesse. Et après quelques rires et quelques frissons qu’il est arrivé à faire courir dans ma frêle personne bien malgré lui, il est finalement sagement assis, le sourire aux lèvres et le regard perdu bien loin.

Et je ris, l’observant par-dessus mon épaule alors que je remplis la bouilloire quand il s’étonne que, d’après lui, tous les spécimens de la gent féminine lui serinent de rester sage et tranquille.

C’est plutôt pour éviter que tu ne te tues idiot ! Ou au moins que tu te fasses mal !

Bientôt il se retrouve face à de quoi boire et manger, et je m’assieds enfin, ne réalisant qu’à cet instant que quelque chose cloche. Pas avec lui non, vu qu’il fait un sort au cake avec le plus grand appétit, et le thé est en train d’infuser. Non le problème vient de ma robe. Elle a…changé de couleur. Alors oui, dit comme ça, ça a l’air stupide. Je me suis habillée ce matin, j’ai bien enfilé une robe, cette même robe que je porte, et pourtant…je… elle était verte. Je veux dire, on se souvient de ce qu’on a mis. On se souvient de ce qu’on a passé le matin-même, de la couleur et de la forme de ce qu’on a sur les épaules. Surtout qu’ici encore plus qu’ailleurs, la garde-robe est limitée, et j’ai en tout deux robes. Je les connais par cœur. Je connais les boutons que j’ai recousus et la dentelle que j’ai raccommodée et pourtant j’arrive pas à expliquer que la robe était verte et maintenant elle est d’un bleu gris couleur de nuage chargé de pluie. Ma réflexion quitte mes lèvres sans même que je m’en rende compte, et c’est sa réaction à lui qui me surprend.

Eh bien je… j’étais sûre qu’elle était verte ce matin et là elle est… bleue, un bleu qui tire sur le gris. Enfin ça ne doit pas te dire grand-chose mais elle a…changé de couleur. C’est dingue mais elle…elle est plus de la même couleur que ce matin… C’est fou.

Mes yeux se posent sur la théière, et toujours perdue dans mes pensées je remarque qu’il n’a toujours pas été servi et qu’il infuse encore. Je remplis nos deux tasses et dépose la sienne devant Oliver dans un léger tintement avant d’attraper sa main pour lui faire effleurer la porcelaine.

Ta tasse est là mais fais attention, c’est chaud…

Le regard vague, fixé sur sa tasse sans vraiment y prêter attention, je repense à cette situation complètement... dingue? Douter sur la propre couleur de ses vêtements. C'est idiot mais sur le coup ça me travaille, et c'est pour ça qu'il me faut quelques secondes pour réaliser que... ma robe n'est pas la seule chose qui a changé de couleur. Et sous mes yeux cette fois. La tasse qu'Ollie a entre les mains était blanche aux fleurs roses. Et maintenant elle est totalement grise, comme ma robe. Il... est-ce que ça aurait pu être lui? Après tout c'est vrai que je ne lui ai pas encore demandé quelle est sa particularité... Je me racle doucement la gorge, soudain beaucoup plus attentive à ce que font ses mains.

Ollie... Si tu me disais quel est ton don? Je ne te l'ai pas demandé... Tu... tu serais pas capable de faire changer les objets de couleur si? Ou quelque chose du genre?


On a beau chercher, on ne trouve jamais que soi même.
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(Peggy) ▽ Alone with you
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