AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 We are the poisoned youth [Camille]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: We are the poisoned youth [Camille]   Jeu 9 Mar - 9:03



We are the poisoned youth


Avec Camille Barthélemy



Vincent resserra les pans de sa veste autour de son corps en regardant autour de lui. Il venait de mettre le pied en dehors de chez lui, et le froid mordant venait de lui donner un long frisson glacé. Il avait beau vivre dans cette boucle depuis un moment maintenant, il ne s'habituait pas au froid. Pour lui, qui avait vécu des années en Afrique, le levé du soleil indiquait la chaleur... Ici, c'était gris et froid, et le sifflement des bombes faisait peser une ambiance lourde et angoissante. Il ne s'y faisait pas non plus, c'était pourtant devenu son quotidien, et s'il appréciait tout particulièrement en prendre des photographies, cela n'en restait pas moins terrifiant. Il avait analysé chaque bombe proche, savait où une de ces dernière allait tomber, à quelle heure, et quels seraient les dégâts, quand bien même, il y avait toujours cette peur lancinante qui palpitait sous sa peau au rythme de son cœur affolé. Il bravait la mort lors de ses expéditions photographiques, et si l'adrénaline en découlant avait un effet grisant, son esprit n'en était pas pour autant tranquille.


Le fait était que pour une fois, il ne sortait pas avec son appareil photo à la main, il n'avait pas prévu une énième séance. Il comptait seulement rejoindre ce qu'il avait comme son plus proche ami, si les choses pouvaient être dites de la sorte. Il appréciait énormément Camille, et s'il ne l'aurait jamais avoué, les faits étaient là. Il n'aurait jamais pensé pouvoir aussi bien s'entendre avec quelqu'un aillant un caractère aussi proche du sien, ils auraient dû tenter de s'étriper l'un l'autre si les choses avaient gardé une certaine logique, mais la logique n'avait plus de sens ici bas. Ils s'étaient donc trouvés tous les deux une capacité certaine à s'entendre sur ce qui était mauvais, sur une petite goutte d'alcool assis à la terrasse d'un bar presque désert, à commenter le peu de passants qui arpentaient les rues. Le quartier des portes leur offrait un semblant de vie plus tumultueuse à critiquer, et leur propre cynisme avait parfois la capacité de l'impressionner. Il savait qu'ils n'étaient pas justes, que parfois ils allaient un peu loin, mais cela lui faisait du bien. Il n'aimait pas le monde, il haïssait ce que ce dernier lui avait fait, et lui faisait encore. Il s'était battu de toutes ses forces pour devenir ce qu'il voulait, et l'univers dans son désir incompréhensible de le faire souffrir lui avait tout enlevé. Il était allé s'exiler sur un continent qui l'avait fasciné mais aussi terrifié, tout cela dans le but de réussir un jour une carrière de journaliste, paraître à la télévision, et s'il l'avait pu, il aurait bien glissé une remarque cynique à son père, qui était toujours devant le petit écran, et qui s'était évertué à lui dire qu'il ne serait jamais gagnant. Il l'avait fait, il avait fait surface et il avait fait ses débuts, il avait une carrière prometteuse, et la vie en avait décidé autrement. Il avait fallu qu'il ait une particularité qui avait décidé de prendre son temps. Il avait donc tout naturellement disparu à l'antenne, et pour éviter le scandale, il s'était retrouvé coincé dans cette boucle. Il se souvenait avoir lu, dans son enfance et un peu plus tard aussi des bandes dessinées qui reflétaient son désir de se battre contre la vie, et s'il avait été possible de se glisser dans ces dernières, il aurait volontiers rejoint les rangs de Magnéto. Pourquoi se cacher dans des boucles, pourquoi ne pas montrer aux humains ce qu'ils pouvaient faire et tout ce que cela avait de merveilleux. Il connaissait la réponse, et se savait de mauvaise foi, mais lui qui n'avait pas une particularité dangereuse pour qui que ce soit, il trouvait cela injuste. L'injustice qu'il ressentait le rendait encore plus amer que ce qu'il avait été par le passé. Tout cela conjugué, et bien sûr d'autres données personnelles l'avaient mené à apprécier de plus en plus la présence de Camille, et sa capacité à le suivre dans l'art de cracher son venin sur les autres, même si cela était plutôt amusant de penser à cela venant de Camille....


La particularité de Camille avait d'ailleurs fasciné Vincent dès la première fois qu'il en avait entendu parler. Il n'imaginait pas tout ce qu'il aurait pu faire avec une capacité pareille, il s'imaginait sans peine faire souffrir tous ceux qui l'avaient un jour mit à bas, et il n'aurait jamais jugé Camille pour avoir fait cela. Il en avait la capacité, alors pourquoi s'en priver ? Vincent ne s'était pas gêné pour lui poser des questions, pour essayer de comprendre le fonctionnement, et aussi, essayer de lui tirer quelques petites anecdotes des fois où il avait eu recours à sa particularité. Il en avait fait tout un article, qu'il gardait parmi ceux qu'il ne comptait jamais publier, il avait fait une histoire plus romancée, avait changé les dates et les lieux, avait changé les noms... En soit, Camille était une source inépuisable d'inspiration pour lui, simplement parce que ce dernier ne cessait jamais de le surprendre, et il faisait partie de ce genre de personnes que Vincent appréciait tout particulièrement : de ceux qui ne se révélaient jamais. Il avait beau creuser, il savait qu'il ne le connaîtrait jamais vraiment. Il avait ses secrets, ses états, et c'était passionnant.


Vincent rejoignait donc son ami, à leur emplacement favori : une petite table en terrasse, si on pouvait se permettre d'appeler cela ainsi. Vincent avait été particulièrement pénible en ce qui concernait le fait de pouvoir tranquillement fumer à l'extérieur, même en qualité de fumeur, il détestait les salles enfumées, et s'il était rare que cela arrive encore, il avait quand même un mauvais souvenir de ces salles dans lesquelles on pouvait à peine respirer. La table était toute proche de la porte d'entrée, presque collée à cette dernière, si bien qu'il leur arrivait régulièrement d'être bousculés par quelqu'un qui tentait de passer, et ils étaient assez conciliants, même s'ils ne se gênaient par la suite pas pour devenir désagréables avec la personne en question. Habituellement, Vincent prenait la place la plus proche de la porte, pour éviter que qui que ce soit ne vienne mettre un coup à Camille, et il avait fait cela tout à fait spontanément, dans un élan d'altruisme qu'il s'ignorait. Il fallait croire que ce dernier bénéficiait particulièrement de son affection. Cependant, cette fois Camille était arrivé avant lui, et avait de lui-même prit place près de la porte. Il ne s'était cependant pas posé de question, et s'était installé après l'avoir salué de manière presque trop enjouée. Il sentait d'ores et déjà que l'après midi allait être agréable en sa compagnie, et il avait commandé un simple café, pour commencer...


- Dis moi Camille... Demanda-t-il calmement en portant sa tasse à ses lèvres. Est-ce que tu as déjà voyagé dans d'autres boucles ?


La question lui était venue spontanément, pour commencer un semblant de discussion. Il se posait des questions sur les autres boucles, se demandait s'il était facile de s'habituer à un changement radical d'époque, s'il était possible d'être comme ils étaient ailleurs. Sans tomber dans les banalités, il aimait savoir, et c'était une question qu'il n'avait étrangement jamais posé à son ami, il n'était cependant pas trop tard, de toute évidence.
Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Camille Barthélemy

avatar
- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Dim 12 Mar - 13:13

We are the poisoned Youth
Vincent & Camille
Wayne comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y a pas de galère. Je le dirai ni à ton père ni à ta mère, ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

14h46. La pluie cesse tout juste, les derniers gouttes s'écrasent au sol et complètent les flaques qui dans les rues de cette ville à moitié détruite par la folie des hommes, peinent à exister Vers le ciel, je lève péniblement le nez, plissant les yeux face à la teinte grisâtre des nuages et à la lumière désagréable de cette journée tout aussi déplorable que les précédentes, et viens à me demander si il est réellement raisonnable de quitter le calme relatif de la maison de maître avant de me rappeler à juste raison que si je déambule en cet instant dans les rues du quartier des portes, c'est justement dans le but de fuir cette vieille bâtisse devenue cage à mes yeux au fil des années. J'évite les flaques qui entre les pavés se forment encore et toujours au même endroit, tandis que dans un silence apprécié, c'est en compagnie de Vincent que je parcours la rue, cherchant du regard la table en terrasse sur laquelle nous allons nous poser et qui ne sera dans la vie des habitants de ce quartier, qu'un événement ponctuel qui demain sera oublié. Notre venue aura été pour eux presque un rêve, une hallucination qu'impossible de correctement saisir, ils devront laisser filer pour reprendre leur quotidien interminable et fade, leur purgatoire personnel où le libre arbitre est une illusion et où les gestes ne sont plus que des réflexes presque mécaniques que chaque jours ils répètent, pensant en plus être des êtres capables de décider de ce qu'ils sont. Si ils savaient. Si ils avaient conscience de n'être que des marionnettes… Seraient-il si heureux à l'idée de voir la pluie cesser de battre le pavé et de servir un café, ou tout autres boissons, à des clients qui viennent parce que c'est ce qu'ils doivent faire en cet instant précis ? L'idée fait naître en moi une pointe de curiosité qui rapidement se retrouve diluée dans l'indifférence qui se fait comme du sang mes veines et qui en plus de permettre à mon coeur de battre, me fait arborer cette expression de nonchalance qui flirte avec le mépris tandis qu'à notre table, Vincent et moi nous nous installons.

De mes lèvres, il s'échappe un soupir tandis qu'élégamment, j'en viens à croiser les jambes, posant une main sur la table alors que l'autre se repose simplement sur ma cuisse. Du coin de l'oeil j'oublie mon compagnon de cet après-midi, et une fois notre café commandé, je patiente en tergiversant sur l'utilité réelle de cette boucle et mon envie de voyager. Assis non loin de la porte, car désireux de changer une habitude que Vincent voulait imposer, je prends une légère inspiration, n'offrant à celui-ci qu'un rapide coup d'oeil qui selon mes standards est presque un sourire amical qu'en cet instant je lui offre. Certes, je pourrais faire un effort et dévoiler ma fine dentition afin d'appuyer plus lourdement sur ce qui est une évidence, mais par respect pour celui qui décide de partager avec moi un café, je lui offre ce doux moment de flottement et lui épargne les mots creux que ceux qui ont besoin de se rassurer profèrent sans cesse, espérant ainsi susciter chez leurs auditeurs une once de compassion ridicule. Une fois nos tasses apportées, et d'un regard le serveur remercié, je viens attraper la mienne du bout des doigts, la portant à mes lèvres avec une grâce qui ne sait toucher que les serpents, soufflant rapidement sur le breuvage avant d'en siroter une timide gorgée. Et alors que le goût amer de celle-ci me fait doucement plisser le nez, c'est un haussement de sourcil étonné que j'offre à Vincent, qui en plus de se permettre de rompre notre silence partagé, soulève une interrogation qui à défaut de m'amuser, m'agace quelque peu.

"Ciel, est-ce que tout le monde s'est fait passer le mot pour n'avoir que cette question à la bouche ?" Ma langue claque contre mes dents, et d'un geste bien moins gracieux que le précédent, je repose la tasse dans sa soucoupe de faïence blanche. "D'abord Marie, et maintenant toi… Qu'avez-vous tous en ce moment avec cette idée de voyager ?"

J'esquisse une moue agacée et peu enclin à répondre réellement à cette question, je tends tout d'abord ma main vers lui, exigeant en ce geste qu'il dépose dans ma paume une cigarette que je pourrais fumer avec lui. "À croire que ça vous tra…" Alors que je tente d'amorcer un début de réponse, tournant légèrement la tête vers la porte, voilà que le passage de l'un, crée l'accident malheureux. Quelqu'un tente de laisser place au serveur et permet ainsi à son coude de trouver mon nez d'une façon trop brutale pour être pardonnable. Un grognement m'échappe face au choc, et alors qu'une vive douleur m'arrache un juron, je porte les mains à mon nez, découvrant ainsi rapidement la chaleur de mon sang qui déjà vient souiller le bout de mes doigts. Me tournant plus vers Vincent et non sans avoir tout d'abord siffler à l'encontre du malheureux qui voulait m'aider de dégager, je tente de juguler l'hémorragie comme je le peux, me souciant plus de ne pas tâcher chemise et pantalon que de penser à ceux que je pourrais blesser à cause de ma particularité. Mes prunelles bleutées se posent dans celles de Vincent et alors qu'il coule entre mes doigts de longs filets vermillons, je lui jette un regard aussi sombre peut-être que le café dans nos tasses, lui intimant l'ordre silencieux de ne point rire, sous peine lui aussi de terminer avec le museau plein de sang ou pire, avec un peu de mon hémoglobine sur le bout des lèvres, un baiser mortel qui aurait pourtant la teinte de la passion que je n'offre pourtant qu'à une personne.

Made by Neon Demon



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.


Dernière édition par Camille Barthélemy le Lun 13 Mar - 2:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Dim 12 Mar - 17:52



We are the poisoned youth

Avec Camille Barthélemy


Vincent se redressa légèrement, dans un lent mouvement empreint d’agacement. Leur présent silence lui était tout aussi gré que ce qu'il pouvait l'être à Camille, il se retrouvait sujet à un courroux qui n'avait de raison que son désir d'être agréable avec un autre être humain. Cela lui arrivait pourtant rarement, et son regard sombre se posant sur l'homme en face de lui, prouvait sa résolution à ne plus jamais faire ce genre de tentative. Qu'avait-il cru ? Il savait pourtant Camille capable d'être aussi agréable que ce qu'il pouvait lui-même être, ce qui signifiait qu'il manquait cruellement de cette qualité. Qu'en avaient-ils à faire, après tout ? Ils n'avaient pas de preuves à donner, et le fait de s'installer à une terrasse, ne les obligeait en rien à se comporter comme des passants dépourvus du moindre intérêt. Ils étaient ce qu'ils étaient, et se retrouvaient le plus souvent dans ce silence plaisant. Un silence qui rompait le bruissement constant de ce monde ravagé. Vincent leva le visage vers le ciel qui lui semblait rougeâtre, comme s'il avait reflété la mort même qui se déroulait sur terre, comme si un Dieu quelconque avait décidé de faire des nuages un miroir. Peut-être pensait-il que les hommes, dans leur éternelle sagesse qu'ils s'espéraient tant, puissent comprendre que le combat devait cesser. Ces morts qui pourtant revenaient tous les jours lui semblaient être d'un tel ennui... Il croisait des visages voués à disparaître, encore et encore, et le lendemain, tout cela recommençait. Il se sentait parfois perdre l'esprit, et tentait de se rattacher à ce semblant de normalité que lui offraient les autres syndrigastis. Le silence réconfortant qui lui apportait la présence de Camille n'avait pas à être interrompu, il aurait sans doute dû s'en douter, cependant son désir de connaissance était passé avant la prudence, et le serpent avait posé son regard sur lui. Le caractère de Vincent lui avait permis de lui retourner cet agacement non feint. Il ferma calmement les yeux et prit à son tour une gorgée de café brûlant, ce faisant, un soupir de bien-être lui échappa. Il appréciait la sensation de chaleur se faisant ressentir le long de son corps, et dans un frisson presque incontrôlable, il resserra légèrement ses bras contre son corps.

- C'était seulement de la curiosité, et pas une envie de voyager. Souligna-t-il tout de même, sa main libre pianotant d'agacement sur son genou, son autre main allant poser une cigarette dans celle de Camille. Quoi-que l'idée de te fuir ne me semble plus si mauvaise.

Il avait sourit dans un élan de cynisme qu'il osait rarement montrer, cependant, il savait pouvoir se le permettre en présence de Camille. Un instant, il détailla ce dernier du regard, ses yeux glissant lentement le long du corps de ce dernier. Oui, il aurait aimé écrire à son sujet... Sa manière de bouger, de parler, le mouvement de ses yeux, jusqu'à ses traits et ses expressions étaient dignes d'un personnage de romance. Il en aurait fait un éphèbe prétentieux, aux vertus remises en doute. Vincent songea soudain que si Dorian Gray avait eut un visage dans l'esprit d'Oscar Wilde, Camille en avait sans doute été inspiré. Il n'avait en aucun cas l'air juvénile que ce jeune homme était supposé avoir, mais il avait sa déchéance dans le regard, et sa langue n'avait pas à envier sa fourberie. Il se profilait déjà dans son esprit, des histoires à créer, à rêver. Car si le journalisme avait sa préférence, il n'était pas avare de romance, et se plaisait à écrire le soir, à la douce lueur d'une bougie crépitant non loin. Comment allait-il le décrire ? Il aurait pu aller à la facilité, et dire que ce jeune homme avait été taillé dans la pierre, un modèle de perfection que seuls les artistes à talent savaient créer. Mais pourquoi user de facilité ? De plus, cela n'aurait été qu'un pâle reflet de la réalité. Non, Camille n'aurait su être décrit comme une statue sans honte. S'il devait avoir un nom, il aurait porté celui de nephilim, de ceux tombés loin de la grâce de Dieu. Son visage au traits parfaits pouvait renvoyer à ces anges abandonnés, et leur déchéance prouvait leur inaptitude à se tenir droit. Camille serait un nephilim de la plus belle espèce.

Fier de son idée, Vincent tourna le regard vers Camille à l'instant précis où le coude de cet autre vint s'échouer sur le nez de jeune homme, et au regard de ce dernier, le reporter comprit sans peine qu'il n'avait pas le droit d'en rire. Cela ne lui avait pas effleuré l'esprit pourtant, s'il était volontiers cynique, et si constater la douleur des autres pouvait dans certains cas l'amuser, cela n'était pas le cas lorsque la personne concernée lui était chère. Il pouvait en dire ce qu'il voulait, il appréciait Camille, et voir le liquide carmin serpenter le long des doigts de ce dernier n'avait rien de comique. Il ne se priva donc pas pour maugréer à son tour quelques paroles intimant à ce malotru de continuer son chemin. Il plongea ensuite sa main dans sa poche, en tirant un mouchoir de tissus propre, et dans un réflexe malheureux, il le tendit en direction de Camille pour lui venir en aide, pensant être d'une quelconque utilité en ce qui concernait le fait de ne pas tâcher ses vêtements... Vincent commençait à assez connaître ce dernier pour savoir que c'était actuellement sa préoccupation, et non pas la potentielle douleur relative au coup reçu. Mouvement malheureux, une fois encore, et l'extrémité de son index alla effleurer le sang de Camille, rappelant à son souvenir de manière brutale qu'il aurait mieux fait de s'abstenir. Les doigts de sa main intacte se crispèrent, lui faisant lâcher la tasse qu'ils renfermaient. Cette dernière alla s'écraser au sol dans fracas qui sembla résonner à ses oreilles, alors que le vacarme de son cœur ratant un battement venait de retentir à ses oreilles. Le monde lui semblait comme assourdi par un roulement de tonnerre silencieux, et il ramena lentement sa main à lui, saisissant son poignet d'une telle force que ses phalanges en devenaient blanches.

- Camille... Articula-t-il entre ses dents, alors que déjà son regard se voilait légèrement.

D'un simple regard empreint à la fois de panique et de douleur, il désigna sa main, sur laquelle le liquide vital s'était sournoisement répandu. Il sentait déjà son épiderme réagir à la présence du sang. La morsure du poison lui semblait à la fois brûlante et glacée, et ses doigts tremblants demandaient un répit qui ne saurait leur être donné. Il dissimula sa main sous la table dans un grognement, tandis que son cœur pulsait à ses oreilles. Qu'elle erreur n'avait-il pas commise ici... Il lui semblait que la totalité de ses muscles s'étaient tendus dans un même ensemble, et sans qu'il ne le veuille, il lança du regard, un appel à l'aide à Camille...  
Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Camille Barthélemy

avatar
- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Lun 13 Mar - 2:04

We are the poisoned Youth
Vincent & Camille
Wayne comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y a pas de galère. Je le dirai ni à ton père ni à ta mère, ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

Le sang devient des serpents vermillons entre mes doigts, des vipères qui s'enroulent presque amoureusement autour de mes phalanges et qui me sifflent la douce mélodie d'un temps pas si lointain, où curieux, je n'hésitais pas à porter à mes lèvres ce liquide vermillon et empoisonné dont je voulais connaître autant l'arôme que la texture. Je me souviens avoir espéré un instant lui trouver un goût différent de celui de Gustave, mais non… Une fois les quelques gouttes déposées sur ma langue, la déception avait pris la place du cuivre et de la chair, me laissant avec cet étrange dégoût, qui pendant des nuits m'avait gardé éveillé et m'avait fait me questionner sur la légitimité même de mon existence. Car après tout, si mon sang n'avait que pour seule différence d'être vénéneux, pourquoi ne coulait-il pas dans les veines de Gustave et pourquoi nos consciences ne faisaient pas une ? Pourquoi n'étions-nous pas un seul être ? Pourquoi notre âme devrait ainsi, mutilée et forcée à exister dans deux enveloppes charnelles si semblables ? Tant de questions qui ne trouvant pas de réponses sont devenues au fil des année une obsession malsaine, une rengaine délirante que dans mes moments solitaire, je consumais à la manière d'une cigarette qui trop fumée menacerait de me brûler la peau. De mauvaises pensées dont Gustave ne m'a pas protégé et dont en cet instant où mon propre sang poisse mes mains, reviennent pour chantonner à mon oreille une désagréable vérité qui en plus de faire se verrouiller ma mâchoire, crée en mon coeur un cocktail dangereux avec la douleur, qui fait gronder en mon âme une rage qui ne demande qu'à être hurlée. Les prunelles toujours plantées dans celles de Vincent, j'avoue être tenté un instant de lui cracher au visage poison et sang, mais me retient, car l'appréciant sans vouloir trop ouvertement l'admettre, je m'en voudrais presque d'être cette chose qu'il aime et qui pourtant lui soit fatale. Ainsi, en silence et d'un simple battement de cils, j'accepte ma situation et espère simplement que le sang qui déjà commence à coaguler sur ma peau pâle ne tardera pas longtemps à cesser de couler. Mais voilà, il faut que celui qui me fasse face décide de répéter l'erreur de bien de mes proches et de tenter de voler à mon secours, en me collant presque de force un mouchoir sur le nez, oubliant très certainement en cet instant qu'il jouer avec le feu et qu'à croire que celui-ci n'est pas si dangereux, on se fait brûler à tout les coups. Mes lèvres s'entrouvrent, sûrement pour lui intimer l'ordre de se reculer mais il est trop tard, quand sa main vient repousser la mienne et qu'il plaque sur le haut de mes lèvres le mouchoir en tissu, c'est quelques gouttes de sang qui sur ses phalanges tombent. D'un battement de cils je me désole de ça, mais d'un mouvement de recul, je fais part de mon agacement certain, y ajoutant même un sifflement presque mauvais pendant que Vincent, accablé par la douleur cuisante du poison qui déjà attaque sa peau, se permet d'articuler mon prénom en une plainte faussement dissimulée.

"C'est ça de ne pas être capable de garder ses doigts pour soi… Ta mère ne t'a jamais dit qu'on ne donnait pas sa main à la panthère qui a la gueule grande ouverte ?"

Sous le tissu et mes doigts, j'esquisse un léger sourire pour celui qui face à moi souffre tant et réclame d'un regard de chien battu qui me laisse froid l'aide que j'hésite une petite seconde à lui offrir.

"Tu souffres ? Tant mieux. Ça t'apprendra à briser les règles que j'établis entre nous. Quand je dis que tu ne dois pas me toucher sans avoir eu au préalable ma permission, ce n'est pas pour rien Vincent, c'est pour justement éviter que ce genre de choses arrivent."

D'un geste dédaigneux j'éponge mon nez et renifle un peu, me contentant d'un claquement de langue agacé quand je comprends que le saignement décide qu'il n'est pas temps pour lui de s'arrêter. Dégoûté j'observe l'hémoglobine qui bientôt prendra une teinte brunâtre et s'incrustera à jamais dans l'étoffe à peine douce de ce carré autrefois blanc, avant de poser à nouveau mes prunelles dans celles de Vincent que je finis par prendre en pitié.

"Allons-y. Je n'ai pas envie de te voir tourner de l'oeil ici, il vaut mieux que tu le fasses dans mon lit, c'est plus romantique parait-il."

Sans attendre je me lève et tends ma main gauche, venant attraper l'un de ses poignets, veillant à ne point toucher sa peau pour ne pas plus le faire souffrir, le forçant ainsi en un geste impérieux à me suivre. Devant les clients effarés nous passons et si l'on tente de nous retenir, nous laissons pourtant derrière nous deux tasses de café et une cigarette entre les pavés. Derrière-nous j'abandonne les humains, le bar et la rue pour retrouver le confort de la maison de maître à grandes enjambées et de quelques coups d'oeil faussement indifférents pour cette pauvre chose souffrante qu'est Vincent en cet instant. Et appréciant qu'il ne geigne pas à la manière d'un enfant au genou écorché, je lui épargne les remarques acerbes qui pourtant traversent mon esprit. À aucun moment je ne desserre les lèvres ou n'ait un murmure pour lui, gardant pour moi l'inquiétude que je sens naître en mon coeur pour cet homme que je pensais apprécier sans aller jusqu'à l'aimer. Pas comme un frère, ou autre mais plus comme un ami, un être que je supporte et que je n'aime pas voir ainsi, faible et pathétique. Quand face à la porte de ma chambre nous nous trouvons, je lâche enfin son poignet, et retire de mon visage le mouchoir que je fourre rapidement dans ma poche, faisant ensuite entrer Vincent en ce lieu intime qui est le mien, lui faisant signe d'aller s'écrouler sur mon lit aux draps encore faits.

"Va donc geindre ici. Je t'apporte de quoi calmer la douleur… Gustave au début avait aussi du mal à la gérer. Mais ça va passer. Tu en as pour une heure ou deux ainsi."

Ma voix se fait calme, posée, comme celle de quelqu'un qui a trop vu souvent la même erreur être commise. Une étreinte, une larme que l'on veut effacer, un baiser sur le front, un peu sang qui perle sur une plaie, tant de petites choses qu'un frère veut effacer ou susciter chez son jumeau. Tant d'erreurs, tant de maladresses qui ont values à Gustave de finir lui aussi allongé entre mes draps, à hurler et geindre dans l'oreiller en maudissant le poison qui dans mes veines était maître.

"Tu vas avoir l'impression d'être brûlant de fièvre, mais il n'en est rien, le poison ment. Tu auras envie de vomir, surtout à cause de la douleur mais je te prierais d'éviter de souiller mes draps." Je m'approche de lui et m'assieds au bout du lit, soupirant doucement avant d'esquisser un sourire qui doit être sanglant. "J'ai besoin d'aller me rafraîchir, puis-je te laisser seul quelques secondes ? Ou faut-il que je joue l'infirmière et qu'avant ça, je ne te borde ?"
Made by Neon Demon



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Mer 15 Mar - 1:04



We are the poisoned youth

Avec Camille Barthélemy

Vincent releva des yeux voilés vers Camille, et les doigts de sa main intacte se resserrèrent un peu plus encore sur son poignet, en même temps que ses dents s'entrechoquaient dans l'effort qu'il fournissait pour ne pas être acerbe. Ses mâchoires serrées au possible l'auraient sans doute fait souffrir, si la morsure du poison ne menaçait pas déjà de lui faire perdre la raison. Une panthère n'est-ce pas ? Camille n'était pas une panthère comme il semblait aimer à le croire dans cette métaphore, qu'il jugeait sans doute brillante. Il n'était qu'un serpent dompté, et de la pire espèce, il était de ses serpents persuadés d'être libres, mais étaient asservis par un air de flûte. Le principal défaut de Camille était qu'il se jouait serpent et flûtiste en même temps, et si cela lui donnait un semblant de contrôle, l'équilibre semblait précaire. Vincent fronça légèrement les sourcils, son regard pourtant voilé semblait aussi noir que le charbon, et si la douleur le faisait réfléchir de la sorte, les faits n'étaient pas moins là : Il avait une envie démesurée de lui étaler son poing dans la figure, ce n'était pas comme s'il était à cela près maintenant... Cependant, il n'en ferait rien, la douleur n'était pas supérieure à l'affection étrange, et dont il venait à douter de la légitimité, qu'il portait à Camille. Oui, il souffrait, mais il n'aurait pas été jusqu'à dire qu'il l'avait mérité. Il n'avait eu de tort que de vouloir se rendre utile, car aussi surprenant que cela puisse paraître, c'était aussi la première fois qu'il considérait quelqu'un comme un ami. Cela dit, certes, il retenait, et cette erreur ne serait sans doute plus jamais commise. Est-ce que Camille croyait réellement qu'il avait désiré le toucher ? Cela n'était qu'un accident malheureux, il n'était pas stupide, bien que peu prudent parfois. Il n'avait pas brisé les règles en tendant un simple bout de tissus, et à sa mémoire, il n'avait signé aucun accord. Est-ce qu'un minimum de considération aurait été trop demander ? Il n'attendait pas à ce que Camille le prenne en pitié, en soit, cela aurait été une surprise des plus démesurée, cependant simplement lui proposer de quitter l'étreinte du café n'aurait pas été de trop.

- Je n'avais pas réellement prévu d'entrer en contact avec ton sang, Camille. Grogna-t-il entre ses dents. Tu sais, tes règles, moi...

Il n'avait pas terminé sa phrase, un élan de douleur lui faisant serrer une fois de plus les dents. Il n'aurait plus manqué qu'il se morde la langue avec cela. Il serrait tellement les mâchoires qu'il aurait été capable de se la couper... Cela dit, il préférer serrer, encore et encore, plutôt que de laisser une perle salée venir creuser son sillon honteux le long de sa joue. Jamais une larme de douleur n'avait effleuré son visage, et ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait se laisser aller à la faiblesse de montrer qu'il n'était qu'un être humain comme les autres. Il s'était endurci, avec les années, et ses larmes avaient cédé la place à des réflexions cyniques, et quelques ronds de jambes éhontés.

Vincent roula des yeux lorsque Camille ouvrit de nouveau la bouche, un mouvement de sourcil soulagé plus tard, il se laissait entraîner dans les dédales de ruelles mornes et grises. Du romantisme n'est-ce pas ? Le reporter n'avait pas le cœur à la plaisanterie, ce qui se trouvait être fort dommage, une réflexion pareille... En temps normal, il n'aurait pas manqué de rebondir dessus, et si la douleur avait été absente, il aurait même tenté la vipère en s'amusant à approcher ses lèvres des siennes, sans jamais sceller leur étreinte. Il aurait tenté de charmer le serpent, de lui prendre sa flûte, ou d'en avoir l'impression, pour au moins quelques secondes seulement. Le contact de la main de Camille sur son poignet lui semblait étrangement rassurante, même si la même main aurait pu aggraver les choses... Son nephilim n'allait pas s'en aller n'est-ce pas ? Il n'allait pas le laisser seul dans la douleur, considérant qu'il l'aurait bien mérité, et connaissant le caractère de Camille, pareille réaction n'aurait pas été des plus surprenante. En soit, Vincent était soulagé à l'idée de trouver le réconfort d'un lieu familier. Il n'allait pas demander plus, et il n'eut pas besoin d'un quelconque mot de plus pour aller s'écrouler sur le lit de Camille, ayant la présence d'esprit de s'y allonger de biais, afin que ses chaussures ne viennent pas souiller les draps. Il sentit son cœur rater un battement à l'annonce du temps qui allait passer. Une heure ou deux... ? Cela lui semblait une éternité. Aurait-il autant souffert s'il avait été damné ? Il n'en était pas certain, et maintenant, les yeux fermés, et les mains crispées, il se demandait s'il Camille s'en voulait. Il espérait secrètement que ce ne soit pas le cas, et il lui prenait une envie irrationnelle de prendre ce dernier dans ses bras pour le remercier. De sa main non blessée, il saisit le drap qu'il froissa vigoureusement. La douleur commençait à lui faire perdre la tête, et la fièvre dont parlait Camille semblait déjà poindre sous son nez. La voix de cet autre lui semblait presque distante maintenant, il se sentait parfois tourner de l’œil, et parfois la douleur lui faisait reprendre pleinement possession de ses moyens, dans un léger gémissement douloureux qu'il tentait d'étouffer entre ses dents. A la dernière tirade de Camille, Vincent ouvrit un œil seulement, pour le fusiller du regard. Il ne le voyait pas jouer les infirmières, et il n'avait pas envie d'être bordé, s'il devait être honnête. Il sentait dans cette réflexion un trait d'humour cinglant, qu'il avait pourtant pour habitude d'apprécier. Ce genre de choses n'étaient pourtant pas aussi amusantes lorsqu'on s'en retrouvait à être la cible.

- Tu peux y aller... Articula-t-il en refermant sa paupière. Quand tu reviens... Reviens avec de l'alcool... fort...

Il essaya de sourire, chose qui se transforma en une grimace crispée. Est-ce qu'il essayait réellement de faire de l'humour à son tour ? Toute cette situation n'avait rien d'amusant, mais il mettait un point d'honneur assez étrange à essayer de faire en sorte que Camille se sente bien. Être dans un tel état n'était pas le plus grave, ce qui était dramatique était que son nephilim n'y pouvait rien, et que d'entre eux, celui qui en souffrirait le plus longtemps serait ce dernier... Vincent prit une grande inspiration, essayant de calmer son cœur qui semblait vouloir essayer de sortir de sa poitrine. Il était frigorifié... Il avait l'impression que même son âme était transie de froid et recluse dans un coin de son propre esprit. Ce n'était qu'une impression, il délirait à cause du poison n'est-ce pas ? Il n'avait pas de fièvre, ce n'était qu'une illusion pernicieuse qui s'insinuait dans son esprit, tel le serpent dans un terrier, et il était le lapin prit au piège... La nausée, en revanche, était bien réelle, et un haut le cœur le parcourut, qu'il ravala avec une nouvelle grimace, mêlant douleur et dégoût.  Il se retourna dans le lit, se rapprochant de son bord, non, il n'allait pas répandre tripes et boyaux sur le lit de Camille, sans avoir acquiescé, il n'en avait pas moins passé un accord tacite avec celui qu'il considérait comme un ami, et si la douleur lui faisait perdre la tête, il n'en réalisait pas moins qu'il n'aurait pas le moins du monde apprécié que qui que ce soit vomisse sur ses draps.  Cela étant dit, il n'en restait pas moins terrifié à l'idée d'être seul, il aurait presque juré revoir des bribes de passé, où il s'était retrouvé seul dans la souffrance, car il n'était pas le fils fort et fier que ses parents n'avaient cessé de désirer. Il n'étais qu'un échec à leurs yeux, et s'ils n'avaient pas désiré sa mort, ils n'en auraient sans doute pas été aussi affecté que si cela avait concerné un de ses frères, ou bien sa sœur tant chérie de ces derniers. Il les haïssait tous, d'une manière qu'il jugeait légitime. Alors pourquoi n'éprouvait-il pas pareille haine envers Camille qui désirait le laisser seul pour se rafraîchir à sa guise... ? Il le comprenait, simplement, lui non plus, n'aurait pas apprécié contempler le spectacle d'une chose qu'il avait provoquée contre son gré... Peut-être son jugement était-il biaisé  premièrement par la douleur, et de deuxièmement par l'affection qu'il portait à Camille, mais son esprit semblait divaguer, et il essayait tant bien que mal de se concentrer sur des pensées concrètes, autant pour palier à cette nausée qui n'avait de cesse de revenir, que pour ne pas sombrer.

Une nouvelle pique de douleur le fit gémir doucement, et il cambra légèrement son dos dans un effort étrange, son corps essayant instinctivement de changer de position dans l'espoir futile d'avoir moins mal. Réflexion faite si... il aurait aimé être bordé... mais jamais il ne l'aurait avoué...
Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Camille Barthélemy

avatar
- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Ven 17 Mar - 14:09

We are the poisoned Youth
Vincent & Camille
Wayne comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y a pas de galère. Je le dirai ni à ton père ni à ta mère, ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

Assis sur mon lit, non loin de ses hanches, je l'observe, la tête légèrement penchée, en un geste qui pourrait sous-entendre une certaine empathie de ma part, quand il s'agit en fait d'une des formes que prend le mépris chez moi. Les lèvres délicatement pincées en une moue presque déçue, je le contemple ainsi cambrer l'échine et retenir des gémissements entre ses dents serrées, sans m'étonner de ne rien sentir de plus qu'une pointe d'amusement et de plaisir à ainsi le voir souffrir. Le nez encore couvert de mon sang séché, j'attends qu'il siffle d'entre ses dents une réponse, tandis que de mes prunelles avides, je détaille les traits de son visage déformés par la douleur qui déjà commence à le dévorer. Tenté de porter une main à sa joue, pour mieux apprécier sa souffrance sur le bout de mes doigts, j'esquisse peut-être un geste qui se retrouve n'être qu'une ébauche de mouvement quand enfin Vincent trouve la force de me bredouiller quelques mots, qui en plus de m'arracher un autre sourire, me font aussi avoir un rire dissonant, presque aussi agréable que le chant des ongles sur une ardoise.

"Bourbon alors. Il me faudra bien ça pour supporter tes geignements."

D'un geste gracieux, je me relève et l'abandonne entre mes draps froissés, n'ayant pour lui qu'un dernier regard hautain et d'un sourire narquois qui j'espère lui tiendra chaud le temps que je revienne. Avec l'élégance de quelqu'un qui n'est plus pressé par l'urgence ou le temps, je quitte ma chambre sans en fermer complètement la porte qui reste entrouverte, tandis que je me dirige jusqu'à la salle de bain. Au-dessus de l'évier je me penche, et une fois les robinets ouverts et l'eau devenue tiède, je commence à effacer de mon visage le sang qui formait déjà une croûte sous mon nez, et mes lèvres. Du bout des doigts, je me débarrasse du poison sur ma peau qui devient gouttes vermillons qui dans le siphon disparaissent, ne croisant mon regard dans la glace que lorsqu'il ne roule sur mon visage que des perles d'eau. Un instant, je prends le temps d'observer la courbe de mes lèvres, puis le tracé anguleux de mon menton avant d'expirer un soupir et d'attraper une serviette pour essuyer mon visage. Sans l'ombre d'un remord, je jette celle-ci dans l'évier, laissant derrière-moi un chaos discret et moins salissant que je ne le pensais, mais déjà passé à autre chose, je l'oublie descendant plutôt jusqu'à la cuisine pour trouver au fond d'un placard, une vieille bouteille de liqueur ambrée. Une fois celle-ci entre mes doigts, c'est dans ma chambre que je remonte, deux verres dans une main alors que dans l'autre chante le l'alcool dans la bouteille. Du pied, je referme la porte derrière-moi et n'ai qu'un simple regard pour Vincent alors qu'à ses côtés je reviens. Sans ressentir le moindre besoin de briser le silence, je me contente de me servir un verre que je sirote du bout des lèvres tandis que l'autre reste bien sagement posé sur ma table de chevet. Je plisse légèrement le nez face à la morsure vive de l'alcool, qui en plus de brûler ma langue et mon palais, fait naitre en ma poitrine un brasier qui menace de consumer mon coeur pourtant déjà fait de cendres et d'éclats de verre. Sur ma langue je passe mes lèvres et enfin, je considère Vincent du regard, posant une main sur son torse en esquissant un sourire délicieux.

"Tu supportes mieux la douleur que je ne le pensais… Tu aurais dû voir Gustave la première fois. Il pleurait, hurlait presque… À tel point que j'avais envie de le faire taire…"

J'expire un peu d'air, laisse mes mains se perdre sur son veston pour enfin trouver dans ses poches ce dont je rêvais tant. Du bout des doigts, j'extrais son paquet de cigarettes et m'en offre une que je glisse au bout de mes lèvres avant d'abandonner celui-ci à côté du verre qui était destiné à Vincent et la bouteille d'alcool fort. De ma table de chevet, je finis par extraire mes allumettes et une fois le tabac embrasé au bout de mes lèvres, je commence à fumer, expirant une première volute de fumée.

"Je me souviens qu'à l'époque, je l'avais trouvé bien faible, à ainsi un tel cirque pour quelques gouttes de poison." La braise chantonne au bout de mes doigts tandis que des lèvres, je tente de faire un rond de fumée. "Toi au moins, tu as la décence de faire semblant d'être fort. C'est une qualité que j'apprécie." Je porte à nouveau mon verre à mes lèvres, m'autorise une autre gorgée avant de poser mon regard dans le sien. "Mais je te hais pour ça aussi. Pour ne pas être capable d'être plus que ce que les autres sont et moins que ce qu'il est." Avec douceur, je viens poser mon verre frais sur sa tempe brûlante, osant ensuite un léger sourire. "Tu sembles avoir mérité un remontant et puis… Il parait que l'alcool fait taire la douleur…" Je m'interromps, perdant mon sourire alors qu'une idée étrange traverse mon esprit. Ai-je envie qu'il cesse de souffrir ? Ai-je envie de voir son échine autrement que cambrée et tordue par la douleur ? Ai-je vraiment envie de le voir autrement que faible à cause de moi et pour moi ? Je ne suis pas sûr. Il en réalité plaisant de le voir ainsi blessé dans sa propre fierté et arrogance, et encore plus de le voir dans un autre rôle que dans celui qui se pense assez fort pour se permettre d'être méprisant. Alors, au lieu de lui offrir une goutte d'alcool, je préfère me reculer et abandonner verre et cigarette sur ma table de chevet, préférant porter à son col mes doigts. "Tu transpires… Tu dois avoir chaud." dis-je alors que je défais le premier bouton de sa chemise. Le tissu se froisse légèrement alors que les suivants sont habilement défaits et quand bientôt j'arrive à son coeur, je retire mes doigts frais, me contentant d'un dernier sourire qui doit être semblable aux sifflements d'avertissement du cobra prêt à mordre.
Made by Neon Demon



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Sam 18 Mar - 18:59



We are the poisoned youth

Avec Camille Barthélemy

Le rire de Camille raisonna à ses oreilles tel l'écho assourdissant d'une goutte d'eau dans une cavité désertée de toute vie, glaçant son sang et son corps. Il avait eu l'impression d'entendre un faucon annoncer sa fatale chute sur sa pauvre proie, qui n'aurait pu lui échapper, et dans son esprit vint soudain la pensée terrifiante qu'il n'était plus rien qu'un pantin dans ce lit. Les draps lui semblaient froids, autant que l'était le regard de Camille, dans son mouvement de mépris frôlant l'indécence. La voix du néphilim vint chanter à ses oreilles un entêtant requiem, et cette ébauche de mouvement vers lui qu'il avait eu n'était devenu qu'un mirage dans le désert de son esprit. Là où Camille aurait désiré toucher du doigt sa douleur, Vincent aurait vu un signe de réconfort salutaire qui lui avait été volé par sa propre voix, et il se prenait à regretter d'avoir réussi à articuler ces traîtres mots, dans un semblant d'humour qui n'avait pas eu sa place dans les circonstances. Une panthère... Camille avait eu raison, il le réalisait maintenant, la manière qu'il avait de se déplacer, le moindre de ses mouvements lui semblait félin, et ce sourire qu'il avait eu avant de quitter la pièce avait eu quelque chose de malsain, qui une fois encore, avait fait naître des frissons jusque sous la couverture de sa peau. Ce sourire lui tiendrait compagnie, oui, il serait là pour lui rappeler douloureusement que la morsure du poison sur sa peau n'était peut-être que le reflet de cœur glacé de son ami. Loin du regard de ce dernier, il s'autorisa finalement une larme, qu'il essaya tant bien que mal de faire disparaître d'un mouvement rageur de sa main intacte. Il ne pouvait se laisser aller, et une fois de plus décevoir Camille. Vincent prit une grande inspiration, fermant les yeux avec force, comme s'ils avaient été des tentures capables d'occulter la réalité même. Il ne se comprenait plus lui-même, ni son affection pour cet autre, ni son désir sourd et irréaliste de lui plaire, d'en toute circonstance, montrer qu'il était digne de partager un peu de son précieux temps. Ces draps qui l'accueillaient, il lui semblait les avoir mérités d'une certaine manière, et si son propre cœur pouvait sembler de pierre, il n'était pas encore éteint comme celui de Camille. Qu'avait-il fait pour que ce dernier lui laisse une telle place, lui voue un intérêt quelconque, même relatif, comme en témoignaient ses gestes, et l'abandon qu'il n'avait eut aucune honte de commettre. Serrant une fois de plus les doigts, Vincent se concentra sur ce qui lui semblait être le son de l'eau coulant dans la salle de bain, et le bruit caractéristique d'une respiration coupée afin de ne pas étouffer dans le liquide... Il laissa sa tête basculer sur le côté, il n'arrivait plus à savoir s'il ne rêvait pas ces sons, s'ils n'étaient pas qu'un produit de son imagination pour le garder en vie, pour le rattacher à une présence qui lui semblait si lointaine. Un nouveau haut le cœur le prit, et il se pencha au dessus du lit, les doigts serrés sur son rebord, d'une main tremblante, il repoussa ses cheveux en arrière, et prit une grande inspiration pour se retenir. Il patienta ainsi quelques secondes qui lui semblèrent durer des heures, et lorsque son esprit lui murmura son repos, il s'autorisa à se recoucher lentement. La nausée semblait flotter dans son corps même, entourant ce dernier tel un linceul humide. Qu'avait-il fait pour mériter tel traitement ? N'avait-il eu d'autre tort que de vouloir aider ? La question venait de s'imposer à son esprit, et étendu dans ces draps, il se demandait si une force supérieure aurait pu chercher à lui faire payer quelque chose. Il avait conscience de ne pas être ce que l'on attendait de lui, ses parents s'étaient bien chargés de le lui faire comprendre, mais est-ce que le monde pouvait légitimement décider qu'il n'était toujours pas ce qu'il devait être ? Devait-il se résigner à n'être qu'une rature sur un brouillon, une ébauche inachevée de la vie, qui cherchant encore sa place, s'était réfugié auprès du serpent. Une fois encore, une pensée lucide vint à son esprit, lui rappelant que seul le poison pouvait lui inculquer pareilles pensées, cependant, tapie dans l'ombre, la silhouette de sa propre incertitude semblait capable de reproduire le rire qu'avait eu Camille.

Vincent ouvrit de nouveau les paupières lorsque le tintement des verres dans la main de Camille vint sonner le glas à ses oreilles, et il tenta, presque avec désespoir, de se redresser avant que le néphilim ne passe le pas de la porte, peine perdue... Il n'avait réussi qu'à remonter légèrement sur l'oreiller, ses lèvres tremblantes de l'effort et de la douleur qui venait de le ressaisir tel une faux fauchant les blés. Il passa de nouveau une main tremblante sur son visage, dans l'espoir d'y effacer une quelconque trace de la larme honteuse qui avait osé creuser un sillon dans sa joue. Il espérait en silence, que cette dernière, si encore présente, serait capable de se faire invisible au milieu des perles de sueur roulant sur sa peau. Il lui semblait être consumé de l'intérieur, et s'il avait conscience que cela n'était qu'un produit de son esprit, la sensation n'en restait pas moins réelle. Il saisit soudain la fascination que Camille pouvait avoir pour l'effet de sa propre particularité sur les autres, et il se demanda, si, outre la douleur physique, le poison pouvait provoquer chez chacun des sensations différentes. Est-ce que la peur de mourir oublié n'était caractéristique qu'à lui, où est-ce que ce n'était encore qu'un effet répugnant de la toxine ? Les paupières papillonnantes de la difficulté qu'il avait à les garder  ouvertes, il regarda, enfin, la panthère entrer dans la pièce.

Le voyant approcher, Vincent retint un instant sa respiration et posa lentement le regard sur le liquide ambré emplissant lentement le verre de Camille, et passa le bout de sa langue sur ses lèvres. Il avait la gorge sèche, lui donnant l'impression que ses hurlements intérieurs avaient eu raison de son corps, asséchant sa langue. Elle lui semblait presque gonflée, et la position dans laquelle il était le faisait manquer d'air. La main du serpent sur son torse vint achever de lui donner l'impression d'étouffer... Cependant, en un sens, ce geste lui donna une force étrange, et un léger sourire vint étirer ses lèvres, répondant à celui qu'avait eu son ami. Ce dernier avait un sourire... Captivant, qui reflétait si bien ce qu'il était qu'il en était terrifiant, mais aussi terriblement désirable... Son regard presque vitreux se posa ensuite sur les mains de Camille, alors que ce dernier fouillait son veston sans vergogne à la recherche de ses cigarettes. Il déglutit avec peine et ferma de nouveau les yeux. Un goutte de sueur roula sur son front, les mots de son ami ne lui semblaient presque pas réalistes. Est-ce qu'il supportait vraiment la douleur ? Il avait le sentiment de n'être rien d'autre qu'une loque humaine, il n'aurait pas osé se qualifier autrement que par la décrépitude, et sans se voir, il savait qu'il aurait attiré la pitié de tout autre que Camille. Il ne doutait pas un instant qu'il aurait désiré le faire taire, s'il n'avait pas su serrer assez fortement les dents pour ne pas hurler de douleur. Il en venait à penser que cela aurait été un soulagement, et il s'imaginait, dans un élan peut-être trop romantique pour être réaliste, un baiser mortel que le serpent lui aurait donné. Il aurait cueilli la mort à ses lèvres, l'aurait accueillie et enlacée, se laissant guider pour une dernière valse aux mains de la grande faucheuse.  

Le son de la voix de Camille vint néanmoins retentir à ses oreilles, le tirant de ses pensées morbides provoquées par cette fièvre qui n'était pourtant qu'une illusion. Vincent serra de nouveau les dents, dans une colère qui venait d'embraser son cœur. Avait-il vraiment trouvé son frère faible, d'avoir cédé à la douleur, et de n'avoir su la cacher comme il était en train de le faire ? Camille ne pourrait jamais goûter à son propre poison, il ne saurait jamais ce que cela faisait. Il n'aurait jamais la sensation de son propre sang bouillonnant dans ses veines, sous la tâche rouge marquant le point d'impact de la toxine. Il ne serait jamais horrifié de voir effet sur son propre corps, et n'aurait jamais à le supporter. Dans tout ce que cela pouvait avoir d'ironique, Camille parlait ici en profane, et Vincent sentait une vive haine faire bouillir ses veines, battant au rythme de son cœur, même plus passionnément que le venin lui-même. Même rancune, qui retomba soudainement lorsque pour la première fois, il entendit un commentaire appréciateur passer la barrière des lèvres de cet autre à qui il plaisait tant de le voir souffrir. Il eut un soupir semblable à un rire inachevé. Il appréciait cette qualité en lui, mais cela le menait aussi à le détester ? Le poison ne mentait peut-être pas autant qu'il l'avait espéré, et il pensa, non sans délectation, que Camille devait lui aussi, s'interroger sur la raison pour laquelle il l'appréciait. Il en revenait encore à cet accord tacite qu'ils avaient passé, sans un mot, sans histoires... Vincent eu un nouveau soupir, cette fois teinté de soulagement lorsque enfin, le sujet de l'alcool refit surface. Cependant le soulagement ne dura qu'un instant, à mesure que Camille perdait ce sourire qui le transformait en félin.

- Camille... Souffla-t-il lorsque ce dernier défit le premier bouton. Qu'est-ce que tu fais... ?

La question semblait plutôt rhétorique. Il aurait été stupide de ne pas comprendre ce qui était en train de se produire, et aussi forte que puisse être la douleur, elle ne le rendait pas idiot pour autant. Certes, il avait chaud, il avait l'impression d'en mourir même, mais les mains de Camille, si proches, si tentatrices, n'aidaient en rien. Elles faisaient naître en lui un nouveau feu, plus puissant et plus pernicieux. Il s'insinuait dans tout son corps et parcourait ses veines, menant un combat acharné contre la douleur même, qui se laissait peu à peu consumée par un feu plus puissant qu'elle. Ils en étaient là, le prédateur avait repéré sa proie... Vincent ne le quittait pas du regard, et derrière son souffle saccadé, se cachait le plaisir d'être prit au piège.

- Je meurs de chaud... Soupira-t-il finalement avec un léger sourire.

Il savait qu'il s'apprêtait à jouer à un jeu dangereux, et qu'il allait probablement y succomber, cependant là n'était pas le temps à la réflexion. Il leva doucement sa main intacte pour aller effleurer le bras de Camille du bout des doigts, le regard plongé dans le sien. Il se sentait hypnotisé, comme s'il n'avait plus été libre de ses mouvements... Ces chaînes invisibles, loin de l'effrayer, l'embrasaient plus encore et il bomba légèrement le torse, à la recherche des doigts du nephilim, tendre caresse glacée à sa peau brûlante...
Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Camille Barthélemy

avatar
- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Mer 22 Mar - 16:25

We are the poisoned Youth
Vincent & Camille
Wayne comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y a pas de galère. Je le dirai ni à ton père ni à ta mère, ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

Que fais-je ?, semble être la questions qui reste sur toutes les lèvres. C'est l'interrogation qui suspend le temps et me fait prendre conscience de l'instant. C'est le moment de doute, qui me fait vaciller et hésiter alors que mes doigts fins et encore frais de l'eau dans mes paumes coulait, s'échappent et fuient la peau brûlante de ce pauvre Vincent qui délire dans mon lit. C'est une bribe même de mon passé qui glisse entre les lèvres de cet être qui n'est pas le bon, et qui pourtant, se pose la même question que mon jumeau avait eu pour moi un soir, alors que du bout des doigts, je cherchais ses lèvres puis sa joue. Lentement, je me recule quelque peu, le coeur dérangé et l'esprit troublé tandis que je contemple Vincent dont les lèvres entrouvertes et l'échine cambrée me fait douter sur la nature de cette douleur qui semble pourtant le ronger. Un feu doit lui sembler couler dans ses veines, mais à voir ainsi ses pupilles dilatées et son souffle si court, je ne sais plus que croire. Gustave avait pleuré, lui ne verse pas une larme pour moi. Gustave voulait être seul, lui me veut à ses côtés. Gustave avait eu un regard craintif, lui ose me susurrer qu'il meurt de chaud. Et pire, il ose cambrer le dos pour venir chercher le bout de mes doigts tremblants. Un frisson fait frémir ma peau alors qu'au travers de ma chemise, je sens ses doigts lentement caresser mon bras. Nos regards se trouvent et ce que je vois dans ses prunelles fait rater un battement à mon coeur qui commence ensuite à faire couler dans mes veines plus que du sang. Imperceptiblement, j'abandonne mon sourire pour une expression plus nuancée, qui passe de la fascination au désir au fil des secondes, où je réalise qu'entre mes draps et bras, il est prisonnier. Rendu faible par le poison et désormais charmé par ma silhouette incertaine, voilà qu'à moi il se remet et que docile il devient, comme si il avait toujours été dans sa nature de se soumettre au prédateur qui aurait réussi à l'atteindre en plein coeur.

D'un oeil nouveau je considère désormais celui que j'estimais être mon égal, me penchant légèrement vers lui avant de déposer sur son coeur la paume fraîche de ma main, me permettant ainsi d'apprécier plus pleinement les battements affolés de son myocarde rendu fou par le poison qui s'infiltre dans son organisme. "Serais-je devenu ton remontant ? Celui qui te fait oublier la douleur et qui devient l'obsession dont tu as besoin pour te distraire ? Veux-tu que je sois cette goutte d'alcool qui caresse tes lèvres ?" J'en suis persuadé. Il n'a point besoin de murmurer ses envies pour que je ne les entende. Rien qu'à sentir son être ainsi vibrer pour moi, je sens déjà l'envie qui consume son être qui ainsi lui fait réclamer la fraîcheur presque reptilienne de la mienne. Et si l'envie de simplement me refuser à lui effleure mon esprit, je décide, après quelques secondes seulement d'hésitation à me prêter au jeu et à devenir entre ses doigts, la vipère qu'il rêve de sentir se glisser entre ses cuisses. Pour lui, vers lui, je me penche, les lèvres offertes et la gorge vulnérable, pour venir poser mon front contre le sien et lui offrir ainsi l'intimité qu'il semblait réclamer. Mes doigts, eux, viennent se perdre sur les boutons de sa chemise que je défais avec langueur, dévoilant ainsi le reste de son torse finement dessiné et les parcelles de sa peau frissonnante mais heureusement épargnées par les ravages de mon poison. J'autorise mes doigts à se perdre sur les monts et creux de ses muscles, dessinant avec attention la courbe de ses abdominaux pour ne m'arrêter qu'à l'amorce d'une toison délicate qui est le prélude à d'autre territoires qu'il n'est pas encore temps de découvrir. Ainsi, je préfère faire glisser le long de ses épaules sa chemise et ainsi mieux exposer ses clavicules saillantes sur lesquelles je ne pose que très rapidement mes doigts, formant ainsi une caresse délicate qui se fait aussi douce et éphémère que le sont les battements d'aile d'un papillon.

"Mieux ?"

Sûrement pas. Il doit rêver de mes mains en d'autres endroits mais pour l'instant je ne suis pas d'humeur à lui offrir plus que quelques caresses et mon regard à peine amusé. Je me recule, rompant ainsi l'intimité que nous partagions, pour mieux admirer la beauté de son être, qui rendu faible par la toxine que sécrète mon corps s'offre ainsi à moi et répond même à l'appel de mes charmes. Une main sur perd sur sa joue alors que sur ses lèvres se perd mon souffle calme et régulier avant d'être remplacé par la caresse délicate de mon pouce. "Tu voudrais que je sois tien… ?" Je le vois dans tes yeux. Ton corps réclame le mien, comme si j'étais l'opiacé dont tu t'étais privé depuis des années. Je suis cet alcool que tu veux boire à outrance et dont tu veux t'enivrer… Je suis le poison sucré que tu veux goûter, cette chose mortelle que tu veux aimer avant de la laisser te tuer. Je suis cette tentation à laquelle tu veux céder… Mais vois-tu je ne suis pas simple à attraper, et encore moins à charmer. Je suis de ceux qui aiment être aimés de loin et non de trop près, de peur de dévoiler leurs faiblesses… Avec tendresse, je glisse une main dans ses cheveux et les discipline à ma manière, lui refusant une autre attention, préférant n'avoir pour lui qu'un avertissement sous la forme d'un murmure faussement aimant.

"Je t'ai vu… Toi et la faiblesse de ton coeur."

J'ai un sourire, puis enfin je me recule, portant avec moi l'air triomphant de l'empereur qui pense avoir remporté la guerre. Mais peut-on me blâmer d'être aussi fier d'avoir ainsi conquis un coeur que je pensais aussi imprenable qu'inexistant ? Non. Tout le monde va me jalouser d'ainsi avoir entre mes mains, l'attention d'un homme comme lui, qui si pour l'instant désire et fantasme baisers et caresses, apprendra que tout ceci ne sont qu'une autre façon pour moi d'inoculer mon poison qui ronge autant la chair que l'esprit.
Made by Neon Demon



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.


Dernière édition par Camille Barthélemy le Jeu 23 Mar - 10:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Jeu 23 Mar - 10:20



We are the poisoned youth

Avec Camille Barthélemy

Vincent entrouvrit un légèrement les lèvres en voyant l'expression de Camille changer, et un vague frisson parcourut son échine. Il n'avait pas souvenir d'avoir déjà aperçu telle expression sur ce visage aux traits parfaits et il ne savait pas s'il devait en être ravi ou effrayé. Est-ce que la fascination qu'il décelait dans le regard de cet autre était une bonne chose, ou allait-il regretter cela ? Le désir se réveillait en Camille dans une image rappelant le serpent prêt à attaquer, et une fois encore, il se sentait prit au piège. Le poison s'insinuant sournoisement dans son corps et son esprit rendait les choses plus terrifiantes encore, et la douleur dans sa main le lança soudain, comme pour essayer de le prévenir. Il était en train de s'embourber dans une tourbe dont il serait incapable de sortir, une mangrove infestée de serpents venimeux, où des arbres pernicieux refermaient leurs racines pour le prendre une fois encore au piège. Dans un soupir presque vain, il s'imposa à son esprit que cette cage n'était probablement pas aussi noire qu'il semblait le croire, et le mouvement de Camille ne fit qu'accentuer cette impression.  Un vif frisson parcourut son corps au contact de cette paume brûlante sur son cœur, dont le serpent devait sentir les battements affolés. La douleur ne semblait presque plus que mirage en cet instant, rappelant à son doux souvenir la raison pour laquelle il aurait laissé sa vie entre les mains de cet homme, qui pourtant, n'avait de cesse de l'effrayer. Il avait en lui une confiance qu'il ne s'expliquait pas, et sous les couverts de son cynisme, il avait su déceler en Camille un être certainement plus pur que ce qu'il ne voulait laisser paraître. Il se serait bien gardé de le lui faire remarquer, car il ne doutait pas un instant de la capacité de cet autre à lui cracher au visage dans le but de lui faire comprendre qu'il avait tort, une pure réaction défensive qui n'aurait fait qu'accentuer encore ce sentiment qu'il avait, il décidait donc de s'épargner cette peine. Vincent avait conscience d'être possiblement en train de se fourvoyer, cependant, il préférait croire en ces choses, que de voir qu'il s'était trompé au sujet de cet homme qu'il aimait déjà sans l'avouer. D'un amour presque inconditionnel, de ceux qu'on peut porter à un enfant échoué sur le pas de sa porte, et dont on doit maintenant s'occuper, dont la souffrance peut rapidement devenir un océan déchaîné dans lequel on se noie, lentement, inéluctablement. Les mots de Camille vinrent une fois de plus résonner à ses oreilles tel un son lointain, et il posa doucement une main sur la sienne, comme s'il avait eu peur qu'il ne disparaisse si le contact se perdait. Oui, il désirait qu'il devienne son remontant, qu'il devienne cette goutte d'alcool qui aurait brûlé ses lèvres plutôt que la morsure du poison sur sa peau, cependant il n'avait pas besoin d'une distraction, il ne l'aurait pas formulé de la sorte.  Il plongea alors son regard dans celui de Camille, et sa main blessée, tremblante, remonta lentement pour seulement effleurer l'angle de sa mâchoire avant de retomber sur les draps.

- Je n'aurais pas dit une distraction... Dit-il doucement, en un murmure épuisé. Seulement du désir... Sans la douleur... cela aurait été de même.

Il ne lâchait pas son regard, et un léger sourire naquit sur ses lèvres, en un rictus frôlant presque un rire avorté. Il se trouvait lui-même ridicule a utiliser de pareilles formulations pour Camille, qui sans doute, ne saurait en être ému. La tentative était vaine, et le charme n'était pas un jeu auquel il pouvait se prêter avec cet homme. Il n'aurait su comment procéder, et pour la première fois, il se sentait impuissant en ce domaine. Il n'aurait été capable de charmer Camille par des mots et des gestes comme il en avait l'habitude, alors pourquoi ? Pourquoi se donner une telle peine à tenter quand même l'impossible ? Le délire de son esprit n'en était pas la cause, et Vincent baissa un instant le regard sans rien ajouter. La réponse en était pourtant évidente, mais son esprit ne semblait pas encline à la lui offrir. En réalité, et sans que cela soit clair pour lui, il s'offrait simplement pour la première fois à un individu pour lequel il avait développé des sentiments, et même si ces derniers n'étaient que de l'ordre de l'amitié. Il avait couru les villes et les corps, et jamais il n'avait eu pareille sensation, jamais il n'avait accordé de confiance...

Vincent sentit son cœur rater un battement au moment où le front de Camille vint s'appuyer contre le sien, et il ferma les yeux dans un léger soupir. Ce geste... Il se devait d'être honnête, et d'avouer que jamais il n'aurait pensé cela possible. C'était d'une douceur que le serpent se refusait habituellement à avoir, et qui venait de s'insinuer dans son corps, se frayant un chemin jusqu'aux profondeurs de son âme. Il bougea la main doucement, pour la poser dans la nuque de Camille et simplement caresser la peau du bout des doigts, dans un geste d'une tendresse et d'une sincérité qu'il s'ignorait lui-même. Il voulait graver cet instant dans son esprit, faire le souvenir sien, et pouvoir le ramener sur le devant de la scène lorsque seul dans son lit le soir, ses peurs d'enfant revenaient le saisir. Il savoura un instant la sensation des doigts de Camille sur sa peau, qui faisaient se profiler sur cette dernière une légère chair de poule, tout en lui faisant avoir un nouveau frisson, d'envie cette fois. Le corps entier de Camille l'appelait, et si la simple douceur dont il faisait actuellement preuve suffisait à soulager son cœur et sa douleur, le désir, lui, ne tarissait pas. La simple question de Camille lui fit de nouveau ouvrir les yeux, et alors qu'il allait répondre, ce dernier ce recula doucement. Vincent vint étrangement à regretter instantanément cette distance entre eux, et son torse à découvert semblait se tendre de lui-même vers l'autre homme, quémandant d'autres caresses aussi douces que les précédentes, et s'il en désirait plus, il voulait avoir le loisir de se contenter de cela pendant quelques instants encore. Cela dit, le calme dont faisait preuve Camille suffisait, une nouvelle fois, à le soulager, au moins un peu. La douleur, toujours présente, semblait atténuée par le souffle du serpent contre ses lèvres, par sa main sur sa joue, et il regretta amèrement que le pouce de cet homme vienne se poser où il aurait voulu que ce soit ses lèvres. Vincent resta cela dit quelques instants surprit par cette nouvelle question, alors qu'il n'avait même pas répondu à la première. « Je voudrais que tu me fasses tien... » Songea-t-il en pinçant les lèvres, le regard dans celui de Camille.

- Je voudrais.... Il se tut, ne sachant premièrement pas quoi ajouter. Je voudrais que tu fasses ce qui te plairait...

Il avait à peine marmonné cette dernière phrase, presque honteux de l'avoir formulée. Il voulait que Camille se libère, qu'il lui offre une illusion d'amour comme seul lui saurait le lui donner, et pour cela, il fallait qu'il devienne sien, et non pas le contraire. L'ego de Vincent, au plus profond de son être, criait au scandale, et son corps tremblant semblait vouloir fuir autant que vouloir goûter une fois encore au poison de Camille. Oui, il le désirait de tout son être, et il en demandait tellement plus, tant et si bien, qu'il en venait à se demandé si cela était mérité. Qu'avait-il fait pour en arriver là ? Pourquoi avait-il droit à l'attention de cet homme, et que lui avait valu cette douceur dont il avait fait preuve ? Son corps fiévreux lui souffla que cela était la culpabilité, hypothèse que son esprit balaya rapidement. Il y avait une chose impossible à saisir, une explication que seul Camille pouvait avoir, et que Vincent n'oserait jamais demander. Puis, une fois encore, la surprise vint de nouveau le frapper, à cette main dans ses cheveux qui débordait de tendresse, puis, le désenchantement... Il ne comprenait pas la signification de la phrase de Camille, et il serra un peu les dents. Est-ce qu'il venait vraiment de lui faire tout ce cirque, de faire chavirer son cœur quelques instants, uniquement dans le but de pouvoir se targuer de l'avoir fait ? Oh non, il n'allait pas lui donner ce plaisir, par pur ego blessé, alors même qu'il était lui-même rongé par l'envie. Le dégoût, mais surtout la honte de s'être fait prendre si facilement, prenait cependant le dessus pour l'instant. Ce sourire qu'il avait réveilla en Vincent un semblant de haine qui ne saurait durer, mais qui pour le moment, serrait son cœur déjà trop atteint.

- Quelle faiblesse ? Demanda-t-il entre ses dents, alors que son regard se faisait un peu plus noir. Je te déconseille de te croire vainqueur avec moi, Camille.

Il laissa échapper un léger rire, presque déçu. Les choses s'étaient bien passées jusqu'à présent, et la douceur qu'avait eu Camille avait eu raison de lui, le serpent, dans toute sa splendeur, avait effectivement réussi à percer sa faiblesse, mais se rendait-il seulement compte que le lui avoir annoncé ne faisait que le faire se refermer sur lui-même ? Oui, il était vainqueur... Ravalant sa fierté piétinée et son désir, Vincent posa sa main blessée sur le torse de Camille pour le repousser et se redressa un peu dans le lit, le souffle lui manquant toujours, une goutte de sueur roulant sur son front. Il n'aurait su mentir cependant, son corps réclamait toujours celui du serpent, et la douleur dans sa main était revenue le torturer avec plus de violence encore. Il serra les dents, essayant de s'y habituer. Il eut finalement un soupir et détourna le regard, l'air blessé et fermé au possible.

- Quelle gloire est-ce que tu peux en tirer de toute façon ? Demanda-t-il en commençant à refermer sa chemise de sa main épargnée. S'il se produit quoi que ce soit, JE serais celui qui pourrait s'en venter, tout le monde sait que je suis volage, tu n'aurais pas fait un exploit. Il sourit en coin. Mais viens, viens chercher mes lèvres et mon corps, ne mens pas, tu en meurs d'envie autant que moi. Il alla caresser sa joue. Ce sera notre secret...

A peine ces mots venaient-ils de franchir la barrière de ses lèvres qu'il les regrettait déjà, et savait que Camille saurait les lui faire regretter plus encore... Cependant, son ego démesuré l'empêchait d'avouer sa faiblesse...
Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Camille Barthélemy

avatar
- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Mar 28 Mar - 14:22

We are the poisoned Youth
Vincent & Camille
Wayne comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y a pas de galère. Je le dirai ni à ton père ni à ta mère, ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

Qu'il est plaisant de voir le désir se muer en haine. Assis face à lui, un sourire triomphant aux lèvres, je me délecte de voir naître dans ses prunelles la honte et la rage de s'être ainsi fait manipuler par l'être que son corps réclamait et que son coeur désirait, ne le flattant ainsi que d'une dernière caresse sur le torse. Fier, je reste pourtant impassible quand il darde sur moi un regard mauvais comme seul l'enfer sait l'être, ne m'arrachant ainsi qu'un vague haussement de sourcils et un silence bien plus glaçant que toutes les commentaires acerbes et blessants que je pourrais lui murmurer en guise de réponse. Car si lui s'énerve de sa propre bêtise, j'avoue pour ma part être presque déçu qu'ainsi il réagisse, me repoussant et se rhabillant au lieu d'entrer dans la danse subtile que nous avions entamés. Mauvais perdant, est le terme qui me vient à l'esprit alors que Vincent continue son petit numéro de vierge effarouchée, reboutonnant sa chemise qu'avec minutie je lui avais presque retiré. Les lèvres pincées en un reste de sourire, je m'efforce tout de même de lui accorder une once de mon attention jusqu'au moment, où, comme toute bête aux abois, il s'autorise un geste qui m'arrache le temps d'une éphémère seconde, une moue dégoutée. Pour sa caresse, j'ai tout d'abord l'amorce d'un mouvement de recul, puis un moment d'absence avant d'enfin esquisser un sourire qui va si bien avec le sien. Tu veux donc jouer à ça avec moi, Vincent ? Tu veux réellement venir taquiner du bout de tes doigts les crochets venimeux du cobra prêt à te mordre ? Dommage, je pensais que tu serais plus malin que ça, et que comme Gustave, tu aurais d'abord appris à me charmer avant de tenter de me posséder. Un soupir glisse d'entre mes lèvres, et après un battement de cils faussement candide, je viens un peu plus presser ma joue contre sa paume, feignant d'apprécier cette caresse qui en réalité me répugne.

"Tu sais ce qui pourrait l'être aussi ? Ça."

Tout n'est qu'un murmure désagréable et bien trop doux pour être honnête. Les mots semblent siffler entre mes lèvres, et l'avertir même du geste qui suit. Après un regard, je me recule, le contemple et lui vole son souffle d'un revers humiliant de la main. Une claque cuisante qui émet sur sa joue le chant de la honte et du mépris, colorant au passage sa peau du dégoût profond qu'il m'inspire. Les épaules raides et les pupilles désormais teintées d'une colère froide et contenue, je me lève, quittant le lit pour faire quelques pas sans lui, abandonnant sur la table de chevet cigarette et bourbon.

"Sois heureux que je ne te crache pas au visage… Tu ne mérites pourtant que ça, ingrat." Dans mes cheveux je passe ma main et continue de m'éloigner lui, fuyant sa personne que je pensais être mienne. "Tu es dans mon lit, à profiter de mon temps et de ma patience, et voilà que tu oses m'insulter." Ma langue claque sur mes dents, produisant un son qui n'est que la conséquence de mon caractère de grand enfant qui ne supporte pas que l'on puisse encore lui refuser quoi que ce soit. "Tu me fais regretter d'avoir perdu mon temps avec toi." Je suis en vérité contrarié qu'il ait été plus fort que cette envie que dans ses yeux j'ai cru lire. D'un autre pas je m'éloigne, me rapprochant un peu plus de la porte de ma chambre que je n'ai pas tant envie de franchir. "Tu oses penser que je puisse avoir envie de toi ?" Je force un rire pour paraître blessant, feignant ainsi superbement le dédain que j'avais pour lui à une époque. "Je t'en prie… Qui voudrait de toi ? Tu as la réputation de te glisser dans les draps et les bras de n'importe qui… Je me respecte contrairement à celles qui écartent les cuisses pour toi. Je ne me laisse pas toucher ou embrasser par les êtres comme toi… Après tout… " Je marque une légère pause et esquisse un sourire aussi mielleux qu'écoeurant. "Je ne sais pas où tu as trainé." Et me voilà heureux, presque débarrassé d'un poids ou d'une crainte. Il m'a désiré, il m'a réclamé et victorieux une fois de plus, je fuis à nouveau. Je prends de la distance et l'empêche de contempler dans mes iris cette part de moi qui était tout de même flattée qu'il puisse voir en ma personne un doux poison qu'il pourrait avoir envie d'avaler à petites gorgées. D'une légère inspiration, je chasse au loin pensées et doutes, espérant ainsi étouffer cette voix en moi qui me dit que je devrais peut-être me faire aussi pernicieuse que l'absinthe et entre ses bras retourner, préférant maintenir la distance qui nous sépare encore et observer par ma fenêtre le ciel gris de cette maussade journée.
Made by Neon Demon



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Mar 28 Mar - 19:33



We are the poisoned youth

Avec Camille Barthélemy


Sous les doigts agiles de Camille, Vincent s'était senti fondre lentement, happé dans un océan de sensations dont il aurait été incapable de sortir, une tempête déchaînée avait éclaté, et il l'avait accueillie à bras ouverts. Il avait fermé les yeux, attendant sans crainte qu'elle ne s'abatte sur lui, qu'elle l’engloutisse et le fasse sienne, qu'il n'y ait plus qu'à ses oreilles, les échos lointains de voix perdues, étouffées par la profondeur de l'eau. Non, il n'avait pas eu peur, il n'avait ressenti que le désir, malgré la terreur que représentait cette vague. Il l'avait accepté, avait entendu la souffrance arriver, avait décider de laisser cette dernière venir l'étreindre, pour mieux le détruire. Dans son esprit dévasté par le poison, il n'avait quand même songé qu'à son désir, et non pas à ce que pourrait subir son corps, lorsque la langue de Camille serait venue le parcourir, s'il en avait éprouvé l'envie. Il avait ramassé le peu de dignité qu'il lui restait, en avait recollé les morceaux du mieux qu'il avait pu, tout cela pour s'offrir, encore, souffrir, à nouveau. Il avait laissé son désir l'envahir et devenir plus fort que la crainte de la douleur, et il avait fait cela car c'était Camille, qui se dressait près de lui, qui avait posé ses mains sur lui, qui l'avait tenté comme le serpent qu'il était. Il ne s'était laissé faire que pour lui, par lui, car personne d'autre avec une telle particularité n'aurait eu le droit de le toucher, il n'acceptait de souffrir que pour les gens qu'il aimait. Pire encore, il avait fait preuve d'une abnégation totale, en reléguant son corps au rang de seule enveloppe charnelle qu'il était. Il n'avait voulu être sien qu'avec son esprit, que les barrières du corps ne les arrêtent pas, qu'ils soient un, pour eux, en plus d'être pour lui. Il ne pouvait pas nier le désir qu'il ressentait, et il ne pouvait pas se mentir à lui-même au point d'essayer de se persuader qu'il n'avait répondu aux gestes de Camille que par pure bonté d'âme. Non, il en mourrait d'envie, et il refusait obstinément de croire que cela n'ait pas été le cas de son nephilim, le plus bel ange déchu qui puisse exister, dans tout ce que son existence même pouvait l'avoir poussé à forligner. Est-ce que Camille se rendait seulement compte, de la confiance que Vincent plaçait en lui ? Est-ce qu'il réalisait à quel point le désir qu'il avait ressenti pour lui lui avait fait perdre l'esprit ? Il n'en était de toute évidence rien, et c'était ce qui avait poussé Vincent à réagir de la sorte. Son ego était plus blessé qu'il ne l'avait jamais été, il avait accepté. Il avait désiré. Il avait laissé faire. Il avait brûlé pour lui. Et tout ça pour le simple amusement de Camille ? Est-ce que toute cette mascarade vide de sens n'avait d'autre but que de le rendre plus minable que ce qu'il ne l'était déjà ? Aurait-il encore dû se taire, et lentement onduler sous le corps du serpent, avec la vigueur d'une proie mordue qui a encore l'espoir vain et un peu idiot de s'en sortir ? Aurait-il dû abandonner tout ce qu'il était pour la simple distraction de Camille ? Vincent voulait bien abandonner beaucoup de choses pour répondre au désir qui le rongeait de l'intérieur, mais certainement pas à ça, il n'y était pas prêt, pas encore. Sa main sur la joue de Camille avait l'effet escompté, à en juger par son expression. Il connaissait maintenant le dégoût qu'il ressentait, et qui, sans l'avouer, n'était rien d'autre qu'une déception égoïste.

La haine qui menaçait de le consumer à mesure qu'il pensait à son ego piétiné vint cependant être soufflée par une tempête bien plus glaciale encore, qui venait de faire tomber son désir, ainsi que son cœur. Ce n'était certainement pas la première fois que Vincent recevait en retour son attitude sous la forme d'une claque, mais celle là... Celle là lui faisait plus mal que toutes les autres qu'il avait pu essuyer. Il accueillait d'habitude ce genre de geste avec un sourire dédaigneux, accompagné d'une légère remarque acerbe, cependant, il n'en éprouvait pas l'envie. Il baissa simplement les yeux, portant sa main endolorie à sa joue, pulsante de ce choc contre sa peau. Camille... Camille, qui avait prit soin de lui, venait de le frapper. Il l'avait certes manipulé, et joué au serpent avec lui, mais avant cela ? Avant cela, ce n'était pas le serpent qui l'avait soutenu jusqu'à son lit, ce n'était pas le serpent qui lui avait apporté un verre pour soulager sa peine, et au fond, dans un espoir de nouveau stupide, il espérait que ce n'était pas le serpent, qui avait collé son front contre le sien... Dans tout ce que cette claque pouvait avoir de violent, ce n'était pas son corps même qui réagissait, une fois encore, mais son esprit. Ce geste avait calmé la haine, ce geste l'avait sorti de ce tourbillon dans lequel il s'enfonçait et qui menaçait d'avoir raison de lui. Vincent n'aurait pas eu le culot de dire qu'il connaissait Camille, et s'il devait dire le fond de sa pensée, il doutait que le nephilim se connaisse lui-même...

Vincent ne releva les yeux que lorsque Camille reprit la parole, et il le regarda s'éloigner avec un pincement au cœur qu'il s'efforça de réprimer, qu'il fit taire de toutes ses forces, mais il continuait. Sa voix s'élevait encore dans l'air, et le ramenait peu à peu à ce qu'il était. Vincent essaya d'y songer, de trouver dans ses paroles un indice, que tout cela ait pu être autre chose que simplement un jeu, il voulait se donner raison, entendre Camille dire qu'il l'avait désiré aussi, même à demi mots. Mais rien. Il ne trouva rien dans ces mots, et sa fierté, déjà mise à mal, venait de voler en éclats. Il avait joué, et il avait perdu, il avait même donné au serpent de quoi contre-attaquer, dans ses propres paroles. Un silence de mort semblait s'installer dans son esprit en même temps qu'il s'installait dans la pièce, et le désert qu'il chérissait pourtant tant, lui semblait devenu terrifiant. Il se rendait compte en cet instant, qu'il tenait bien plus à Camille que ce qu'il n'aurait osé l'avouer, et il voyait en cette claque qu'il avait prise, un signe de déception. Déçu. Il l'avait déçu. A croire qu'il n'était capable que de cela, comme toujours, il gâchait les choses. Il tendit le bras pour récupérer son verre d'alcool, en avalant une longue gorgée, ravalant en même temps ces débuts de regrets et de sentiments dérisoires et inutiles qu'il commençait à ressentir. Était-ce l'apanage des gens qu'il aimait, que de savoir comment le faire se remettre en question ? Sachant cela, il n'aurait sans doute jamais dû se laisser tenter par la proximité froide qu'il avait entretenue jusqu'à présent pour Camille. Il détourna le regard un instant, et il alla défaire d'une main tremblante les boutons de sa chemise qu'il s'était pourtant attaché à remettre, jusqu'à ce qu'elle soit de nouveau comme Camille l'avait laissée. Il se redressa ensuite pour enlever ses chaussures et ainsi pouvoir enfin se mettre correctement sur le lit. Il remonta un peu dans ce dernier, s'appuyant sur les oreillers. Ses cheveux lui collaient au front, de la sueur relative à la douleur. Sa honte toujours présente, il prit une nouvelle gorgée de bourbon, grimaçant légèrement.

- Tu as gagné Camille. Dit-il sans pour autant le regarder.

Il restait muet, et même si ces mots n'en était pas, il suffirait à Camille de le regarder pour comprendre qu'à travers sa chemise ouverte et ces quelques mots, il venait de formuler ses plus plates excuses, tout en lui annonçant qu'il le désirait toujours. Il le voulait, malgré la douleur dans sa main, il le voulait, malgré le rouge sur sa joue, et rien ne pouvait aller contre ça, même pas son ego blessé, même pas sa propre raison, qui venait lui crier qu'il était en état de faiblesse et qu'il ne faisait que se laisser aller plus encore. Oui, il était faible... Et cette fois, si Camille lui pardonnait l'affront, il serait prêt à l'assumer...

Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Camille Barthélemy

avatar
- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Mer 5 Avr - 14:39

We are the poisoned Youth
Vincent & Camille
Wayne comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y a pas de galère. Je le dirai ni à ton père ni à ta mère, ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

Déception. Il n'y a que ce mot qui puisse réellement d'écrire l'arrière-goût qui sur ma lange s'entête à rester et à créer en mon être de vagues mimiques de dégoût, qui si avant se traduisaient par ma fuite et la façon dont je lui tournais le dos, deviennent désormais un froncement de sourcils agacé et une moue qui ne fait qu'accentuer un peu plus la cicatrice qui sur ma pommette gauche se creuse, donnant sûrement l'impression que je me fends d'un rictus amusé, alors qu'en réalité, je bouillonne de honte et de colère à l'idée d'avoir essuyé un pareil refus de celui que je pensais être le première depuis Gustave à vouloir de mes lèvres empoisonnées. Le regard dans le lointain, mais l'esprit bien ici, je tente de me forcer à me perdre dans la contemplation de ce paysage détrempé et ravagé par la guerre incessante, dans l'espoir sûrement vain de laver mon être de l'affront qu'il vient de me faire en refusant mon être et mes avances, balayant le tout d'un sourire arrogant et d'une caresse qui sur ma joue me semble être encore trop récente. Je retiens le moindre geste qui me ferait porter le bout de mes doigts à mon visage pour tenter de chasser la caresse des siens, préférant me faire de marbre pour Vincent, qui étrangement, est plus silencieux que je ne l'aurais imaginé. Du coin de l'oeil, je me risque à l'observer et voilà que je m'étonne de le trouver si stoïque et surtout dépourvu de l'arrogance qui habituellement se mêle au bleu de ses yeux. Non, à la place, il est cette chose qui n'est pas lui, cet être qui boit son bourbon du bout des lèvres comme si il était mourant et qui au lieu de faire bonne figure, se laisser aller à suer et perdre du panache qui le rendait séduisant quand drapé de son arrogance. Sous mes yeux, j'ai désormais un être fragile et faible, qui si agace une partie de mon être, charme l'autre, trouvant en ce pauvre homme un quelque chose qui fait vaciller mon coeur et qui éveille dans les tréfonds de mon être, un certain plaisir à le voir être subitement si docile pour moi. Lentement, et en geste élégant, je me tourne un peu plus vers lui, ne m'autorisant qu'une ombre de sourire quand une fois sa gorgée avalé, il admet sa défaite.

En mon coeur, il commence à gronder fierté et triomphe alors que plus franchement, j'ose lui dévoiler ma dentition, sans me retenir ensuite de faire claquer le bout de ma langue contre mon palais. "Par forfait. C'est presque navrant." dis-je alors que vers lui, j'entame un premier pas, prélude à ma démarche féline que j'accentue d'un roulement de hanches délicat qui doit malheureusement donner l'impression que comme les reptiles dont j'ai hérité du poison, j'ondule pour cette proie aux abois qui s'offre à moi. En un froissement délicat de tissu, c'est sur le lit que je reviens et au lieu de simplement m'assoir au bord de celui-ci, c'est sans gêne que je viens enjamber Vincent, pour mieux crânement m'installer sur ses genoux tremblants. Le temps d'un battement de cils, je chasse les souvenirs de Gustave et balaye au loin son visage, me concentrant à la place sur les traits fatigués de Vincent. Sur ses lèvres, je porte mes prunelles tandis que lentement, je porte une main à sa joue, que je caresse avec la douceur qu'il a eu pour moi quelques minutes auparavant.

"Je pensais que tu allais te battre… Je te pensais fort, peut-être plus que moi." Murmures et mensonges glissent d'entre mes lèvres, mais en cet instant, est-il réellement important et nécessaire d'être honnête ? Pourquoi devrais-je à mon tour lui ouvrir une fenêtre sur mon âme quand je suis celui à qui on donne tout ? Après tout, je ne veux point que nous soyons faibles à deux, je désire simplement qu'il soit faible pour deux. Je veux qu'il soit celui qui souffre pour mes blessures et mes défauts. Je veux qu'il soit celui capable d'être brisé entre mes doigts et désirable. Je veux qu'il ait dans les iris l'amour que Gus aurait dû me porter et qu'en plus, il supporte autant mon être que le poison dans mes veines. Mes doigts remontent jusqu'à ses cheveux trempés par la sueur tandis que contre ses lèvres, se trouve presque les miennes.

"Avoue-le encore une fois, et je suis tien. Dis-le, gémis-le… Cède-moi." Mon souffle sur sa lippe devient la caresse de ma langue alors que délicatement, je le force à pencher un peu plus la tête en arrière pour mettre permettre à ma main libre d'ainsi se promener sur sa gorge, et plus particulièrement sur sa jugulaire que du bout des doigts je flatte, à défaut d'être capable d'y planter mes dents. "Avoue-moi la faiblesse de ton coeur et je serais à toi. Si tu me dis que tu me désires plus que l'alcool qui fait luire tes lèvres en cet instant, je serais là, je ne partirais pas." J'ai un sourire, une esquisse de roulement de hanches pour mieux presser contre son bassin le mien alors que je me penche pour venir à son oreille susurrer la douce mélodie du poison, qui sur le bout de ma langue rêve de nouveau de trouver la peau chaude de celui qui souffre déjà assez. "Montre-moi une fois de plus la faiblesse de ton coeur, et je ferais taire ce braiser qui consume ton être." Mes lèvres effleurent le lobe de son oreille et alors que je lui donne l'impression que sur sa mâchoire je vais y déposer un tendre baiser, je me recule, croisant ainsi de nouveau ses prunelles ternies par la douleur et le désir.
Made by Neon Demon



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Ven 7 Avr - 9:14



We are the poisoned youth

Avec Camille Barthélemy


Les lèvres plongées dans le bourbon comme s'il y plongeait son âme, Vincent n'osait à peine relever les yeux vers Camille. Le serpent avait eut ce qu'il voulait, il le voyait finalement faible, abattu, il le voyait aussi minable que ce qu'il était, et dans tout ce que cela avait de tragique, il y voyait un brin de poésie. Il essayait de se rassurer, de se dire qu'il n'était faible que par Camille, pour lui. Vincent se refusait à de nouveau être brimé, piétiné, et il avait tenté de toutes ses forces de ne jamais plus être cet enfant effrayé qu'il avait été, mais plus que la peur, il retrouvait ici ce fond de honte que ses parents avaient si bien su lui faire ressentir. Il ne savait ni pourquoi, ni comment il se retrouvait là, à chercher l'approbation de Camille dans le fond de son lit. Regardant le liquide ambré tourner quelque peu dans son verre, il se demanda dans un élan d'espoir vain si la faiblesse était quelque chose de si misérable. Son ego blessé cherchait par tous les moyens un exutoire, quelque chose qui le ferait se sentir mieux, il cherchait de la légitimité dans ses actes, et sa libération se matérialisait dans les mains de Camille qu'il brûlait de sentir contre sa peau. Était-ce un crime, que de désirer le serpent comme il le faisait, de tout son corps, des tréfonds de son âme, jusqu'à n'être plus que le reflet de lui-même ? Si ce n'était un crime, cela n'en restait pas moins navrant, et Vincent en développait presque de la pitié pour sa propre personne. Qu'aurait-il fait si un pauvre être s'était rendu à lui comme il le faisait avec le serpent ? Il n'était pas certain d'en connaître la réponse. Il hésitait entre le rire et la gloire, et il n'éprouvait ni le désir d'être risible, ni celui d'être vaincu. Pourtant, c'était ce qu'il était, c'était indéniable. Camille avait su percer à travers le bouclier qu'il avait pourtant mit des années à forger, dont on lui avait vanté le meilleur alliage. Pour cela, il n'avait eu besoin que d'un geste, reflet de sa déception sous la forme d'une claque. Si Vincent se refusait à être faible, il ne pouvait se mentir aveuglément. Il ne supportait pas de voir la déception dans le regard de quelqu'un qui lui était cher, et si son désir venait en plus narguer son ego déjà mit à mal, alors ce dernier se rangeait péniblement dans un coin obscur de son esprit.

Le sourire presque dérangeant de Camille vint pourtant ajouter un souffle dérisoire de bonheur à son esprit. Si son nephilim se trouvait en joie, qu'avait-il de plus à demander ? Navrant ? Oui, c'était ce qu'il avait imaginé aussi, il s'était figuré sa propre décrépitude, et si Camille n'aurait pas eu besoin de mettre le doigt dessus, il aurait été surprenant qu'il ne le fasse pas. Vincent pinça légèrement les lèvres, dans un mouvement de honte et d'agacement mêlés, moue qui se transforma en fascination lorsque le serpent vint s'installer sur ses genoux. Le regard toujours fuyant, sa main alla chercher la hanche de Camille, trouvant là le réconfort de cette proximité qui l'avait poussé à se renier. Il n'aurait pas été judicieux de répondre une fois de plus à l'affront, aux mots que cet autre avait eus pour lui, cependant tout son corps s'était tendu. Un soupir soulagé s'échappa d'entre ses lèvres, lorsque la main de Camille vint se poser sur sa joue, et dans un mouvement presque imperceptible, il inclina la tête vers la chaleur de sa paume. Son esprit cherchait en ce geste une tendresse et un pardon que le serpent ne saurait lui accorder, quand bien même l'aurait-il voulu. Qu'y avait-il de mal, à essayer de se rassurer en se disant que sa faiblesse n'était là que pour le plaisir ? Il se mentait à lui-même, essayait de s'en persuader, alors que son ego cloué au sol, continuait à faire sonner son rire méprisant. Il ne parvenait même pas à se tromper lui-même...

Vincent serra quelque peu les dents, lorsque Camille reprit la parole, et cette fois, il plongea son regard d'azur dans celui du serpent. Ne l'avait-il pas déjà assez abattu ? Il cherchait encore et toujours plus, et si la bête blessée qu'il était offrait sa gorge en pâture, il se rendait quand même compte que plus que du sadisme, Camille semblait avoir besoin de faire ces choses. Dans un élan presque idiot, Vincent se mettait à essayer de comprendre l'homme en face de lui, de percevoir en lui une faiblesse possible, derrière les remparts que son simple regard offrait. Il l'avait à moitié avoué, sous le couvert de cette simple phrase. "Je te pensais fort, peut-être plus que moi"  Lui, ne voulait pas être faible seul, il avait presque besoin de sentir qu'il n'était pas livré à lui-même. Personne n'était infaillible, il en avait la certitude, et s'il n'était pas temps à essayer de faire parler Camille, il gardait cela dans un coin de son esprit. Il serait faible pour cette fois, un autre jour, ce serait lui qui tiendrait le cœur du serpent entre ses doigts. En soit, Vincent avait conscience qu'une fois encore, il aurait mieux fait de se taire, cependant il lui restait une part de fierté qui ne saurait être détruite à son tour. C'était dans le plus profond de sa personnalité, et même si Camille y avait mit tous les efforts du monde, il n'aurait pas été brisé totalement.    

- Je me bats contre moi-même pour te plaire, il me semblait que c'était une lutte suffisante. Dit-il sans le quitter des yeux. Mais tu en veux toujours plus Camille...

Plus, encore et toujours, le serpent ne semblait pas s'en lasser. Voilà maintenant qu'il devait avouer, une fois encore, comme s'il ne l'avait pas suffisamment fait. A trop en vouloir, Camille allait se brûler les ailes. Grisé par sa victoire aussi improbable que soudaine, le nephilim ne semblait pas se rendre compte que sous la peau d'agneau se glissait un loup qui n'attendait que son moment pour mordre. Dans une grande inspiration presque enragée, Vincent s'attacha à mettre cette bête en laisse, pour qu'elle n'attaque pas de nouveau, et la main de Camille sur sa jugulaire serait son collier. Il ne voulait pas se risquer à de nouveau prendre la déception de Camille sous la forme d'un geste vers son visage, et il n'avait pas pour but d'être cruel avec lui, chose qu'il aurait pu être, s'il s'était laissé aller. Le serpent avait de l'importance pour lui, bien qu'il ne comprenne pas réellement pourquoi, ni comment cela était arrivé. Pourtant, l'audace de Camille avait le don de le faire grincer des dents. Une fois ne lui suffisait pas, jamais, il fallait encore une fois qu'il parle. Il n'allait pas se rendre, ou alors, il ne le ferait qu'à demi-mots, il n'était pas cette bête déjà morte que Camille convoitait. Il n'était qu'un loup en cage, qu'il fallait tâcher de ne pas trop énerver. Pour le moment, les lèvres du serpent près de lui, et la pression de ses hanches contre les siennes faisait cependant son effet. Le loup se retirait, de manière presque forcée, mais les faits étaient là.

- Est-ce si important pour toi que je te sois inférieur ? Dit-il alors en serrant les dents. Je l'avoue pour cette fois, mais tu as gagné une bataille, pas la guerre. Il serra un peu ses doigts toujours posés sur la hanche de Camille. Je te cède pour cette fois, ne crois pas que ce sera toujours le cas.

Vincent eut un léger sourire. Il avouait sa faiblesse, il faisait clairement ce que Camille attendait de lui, le nephilim avait seulement omit de préciser qu'il devait avouer une faiblesse permanente. Il avait conscience qu'ils entamaient dès à présent un jeu du chat et de la souris des plus malsain, où l'un pouvait devenir l'autre sans prévenir, où ils pourraient même parfois se retrouver égaux, si l'univers le voulait. Oui, sa faiblesse n'était que passagère, et une fois de plus, il se rassurait en se disant qu'il fallait parfois reculer pour mieux sauter. A force d'erreurs, il saurait ne plus en faire, face à Camille, et lorsque le mécanisme serait clair dans sa tête, ce serait au tour du loup de refermer ses mâchoires sur le serpent.

Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Camille Barthélemy

avatar
- Langue fourchue et venimeuse -
❧ Boucle Temporelle : Londres, 1941
❧ Particularité : Être vénéneux. Son corps fabrique le poison qui coule dans ses veines, perle parfois sur sa peau et ses lèvres.
❧ Occupations : Empoisonneur d'existence quand il ne fait pas des tutos sur la vie.
❧ Miroir :
❧ Missives : 53
❧ Yeux de verre : 26
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Jeu 27 Avr - 15:57

We are the poisoned Youth
Vincent & Camille
Wayne comme une vipère si t'as le savoir-faire, t'inquiète pas, y a pas de galère. Je le dirai ni à ton père ni à ta mère, ondule comme un ver de terre. Jette-moi dans les yeux ton regard de panthère

Une main sur la hanche et un sourire aux lèvres, je me délecte de cette victoire trop facile que je remporte en ce jour sur les genoux de ce pauvre Vincent, qui au fil des secondes qui s'égrènent sans lui, revient progressivement parmi les vivants, abandonnant ainsi les affres des fantasmes et désirs nocturnes pour retrouver la douloureuse réalité, qui en plus d'avoir mes traits, prend la forme d'une légère tape sur le torse du bout de mes doigts quand il tente de minimiser mon triomphe qu'il pense être sans gloire. Un sourire se glisse sur mes lèvres déjà trop proche des siennes, et alors qu'un rire produit quelques échos au sein de ma cage thoracique trop frêle, c'est dans sa nuque que je pose une main, créant ainsi quelques frissons le long de son échine de ma paume encore fraîche.

"Tu as cédé. C'est ce qui est important et ce que nous retiendrons… Le reste est malheureusement futile…"

En un geste trop tendre, me voilà à tenter d'enrouler autour de mes phalanges quelques mèches trop courtes de ses cheveux tandis que dans ses prunelles, je tente d'y déceler les fragments de son égo brisé qui n'a su résister aux charmes pernicieux de l'être empoissonné que je suis. Une fois de plus, je dévoile très légèrement ma dentition, laissant apparaître la pointe de mes incisives, esquissant ainsi un sourire que l'on ne voit que chez les animaux prêt à mordre, ou les créatures en mon genre, celles qui dansent avec les sentiments d'autrui et qui sans honte, ne cherchent pas quelqu'un mais simplement quelque chose avec qui passer le temps et éventuellement apprendre à oublier celui qui aurait dû rester. D'un battement de cils, je chasse au loin le visage de Gustave, qui déjà, tentait de se superposer à celui de Vincent, dans l'espoir peut-être de me faire regretter le désir, pourtant humain, que j'ai de vouloir enfin me détacher, par vengeance, de cette moitié de moi-même, qui sans un regard m'a échappé. Lui qui devait être plus qu'une connaissance d'une vie mais mon autre pour l'éternité. Lui qui n'aurait jamais dû quitter mes bras. Lui qui aurait dû être à la place de Vincent. Lui qui aurait dû recevoir un baiser et une caresse que je n'ose offrir à l'homme fiévreux qui, désormais prisonnier de mon lit et de ma frêle personne, est là, à chercher dans mon regard un je-ne-sais-quoi que je ne peux lui offrir. Agacé d'ainsi le contempler à tenter de percer les secrets de mon être, c'est de ma main libre que je couvre son regard, en un geste enfantin, qui semble presque ne pas être à sa place.

"Tu as besoin de repos." Et moi de temps pour savourer ce que nous devenons. Deux ennemis qui entamons une valse délicieuse et dangereuse. Deux amis qui acceptent à deux de se brûler le bout des doigts. Deux êtres qui nous promettons d'emporter l'autre dans sa chute. J'ai vu dans tes yeux ton envie de vengeance et ton désir de me dominer. J'ai vu tout ça et aujourd'hui, alors que je suis celui qui tient les rênes de ce que tu es en cet instant, à savoir le pauvre homme qui fut assez faible pour me céder, je me refuse à voir ou à entendre que tu pourrais m'affronter et éventuellement gagner… Ainsi, comme la vipère consciente qu'une seconde attaque signerait sa fin, je fuis, glissant loin de ses hanches pour n'être qu'une présence à ses côtés tandis que je le maintiens dans l'obscurité. Sans un mot pour briser l'étrange silence que j'impose entre nous, je fais glisser ma main dans sa nuque jusqu'à son coeur pour mieux venir lui retirer cette chemise que je trouve de trop. Le long de son être frissonnant, je fais glisser ce morceau de tissu qui au sol termine, tandis que je le force à mieux s'allonger sur mon lit, lui faisant ainsi apprécier la douceur de mes draps et le moelleux de cet oreiller qui devient presque son auréole. Le temps d'une seconde, je me permets d'ainsi l'admirer, un léger sourire aux lèvres avant de murmurer tandis que je l'enroule dans la couverture qui recouvre normalement mon lit.

"Dors. Je ne serais pas loin… Maintenant que je te tiens, je serais là." Je souris et me penche à son oreille, venant ainsi effleurer de mes lèvres le lobe de celle-ci. "Je te hanterais. Je serais celui qui t'a fait céder… Je serais ce poison qui a jamais créera en ton coeur une obsession qui te répugnera… Et plus tu tentera de me résister, plus je serais à même de te faire céder." Et je serais plus. Tellement plus. Je serais ce que Gustave est à mes yeux. Un fantôme de tes désirs interdits. Une apparition qui crée dans tes os une délicieuse sensation. Je suis ça… Ce poison nécessaire que tu veux goûter du bout de tes lèvres. "De nous, si un jour quelqu'un conte notre histoire, on ne retiendra que ça Vincent, que ta faiblesse t'a fait chuter à mes pieds et que j'ai été là, pour te ramasser et t'offrir ce que tu voulais." Ou du moins prétendre, mais est-ce important ? L'histoire ne s'en souviendra pas, alors pourquoi devrions-nous nous attarder sur de tels détails ? Contre sa peau j'ai un sourire et joueur au possible, c'est contre l'os de sa mâchoire que je pose la pointe de mes dents, lui offrant une caresse doucereuse au possible, car potentiellement douloureuse pour lui, avant de simplement le quitter, retirant de ses yeux ma paume, lui permettant ainsi d'observer ma silhouette qui si aisément, glisse bien loin de la sienne.

"Dors-bien." est tout ce que j'ajoute alors que je quitte son champ de vision, ne prenant avec moi que mon verre et son paquet de cigarette, m'installant à ma fenêtre pour fumer en silence.
Made by Neon Demon



He used to call me DN, that stood for deadly nightshade. Cause I was filled with poison but blessed with beauty and rage — Ultraviolence.
Revenir en haut Aller en bas
Vincent Dwight

avatar
- L'Homme invisible -
❧ Boucle Temporelle : 1941
❧ Particularité : Invisibilité
❧ Occupations : Se prendre pour un reporter
❧ Miroir :
❧ Missives : 51
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   Ven 9 Juin - 20:25

center>


We are the poisoned youth

Avec Camille Barthélemy

Vincent ne put retenir un léger sourire, il lui avait été presque évident, qu’il n’aurait pas le dernier mot. Camille ne lui en aurait jamais laissé la gloire, quand bien même avait-il laissé sa fierté s’égrainer jusqu'à tomber en lambeaux. Cela ne suffisait pas, que le servent venait de ses mains traitresses, tapoter son torse pour plus encore le réduire au silence. Ce jeu ne lui plaisait pas, et il avait de surcroit, une fâcheuse tendance à être mauvais perdant. Il ne l’acceptait pas, même si ses lèvres closes à une éventuelle discussion plus poussée, prouvaient une fois encore son abdication. Camille n’en avait jamais assez, et c’était peut-être cela, qui l’avait poussé à se laisser faire. Il avait vu en cet homme en apparence si fier, un enfant en mal d’affection, qui entendait à ce que l’on réponde à ses caprices. Peut-être était-ce car Camille lui semblait encore trop jeune, pour son âge. Il n’était pas sans réaliser qu’ils avaient quelques années d’écart, même si cela ne le gênait aucunement. Il avait une étrange envie de le protéger, alors que le plus jeune ne faisait pas un geste vers lui en ce sens. En acceptant cependant son jeu, ils passaient comme un accord tacite, incluant que chacun devait quelque chose à l’autre. La seule chose restant à déterminer étant ce que Camille lui devait…

Vincent fut quelque peu sorti de ces pensées absurdes lorsque le serpent vint jouer avec ses cheveux, et il fronça légèrement les sourcils. Il ne comprenait pas cet autre, et cela le rendait passionnant. Il ne saisissait pas comment quelqu’un pouvait à la fois être touchant et repoussant, le plus jeune maitrisait un art que peu de personnes avaient eu l’occasion de développer, et lui, en avait fait sa spécialité. Cependant, si Vincent voulait bien capituler, il n’allait pas s’avouer vaincu si facilement, et il se refusait à laisser ses yeux trahir sa propre défaite. Il n’était pas encore prêt à avouer que quelqu’un avait eu la supériorité sur lui, bien que cela ait tendance à lui plaire, s’il devait être tout à fait honnête avec lui-même. Il savait que le dominant avait tendance à lui plaire, qu’il n’était qu’un maillon faible de la chaine composant les relations possibles et imaginables. Il cherchait néanmoins dans le regard de Camille, une chose qu’il n’aurait été capable de décrire, comme une sorte d’attachement, peut-être morbide, mais au moins aussi doux que ses doigts dans ses cheveux. Quelque chose qui lui aurait donné un indice, quelque chose lui montrant comment devenir ce dominant qu’il contemplait. Est-ce qu’un jour, le jeune homme serait capable de lui donner cette douceur qu’il mourrait d’envie de toucher du bout des doigts, sur la peau d’albâtre du néphilim le surplombait. Il saurait comment utiliser cette douceur en son sens, comment la faire devenir violence.

Il observait, de manière peut-être trop insistante l’abyssal regard de cet autre, qui semblait faire miroir au sien. Cependant, une main glaciale vint couvrir ses yeux, et un nouveau sourire naquit sur les lèvres de Vincent. Camille aurait-il eu besoin de ne plus contempler son regard pour ne pas perdre la contenance qu’il lui restait ?  Il touchait là, du bout du doigt, un indice déjà quelque peu précieux, même s’il n’en avait pas conscience. Certes, il avait besoin de repos, cependant l’acharnement de Camille à le contrarier avait eu raison de son sommeil, et la douleur s’était révélée plus vive encore, plus pernicieuse. Il était blessé physiquement comme  moralement, et ce n’était pas du repos qui saurait le soigner, pas sur tous les plans. Il se laissa néanmoins faire dans un long frisson, lorsque Camille vint lui faire retirer sa chemise, regrettant déjà amèrement la présence du serpent tout contre son corps. Il ne desserra pas les lèvres, même lorsque le silence vint s’installer entre eux, et dans cette quiétude fiévreuse, ce calme dévastateur après une tempête meurtrière, vint souffler en lui la fatigue que le plus jeune voulait qu’il ressente. L’adrénaline quittant son corps faisait de nouveau place aux endorphines, traitresses. Il garda donc yeux clos, écoutant ces murmures à ses oreilles comme il aurait écouté un chant de sirène. C’était agréable, beaucoup trop, et son être volait avec les mots, jusqu’à ce que ces derniers puissent avoir raison de lui, et qu’il ne se noie. Il se contenta donc d’adresser un sourire un peu triste au jeune homme, lorsque ce dernier lui dit qu’il deviendrait une obsession qui le répugnerait. Il deviendrait une obsession, à n’en pas douter, mais il ne se croyait pas capable de pouvoir ressentir une quelconque forme de dégoût pour cet être majestueux qui continuait à le rendre aveugle à ses traits. Une dernière pique, n’est-ce pas ? Cet enfant en face de lui n’avait pas pu s’en empêcher. Il eut néanmoins un autre frisson, lorsque Camille vint poser les dents à l’angle de sa mâchoire, et alors qu’il se laissait pleinement faire depuis le début, il s’autorisa à attraper le poignet du jeune homme, dans un réflexe aussi désespéré que défensif. La douleur était presque inexistante, et elle fut remplacée par un autre sourire, presque satisfait.

Vincent l’observa un instant. « Personne ne contera notre histoire, Camille… » Pensa-t-il en le regardant s’éloigner, et finalement, il ferma les yeux, acceptant silencieusement d’une fois encore, répondre à un ordre…

[FIN]
Code by Joy


Shhht Follow me
What a wonderful caricature of intimacy. Inside, what a wonderful caricature of intimacy...•°¤ Mags.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: We are the poisoned youth [Camille]   

Revenir en haut Aller en bas
 
We are the poisoned youth [Camille]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Camille Chalmers rejette le DNSCRP comme un instrument de politique Néo-libérale
» Camille Silvan [Pouffy]
» répartition camille
» Camille Kovenbourg [Abeille]
» ¤ Camille Moreau ¤

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Le Quartier des Portes-