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 Demain, dès l'aube, à l'heure à laquelle blanchit la campagne (Aloysius)

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Aisling I. Fitzgerald

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❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : pygmalion de la feuille et du crayon
❧ Occupations : s'occupe des plus jeunes, fascinés par sa particularité
❧ Miroir :
❧ Missives : 39
❧ Yeux de verre : 19
❧ Crédits : (c)Mad Hattress ♥♥♥


MessageSujet: Demain, dès l'aube, à l'heure à laquelle blanchit la campagne (Aloysius)    Ven 10 Mar - 21:47

Demain, dès l'aube, à l'heure à laquelle blanchit la campagne
Aloysius & Aisling



La brume recouvrait encore d'un épais manteau les étendues de verdures enneigées face au manoir. La neige étouffe le moindre son. Tout est absolument silencieux. Lovée dans un immense manteau de fourrure, ta chevelure rousse soigneusement nattée. Tu as à la main ton feuillet de dessins, prête à aller t'isoler face à toi-même. Séance d'introspection bien étrange. Tu oses à croire que la journée va être différente et qu'un rayon de soleil va percer l'épais ciel gris qui pèse sur la boucle depuis de nombreuses années. Ici et là la neige laisse apparaître l'espoir du renouveau. Alors que tu t'avances sur l'épais manteau neigeux, le crissement de tes pas résonne dans l'espace infini. Tu avances à pas de loup, te faisant le plus légère possible. Voir que les traces de tes pas sont à peine visible est fondamentalement divertissant. Tu as l'impression de te soulever du sol, de bondir pas après pas un peu plus loin, sans pour autant détruire l'immaculée blancheur des divers sentiers. Le silence est apaisant. Tu entends ta respiration. Elle est calme, posée. Tu t'étonnes toi-même à y trouver un rythme réconfortant, apaisant. Ce calme, cet environnement immaculé berce tes idées les plus lointaines et bientôt tu disparais en toi-même, évoluant au hasard dans l'espace.

Bientôt tu trouves néanmoins un rondin de bois fraîchement coupé. Quelqu'un serait sûrement venu le récupérer si le temps n'avait pas cesser sa course. Peut-être l'avait-il même abattu hier, ou peut-être aujourd'hui, ce matin, et il viendra le récupérer à une heure précise. Peut-être voilà bien des années qu'il s'est lové dans un monticule de neige, qui a pourtant encore la fraîcheur des premiers temps de l'hiver. D'un geste rapide tu tires de ta poche un fusain que bientôt tu agites sur une feuille blanche. Tu dessines le paysage, y ajoute ici et là quelques fleurs qui viennent bientôt percer la pâleur de la neige. Ici, une rose écarlate, qui surgit à côté d'un immense sapin dont le vert fait écho aux pétales de la frêle plante. Tu disposes ici un petit renard qui bondit à la recherche d'un festin. Tu ornes le ciel de quelques rapaces, effrayants, fascinants, qui tournent en rond pour observer le petit mammifère qui évolue avec une grande facilité parmi les congères. Perché sur une branche, une chouette hulule et garde sagement ce petit monde, ton petit monde.

Aucune figure humaine dans ce théâtre à scène ouverte. Ici ne s'expose que la nature, à son état le plus pur. Aucune présence humaine nocive. Se déroule devant toi l'un des ballets les plus harmonieux. Tout répond à chaque chose dans un écho grandiloquent. Émerveillée, tu ajoutes encore deux petits renards, des enfants. Ils jappent avec joie et leurs jeux se fondent en d'élégantes danses.

Alors que ce beau petit monde s'harmonise tu remarches un étranger au coeur de ton tableau. Une hirondelle, évoluant parmi tes propres créations. Elle n'est pas de ta création. Non. Tu la reconnais. C'est elle. Cette hirondelle que tu pourchasses inlassablement. Tu la croises, encore et toujours. Vos chemins s'entrelacent. Tu te lèves et bientôt le moindre de tes petits amis tourne vers toi un regard interrogateur. Tu laisses ton carnet de dessin par mégarde sur le rondin de bois et tu te lances à la poursuite acharnée de l'oiseau. Tu l'observes planer dans le ciel, tu reconstitues sa trajectoire, tu butes à plusieurs endroits sur des bouts de bois dissimulés. Tu ne fais attention à rien, si ce n'est à cette sublime créature qui s'élève au dessus de toi. Elle t'obsède. Parfois, tu la vois en rêve et parfois tu la dessines. Tu l'as dessiné bon nombre de fois mais à chaque fois ce n'était pas la même chose. Il manque toujours quelque chose.

« Où êtes-vous ? Je vous ai vu, ne vous cachez pas ! »

Ton rire tinte entre les arbres gigantesques. Des paroles bien sottes. Comment un animal pourrait entendre ces tristes supplications? L'oiseau n'est plus dans le ciel. Tu interromps ta course, haletante. Tu refermes un peu plus sur toi ton manteau, parcourant du regard les plus hautes branches à la recherche de ton amie. Mais elle n'est pas là. Elle brille de par son absence. Et le silence. Encore. La solitude. Tes amis laissés en arrière ont sûrement reprit leur liberté. Mais bientôt, un bruit résonne. Ton souffle se coupe, pour écouter avec une meilleure attention.

« Où êtes-vous ma douce amie ? S'il vous plaît, faites moi donc un signe. Je sais que vous m'observez, quelque part, sur votre branche... »

Un instant, tu ressens une profonde gêne au vu de ton monologue étouffé. Tu as presque honte de parler seule. Après tout, quiconque passant par là pourrait allègrement se moquer de ta petite personne.

Alors que tu t'attendais à voir surgir sa douce amie au plumage écarlate, tu aperçois un bout de peau, aussi blanche que la neige qui jonche le sol. Instinctivement tu t'en approches.

« Qui est là? » Voix timide, à moitié étouffée par la crainte. Le coeur s'emballe et les tempes pulsent. Le rouge aux joues et la boule au ventre.Un pas après l'autre, tu tentes d'approcher cette étrange apparition. Inconscience et curiosité se mêlent et chaque pas se fait plus pressé que le précédant.
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Your heart hits like a drum, the chase has just begun, and I'm feeling like a villain got that hunger inside. One look in my eyes and you're running 'cause I'm coming gonna eat you alive. | ©️ FRIMELDA

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