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 But all I found was cigarettes and alcohol ᛄ [Morgan | Oliver]

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Morgan Dawkins

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- Immature Rouge-Gorge -
❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
❧ Particularité : Métamorphose en Rouge-Gorge, un oisillon immature qui n'assume pas sa transformation.
❧ Occupations : Supposé suivre une formation d'Ymbryne mais passe plus de temps à explorer les boucles qui ne sont pas les siennes.
❧ Miroir : don't forget me, i beg
❧ Missives : 67
❧ Yeux de verre : 24
❧ Crédits : crazyninjadreamer sur tumblr, et tumblr pour les gifs


MessageSujet: But all I found was cigarettes and alcohol ᛄ [Morgan | Oliver]   Mer 15 Mar - 1:04

But all I found was cigarettes and alcohol

- I got a ten dollar hotel room, cheap bottle of suds -

De retour dans sa boucle habituelle, Morgan n'avait pas tardé à être frappé d'ennui, comme c'était toujours le cas. Après tout, revenir à la maison, c'était affronter sa mère. C'était faire face à ses responsabilités et continuer à tenter de s'en éloigner du mieux qu'il pouvait, c'était se remettre à fuir en étant coincé dans une prison de végétation et d'eau. Les autres boucles ne valaient pas toujours bien mieux, il fallait qu'il se l'avoue, il n'était pas aveugle au point de penser qu'une situation comme celle de Londres en guerre était enviable comparée à la sienne, mais il ne pouvait s'empêcher de voir sa propre maison comme un mausolée, une épitaphe à la mémoire de ses rêves gravée en plein dessus. Des rêves tués dans l’œuf depuis sa plus tendre enfance par nulle autre que sa mère : tu seras le protecteur des Syndrigastis, tel est ton destin, c'est ce chemin-là que tu prendras. Et s'il n'était pas d'accord – ce qui était le cas – eh bien ! C'était la même chose. Tant qu'il n'accepterait pas à se plier à ce qui lui était demandé, en quatre, en huit ou en seize s'il le fallait, tant qu'il n'était pas prêt à faire des ronds de jambes aux Ymbrynes et à embrasser sa condition de machin volant non identifié, il ne serait jamais accepté, et vivrait chacun de ses retours en 2016 comme celui d'un condamné à mort sur la ligne verte. Ma foi, soit... Puisqu'il y était forcé, il allait prendre le meilleur de ce qu'on lui donnait, et faire ce qu'il pouvait pour apaiser son éternelle soif d'aventure. Plus de cent ans qu'il vivait, et plus de cent ans qu'il s'emmerdait à en mourir. Cent ans qu'il cherchait partout ce qu'il pourrait bien faire pour se sentir mieux, avec lui-même, avec les autres, parmi les siens et au milieu des foules. Cent ans qu'il errait, seul et fier, gonflé de l'orgueil de la rébellion adolescente, sans se remettre en question, mais en trébuchant, toujours, presque à chaque pas, sur un nouvel obstacle plus encombrant que le précédent. Cent ans que sa mère avait honte de lui. Et il avait beau chercher, cela faisait aussi cent ans qu'il n'arrivait pas à faire coïncider ses désirs à elle avec ses envies à lui. C'était à devenir complètement cinglé, sans compter que les oiseaux n'étaient pas connus pour avoir un très grand cerveau, et que tout ce bordel prenait une place folle.

Alors, une fois de plus, il partit en vadrouille, ce soir-là, avec pour objectif de noyer son ennui dans une bouteille de vieux whisky, son breuvage de prédilection. Il n'était pas du Royaume-Uni pour rien. Un paquet de cigarettes dans la poche, celles qui recouvraient chaque textile de sa chambre d'une douceâtre odeur mentholée à priori inoubliable, il parcourut les ruelles sombres et animées, jamais inquiétantes, de la petite ville de Castletown. En étant mêlé aux humains, il se sentait déjà un peu mieux, un peu moins marginal, aussi, sans doute. Même si rien ne changeait jamais vraiment, sur la petite île qui était la sienne... Comme un prince dans son royaume, il rejoignit son bar habituel et alla s'installer au bar avant d'analyser ce et ceux qui l'entouraient. Surtout des hommes, à vrai dire, à divers stades d'ébriété, certains déjà un peu tonitruants, d'autres vaguement agressifs, ils ne l'inquiétaient guère, et n'avaient aucune idée du type de danger qui pouvait rôder au dehors, pour les gens comme lui. S'ils avaient su, les plus courageux d'entre eux auraient sans doute senti leurs poils se dresser sur leurs corps.
La plupart étaient des pêcheurs, ou des hommes de la mer, et cela se voyait sur leurs visages souvent couturés, ou aux poils décolorés par le sel et les embruns. Les quelques femmes qui avaient osé se faufiler dans la sorte de taverne étaient des femmes fortes, indépendantes, comme sa mère, qui ne s'en laisseraient pas conter par de tels poivrots de passage. Certaines d'entre elles étaient franchement sublimes, au demeurant, et Morgan eut un petit sourire en coin et se souvenant souvent d'une des raisons qui l'avaient poussé à se laisser vieillir un peu... à savoir les femmes. Il aimait les femmes. Pas forcément les toucher, ça, ça ne l'avait jamais vraiment amusé, plutôt les regarder de loin, leur faire la conversation, tenter de les séduire. Se prouver à lui-même qu'il en était capable. Les humaines ne le voyaient pas comme le sale gosse qu'il était, à l'intérieur. Elles ne savaient pas, elles n'avaient aucune idée de ce qui se tramait entre les Syndrigastis, les Ymbrynes, et les autres. Les histoires de protection et de métamorphose en rouge-gorge leur passaient largement au-dessus de la tête et restaient dans le domaine de doux rêves qu'elles caressaient la nuit, lorsqu'elles songeaient que voler serait sûrement une expérience puissante. Ouais... C'était même bien le seul avantage à être un foutu oiseau...

Tout concentré qu'il était à se focaliser sur la gent féminine, Morgan n'avait pas vu que le barman était de retour derrière son comptoir. Il le héla rapidement et poliment lorsqu'il fut à portée de voix, et lui passa sa commande, la même chose que d'habitude, un single malt écossais qu'il connaissait bien et dont il appréciait les notes râpeuses sur sa langue. Ne pas fumer à l'intérieur n'était même pas une option dans ce genre d'endroit, il s'alluma donc une cigarette et remercia quand le serveur déposa devant lui un verre de la boisson demandée et un cendrier en métal circulaire. C'est alors que le regard du jeune blond alla enfin à l'homme assis sur le tabouret le plus proche du sien. Il ne s'agissait pas d'un visage connu, mais quelque-chose lui disait qu'ils étaient plus proches qu'il ne le pensait... un autre Syndrigasti, à n'en point douter. La mâchoire volontaire et le visage finement dessiné, de belles mains dont l'une était enroulée autour d'un verre semblable au sien, l'homme avait l'air perdu dans ses pensées, ou dans la contemplation de quelque-chose qu'il était le seul à voir. A voir... ? Non, peut-être pas. L'instinct de Morgan lui disait que ce n'était pas aussi simple que ça avait l'air. En tous les cas, l'inconnu dut sentir qu'on l'observait, car son menton tilta en direction du plus jeune, qui détourna le regard avec un sourire en coin, coupable. Et voilà qu'il avait été grillé en train de fixer un inconnu, sans aucune raison apparente, ou en tout cas rien d'autre qu'une curiosité sincère et dénuée de la moindre animosité. Il était conscient qu'en général, c'était à ce moment-là qu'une personne normale se serait excusée d'avoir ainsi focalisé toute son attention sur une autre, qu'il ne connaissait même pas. Mais il n'était pas exactement quelqu'un de normal, pas vrai ? Et il n'avait aucune intention de demander pardon, ou alors seulement en remplissant le verre de l'autre de la même chose qu'il avait commandée précédemment. Il ne pouvait pas faire mieux. Présenter des excuses était contre sa religion – oui, il venait de décider qu'il était croyant, il croyait en sa propre capacité à faire absolument n'importe quoi et à se mettre dans des situations toutes plus folles les unes que les autres.

« Eh, barman, la même chose pour monsieur. » Dit-il doucement, un léger rire dans la voix. « Pour me faire pardonner d'être quelqu'un d'insortable. »

Ce simulacre d'excuses amusa beaucoup le serveur, qui s'empressa d'accéder à sa requête, lorsqu'elle eut été validée par Oliver. Morgan reporta alors son regard sur la salle, en se tournant d'un quart. Sa curiosité naturelle prenait lentement le pas, il aurait adoré avoir quelqu'un avec qui discuter de la faune indescriptible qui s'étendait sous ses yeux mal habitués. Et si l'autre ne pouvait pas la voir, c'était encore meilleur...


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❧ Boucle Temporelle : Entre deux boucles
❧ Particularité : Change la couleur des objets qu'il touche. Ce qui était autrefois d'une couleur qui vous plaisait risque fortement de terminer rose ou fushia en fonction de son humeur du moment.
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MessageSujet: Re: But all I found was cigarettes and alcohol ᛄ [Morgan | Oliver]   Ven 17 Mar - 21:24

Cigarettes & Baileys
Morgan & Oliver
I tell you all the time : Heaven is a place on earth with you, tell me all the things you want to do. I heard that you like the bad girls honey, is that true? It's better than I ever even knew. They say that the world was built for two, only worth living if somebody is loving you

Le bruit des glaçons. Les conversations étouffées. Les talons sur le plancher. La respiration du barman et la façon dont il se murmure à lui-même les commandes que l'on vient de lui passer. La façon dont les tabourets craquent légèrement quand quelqu'un s'assoit dessus. Les froissements des vestes et jupes de ceux et celles qui trouvent le temps de profiter d'une chanson à deux. L'odeur de l'alcool que l'on verse dans un verre glacée et surtout, les zestes d'agrumes diverses que l'on ajoute aux mélanges plus ou moins exotiques. Voilà de quoi je m'enivre, assis à ce bar, les doigts refermés autour d'un verre de whisky, seul en cette nuit que j'estime être encore jeune vu l'effervescence des clients qui créent dans mon dos un va et vient permanent qui en plus de doucement faire frissonner ma peau, m'arrache un léger sourire. Il y a des soirs, quand l'envie de trouver des bras ou une voix pour me charmer n'est pas là, où je viens simplement écouter ceux capables de voir, vivre et s'enivrer, tandis qu'en auditeur silencieux, j'apprécie autant le bon whisky que la vie qui autour de moi ne cesse jamais et arrive même à nourrir mon imagination fait pourtant de sensations et d'impressions. Dans ces moments-là, je suis capable pourtant de me demander ce que cela pourrait être d'apprécier le monde autrement qu'en étant plongé dans le noir. Et ce soir, alors que l'alcool réchauffe mes veines et gonfle mon coeur d'une envie nouvelle, celle peut-être de tromper l'ennui non pas dans les bras de quelqu'un mais d'au contraire me perdre dans ce plaisir étrange qu'est celui de laisser le monde tourner sans moi. Avec prudence, je porte mon verre à mes lèvres et goûte du bout de celles-ci l'alcool, qui de façon impitoyable, vient à nouveau mordre ma langue et brûler ma gorge. D'un plissement de nez, je fais part malgré moi de mon dégoût à qui pourrait le voir tandis que le museau vaguement relevé, j'écoute la danse des verres sur le comptoir en bois, jusqu'à l'instant où une étrange impression me serre le coeur et me fait me tourner très légèrement sur ma gauche. Le temps d'un instant, je suis tenté d'entrouvrir les lèvres pour demander si quelqu'un est là, à vouloir m'aborder sans faire de bruit, mais n'ayant aucune information autre que le brouhaha ambiant du bar, je finis par me détendre et admettre que parfois mes intuitions sont biaisés par l'alcool qui dans mes veines coule. Pourtant, j'entends un verre être déposé, avec une hâte presque nerveuse, trahissant la venue de mots qui suivent. Je fronce tout d'abord les sourcils avant répondre à cette voix d'un léger sourire et d'un haussement d'épaule presque amical.

"J'ai du mal à voir la différence, mais je me vois mal refuser. Va pour le verre."

Notre échange semble amuser le serveur qui s'autorise un rire tandis que plus intrigué par mon mystérieux admirateur, je tente d'en savoir plus sur lui, analysant avec curiosité l'intonation de sa voix. Car si une pointe d'amusement ne pouvait être ignoré dans celle-ci, la jeunesse qui s'émanait des quelques mots qu'il m'a adressé est plus qu'évidente. Il est jeune. Encore sobre. Je peine à estimer un âge, alors j'arrête de me creuser la tête et me contente de faire avec ce qu'il me donne. Il veut un truc. Quelque chose. Il a une attente. Une envie. Un désir. Un truc qui m'intrigue. J'hésite. J'ai envie de savoir et en même temps de ne pas m'impliquer, de rester à distance car peu désireux de me lancer dans ce genre de jeux ce soir. Et pourtant… Une part de moi me souffle de me lancer, de répondre à cette invitation et d'aller me glisser auprès de cet inconnu. J'attends quelques secondes, le temps d'entendre les pas du barman revenir vers moi. J'ai un soupir, puis une longue inspiration avant de poser ma main sur le comptoir, pour tenter d'attirer l'attention de l'homme qui rempli sous mon regard que l'on qualifie de vitreux un autre verre.

"Je vais le boire avec lui, aide-moi à trouver une place à ses côtés, veux-tu ?"

L'homme me murmure que c'est avec plaisir, et emporte ensuite les deux verres qu'il fait claquer au loin sur le bois, m'indiquant où aller m'assoir. Après un sourire de remerciement, je me lève et quitte mon tabouret, entamant une longue marche hésitante jusqu'à cette place et surtout à côté de cet inconnu qui s'avère être bien généreux, peut-être trop pour ne pas être en réalité intéressé par ma charmante personne. Tout en m'accrochant au bar du bout des doigts, je mets un pas devant l'autre jusqu'à arriver aux côtés de mon étranger. Sans trop de mal, et sans complètement me ridiculiser, je m'installe sur le tabouret et souris enfin vers le jeune homme tandis que du bout des doigts, je cherche mon verre.

"Je ne pouvais pas rester là-bas et boire tout seul… En plus…" J'hausse une épaule alors que je trouve enfin un des deux verres. Le nouveau, vu son poids. "J'avais pas remarqué que tu me fixais alors… Je préfère qu'on trinque tout les deux, tu vois ?" J'ai un léger rire. "Oui, tu dois mieux le voir que moi, surtout si je t'ai tapé dans l'oeil." Je m'autorise une gorgée d'alcool et plisse le nez face au goût de celui-ci, manquant de le recracher. "Putain c'est fort."Je repose le verre et expire d'entre mes lèvres un soupir qui me semble être brûlant. "Normalement quand on offre un verre à un inconnu, on évite de tenter de le tuer, surtout si on souhaite s'attirer les faveurs de celui-ci." J'ai un léger rire. "Mais bon, à ta voix… Je pense pas que t'es là pour ça. Enfin... T'as de la chance, j'suis solide l'air de rien." Je passe ma langue sur mes lèvres et laisse un léger silence flotter entre nous avant de reprendre, tout en tentant de lui offrir ma main pour qu'il puisse la serrer. "Oliver… Qui dois-je remercier pour le verre ?"
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MessageSujet: Re: But all I found was cigarettes and alcohol ᛄ [Morgan | Oliver]   Dim 19 Mar - 12:57

But all I found was cigarettes and alcohol

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La fumée et les vapeurs d'alcool étaient, pour Morgan, devenues saveurs familières. Lorsqu'il revenait en 2016, il lui arrivait de passer toutes ses soirées à traîner dans des tavernes aussi diverses que variées, juste pour observer la faune locale et son activité régulière. Que ce soit dans la boucle ou bien en dehors, il semblait, sur l'île, que le temps s'était arrêté de s'écouler. C'était comme si des assemblées des mêmes personnes tournaient et retournaient chaque jour, passant les mêmes portes, regardant les mêmes ciels, fuyant les mêmes hommes et les mêmes épouses en colère. Même ceux qui n'étaient pas dans l'éternel recommencement se voyaient piégés dans la prison des côtes et de la mer altière qui les entouraient. Forts de leur incroyable puissance, au port de tête dédaigneux, les flots embrassaient et écumaient inlassablement les berges avec une régularité et une précision que la montre à gousset de Miss Rubecula aurait presque pu leur envier. Et Morgan contemplait ce flot incessant de vie et de mort en milieu carcéral avec un œil habitué et presque las, jusqu'à ce qu'un soir comme celui-ci se présente et vienne casser la monotonie de chacun de ses retours dans cet Enfer qui s'appelait Maison. Il attendait, impatiemment, qu'un événement inhabituel, une péripétie, vienne changer le cours de cette histoire mille fois réécrite de mille manières différentes, et pourtant si semblable à chaque fois. Lorsque ses yeux se posèrent sur le visage aimable à ses côtés, à nouveau, il remarqua enfin ce qui lui avait fait défaut dans son analyse précédente : son compagnon de beuverie était aveugle, il ne l'avait donc probablement pas vu le fixer, en toute logique. Il se pouvait simplement qu'il l'ait senti, c'était bien le maximum de ce qui avait pu arriver, mais ce ne semblait pas être le cas. Détaillant une fois de plus l'homme encore inconnu, sans savoir ce qu'il adviendrait d'eux deux dans un futur proche ou lointain, le petit oiseau eut un sourire en coin à son discours, et ses doigts se serrèrent légèrement sur l'arrondi de son verre à whisky. Il n'avait pas essayé de l'empoisonner, mais reconnaissait volontiers que la boisson était forte, en goût comme en degrés. Lorsqu'elle voyageait à travers la gorge et l’œsophage, elle tendait à enflammer les tissus autour d'elle et à laisser une trace tout au long de son passage, mais il en avait l'habitude, et n'en supportait aucune autre, les trouvant fades, insipides, même. La faute au minuscule cabinet verrouillé dans la maison qu'il partageait avec sa mère, les bouteilles qui s'y trouvaient étaient toutes plus chères les unes que les autres, Miss Rubecula n'offrait pas à ses invités de la piquette achetée à la supérette du coin, et Morgan adolescent avait rapidement compris où se trouvait la minuscule clé qui servait à libérer de leur carcan de bois les spiritueux qu'il voulait goûter. Spiritueux auxquels il avait fini par s'habituer, malheureusement.

« Loin de moi l'idée de t'empoisonner. » Dit-il doucement, d'une voix un peu rauque, de cigarette, d'alcool, d'amusement. « C'est mon whisky préféré. Désolé d'avoir des goûts d'écossais, mais c'est parfaitement involontaire, je te l'assure. Quant à m'avoir tapé dans l’œil... Eh, de loin je n'aurais pas pu le dire, mais de près, tu n'es pas vilain à regarder. » Il ne voyait pas l'intérêt d'essayer de mentir, se sentant confortablement installé dans sa sexualité. De plus, il n'aurait jamais avoué à qui que ce soit, même pas sous la torture, qu'il rêvait parfois de sentir les mains d'un homme lui caresser la peau, une barbe naissante sur une joue, une force différente, une puissance similaire dans un corps qui ne ressemblait en rien à ceux qu'il lui avait été donné d'explorer auparavant. Des gestes semblables à ceux qu'il pouvait vouloir faire seul, mais prodigués par une autre personne. Une anxiété différente, celle d'avoir mal, celle d'être blessé par des mains qui pourraient faire de lui tout ce dont son partenaire pourrait avoir envie. Non, il ne le dirait pas. Mais ça ne l'empêchait pas de reconnaître qu'un autre homme était agréable à regarder, qu'il avait du charme, ou que son corps était attirant de quelque manière que ce soit. Car ça n'avouait rien, rien d'autre que le fait qu'il était pourvu d'yeux et que ceux-ci fonctionnaient, contrairement à ceux d'Oliver, d'ailleurs. « Que te dit ma voix qui te fait penser que je ne suis pas là pour ce type d'interaction ? » Sourit-il néanmoins ensuite, se voulant charmeur. Et pourquoi pas s'essayer sur une personne du même sexe, il n'avait jamais été très adroit dans ses interactions avec la gent féminine. Il en avait connu, bien sûr, car il n'était pas totalement dépourvu de charme pour un oisillon, mais il n'avait jamais été transcendé par ces expériences, elles étaient restées modérément ennuyeuses, au mieux elles avaient légèrement trompé la lassitude qu'il ressentait toujours, confiné dans son île jusqu'à la fin de toute l'éternité. « Je suis Morgan. Et tu n'as pas à me remercier, Oliver, c'était pour m'excuser d'avoir passé plusieurs minutes à te fixer. Le barman aurait été capable de m'en vouloir et de ne plus accepter de me servir, or je viens ici trop souvent pour pouvoir me permettre un truc pareil. »

Le barman en question eut un sourire en coin, et il se contenta de revenir près de Morgan pour verser un peu plus du liquide ambré dans son verre. Il n'avait jamais bien compris pourquoi, mais il l'aimait bien, ce sale gosse, qui traînait dans les bars à des heures indues comme pour échapper à quelque-chose de trop grand pour lui. S'il avait su à quel point il était proche de la vérité, peut-être aurait-il été moins amusé de savoir que le jeune oiseau avait des responsabilités et qu'il ne les acceptait pas, qu'il pensait même pouvoir s'en débarrasser à force de tirer au flanc et de s'enfuir inlassablement. Ses voyages pouvaient également voir cette utilité, si l'on regardait d'assez près : s'il n'était pas là, il ne pouvait pas protéger qui que ce soit, il n'avait pas à se soumettre à ce que sa mère voulait, à ce que les autres désiraient. A ce qui était attendu de lui. Il ne voulait pas de tout ça... Il voulait simplement profiter de ce qui lui était offert, sa jeunesse éternelle, ses ailes, les voyages qu'il pouvait faire dans d'autres horizons même s'il commençait à les connaître par cœur. Les rencontres fortuites au plus sombre de la nuit, dans un bar enfumé, embrouillé de rires et d'éclats de voix assourdis par la gnôle. Dans son dos, un grand homme fort et tatoué, sans doute un marin jovial, s'esclaffait sans fin aux blagues de son compagnon de route, un gringalet couvert d'acné aux cheveux oxydés par le sel. Près d'eux, une jeune femme longue et élancée leur servait quelque alcool fort qui les attendait dans un pichet, comme à l'ancien temps, inlassablement, espérant sans doute qu'ils finiraient par lui porter attention. Mais les seuls regards qu'elle récolta furent ceux de Morgan, qui détailla des yeux ses interminables cheveux d'un châtain miel noués en une queue de cheval lâche, haute sur son crâne. Elle était belle, d'une beauté aventureuse, et le plus jeune se surprit à être déçu qu'Oliver ne puisse pas la voir. « Il y a du monde, ce soir. » Murmura-t-il, pour lui-même, pour personne en particulier. Au dehors, l'orage grondait, sourd, comme un roulement de tambour dans le ciel embrumé. Contrairement à cette journée mille fois répétée dans la boucle de 2016, la temporalité linéaire avait encore des saisons. Ce jour-là avait été particulièrement beau et chaud, plafonnant à la plus haute température possible sur l'île, et la nuit allait s'en ressentir, les flots se déchireraient sous l'assaut continu d'une pluie dense qui ne durerait probablement qu'une heure ou deux. A son départ, la lune reparaîtrait derrière les nuages qui, prudemment, s'effaceraient pour lui laisser la place. Le sol pavé et goudronné sentirait l'humidité et si les corps se liaient dans la moiteur du début du jour, la sueur qui les ornerait aurait un goût de sel. Morgan frissonna dans sa veste légère et tourna ses grands yeux clairs, d'un gris bleu qui n'était pas sans rappeler la mer précédemment évoquée, vers son compagnon pour la soirée. Il eut un sourire doux qu'il n'avait pas pu retenir. Oui, il y avait du monde, et du beau monde, hmm...


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MessageSujet: Re: But all I found was cigarettes and alcohol ᛄ [Morgan | Oliver]   Ven 31 Mar - 14:34

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En la charmante compagnie de cet admirateur, timide et étrangement bien trop réservé pour que la raison de ce verre soit autre chose qu'une envie d'engager avec moi une quelconque conversation qui pourrait lui permettre de chasser la solitude qui ne voulait pas le quitter, je me fais à l'écoute des pulsations sourdes de ce bar, qui en cet instant me semble être presque un coeur qui bat au rythme des envies de ces êtres qui en cet endroit viennent s'enfermer pour trouver dans l'obscurité et l'alcool, un compagnon d'une nuit afin de mieux tromper l'ennui. Ainsi, alors que mon palais se remet encore de la morsure aussi cuisante qu'exigeante de l'alcool fort qu'il a osé me servir, je me perds une fois de plus en l'écoute de cette vie qui se fait à quelques mètres de moi, de ses pas sur le parquet, de cette musique qui semble résonner jusque dans mes os, du parfum musqué de ceux qui s'enivrent d'un alcool qui pue la cerise et de celle dont les rires chantants se font sirènes pour les égarés de cette nuit qui les courtisent. Et au lieu de me mêler à tout ça, je préfère apprendre et écouter, me délecter et sourire pour ceux qui au loin créent le brouhaha délicat et complexe qui nous enveloppe et me permets de me distraire quelque peu des accents pourtant délicieux de celui qui à mes côtés, m'arrache un léger rire.

"Tu veux vraiment que je te fasse une liste de ce qui ne va pas dans ta voix si tu espères me mettre dans ton lit ?"

Je porte à mes lèvres mon verre, chose que je regrette à l'instant même où l'alcool brûle à nouveau ma gorge et mon coeur, balayant de ce fait de mon visage l'expression taquine et malicieuse qui devait pourtant si agréablement illuminer autant mes traits que mon regard laiteux. Et si en effet, je pourrais parler de toutes ses inflexions qui sont trop douces pour se vouloir charmeuses et charmantes, je me tais, préférant laisser flotter entre nous cette possibilité que je puisse tout savoir de lui en quelques mots et phrases, je préfère lui accorder mon attention, apprenant ainsi de lui son prénom et un peu plus des raisons qui en cet endroit, l'ont poussés à me payer se verre que je peine à terminer, avant d'avoir pour lui un léger rire, et une remarque susurrée d'une voix chaude et basse, comme si j'avais peur de déranger les autres et d'ainsi briser l'équilibre pas si fragile que ça de cette fête monstrueuse que lui observe de loin et que j'aimerais pour ma part écouter de plus près.

"Hmm, t'es définitivement pas là pour mon sourire, Morgan…" Non plutôt pour faire des infidélités à la solitude, mais conscient qu'il n'a sûrement pas envie que je me permette ce genre de réflexions, je me contente de faire tourner entre mes doigts assurés mon verre, pour me concentrer à nouveau sur la foule, qui à quelques mètres de nous, me semble presque être un océan à part entière, un organisme, voir un écosystème complexe qu'il faut comme l'écume, non pas observer mais effleurer de ses doigts. D'entre mes lèvres, il glisse un léger soupir, et alors qu'à mes côtés, Morgan n'a qu'un murmure qui fait naître au coin de mes lèvres une ébauche de sourire, puis quelques mots qui s'accompagnent de l'abandon de mon verre sur le comptoir en bois.

"Vraiment ? Parle-moi d'eux alors…"

Du bout de mes doigts, je cherche à tâtons son poignet, ou sa main, que de ma paume j'aimerais découvrir, afin de mieux saisir la personne qu'il est. Après quelques hésitation, je finis par trouver sa main, qui se révèle être bien trop frêle à mon goût. Lentement, je remonte jusqu'à son poignet et esquisse enfin un sourire délicieux, un de ceux que je réserve d'habitude aux nymphes qui sur mes genoux grimpent à moitié quand j'ai terminé de réciter pour elles les quelques vers de Rimbaud que je connais. Je me retiens de lui dire que de ce beau monde, il doit être le seul qui vaille la peine d'être observé, préférant à la place me pencher vers lui, lui soufflant malheureusement au passage dans le cou, mon haleine aromatisée au whisky.

"Et si tu me parlais d'eux… ? Si tu me racontais ô combien ils sont beaux ? Pas en me les décrivants… Non, mais plutôt… Dis-moi ce que tu ressens en les voyants, ce que tu as envie de faire en les contemplants…" Je laisse un début de rire filer d'entre mes lèvres. "Explique-moi pourquoi t'es là avec moi et non avec eux, à danser et profiter de cette nuit…" Apprends-moi les raisons qui te poussent à préférer la compagnie d'un aveugle que tu n'aurais très certainement jamais remarqué, car trop occupé à lui-même se fondre dans cette masse entêtante, tentante et enivrante. Et comment lui en vouloir ? Je suis le premier à aimer me glisser entre ses corps entrelacés et à simplement profiter des caresses éphémères de ceux qui ne cherchent pas à obtenir de mes lèvres quelques prénoms ou rêves mais de simples baisers de velours.
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Dernière édition par Oliver Page le Lun 10 Avr - 9:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: But all I found was cigarettes and alcohol ᛄ [Morgan | Oliver]   Sam 1 Avr - 22:57

But all I found was cigarettes and alcohol

- I got a ten dollar hotel room, cheap bottle of suds -

Il y avait des choses que Morgan ne pouvait pas encore s'avouer à lui-même, des secrets qu'il se gardait, qu'il gardait de tous et surtout de lui-même. Parce qu'ils avaient trop de signification, peut-être, parce qu'ils étaient trop durs à assumer au regard de ceux qui le méprisaient pour tant de raisons déjà, parce qu'il ne pouvait pas se le permettre, ces inclinations, ces attractions irrépressibles, parce que reconnaître la beauté d'un autre qui avait le même genre que lui n'était que la partie immergée de l'iceberg. Et s'il se plongeait véritablement en lui, s'il s'observait un peu à la loupe, en retirant de son œil vif le kaléidoscope à travers lequel il regardait toujours le monde, celui de ses attentes, de ses sentiments, il pourrait peut-être discerner l'une des raisons pour lesquelles il avait fixé Oliver pendant aussi longtemps. Intrigué, peut-être, étonné par sa présence, sans aucun doute, mais aussi hypnotisé par un physique qui lui avait immédiatement plu, qui l'avait automatiquement happé comme un papillon l'aurait été par une torche. Tout en douceur, cependant. Pas comme il avait pu l'être par le passé, par d'autres visages, d'autres corps, avec la violence d'un goutte de pluie s'écrasant sur une fenêtre close. Il ne pourrait pas aussi facilement se débarrasser de cette sensation-là, cette sensation étonnante que quelque-chose qui ne dépendait pas totalement de lui était en train de se jouer. En plus bien sûr de leur complicité juste naissante. « Ben en fait oui, j'aimerais bien que tu m'informes. » Sourit-il, en penchant la tête sur le côté. Il prit ensuite une longue gorgée de son verre, fier de connaître par cœur cette brûlure tout le long de sa gorge, presque aussi familière que ses draps, le rire de sa mère, le tic-tac de l'horloge familiale dans le couloir tout près de sa porte. Ce qui blessait encore un peu les pauvres papilles d'Oliver était, pour lui, monnaie courante. Il appréciait cette sensation comme tant d'autres, comme toutes celles qui parvenaient un tant soi peu à le tenir diverti quand il n'arrivait plus à s'amuser de la foule. « Dis-moi ce qui t'a perturbé dans ma voix et laissé penser que je ne te voulais rien de trop sensuel. » Il se garda bien de préciser qu'il n'avait jamais eu cette idée en tête. Ça aurait été admettre sa défaite...

Tourné vers la foule, son verre à la main et une cigarette dans l'autre, il perdit son regard dans l'immensité des relations qui se jouaient devant lui, inlassablement. Bien sûr, il trompait la solitude avec l'alcool, avec Oliver, avec ce ballet interminable qui lui faisait face, ces cheveux, ces sourires, ces yeux éclairés ou assombris par des bulles et des vapeurs goût cerise noire, ces poings serrés et ces jambes déliées, tout cela n'était qu'une mascarade de plus à laquelle il était fier de prendre part, de temps en temps. « Je suis là aussi pour ton sourire, Oliver. » Précisa-t-il sans le regarder, mais avec un petit sourire rêveur. Et c'était vrai. Ce visage adorable et ces cheveux clairs avaient eu le don d'éclairer sa soirée jusqu'à l'éblouir. Il rêvait de rester près de lui, désormais. Et il n'était pas question de séduction, ou alors, entre les lignes, discrètement, là où Morgan ne pouvait ni la voir ni la ressentir. Il était seulement question de vie, question de partage, et de sa solitude, qui lui collait toujours à la peau, et qu'il aurait volontiers troquée contre autre chose. Les doigts de cet homme à ses côtés, qui ne pouvait pas regarder la foule, ou s'en emplir, comme lui. Sa voix, au creux de ses oreilles, basse, comme si elle craignait de déranger qui que ce soit, qui ronronnait dans sa gorge comme le tonnerre grondait au-dehors. Il serait bref, Morgan l'avait déjà prédit, mais pour le moment, il était toujours là, éclairant et zébrant le ciel comme les rires des badauds dans la salle éclairaient l'esprit du jeune rouge-gorge. « Tu veux que je te dise ce qu'ils me font ressentir... » Murmura-t-il en regardant les autres, ceux qui dansaient, riaient, chahutaient, les insouciants. Se redressant sur son tabouret, il finit son verre et fit signe à son camarade barman de lui en servir un autre. Il commençait à se sentir la tête un peu légère mais ça ne le dérangeait pas du tout, il en avait l'habitude. « Si tu veux boire autre-chose, n'hésite pas, je mets sur ma note. » Dit-il tout bas, presque à l'oreille d'Oliver auprès de qui il était penché. Puis il reporta son attention sur la salle, et se laissa envahir par tout ce que cela pouvait lui inspirer.

« Je regarde les femmes... » Murmura-t-il, les yeux presque plissés dans sa concentration. Il voulait que tout vienne à lui, la moindre bribe de conversation, il voulait se noyer sous tous ces gens et tout ce qu'ils possédaient qu'il ne pouvait leur voler. « Elles sont libres. Belles. Leurs cheveux sont dénoués. Elles me parlent, même si je ne les entends pas. J'ai l'impression que leurs rires me traversent. Comme s'ils couraient sur mes ailes, comme de l'air chaud. Elles me séduisent sans me voir et sans me parler. » Un sourire en coin lui échappa, il se sentit se tendre, se pencher légèrement en avant. Rien ne le séduisait plus en cet instant que les chaleurs de l'alcool dans sa gorge, et d'Oliver à ses côtés, mais il n'avait jamais été plus sensuel, il n'avait jamais dégagé plus d'envie, moins de crainte. L'une des déesses que frôlaient ses regards finit par le sentir, son menton s'inclina dans sa direction, elle eut un sourire appréciateur. Ce corps juvénile, ce regard brûlant et ce visage tendre aux mâchoires anguleuses avaient forcément quelque-chose de plaisant, différaient, bien sûr, de ce à quoi elle avait été habituée. Il lui fit un clin d’œil, et s'en tint à ça. Il n'avait aucune intention de briser le charme en allant lui parler. Ce serait se montrer tel qu'il était, gauche, déplumé, farouche comme un animal blessé. « L'une d'elles me regarde aussi. Je crois qu'elle voit la même chose que moi. Et il y a... cette violence. » Il releva les yeux, parcourut la foule, encore. « Je la sens, dans mes tripes. Tu dois la sentir. L'alcool délie les langues et désinhibe, et chez eux, ça se ressent. Même d'ici, ils font jouer mes muscles, j'ai des réflexes de fuite. J'ai l'impression qu'ils sont sur moi, j'ai l'impression qu'ils me serrent. Je ne sais plus quoi ressentir. Ma gorge se contracte quand je les observe. » Comme la jeune femme avant lui, l'un des jeunes hommes se détacha de la foule, son regard tomba dans celui de Morgan. La mer déchaînée des yeux de l'un rencontra l'ébène de ceux de l'autre. L'air s'électrisa, entre eux. Morgan n'aurait su dire si la tension était sexuelle, ou si elle n'était qu'agressive, ou même les deux. Les muscles du jeune marin qui le dévisageait désormais jouèrent comme les siens sous les manches de sa chemise. Le rouge-gorge retint sa respiration, et détourna le regard, se réfugiant craintivement dans le giron de son compagnon aveugle. « Je ne sais plus quoi ressentir... » Répéta-t-il, la voix un peu rauque. Il ne savait plus quoi penser non plus, et sa soirée avait pris un tournant des plus intéressants.


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